Autoproduction électrique : le groupe OCP fait le grand pas à Ouled Fares (province de Khouribga)

Après avoir sécurisé l’approvisionnement en eau de Khouribga grâce à un pipeline alimenté par de l’eau dessalée, permettant l’utilisation de 100 % d’eau non conventionnelle, c’est au tour du segment énergétique de faire passer le site de Khouribga à 100 % d’énergies renouvelables.

Dans la région Ouled Fares, près de Khouribga, le groupe OCP a inauguré, ce lundi 1ᵉʳ décembre 2025, la mise en exploitation de la première phase de son programme d’investissement dans l’énergie verte.

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Avec un investissement de près de 1,8 milliard de dirhams, la première phase du programme solaire, d’une capacité totale de 202 MWc, inclut notamment la centrale Ouled Fares (105 MWc), qui représente la plus grande capacité solaire photovoltaïque installée au Maroc, ainsi que celles de Benguérir (67 MWc) et de Foum Tizi (30 MWc).

Des retombées directes et tangibles, dès la première phase

Sur le plan concret, la mise en exploitation de cette première phase permettra d’éviter l’émission de 307.000 tonnes de CO₂ par an, en remplaçant l’utilisation d’électricité issue d’énergies fossiles, dont 205.000 tonnes pour le seul site de Khouribga.

 » Ce programme solaire vient de notre ambition de décarbonation, puisque nous avons un objectif de décarbonation totale à l’horizon 2040, avec un objectif intermédiaire visant à atteindre la décarbonation de nos émissions directes et de l’énergie électrique que nous consommons d’ici 2030« , a déclaré Hanane Mourchid, membre du Strategic Committee et responsable développement durable et innovation du groupe OCP.

D’ici 2027, le groupe OCP vise à satisfaire 100 % de ses besoins en électricité grâce aux énergies renouvelables. Un objectif supplémentaire de 2 GW de capacité sera poursuivi après 2027, parallèlement à l’augmentation de sa capacité de production, le tout étant accompagné d’au moins 2 GWh de stockage.

Conçus par OCP Green Energy pour une durée de vie d’au moins 30 ans, les trois projets lancés et les projets futurs réhabilitent efficacement d’anciens sites miniers. En mobilisant ce type de foncier, ils garantissent une monétisation à long terme de ces sites miniers, permettant ainsi de les rentabiliser efficacement et en même temps une remise en état des terres exploitées auparavant.

« Dans une approche intégrée, nous avons essayé de faire émerger, dans cette première phase, des écosystèmes locaux. Nous avons opté pour une structuration qui nous a permis d’impliquer au maximum les acteurs locaux et de donner la chance à ces capacités d’émerger. Cela nous a également permis d’atteindre une compétitivité qui fait qu’aujourd’hui nous avons accès à une énergie propre à un niveau substantiellement plus intéressant que le coût global du marché », a précisé Omar Kadir, CEO OCP Green Energy.

Pour l’intégration locale, ce projet a permis d’atteindre un taux de 60 % dans l’installation de 371.493 panneaux photovoltaïques. De plus, la phase de construction a généré 1 600 emplois directs, dont 69 % provenaient de la main-d’œuvre locale.

S’ajoutent à cela les technologies déployées localement, qui ont été intégrées et qui émanent de la R&D du groupe OCP dans le domaine des technologies vertes, menées par lui-même, ses filiales dont l’UM6P, via son Green Energy Park et InnovX. Cette R&D a permis, par exemple, le développement d’un Digital Twin pour la gestion à distance des centrales photovoltaïques, des essais de conformité des panneaux solaires et le rabotage de nettoyage des panneaux solaires sans eau…

Stockage par batteries (BESS) : OCP concrétise le premier projet au niveau national

Dans un premier temps, l’électricité produite sera destinée aux activités industrielles du groupe, incluant les activités minière et chimique, ainsi qu’à l’énergie demandée par les stations de dessalement du groupe et à d’autres off-takers industriels s’installant dans les parcs industriels développés par le groupe.

Afin de gérer l’intermittence, les projets d’énergies renouvelables destinés à une industrie stratégique comme le groupe OCP ne peuvent se réaliser sans un investissement dans le stockage, qui permet de conserver l’énergie pour la fournir lorsque les conditions climatiques ne sont pas favorables.

La question du stockage est ce qui a différé la décision d’investissement du groupe dans de grandes capacités renouvelables. En effet, le prix de cette technologie était, il y a quelques années, cinq fois plus élevé qu’aujourd’hui, ce qui allongeait considérablement le temps de rentabilité de ces projets.

En parallèle de la mise en service de ses trois centrales solaires, l’OCP s’engage dans une étape pionnière en introduisant au Maroc le premier système de stockage d’énergie par batteries (BESS) à grande échelle. Matérialisé par une première commande de batteries Lithium Fer Phosphate (LFP) pour le stockage, ce dispositif affichera une capacité de 25 MW/125 MWh (garantissant cinq heures d’autonomie) et devrait être mis en service en 2026.

« Grâce à ce levier de flexibilité, nous réduisons significativement l’intermittence des sources d’énergies renouvelables, assurons une meilleure adéquation avec le profil de demande, renforçons la stabilité du réseau et garantissons ainsi une meilleure intégration au système électrique national », a souligné Omar Kadir.

Dans le cadre de son programme d’investissement vert de 13 milliards de dollars (2023-2027), le groupe OCP a récemment concrétisé plusieurs étapes clés à portée stratégique et durable. Ces réalisations incluent la mise en service et l’extension des capacités de sa station de dessalement de Jorf Lasfar, la réalisation du premier pipeline destiné à alimenter une ville interne en eau dessalée, et enfin cette étape de démarrage de la première phase de son programme d’énergie renouvelable.

Parallèlement, dans un contexte concurrentiel de plus en plus complexe, le groupe poursuit un objectif stratégique visant à augmenter sa capacité de production dès l’année prochaine par le démarrage de la première phase du programme stratégique Mzinda-Meskala (SP2M) alors que d’autres projets, notamment de durabilité, prennent également forme.

Le chiffre d’affaires d’OCP en hausse de 22% à fin septembre 2025

À fin septembre 2025, le chiffre d’affaires d’OCP s’établit à 84,364 milliards de dirhams, en nette progression par rapport aux 69,046 milliards de dirhams réalisés un an plus tôt. Cette hausse s’explique notamment par la croissance des volumes d’exportation et la progression de la demande d’engrais, comme indiqué dans le communiqué.

Dans la même dynamique, l’EBITDA atteint 31 milliards de dirhams, soit une hausse de 15% par rapport aux 27 milliards de dirhams enregistrés à la même période de 2024.

