Les fonctionnaires des collectivités territoriales en grève pour deux jours

La FDCT, affiliée à la Fédération des syndicats démocratiques, déplore la « négligence des revendications des fonctionnaires ».

À travers cette grève de deux jours, la Fédération veut attirer l’attention sur plusieurs dossiers administratifs et financiers en suspens, notamment :

– la situation des titulaires de diplômes et certificats ;

– celle des diplômés des centres de formation administrative ;

– la régularisation du statut des travailleurs saisonniers.

Grève des contrôleurs aériens : RAM annule des vols en provenance et à destination de Bruxelles

« En raison d’une grève à Bruxelles ayant lieu le 13 février 2025, nous sommes contraints de procéder à l’annulation des vols AT830, AT637, AT636 et AT831 en provenance et à destination de Bruxelles », a annoncé la compagnie aérienne nationale.

Un mouvement de grève des contrôleurs aériens belges et une manifestation nationale sont annoncés le 13 février dès 6h45 jusqu’à 22h15. Tous les vols au départ et à destination de Brussels Airport seront ainsi annulés ce jour-là.

Grève nationale : suivi des évolutions en direct

Ce mercredi 5 février une grève nationale, à l’initiative des principales centrales syndicales, est annoncée. En ligne de mire : l’adoption du projet de loi organique n°97.15 encadrant le droit de grève.

Voté lundi 3 février en séance plénière à la Chambre des conseillers, puis le lendemain en commission à la Chambre des représentants, ce texte est vivement contesté par les syndicats, qui dénoncent une “régression sociale” et un cadre jugé “restrictif” pour l’exercice de ce droit fondamental. Ils pointent également du doigt la “précipitation” dans son adoption et la “pression” exercée sur le Parlement, regrettant le rejet de leurs amendements.

Pour rappel, cette grève nationale s’inscrit dans un programme de mobilisation plus large, marqué par des sit-in et une marche nationale organisée à Rabat ces dernières semaines. La Confédération démocratique du travail (CDT), l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM), l’Organisation démocratique du travail (ODT) et la Fédération des syndicats démocratiques (FSD), réunies au sein du Front national contre la loi sur la grève, entendent maintenir la pression sur le gouvernement.

À noter que, de son côté, l’Union marocaine du travail (UMT), qui n’adhère pas à ce Front national contre la loi sur la grève, annonce un mouvement de grève de 48 heures.

Médias24 suivra l’évolution de cette mobilisation et ses répercussions.

18h50. Fin du direct

En bilan, cette journée de grève a entraîné des perturbations plus ou moins notables selon les villes et les régions, mais sans provoquer un arrêt total de l’activité ou du fonctionnement des services. 

Jeudi 6 février, seule l’UMT poursuit sa grève annoncée depuis le début pour 48 h, les 5 et 6 février.

18h30. Les quatre centrales syndicales (CDT, UNTM, ODT, FSD) ont diffusé un communiqué en fin de journée de ce mercredi 5 février. Elles y annoncent  » la réussite de la grève générale » avec un taux de participation nationale de 80%.

17h00. 

À cette heure, seule l’UMT a communiqué sur le taux de participation de ses membres à la grève nationale du 5 février. C’est aussi le seul syndicat qui prévoit de prolonger le mouvement le 6 février.

Une source au sein de la CDT nous a communiqué des premières estimations qui oscillent entre 30% et 93% d’une région à l’autre. 

15h16. À l’hôpital Moulay Youssef, l’activité est “normale”

Si la grève touche, voire met à l’arrêt plusieurs services, certains continuent de fonctionner normalement. C’est le cas du centre hospitalier Moulay Youssef à Rabat.

15h06. “Un taux de participation au-delà des espérances”

À la mi-journée, nous annoncions un taux de participation global de 84 % sur la base d’informations recueillies auprès de dirigeants de l’UMT. À 15 heures, et dans un communiqué officiel, la centrale syndicale de Miloudi Moukharik affirme que ce taux est de 84,9 %. “Un taux de participation au-delà des espérances”, commente la même source.

