Distribution. 20 MDH de cash par jour : des risques et des coûts à gérer au quotidien par les grandes entreprises

Pour comprendre les défis concrets que cela engendre, Médias24 a recueilli les témoignages de deux acteurs du secteur, issus de deux des plus grandes entreprises agroalimentaires opérant sur le marché marocain. Ces entreprises, bien qu’ambitieuses dans leur volonté de transition vers des paiements digitalisés, se heurtent à des obstacles complexes : une méfiance généralisée des commerçants envers les solutions numériques, des contraintes fiscales qualifiées de rigides, et un environnement économique encore largement dominé par l’usage du cash.

Logistique du cash : rigueur et défis sécuritaires

La gestion quotidienne de grandes quantités de cash constitue un défi logistique et organisationnel de taille. « Avec plus de 160.000 points de vente desservis chaque jour, la collecte et le traitement des fonds nécessitent des processus particulièrement rigoureux. Quotidiennement, les camions retournent aux centres logistiques, où une procédure systématique de réconciliation est effectuée. Cette étape cruciale vise à vérifier la concordance entre les marchandises vendues et le cash collecté, permettant ainsi d’identifier d’éventuelles erreurs, anomalies ou écarts. Ce processus est indispensable pour garantir la transparence et la fiabilité des opérations ».

« Une fois les vérifications effectuées, le cash est confié à des convoyeurs de fonds professionnels, chargés de le transporter en toute sécurité vers les banques. Cette chaîne opérationnelle se décompose en plusieurs étapes critiques : contrôle, comptage et transport sécurisé. Cela nécessite une coordination impeccable entre les équipes internes, qui s’occupent de la collecte et des vérifications, et les prestataires externes, responsables du convoyage », précise ce professionnel d’une société d’agroalimentaire.

Risques de vol ou de braquage, erreurs de comptage, fraudes…

Cependant, cette gestion n’est pas exempte de risques. Les opérations sont exposées à des menaces telles que la fraude, les erreurs humaines lors des comptages ou encore les risques liés aux vols et braquages. « Ces risques sont exacerbés par la nature sensible du cash, qui demeure une cible de choix. La manipulation de grandes quantités de fonds exige donc une vigilance accrue, ainsi que des dispositifs de sécurité renforcés à chaque étape du processus », ajoute notre interlocuteur.

Même son de cloche auprès d’un autre professionnel de la grande distribution qui souligne que la collecte du liquide s’effectue principalement via des sociétés spécialisées, organisant des tournées de collecte. « Le nombre de tournées hebdomadaires dépend du volume de cash disponible sur chaque site de collecte. Par exemple, une caisse située dans une région où le volume des transactions commerciales est élevé aura un nombre de tournées plus important. En amont, avant l’arrivée du convoyeur, le caissier est chargé de vérifier la correspondance entre le cash disponible et les ventes réalisées dans la journée. Si, par exemple, un camion a vendu pour 100.000 DH de marchandises, le caissier s’assure que le montant en cash remis par le chauffeur-livreur est conforme. Il ne doit y avoir aucun écart« , explique-t-il.

« Chaque caisse est ensuite vérifiée et comptabilisée avant la préparation des scellés, conformément aux consignes du transporteur de fonds. Une opération appelée « comptage contradictoire » est souvent mise en place : les fonds sont comptés en présence des deux parties, le convoyeur et le caissier sur site. Le montant vérifié par le convoyeur doit correspondre à celui inscrit sur le bordereau ou la fiche de collecte remplie par le caissier. En cas de divergence sur les montants, des procédures spécifiques sont prévues par les institutions concernées« , précise notre source.

Plus le montant collecté est élevé, plus le processus devient complexe. « C’est pour cela que, depuis environ 2017, les transporteurs de fonds ont introduit des solutions technologiques, telles que les coffres intelligents. Ces dispositifs permettent un comptage automatique et facilitent un crédit plus rapide des montants sur les comptes bancaires, tout en réduisant le nombre de tournées nécessaires. Cependant, ces coffres représentent un investissement coûteux, intéressant principalement pour les grandes entreprises manipulant des montants significatifs quotidiennement, et pour lesquelles la gestion du cash et sa sécurisation sont des enjeux majeurs », ajoute ce professionnel du secteur.

