Gitex Africa 2025 : lancement imminent d’un nouvel appel d’offres

Après l’annulation, à la mi-octobre, d’un premier appel d’offres portant sur l’organisation du Gitex Africa, l’Agence de développement du digital (ADD) va en lancer un nouveau dans les jours à venir, apprend Médias24 de sources sûres.

« Des ajustements ont été nécessaires pour transformer en profondeur la nature des prestations d’aménagement des pavillons qui accueilleront la prochaine édition », expliquent nos sources, qui précisent que les trois futurs adjudicataires d’autant de lots seront désignés avant la fin de l’année, garantissant ainsi une meilleure préparation pour cet événement de grande envergure.

À noter que le premier appel d’offres avait fait l’objet d’une grande polémique concernant ses résultats d’adjudication révélés par nos confrères de LeDesk.

La 3e édition du Gitex Africa aura lieu à Marrakech, les 14 et 15 avril 2025. Les organisateurs tablent sur 45.000 visiteurs, 1.500 exposants et quelque 650 organisations gouvernementales représentant 130 pays.

L’innovation est au cœur de l’ADN de RMA

En intégrant l’innovation et la digitalisation au cœur de sa stratégie, RMA s’engage continuellement à offrir des services technologiques à ses clients, répondant ainsi à leurs besoins de manière simplifiée.

Lors de cette édition du GITEX, RMA a dévoilé deux nouvelles solutions technologiques basées sur l’intelligence artificielle, développées en 2024, à l’initiative de ses collaborateurs en interne, dans le cadre de la stratégie de la compagnie axée sur l’innovation, la recherche et le développement.

Une caméra intelligente pour la sécurité des conducteurs

La première solution est une caméra intelligente, essentielle pour tout conducteur. Cette caméra embarquée est équipée d’une technologie capable de détecter les signes de distraction et de fatigue.

En cas de fatigue, elle envoie des alertes sonores en temps réel au conducteur, l’incitant à faire une pause et favorisant ainsi une conduite responsable et sécurisée.

Un agent IA pour répondre à toutes les interrogations

La deuxième solution est un agent IA incarné dans un avatar 3D. Cet agent virtuel est conçu pour répondre aux questions concernant les produits, les offres, les processus de souscription et la gestion des sinistres automobiles à RMA. Ce dernier sera mis en service avant la fin de l’année 2024.

Gérer les sinistres automobiles n’a jamais été aussi simple

Grâce à la recherche et au développement, RMA optimise et fluidifie l’expérience de ses clients avec des solutions diversifiées. En 2019, elle a lancé une solution de gestion des sinistres automobiles entièrement digitalisée.

Cette solution, destinée aux flottes, réinvente l’expertise des véhicules en cas de sinistre. Elle réduit les délais d’immobilisation, minimise les risques de fraude et permet un pilotage optimal des sinistres.

Le gestionnaire de flotte peut gérer ses dossiers de sinistre en toute autonomie via une plateforme web, une application mobile, et même WhatsApp. Il suffit d’effectuer une pré-déclaration et de prendre une photo de l’accident en temps réel via l’application.

Le rapport certifié est généré automatiquement et validé par l’intermédiaire d’assurance, permettant une déclaration rapide du dossier de sinistre. L’expertise se fait à distance, sur la base du dossier partagé, pour autoriser les réparations nécessaires.

La Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé à la pointe de l’innovation et de la R&D

La Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé recourt à des technologies numériques pour assurer une interopérabilité parfaite entre ses diverses entités, facilitant ainsi des soins de haute qualité et l’accès aux services de santé pour tous les citoyens.

Le professeur Ahmed Bennana, directeur général de l’Hôpital universitaire international Mohammed VI de Bouskoura, met l’accent sur la digitalisation, qui est un pilier central de la réforme du système de santé initiée par le Roi Mohammed VI.

M24 Live Studio : Pr Ahmed Bennana, pouvez-vous nous exposer les objectifs de la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé dans le cadre de cet événement numérique africain, le Gitex ?