14h57. L’UMT satisfaite de sa première journée de grève 

“Il n’y pas eu d’incidents lors de cette première journée de la grève à laquelle a appelé l’UMT. Nos militants ont marqué cette journée par une grande affluence vers les sièges locaux du syndicat. Nous allons continuer cette mobilisation contre les décisions impopulaires du gouvernement qui prépare d’autres législations qui seront source de plus de tensions comme en ce qui concerne les retraites”, nous déclare Larbi Habchi, membre dirigeant du Syndicat démocratique des finances affilié à l’UMT et ex-SG de ce même syndicat.

14h35. Témoignages. Ce que pensent des citoyens de la grève nationale 

 

 

14h00. Des chauffeurs de taxis affiliés à l’UMT adhèrent également à la grève.

13.51. Le siège de la CNSS fermé 

À Casablanca, le siège de la Caisse nationale de la sécurité sociale (CNSS) est fermé en ce jour de grève national.

13.30 La Cour d’appel de Casablanca partiellement verrouillée

À la Cour d’appel de Casablanca, Médias24 constate que les salles d’audience sont fermées. En revanche, les services d’instruction et la caisse de la juridiction fonctionnent normalement.

 

 

13h27. Une partie de Rabat à l’arrêt 

Écoles, services administratifs (arrondissements, CNOPS etc.) sont à l’arrêt ce mercredi 5 février.

Dans une agence CNOPS, le personnel indique à Médias24 que seul le personnel est autorisé à accéder à l’agence, pas les citoyens.

13h12. Des bureaux déserts en images 

Des bureaux déserts des services relevant du ministère de l’Economie et des Finances situés dans diverses villes. (Photos reçues par des sources syndicales). 

13h08. Premiers chiffres de l’UMT 

Selon un membre dirigeant de l’UMT, la centrale syndicale estime le taux de suivi de l’appel à la grève au niveau national à 84%, tous secteurs et corps de métier confondus.

13h03. Forte mobilisation dans le secteur des finances

À la mi-journée, le syndicat des finances relevant de l’UMT se félicite de la réussite de la grève à 92%, dans les services centraux et extérieurs du ministère des Finances. La grève a été très suivie notamment à Tanger, Meknès, Ouezzane, Oujda, Nador, Laâyoune, El Jadida et Témara.

13h00. Moukharik : “La lutte continue”

À Casablanca où l’UMT tient un meeting, Miloudi Moukharik, SG de la centrale syndicale, affirme à Médias24 que la grève concerne les secteurs public et privé et assure que “la lutte continue”.

 

12h49. Pas d’impact sur le trafic aérien 

Selon une source autorisée au sein de l’ONDA, contactée par nos soins, la grève nationale n’a, pour l’heure, pas d’impact sur le trafic aérien.

11h55. Une situation mitigiée 

Selon les retours recueillis par nos soins, la situation est mitigée au niveaux des banques. Selon nos sources, certains employés de banques travaillent, tandis que leurs collègues adhèrent au mouvement de grève.

Il convient de noter que plusieurs appels à la grève ont été lancés depuis le 3 février dernier. L’union syndicale interbancaire, affiliée à l’UMT, a publié des appels à la grève adressés au bureau syndical national Brinks Maroc d’une part et aux employés de Wana Corporate d’autre part.

Pour l’heure, aucune indication concernant le taux effectif de la participation à la grève n’a encore été publié.

11h10. Adoption définitive de la loi sur le droit de grève

Le projet de loi organique n° 97.15, fixant les conditions et modalités d’exercice du droit de grève, a été adopté en plénière en deuxième lecture à la Chambre des représentants.

Il convient de souligner que s’agissant d’une loi organique, le texte sur le droit de la grève sera soumis à la Cour constitutionnelle pour en vérifier la conformité avec la Constitution.

11h00. Marche de protestation de la CDT 

À Casablanca, démarrage d’une marche de protestation organisée par la CDT en ce jour de grève nationale.

10h50. Premières remontées de perturbations.

Selon les informations recueillies par nos soins, plusieurs secteurs connaissent déjà quelques perturbations. Il s’agit notamment de la santé, des collectivités territoriales ou encore du secteur de la justice.

En effet, à Casablanca, l’appel à la grève est « très suivi » dans les collectivités territoriales. Aucune évaluation chiffrée n’est donnée pour le moment. Il s’agit d’une appréciation qualitative. Les services des légalisations sont notamment touchés.

Au siège de la CDT à Casablanca, on promet de premières estimations au niveau national vers 12H00.