Or, la progression de l’EBITDA s’accompagne d’une amélioration notable de la rentabilité opérationnelle : la marge EBITDA s’élève à 37%, en augmentation par rapport aux 39% de l’an dernier grâce à l’optimisation opérationnelle du Groupe.

Par ailleurs, les dépenses d’investissement s’élèvent à 25 milliards de dirhams, en hausse de 16% comparé aux 21 milliards de dirhams de 2024. Cette accélération reflète la poursuite des projets industriels et logistiques stratégiques d’OCP.

Une performance portée par l’excellence opérationnelle

Selon le communiqué, la performance du troisième trimestre est venue prolonger la tendance solide observée sur les neuf premiers mois de 2025.

En effet, OCP a bénéficié d’une plateforme industrielle flexible, lui permettant de s’adapter rapidement aux conditions de marché et d’optimiser les volumes disponibles en fonction des besoins régionaux.

Le Groupe souligne également que ses investissements soutenus dans ses capacités industrielles, minières et logistiques ont renforcé ses avantages compétitifs et contribué à l’amélioration de son efficacité. Grâce à cela, OCP a pu répondre à une demande internationale en hausse, notamment en Inde, en Asie (Bangladesh) et en Afrique.

Une demande mondiale dynamique qui soutient les volumes

Les indices mondiaux des prix des engrais ont affiché une forte dynamique haussière durant le trimestre, avant une modération à partir de mi-août.
Cependant, la demande de phosphates est restée supérieure aux niveaux de 2024, portée par la croissance des besoins dans plusieurs grandes régions importatrices.

Dans ce contexte, OCP a enregistré une forte amélioration de ses volumes, notamment grâce à sa capacité à rediriger sa production vers les régions à forte demande.

Évolution des volumes par produit

Le communiqué précise que :

Le Groupe confirme que la flexibilité industrielle lui a permis d’ajuster ses volumes efficacement d’un trimestre à l’autre.

Perspectives

OCP anticipe une poursuite de la dynamique observée sur le troisième trimestre, soutenue par la solidité de la demande mondiale et par l’amélioration de ses coûts opérationnels. Le Groupe estime également que la montée en puissance continue de ses investissements industriels contribuera à renforcer encore son avantage compétitif sur les marchés internationaux.

Mzinda, futur visage de l’axe stratégique OCP prépare un nouveau plan d’aménagement

L’Agence urbaine de Safi a lancé, ce jeudi 23 octobre 2025, un appel d’offres pour l’élaboration d’un plan d’aménagement du centre de Mzinda et de trois zones industrielles avoisinant le nouveau phosphate hub du groupe OCP.

Situé dans la province de Youssoufia, le Phosphate Hub de Mzinda est au cœur du Programme stratégique Mzinda-Meskala (SP2M) du Groupe OCP. En amont du nouveau corridor OCP M’zinda-Safi, ce site de 460 hectares constitue une pièce maîtresse pour l’augmentation de la production du Groupe dès l’année 2026.

Maquette 3D du phosphate hub de Mzinda

Actuellement, le centre de Mzinda se caractérise principalement par une structure urbaine éparpillée, un tissu bâti précaire, une population rurale impactée par les effets de sécheresse, et enfin des déficits notables en équipements et infrastructures

Aire du nouveau plan d’aménagement de Mzinda. Il couvre le centre ainsi que les trois zones industrielles avoisinant les mines des phosphates et le nouveau complexe chimique du groupe OCP.

Outre les infrastructures de production de phosphates, ce site stratégique sera accompagné par un nouveau parc industriel (Mzinda Green Park) destiné à établir un écosystème industriel des partenaires OCP pour la valorisation des produits phosphatés. Il sera également dédié à la batterie et sera intégré à Mzinda par des activités de valorisation en aval (downstream).

Le futur document d’urbanisme s’articulera autour de la nouvelle stratégie OCP qui positionne M’zinda comme nouveau centre névralgique de ses opérations. Il devra identifier les enjeux économiques actuels afin de maximiser les retombées sur le territoire et de générer un maximum d’opportunités économiques et sociales pour la province.

Pour cela, le nouveau projet d’urbanisme va concevoir une mise à niveau urbaine globale, durable et intégrée, couvrant le centre de M’zinda ainsi que les trois zones industrielles situées aux abords immédiats du site OCP. Également, il devra produire une offre de logements en adéquation avec les futures évolutions démographiques, hiérarchiser la trame viaire, en intégrant les douars pour garantir une circulation fluide et une connexion optimale au réseau routier existant et protéger et préserver des terres agricoles du secteur.

Afin d’assurer son application immédiate et son homogénéité, les nouvelles actions prévues par ce nouveau plan devront être concrétisées, par ordre de priorité, tout en identifiant les moyens financiers et humains à mettre en œuvre, et en établissant un échéancier de réalisation.

Prévu pour être opérationnel en 2026, le Phosphate Hub de Mzinda atteindra dans un premier temps une production initiale d’une capacité de 4,5 millions de tonnes d’engrais (notamment du TSP et du TSP+ : composés d’engrais à base de phosphate et exempts d’azote). Cette capacité est destinée à doubler pour atteindre 9 millions de tonnes à l’horizon 2028.

Le site de Mzinda assurera le traitement des phosphates extraits des gisements de Gantour, dont ceux de la nouvelle mine de Louta. Ces phosphates seront ensuite acheminés par pipelines vers une autre plateforme de production d’engrais à Safi. Cette dernière traitera le phosphate (sous forme de TCP et de TCP+) provenant de Mzinda avant qu’il ne soit prêt pour l’exportation via le nouveau port de Safi.

Le complexe de Mzinda se distinguera par son engagement environnemental puisqu’il est conçu pour ne générer aucun rejet minier, tous les résidus étant retraités afin de maximiser la production de sous-produits.

De plus, ce site abritera un centre d’opérations à distance intégré (IROC) de nouvelle génération, permettant de surveiller et de contrôler l’ensemble des opérations, de l’extraction de la roche à la valorisation.

Conscient de son engagement social, le groupe OCP a permis la création de 4.000 emplois directs, avec un taux d’intégration locale de 60 %, lors de la construction du site de Mzinda. Sa mise en service devrait générer d’autres opportunités socio-économiques, notamment grâce aux trois sites industriels qui s’implanteront autour du complexe de Mzinda relevant du ressort territorial de la province de Youssoufia.

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https://medias24.com/2025/04/13/ocp-etat-des-lieux-du-site-de-mzinda/

À Benguérir, UM6P et OCP mettent l’accent sur la prochaine génération d’engrais

Avec une population mondiale projetée à plus de 9,7 milliards d’habitants, les défis s’intensifient : terres arables en diminution, raréfaction des ressources en eau et impacts croissants du changement climatique, susceptible de réduire les rendements agricoles de 10% à 25% dans certaines régions.

