Exclusif. Glovo signe un accord avec le Conseil de la concurrence pour clore le dossier

Glovo et le Conseil de la concurrence ont signé un protocole transactionnel mettant un terme au contentieux ouvert en février 2024, apprend Médias24 de source sûre. L’accord prévoit le paiement d’une amende réduite, assortie d’ »engagements mutuellement négociés et acceptés ».

Selon nos informations, le montant de l’amende tourne autour de quelques dizaines de millions de dirhams. Il sera communiqué officiellement par le Conseil.

Les engagements portent « essentiellement » sur l’abandon, par Glovo, des clauses d’exclusivité imposées aux restaurateurs. Cette pratique figurait parmi les principaux griefs notifiés à la plateforme espagnole, soupçonnée d’abus de position dominante, d’abus de dépendance économique dans laquelle se trouvent ses partenaires commerciaux et de pratiques de prix abusivement bas. La notification officielle des griefs est intervenue le 28 mai 2025.

Le protocole repose sur le mécanisme de transaction prévu par la loi 104-12, combinant non-contestation des griefs — sans reconnaissance de responsabilité — et engagements correctifs. Ce cadre ouvre la voie à des réductions substantielles de sanction.

L’affaire s’inscrit dans une enquête lancée par autosaisine en février 2024. Elle avait donné lieu, en novembre de la même année, à une perquisition dans les locaux marocains de Glovo à Casa Finance City — une première dans l’histoire du régulateur.

Le paiement de l’amende met un terme définitif au volet contentieux. Le second volet, relatif aux engagements, ouvre une nouvelle phase. Le Conseil de la concurrence désignera un rapporteur chargé de suivre la mise en œuvre effective des mesures convenues.

Affaire Glovo Maroc : les détails, au-delà des griefs

Abus de position dominante, exploitation abusive d’une situation de dépendance économique, application de prix anormalement bas : ce sont les trois principaux griefs formulés par le Conseil de la concurrence à l’encontre de Glovo Maroc. Le groupe espagnol est officiellement mise en cause pour des pratiques anticoncurrentielles sur les marchés national et local des plateformes numériques de livraison et de commande de repas.

Ces accusations figurent dans un communiqué publié le 28 mai 2025 par Hicham Bouayad, rapporteur général du Conseil. On y apprend que l’enquête à l’origine de ces griefs a été lancée dès février 2024 – une information jusque-là inconnue du public. Ce calendrier révèle que Glovo était déjà surveillé par le régulateur huit mois avant le dépôt officiel d’une plainte, en octobre 2024, par Ora Technologies, l’éditeur de Kooul, une application concurrente.

La saisine d’Ora Technologies n’a pas non plus déclenché la perquisition spectaculaire menée par la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) dans les locaux de Glovo, à la demande du Conseil de la concurrence. Cette opération, la première du genre pour le régulateur, a eu lieu le 22 octobre 2024, jour même du dépôt de la plainte. Elle s’inscrivait toutefois dans le cadre d’une procédure dite de saisine d’office, c’est-à-dire engagée de manière indépendante par le Conseil.

La démarche du concurrent n’est d’ailleurs pas mentionnée dans le communiqué. On sait toutefois qu’Ora Technologies a été auditionné lors de l’instruction. Les griefs notifiés semblent également confirmer les éléments de sa plainte, notamment pour l’abus de position dominante et l’exploitation abusive d’une situation de dépendance économique.

Finement argumentée, la saisine d’Ora Technologies relie ces pratiques anticoncurrentielles aux « clauses d’exclusivité » imposées par Glovo aux restaurateurs, les empêchant de collaborer avec des applications concurrentes. Ces conditions sont en outre assorties de « clauses pénales« .

La nouveauté concerne le troisième grief : les prix abusivement bas. La plainte d’Ora n’y fait pas mention, et le récent communiqué du Conseil ne précise pas les faits associés à cette accusation. La suite du dossier, pour l’instant confidentielle, devrait apporter des précisions sur la nature exacte de cette accusation. Certaines indiscrétions évoquent des pratiques promotionnelles agressives mises en place par Glovo, qui profiterait de sa position sur un marché qu’elle domine largement.

Une nuance importante s’impose : les griefs sont formulés par les services d’instruction du Conseil, et non par son organe décisionnel, qui statue de manière collégiale. Entre les deux, existe une séparation fonctionnelle comparable à celle qui distingue, dans un système judiciaire, les juges d’instruction et le parquet, d’une part, des juges du siège, d’autre part. Les premiers enquêtent et poursuivent, les seconds tranchent.

Glovo mis en cause, mais pas condamné

À ce stade, Glovo est donc mis en cause, mais n’a pas été condamné. La notification des griefs ouvre la voie à une procédure contradictoire, au cours de laquelle l’entreprise pourra présenter ses observations.

Quelles sont les suites possibles dans ce dossier ? Après la notification des griefs, Glovo pourra soit opter pour une issue transactionnelle (avec amende minorée), soit choisir de se défendre jusqu’à la décision du Conseil. Celle-ci pourra se traduire par un non-lieu ou par une sanction pouvant atteindre jusqu’à 10% de son chiffre d’affaires (national ou international).

À noter qu’en cas de transaction, l’entreprise serait sensiblement protégée contre d’éventuelles actions en réparation engagées par des concurrents lésés – la transaction ne vaut pas aveu des griefs, ce qui complexifie l’administration de la preuve pour le requérant une fois devant un tribunal. Dans l’absolu, la transaction n’exclue pas la possibilité d’une condamnation judiciaire, à charge pour l’entreprise lésée de prouver une faute, un préjudice et la corrélation entre les deux.

Dans tous les cas, le régulateur pourrait également imposer à Glovo un certain nombre d’engagements pour remédier aux dysfonctionnements concurrentiels constatés.

Selon des praticiens consultés par nos soins, Glovo aurait pu opter pour une « procédure d’engagements » qui lui aurait permis d’éviter le risque d’amende. Mais ce choix devait être formulé avant la notification des griefs. Cette option, utilisée notamment dans le dossier du démantèlement du quasi-monopole de CMI, n’est désormais plus envisageable.

Pratiques anticoncurrentielles : Au Maroc, Glovo a reçu les griefs officiels

Le Rapporteur Général du Conseil de la Concurrence a notifié des griefs à Glovo, société opérant sur le marché des plateformes numériques de commande et de livraison de repas, concernée par une procédure portant sur de possibles pratiques anticoncurrentielles, à la fois au niveau national et local.

Cette notification a été annoncée dans un communiqué publié ce mercredi 28 mai. L’annonce ne mentionne pas explicitement le nom de l’entreprise mise en cause. Toutefois, selon des informations révélées antérieurement par Médias24, il s’agit de la plateforme espagnole Glovo.

Cette notification intervient à la suite d’une auto-saisine du Conseil par décision n°20/D/2024 en date du 19 février 2024. L’enquête menée par les services compétents du Conseil a permis de mettre en évidence des indices de comportements potentiellement contraires aux règles de concurrence en vigueur.

Les griefs portent sur plusieurs types de pratiques : l’exploitation abusive d’une position dominante sur le marché, l’exploitation abusive de la situation de dépendance économique dans laquelle se trouveraient certains partenaires commerciaux de l’entreprise concernée, ainsi que la mise en œuvre de politiques de prix abusivement bas.

Ces faits sont susceptibles de constituer des infractions à l’article 7 de la loi n°104-12 relative à la liberté des prix et de la concurrence, telle que modifiée et complétée. Cette disposition interdit notamment l’abus de position dominante et l’abus de dépendance économique, dès lors que ces pratiques ont pour objet ou pour effet de restreindre, fausser ou empêcher le jeu normal de la concurrence sur le marché.

La notification des griefs ouvre une phase de procédure contradictoire. Celle-ci garantit le respect des droits de la défense de la société mise en cause. Il est précisé que cette notification ne préjuge en rien de l’issue de l’affaire. La décision finale relève exclusivement du collège du Conseil de la Concurrence, à l’issue d’une instruction complète et de la tenue d’une séance dédiée.