Aux sièges centraux des syndicats ayant appelé à la grève générale, des cellules ont été installées pour compiler les données sur la grève, aux niveaux local, régional et national, mais aussi par secteurs d’activités.

Une source au sein du bureau national du Syndicat national de la justice affilié à la CDT nous indique que, même si les chiffres n’ont pas encore été officiellement établis, “il est toutefois observé une évolution notable du taux de participation selon une première évaluation dans certaines régions”.

Notre source fait référence aux fonctionnaires du département de la Justice et aux greffes qui participent à la grève.

 

LIRE AUSSI : 

https://medias24.com/2025/02/04/les-syndicats-vent-debout-contre-la-loi-sur-la-greve/

 

Adoption définitive de la loi sur le droit de grève

Le projet de loi a été approuvé par 84 voix pour et 20 contre, sans aucune abstention.

Adopté en deuxième lecture à la majorité par la Commission des secteurs sociaux de la Chambre des représentants, le mardi 4 février, le projet de loi de grève a fait l’objet de plusieurs amendements tout au long de son processus législatif.

Parmi ces amendements figure l’élargissement du droit de grève aux intérêts « indirects » des travailleurs, en plus de leurs intérêts directs. La « grève de solidarité » et la « grève politique » sont désormais explicitement autorisées par la loi.

 

Le texte garantit également l’exercice du droit de grève à l’ensemble des professionnels, y compris les travailleurs domestiques, les indépendants et les non-salariés.

Toute entrave au droit de grève par l’employeur est passible d’amendes allant de 20.000 à 200.000 dirhams. Par ailleurs, il est interdit de licencier, muter ou sanctionner un salarié pour sa participation à une grève.

La nouvelle loi permet aussi aux syndicats représentatifs –sans qu’ils aient nécessairement le statut de « plus représentatifs » –d’appeler à la grève à l’échelle nationale ou sectorielle.

Santé. La coordination syndicale suspend son mouvement de protestation

La coordination syndicaliste des personnels de la santé, réunissant plusieurs organisations professionnelles, a annoncé avoir suspendu ses mouvements de protestation dans un communiqué diffusé tard dans la soirée du vendredi 24 janvier et sanctionnant une longue réunion avec des responsables du ministère de tutelle : le directeur de cabinet du ministre et le patron des RH du département.

Les deux parties se sont mises d’accord sur la concrétisation de plusieurs points de l’accord du 23 juillet 2024 au sujet des revendications de plusieurs catégories de personnels du département d’Amine Tahraoui.

Selon la même source, de nouvelles réunions auront lieu, dès les prochains jours, pour examiner plusieurs autres revendications des salariés du ministère.

À suivre…

Une marche nationale à Rabat pour dénoncer le projet de loi sur la grève

Cette mobilisation intervient en protestation contre ce que le Front qualifie de « mépris des propositions d’amendement » adressées au gouvernement concernant le projet de loi sur la grève, récemment adopté par la Chambre des représentants.

Le projet de loi, qui encadre l’exercice du droit de grève, a été approuvé sans intégrer les amendements considérés comme « fondamentaux » par les groupes de l’opposition et plusieurs acteurs sociaux. Le Front accuse la majorité gouvernementale d’avoir « imposé son point de vue » et de s’appuyer sur une logique de restriction des droits.

Dans son communiqué du 9 janvier, le Front dénonce le « caractère coercitif » du texte, qu’il considère comme une tentative de limiter, voire d’interdire, l’exercice du droit de grève.

Le communiqué critique également le manque de dialogue « réel et responsable » avec les parties concernées, malgré la dimension sociétale du projet, qui exige un consensus garantissant la conformité avec la Constitution marocaine et les conventions internationales.

La marche nationale, qui a débuté à 10h30 depuis la place Bab El Had, a rassemblé des centaines de manifestants issus de divers syndicats, associations et partis politiques. Les participants brandissaient des banderoles et scandaient des slogans exigeant la protection des acquis sociaux et la préservation du droit de grève, reconnu comme un droit constitutionnel au Maroc.

 

 

Le Front a rappelé que cette mobilisation s’inscrit dans une dynamique unitaire et une accumulation positive d’actions communes entre ses composantes. La marche visait également à alerter l’opinion publique sur les reculs perçus en matière de droits et de libertés syndicales.