Pr Ahmed Bennana : La Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé est une institution à but non lucratif qui opère dans les domaines des soins, de la formation, de la recherche et de l’innovation. Notre présence au Gitex Africa 2024 est essentielle, car cet écosystème utilise et produit des technologies numériques avancées.

Nos hôpitaux sont fortement digitalisés avec des dossiers numériques des patients et l’utilisation de l’intelligence artificielle, notamment en radiologie et en prédiction.

– Vous avez mentionné une réforme du système de santé au Maroc. Pouvez-vous nous en dire plus ?

– Absolument. La réforme du système de santé au Maroc est une initiative majeure pilotée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Cette réforme s’inscrit dans une vision plus large de généralisation de la couverture sociale, avec un accent particulier sur l’extension de la couverture sanitaire à l’ensemble de la population marocaine. Le but ultime est d’assurer que tous les citoyens aient accès à des soins de santé de qualité, indépendamment de leur situation économique ou géographique.

Un des piliers fondamentaux de cette réforme est la digitalisation. Par l’intégration des technologies numériques avancées, nous pouvons améliorer l’efficacité et l’accessibilité des services de santé. Par exemple, l’implémentation du dossier médical électronique permet un suivi précis et continu des patients, réduisant ainsi les erreurs médicales et améliorant la coordination des soins entre différents prestataires de santé.

La réforme comprend également des initiatives qui visent à moderniser les infrastructures de santé, à former le personnel médical et à introduire de nouvelles technologies telles que l’intelligence artificielle dans les diagnostics et traitements.

 

– Comment la Fondation intègre-t-elle les technologies de la santé, comme l’intelligence artificielle et la digitalisation ?

– La Fondation intègre ces technologies de manière extensive. Nos processus de formation, de recherche et d’enseignement sont entièrement digitalisés. Par exemple, les évaluations, concours et examens sont numériques. Nous développons également des solutions technologiques innovantes, comme le robot chirurgical pour des interventions précises et sécurisées, et des systèmes de traçabilité des patients au bloc opératoire pour informer les familles en temps réel.

– Pouvez-vous donner des exemples concrets de projets de recherche technologique en cours à la Fondation ?

– Le premier exemple est l’acquisition de robots chirurgicaux pour des interventions précises, et la création de solutions numériques pour améliorer la gestion des rendez-vous et la communication avec les familles des patients. Aussi, nos ingénieurs développent des technologies pour une meilleure traçabilité et sécurité des données des patients, ce qui rend ces informations accessibles aux personnes autorisées.

Les établissements relevant de la Fondation pratiquent la Tarification nationale de référence

– Comment la Fondation se positionne-t-elle dans l’écosystème de la santé au Maroc ?

– La Fondation se distingue par son modèle unique à but non lucratif. Elle agit comme un prolongement de l’État dans le domaine de la santé. Nous allions soins, formation et recherche, contribuant ainsi à la vision de Sa Majesté pour une santé équitable et accessible. De même, nous pratiquons la Tarification nationale de référence, permettant de maîtriser les coûts tout en offrant des prestations de haute qualité.

– Quelles sont les ambitions futures de la Fondation ?

– Notre ambition est de continuer à impacter positivement la santé, au Maroc et en Afrique, par l’intégration des technologies les plus avancées et en formant les futurs professionnels de santé. L’objectif étant de rendre accessible la haute technologie aux citoyens et de former des talents de haut niveau pour le marché national et africain.

– La Fondation dispose-t-elle des moyens humains et financiers nécessaires à cette transition ?

– Oui, nous avons un écosystème solide de formation, d’enseignement et de recherche. Nos hôpitaux universitaires forment des étudiants dans toutes les filières médicales. Nous devenons également de plus en plus attractifs non seulement pour retenir nos talents, mais aussi pour attirer des praticiens de renommée internationale souhaitant exercer au Maroc. Grâce aux efforts de Sa Majesté, notre pays jouit d’une image positive à travers le monde, renforçant notre capacité à attirer et à retenir les talents.