Le Conseil rappelle que ces procédures visent à préserver l’équilibre concurrentiel du marché, dans l’intérêt des consommateurs et du bon fonctionnement économique, en assurant une diversité d’offres, une qualité satisfaisante des services, et des prix équitables.

Glovo Startup Lab : un tremplin vers l’international pour les startups marocaines

Médias24 a reçu sur son plateau M24 Live Studio au Gitex Africa Adnane Lachheb, responsable du programme Tech Catalyst chez Glovo, ainsi que Nassiba Benabdelhafid, CEO de Logistiqa, l’une des startups bénéficiaires du programme Glovo Startup Lab. Interview croisée.

Adnane Lachheb. Le Glovo Startup Lab est un programme de mentorat lancé lors du Gitex 2024. Pour Glovo, c’était une manière de partager notre savoir-faire, notre expertise et de contribuer à l’essor de l’écosystème entrepreneurial marocain.

L’objectif était de sélectionner des startups marocaines, de les inviter à notre siège à Barcelone afin qu’elles rencontrent d’autres startups issues des pays où nous opérons, et qu’elles découvrent l’écosystème local barcelonais, ville d’origine de Glovo. Le cœur du programme, c’est le partage de notre playbook : nos stratégies, notre approche, nos échecs, nos bonnes pratiques. Le premier pilote a eu lieu en septembre dernier.

Adnane Lachheb. Durant le programme, nous avons organisé des sessions de mentorat avec des experts de Glovo, chacun spécialisé dans un domaine spécifique. Les startups choisissaient les thématiques qui les intéressaient, et nous mettions en place les sessions adaptées.

Par exemple, le CTO de Glovo a animé des séances axées sur le produit, d’autres portaient sur l’expansion à l’international, ou encore sur la stratégie d’entrée sur de nouveaux marchés.

Un volet important concernait également l’impact. Nous avons collaboré avec Impact Hub Barcelona pour accompagner les startups sur cette dimension, afin qu’elles intègrent pleinement la notion d’impact dans leur modèle et puissent ainsi mieux convaincre les investisseurs.

Adnane Lachheb. Dans le cadre du partenariat signé lors du Gitex 2024, nous avons défini des critères généraux : le business model, le secteur d’activité et la maturité de la startup. Chaque partenaire local a été invité à proposer trois startups répondant à ces critères. Logistiqa, fondée par Nassiba Benabdelhafid, a ainsi pu bénéficier du programme.

Adnane Lachheb. L’idée est de transmettre notre expérience, d’inspirer et d’encourager les startups à franchir le pas de l’internationalisation. En les connectant avec des startups étrangères confrontées à des défis similaires mais qui y répondent différemment, on crée une dynamique d’émulation. C’est un vrai mentorat, un partage d’inspiration, qui pousse les startups à se projeter et à accélérer leur développement.

Adnane Lachheb. Absolument. Nous préparons une nouvelle édition en septembre prochain. D’autres startups marocaines pourront se rendre à Barcelone pour y participer.

Glovo, entreprise espagnole bien implantée au Maroc et au Portugal, vient de signer un partenariat avec le ministère marocain de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration. L’idée est de capitaliser sur la dynamique créée par la Coupe du monde 2030 pour fédérer les acteurs de l’écosystème méditerranéen.

Nous envisageons d’organiser à Casablanca un événement d’envergure rassemblant des acteurs du Maroc, du Portugal et de l’Espagne. Ce sera l’occasion de stimuler les échanges de bonnes pratiques et d’attirer des investisseurs.

Retour d’expérience avec une des startups bénéficiaires

Nassiba Benabdelhafid. Logistiqa est une solution cloud pensée pour les très petites entreprises. Elle leur permet d’optimiser leur supply chain et leur logistique de manière simple. Elle intègre la gestion des ventes, des achats et des stocks, et favorise ainsi leur digitalisation.

Notre cible est proche de celle de Glovo : les petites structures, notamment dans le retail. Nous travaillons sur l’optimisation des flux, la réduction des coûts et l’amélioration de la qualité de service.

Nassiba Benabdelhafid. Le programme a réuni des startups de plusieurs pays : Kazakhstan, Kirghizistan, Ukraine… La première leçon a été de constater que, malgré la distance géographique, nous partageons les mêmes défis. Cela a permis de créer des synergies, et même de nouer des partenariats, y compris avec des startups du Kirghizistan ou du Kazakhstan.

La richesse de l’expérience Glovo, à travers leurs réussites mais aussi leurs erreurs, a été très formatrice. Nous avons pu échanger avec des experts impliqués dans leurs opérations et leur stratégie.

Nassiba Benabdelhafid. Absolument. Nous sommes une entreprise à impact : nous accompagnons les coopératives, les petites entreprises, dans leur transition digitale. Le fait d’échanger avec des personnes qui partagent cette vision nous a énormément apporté. Elles ont partagé, de manière ouverte et généreuse, des clés concrètes. C’est ce dont les startups ont besoin : un savoir transmis sans filtre.

Nassiba Benabdelhafid. Oui, clairement. Avec Glovo, nous travaillons actuellement à un partenariat qui vise à créer des synergies entre nos services. Mais le réseautage s’est aussi fait entre startups. Nous explorons des pistes de collaboration technologique et nous avons beaucoup appris en découvrant les écosystèmes d’autres pays. Cela a été une vraie valeur ajoutée.

Rumeur de cyberattaque : Glovo Maroc rassure et dément toute fuite de données bancaires

Depuis le 14 avril, de nombreuses alertes circulent sur les réseaux sociaux au Maroc, faisant état d’un supposé piratage de l’application Glovo. Des messages appelant les utilisateurs à supprimer leurs cartes bancaires de l’application ont été massivement partagés, suscitant l’inquiétude.

Face à cette vague de rumeurs, Glovo Maroc a réagi, ce mardi 15 avril, par voie de communiqué pour “rappeler, en toute transparence, les garanties offertes à ses utilisateurs en matière de protection des données bancaires”.

La plateforme dément catégoriquement toute faille de sécurité et assure qu’“aucune fuite de données” n’a été détectée dans ses systèmes.

“Les fausses informations évoquant un piratage de données bancaires via notre application sont infondées. Glovo n’a enregistré aucune fuite de données”, affirme l’entreprise.

La filiale marocaine de Glovo précise que toutes les informations bancaires des utilisateurs sont “cryptées et hébergées sur des serveurs sécurisés”, conformément aux standards internationaux en vigueur, notamment le PCI DSS (Payment Card Industry Data Security Standard), qui régit la sécurité des données de paiement.

“Glovo Maroc reste pleinement engagé à garantir une expérience sécurisée à l’ensemble de sa communauté et continuera à renforcer ses dispositifs de sécurité et de sensibilisation”, poursuit le communiqué qui invite les clients Glovo à contacter le service client “en cas de doute ou d’anomalie”.

Affaire Glovo : les auditions ont démarré au Conseil de la concurrence

Au Conseil de la concurrence, les services d’instructions se penchent sur « l’affaire Glovo« . Selon nos informations, les rapporteurs ont entamé les auditions dans ce dossier où il est question de soupçons de pratiques anticoncurrentielles sur le marché marocain de la livraison à domicile.

Il s’agit d’une procédure à caractère contentieux. Elle est traitée sur deux volets :

– Le premier porte sur des faits objet d’une autosaisine du Régulateur, dont les faits déclencheurs n’ont pas encore été communiqués. C’est ce volet qui a donné lieu, courant octobre, à une perquisition spectaculaire des locaux de Glovo à Casa Finances City (CFC), la première descente jamais effectuée par le Conseil.

– Le deuxième concerne une saisine initiée par Ora, qui reproche à son concurrent, Glovo, un « abus de position dominante ». Le plaignant, qui développe l’application « Kooul« , reproche au leader du marché d’asseoir sa position en imposant des clauses d’exclusivité contraignantes aux restaurateurs.

