Les taxes de Trump, une niche d’opportunités pour l’industrie aéronautique nationale ?

Ce sont des réponses enthousiastes que nous avons reçues des différentes sources consultées sur l’impact des nouveaux droits de douanes américains sur l’industrie aéronautique du Maroc. Tout d’abord, ce qu’il faut savoir, c’est que l’industrie aéronautique est un des secteurs les plus mondialisés, avec des composants fabriqués partout dans le monde, y compris au royaume. Ainsi, aussi bien Boeing qu’Airbus sont touchés par les décisions tarifaires de l’administration américaine.

Un différentiel de taux en faveur du Maroc

Le Maroc a pu, depuis plus de 20 ans, développer la première base d’industrie aéronautique en Afrique et une des plus compétitives au monde. Que ce soit dans le câblage, l’assemblage de pièces, les matériaux composites des aéronefs, ou encore quelques pièces de réacteurs, les plateformes de Nouaceur ou encore de Tanger fournissent les principaux avionneurs mondiaux.

« Il est vrai que nous travaillons essentiellement avec l’écosystème Airbus, mais 20% de nos exportations sont destinées à Boeing« , affirme une source informée ayant requis l’anonymat. Et d’ajouter que « le Maroc est un des pays qui ont été les moins touchés par les nouvelles taxes américaines, à seulement 10%, contre 20% par exemple pour l’Europe, et beaucoup plus pour des pays asiatiques. Ce qui pose le pays comme une base particulièrement compétitive pour les développements futurs ».

Et malgré la pause de 3 mois sur les taxes décrétées par les USA, l’industrie aéronautique européenne a été dès le 9 avril dernier taxée de 10%.

Deuxième chose à savoir, c’est que les capacités industrielles mondiales dans le secteur de la construction aéronautique sont saturées pour les 5 à 10 ans à venir. C’est-à-dire que les carnets de commandes des industriels sont pleins à ces horizons.

Notre source continue en affirmant que les nouveaux développements de capacités industrielles entraîneront une attention accrue sur la base marocaine, qui sera comparée à celle de concurrents tels que l’Europe de l’Est, l’Inde ou la Turquie, ces derniers étant plus sévèrement touchés par les barrières américaines.

Un vent d’enthousiasme qui est partagé par les industriels. Selon une de nos sources dans le secteur, « au niveau de l’écosystème, il n’y a pas eu d’alerte particulière sur les risques que peut susciter la décision américaine. Au contraire, les projets de développement continuent, et la décision est plutôt perçue positivement« .

« L’écosystème marocain a subi plusieurs chocs depuis la crise des subprimes, le Covid ou même l’ancienne décision d’imposer des droits de douane durant la première administration Trump en 2019. Mais malgré cela, nous réalisons une croissance annuelle à deux chiffres depuis près de 10 ans et les ouvertures de sites ne font que s’accélérer avec de nouveaux industriels qui s’installent », ajoute notre interlocuteur.

Toutefois, prévient notre source dans l’industrie, « ceci ne doit pas empêcher le Maroc d’avoir une réflexion stratégique pour profiter des différentiels de taxes, mais aussi de renforcer sa politique d’offset industriel, puisqu’on a aujourd’hui en jeu une commande de près de 200 avions à acheter par RAM ».

La commande de RAM, un atout supplémentaire

Selon une de nos sources, les contrats pour cette commande sont quasiment finalisés. Et il y a bien de la compensation industrielle qui est prévue. Pour elle, la décision de l’administration Trump de surtaxer l’industrie ne va pas directement impacter cette commande. Bien au contraire. Le refus de la Chine de réceptionner une cinquantaine d’avions B737 Max commandés auprès de l’avionneur américain en réponse aux taxes de 145% imposées à l’Empire du Milieu peut être intéressant pour le Maroc. Ce type d’appareils est déjà dans la flotte de RAM.

D’autres compagnies telles que l’américain Delta Airlines ou Ryanair ont annoncé leur refus de payer les taxes de Trump ou annoncé leur décision de retarder les livraisons de nouveaux Boeing.