Amir Rao : « AWS permet de traiter des données localement tout en utilisant des services avancés »

Le partenariat entre AWS et Orange promet de transformer le paysage technologique en Afrique. Selon le directeur de la gestion des produits Telco chez AWS, Amir Rao, il permet de poser les bases d’une croissance technologique durable et inclusive sur le continent, en apportant, entre autres, des services de cloud computing localisés et en investissant dans la formation des talents locaux.

M24 Brand Studio : Pouvez-vous nous parler de votre partenariat avec Orange et du déploiement des zones WaveLAN au Maroc et au Sénégal ?

Amir Rao : Bien sûr. Nous apportons des services de calcul et de mise en réseau AWS localement au Maroc et au Sénégal, grâce aux zones AWS WaveLAN. Cela signifie que nous déployons une infrastructure AWS multi-tenant, permettant aux clients d’Orange et autres d’accéder facilement aux services de calcul AWS.

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– Que proposez-vous en termes de cloud exactement ?

– Le cloud est un système de calcul virtualisé qui offre divers services. AWS propose plus de 200 services cloud. Historiquement, ces services étaient accessibles via notre infrastructure régionale, comme celle de Cape Town en Afrique du Sud ou plusieurs localisations en Europe. Désormais, avec les zones AWS WaveLAN, les mêmes services sont disponibles localement au Maroc et au Sénégal.

     

– Quels sont les avantages pour les clients au Maroc et au Sénégal ?

– Les clients peuvent créer des applications, stocker et traiter leurs données localement, ce qui répond aux exigences réglementaires. Cela accélérera l’écosystème des développeurs et des start-up dans ces régions.

– Envisagez-vous d’étendre ces services à d’autres pays d’Afrique ?

– L’Afrique est importante pour nous. Nous voulons réduire la fracture numérique et saisir les nombreuses opportunités. Nous espérons continuer à étendre nos services en Afrique, mais je préfère ne pas spéculer sur les plans futurs.

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– Quels types de clients bénéficieront des services AWS locaux ?

– Les banques, les start-up et les jeunes développeurs en bénéficieront grandement. Par exemple, une start-up développant une application d’argent mobile pourra stocker et traiter des données localement. Les entreprises publiques et les agences gouvernementales avec des restrictions de données en profiteront également.

Amir Rao, directeur de la gestion des produits Telco chez AWS.

 

– Comment les entreprises marocaines bénéficieront-elles des services AWS, notamment en matière d’analyse de données et d’IA ?

– Les clients peuvent accéder aux services via les régions AWS et les zones AWS WaveLAN. Cela leur permet de traiter des données localement tout en utilisant des services avancés comme l’analyse de données et l’IA générative. Notre partenariat avec Orange permet un choix et une flexibilité pour les clients finaux.

– Quelles initiatives AWS propose-t-elle pour former les équipes des entreprises marocaines à ces technologies ?

– Orange est un excellent partenaire et, ensemble, nous avons mis en place plusieurs initiatives pour former les équipes locales. Orange utilisera les zones AWS WaveLAN pour leurs propres applications, ce qui renforcera les compétences techniques de leur personnel. En plus de cela, nous collaborons sur des programmes de formation, notamment l’architecture de solutions et des journées d’immersion pour rendre la technologie plus accessible. Nous investissons également dans la formation des formateurs pour assurer une diffusion plus large des compétences nécessaires pour tirer pleinement parti des services AWS. Ensemble, nous nous engageons à renforcer l’écosystème technologique local et à préparer les talents pour l’avenir.

Le groupe Aba Technology présent en force au Gitex Africa Morocco

La participation du groupe Aba Technology à la 2e édition du Gitex Africa Morocco est remarquable à plus d’un titre. Le groupe technologique, dont toutes les solutions trouvent de plus en plus de sens en Afrique, est partenaire officiel de Gitex Africa, la plus grande manifestation technologique du continent africain.