L’innovation n’est plus une option

« Dans cette configuration, l’innovation n’est plus une option, elle est une nécessité. Ici, à l’UM6P, nous sommes convaincus que les réponses aux défis mondiaux passent par la science, la coopération et l’audace », a déclaré Hicham El Habti, président de l’UM6P,

Ce dernier intervenait dans le cadre de la 37ᵉ conférence technique de l’Association arabe des engrais (Arab Fertilizers Association – AFA) qui s’est ouverte ce mercredi 16 septembre 2025 au campus Benguérir de l’université polytechnique Mohammed VI (UM6P), sous le thème « Technologies émergentes dans l’industrie des engrais : équilibre entre productivité et gestion responsable de l’environnement ».

Pendant trois jours, plus de 600 participants issus du monde arabe et d’ailleurs exploreront les moyens de développer des solutions innovantes, des stratégies efficaces ainsi que les moyens offerts par la R&D pour parvenir aux objectifs de durabilité. Cette conférence technique ambitionne ainsi de poser les bonnes bases d’une agriculture plus productive et respectueuse de l’environnement.

Hicham El Habti : « Avec OCP, nous travaillons sur la prochaine génération d’engrais »

Hicham El Habti, président de l’UM6P.

Pour Hicham El Habti, l’objectif derrière l’innovation est double : répondre à la demande alimentaire d’une population en croissance rapide tout en réduisant l’empreinte environnementale de l’agriculture, notamment les émissions de gaz à effet de serre liées à l’utilisation d’engrais azotés.

« Avec OCP, engagé vers la neutralité carbone en 2040, nous travaillons sur la prochaine génération d’engrais : plus intelligents, plus économes en ressources, plus respectueux des sols et de l’eau. Les programmes sur l’hydrogène vert – via la plateforme Green H2A développée avec OCP et IRESEN –, sur la capture du carbone, ou encore sur l’intelligence artificielle appliquée à l’optimisation industrielle, traduisent déjà cette ambition », a précisé El Habti.

Youssef El Bari : « Les défis à venir sont globaux et exigent l’effort collectif »

De son côté, le groupe OCP, parrain de cet événement, ambitionne de renforcer sa position mondiale dans la filière des engrais. À travers sa nouvelle filiale OCP Nutricrops, le groupe a récemment dépassé une capacité de production de 5 millions de tonnes d’engrais de type TSP à Jorf Lasfar et prévoit d’atteindre 7 millions de tonnes d’ici la fin de l’année 2025. Face aux défis mondiaux qui affectent, et pourraient davantage perturber, les chaînes d’approvisionnement, le groupe OCP mise sur l’importance de la coopération multilatérale pour surmonter ces obstacles.

« Les défis à venir sont globaux et exigent l’effort collectif des chercheurs, des producteurs, des entreprises et des institutions. Nous sommes convaincus que l’avenir de notre secteur, face au double impératif de sécurité alimentaire et de durabilité, repose sur la coopération, l’innovation et le partage des connaissances », a expliqué Youssef El Bari, CEO d’OCP Nutricrops.

Si le Maroc dispose de vastes réserves de phosphates, d’autres pays possèdent d’importantes réserves de gaz naturel, tandis que certains bénéficient de gisements plus conséquents de potasse. L’industrie des engrais met en lumière des opportunités économiques encore inexploitées, en raison d’un manque d’une vraie coopération économique entre les pays arabes.

« Pour maintenir le rôle pionnier de l’industrie arabe des engrais, nos entreprises doivent prendre l’initiative des transformations rapides qui remodèlent l’agriculture et les secteurs connexes », a souligné Youssef El Bari.

« Au sein du groupe OCP, nous reconnaissons l’étroite interdépendance du changement climatique, de la sécurité alimentaire, de la numérisation et des perturbations des chaînes d’approvisionnement. Nous reconnaissons également l’importance cruciale des ressources naturelles. En relevant ces défis interconnectés grâce à une approche holistique, nous cherchons à renforcer la résilience et la durabilité, et à bâtir un avenir prospère au service de toutes les parties prenantes », a précisé Youssef El Bari.

L’importance stratégique de la coopération arabe pour l’industrie des engrais

Dans le monde arabe, et pas uniquement au Maroc, les principaux défis de l’industrie des engrais résident dans la disponibilité de l’énergie, notamment le gaz naturel, dont l’approvisionnement devient de plus en plus complexe. Cette situation impacte directement le coût des engrais et, par conséquent, son accessibilité sur le marché.

« Nous faisons face à de lourdes responsabilités qui exigent de renforcer les investissements dans ce secteur afin d’accroître les capacités de production, de moderniser les usines, et de diversifier les produits pour inclure des engrais traditionnels, intelligents et biologiques, en adéquation avec les orientations environnementales mondiales », a déclaré Saâd Abou El Maati, secrétaire général de l’APA.

À partir de ce point, la résilience et la capacité d’adaptation deviennent des impératifs stratégiques et indispensables. La consolidation des partenariats entre les entreprises, les institutions et les organisations mondiales et régionales permet quant à elle non seulement de partager le savoir-faire mais également d’ouvrir la voie à de nouveaux investissements.

« Nous avons besoin de législations claires pour encadrer l’industrie et le commerce des engrais, des politiques de soutien visant à promouvoir une utilisation optimale des engrais par les agriculteurs, ainsi que d’une vision intégrée garantissant la durabilité des ressources naturelles tout en réduisant le gaspillage, les émissions et la pollution », a ajouté Saâd Abou El Maati.

Pour mémoire, en 2023, l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) et le Secrétariat général de l’Association arabe des engrais (AFA) ont signé un accord de coopération au Caire pour développer des programmes de soutien académique pour les entreprises arabes. Cet événement marque une étape importante dans le renforcement des liens entre le monde académique et l’industrie à l’échelle régionale.

Maintenance prédictive, IA, hydrogène : ce que l’InnovateX Day révèle du futur industriel d’OCP

35 startups sélectionnées par le groupe OCP ont présenté leurs solutions industrielles, en lien avec les besoins et défis du groupe, lors de la première édition d’InnovateX Day ce mardi 29 avril 2025.

OCP a adopté une nouvelle organisation en six Strategic Business Units (SBU) pour booster sa transformation stratégique dans un marché où la concurrence s’intensifie et les technologies évoluent rapidement : Mining, Rock solution, Specialty Products & Solutions, Nutricrops, UM6P, SP2M et Manufacturing. Chacun est autonome, mais avec une approche de responsabilisation complète sur ses gains et pertes.

Portée par la plateforme ManufacturiX, relevant de la Strategic Business Unit Manufacturing du groupe OCP, InnovateX s’inscrit dans une démarche à long terme visant à rapprocher les besoins industriels du groupe des solutions technologiques les plus avancées.