Les coûts cachés et les risques liés à la manipulation du cash

Étant donné la complexité de ce processus, il est normal qu’il engendre des coûts importants : transport par convoyeur professionnel, mesures de sécurité, coût implicite lié au risque de manipulation du cash et temps alloué à l’ensemble des opérations. Le coût de la manipulation du cash (comptage, transport, dépôt en banque…) peut rester relativement marginal pour une grande société disposant de processus bien structurés et d’une organisation adaptée. Toutefois, ce coût peut devenir significatif pour d’autres entreprises.

« Dans notre cas, le coût est marginal. Nos distributeurs gèrent directement les opérations de réception, de comptage et de livraison du cash, ce qui nous permet de mieux contrôler le processus et de limiter les charges supplémentaires. Cependant, si l’on prend en compte les risques associés à la manipulation et au transport de grosses sommes, le coût réel devient plus difficile à évaluer. Lors des périodes de pic d’activité, il arrive que les distributeurs recrutent temporairement des agents pour gérer les volumes supplémentaires. Bien que ces agents ne soient pas directement employés par notre société, leur présence peut introduire des vulnérabilités, comme un risque accru de fraude ou de vol, notamment lorsqu’ils manipulent directement le cash ou participent à sa collecte et à son acheminement vers les centres logistiques. Cela dit, nous n’avons jamais rencontré d’incidents de ce type« , souligne notre source.

« Dans notre organisation, ces opérations sont confiées à des collaborateurs expérimentés, bien intégrés dans l’entreprise et dont la situation est parfaitement régularisée. Cette stabilité organisationnelle réduit significativement les risques liés à la manipulation du cash. Toutefois, il est impossible d’ignorer que le transport de cash demeure une activité risquée, même dans des environnements contrôlés. Certes, les coûts directs semblent faibles, mais il existe toujours des coûts cachés liés à la manipulation du cash, qu’il s’agisse de risques opérationnels, de sécurité ou de pertes potentielles. Ces coûts, bien que difficiles à quantifier précisément, sont omniprésents et doivent être pris en compte dans une analyse globale ».

Collecter du cash est coûteux sur plusieurs aspects

Notre deuxième interlocuteur estime, à l’inverse, que la collecte du cash est coûteuse sur plusieurs aspects. « Plus il y a de cash à gérer, plus il est nécessaire d’augmenter la fréquence des tournées pour limiter les sommes disponibles dans les coffres. Par exemple, une société comme Centrale Danone, qui atteint son pic de haute saison pendant le mois de Ramadan, organise une gestion spécifique autour de cette période. Les recettes générées peuvent atteindre plusieurs millions de dirhams par site en quelques jours seulement ».

« Collecter et déposer le cash sur un compte bancaire ne garantit pas un crédit immédiat. Entre le moment du paiement et l’inscription des fonds sur le compte de l’entreprise, un délai de 24 à 48 heures peut s’écouler. Cela dépend de la taille de la société et de son pouvoir de négociation avec sa banque. Certaines entreprises obtiennent un crédit le soir même grâce à une avance implicite accordée par leur banque, tandis que d’autres doivent attendre le lendemain ou le surlendemain », explique notre source.

« Une grande société peut mobiliser une quinzaine à une vingtaine de personnes, voire plus, pour gérer directement ses différentes caisses. Indirectement, le suivi des flux de cash par les équipes comptables, le contrôle interne et les audits représentent également un coût non négligeable« .

En ce qui concerne les risques associés à ces opérations, notre interlocuteur estime qu’ils restent relativement faibles pour les grandes entreprises, grâce à des processus rigoureux et bien établis. « Les grandes sociétés sont ‘rodées’. Leurs processus sont régulièrement audités, sur une base annuelle ou semestrielle, afin de garantir un niveau d’excellence opérationnelle continu. De plus, les nouvelles technologies comme les coffres intelligents ont significativement contribué à réduire ces risques en apportant des solutions sécurisées et automatisées », précise-t-il.