Avec un stand imposant, Aba Technology a répondu présent au Gitex Africa Morocco, à travers différentes composantes relatives à la Healthtech, la Smart City, l’Industrie X.0 et la Smart Supply Chain. Ses filiales Mediot, iCity, Nextronic, Nextcor, DigiEye, Mana Technology, Hadiot et SCX ont exposé toute l’étendue de leur savoir-faire dans les domaines précités.

Ainsi, ce stand de 260 m2 a été la vitrine technologique de tous les produits et solutions développées par le groupe. Ce dernier s’est doté d’un deuxième stand dédié exclusivement à la télémédecine, au World Future Health Africa, avec des solutions made in Morocco ayant fait leur preuve au niveau national et international.

Un leadership technologique « invented & made in Morocco »

Au micro de Médias24, Amer Benouda, vice-président international du groupe Aba Technology, a décrit le dispositif du grand stand (voir vidéo). « Le groupe a présenté des cartes électroniques, des capteurs, des caméras de surveillance et des objets connectés, le tout fabriqué au Maroc, permettant de rendre les villes et les territoires plus intelligents ».

Et d’ajouter : « Mediot a exposé des solutions de télémédecine, des cabines, des chariots et des mallettes déployés au Maroc et très prisés par les organisations internationales au Moyen-Orient, en  Afrique et en Amérique latine ». Notre interlocuteur souligne que le groupe a présenté des solutions AIoT, « Artificial Intelligence of Things », ayant trait à la transformation digitale des usines dans le monde, qu’il a exportées vers 13 pays.

Trois nouvelles plateformes AIoT mises en avant lors du Gitex

Pour cette 2e édition du Gitex Africa Morocco, le groupe Aba Technology a fait le choix de mettre en avant trois nouvelles solutions mises sur le marché récemment. Il s’agit de trois plateformes d’intelligence artificielle des objets (AIoT) qui, selon notre interlocuteur, est une tendance de fond qui impacte les personnes, les organisations et tous les secteurs d’activité.

Incluant la gestion urbaine et la sécurité publique, DakaAI permet la surveillance intelligente des territoires (villes, régions, communes). « Elle s’appuie sur des algorithmes très sophistiqués afin de générer une gestion rigoureuse et efficace des territoires », souligne le vice-président du groupe.

Dédiée à la médecine du futur, DigiHealth permet aux organisations et institutions d’avoir une compréhension très fine et granulaire en termes de pathologies diagnostiquées et de transfert de patient, par exemple.

Quant à la plateforme DigIndustry X.0, elle garantit l’efficacité opérationnelle au niveau des usines, par exemple dans les branches d’activité de l’automobile, des mines, du pétrole et du gaz et d’autres industries.

Huawei Maroc réunit les experts pour un avenir numérique « plus robuste et durable »

Articulé autour de la thématique « Accélérer l’intelligence pour un Maroc numérique, » cet événement d’envergure a permis de rassembler pas moins de 100 participants issus des secteurs de la finance, du gouvernement, du cloud B2B entre autres secteurs clés, afin de promouvoir ensemble le développement d’un écosystème digital dynamique, résilient et ouvert.

Le sommet a été structuré autour de trois messages clés : l’avènement de nouvelles infrastructures, l’émergence d’un nouvel écosystème et la création de propositions de valeur innovantes.

S’exprimant au sujet de la tenue de cette rencontre, Colin Hu, CEO Huawei Northern Africa Enterprise & Cloud Business Dept, a déclaré : « Le Huawei Digital Morocco Summit 2024 offre une plateforme puissante qui permet de réfléchir à des stratégies de transformation numérique vertes, optimisées et efficaces, destinées aussi bien au gouvernement qu’aux entreprises. »

Les discussions entre les experts ont notamment porté sur trois axes majeurs : Gouvernement, Finance et Cloud.