« Mettre 5 millions de dollars dans une startup qui va peut-être faire quelque chose est en fait beaucoup moins cher que d’essayer de réduire les coûts, ou d’augmenter les marges opérationnelles d’une entreprise mondiale », a expliqué Abdellah Cherkaoui en marge d’un panel sur l’avenir du manufacturing en Afrique dans le cadre de l’InnovateX Day.

Abdellah Cherkaoui est l’exemple de l’entrepreneur marocain qui a auparavant développé deux startups jusqu’au stade de licorne, dont Volta, achetée par Shell après une introduction en bourse de 1,4 milliard de dollars. Il développe désormais une startup, Aqualith visant à réduire les coûts des batteries de véhicules électriques.

Les startups sélectionnées par ManufacturiX parmi 2.500 candidatures présentent un stade de maturité technologique entre 7 et 9, qui signifie qu’elles sont à un stade très avancé garantissant des solutions technologiques plus concrètes et capables de répondre efficacement aux besoins du groupe dans des domaines connexes à la chaine (eau et énergie, digitalisation, maintenance industrielle, performance des unités de production, santé et sécurité au travail, développement durable, optimisation logistique et maritime).

OCP ambitionne de dominer le futur de la chaîne de production des phosphates

Afin de soutenir son objectif d’accroître sa production et d’accélérer sa croissance, OCP a actuellement besoin de solutions technologiques adaptées aux enjeux futurs de l’industrie. Avec l’émergence de l’intelligence artificielle et de la robotique, les solutions envisagées devraient permettre d’améliorer sa performance industrielle et la durabilité de ses unités de production, d’optimiser le rendement de ses opérations, de réduire ses coûts et de maîtriser la qualité.

D’autre part, OCP veut également s’attaquer aux défis actuels en misant sur les nouvelles technologies pour trouver des alternatives de matières premières et en concevant des unités de production modulaires pour une flexibilité accrue et la valorisation des coproduits. L’automatisation des activités à haut risque est essentielle, comme la mise en place de systèmes d’alerte précoce pour anticiper les incidents industriels. La gestion durable des déchets, qu’ils soient liquides ou solides (métalliques et non métalliques), ainsi que l’élimination des déchets gazeux représentent un axe majeur. Enfin, une visibilité accrue sur la chaîne logistique par l’IA et la blockchain est un impératif pour la compétitivité du groupe.

Lors de son intervention au cours de cette journée, Abdenour Jbili, CEO d’OCP Maintenance Solutions et de la Manufacturix Platform, a montré comment l’innovation peut transformer un rêve en réalité : « En 2010, avec un petit groupe de collègues, nous avions imaginé une nouvelle façon de faire la maintenance industrielle. Nous voulions utiliser les données, les capteurs, les outils numériques pour prédire les pannes des machines avant qu’elles ne surviennent. Mais à l’époque, la digitalisation était un mot peu familier, presque menaçant pour le monde industriel. Mais nous y croyions. Et plus que cela, nous avions un but. Nous voulions transformer la maintenance en quelque chose de valorisant et c’est devenu le premier pilote pour quelque chose de plus grand, la première solution de maintenance prédictive à l’OCP ».

Pour les startups, un partenariat avec un groupe tel qu’OCP, leader mondial dans la production de phosphates, représente une opportunité stratégique. Au-delà du soutien financier, cette collaboration offre un levier de croissance significatif, avec des retombées potentiellement généralisables à l’ensemble du secteur minier.

Des solutions de pointe issues des 35 startups sélectionnées

Durant les sessions de pitch, les startups réparties sur les sept thèmes de projets ont présenté des solutions très avancées et déjà testées sur le terrain. L’enjeu crucial discuté est comment ces solutions peuvent être adaptées efficacement aux demandes industrielles du groupe.

Pour illustrer la maturité des solutions sélectionnées, prenons l’exemple de la startup Zededa, fondée par Said Ouissal. Spécialisée dans la digitalisation, elle propose des solutions permettant d’automatiser et de coordonner des tâches complexes entre différents systèmes. Depuis sa création, Zededa a levé plus de 127 millions de dollars et compte parmi ses clients des géants du secteur énergétique, dont 12 entreprises du Global Fortune 500.

Dans le domaine de l’eau, une autre startup a présenté une solution innovante de dessalement thermique sans rejets liquide et une alimentation 100% en énergie renouvelable. Du côté des énergies renouvelables, où l’intermittence reste un défi, une startup américaine propose un système de stockage d’énergie par batterie intégré à des micro-réseaux, combinant diverses sources comme le solaire, l’éolien, les groupes électrogènes et même l’hydrogène.

Enfin, dans le secteur de la durabilité, une autre entreprise a exposé un système de dépollution des gaz d’échappement, capable d’éliminer le méthane et autres émissions nocives. De même, une startup a présenté ses modèles d’électrolyseurs pour la production d’hydrogène, avec des contrats de réservation atteignant 600 MW de capacité, dont 100 MW en partenariat avec Shell.

La première édition de l’Innovate X Day ne s’est pas achevée avec la clôture de l’événement. En effet, un processus de sélection a débuté mercredi 30 avril, réunissant des représentants d’OCP et d’autres experts internationaux. Il se conclura dans deux semaines, lorsque les startups sélectionnées entameront une nouvelle étape de partenariat avec le groupe, avec accompagnement et financement.

Parmi les projets qui permettront au groupe de se projeter dans le futur, citons le nouveau programme stratégique Mzinda Meskala (SP2M) qui permettra de concrétiser la vision future d’OCP visant à atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2040, avec des premiers objectifs atteints dès 2030. La première pièce du puzzle est celle du nouveau Phosphate Hub Mzinda, lancé en 2024, et qui permettra dès 2026 une production additionnelle de 4,5 millions de tonnes d’engrais et 9 millions de tonnes dès 2029, en plus de 12 millions de tonnes de roche, de 3 millions de tonnes d’acide phosphorique.

En plus des nouvelles technologies intégrées, le site Mzinda abritera un centre d’opérations à distance intégré (IROC) de nouvelle génération. Il permettra de surveiller et de contrôler l’ensemble des opérations de la roche à la valorisation, une concrétisation pionnière de l’industrie minière 5.0 au Maroc.

Innovation industrielle durable : le groupe OCP lance la 1re édition de l’InnovateX Day

« Être un catalyseur de l’innovation », c’est l’ambition du groupe OCP pour propulser un environnement propice au développement des startups. Une première édition de l’InnovateX Day a été organisée la journée du mardi 29 avril 2025 au campus Benguerir de l’UM6P avec la participation de 500 participants venus du monde industriel, de startups, de centres de recherches, dans le but d’initier des solutions concrètes pour aider les industriels à se décarboner d’une manière efficiente et rapide et économe.

Le mot d’ordre de cette journée est le « rêve marocain » : l’ambition du groupe OCP est de propulser l’innovation au plus haut niveau.