« Les capacités mondiales de production sont saturées. Et la commande de RAM peut bénéficier d’avions construits qui n’ont pas été livrés à leur destinataire initial, que ce soit par acquisition directe ou bien à travers la location temporaire en attendant la livraison finale », explique notre source. Et d’ajouter : « Cela dit, rien n’indique que la commande va être entièrement confiée à Boeing ».

En effet, selon nos sources, RAM pourrait opter pour une commande auprès de différents fournisseurs et refaire entrer les Airbus dans sa flotte. Un choix qui pourrait s’avérer judicieux pour accélérer la livraison pour l’échéance 2037. Selon les estimations de RAM, sa flotte devra à cette échéance passer de 60 à 200 avions. Mais avec les tensions sur les chaînes de production aéronautiques, les livraisons peuvent accuser des retards.

Toutefois, selon l’expert en aviation et aéronautique Zouhair El Oufir, « on estime que la taille critique de la flotte qui permet d’avoir des synergies malgré les différences de constructeurs est de 100 appareils. Avec 200, on peut en effet se permettre d’avoir des flottes diversifiées » et d’ajouter : « quel que soit le fournisseur, cette commande est une grande opportunité pour renforcer l’offset industriel au niveau marocain ».

Ainsi, selon nos différentes sources, les tarifs américains couplés à la commande de RAM sont des atouts pour développer et accélérer la base industrielle locale. Encore faut-il jouer le temps et les synergies pour cela.

Le Maroc produit déjà une partie du fuselage de l’Airbus A220 dans les usines de Spirits Aerosystems (ex-usine Bombardier). Une usine qui passera sous le giron d’Airbus à la faveur d’un accord global avec l’entreprise canadienne. La sigature du deal est imminente selon une source sûre.

Certaines de nos sources affirment ainsi qu’avec la commande de RAM, les négociations peuvent amener à de nouveaux développements. D’autant plus que le motoriste Pratt & Whitney, qui équipe les A220, a commencé son installation à Nouaceur l’année dernière.

Il en va de même du motoriste Safran, dont les moteurs équipent aussi bien des Boeing que des Airbus et qui détient une base industrielle importante à Casablanca. « Il y a une fenêtre d’opportunités importante qui est ouverte, il s’agit aujourd’hui de la transformer. D’autant plus que Boeing a déjà un engagement de génération d’activité de l’industrie aéronautique marocaine devant atteindre à terme 1 milliard de dollars par an en achats directs ou indirects à l’horizon 2028. « Un programme qui accuse encore des retards », affirme ainsi une de nos sources.

Aéronautique. Chaque avion dans le ciel comporte des équipements fabriqués au Maroc

En 2024, les exportations aéronautiques ont atteint 26,4 MMDH, enregistrant une progression de 14,9% par rapport à 2023, où elles s’élevaient à 23 MMDH. Cette croissance est largement tirée par le segment de l’assemblage qui a enregistré une augmentation notable de 23,6%, atteignant 17,2 MMDH.

L’analyse des données de l’Office des changes relatives aux exportations du secteur aéronautique met en évidence une dynamique haussière soutenue. En une décennie, ces exportations sont passées de 7,7 MMDH en 2014 à 26,4 MMDH en 2024, enregistrant une progression remarquable de 242,9%.

Source : Office des changes

L’année 2025 débute sur la même lancée. Dès le mois de janvier, les exportations aéronautiques se chiffrent à 2,2 MMDH, enregistrant une croissance de 14,2% en glissement annuel par rapport à janvier 2024. Cette progression est à nouveau stimulée par l’assemblage, qui a connu une hausse de 16,2%, atteignant 1,4 MMDH, et par le Electrical Wiring Interconnection System (EWIS), en augmentation de 11,2%.

L’accélération de l’activité est le fruit des investissements soutenus des principaux acteurs du secteur, ainsi que d’une diversification progressive des segments de production. La maintenance aéronautique (MRO), la fabrication de sous-ensembles et l’assemblage de composants de haute précision constituent des segments stratégiques qui attirent de plus en plus de donneurs d’ordre internationaux.