Pour réussir une transformation numérique à grande échelle, destinée à renforcer la souveraineté digitale nationale, de nombreux défis doivent être relevés en exploitant les innovations technologiques telles que les nouvelles infrastructures numériques, exprime Huawei dans un communiqué.

En adoptant une architecture « un seul réseau », les partenaires gouvernementaux pourront bénéficier d’un accès facile à divers services en tout temps et en tout lieu, connectant ainsi les citoyens et les entreprises.

Grâce à un cadre unifié « One Cloud », soutenu par des politiques claires en matière de gouvernance des données, les gouvernements seront à même de garantir la cohérence de leurs opérations tout en minimisant leurs coûts de gestion et en optimisant leurs prestations de services.

A son tour, le secteur financier progresse rapidement vers un monde numérique, tandis que les services financiers ont été intégrés dans des scénarios quotidiens axés sur les engagements plutôt que sur les transactions.

« À l’avenir, les institutions financières du Maroc comme du monde entier devraient mettre en place des infrastructures fiables, sécurisées et résilientes ainsi que des plateformes d’intelligence de données capables de libérer tous les potentiels en termes de productivité et d’efficience financières », poursuit le même communiqué.

Le sommet a également mis en lumière la nouvelle technologie Cloud + AI qui sera utilisée dans de nombreuses nouvelles entreprises, en élargissant l’activité et en créant une plateforme de services cloud en quatre dimensions dans le cloud à l’avant-garde et dans de multiples dimensions. L’exploitation de cette nouvelle technologie, sous la version KooVersion, est déjà répandue dans 33 régions avec 93 zones de distribution, desservant plus de 170 clients dans le monde.

L’événement a, ainsi, servi de plateforme d’échange et de discussion autour de l’état du secteur des TIC, notamment des stratégies de développement, des feuilles de route pour la transformation numérique et des tendances futures du secteur.

Cybersécurité : Deloitte, le leader mondial expose son expertise au Gitex Africa Morocco

Fort de 12.000 experts en cybersécurité à travers le monde (Europe, Amérique, Asie et Afrique), le groupe international Deloitte était présent à la 2e édition du Gitex Africa Morocco, à travers la structure Deloitte Morocco Cyber Center, dirigée par Imade Elbaraka.

Le groupe international qui détient exclusivement l’offre de valeur allant de la stratégie en passant par l’implémentation technologique jusqu’aux services de cybersécurité opérés pour le compte de tierces entités, est « Knowledge Partner » pour la deuxième édition du Gitex Africa Morocco.

Interrogé sur l’intérêt de la participation de Deloitte Morocco Cyber Center au Gitex (voir vidéo), Imade Elbaraka, managing partner chez Deloitte en charge de la cybersécurité pour la France et l’Afrique francophone, explique : « Le premier intérêt réside dans le fait d’exposer ce que nous faisons en matière de cybersécurité, à travers des démonstrations techniques pour le grand public, nos clients et nos différents partenaires. »

Selon notre interlocuteur, il s’agit aussi d’appréhender les nouvelles tendances en matière de cybersécurité au niveau mondial, avec un focus sur le continent africain.

Une prise de conscience collective

De nos jours, plusieurs millions voire milliards de cyberattaques sont enregistrées quotidiennement, dont plusieurs centaines de milliers sont fatales. Cette donne est favorisée par l’usage accru des nouvelles technologies dans le monde de la finance et celui des applications mobiles, et par la digitalisation progressive de l’industrie. Ce qui pousse Imade Elbaraka à parler d’un risque systémique et pesant dans un contexte géopolitique tendu d’accroissement des ransomwares et d’extorsions numériques.

« Face à cette situation, il y a une réelle prise de conscience collective chez les personnes, les entreprises et les États pour tendre vers la résilience numérique », confie notre source. Deloitte s’évertue à garantir cette résilience à ses différents clients à travers ses centres basés à Casablanca, Toronto, Washington DC, Madrid, Kuala Lumpur et en Inde, précise-t-elle.