Le projet de loi sur la grève est actuellement examiné par la Chambre des conseillers. Le Front appelle à une mobilisation continue pour empêcher l’adoption définitive du texte dans sa forme actuelle. Il exige un véritable dialogue inclusif permettant de parvenir à un texte consensuel, conforme aux normes nationales et internationales.

Les professionnels de la santé annoncent une nouvelle grève le mercredi 15 janvier

Selon un communiqué de la Coordination syndicale de la santé, qui regroupe l’ODT, la CDT, la FDT, l’UNTM, l’UGTM et le Syndicat indépendant des infirmiers et des techniciens de santé, cette grève est le résultat de six mois de négociations « sans résultat » avec le ministère de la Santé. Malgré la signature d’un accord le 23 juillet 2024, « les engagements pris n’ont pas été respectés », selon les syndicats.

La Coordination syndicale dénonce « des conditions de travail dégradées et un manque de reconnaissance pour les efforts fournis par les professionnels de la santé », surtout après les sacrifices consentis durant la pandémie de Covid. Elle critique également « l’absence de mesures concrètes pour résoudre les problèmes structurels du secteur, malgré les promesses répétées du gouvernement ».

Les principales revendications des syndicats incluent :

Le communiqué précise que la grève nationale concernera tous les établissements de santé, à l’exception des services d’urgence et de soins intensifs. Une marche nationale sera organisée le même jour à midi devant le ministère de la Santé.

Les médecins du public en grève du 24 au 26 décembre

« Les raisons de notre protestation demeurent toujours présentes, et puisqu’aucun contact n’a été établi avec notre syndicat par le ministère de la Santé et de la protection sociale, nous regrettons de nous voir contraints de poursuivre la mise en œuvre de nos actions de lutte définies dans le dernier communiqué du Conseil national. Cette semaine comprend une grève de trois jours : mardi, mercredi et jeudi, avec l’exclusion de certains services, comme d’habitude, afin de garantir un minimum de prestations offertes aux citoyens », annonce dans un communiqué le Syndicat indépendant des médecins du secteur public (SIMSP).

Une grève nationale sera ainsi observée les 24, 25 et 26 décembre dans tous les établissements de santé, à l’exception des services d’urgence et de la réanimation.

Les discussions du Conseil national du SIMSP, réuni le 7 décembre dernier, avaient en effet abouti aux conclusions suivantes :

D’abord, il a été constaté que « la situation catastrophique du secteur de la santé publique est indéniable et qu’il est évident pour tous qu’il n’existe aucune vision politique réelle et sincère pour remédier à cette situation. Cela est particulièrement préoccupant en raison de l’absence d’une feuille de route claire pour la réforme. Le médecin et, avec lui, le patient marocain rejettent la politique de rafistolage sanitaire et l’embellissement médiatique d’une réalité désastreuse dans la plupart des établissements de santé ».

Le Conseil national a en outre réaffirmé son rejet du projet de loi sur la grève dans sa version actuelle, qui limite le droit constitutionnel de grève. Il a également exprimé son opposition à toutes les manœuvres visant à imposer le fait accompli en ce qui concerne la loi sur la retraite. Le syndicat a annoncé son engagement total dans toutes les actions de lutte menées par le Front marocain contre les lois sur la grève et la retraite, en tant que membre fondateur du Front.

Le Conseil national du SIMSP a critiqué « le projet controversé de statut modèle qui comporte des articles touchant à la pratique quotidienne dans les établissements de santé. Ce projet remet en question les droits fondamentaux garantis dans le statut général de la fonction publique ».

Le syndicat a déploré aussi l’insuffisance des modifications apportées au projet de loi de finances 2025 qui « n’a pas apporté de solution définitive pour la suppression des postes budgétaires centralisés. Au contraire, ces détails ont été reportés à une date indéterminée, en attendant la publication d’un texte réglementaire », selon le le SIMSP.

Projet de loi sur la grève : tout pour comprendre ce qui a changé

L’actualité sociale a été marquée ces derniers jours par un événement majeur : le vote en commission parlementaire du projet de loi encadrant le droit de grève, le mercredi 6 décembre.

Ce texte, attendu depuis plusieurs décennies, enregistre enfin une première avancée législative. La version votée est totalement différente de celle qui était déposée au Parlement.