Croissance, sous-traitance locale et innovation au cœur des priorités

Dans ce cadre, Médias24 s’est entretenu avec Adil Jalali, président du Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (GIMAS) et de l’Institut des métiers de l’aéronautique (IMA).

Ainsi, concernant la situation du secteur et sa performance, notre interlocuteur estime qu’il est naturel d’anticiper que l’année 2025 dépassera les performances enregistrées en 2024, où les exportations aéronautiques avaient déjà enregistré une importante hausse.

« Tous les indicateurs sont bien au vert, 2025 sera probablement une belle année marquée par une croissance qui reposera avant tout sur une demande mondiale en constante croissance confirmée par les chiffres et commandes annoncés par les avionneurs, et donc entraînant une activité soutenue pour tous les fournisseurs, dont nos industriels marocains », explique-t-il.

2025 sera probablement une belle année marquée par une croissance qui reposera avant tout sur une demande mondiale en constante croissance

Adil Jalali indique par ailleurs qu’il faut profiter de ce tournant pour promouvoir et développer la sous-traitance locale. En encourageant la création d’entreprises marocaines fournissant des pièces et des services aux grands assembleurs, mais aussi en visant les niches dans lesquelles le Maroc possède des avantages comparatifs.

« Cela nous permettra de dynamiser notre industrie tout en renforçant notre compétitivité. J’insiste : la formation et le développement du capital humain sont essentiels. La mise en place des programmes de formation spécialisés pour accompagner les besoins croissants du secteur aéronautique et préparer des compétences qualifiées pour soutenir cette transformation. En outre, un fort soutien à la recherche et au développement (R&D) est nécessaire pour favoriser l’innovation et permettre la création de produits à plus forte valeur ajoutée, augmentant ainsi l’intégration locale ».

La compétitivité et la montée en gamme à l’épreuve de multiples défis

Comme toute industrie, l’aéronautique fait face à de multiples défis dans un monde en constante évolution. Le principal défi est l’impact de l’inflation des coûts de production (énergie, main-d’œuvre) sur la compétitivité du secteur aéronautique marocain.

« Le Maroc est un acteur compétitif sur le plan international, mais il est à préciser que sa véritable force réside avant tout dans la création de valeur. Plutôt que de se concentrer uniquement sur les coûts, nous avons opté pour une approche industrielle axée sur l’intégration de la chaîne d’approvisionnement et, avant tout, l’investissement dans le capital humain. La formation et le développement des compétences sont au cœur de notre stratégie, car ce sont eux qui nous permettent d’évoluer vers des activités à plus forte valeur ajoutée. La création de l’IMA (Institut des métiers de l’aéronautique) en 2011 a été notre première réponse à ce propos », souligne le président du GIMAS.Le Maroc n’est plus une simple base de production, il se transforme en un hub technologique et industriel majeur« Nous sommes confrontés à des défis, notamment la hausse des coûts de production liée à l’énergie et aux ressources humaines. Cependant, il est clair que le Maroc a su anticiper et s’adapter. En optant pour les énergies renouvelables, telles que le solaire et l’éolien, nous réduisons notre recours aux énergies fossiles tout en assurant une énergie compétitive pour nos industriels. De même, malgré l’évolution des salaires, notre capital humain demeure un atout majeur : bien formé, qualifié et constamment aligné avec les exigences des grands donneurs d’ordres internationaux. La distinction ne réside pas uniquement dans notre compétitivité, mais également dans notre aptitude à envisager l’avenir. Le Maroc n’est plus simplement une base de production ; il se transforme en un véritable hub technologique et industriel majeur, préparé à affronter les enjeux d’une industrie en pleine mutation ».

Par ailleurs, la montée en gamme repose principalement sur la formation. Selon Adil Jalali, grâce à cet engagement, le Maroc est aujourd’hui en mesure de produire des pièces de haute technicité pour les moteurs, les composites et les systèmes électriques. « Chaque avion qui vole dans le monde intègre des équipements fabriqués au Maroc, une preuve tangible de notre expertise et de notre intégration dans l’industrie aéronautique mondiale. L’objectif est d’aller plus loin. Nous disposons des outils nécessaires pour accéder à de nouveaux marchés et développer de nouvelles filières industrielles ».