Une stratégie très volontariste et offensive au Maroc

« Au Maroc, nous avons une stratégie très volontariste et offensive, notamment en matière de talents », affirme le patron de Deloitte Morocco Cyber Center. Selon lui, le Royaume est un vivier extraordinaire de talents marocains et africains.

Notons que Deloitte Morocco Cyber Center a seulement 15 mois d’existence et compte déjà plus de 150 ingénieurs qui travaillent pour des clients situés en Afrique et en dehors du continent. Ce qui prouve que, selon Imade Elbaraka, l’expert africain en matière de cybersécurité est à la pointe des services qu’il rend à des clients majeurs situés en Europe ou aux États-Unis (clients Fortune 500).

Deloitte tire profit également des avantages offerts par l’intelligence artificielle (IA) en matière de cybersécurité. « L’IA n’est pas du tout un sujet récent pour les experts en cybersécurité. Elle est déjà employée depuis plusieurs années dans différents logiciels et services de pointe ; chez Deloitte, c’est le cas depuis au moins trois ans. L’IA aide nos experts à mieux corréler les milliards d’informations obtenues auprès de plusieurs sources pour détecter les signaux faibles et les vulnérabilités. Elle nous aide aussi à industrialiser nos services managés en 24/7 en améliorant la capacité opérationnelle de nos équipes », conclut notre interlocuteur.

Partenariat Orange-Amazon: Brahim Sbaï nous dit tout sur cette alliance stratégique

– M24 Brand Studio: quels sont les objectifs du partenariat que vous avez signé avec Amazon Web Services, lors de la première journée du Gitex Africa 2024? 

– Brahim Sbaï: Il s’agit tout d’abord de la rencontre de deux grandes entreprises, Orange et Amazon. Amazon apportera toute la puissance du cloud dont elle dispose dans les autres pays du monde, notamment les Etats-Unis, ainsi que la puissance de son écosystème et de ses services.

Cette infrastructure sera basée ici au Maroc dans notre Data Center. Et toutes les entreprises marocaines vont pouvoir en bénéficier, qu’elles soient privées ou publiques, petites ou grandes.

Ce n’est pas un MOU ou une intention, c’est un contrat effectif. On commencera à vendre les services à partir du mois d’août 2024.

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– Comment ce partenariat devrait-il améliorer la compétitivité des entreprises en actant cette inclusion digitale ?

– C’est une très bonne question. Amazon Web Services dispose d’à peu près 220 services. C’est énorme et c’est quelque chose de nouveau pour nos entreprises au Maroc ainsi que pour les établissements publics.

C’est pour cela que lorsqu’on parle de Cloud, très souvent, on parle d’écosystème. C’est-à-dire qu’il y a à la fois un opérateur télécom, Orange, et Amazon qui apportera son infrastructure. Chez Orange aussi, nous avons cet atout de « Services ». Je pense que les services sont très importants avec leurs parties audit, Advanced Services et Professional Services. Ce sont tous ces services-là que nous allons pouvoir, de manière très programmatique, proposer aux clients (Banques, administrations, etc.)

– Concrètement, comment allez-vous approcher ces clients ? 

– On peut le faire de deux manières. La première, qui est un peu traditionnelle, est d’aller voir l’entreprise et de l’écouter. Exemple: une administration publique peut exprimer un besoin sur la partie de la e-health, comme l’identification unique des malades. Notre travail serait alors d’essayer de traduire cette problématique business en une solution technique et technologique, pour accompagner cette entité-là à travers un certain nombre de services. L’étape suivante sera alors d’implémenter ce service pour qu’il puisse être consommé par les différents acteurs du marché.

La deuxième méthode, qui n’est pas traditionnelle, et c’est ce qui se fait dans le cloud, est une série de forums. Si vous prenez, par exemple, le vertical agriculture, les IoT (Internet of Things) sont très importants. Par exemple, on va faire un forum avec Amazon et tout l’écosystème (la fabrication, l’implémentation, le déploiement, le support et la maintenance) et on expliquera le fonctionnement, l’intégration, le coût, la complexité, etc. Cela amènera le client à dire : » Je veux utiliser moi aussi les IoT ». Ce qui bénéficiera à un pan de l’agriculture.