Les amendements apportés à ce texte changent « complètement son contenu », assure le gouvernement, mais « pas assez ou du moins pas dans le sens souhaité par les syndicats », assurent ces derniers.

Le vote en commission, puis en plénière à la Chambre des représentants, n’est qu’une première étape. Le chemin législatif de ce texte le mènera à la Chambre des conseillers où siègent les partenaires sociaux, premiers concernés par ce texte, à savoir les syndicats et la CGEM. Cette phase s’annonce déterminante et pourrait donner lieu à de vifs débats et à de nouveaux changements au niveau des articles de loi.

Dans cet article, Médias24 vous présente l’esprit de la nouvelle mouture, son contenu tel que voté par la commission. Cette version, que nous détaillerons ci-dessous, devient ainsi la nouvelle base des échanges et des négociations futures.

Mais avant d’entrer dans le détail des articles, voici ce qu’il est important de retenir :

Préambule

Le préambule de ce texte a été réclamé par tous les syndicats ayant participé aux discussions autour de ce texte. Vu qu’il s’agit d’une loi organique, comme expliqué ci-haut, les dispositions du préambule ont été intégrées dans l’article premier de la loi.

Ce texte s’appuie sur la Constitution et l’esprit des conventions internationales pour garantir le droit à la grève dans les secteurs public et privé. Considéré comme un droit constitutionnel et un droit fondamental de l’Homme, le droit à la grève vise à promouvoir l’équité et la paix sociales.

Ce texte a également pour vocation de protéger le salarié ou fonctionnaire, l’employé ainsi que les citoyens.

L’article 2 de ce projet de loi définit pour sa part la grève. 

C’est un arrêt du travail ou l’exercice d’une profession, volontaire et collectif , total ou partiel, pour une durée déterminée, visant à défendre un droit ou un intérêt social, économique ou professionnel direct, en lien avec l’entreprise, l’institution ou le service public, et portant sur les conditions de travail ou l’amélioration de la situation financière.

La définition de la grève a donc été élargie, et la mention à l’interdiction des grèves politique, de solidarité, par alternance… a été supprimée.

Toutefois, ce projet note que :

– Toute cessation de travail implique une retenue sur salaire.

– La grève n’implique pas la suspension du contrat de travail, ou du salaire dans sa totalité.

Qui peut faire grève ?

Si le précédent texte limitait le droit à la grève en excluant plusieurs catégories, le projet de loi adopté en commission étend ce droit à toutes les catégories.

Le droit de grève concerne les secteurs public et privé, autrement dit les salariés et les fonctionnaires.

L’article 4 dudit texte étend aussi le champ de l’application de la loi de l’exercice de grève aux professionnels, indépendants, travailleurs non salariés, miniers, pêcheurs, fonctionnaires et contractuels dans le public et dans les collectivités territoriales, et aux travailleurs domestiques…

Qui peut faire appel à la grève ?

La présente mouture, contrairement à l’ancienne, élargit le droit de faire appel à la grève car il supprime la hiérarchie qui prévalait dans l’ancienne version notamment dans le cas de la grève dans le secteur privé.

Voici en détail qui peut appeler à la grève selon le type de grève, qu’elle soit nationale, sectorielle, professionnelle ou dans l’entreprise :

1 – S’il s’agit d’une grève nationale, l’appel à la grève dans les secteurs public et privé se fait par le syndicat le plus représentatif ou par un syndicat avec une représentativité au niveau national.

2 – S’il s’agit d’une grève sectorielle (au niveau des services publics : santé, éducation, etc.), l’appel à la grève se fait par le syndicat le plus représentatif au niveau national ou par un syndicat avec une représentativité au niveau du service public concerné.

3 – Lorsqu’il s’agit d’une grève professionnelle (médecins, taximen, avocats…), l’appel à la grève se fait par un syndicat ou une entité créée par une loi qui ne lui interdit pas l’exercice d’une activité syndicale.

4 – S’il s’agit d’une grève au sein d’une entreprise ou d’une institution, l’appel à la grève peut se faire par le syndicat le plus représentatif au sein de l’entreprise/établissement OU un groupe de salariés.