L’objectif ? Pourquoi pas une Silicon Valley à la marocaine, véritable incubateur de startups, source de valeur économique et moteur de développement du Maroc de demain. Rien n’est impossible, l’audace marocaine n’a pas de limites, à condition de conjuguer travail acharné et environnement propice à l’innovation.

Cette nouvelle initiative, portée par la plateforme ManufacturiX de la Strategic Business Unit Manufacturing du groupe OCP, s’inscrit dans une démarche à long terme visant à rapprocher concrètement les besoins industriels du groupe avec des solutions technologiques les plus avancées.

« Nous avons invité plus de 500 participants qui sont venus découvrir les 35 solutions innovantes que nous avons sélectionnées parmi plus de 2.500 candidatures reçues et de plus de 25 pays », a précisé Abdenour Jbili, CEO OCP Maintenance Solution et de la Manufacturix Platform.

Suite à un appel à projets technologiques lancé par le groupe OCP en décembre 2024, cet événement a sélectionné les meilleures startups capables de mettre en lumière des solutions à un stade de maturité avancé.

« Ce type d’événements est très capital parce qu’il permet de connecter ces porteurs d’idées avec les industriels pour pouvoir accélérer le déploiement de ces solutions et avoir assez de feedback pour les adapter à ces besoins des opérationnels », a ajouté Abdenour Jbili.

Les thématiques de cet événement s’alignent sur les priorités du groupe OCP tout au long de sa chaîne de valeur du phosphate, notamment : la gestion responsable de l’eau et de l’énergie, la digitalisation, la maintenance industrielle, la performance des unités de production, la santé et la sécurité au travail, le développement durable, ainsi que l’optimisation logistique et maritime.

« On compte rendre cet événement annuel, systématique, pour pouvoir développer le network, l’implémenter à d’autres sources d’innovation, et développer ce network pour porter ensemble, c’est-à-dire exploitation et exploration, les challenges de demain », a conclu M. Jbili.

En marge de cet événement, des sessions de pitch ont été organisées autour de thématiques d’intérêt pour le groupe OCP. Cette nouvelle initiative offre une opportunité précieuse de tisser des partenariats avec les industriels présents et d’attirer des investisseurs potentiels, tout en favorisant le partage de retours d’expérience enrichissants, en faveur des startups.

Parmi les experts présents, Abdellah Cherkaoui, entrepreneur marocain de la Silicon Valley spécialisé dans la décarbonisation, cofondateur et directeur commercial d’AquaLith Advanced Materials. Cette startup ambitionne de réduire les coûts des batteries de véhicules électriques. Fort de son expérience dans la création de Volta Charging et de ChargePoint en Silicon Valley, deux entreprises ayant atteint le statut de licorne après leur introduction en bourse (Volta a ensuite été acquise par Shell), il incarne un modèle inspirant pour les startups marocaines.

De son côté, Martin Duval, cofondateur de Bluenove, société de conseil et de technologies en open innovation, intelligence collective et open leadership, est en faveur des startups, l’open innovation est un concept qui a évolué durant les vingt dernières années et qui permet l’accès au financement, la réduction des risques et  la recherche des bons partenaires…

Rappelons qu’OCP a entrepris d’augmenter sa production d’engrais tout en misant sur les énergies renouvelables. Ce plan ambitieux, doté d’un budget d’environ 13 milliards de dollars sur la période 2023-2027, a permis, depuis début 2025, au groupe d’utiliser 100 % d’eau non conventionnelle (garantissant une autonomie complète, avec une capacité de dessalement de 560 millions de m³ par an d’ici 2027), d’atteindre 100 % d’énergie propre d’ici 2027 et de parvenir à la neutralité carbone totale d’ici 2040, tout en augmentant la production d’engrais verts.

OCP : État des lieux du site de Mzinda

L’avancement du projet Phosphate Hub de Mzinda a été présenté aux médias nationaux ce vendredi 11 avril 2025, lors d’une visite organisée sur les différents chantiers de ce nouveau complexe. Au cœur du programme stratégique Mzinda Meskala (SP2M), ce site de 460 hectares permettra au groupe OCP de dynamiser sa production d’engrais grâce à un nouveau modèle alliant performance industrielle, technologies de pointe et engagement durable. Il incarne pleinement la vision du groupe OCP, qui englobe la sécurité alimentaire mondiale et l’engagement environnemental.

Débutés en juin 2024, les travaux de construction de ce site avancent à un rythme satisfaisant. Sur le terrain, les travaux ont atteint environ 15 à 24 % d’avancement. D’ici juin prochain au plus tard, les équipements du site de Mzinda seront livrés, alors que les travaux de génie civil seront déjà bien avancés.

L’objectif, dans un premier temps, est une production initiale d’une capacité de 4,5 millions de tonnes d’engrais en 2026 (notamment du TSP et du TSP+ : composant d’engrais à base de phosphate et exempt d’azote), avant de doubler cette capacité pour atteindre 9 millions de tonnes à l’horizon 2028.

Durant cette phase de construction, 4.000 emplois ont été créés par ces chantiers avec une intégration locale de 60 %. De plus, 40 contractants nationaux ont été mobilisés pour cette phase de construction, générant un impact global sur l’emploi estimé entre 14.000 et 20.000 postes.

Le SP2M, un projet aux multiples dimensions (green, innovant et transformateur socio-économique)

Amine Debbarh, Head of Sales and Market Development de l’Europe de l’Ouest du groupe OCP, a souligné l’importance du projet stratégique Mzinda Meskala (SP2M), qui marque une étape importante dans le développement d’OCP Nutricrops : « Ce projet nous permet de répondre à une demande mondiale croissante en engrais adaptés, d’accompagner plus efficacement les agriculteurs avec des produits et des solutions durables. Avec la production de TSP et TSP+, il permet aussi une gestion efficiente des nutriments, fondée sur les principes des 4R (le bon engrais, au bon moment, à la bonne dose, au bon endroit). Il permet aussi une gestion séparée des nutriments, notamment du phosphore et de l’azote, afin d’améliorer l’efficacité de leur absorption par la plante en les fournissant précisément lorsqu’elle en a besoin, selon son stade de développement ».

Maquette 3D du phosphate hub de Mzinda

Le projet de phosphate Hub de Mzinda s’inscrit dans le cadre du programme stratégique (SP2M) relancé en 2024. Il sera dédié à la nouvelle filière OCP Nutricrops et se déploiera dans deux nouvelles zones d’implantation : Mzinda-Safi et Meskala-Essaouira.

Il s’intègre dans le corridor Mzinda-Safi et ambitionne d’atteindre, d’ici 2028, une capacité de production annuelle de 12 millions de tonnes de roche, de 3 millions de tonnes d’acide phosphorique et de 9 millions de tonnes d’engrais.