Le développement des activités de maintenance, de réparation et d’ingénierie constitue un levier majeur pour renforcer l’attractivité du pays et offrir des opportunités à forte valeur ajoutée. « Nous assistons en parallèle à l’amorçage par le Maroc d’une diversification stratégique vers des domaines de souveraineté comme le spatial et la défense, ce qui affirme ainsi notre ambition d’évoluer vers une industrie de pointe », conclut notre interlocuteur.

Safran investira 1,3 MMDH pour un atelier de maintenance de son moteur Leap à Casablanca

Le motoriste et équipementier aéronautique français Safran va mettre en place un site de maintenance et de réparation de son moteur Leap à Casablanca dans le cadre d’un protocole d’accord signé lundi 28 octobre avec le Maroc.

En vertu de cet accord, signé par le ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, le ministre délégué chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, Karim Zidane, et le président de Safran, Ross McInnes, la société envisage de réaliser un projet d’investissement consistant en la construction et l’équipement d’un atelier de maintenance et de réparation (MRO) de moteurs d’avions Leap d’un montant d’investissement de près de 1,3 milliard de DH.

La construction de ce nouvel atelier de 25.000 m2 dans la zone aéroportuaire de Casablanca « s’inscrit dans le cadre d’un plan d’investissement massif pour développer le réseau mondial de maintenance et de réparation qui accompagne la croissance de la flotte de moteurs Leap« , souligne Safran.

Leap, moteur de dernière génération plus économe en carburant, équipe la majorité des familles d’avions monocouloirs de nouvelle génération Airbus A320neo, Boeing 737 MAX et Comac C919, soit plus de 3.500 avions en service dans le monde, précise Safran.

« Je tiens à remercier le gouvernement marocain pour son soutien actif, ainsi que son accompagnement efficace sur notre projet de nouvel atelier de maintenance qui renforce la présence stratégique de Safran au Maroc », a souligné Jean-Paul Alary, président de Safran Aircraft Engines.

Le nouveau site sera accompagné de la création d’environ 600 emplois directs à l’horizon 2030, selon la même source.

A terme, il disposera d’une capacité de maintenance de 150 moteurs par an et permettra de répondre à la forte demande de maintenance pour le Leap, en particulier pour les compagnies aériennes situées en Afrique, au Moyen-Orient et en Europe.

(Avec AFP)

Crise de Boeing. Un impact léger pour le Maroc, selon les professionnels de l’aéronautique

« C’est un sujet épineux ». C’est la première réponse que nous avons reçue concernant l’impact de la crise que traverse le géant américain Boeing sur l’écosystème aéronautique national de la part d’un représentant du GIMAS (Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales).

Fournisseurs de rang 1, les premiers concernés

Notre source précise que, pour le moment, l’impact est faible et touche essentiellement les fournisseurs de rang 1 qui sont directement en contact avec leur client Boeing.

Un son de cloche similaire nous a été confié par un industriel aéronautique, basé à Casablanca. « Ce sont surtout les clients de rang 1 qui vont être directement concernés. Pour ce qui est de de l’écosystème, il est essentiellement composé de producteurs de rangs 2 et 3. Il est à 90% constitué de filiales d’entreprises européennes et non américaines ».

« Seules une demi-douzaine d’entreprises installées au Maroc sur les 142 entreprises constituant l’écosystème national seront directement touchées ».

Le marché marocain est exposé sur Boeing à hauteur de 20% à 25%, affirme de son côté une source au sein du GIMAS. « La diversification de nos partenariats industriels fait que nous ne sommes pas très dépendants du marché américain, contrairement à d’autres plateformes comme le Mexique qui va être le plus durement touché ».

D’après la même source, les entreprises de rang 1 présentes au Maroc ont déjà réparti l’impact sur leurs différentes plateformes américaines et asiatiques, ce qui fait que l’impact sera allégé pour le Maroc.