Une précision à ce niveau : si le motif de l’appel à la grève est un dossier revendicatif, une hiérarchie est instauré. Le groupe de salariés ne peut faire appel à la grève sur la base d’un dossier revendicatif qu’en l’absence d’un syndicat le plus représentatif. 

Dans tous les cas, lorsque la grève est initiée par un groupe de salariés, des conditions sont exigées  :

  • Un PV officialisant la décision de grève signé par au moins 35% des salariés de l’entreprise/établissement désignant le comité de grève comme partie appelant à la grève. Ce comité doit être composé de 3 à 6 membres.

Un texte réglementaire définira le modèle du PV, les informations qu’il doit contenir, ainsi que les modalités de déclaration de la grève.

Quels sont les motifs de la grève, les délais de négociation pour chaque motif et le délai de préavis ?

Dans l’ancienne version, un seul motif de grève était reconnu par la loi : le Cahier revendicatif.

Désormais, dans la proposition actuelle trois motifs de la grève sont définis :

1 – Le dossier revendicatif, qui fait référence à des revendications relatives à un ensemble d’avantages économiques, sociaux ou professionnels liés aux conditions de travail et à l’exercice de la profession.

Dans ce cas, le délai de négociation est comme suit :

Ces délais sont calculés à partir de la date de réception du dossier revendicatif.

2 – Les affaires litigieuses ou sujets à différends : il s’agit des affaires résultant d’un désaccord sur l’interprétation de la réglementation du travail ou le non-respect d’engagements contractuels.

Dans ce cas le délai de négociation est comme suit : 

3 – Les cas d’urgences, qui menacent la santé et la sécurité des salariés dans les entreprises et les institutions. Ici, l’appel à la grève intervient après un délai de 3 jours de la preuve du danger imminent.

Si les négociations n’aboutissent à aucune solution, l’appel à la grève peut être lancé avec un délai de préavis de 7 jours dans le cadre des dossiers revendicatifs et sujets à différends et de 3 jours dans les cas d’urgence.

Information importante, la partie qui appelle à la grève dispose d’un délai d’un an pour l’exécuter sans repasser par la procédure de négociation. 

Préservation des droits des grévistes et du droit au travail

Durant la grève, il est interdit à l’employeur de :

– remplacer les employés grévistes ;

– perturber la grève à travers des agressions, des actes de vengeance ou à travers des incitations, quelles que soient leur nature ;

– prendre des dispositions discriminatoires à l’encontre des grévistes ;

– transférer ou transporter des équipements et autres outils de travail de l’entreprise ou de l’institution ailleurs pour assurer la continuité de l’activité.

En ce qui concerne les employés, il est interdit de :

– perturber la continuité de l’activité en occupant les lieux de travail ;

– empêcher les non-grévistes de poursuivre leur travail ;

– fermer partiellement ou complètement l’accès à la société ou l’institution durant la grève.

Qu’en est-il du service minimum ?

La grève est certes un droit constitutionnel, mais la continuité de l’activité est également primordiale, en particulier dans certains services vitaux.

La garantie de la continuité des services vitaux est obligatoire durant la grève, notamment au niveau des :

– établissements de santé ;

– tribunaux et les professions juridiques ;

– services de l’entité nationale des informations financières ;

– service chargé de la publication du Bulletin officiel ;

– service de météorologie ;

– transport ferroviaire et urbain ;

– sociétés de communication ;

– sociétés de production et de distribution des médicaments et d’oxygène à usage médical ;

– services vétérinaires ;

 – services de santé dans les frontières, les aéroports et les ports ;

– services de production et de distribution de l’eau, de l’électricité et de l’énergie ;

– services d’assainissement liquide et services de collecte des déchets.

Un texte réglementaire fixera le service minimum à garantir dans ces services vitaux, après discussion avec les organisations professionnelles et syndicales les plus représentatives des employés.

Les personnes qui se chargeront de ce service minimum sont choisies à l’issue d’un accord conclu entre les parties.

Dans le cas où ces parties n’arrivent pas à s’accorder sur la liste des personnes qui effectueront le service minimum, celle-ci sera fixée par décision judiciaire du juge des référés.

Qui peut arrêter ou intervenir dans une grève et dans quels cas ?

Deux parties peuvent toutefois intervenir pour suspendre ou arrêter une grève, pour des raisons majeures. Il s’agit de :

1 – Les autorités locales, qui peuvent prendre les mesures nécessaires pour maintenir l’ordre général, protéger les citoyens, les finances et les biens.