Ahmed Mssali, Directeur du programme manufacturing Mzinda Meskala, a expliqué que le programme SP2M permettra d’augmenter la capacité de production des engrais du groupe OCP, avec une production équivalente à 9 millions de tonnes à l’horizon 2028 en deux phases au niveau du complexe chimique Mzinda, qui a pour objectif de produire l’équivalent de 3 millions de tonnes de P2​O5 avec l’acide phosphorique qui sera produit sur site avant d’être transporté vers le Phosphate Hub de Safi (SHP) pour être granulé avant d’être exporté vers le nouveau port de Safi.

Concernant le corridor Meskala-Essaouira (2ᵉ étape du projet SP2M), il atteindra une capacité annuelle, à l’horizon 2030, 20 millions de tonnes de roche, 1 million de tonnes d’acide phosphorique et 2 millions de tonnes d’engrais.

L’objectif est de consolider le leadership marocain sur toute la chaîne de valeur des phosphates, de l’extraction à la production d’engrais, en tirant parti de l’industrie minière 5.0. Engagé dans une démarche responsable, OCP y intègre aussi son ambition climatique, avec un objectif clair : la neutralité carbone à l’horizon 2040 par ses projets de déploiement d’énergies renouvelables (parcs solaires et éoliens), la production d’un maximum de sous-produits verts, la mise en œuvre de solutions de mobilisation des eaux non conventionnelles (dessalement de l’eau de mer, STEP…), la production d’ammoniac vert…

Le Corridor Mzinda Safi : un nouveau modèle d’intégration technologique durable

Le nouveau site de Mzinda sera au cœur des futures opérations industrielles et minières de la région. Il comprendra principalement une usine de fabrication d’acide phosphorique, une usine de production d’acide sulfurique (trois unités sulfurique d’une capacité de 5000 tonnes/jour et qui serait la plus grande du groupe) ainsi qu’une capacité de fusion de soufre.

Le complexe intégrera également une laverie des phosphates et une unité de dessalement. Cette dernière recevra l’eau dessalée en provenance de Safi avant de la retraiter selon les spécifications requises pour les différents usages industriels du site.

Ce site recevra dans un premier temps du phosphate provenant de la nouvelle mine de Louta, ainsi que des mines qui seront exploitées dans le cadre de l’extension du gisement de Benguerir et de Youssoufia. Il sera connecté à une autre plateforme de production d’engrais située à Safi, qui traitera le phosphate sous forme de TCP et de TCP+ provenant de Mzinda par un nouveau corridor logistique. Enfin, les produits finis seront acheminés vers un nouveau port spécialisé dans l’exportation de phosphate, situé au sud de Safi. Une particularité de ce nouveau complexe de Mzinda est qu’il n’y aura aucun rejet minier, puisque tous les résidus seront retraités pour produire un maximum de sous-produits.

Également, le site Mzinda abritera un centre d’opérations à distance intégré (IROC) de nouvelle génération qui permettra de surveiller et de contrôler l’ensemble des opérations de la roche à la valorisation. Cette centralisation des opérations permet d’une part, de prendre des décisions proactives, et d’autre part d’optimiser l’efficacité opérationnelle et la productivité de l’exploitation minière et industrielle.

Pièce maitresse de la mine 5.0, ces IROC sont devenus les points nodaux des chaînes de valeur minières complexes dans le monde. En s’appuyant sur des technologies de pointe comme l’IA (intelligence artificielle) et l’IIoT (Internet Industriel des Objets), ils exploitent données et analyses avancées pour intégrer avec fiabilité les innovations technologiques, opérationnelles et process. Cette dynamique est essentielle pour accélérer la décarbonation tout en optimisant la performance industrielle.

Mzinda, vitrine de la mine/industrie 5.0

En intégrant les principes de la mine 5.0, l’OCP a fait de cet objectif un défi pour ses futures exploitations en cours de développement. Cela permettra de créer une mine digitalisée et automatisée, avec un personnel qualifié pour opérer ces installations, permettant de doubler la capacité de production tout en réduisant les coûts de production (cost leadership) dans le plus strict respect de l’environnement.

Dans le cadre du programme stratégique Mzinda Meskala (SP2M), le groupe OCP implante dans ces nouvelles zones un projet greenfield qui opte pour devenir une référence en matière de digitalisation. Il garantit ainsi la cohérence et l’interopérabilité entre les unités de production du SP2M et les installations existantes de l’OCP.

Le périmètre de la mine 5.0 intègre l’ensemble de la chaîne opérationnelle, depuis la gestion intelligente des énergies et utilities jusqu’à l’optimisation des entrepôts, en passant par la gestion de la maintenance, la logistique connectée, le contrôle qualité en temps réel et la surveillance environnementale.

Le nouveau projet Mzinda ne se limite pas aux capacités technologiques mobilisées, mais englobe également une stratégie d’ancrage local et de renforcement des capacités nationales avec une orientation plus soutenue à l’innovation et à de nouvelles filières pour l’avenir.
Pour ses activités principales d’OCP, le projet SP2M privilégie le développement d’un écosystème intégré.

Cette approche se traduit par une forte exigence d’intégration locale, notamment à travers l’implantation stratégique de partenaires au sein du Mzinda Green Park. Cette approche s’accompagne d’un ambitieux plan visant à structurer et renforcer un réseau de contractants nationaux par le biais d’un soutien aux institutions partenaires, notamment l’UM6P, Innovx et l’African Academy of Industrial Training (AAIT).

En parallèle, le SP2M stimule l’émergence de nouvelles activités en accompagnant un écosystème dynamique de PME et startups locales, particulièrement dans les domaines du recyclage et du digital, tout en développant une nouvelle génération de produits stratégiques tels que le fluor et l’hydrogène vert.

Comme annoncé précédemment, l’émergence imminente des batteries lithium-fer ouvre la voie à une spécialisation du Maroc dans ce type d’industrie. En effet, le Maroc dispose d’une disponibilité locale et d’un savoir-faire industriel en cours de développement dans ce domaine, grâce aux nombreux investissements qui s’installent au Maroc. En plus de la R&D menée au sein de l’UM6P dans le domaine des batteries, un parc industriel dédié à la batterie sera intégré à Mzinda par des activités de valorisation en aval (downstream). Il permettra d’ajouter de la valeur aux dérivés de phosphate à mesure qu’elle progresse plus loin dans la chaîne d’approvisionnement, en se rapprochant du consommateur final (fabricants des composants de la batterie).

Un fonds d’un milliard de DH pour le Programme national d’appui à la recherche, au développement et à l’innovation

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation a lancé, le 7 avril à Benguérir, le Programme national d’appui à la recherche, au développement et à l’innovation (PNARDI).