La plainte a été déposée le jour même de la perquisition, mais n’en est pas la cause. Glovo est dans le viseur du Régulateur depuis quelques mois et dans le sillage de procédures semblables enclenchées en Europe contre cette entreprise espagnole et sa société mère, Delivery Hero.

Qui a été auditionné ? Quand ? Quels sont les sujets abordés ? Tous ces éléments sont couverts par le secret de l’instruction. Pour l’heure, nous n’avons que ces quelques éléments : deux rapporteurs ont été affectés à la mission d’instruire cette affaire. Glovo et Ora sont des parties. Delivery Hero est également citée par des sources, sans préciser la teneur exacte de sa présence.

A ce stade, on parle encore de soupçons. L’instruction en est à ses premiers balbutiements. Glovo n’a pas encore été notifiée des griefs. Et même après notification des charges, l’entreprise bénéficie, à l’instar d’une procédure pénale, de la présomption d’innocence et peut faire valoir sa défense en attendant la décision définitive. Laquelle dépend du collège du Conseil dont la position reste indépendante des conclusions de l’instruction.

On le sait, l’issue de ce type de procédures peut varier d’une affaire à une autre. Le non lieu est une piste envisageable, à laquelle il faut ajouter la possibilité, pour le Conseil, d’opter pour une procédure d’engagements avant la notification des griefs (le cas CMI) et sans déboucher sur une sanction.

L’autre option est celle de l’accord transactionnel avec une amende réduite, assortie d’engagements (le cas des pétroliers) si l’entreprise mise en cause choisit de ne pas « contester les griefs ».

La dernière, la plus radicale, est la sanction pécuniaire qui peut atteindre 10% du chiffre d’affaires international de l’entreprise, avec des suites potentiellement judiciaires (le cas des experts-comptables).

Affaire Glovo : les détails, les enseignements

« La loi sur la concurrence, ce n’est pas de la plaisanterie ». Cette affirmation d’Ahmed Rahhou, président du Conseil de la concurrence, prend tout son sens avec l’affaire Glovo Maroc. Suspecté de pratiques anticoncurrentielles, le géant espagnol de la livraison a été soumis à la première perquisition jamais réalisée par le régulateur.

« La saisie inopinée » a eu lieu le mardi 22 octobre au tout nouveau siège de Glovo, situé à Casa Finance City. Selon des sources présentes sur place, elle a démarré vers dix heures du matin pour ne s’achever que le lendemain vers 2 heures du matin.

On décrit une véritable « descente digne du FBI américain », avec la présence d’enquêteurs du Conseil et d’une dizaine d’officiers de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ). Des milliers de pages de documents ont été saisis, ainsi que du matériel électronique.

La perquisition a été « autorisée » et « contrôlée » par le ministère public, mais le Conseil de la concurrence en est bien l’initiateur. Cette prérogative lui a été reconnue en vertu de ses pouvoirs d’enquête, élargis lors de la dernière refonte de la loi 104-12. Le texte encadre cette mesure avec des références au Code de procédure pénale.

Les motifs de cette intervention ne sont pas encore publics. Le Conseil a publié un communiqué précisant qu’il s’agit d’une enquête sur des soupçons de pratiques anticoncurrentielles sur le marché marocain de la livraison à domicile. Cependant, il n’a pas dévoilé la nature de ces pratiques, ni l’identité de l’entreprise suspectée.

À ce stade, Médias24 est en mesure d’apporter deux affirmations :

Il s’agit bien de Glovo Maroc. Cette information a été révélée dans nos colonnes avant d’être confirmée par l’entreprise elle-même via les médias.

La perquisition a été diligentée sur la base d’une autosaisine du régulateur. Elle ne fait pas suite à la plainte d’un concurrent, en l’occurrence la société Ora, propriétaire de l’application Kooul. Ce dernier a, certes, déposé une saisine pour « abus de position dominante », mais celle-ci a été soumise le même jour, alors que les enquêteurs étaient déjà au siège de Glovo.

Toutes les parties sondées confirment qu’il n’existe aucune corrélation entre la perquisition et la plainte d’Ora, sans écarter la possibilité que l’enquête se penche sur les griefs soulevés par cette société. Ora reproche à Glovo d’évincer les concurrents en imposant des « clauses d’exclusivité » contraignantes aux restaurateurs.

Les mêmes sources affirment que Glovo est dans le viseur du régulateur depuis plusieurs mois, dans le sillage d’enquêtes engagées à l’international. En Europe, l’Autorité de la concurrence a inspecté à deux reprises (en 2022 et 2023) les locaux de l’entreprise espagnole et de sa société mère, Delivery Hero. Des soupçons d’entente entre ces deux entités ont été évoqués.

Le terme « soupçon » est à souligner. À ce stade, Glovo n’a pas été condamnée par la Commission européenne. Il en est de même au Maroc où les investigations ont à peine démarré. « L’opération de visite et de saisie inopinée ne préjuge pas de l’existence ou non des pratiques présumées ou de la culpabilité de l’entreprise concernée », a affirmé le régulateur marocain dans un communiqué en date du 25 octobre.

Inopinée, la saisie l’a été pour Glovo, tout comme pour l’opinion publique qui a été prise de court par une mesure que l’on associait jusqu’alors exclusivement aux procédures pénales. Au sein de la communauté des affaires, on peut aisément parler d’une onde de choc, comme en témoigne ce type de questions : « Qu’a fait Glovo de si grave pour mériter un tel traitement ? » « Qui et qu’est-ce qui a pu inciter le Conseil à sévir aussi sèchement ? »

En réalité, ces interrogations révèlent une culture de la concurrence qui demeure encore balbutiante au Maroc où l’on semble minimiser les effets pervers, voire dévastateurs, d’une concurrence dysfonctionnelle sur le développement du pays. Elles mettent également en lumière une méconnaissance du cadre juridique actuel, couplée à un mépris des risques liés à son non respect. Rappel : outre les lourdes sanctions pécuniaires (amende atteignant jusqu’à 10% du chiffre d’affaires international), une pratique anticoncurrentielle peut être passible de peines pénales (article 75 de la loi 104-12).

Exclusif. Au Maroc, Glovo accusé d’abus de position dominante

Glovo est accusé de pratiques anticoncurrentielles au Maroc. Le groupe espagnol fait l’objet d’une saisine pour « abus de position dominante » sur le marché de la livraison de repas à domicile, selon des sources sûres sollicitées par Médias24.

La plainte a été déposée en début de semaine devant le Conseil de la concurrence. Elle a été initiée par un opérateur concurrent nommé Ora. Cette société marocaine a développé l’application « Kooul », lancée sur le marché en mai 2024.

Ora reproche à Glovo d’avoir verrouillé le marché en imposant des « clauses d’exclusivité » aux restaurateurs, interdisant tout partenariat avec des concurrents « actuels ou potentiels » sur l’ensemble du territoire.

La carotte de la commission réduite, le bâton d’une pénalité sévère

Les clauses d’exclusivité, qui vont jusqu’à mentionner spécifiquement les concurrents à éviter, sont souvent accompagnées de pénalités en cas de non-respect (clauses pénales).

Des modèles de contrats ont été annexés à la requête d’Ora, totalisant au moins un millier de pages. Ils illustrent une stratégie semblable à celle de « la carotte et du bâton ».

En somme, Glovo propose des commissions « réduites » aux restaurants partenaires, variant entre 23% et 28% si la clause d’exclusivité est acceptée. En revanche, si le restaurant refuse, la commission augmente de 5%. Cette situation incite de nombreux restaurateurs à opter pour l’exclusivité afin d’éviter des frais plus élevés liés à la liberté d’utiliser d’autres applications.

De plus, la clause d’exclusivité est assortie d’une lourde pénalité en cas de non-respect. La sanction est calculée rétroactivement sur le chiffre d’affaires des six derniers mois. Selon Ora, cette méthode dissuade les restaurateurs d’explorer d’autres plateformes de livraison, ce qui pourrait restreindre la concurrence dans le secteur.