Digitalisation des transactions : ambitions et obstacles structurels

Il ne fait aucun doute que les entreprises s’efforcent de réduire les transactions en espèces pour adopter des méthodes de paiement plus modernes, numériques et dématérialisées. Dans ce sens, notre interlocuteur exprime cette ambition tout en soulignant les obstacles auxquels elles se heurtent. « C’est parmi nos premiers plans, et on le veut vraiment, mais la situation est un peu difficile. Les gens, y compris dans notre cas les commerçants, se méfient de toute forme de digitalisation des flux financiers, même des facturations ou des bons de commande. Cette réticence s’explique principalement par leur volonté d’opérer loin des yeux du fisc. Avec les récentes mesures imposées par les autorités, nous sommes obligés de ne livrer qu’aux commerçants disposant d’un Identifiant commun d’entreprise (ICE). Mais, en pratique, une grande majorité des commerçants, surtout en milieu rural, n’ont pas d’ICE et ne souhaitent pas intégrer le secteur formel. Cette situation nous place dans une position délicate : lorsque nous livrons à un commerçant sans ICE, nous devenons automatiquement soumis à des taxes estimatives ou à des pénalités de l’administration fiscale« , explique-t-il.

L’autre praticien partage un constat similaire, soulignant que, pour les sociétés, la digitalisation des moyens de paiement représenterait une avancée majeure dans leurs activités. « Le principal frein à la digitalisation vient des épiciers. Du côté des sociétés, elle offre deux avantages clés : un crédit en temps réel et une réduction significative des coûts liés à la gestion du cash. Au-delà du périmètre des entreprises, elle contribuerait également à maintenir un niveau élevé de liquidités dans le circuit bancaire ».

Concernant l’évolution future de la gestion du cash dans le secteur agroalimentaire, où les entreprises manipulent par nature d’importantes quantités d’argent liquide, notre source estime que le problème est avant tout structurel. Sans une réduction des coûts bancaires et une fiscalité plus progressive et équitable, la situation risque de perdurer.

Le cash est profondément enraciné et ne disparaîtra pas du jour au lendemain

« Nous continuons à gérer cette situation, mais le problème du cash est profondément enraciné et ne disparaîtra pas du jour au lendemain. Nous aspirons à sortir de cette dépendance et à basculer vers la digitalisation, mais cela reste un défi majeur. Le premier obstacle, ce sont les frais bancaires, qui restent trop élevés pour de nombreux commerçants. Ensuite, il y a la fiscalité, qui devrait, selon moi, être appliquée progressivement et de manière symbolique, surtout dans un premier temps. L’idée serait d’encourager les commerçants à contribuer au bien commun, mais sans les brusquer. On ne peut pas exiger d’une personne, qui n’a jamais été formelle auparavant, de s’acquitter immédiatement d’une taxation de 20% ou 30%. Il faut les habituer progressivement à contribuer, tout en leur offrant des avantages concrets, tels que l’accès à une couverture médicale (AMO) ou une retraite. Ces incitations pourraient transformer la donne et encourager leur adhésion au circuit formel », conclut ce professionnel du secteur.

Marjane City : une expansion ambitieuse, avec 40 à 45 ouvertures par an

Le groupe Marjane poursuit son développement en misant notamment sur le concept Marjane City, un réseau de supérettes de proximité. Cette stratégie vise à répondre aux nouveaux besoins des consommateurs tout en se différenciant des modèles classiques de la grande distribution et des chaînes d’hyper proximité.

Après déjà six magasins ouverts à Rabat et Casablanca, Marjane ambitionne d’en ouvrir un total de 40 à 45 par an dans les différentes villes du Royaume, apprend-on de sources sûres.