« Nous pensons que cette crise va passer rapidement et sans grands dégâts, comme celle du Covid, après laquelle la reprise a été très forte, au point où nos carnets de commande se sont remplis très rapidement. Aujourd’hui, nous somme en full capacity et il nous arrive de refuser de nouvelles commandes ».

Le retard de l’installation de l’écosystème Boeing nous épargne relativement

Selon une source industrielle, « le retard de l’installation de l’écosystème Boeing annoncé sous le mandat de Moulay Hafid Elalamy fait qu’aujourd’hui nous sommes plutôt orientés vers Toulouse que vers Seattle ». En effet, après une annonce en 2016, un MoU a été signé entre l’entreprise et le gouvernement marocain pour installer un écosystème de fournisseurs de l’avionneur américain au Maroc, notamment à Tanger. Ce MoU vise à créer 8.700 emplois et un milliard d’euros d’impact économique d’ici 2028. Jusqu’à aujourd’hui, cet accord-cadre n’a été que très faiblement concrétisé par des installations concrètes.

La crise touchant l’avionneur américain Boeing depuis septembre dernier ne risque pas d’arranger les choses. Comme conséquence directe, elle a déjà abouti au licenciement de 10% des salariés du constructeur, une correction du cours boursier en plus d’un programme de gestion de sa dette.

Cette crise sans précédent a eu l’effet d’un tremblement de terre sur toute l’industrie. Ainsi, dès la mi-septembre, le groupe a annoncé le gel des commandes auprès des fournisseurs sur les programmes 737, 767 et 777. Seul le programme 787 a été épargné. Un manque à gagner énorme pour les équipementiers, notamment européens, qui travaillent aussi bien avec Airbus qu’avec Boeing.

Selon la presse hexagonale, le marché américain est le premier à l’export de l’industrie aérospatiale française. Le leader aéronautique français Safran (installée avec pas moins de 7 filiales au Maroc) serait le plus durement touché par ces restrictions. L’entreprise réalise un chiffre d’affaires quasiment égal entre les constructeurs européen et américain qu’elle fournit aussi en motorisation notamment de la série 737.

D’autres entreprises européennes seraient dans la même situation, ce qui fait que l’impact pour elles pourrait être important en cas d’arrêt même momentané du géant américain. Une situation extrême qui finira par toucher l’industrie marocaine.

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Figeac Aéro inaugure sa nouvelle unité à Casablanca

Inaugurée en présence du ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, cette nouvelle unité de production s’étend sur une superficie de 4.000 m², avec un investissement de 140 millions de DH. Elle permet l’usinage de pièces complexes de grande dimension.

Fruit d’une étroite coopération entre les équipes françaises et marocaines du groupe et les équipes de Safran Nacelles, ce nouveau site est dédié à la production de pièces à forte valeur ajoutée pour la nacelle de l’Airbus A320neo équipé de moteurs LEAP-1A, un programme à fort potentiel de croissance.

En cohérence avec son engagement envers la réduction de son empreinte carbone, Figeac Aéro a adopté une approche d’écoconception pour son site, permettant d’économiser plus de 700 tonnes de CO2 par an par rapport à un site standard.

S’exprimant à cette occasion, Ryad Mezzour a noté que c’est la première fois qu’un projet industriel est préfinancé par un client, ce qui témoigne de l’engagement de Safran et de l’expertise de Figeac Aéro.

Selon le ministre, cette nouvelle usine constituera une véritable valeur ajoutée pour l’industrie aéronautique et contribuera à faire intégrer de nouvelles filiales du secteur aéronautique au Maroc et à créer de nouvelles unités de production.

Pour sa part, le président-directeur général de Figeac Aéro, Jean-Claude Maillard, a relevé que « ce succès n’aurait pas été possible sans la confiance, le courage et la coopération de tous nos partenaires ».