Une société « sœur » de Glovo sanctionnée en Norvège

S’estimant lésée, l’entreprise marocaine demande l’ouverture d’une enquête pour constater « les abus de position dominante » de Glovo et prendre les mesures nécessaires pour neutraliser « leurs effets anticoncurrentiels ».

Le document cite des cas similaires sanctionnés par des autorités étrangères de la concurrence, notamment ceux impliquant des plateformes appartenant au groupe allemand Delivery Hero, la société mère de Glovo.

L’exemple de Foodora est édifiant. Cette filiale de Delivery Hero avait fait l’objet d’une enquête en Norvège. En 2022, le Conseil Norvégien a acté l’interdiction officielle des clauses d’exclusivité. Depuis, Foodora ne peut plus imposer aux restaurants d’utiliser uniquement sa plateforme.

Sur le gril. Hamza Naciri Bennani, DG de Glovo Maroc

L’inauguration du nouveau siège de Glovo à Casablanca Finance City marque un tournant pour l’entreprise qui boucle ses six ans au Maroc. « Ce nouveau siège témoigne de notre engagement à long terme au Maroc et de notre ambition de faire du pays un hub stratégique pour notre développement régional », nous déclare le DG de Glovo Maroc.  « Je suis convaincu que ce nouvel espace nous permettra non seulement de mieux servir nos utilisateurs, partenaires et livreurs, mais aussi de continuer à croître en attirant des talents locaux », poursuit le jeune patron de la plateforme technologique de livraison.

Le Maroc est notre porte d’entrée sur le continent africain, servant de siège régional et de modèle de lancement pour d’autres pays.

Glovo Maroc envisage d’aborder les prochaines années avec « la même dynamique de croissance et d’innovation »afin de consolider sa position sur le marché marocain. « L’entreprise s’est progressivement imposée comme un acteur clé de la transformation digitale au Royaume, contribuant à l’accélération de la digitalisation du tissu économique local. Aujourd’hui, une grande majorité de nos partenaires intègrent le volet digital à travers notre plateforme, ce qui leur permet de gagner en visibilité et de renforcer leurs opérations », explique-t-il.

Des chiffres pour étayer ces affirmations ? Glovo affirme qu’avec ses partenaires, il a généré une « valeur économique de 2,64 milliards de DH, créant ainsi 8.622 emplois à travers le Royaume », selon un rapport préparé en collaboration avec l’institut d’études Statista, en 2023.

Toutefois, l’expansion et le développement de la plateforme de livraison n’est pas exempte d’enjeux majeurs et de critiques, notamment dans sa gestion des relations avec son écosystème à savoir les commerçants partenaires et les livreurs.

Plus de 5.500 coursiers auto-entrepreneurs utilisent notre plateforme pour générer des revenus à travers le Royaume.

– Médias24. Vous êtes présents au Maroc depuis six ans et vous dites vouloir investir davantage dans le Royaume. Quelles sont les raisons ayant conduit à cette décision d’investissement ?

Hamza Naciri Bennani. Le Maroc est un marché très important pour Glovo, c’est le premier marché que nous avons lancé en Afrique. Notre décision d’investir au Maroc faisait partie d’une stratégie plus large d’expansion sur le continent africain.

Le choix a été assez simple, car le Royaume offre une position géographique stratégique, un environnement favorable aux affaires, un excellent taux de pénétration mobile, des taux d’urbanisation élevés et des talents locaux de premier ordre – tous ces éléments nous ont conforté dans l’idée de nous établir au Maroc en 2018.

À ce jour, nous avons établi plusieurs partenariats stratégiques avec des entreprises locales pour proposer un contenu plus diversifié à nos utilisateurs. Des partenariats dans les secteurs des courses à domicile et de l’électronique nous ont notamment permis d’élargir notre base d’utilisateurs et de fidéliser davantage les utilisateurs actuels.

Nous sommes constamment à la recherche d’innovations et de nouveautés, et nous travaillons actuellement à l’intégration de nouveaux partenaires et de nouvelles technologies qui nous permettront de proposer un contenu plus diversifié et une expérience utilisateur plus fluide.

– Combien avez-vous investi à ce jour ? 

Je n’ai pas les chiffres exacts , mais il est important de comprendre d’abord comment fonctionne un business de livraison. Au début, il est nécessaire d’investir massivement en marketing, car les gens ne vous connaissent pas encore. Il faut également investir dans l’opérationnel, car il est essentiel de garantir un revenu aux livreurs.

Car les premières commandes sont souvent insuffisantes, et l’équilibre entre l’offre et la demande n’est pas encore établi. Il est impossible de prévoir combien de commandes seront passées : 10 par heure ? 25 ? C’est pourquoi nous garantissons un revenu minimum aux livreurs.

Glovo investit aussi dans ses équipes, car développer un réseau demande un effort commercial très intense. On pourrait penser qu’il est anormal qu’un restaurateur ne travaille pas avec Glovo au Maroc. En réalité, nous estimons qu’il y a environ 40.000 restaurants au Maroc, et seuls 4.000 d’entre eux sont partenaires de Glovo, ce qui représente un taux de pénétration de 10 %.

– Le marché marocain compte déjà plusieurs acteurs dans le domaine de la livraison. Comment êtes-vous arrivés à vous faire votre place actuelle?

– Notre approche repose sur de nombreux piliers, notamment une interface technologique fluide et fiable, un service client performant à l’écoute des utilisateurs et une offre diversifiée.

La satisfaction des utilisateurs est importante et notre partenariat avec Intelcia au Maroc joue un rôle clé dans ce sens : aujourd’hui, nous avons plus de 250 agents à temps plein à Meknès qui traitent quotidiennement les requêtes des utilisateurs, avec un score de satisfaction de 4,4/5 à ce jour.

L’innovation continue est un autre pilier fondamental, nous introduisons régulièrement de nouvelles fonctionnalités et services pour répondre aux besoins changeants des consommateurs marocains. Ces services permettent également d’améliorer l’utilisation par nos partenaires et coursiers, assurant ainsi une expérience optimale pour tous les acteurs impliqués.

Je suis convaincu que notre engagement envers notre écosystème est également un élément clé qui nous permet de nous rapprocher encore davantage de nos utilisateurs et partenaires.

Actuellement, nous menons plusieurs initiatives visant à renforcer les compétences de nos partenaires et l’écosystème des coursiers, actions qui sont grandement appréciées et qui favorisent une plus grande proximité avec eux. Par exemple, en 2024, nous avons organisé 14 ateliers de formation à travers le Royaume, axés sur le marketing digital, entre autres sujets.

En moyenne, nos partenaires constatent une augmentation de 15-20 % de leur chiffre d’affaires grâce à notre plateforme.

– Quelle part de marché détenez-vous actuellement ? 

– Il est très difficile d’évaluer précisément notre part de marché. Nous avons deux méthodes pour la calculer : soit en fonction des commandes, soit en fonction des téléchargements.

Si l’on se base sur les téléchargements, une donnée publiquement disponible, nous sommes sur environ 60 %  des téléchargements parmi toutes les applications de livraison disponibles au Maroc.

– Qu’en est-il de votre chiffre d’affaires actuel et comment a-t-il évolué durant ces 6 ans ?

– Notre chiffre d’affaires consolidé en 2023 est de 505,4 millions de DH.

Depuis notre établissement au Maroc, Glovo a connu une croissance constante. Notre chiffre d’affaires (CA) a évolué d’environ 40% chaque année.

Cette croissance est cruciale pour nous, car nous avons investi de l’argent à perte pendant les cinq premières années. Il était donc essentiel d’atteindre un certain volume d’affaires pour commencer à dégager une rentabilité et renforcer la confiance des investisseurs dans le marché marocain.

– Et en matière de rentabilité ? Êtes-vous rentable après six ans d’activité ?

– Nous avons atteint un tournant significatif en 2023 en enregistrant notre premier résultat opérationnel positif, après plusieurs années de pertes et d’investissements. Pour nous, atteindre la rentabilité est crucial, car cela envoie un message fort à nos partenaires.