Contrairement à BIM et Kazyon, qui entrent en concurrence directe avec les épiciers de par leur modèle d’hyper proximité axé sur l’agroalimentaire, les magasins Marjane City se concentrent principalement sur les produits frais (fruits, légumes, viandes…), s’appuyant sur l’expertise développée à travers la « filière M« .

Ces supermarchés ultra-urbains de petit format, avec une surface commerciale moyenne de 350 m2, permettent d’effectuer des courses rapides pour répondre aux besoins du quotidien et proposent une offre marché forte pour une clientèle de plus en plus exigeante. Le premier Marjane City a été inauguré en novembre 2023 à Rabat. Après deux ouvertures à Casablanca, le groupe ambitionne d’ouvrir, d’ici la fin de l’année, six nouveaux magasins dans la métropole.

« Le métier de la grande distribution est particulièrement complexe, notamment sur les produits frais », confient nos sources. « Le taux de démarque, c’est-à-dire les produits retirés de la vente, peut avoir un impact considérable. Dans une grande enseigne comme Marjane, ces pertes peuvent être absorbées, mais pour un petit magasin, cela représente un défi majeur ».

Nos sources assurent par ailleurs que le groupe, à travers l’enseigne Marjane City, offre un modèle différent par rapport à l’épicier, qui représente un tissu social important à préserver, d’autant que ce dernier ne vend pas de produits frais, ni de pâtisserie.

Le groupe Marjane prévoit de mettre en service sa plateforme de frais en 2025

Dans un secteur déstructuré, le groupe Marjane prévoit de passer à la vitesse supérieure pour apporter davantage de valeur ajoutée à sa clientèle. Après la « filière M« , qui lui permet d’assurer en amont l’approvisionnement de ses surfaces de produits frais contrôlés, l’opérateur a mobilisé un investissement d’environ 100 millions de DH pour construire sa plateforme de frais complète, apprend-on de source sûre.

Mise en service prévue vers février-mars 2025

Selon nos informations, la construction de cette plateforme a démarré en février 2024 pour une opérationnalisation prévue en février ou mars 2025. La durée des travaux est fixée à une année.

Il s’agit, concrètement, d’une plateforme de centralisation complète des produits frais (fruits, légumes, viandes rouges, poisson…), pour garantir le respect de la chaîne de froid sur tout le circuit.

Ces produits seront directement transportés depuis les champs jusqu’à ladite plateforme en camions frigorifiques, pour les y entreposer avant de les livrer aux magasins du groupe, dans le respect des normes en vigueur et, spécifiquement, de la chaîne de froid.

Outre la vente de ces produits frais à l’état brut, cette plateforme servira également pour leur transformation et la création de valeur ajoutée. Elle permettra notamment d’accompagner l’expansion des magasins de proximité du groupe, à savoir les Marjane City lancés en novembre 2023. Ils seront fournis directement de barquettes et de sous-vides de viande d’abats par exemple, ou encore de saucisses fabriquées dans les ateliers Marjane…

En effet, le chiffre d’affaires de ces magasins de petite taille ne leur permet pas de supporter les frais supplémentaires d’un boucher sur place, comme on le voit au niveau des supermarchés et hypermarchés du groupe Marjane.

Une plateforme pour gérer 20.000 tonnes de fruits et légumes par mois

Cette plateforme est basée à Casablanca. Selon nos sources, elle est attenante à l’entrepôt logistique du groupe qui se trouve à Sapino, l’objectif étant de mutualiser les ressources et la logistique.

Marjane pourrait également mobiliser, au départ de cette plateforme, des camions bi-températures avec deux compartiments, un réfrigéré et un autre non réfrigéré, qui pourront, à la bonne fréquence, alimenter les villes éloignées telles que Tanger, Laâyoune ou Guelmim.

La mise en service de cette plateforme bénéficiera également au consommateur. Grâce à cette logistique optimisée, ce dernier bénéficiera de produits frais livrés fréquemment, ce qui garantit une fraîcheur et une qualité constantes. Les magasins de Tanger seront par exemple livrés tous les jours, dans le respect de la chaîne de froid. Les économies d’échelle permettront par ailleurs au groupe de réduire ses coûts, rendant les produits plus accessibles.