« Nous aspirons à des moteurs eco-friendly et envisageons la fabrication de pièces entièrement localisées, ainsi que leur assemblage sur site chez nos clients. Les modèles de pièces qui seront conçus au sein de cette nouvelle unité de production dans l’objectif de réduire l’empreinte carbone, représente l’engagement envers un avenir plus durable pour la planète. »

De son côté, le président du Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (GIMAS), Saïd Benhajjou, a déclaré que l’aéronautique au Maroc franchit une étape significative, comme en témoigne la rapidité d’exécution de ce projet, réalisé en à peine une année, grâce à « la robustesse de l’écosystème local », notant que l’innovation et l’intelligence artificielle revêtent une importance cruciale pour ce secteur en constante évolution.

« Ce projet marque une nouvelle ère pour l’industrie aéronautique au Maroc, car il permet la production de pièces encore plus sensibles et complexes, qui sont essentielles pour soutenir l’un des éléments clés d’un avion, qui est le moteur », a affirmé M. Benhajjou.

Le groupe Figeac Aéro est spécialiste de la production de pièces de structure en alliages légers et en métaux durs, de pièces de moteurs, de trains d’atterrissage et de sous-ensembles.

Avec une présence internationale, le groupe opère en France, aux États-Unis, au Maroc, au Mexique, en Roumanie et en Tunisie. Au 31 mars 2023, Figeac Aéro a réalisé un chiffre d’affaires annuel de 341,6 millions d’euros.

Les défis et avancées du secteur aéronautique marocain mis en avant à l’Aerospace Meetings Casablanca

Mardi 3 octobre a marqué le lancement de la 7e édition de l’Aerospace Meetings Casablanca, un rendez-vous pour les professionnels des industries aéronautiques et spatiales nationales et internationales, qui durera jusqu’au jeudi 5 octobre.

Cet événement est organisé par l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE) en collaboration avec le Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (GIMAS) et Advanced Business Event (ABE), rassemblant les leaders et professionnels des industries aéronautiques et spatiales nationales et internationales.

Cette 7e édition a connu la participation de plus de 650 personnes dont 250 entreprises représentant 20 pays. Une délégation d’industriels comprenant Airbus, Boeing, Pratt & Whitney Canada, Collins Aerospace et bien d’autres ont pris part à cette édition.

Plusieurs thématiques ont été abordées, notamment la « Montée en puissance de l’excellence opérationnelle au Maroc », « le Capital humain de qualité, facteur clé de l’industrie 4.0 » et « Cybersécurité : l’engagement du Maroc dans la digitalisation », qui ont suscité des discussions et des réflexions sur les perspectives de développement du secteur aéronautique au Maroc.

« L’industrie aéronautique marocaine fait preuve d’une constante innovation. Le soutien au secteur industriel et logistique de pointe, le positionnement géographique du Maroc et sa stabilité, et l’investissement dans la formation et la qualification de la main-d’œuvre constituent les bases de la compétitivité de l’industrie aéronautique marocaine », a indiqué Saïd Benhajjou, le président du Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (GIMAS), à l’ouverture de cette édition placée sous le thème « Morocco : Take your business to new heights ».

Plus de 142 entreprises opèrent dans les industries aéronautiques et spatiales au Maroc. Le secteur emploie 20.000 personnes et génère un chiffre d’affaires à l’export de deux milliards de dollars. Il présente un taux d’intégration de 40% et une croissance moyenne de 20% par an, soit 4 fois plus que la moyenne mondiale et 5 fois la croissance du PIB.

 Empreinte carbone et financements, les défis du secteur

Le président du GIMAS a toutefois précisé que les défis du secteur sont nombreux: la mise en place de mécanismes de financement plus performants, le renforcement des outils électronique et mécanique, l’optimisation des coûts de production et la réduction de l’empreinte carbone.

De son côté, le délégué général du du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (GIFAS), Frédéric Parisot, a déclaré que le premier défi actuel de l’aéronautique en Europe est la main-d’œuvre, estimant que le secteur nécessite plus de compétences et une main-d’œuvre qualifiée pour pouvoir faire face aux challenges émergents, dont la cybersécurité, la généralisation des réglementations RSE, la livraison à temps et les problèmes environnementaux, en particulier le réchauffement climatique et la décarbonation, qui s’inscrivent dans la trajectoire zéro émission nette d’ici à 2050.