C’est une nouvelle particulièrement rassurante pour nos partenaires et investisseurs, car elle confirme la viabilité et la durabilité de notre modèle économique au Maroc.

Ce résultat positif nous permettra de continuer à investir dans le marché marocain et à améliorer les services que nous offrons à nos clients et partenaires.

– Et quel était votre résultat d’exploitation ? 

– Nous ne pouvons pas partager le résultat précis, mais nous pouvons vous dire qu’il n’est pas aussi élevé que l’on pourrait le croire.

Prenons ce chiffre d’affaires et divisons-le par le volume d’affaires de Glovo, qui s’élève à 2,5 milliards de DH. Cela donne un taux de capture de valeur de 20 %, ce qui inclut les frais de livraison, les abonnements Prime, la visibilité,  ainsi que les frais de commissions.

Qu’est-ce qui rend un business-model comme le nôtre, si challenging ? Pourquoi tant de sociétés ferment-elles ? Lorsque nous travaillons avec des acteurs de la grande distribution, leur marge brute est beaucoup plus faible en comparaison avec la restauration. Ainsi, les commissions que nous percevons restent relativement faibles, ce qui fait que, sur certaines courses, notre marge brute est quasiment nulle, voire négative si l’on ajoute les coûts salariaux.

Avec les grandes chaînes de restauration, la commission est moyenne, pas aussi faible, mais raisonnable. Ces grandes enseignes investissent également beaucoup en marketing, ce qui nous amène du trafic.

Pour le reste des restaurateurs qui n’investissent pas en marketing, nous prenons en charge cet investissement pour eux.

Lors de la définition du modèle de commission, il est crucial de créer un partenariat gagnant-gagnant. Et ce qui est sûr c’est qu’il faut rester humble et ne pas se reposer sur ses lauriers.

Au Maroc, nous pensons que la pénétration digitale est encore faible, et que Glovo représente un moyen d’inclusion financière, digitale, sociale et économique. Pour favoriser cette inclusion, il est essentiel que chaque partie prenante de l’écosystème y trouve son compte, y compris les livreurs qui doivent être satisfaits.

– Pour comprendre votre modèle de rémunération : vous affichez sur votre plateforme des tarifs de 30% pour les frais de livraison ou de 15% pour les frais de collecte. Ce pourcentage est payé par le commerçant sur le sous-total de la commande pour chaque commande traitée sur la plateforme. A cela s’ajoutent les frais de livraison payés par le client qui effectue la commande. Ne pensez-vous pas que ces tarifs sont élevés pour un marché comme le Maroc ?

– Actuellement, la commission maximale que nous appliquons au Maroc est de 28% pour le secteur de la restauration, ce qui reste inférieur à certains standards internationaux.  Par exemple en France, le minimum est de 32 % hors taxes.

Cette commission est discutée avec le partenaire lors de son inscription et peut varier en fonction de plusieurs critères, notamment le secteur concerné. Nous nous ajustons évidemment aux marges des différents secteurs, car le profil de marge et le panier moyen diffèrent d’un secteur à un autre (électronique, courses, fleurs, etc.).

Notre métier ne se résume pas uniquement à la livraison, ces frais de commission couvrent plusieurs éléments : une plateforme en ligne complète pour gérer sa boutique virtuelle, un service client avec plus de 250 agents à temps plein, le marketing, un accompagnement commercial, la livraison, la gestion des risques opérationnels, les coûts de gestion des paiements et du cash, entre autres. Nous sommes confiants dans notre proposition de valeur, car nous donnons la possibilité aux commerçants de déléguer leurs départements marketing et logistique à Glovo.

En ce qui concerne les frais de livraison, ils permettent principalement de rémunérer les coursiers. Mais il faut savoir qu’aujourd’hui, plus de 30% des utilisateurs sont abonnés Glovo prime, un abonnement qui offre la livraison illimitée à un prix très abordable de 20 DH par mois. C’est un choix d’investissement que nous proposons pour attirer de nouveaux clients pour nos partenaires et les fidéliser.

– Ce n’est pas un exercice d’équilibriste que de préserver les marges des commerçants tout en maintenant la rentabilité de votre modèle ?

– Notre intérêt c’est que notre association réussisse, c’est intrinsèque ; si nos partenaires gagnent, nous gagnerons aussi. Aujourd’hui, notre plateforme permet aux partenaires de créer une boutique virtuelle qui leur permet d’atteindre de nouveaux clients et d’augmenter leur chiffre d’affaires. En moyenne, nos partenaires constatent une augmentation de 15-20 % de leur chiffre d’affaires grâce à notre plateforme.

Outre la logistique – qui couvre aussi l’assistance à la clientèle – les partenaires bénéficient également d’outils numériques, de ressources marketings et d’informations commerciales qui leur permettent de mieux saisir le marché et gagner en performance.

Les frais de commission sont adaptés à chaque partenaire, selon des fourchettes qui prennent en compte un ensemble de variables, notamment le secteur d’activité.

Au-delà, notre engagement à soutenir les partenaires marocains dans leur transformation numérique s’est aussi concrétisé par la création de la Glovo Partner Academy. Ce programme de formation en présentiel est conçu pour renforcer les compétences en gestion commerciale, financière et en marketing digital.

– N’y a-t-il pas une sorte de dépendance économique des restaurateurs à votre égard ?

– Nous pensons que ce n’est pas le cas. Glovo est un véritable apporteur de chiffre d’affaires pour les restaurateurs. Si ces derniers souhaitent eux-mêmes opérer un service de livraison en interne, avec des standards internationaux, le coût serait bien supérieur à ce qu’ils peuvent nous verser.

En effet, lorsqu’on prend en compte les investissements en marketing, la publicité sur les plateformes pour générer des commandes, le paiement des annulations, les frais de paiement, la rémunération des livreurs, ou encore la gestion de la fraude (comme lorsque le livreur récupère une commande mais ne trouve pas le client), le coût devient rapidement très élevé.

Le restaurateur doit supporter toutes ces charges s’il choisit d’assurer lui-même la livraison. Il y a donc deux marchés distincts : celui des clients qui préfèrent se rendre sur place et celui de la livraison à domicile.

Chaque restaurateur peut décider s’il souhaite se concentrer uniquement sur la clientèle sur place, ou s’il souhaite également augmenter son chiffre d’affaires en optimisant ses coûts fixes grâce à un service de livraison.

– Le prix proposé par un restaurateur est-il le même sur votre plateforme qu’au restaurant ?

-Cela dépend. En premier lieu, chaque restaurateur est responsable de sa politique de prix. C’est à lui de décider du tarif qu’il applique sur chaque canal de vente. Nous ne pouvons pas lui imposer un prix spécifique.

Certains restaurateurs choisissent d’afficher les mêmes prix que sur place, tandis que d’autres préfèrent répercuter une partie de la commission sur le prix payé par les utilisateurs. Glovo recommande toutefois de ne pas procéder de cette manière.

La logique que nous proposons aux restaurateurs repose sur un équilibre entre volume de ventes et prix. Bien entendu, si un restaurateur augmente ses prix, il bénéficiera d’une plus grande marge unitaire, mais son volume de ventes risque de diminuer.

À l’inverse, des prix compétitifs entraîneront une marge plus faible, mais attireront un plus grand nombre de clients.

– Par ailleurs, la situation sociale des livreurs, souvent des travailleurs indépendants, pose débat dans votre secteur. Combien reste un livreur chez Glovo et combien gagne-t-il en moyenne ?

– Aujourd’hui, plus de 5.500 de coursiers auto-entrepreneurs utilisent notre plateforme pour générer des revenus à travers le Royaume. Ces coursiers ont des profils et horizons différents, et la flexibilité qu’offre notre plateforme, c’est-à-dire la possibilité de choisir leurs horaires en autonomie, leur permet souvent de concilier études, projets personnels et travail.