En termes de quantité, le groupe prévoit d’y gérer près de 20.000 tonnes de fruits et légumes par mois, et 26.000 carcasses de viande par an.

Bien que la plateforme traitera l’ensemble des produits frais (fruits, légumes, viandes, poissons), la « filière M » occupera une place prépondérante.

Ce projet novateur marque une avancée majeure dans le secteur du frais et de la grande distribution au Maroc. Alliant transformation, logistique et respect des normes les plus strictes, cette plateforme devrait transformer durablement l’expérience consommateur et le paysage de la distribution.

Disway : un recul de 9% du chiffre d’affaires à fin juin 2024

Le ralentissement de la demande, tant au Maroc qu’à l’international, pèse sur les performances du groupe Disway au cours du premier semestre 2024. Le chiffre d’affaires consolidé ressort à 842 MDH, contre 924 MDH à fin juin 2023, soit une baisse de 9%. Cette contraction s’explique principalement par une baisse des commandes des secteurs public et privé dans un contexte économique mondial tendu.

Le résultat d’exploitation s’établit à 47 MDH, en recul de 19% par rapport aux 58 MDH enregistrés au premier semestre 2023. Cette baisse s’explique par la diminution des volumes d’activité, conjuguée à une hausse des coûts des achats revendus et des charges externes. Le groupe a toutefois réussi à contenir les impacts grâce à des ajustements de prix partiels.

Le résultat net part du groupe (RNPG) atteint 35 MDH, contre 39 MDH à la même période en 2023, enregistrant une baisse de 10%. Malgré cette baisse, Disway conserve une structure financière solide avec un ratio de fonds propres à hauteur de 85% du financement global.

Perspectives pour le second semestre

Malgré un premier semestre impacté par un contexte économique difficile, le groupe Disway demeure optimiste quant à la possibilité de combler une partie du retard au cours du second semestre 2024. Le report de certains projets et commandes pourrait contribuer à atténuer la baisse d’activité enregistrée au début de l’année.

Par ailleurs, Disway poursuit sa stratégie de diversification, notamment avec le renforcement de ses activités logistiques via sa filiale Disway Logistic Services (DLS) et l’inauguration de sa nouvelle plateforme à Skhirat en juillet 2024.

Grande distribution: Fipar Holding autorisée à entrer dans le capital de Retail Holding

La décision a été prise via un décret, daté du 12 septembre et publié au Bulletin officiel du 23 du même mois. Signé par Aziz Akhannouch, avec le contreseing de Nadia Fettah, ministre de l’Economie et des finances, ce décret autorise la société Holding Financière, de participations et d’investissements (Fipar Holding) à prendre 12,3% du du capital social et des droits de vote de Retail Holding.

Selon le même décret, cette opération doit être finalisée d’ici décembre 2025.

En mai dernier, le Conseil de la concurrence a reçu la notification d’un projet de concentration concernant l’acquisition, par Fipar Holding, et par la Société financière internationale, (SFI) du « contrôle conjoint » de la société Retail Holding aux côtés des sociétés Best Financière et Sanam Holding.

Fipar Holding est un fonds d’investissement généraliste détenu par CDG Invest. Quant à SFI, membre du groupe de la Banque mondiale, son objectif était de prendre 7,05% du capital social et des droits de vote de Retail Holding.

Retail Holding est un acteur de premier plan dans le secteur de la distribution et détient plusieurs enseignes de distribution alimentaire et de distribution spécialisée (Carrefour, Carrefour Market, Atacadao, Kiabi, Virgin, Gifi, etc.). Son siège social est situé à Rabat et ses filiales sont principalement présentes à Casablanca et Rabat, ainsi qu’en France et en Côte d’Ivoire.

Label’Vie : baisse de 31% du résultat net en 2023, hausse de 12% du dividende

Le groupe Label’Vie a annoncé un dividende en progression au titre de l’exercice 2023, malgré une baisse de sa profitabilité. Un total de 280 MDH de dividendes sera versé, soit 96,75 dirhams par action, en hausse de 12% par rapport au dividende 2022.