Voilà, les deux approches possibles.

Il faut savoir que ce n’est pas quelque chose qui se fait du jour au lendemain. Cela prend du temps, des mois. Et c’est pour cela que ce type de services ne peut se faire que par de grandes entreprises qui ont une histoire technique et technologique pour pouvoir faire partie d’un écosystème. Ce qui est le cas d’Orange et d’Amazon.

C’est d’ailleurs pour cela qu’on est extrêmement confiants de pouvoir amener cette complexité pour qu’elle soit consommée par l’utilisateur final.

– Les entreprises marocaines ont-elles suffisamment de maturité pour pouvoir consommer ces différentes technologies de pointe ? Quelles seraient les étapes de sensibilisation de ces entreprises ? 

– Je pense que la maturité commence avec la volonté de se digitaliser. Et le Maroc a déjà prouvé cette volonté de le faire.  On a une roadmap, une stratégie et une ambition extrêmement claire et identifiée pour se digitaliser. C’est important.
Le Maroc a beaucoup travaillé là-dessus. Il y a une vision jusqu’à 2030 qui a été bien partagée. D’ailleurs, c’est cette vision-là qui nous a donné confiance pour « ramener » Amazon avec Orange et l’installer au Maroc. Parce qu’on sait qu’il y a un besoin et qu’on va pouvoir accompagner ces entreprises.

– Était-il facile de ramener Amazon ?

– Non, ce n’était pas facile de ramener Amazon. Amazon est extrêmement courtisé. De par l’explosion de l’intelligence artificielle, ils n’ont pratiquement plus de puissance de calcul pour aller ouvrir une autre région comme ce qu’ils viennent de faire ici au Maroc. C’est-à-dire qu’ils ont tellement de demandes sur l’intelligence artificielle, qu’ils peuvent être occupés pour les prochaines années. Je pense que nous avons réussi à les convaincre avec le gouvernement grâce à notre volonté et la feuille de route dans ce domaine.

L’accompagnement se fera dans le temps, avec méthodologie. Encore une fois, la e-Health n’est pas l’agriculture, ni l’administration publique ou encore la banque ou une société logistique. Chaque entreprise a sa spécificité. Et c’est justement là qu’intervient Orange avec sa branche de services et de personnes spécialisées dans le « vertical ». Nous avons des gens spécialistes par secteur qui connaissent très bien les problématiques de ces métiers, comme l’agriculture par exemple, qu’ils ont implémentés dans d’autres pays. Ils pourront donc nous accompagner pour qu’on puisse bénéficier de l’expérience qu’ils ont eue, ramener les Best Practices et ne pas avoir à « réinventer la roue ».

– Enfin, pour une entreprise ou une administration qui souhaite être accompagnée par ce service, qu’est-ce qu’elle doit faire et par quoi devrait-elle commencer ?

– Une entreprise doit savoir où elle est aujourd’hui et ce qu’elle doit être demain.

– Les accompagnez-vous dans ce diagnostic ?

– Oui, absolument. On peut ainsi accompagner une administration publique qui veut servir tous les Marocains et qui nous expose ses problématiques techniques, de sécurité, de localisation des données, de volume, d’équipement, de qualité de données rassemblées, etc. À travers l’expérience qu’on a, on les fait rentrer dans un programme de consulting et d’audit et on finit par transcrire le tout dans une sorte de cahier des charges que le client reconnaît et affirme :  » je comprends où je suis, je comprends où je veux partir et je comprends le chemin à mener ».

Après, il peut, par exemple, faire un appel d’offres et dire : « aujourd’hui, j’ai envie de cloudifier ». Et on l’accompagne éventuellement dans cette partie-là aussi.