Selon nos enquêtes, cette flexibilité est une des motivations principales pour les coursiers. Notre objectif est que cette flexibilité et la protection sociale doivent aller de pair, et c’est pour cela que nous leur offrons une panoplie d’avantages sociaux, indépendamment de la fréquence d’utilisation de notre application. Cela inclut une assurance individuelle en cas d’accidents et d’hospitalisation, une indemnité en cas de parenté, ainsi qu’une plateforme gratuite d’e-learning gratuite, parmi d’autres.

Pour répondre à votre question, sur 100 livreurs que nous intégrons, 40 quittent après six mois, tandis que 60 restent. Nous avons donc un taux de rétention de 60 % au bout de six mois.

En réalité, nous faisons mieux en termes de rétention que dans les marchés plus développés. Bien sûr, nous en sommes très satisfaits.

Le renouvellement de la flotte est également un aspect important pour nous. En Occident, le SMIC sur lequel les sociétés de livraison se positionnent est déjà élevé, ce qui réduit la proposition de valeur. Ici, au Maroc, la proposition de valeur est exceptionnelle.

Parmi les livreurs travaillant à plein temps, le revenu moyen mensuel est de 6.300 DH, hors pourboires, qui représentent en moyenne 20 % de ce montant.

En termes de dépenses, un livreur doit compter environ 1.500 DH pour les frais de carburant. Ainsi, un livreur à plein temps peut espérer un revenu net minimum de 5.000 DH.

– Il n’en demeure pas moins que ces coursiers ont intérêt à faire le maximum de courses pendant un certain laps de temps donné. C’est ce qui explique aussi les débordements que nous voyons sur nos routes…

– Nous sommes conscients de la problématique liée à la conduite de certains livreurs, C’est pourquoi nous avons mis en place des garde-fous et nous travaillons à les renforcer. Actuellement, nos livreurs ne peuvent pas travailler plus de 10 heures par jour, mais la plupart d’entre eux effectuent bien moins d’heures en moyenne.

Nous allons également introduire une nouvelle solution technologique qui analysera les données de conduite des livreurs et générera un « safety score » afin de les récompenser ou les sensibiliser selon leur conduite. Ce système sera capable de détecter les comportements risqués, tels que les slaloms, l’utilisation du téléphone en plein trajet, ou le dépassement de la limite de vitesse. Cependant, il ne pourra pas identifier le non-respect des feux rouges ou la circulation sur les voies de tramway.

Bien que nous ne puissions pas l’éradiquer complètement, notre objectif est de mettre en place des leviers technologiques et des mécanismes d’incitation pour réduire ce phénomène.

Nous travaillons actuellement sur la recherche et le développement pour adapter le système de télématique au Maroc. Il reste des défis techniques à relever, mais nous prévoyons de lancer ce système dans les prochains mois.

– Il y a aussi l’impact environnemental, notamment en matière d’utilisation des véhicules et de gestion des emballages ?

– Aujourd’hui, bien que nous ne puissions pas imposer aux coursiers des véhicules spécifiques, nous les encourageons activement à considérer des alternatives écologiques. À titre d’exemple, nous collaborons avec Vely Vélo, une startup marocaine spécialisée dans la location, le suivi et la maintenance des vélos électriques pour les professionnels de la livraison. Aujourd’hui, plusieurs coursiers bénéficient de prix préférentiels avec Vely Velo et utilisent leurs vélos à travers le Royaume.

En ce qui concerne les emballages, nous offrons des alternatives éco-responsables à nos partenaires via la sélection d’emballages durables disponibles sur notre site Glovo Store. Cela permet à nos partenaires de contribuer à la réduction des déchets plastiques et de soutenir des pratiques plus respectueuses de l’environnement.

La lutte contre le gaspillage alimentaire est aussi un sujet critique, et nous travaillons avec l’association Colibghiti, qui est spécialisée dans la redistribution des denrée alimentaires non consommées à différentes associations, initiative qui nous a permis, en 2023 seulement, d’éviter le gaspillage de plus de 1442 Kg de nourriture, distribuer 5784 repas et éviter l’émission de 2.8 tonnes de CO2.

– Est-ce que Glovo a des dark stores ?

– Oui, nous avons Glovo Market. Ce sont des supermarchés virtuels que nous avons lancés il y a deux ans. Nous avons identifié un besoin des consommateurs qui n’étaient pas entièrement satisfait par la proposition de valeur actuelle, qui se résume principalement aux courses physiques.

Ce besoin se manifeste de plusieurs manières. Premièrement, la couverture horaire : ces magasins sont ouverts de 7h du matin à 4h du matin, alors que la grande distribution traditionnelle fonctionne généralement de 9h à 21h ou 22h.

Deuxièmement, la fiabilité des stocks : nous n’étions pas maîtres de notre expérience client et ne pouvions garantir la disponibilité des produits. Cela entraînait des commandes annulées ou la réception de produits différents de ceux commandés.

Troisièmement, un besoin d’assortiment différencié : les consommateurs souhaitaient des produits plus innovants et variés. Chez Glovo, nous sommes fiers de promouvoir des marques marocaines, qu’il s’agisse de coopératives ou de jeunes entrepreneurs. En effet, les processus de référencement dans la grande distribution sont souvent très compliqués. Si un entrepreneur souhaite voir son produit en rayon, cela nécessite de remplacer un autre produit ou de réduire l’espace alloué à une marque déjà en contrat, ce qui est difficile en raison de l’espace limité des rayons.

Grâce au digital et à la flexibilité de nos dark stores, nous sommes en mesure de surmonter ces contraintes. Nous sommes fiers d’avoir accompagné plusieurs marques marocaines qui ont commencé chez nous, ont obtenu des résultats encourageants, puis ont pu utiliser ces résultats pour convaincre d’autres acteurs du marché de l’intérêt de leurs produits et de la demande des consommateurs marocains.

Nous avons aujourd’hui, sept Glovo Markets : Deux à Casablanca (Oasis et Bir Anzarane), puis un à Mohammedia, Tanger, Marrakech, Rabat, et on est en train de lancer un nouveau dans les prochains jours à Agadir.

– Et quel est le périmètre prévu pour chaque Glovo Market ?

– Le trajet ne doit pas dépasser 10 à 15 minutes.

– Est-ce que ces Glovo Markets sont rentables ?

– Les stores matures dans les villes matures sont rentables, mais pas encore pour les stores qu’on vient de lancer.

– Qu’en est-il de la rubrique « Boutique » disponible sur votre application ?

– C’est toute la logique retail. C’est une sorte de mall qui contient plusieurs magasins, commerces de proximités et marques partenaires.

– Est-ce que cette rubrique est dédiée aux marques qui n’ont pas la taille suffisante pour créer leur propre retail ?

– Non, pas nécessairement. Il s’agit d’une proposition de valeur complémentaire. Par exemple, nous avons Wlidaty, un site de e-commerce qui propose des produits pour bébés.

Avec ces partenaires, même si le besoin n’est pas toujours immédiat, nous nous efforçons de respecter le principe du Quick-commerce et de livrer en moins de 30 minutes.

– Vous restez donc dans votre segment en garantissant des délais de livraison très courts.

– Nous pensons que le monde est en pleine transformation. L’e-commerce classique, dans le style d’Amazon, où l’on commande sur un site web et reçoit le produit le lendemain, n’est pas encore développé au Maroc. C’est un fait.

Il y a eu trois générations de commerce : la première est le commerce traditionnel, avec des magasins physiques ; la deuxième est l’e-commerce, avec ou sans magasin physique, où la livraison prend généralement un jour ou plus ; et la troisième est le quick-commerce. Nous sommes conscients que le quick-commerce ne pourra jamais totalement remplacer l’e-commerce.

Pour nous, le service de quick-commerce est essentiel, notamment à Casablanca. Cependant, il est moins pertinent dans d’autres villes, comme Meknès, où l’offre de retail est plus limitée, ce qui réduit les opportunités pour le quick-commerce.

– Est-ce qu’il y a d’autres produits que vous allez lancer ?