Ce programme s’inscrit dans le cadre de la mise en  œuvre d’une convention-cadre paraphée, à cette occasion, par le ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, Azzedine El Midaoui, et le président directeur général du groupe OCP, Mostafa Terrab, pour faire de la recherche et de l’innovation des moteurs essentiels du développement national à travers des appels à projets dans les thématiques prioritaires.

 

Doté d’un financement d’un milliard de DH, à travers un fonds conjoint du ministère et du groupe OCP, répartis sur quatre éditions entre 2025 et 2028 et dont 200 millions de DH orientés spécifiquement à la mobilisation des compétences marocaines résidant à l’étranger dans le système national de la recherche et de l’innovation, ce programme vise à stimuler une recherche scientifique et technologique d’excellence, tout en formant une nouvelle génération de jeunes chercheurs prêts à relever les défis de demain et mobiliser et diversifier les ressources et les moyens indispensables au financement du système national de recherche scientifique.

Il s’agit aussi d’asseoir un investissement consistant et régulier en faveur d’une recherche scientifique excellente à même de hisser le Maroc au rang des grandes nations en matière de recherche, d’innovation et de formation.

Renforcer l’excellence scientifique

Le PNARDI plaide pour une approche partenariale de cofinancement entre le ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation et la Fondation OCP, et la collaboration du CNRST et de l’UM6P pour un déploiement performant.

Il ambitionne de renforcer l’excellence scientifique dans plusieurs secteurs stratégiques, entre autres l’eau, l’extraction, le traitement et la valorisation des phosphates et de leurs dérivés, la santé, la sécurité alimentaire, les énergies renouvelables, les sciences humaines et sociales.

À travers ce partenariat, l’UM6P mettra à contribution ses laboratoires vivants, son infrastructure de recherche de classe mondiale et son réseau de partenariats internationaux pour permettre d’accélérer les retombées positives de ce nouveau fonds.

Cette 1re édition du PNARDI se décline en trois sous-programmes complémentaires :

– le programme R-D Jeunes Chercheurs (Ibn Battouta), qui soutient l’émergence de nouvelles générations de scientifiques,

– le programme R-D Thématiques prioritaires (Ibn Albanna) ciblant des axes stratégiques à fort potentiel d’innovation,

– le programme Transfert technologique (Nefzaouia) dédié au renforcement du lien entre la recherche et les besoins économiques en favorisant la création de richesse des avancées scientifiques.

À rappeler que trois conventions spécifiques se rapportant à la déclinaison de ces trois sous-programmes ont été signées lors de la cérémonie de lancement officiel de ce programme, qui s’est déroulée en présence notamment du secrétaire général de la Fondation OCP, Abdelhadi Sohaib, de la directrice du CNRST, Jamila El Alami, du président de l’UM6P, Hicham El Habti, des personnalités éminentes du monde académique et de la recherche, ainsi que de représentants d’institutions nationales.

(Avec MAP)

Métaux stratégiques : voici ce qu’il faut savoir sur les projets de mines en cours de développement au Maroc

À l’heure où la transition énergétique s’impose comme une priorité mondiale, le Maroc se positionne en pionnier sur le continent africain avec une ambition légitime de devenir un hub régional dans l’industrie des batteries électriques.

Aujourd’hui, un tissu industriel intégré se met en place avec notamment la mise en service prochaine de la première gigafactory africaine et plusieurs unités, en amont, dédiées à la production des composants essentiels des batteries, tels que les cathodes et les anodes.

Cependant, la durabilité de cette industrie naissante est intrinsèquement liée à l’accès à des métaux critiques à un prix compétitif et en quantité suffisante, dont l’approvisionnement ne doit pas être brutalement interrompu en raison d’une dépendance excessive à un seul pays.

Indispensables, le lithium, le nickel et le graphite sont importés

Si le Maroc dispose de ressources importantes en cobalt et en phosphates, il reste toujours tributaire de l’importation de plusieurs ressources indispensables pour la fabrication des batteries telles que le lithium, le nickel, le graphite

À ce jour, des centaines d’indices miniers devraient être déchiffrés pour découvrir l’exploitabilité de plusieurs métaux critiques, dont principalement le lithium, le cuivre, le cobalt, les terres rares… En 2024, l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) a lancé 44 projets d’exploration de métaux critiques répartis dans les quatre coins du pays.

En parallèle, plusieurs projets de développement minier de métaux critiques ont progressé au-delà de leur phase d’exploration durant cette année et devraient connaître leur première production prochainement.

La mine de cuivre de Tizert (province de Taroudant)

L’utilisation du cuivre dans les batteries lithium-ion est privilégiée en raison de sa conductivité électrique et thermique élevée, ainsi que de ses nanostructures uniques qui optimisent les performances électrochimiques. Son rôle principal est celui de collecteur de courant, garantissant le flux ordonné des électrons durant les cycles de charge et de décharge, tout en demeurant un composant fixe au sein de la batterie pour assurer une énergie stable et performante.

Managem, le principal producteur de cuivre au Maroc avec une production actuelle de 100.000 tonnes de concentré, s’apprête à doubler sa capacité grâce au nouveau projet de Tizert.

Située entre Taroudant et Tata, la mine de cuivre de Tizert, un projet de mine de classe mondiale, est en phase finale de construction avec une première production prévue durant le deuxième semestre de l’année 2025. La majorité des travaux a dépassé les 90%, à l’exception notable de la construction de la digue (85%), du génie civil de l’usine (83%), de l’installation électrique (17%) et du montage (46%).

La mine de Tizert, dont les ressources sont estimées à 56,8 millions de tonnes avec une teneur de 1,03% en cuivre et 23 g/tonne d’argent, a une durée de vie prévue de 17 ans.

Lancé en 2022, ce projet a nécessité un investissement de 440 millions de dollars (plus de 3,85 milliards de DH). Il ambitionne de devenir la plus grande exploitation minière souterraine de la région, intégrant les principes de la mine intelligente grâce à la numérisation des processus, à l’intelligence artificielle, à l’automatisation basée sur les données des machines et des événements, au suivi en temps réel des véhicules et du personnel, ainsi qu’à une intégration avec des systèmes de planification tiers pour un suivi fluide et instantané de l’avancement des travaux.

Précédemment, le groupe Managem a cédé sa filiale, qui exploitait la mine d’Oumejrane dans la province de Zagora. Pour Managem, cette décision stratégique vise à se concentrer sur ses principaux actifs, considérant qu’il serait plus optimal de céder cette entité à une autre partie capable de développer le projet.

Bien que Purple Hedge soit une entreprise nouvellement créée et donc peu connue, le communiqué annonçant l’acquisition de la Compagnie minière d’Oumejrane révèle que sa direction possède une expérience significative dans des projets miniers africains.