La profitabilité du groupe a baissé de 31% à 524 MDH, impactée notamment par la non-récurrence des plus-values exceptionnelles réalisées en 2022.

Le groupe a misé 250 MDH sur son plan anti-inflation durant l’année et est parvenu à maintenir un EBITDA en hausse de 9% à 1.325 MDH. La croissance des ventes sur la période a été de 13% à 1,6 MMDH, et la fréquentation a progressé de 10% avec 71,6 millions de personnes.

Label’Vie a également poursuivi son programme d’expansion et d’amélioration continue de ses opérations, en ouvrant 24 nouveaux magasins ou encore en lançant un programme de franchise.

 

Mutandis : redressement constant des marges prévu pour la période 2023-2029

Le 18 janvier, la société de recherche CFG Bank a mis à jour ses perspectives et sa valorisation de la valeur Mutandis. Il convient de rappeler que les deux entités entretiennent des liens capitalistiques, du fait que les deux groupes ont été fondés par la même personne, à savoir Adil Douiri. Rappelons également que Mutandis détient 4,4% du capital de CFG Bank.

Dans sa nouvelle valorisation, la société de recherche anticipe une progression de 26% du cours, à 327 dirhams contre 260 dirhams actuellement. Dans les six prochaines années, le groupe devrait entrer dans une nouvelle phase de consolidation des acquis et de renforcement des marges qui, de fait, entraîneraient une amélioration de la capacité de distribution du groupe.

En 2023, CFG Bank anticipe un chiffre d’affaires de 2,5 MMDH, en hausse de 5,8% par rapport à 2022, et un RNPG courant à 125 MDH, en hausse de 19% sur la même période.

Une opération stratégique opérée en 2023

Il est à noter que le groupe a effectué une opération d’envergure l’an dernier avec l’acquisition de Aïn Ifrane (société Euro-Africaine des Eaux). « Mutandis avait pour objectif d’acquérir une société de taille et contribution comparable à celle de CMB Plastique, qui lui permettrait de consolider davantage sa présence et sa part de marché dans ce segment », souligne CFG Bank. En effet, le groupe a cédé la société CMB Plastique au groupe Dislog pour un montant de 330 MDH.

Selon le communiqué de presse, la transaction devrait avoir lieu courant T1-2024 sous réserve de l’obtention de l’accord du Conseil de la concurrence. « Sur la base de nos estimations et diverses discussions avec le management, la société Euro-Africaine des Eaux contribuerait à hauteur de 50 MDH à l’EBE consolidé de groupe, soit une contribution équivalente à celle de CMB Plastique. Ainsi, en définitive, Mutandis va tout simplement remplacer une brique par une autre », souligne CFG Bank.

Le groupe devrait réduire son endettement à la suite de cette transaction, et également améliorer son résultat financier. En effet, une partie de la cession de CMB Plastique permettra de rembourser une partie du crédit bancaire contracté.

Amélioration des marges attendue dès cette année

D’après la société de recherche, le groupe devrait afficher une belle amélioration de ses marges sur les cinq prochaines années. Sur la période 2022-2029, l’EBIT de Mutandis devrait afficher un taux de croissance annuel moyen (TCAM) de 10,9%.

Les revenus, eux, devraient progresser plus modestement sur un rythme moyen de 2,9% par an sur la même période pour s’établir à 2,85 MMDH. Les croissances des revenus les plus importantes devraient être enregistrées sur les segments ‘jus de fruit’, « sous l’effet de la montée en puissance du nouveau produit ‘Frut’, mais également grâce aux synergies opérationnelles, notamment sur le plan de la distribution, qui devraient découler de l’acquisition de la société Euro-Africaine des Eaux (EAE) », souligne CFG Bank. Notons que EAE dispose d’une flotte de distribution importante desservant plus de 100.000 épiciers.