– Nous avons lancé un produit appelé Logistics as a Service (LaaS). Ce service permet aux restaurateurs et aux e-commerçants d’attirer leurs clients via leurs propres canaux tout en faisant appel à nous pour la livraison.

– Mais est-ce qu’à terme, vous envisageriez un modèle consistant à regrouper plusieurs marques et à livrer des détaillants ou des épiciers ?

– Non, nous ne considérons pas cette option. Il est très important pour nous de rester fidèles à notre vision et à notre cœur de métier.

– Proposez-vous à des partenaires de vendre des abonnements ou d’effectuer des recharges téléphoniques via votre application ?

– Oui, les utilisateurs peuvent aujourd’hui recharger leur téléphone directement à partir de l’application Glovo. Nous avons mis en place cette fonctionnalité en partenariat avec une start-up marocaine appelée Wafr.

– Des clients avaient signalé des transactions non autorisées et des piratages de comptes bancaires après avoir utilisé l’application Glovo. Avez-vous identifié la source de ces incidents ?

– Nous sommes conscients des préoccupations exprimées et de la frustration générée, mais il est important de contextualiser ces incidents : toutes les données bancaires insérées sur notre application sont sécurisées, cryptées et stockées dans un serveur, conformément aux normes internationales de sécurité des transactions en ligne PCI DSS. Nous ne stockons donc aucune donnée bancaire de nos utilisateurs et aucune fuite de données n’a été notifiée.

Ces incidents, que nous prenons très au sérieux, sont pour la majorité liés au partage de cartes entre proches ou à l’utilisation de cartes préalablement piratées pour passer des achats sur notre plateforme.

Ces cas, que nous prenons toujours au sérieux, demeurent cependant marginaux grâce aux mécanismes de détection de risques et de sécurité que nous appliquons (3D-secure, etc.) et la masse des transactions traitées quotidiennement sur notre plateforme.

Ces incidents rappellent l’importance de l’éducation des utilisateurs en matière de protection de leurs données personnelles et nous travaillons à renforcer la sensibilisation sur les bonnes pratiques de sécurité numérique, tout en renforçant nos propres mécanismes de sécurité.

Actuellement, l’un de nos axes prioritaires est d’élargir notre gamme de services, notamment dans le domaine du Quick-Commerce

– Quelles sont les prochaines étapes pour Glovo au Maroc ?

– Glovo a investi pendant six ans au Maroc, un marché stratégique pour nous, nous y sommes fermement engagés à long terme. Le Maroc est notre porte d’entrée sur le continent africain, servant de siège régional et de modèle de lancement pour d’autres pays de la région.

De plus, nos résultats nous rendent totalement confiants en notre engagement ici et en la pérennité de notre activité au Maroc, malgré les complexités bien connues de notre modèle économique à l’échelle mondiale.

Glovo a encore de belles années devant lui au Maroc et notre vision demeure inchangée : nous souhaitons continuer à faciliter l’accès à tout ce qui se trouve dans la ville. Actuellement, l’un de nos axes prioritaires est d’élargir notre gamme de services, notamment dans le domaine du Quick-Commerce, afin de répondre aux besoins croissants des consommateurs pour des livraisons encore plus rapides et diversifiées.

Récemment, nous avons lancé « Glovo On Demand », un nouveau service spécialement conçu pour répondre aux besoins des professionnels du commerce et de la restauration. Ce service offre un accès à la demande à un réseau de coursiers à travers le Royaume, simplifiant ainsi les livraisons et facilitant la transition vers le e-commerce.

Le retail-media est aussi un pilier stratégique pour Glovo, que nous souhaitons développer davantage avec l’intégration de technologies avancées pour permettre aux marques de mieux engager leurs audiences via notre application. Nous prévoyons également d’intensifier nos efforts pour améliorer davantage l’expérience utilisateur en introduisant de nouvelles fonctionnalités et technologies sur notre application.

Nouvelles fonctionnalités pour l’application de Glovo

Glovo a organisé le 15 octobre au Yellow Park, siège de l’entreprise à Barcelone, la 1re édition de « Glovo Next », l’événement annuel consacré aux innovations produits. Glovo y a présenté la plus grande mise à jour de son application depuis 2016.

Avec l’intégration d’éléments issus des réseaux sociaux, l’application ambitionne de redéfinir l’expérience utilisateur en permettant aux clients d’interagir entre eux, de partager leurs recommandations et de découvrir des restaurants de manière plus immersive.

L’application introduit plusieurs nouvelles fonctionnalités majeures, notamment la création de listes de favoris baptisées « Picks » et un mur de découvertes vidéo. « Picks » permet aux utilisateurs de regrouper leurs restaurants et plats préférés dans des listes thématiques – par exemple pour les meilleurs déjeuners de bureau ou les dîners entre amis – et de les partager facilement avec leurs amis.

Quant au Discovery Wall, il présente des vidéos verticales, en plein écran, des plats disponibles à la commande, rendant le choix plus attractif et immersif. « Ces vidéos, créées par les restaurants locaux, offrent une opportunité supplémentaire d’engager les utilisateurs de manière organique », précise le management de Glovo.

video

En ajoutant des fonctionnalités sociales, Glovo compte rendre l’expérience de commande plus communautaire. Les utilisateurs peuvent désormais se connecter avec leurs amis sur l’application, s’inspirer de leurs choix et découvrir des restaurants tendance en fonction des commandes de leur entourage.

Les nouvelles fonctionnalités sont déjà disponibles à Barcelone et Madrid et seront progressivement déployées dans les prochains mois dans les 23 marchés où opère Glovo.

« Le marché marocain sera prioritaire dans le déploiement de ces nouvelles fonctionnalités »

Daniel Alonso, Chief Product Officer de Glovo, a partagé avec Médias24 sa vision sur les nouvelles fonctionnalités de l’application et l’approche centrée sur l’utilisateur adoptée par l’entreprise. « Chez Glovo, nous avons constaté, grâce aux données, que de nombreux utilisateurs viennent sur l’application sans savoir précisément quoi commander. Pour cette raison, il est essentiel pour nous de les aider réellement à prendre une décision « , explique-t-il. C’est dans ce cadre que l’entreprise a introduit des vidéos, « une manière ludique de découvrir de nouveaux plats et restaurants ».

Daniel Alonso, Chief Product Officer de Glovo.

« Nous avons également lancé la fonctionnalité sociale pour faciliter les recommandations entre amis. De cette manière, les utilisateurs peuvent créer leurs propres collections, et lorsqu’ils reviennent sur l’application, ils peuvent plus facilement et rapidement choisir un restaurant », ajoute notre interlocuteur.

« Toutes nos initiatives sont centrées sur l’utilisateur. Nous ne nous contentons pas de lancer de nouvelles idées sans fondement, chaque nouveauté répond à un véritable besoin des utilisateurs ».

Il explique, par exemple, que « beaucoup d’utilisateurs ouvrent l’application, choisissent quelque chose, puis réalisent qu’ils voulaient autre chose. C’est ce type de problème que nous nous efforçons de résoudre ».

« Notre grande évolution n’a pas consisté à simplement discuter des idées, mais à les concrétiser. Nous avons décidé d’allouer une partie de nos ressources à des projets qui pourraient réussir ou échouer, avec l’objectif de toujours explorer des domaines nouveaux, même si cela comporte des risques », précise Daniel Alonso.

« Désormais, nous dédierons systématiquement une part de nos ressources à ces initiatives plus complexes, afin de découvrir de nouveaux terrains. Si nous réussissons, nous espérons que nos utilisateurs seront plus fidèles, plus satisfaits, et que nous élèverons leurs attentes ». L’objectif est clair : « Commander sur Glovo doit être perçu comme très simple, grâce à la multitude d’outils que nous offrons ».

Glovo ambitionne de lancer « tous les 90 jours trois nouvelles fonctionnalités disruptives ». « Même si toutes ne sont pas des succès, l’une d’entre elles pourrait changer la donne […] Si nous parvenons à en réussir plusieurs de suite, cela nous donnera un véritable avantage concurrentiel ».