2- Le chef de gouvernement, qui peut pour sa part intervenir de manière exceptionnelle pour interdire la grève ou la suspendre pour une durée déterminée en cas de catastrophes naturelles, de crise nationale ou encore de survenue de calamités, qui peuvent impacter l’ordre général et les droits des citoyens. Cette intervention fait l’objet d’une décision justifiée.

Quid des sanctions ?

Dans le texte adopté en commission, les sanctions pénales et pénitentiaires ont laissé place à des sanctions pécuniaires, dont les montants diffèrent selon plusieurs critères.

Loi sur la grève : le commentaire de Younes Sekkouri

À ce stade, le nombre d’articles du projet de loi a été ramené de 49 à 35, « dans la perspective de le revoir à la baisse à l’avenir », a souligné Younes Sekkouri dans une déclaration à la MAP, à l’issue de la réunion de la commission qui a duré 18 heures d’affilée, précisant que « quelque 334 amendements ont été examinés » et que « tous les avis, opposés et favorables, ont été écoutés ».

En outre, le ministre a fait savoir que « le projet de loi sera mis à la disposition des parlementaires dans l’attente de son approbation finale par les deux chambres », estimant qu’il s’agit d' »un texte qui défend le droit à la grève et protège les droits des grévistes, tout en veillant à garder un certain équilibre entre protection du travail et préservation des intérêts des citoyens ».

Avec les amendements introduits, « cette loi organique aura connu un progrès majeur« , loin de l’ancienne formule qui avait fait l’objet d’observations de la part des partenaires sociaux et des institutions constitutionnelles, ainsi que d’amendements proposés par les groupes de l’opposition et de la majorité, a relevé Younes Sekkouri, se félicitant du « sérieux affiché par les groupes parlementaires et l’ensemble des députés qui ont enchaîné 18 heures de travail ».

Dans le même contexte, il a indiqué que plusieurs amendements ont été approuvés à l’unanimité, « particulièrement le premier article qui fait office de préambule et les dispositions relatives aux catégories habilitées à exercer le droit de grève, qui stipulent l’octroi de ce droit à de larges tranches de la société marocaine, contrairement à ce qui était prévu par la version initiale du texte ».

Plusieurs amendements importants ont été introduits, notamment le retrait des dispositions sur l’interdiction des grèves politiques, des grèves de solidarité et des grèves par alternance, en plus de la réduction de la durée des négociations et de celle du préavis.

Selon Younes Sekkouri, « cette loi a veillé à protéger le droit de travail en faisant respecter les droits des travailleurs non grévistes, mais aussi à consolider les droits des grévistes dans la mesure où l’employeur est désormais interdit de licencier un gréviste ou de prendre une mesure discriminatoire à son encontre ».

Autre nouveauté, les professionnels, les travailleurs non salariés et les personnes exerçant des professions particulières se sont vu accorder le droit de grève, a-t-il expliqué, ajoutant que le champ des parties habilitées à lancer l’appel à la grève « a été élargi à toutes les formations syndicales représentées, et pas seulement celles les plus représentées ».

Le ministre a également fait état de la simplification des conditions de « l’assemblée générale », de la suppression de toutes les sanctions pénales incluses dans le texte original, de l’abrogation de la peine privative de liberté, outre un amendement majeur consistant en la suppression de la procédure de réquisition. En ce qui concerne les catégories interdites de grève, Younes Sekkouri a indiqué qu’il a été procédé à la révision d’un certain nombre d’articles pour les mettre en conformité avec la législation internationale dans ce domaine.

Les avocats mettent fin à leur grève

C’est dans un communiqué daté du 11 novembre que l’Association des barreaux du Maroc (ABAM) a proclamé la fin de la grève avec effet immédiat. Cette annonce vient mettre fin à plus d’un mois de protestations, mais aussi à des tensions entre avocats, puisque certains n’adhéraient pas à la forme de contestation choisie par l’ABAM, compte tenu de son impact sur les intérêts des justiciables.

Entre l’ABAM et le ministère de la Justice, les tensions se sont apaisées. La première réunion de la commission conjointe, créée le 9 novembre, s’est tenue deux jours plus tard, comme prévu.