« Des avancées significatives »

Pour sa part, le directeur général de l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations, Ali Seddiki, a noté que le secteur aéronautique a traversé dernièrement des phases difficiles. Les défis sont de plus en plus nombreux pour les petites et moyennes entreprises et les fournisseurs marocains de technologie aéronautique, d’où l’importance de cette rencontre qui met en avant la résilience du secteur et les capacités du Maroc en matière de mise en place de solutions innovantes.

Le secteur, a-t-il poursuivi, a connu des avancées significatives en matière de commerce et de chaîne de valeur aéronautique. Les efforts sont de plus en plus fédérés en faveur du renforcement de la compétitivité de l’industrie marocaine, a-t-il encore souligné.

« Le Maroc, un acteur incontournable du secteur au niveau africain »

De son côté, la directrice des Industries aéronautiques, ferroviaires, navales et des énergies renouvelables au ministère de l’Industrie et du commerce, Afaf Saidi, s’est félicitée du développement que connaît la flotte aéronautique et de la modernisation des bases aériennes marocaines.

Le Maroc est devenu un acteur incontournable du secteur au niveau africain, a-t-elle noté, en particulier grâce à la production de composants destinés à l’aéronautique, la création de nouvelles entreprises, l’innovation, le renforcement de la coopération internationale dans le domaine et l’attachement à la durabilité et au respect des normes environnementales.

Aéronautique : Les décisions du GIMAS pour sauvegarder et développer le secteur

« Le secteur qui a réalisé une croissance organique de 20% avant la pandémie s’est révélé parmi les plus résilients du monde » souligne le communiqué du groupement.

Décarbonation, digitalisation, industrie 4.0 et conquête de nouveaux marchés sont les nouvelles orientations stratégiques du Gimas.

Ce dernier souhaite accompagner les entreprises marocaines de l’aéronautique à décarboner leur production à travers les actions suivantes :

– Réaliser un état des lieux au Maroc, un benchmark auprès de pays modèles ;

– Élaborer des recommandations stratégiques à partager avec la tutelle concernant le processus à mettre en œuvre et le dispositif associé,

– Préparer un dispositif complet « prêt à être actionné », englobant les aspects environnementaux et humains (RSE),

– Soutenir l’économie verte pour accompagner les industriels au passage à une production décarbonée et l’utilisation des énergies renouvelables.

– Créer une commission ad hoc pour l’ensemble des industriels.

Le groupement a annoncé le lancement du programme « Le Maroc aéronautique 4.0  » qui est décliné en 3 phases :

– Créer un projet d’accompagnement Industrie du futur , pratique et terrain, différencié par un projet « scalable » en fonction des enjeux des entreprises,

– Capitaliser sur les savoir-faire et les méthodes déployées dans les différentes entreprises afin de créer un écosystème complet permettant la formation, l’échange et le benchmark inter-sociétés,

– Déployer des synergies entre experts technologies, offreurs de solutions, Fablab sur un principe de « local to local »centrés sur les besoins de la PME.

Enfin, le Gimas a présenté un plan de communication agressif et ciblé vers l’Allemagne, l’Angleterre et le Canada, une série de sessions de groupes de travail tout au long de l’année pour accompagner la transformation du secteur ainsi que la participation à plusieurs salons internationaux dont le Digital aerospace meetings Morocco.

Ce premier évènement digital est organisé en partenariat avec l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (Amdie) et Advanced business events (Abe) et il s’étalera sur une période de 7 mois du 19 Janvier au 19 Juillet 2021.

Karim Cheikh reconduit à la tête du Gimas

Karim Cheikh a été élu lors de l’assemblée générale élective de la fédération qui s’est tenue le 9 décembre 2019 à l’Institut des métiers de l’aéronautique (IMA).

Fort de de ses 130 membres sur les 140 entreprises recensées, le Gimas représente plus de 97% du chiffre d’affaires et de l’effectif du secteur.

En plus de l’IMA en gestion délégué, le Gimas prend en gestion l’Institut spécialisé d’aéronautique et de la logistique aéroportuaire (Ismala) en association avec l’OFPPT.