Pour évaluer le succès des nouvelles fonctionnalités, Daniel Alonso décrit une approche pragmatique. « Nous procédons étape par étape […] Certains utilisateurs verront des vidéos, d’autres non. Nous comparerons alors si ceux qui ont accès aux vidéos commandent davantage et restent plus longtemps sur l’application lorsqu’ils ne savent pas quoi choisir ».

Une autre fonctionnalité importante est celle des « Picks », des collections que les utilisateurs peuvent créer. « Si personne ne les utilise, nous saurons que c’est un échec. Mais si des utilisateurs commencent à créer des Picks, nous considérerons que c’est un succès ». Le CPO de Glovo note un certain engouement : « Nous avons déjà constaté que même nos employés les créent, non parce qu’ils sont employés, mais parce que cela les aide vraiment à organiser leurs commandes, par exemple en créant un dossier de plats sains ».

La fonctionnalité sociale est aussi un domaine d’innovation majeur pour Glovo. « L’idée est que les utilisateurs puissent ajouter des amis, voir leurs recommandations et ainsi recevoir de l’aide pour commander ». Daniel Alonso reconnaît que « si personne n’ajoute d’amis, nous saurons que c’est un échec, mais si les utilisateurs ajoutent des amis, notre rôle sera alors de créer de la valeur autour de ces connexions, par exemple en permettant de partager des Picks ou de laisser des notes sur des recommandations ».

« Nous pensons que dans certains pays, notamment au Maroc, les utilisateurs apprécieront de voir des vidéos des restaurants, de voir comment les plats sont préparés. Cela leur permettra de se faire une idée en seulement quelques secondes ».

Glovo veut « éviter les vidéos marketing » et préfère « montrer des vidéos réelles des plats tels qu’ils seront livrés, car nos utilisateurs nous ont demandé de ne pas leur montrer des vidéos publicitaires, mais plutôt la véritable expérience culinaire », souligne Daniel Alonso.

« Glovo donne la priorité au déploiement de ces fonctionnalités au Maroc, car ce marché est très important pour nous ». L’objectif est de « rendre la commande encore plus simple et plus rapide » grâce à ces innovations, afin que les utilisateurs se sentent « mieux accompagnés et plus satisfaits ». Il conclut en affirmant que Glovo « continuera à chercher des moyens d’améliorer l’expérience utilisateur, en introduisant de nouvelles fonctionnalités, en prenant des risques, et en étant pionnier dans de nombreux domaines ».

Glovo inaugure son nouveau siège social et fait le point sur 6 ans de présence au Maroc

Cet évènement, qui coïncide avec la célébration du 6e anniversaire au Maroc, était l’occasion pour Glovo de présenter un rapport d’impact économique et social réalisé par l’institut international Statista, intitulé « The Yellow Effect », qui retrace les accomplissements de la plateforme au Maroc.

« Ces six années de présence au Maroc ont été marquées par de nombreuses réussites, notamment en termes de transformation digitale et de soutien aux entreprises marocaines. Nous avons grandi aux côtés des Marocains, en innovant constamment pour répondre à leurs besoins et en créant un impact économique et social durable sur notre écosystème », a déclaré Hamza Naciri Bennani, directeur général de Glovo Maroc. « Notre engagement pour les années à venir est de continuer à bâtir sur ces fondations solides, en renforçant nos partenariats et en explorant de nouvelles opportunités pour contribuer au renforcement de notre écosystème ».

Au cours des six dernières années, Glovo s’est imposé comme un acteur clé de la transformation digitale, ouvrant une nouvelle voie de croissance et d’inclusion pour le tissu économique local, tout en révolutionnant les habitudes de consommation des Marocains.

Le rapport « The Yellow Effect » a permis « de mettre en lumière le rôle concret que Glovo a joué dans le développement du secteur du commerce et de la restauration, ainsi que dans la promotion de l’inclusion digitale et financière », peut-on lire dans un communiqué.

Selon les données du rapport, en 2023, Glovo et ses partenaires ont généré une valeur économique de 2,64 milliards de DH au Maroc via la plateforme. Ce montant a permis de sécuriser 8.622 opportunités d’emploi équivalent temps plein en 2023, selon la même source.

Aujourd’hui, plus de 5.500 coursiers utilisent la plateforme à travers le Royaume « pour générer des revenus en toute flexibilité ». De plus, ils bénéficient d’une couverture sociale assurée par Glovo, qui comprend « une assurance individuelle, des primes en cas de maladie, ainsi qu’un programme de formation et d’apprentissage ».

Sur la base d’une étude menée auprès de petites et moyennes entreprises (PME) du secteur de la restauration et du commerce au Maroc par l’institut Statista, 80% des participants ont déclaré que leur collaboration avec Glovo était « essentielle à leur succès », et la majorité ont confirmé que la plateforme a eu « un impact essentiel sur leurs ventes et leur croissance ».

Lors de l’évènement, Glovo a également mis en avant « son engagement en matière de responsabilité sociale ». Ces dernières années, l’entreprise a constamment innové pour « mobiliser sa technologie en faveur de diverses causes sociales ».

Dans ce sens, Glovo a permis de lever plus de 2 millions de DH après le séisme tragique d’Al Haouz grâce à l’initiative « Bulle de Donation » et a soutenu des associations dans le cadre de ses campagnes de donation durant les mois de Ramadan ; notamment SOS Village d’Enfants, Jood ou encore la Banque alimentaire, rappelle la même source.

Glovo a également démontré son impact en faveur de l’écosystème des start-up marocaines avec son programme « Tech Catalyst », qui a récemment permis à huit d’entre elles de bénéficier d’un programme d’immersion sur mesure au siège de l’entreprise à Barcelone, conclut-on.

Glovo lance un programme de mentorat pour les start-up marocaines

En collaboration avec des acteurs clés de l’écosystème entrepreneurial, 212 Founders, Startgate et Technopark, ce partenariat signé lors de la seconde édition du GITEX Africa vise à soutenir le développement de start-up innovantes en leur offrant une opportunité d’immersion et de mentorat au Yellow Park, siège de Glovo à Barcelone, indique un communiqué de Glovo.

Le programme, dont la 1re édition est prévue pour fin septembre, se déroulera sur une semaine. Il est conçu pour des start-up en phase de démarrage (pre-seed) opérant dans des secteurs variés tels que la mobilité, la logistique, la technologie alimentaire, le retail-tech, l’e-commerce et la fintech. Les start-up sélectionnées bénéficieront d’un accompagnement personnalisé par des cadres supérieurs de Glovo à Barcelone et d’une expérience de réseautage enrichissante avec des acteurs de l’écosystème espagnol.

Lors de la cérémonie de signature, la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la réforme de l’Administration, Ghita Mezzour, a affirmé son soutien et a déclaré : « Ce programme permettra aux start-up marocaines accompagnées de croître et de s’internationaliser. De plus, cela encouragera le partage de connaissances et de meilleures pratiques, contribuant ainsi à un environnement propice à l’émergence de solutions technologiques avancées adaptées aux besoins du marché. »

Dans la même veine, Sacha Michaud, cofondateur de Glovo, a partagé son enthousiasme : « Nous sommes ravis à l’idée de travailler main dans la main avec le ministère de la Transition numérique et de la réforme de l’administration,  212 Founders, Startgate et Technopark afin de proposer ce programme d’exception. Nous aspirons à catalyser la croissance des start-up qui vont bénéficier du programme, en mettant à leur disposition notre expertise et en tissant des liens de synergie au sein de l’écosystème entrepreneurial méditerranéen. »

Les critères de sélection pour les start-up privilégient l’innovation, la durabilité et la capacité à se développer à grande échelle, entre autres aspects. Les start-up choisies auront l’opportunité de participer à une semaine d’immersion, durant laquelle elles bénéficieront d’ateliers dirigés par des spécialistes de l’entreprise et d’autres acteurs de l’écosystème espagnol, axés sur des sujets spécifiques déterminés en collaboration avec les partenaires du programme, ajoute la même source.