Elle a conduit à la création de commissions thématiques et à l’adoption d’un échéancier de négociations entre le ministère et l’ABAM, dont la mise en œuvre va démarrer le vendredi 15 novembre.

Selon le communiqué de l’Association représentant les robes noires, le secrétaire général du ministère de la Justice a remis les projets de loi au président de l’ABAM qui, à son tour, a remis le dossier de revendications des avocats.

Celui-ci porte sur plusieurs textes. Il s’agit de la loi sur la profession et du Code de procédure civile. Mais aussi sur plusieurs dossiers importants aux yeux des robes noires, notamment l’assistance judiciaire, la mutuelle générale des avocats et le volet fiscal de la profession.

Les éléments à discuter ont été déterminés, outre ceux relatifs à la digitalisation et la modernisation, ainsi que le projet de Code de procédure pénale.

À la suite de cette réunion, le bureau de l’association a décidé de mettre fin à la grève générale qui avait démarré le 1er novembre et conduit à de vives tensions au sein de la profession, puisque la décision elle-même, mais aussi sa prolongation dans le temps, ne faisaient pas l’unanimité dans les rangs des avocats.

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Grève des avocats : au tribunal de commerce de Casablanca, tensions entre grévistes et frondeurs

Agitation au tribunal de commerce de Casablanca. Pris à partie par leurs confrères grévistes, des avocats ont été expulsés ce lundi 11 novembre des salles d’audience où ils tentaient de reprendre leurs activités, suspendues depuis début novembre sur ordre du barreau de la capitale économique.

Ces incidents, qui ont eu lieu ce matin vers 9 h, ont été documentés dans des vidéos prises sur place, parvenues à Médias24. On y constate des échanges tendus entre, d’une part, des individus en habits civils, visiblement des « piquets de grève », et des avocats en robe noire, empêchés d’assister aux audiences dans la juridiction commerciale. Parfois à coups d’invectives.

« C’est honteux de transgresser la décision du bâtonnier », entend-on un des grévistes dire à l’endroit de son confrère. « Tu vas voir ce que je vais te faire […] Je te filme avec l’autorisation d’un membre du conseil de l’ordre », ajoute le même avocat qui s’exprimait tout en filmant la scène.

À l’heure où nous rédigions ces lignes, certains avocats ont pu, au forceps, assister aux audiences tandis que d’autres se sont vu entraver l’accès par les grévistes. « C’est une atteinte à la liberté du travail, un droit protégé par la Constitution », déplore, sous couvert d’anonymat, un avocat présent sur place.

Au barreau de Casablanca, les incidents de ce lundi ne surprennent personne. Ils étaient même prévus. En attestent des posts Facebook publiés la veille dans des groupes d’avocats. Les défenseurs de la grève y appelaient à se joindre à des groupes dénommés « comités des tribunaux », pour interdire l’accès aux frondeurs.

Ces évènements surviennent alors que des discussions sont en cours entre les instances de la profession et le ministère de la Justice en vue d’un apaisement des tensions. C’est l’Association des barreaux des avocats qui avait initié, fin octobre, l’appel à la suspension des activités en contestation aux réformes légales amorcées par le gouvernement, notamment le Code de procédure civile.

Sur le terrain, cette mesure est mise en œuvre par les conseils de l’ordre et leurs bâtonniers qui ont émis des consignes de grève par communiqués, en brandissant, souvent, l’épouvantail de sanctions disciplinaires à l’encontre des avocats frondeurs.

Un formalisme en trompe-l’œil qui soulève des questions de légalité. « On parle d’une décision du bâtonnier alors qu’il n’y a jamais eu décision. L’appel à la grève a fait l’objet d’un simple communiqué », proteste cet avocat inscrit au barreau de Casablanca. « S’il y avait eu une décision, le ministère public se serait autosaisi pour demander l’annulation de la grève, car elle est illégale », ajoute notre interlocuteur.

Ce propos est appuyé par l’article 39 de la loi régissant la profession. Ce texte interdit aux avocats « de se concerter, en aucune circonstance, sur une cessation totale de l’assistance nécessaire à la justice, que ce soit pour les audiences ou pour les procédures ».

https://medias24.com/2024/11/06/la-greve-des-avocats-une-decision-qui-ne-fait-pas-lunanimite/