Aéronautique: Création d’une société commune pour la gestion de l’lsmala

L’accord a pour objectif l’établissement d’un partenariat entre l’Office de la formation et de la promotion du travail (OFPPT) et le Gimas par la création d’une société commune pour la gestion de l’lsmala. Ce dernier sera dédié à la formation dans les métiers du MRO afin de répondre aux besoins évolutifs des opérateurs de la filière en ressources humaines qualifiées.

Il a été signé par le ministre de l’Industrie, de l’investissement, du commerce et de l’économie numérique, Moulay Hafid Elalamy, le ministre de l’Education nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Saaid Amzazi, la directrice générale de l’OFPPT, Loubna Tricha, le président du Gimas, Karim Cheikh et le président d’honneur du Gimas, Benbrahim El Andaloussi.

Dans le cadre de cet accord, l’Ismala opérera en complémentarité avec l’Institut des métiers de l’aéronautique (IMA), qui dispose déjà d’une carte de formation qualifiante et continue adaptée aux besoins des autres écosystèmes, notamment l’assemblage et l’EWIS (système d’interconnexion de câblage électrique).

De même et afin de répondre aux besoins des entreprises en profil Middle Management (MM) et de renforcer ainsi la chaîne de compétences du secteur aéronautique, il est prévu de mettre en place, au niveau de l’IMA, une structure dédiée MM, pour former des cadres intermédiaires aux compétences transverses à l’industrie aéronautique.

Pour M. Amzazi, ce partenariat constitue un modèle pilote en matière de gestion déléguée des instituts de formation professionnelle. Le ministère envisage de mettre d’autres organismes de formation professionnelle sous gestion déléguée car ce mode de gouvernance a fait la preuve d’efficacité et d’efficience, a-t-il ajouté.

De son côté, Mme Tricha a affirmé que l’objectif visé à travers la signature de ce mémorandum d’entente est de garantir une meilleure réactivité et une meilleure adaptation de l’Ismala aux besoins du marché de l’emploi.

(Avec MAP)

Aucune annonce crédible de coupure mondiale d’Internet demain

Un confrère koweitien a annoncé une coupure mondiale d'Internet pour une durée de 18 heures, demain mercredi 13 novembre, et cette information a déjà fait le tour de la toile marocaine.
 
Aucune annonce officielle n'ayant été faite à ce sujet ni au Maroc ni à l'étranger, nous avons toutes les raisons de croire que votre portail d'information préféré sera en ligne et opérationnel demain.
 
Cette information ressemble à un canular.
Dans la soirée de mardi, plusieurs opérateurs dans plusieurs pays ont catégoriquement démenti l'information.


 

Renault : les ventes en net recul

Le groupe Renault Maroc annonce, par le biais d’un communiqué parvenu à Médias 24, qu’à travers ses 2 marques Renault et Dacia, il a commercialisé 4.604 véhicules en juin 2013. Sa part de marché est de 42,6%.

Au total, le groupe atteint 39,2% de part de marché avec 25 068 véhicules vendus, seulement, depuis le début d’année.

Sur les 5 premiers mois de 2013, Renault Maroc a commercialisé 20.464 unités, ce qui représente une part de marché de 38,6%. Les ventes de voitures particulières Renault sont en recul de 18,5% durant le mois de juin 2013. Au premeir semestre, c'est une chute de 11,3 % au niveau de ces mêmes voitures.

Quant à la marque Dacia, elle a écoulé 2.691 véhicules, soit une part de marché de 23,6 % sur le 5ème mois de 2013. En d’autres termes, de janvier à mai, la marque s’est accaparée une part de marché de 23,1 %.

Grâce aux ventes de Kangoo voitures particulières, Clio 4 et Captur, Renault atteint une part de marché de 17,1%, avec 1.850 véhicules vendus en juin 2013.

En d'autres termes, les réalisations enregistrées, cette année, par le constructeur français, demeurent visiblement inférieures en comparaison avec les années précédentes.

(Avec communiqué)