Les revenus devraient également être poussés par un TCAM de 3,3% du chiffre d’affaires de la marque ‘Season’. Puis, il faut mentionner que Mutandis pourra ajouter un chiffre d’affaires annuel des hydrolysats d’environ 80 MDH à partir de 2025, qui devrait croître de 3% par an.

Ce redressement devrait avoir lieu dans un contexte inflationniste bien moins important que lors des deux années précédentes. « En effet, comme nous pouvons le constater à travers les graphiques ci-dessous, les marges opérationnelles devraient se bonifier au cours des années à venir, et renouer avec les niveaux normatifs d’avant-crise, soit ceux de 2019 », explique CFG Bank.

De fait, la société devrait afficher sur la période 2022-2029, une marge d’EBITDA qui devrait progresser nettement après un plus bas historique en 2022 à 11,5%, puis 12,9% attendue en 2023, 14,2% en 2024, pour atteindre 15,8% en 2029. Soit un TCAM de 7,7% sur la période 2022-2029.

« In fine, profitant de la croissance du chiffre d’affaires, de la bonification de la marge brute, d’une meilleure dilution des charges fixes, d’une amélioration du résultat financier et d’un cadre fiscal plus avantageux, le résultat net courant devrait croître selon un TCAM de 14,9% entre 2022 et 2029, pour s’établir à 278 MDH en 2029 versus 105 MDH en 2022. La marge nette devrait pour sa part progressivement s’améliorer et atteindre 9,8% à terme versus 4,5% en 2022 et 5,1% en 2023″, précise la société de recherche.

De fait, la profitabilité en croissance et le retrait de l’endettement du groupe, catalysé notamment par la cession de CMB Plastique, devraient assurer une meilleure capacité de distribution du groupe dans les années à venir.

Parallèlement, « suite au cycle d’investissement opéré par le groupe sur la période 2021-2024, les CAPEX devraient baisser et revenir à un niveau normatif d’environ 65 MDH par an. Dans ce sillage, le cash flow libre devrait s’améliorer dans les années à venir, conférant au groupe une capacité de distribution plus importante. Mais encore, tenant compte de la baisse du taux d’endettement, notamment après la cession de CMB Plastique en 2024, le groupe devrait être en mesure d’augmenter son taux de distribution, tout en continuant à se désendetter sur les années à venir », conclut CFG Bank.

En partenariat avec l’ENCG-Settat, Marjane lance un master en alternance « Distribution moderne »

Marjane a annoncé le lancement, jeudi 6 juillet, de son master en alternance « Distribution moderne », en partenariat avec l’Ecole nationale de commerce et de gestion (ENCG) de Settat, lit-on dans un communiqué du groupe. « Cette formation en alternance est la première du genre à être accréditée par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation », précise-t-on.

Ce master permettra aux alternants de développer une connaissance approfondie du fonctionnement des grandes et moyennes surfaces, de maîtriser les techniques de gestion d’une unité de commerce et son animation commerciale au service du client, et de développer une posture managériale professionnelle favorisant l’intelligence collective au sein des équipes, ajoute la même source.

Intégrer Marjane à l’issue de la formation

La première formation par alternance sera lancée en 2024, souligne le groupe Marjane. « Un contrat tripartite ENCG de Settat-élèves alternants-groupe Marjane formalisera le statut des élèves admis et inscrits dans cette filière. Cette première promotion bénéficiera, pendant les deux années de master, des cours à l’ENCGS en alternance avec une activité professionnelle dans l’une des filiales du groupe Marjane », poursuit le communiqué.

Les lauréats qui répondront aux exigences et aux conditions académiques et professionnelles définies conjointement par l’ENCG-Settat et le groupe Marjane, recevront une proposition d’intégrer l’entreprise, précise-t-on de même source.

Par anticipation du master en alternance, le groupe Marjane a lancé en 2022 un programme de formation co-construit avec l’ENCG-Settat. Ce programme a concerné une cinquantaine d’étudiants qui ont bénéficié d’un programme hybride de formation complémentaire spécialisé dans les métiers de la grande distribution.