Outre un potentiel minéral estimé à environ 82.000 tonnes de concentrés de cuivre, la cession de la Compagnie minière d’Oumejrane devrait permettre à la nouvelle entité, Purple Hedge, d’exploiter quatre licences d’exploration couvrant 200 km². Ces licences pourraient être utilisées pour développer les ressources déjà découvertes.

Plus au nord, dans la province d’Azilal, le projet minier de Tabaroucht, développé par la Compagnie minière de Touissit (CMT), a atteint à son tour sa phase finale de développement. Les études menées auparavant ont permis d’estimer des réserves à 2 millions de tonnes de minerai à une teneur de 1,4% de cuivre. Le projet entre désormais dans sa phase finale, avec une décision d’investissement proche qui déterminera sa faisabilité économique et opérationnelle.

Les complexes miniers de phosphates de Mzinda et de Meskala

Outre son utilisation connue dans les engrais, le phosphate est un composant clé des batteries lithium fer phosphate (LFP). Cette technologie, particulièrement prisée pour sa stabilité, sa sécurité et son excellent rapport qualité-prix, séduit les principaux constructeurs automobiles. Ces derniers l’intègrent déjà, ou prévoient de l’adopter à grande échelle, pour équiper leurs nouveaux modèles de véhicules électriques.

La fabrication du matériau cathodique FePO4 repose sur un procédé relativement simple : il suffit de mélanger un sel de fer (comme le sulfate ferreux FeSO₄) avec une source de phosphate (tel que l’acide phosphorique H₃PO₄) en solution aqueuse. Cette simplicité de production, combinée à sa disponibilité locale, ouvre des perspectives prometteuses pour le développement de ce type de batterie au Maroc.

En complément de ses sites historiques majeurs situés à Benguerir et à Khouribga, le groupe OCP, dans le cadre de son programme stratégique (SP2M), prévoit d’étendre ses activités dans deux nouvelles zones : Mzinda-Safi et Meskala-Essaouira.

Le projet du corridor Mzinda-Safi ambitionne d’atteindre, d’ici 2028, une capacité de production annuelle de 12 millions de tonnes de roche, de 3 millions de tonnes d’acide phosphorique et de 8,4 millions de tonnes d’engrais.

Concernant le corridor Meskala-Essaouira, l’objectif est de parvenir, à l’horizon 2030, à une capacité annuelle de 20 millions de tonnes de roche, de 1 million de tonnes d’acide phosphorique et de 2 millions de tonnes d’engrais.

Pour s’inscrire dans l’ère de la mine 5.0, ces nouveaux projets miniers devront intégrer une combinaison d’innovations technologiques et d’approches responsables. Au cœur de cette transformation figurent les technologies digitales avancées comme l’automatisation intelligente des processus, l’Internet des objets (IoT) et l’intelligence artificielle, qui permettront d’optimiser les opérations minières.

Parallèlement, l’exploitation des ressources non conventionnelles et l’adoption massive d’énergies renouvelables (solaire et éolien) viendront compléter cette modernisation technologique. Ces avancées s’accompagneront d’une démarche durable rigoureuse, intégrant pleinement les principes du développement durable pour minimiser l’impact environnemental.

La mine d’étain d’Achemmach (province de Khemisset)

L’étain est un métal stratégique pour les batteries grâce à sa grande capacité théorique de stockage du lithium, surpassant ainsi le graphite. Allié à d’autres matériaux comme le silicium ou le carbone, il gagne en stabilité et résout les problèmes liés à son expansion lors des cycles de charge et de décharge, ouvrant la voie à des batteries plus performantes et durables.

Au-delà des batteries, l’étain, souvent sous forme d’alliage, est de plus en plus utilisé dans les composants électroniques, les panneaux photovoltaïques, les pièces d’automobiles…

Dans le monde, la majorité des réserves mondiales en étain sont détenues par la Chine à hauteur de 38%, alors qu’en Afrique, la République démocratique du Congo et le Rwanda possèdent les plus grandes réserves.

Le projet Achemmach, situé à environ 50 km au sud-ouest de Meknès, est sorti de sa léthargie grâce à l’acquisition en mai 2024 de Samine, ancienne filiale de Managem. Cette acquisition a permis d’étendre le corridor minier de 5 km entre Achemmach et Bou El Jaj, doublant ainsi le potentiel en étain de la région. Les ressources totales estimées s’élèvent désormais à 39,1 millions de tonnes à une teneur de 0,55 % Sn, contenant 213.000 tonnes d’étain.

Sur le plan géologique, les minéralisations d’étain d’Achemmach et de Djebel El Hammam présentent des similitudes, étant toutes deux hébergées dans des roches sédimentaires altérées par la tourmaline. Cependant, elles se distinguent par leur profondeur : si le gisement d’Achemmach est enfoui en profondeur, nécessitant une exploitation souterraine, celui de Djebel El Hammam affleure en surface, offrant des perspectives d’exploitation à ciel ouvert, plus économiques et prometteuses pour l’entreprise.

Ces nouveaux développements, couplés à de nouvelles nominations managériales et à des financements additionnels, marquent un tournant décisif pour ce projet, longtemps retardé par des difficultés financières. Cette fois, l’acquisition de Samine devrait significativement réduire les coûts, puisque l’usine de traitement de l’ancienne mine d’El Hammam pourrait être réutilisée pour le projet Achemmach.

Une décision d’investissement finale (FID) est attendue avant la mi-2025, ouvrant la voie au lancement de la construction. À terme, ce projet renforcera la souveraineté minière du Maroc en ajoutant l’étain à la liste des métaux produits dans le pays.

D’autres projets prometteurs pour l’industrie des batteries

A coté de ces projets de mines, plusieurs travaux d’exploration sont actuellement menés par l’ONHYM et des opérateurs privés qui, ces dernières années, ont accru leurs investissements dans le secteur minier.

Parmi les métaux critiques dont le Maroc manque, figure le graphite. Actuellement, l’ONHYM conduit des travaux de développement pour dérisquer un prospect de graphite situé au niveau de Jbilet, dans les environs de Marrakech.

Mais avant que cela ne puisse se concrétiser, le groupe Falcon Energy Materials prévoit la construction d’une usine de production d’anodes avancées à Tanger, avec une capacité cible de 25.000 tonnes par an. L’usine s’approvisionnera en graphite auprès d’une mine actuellement en cours de construction, exploitée par le même groupe en Guinée.

Ce projet est porté par la société canadienne SRG Mining, avec Benoit LaSalle (également directeur de AYA Gold & Silver) à la présidence du conseil d’administration de Falcon. Il bénéficie également du soutien financier de La Mancha Resources, détenue par l’homme d’affaires Naguib Sawiris.

Parallèlement au développement du graphite, l’exploration d’un autre composant majeur des batteries progresse. Piloté par Lithium Africa, une entreprise basée à Singapore, ce programme débutera par la prospection du lithium dans la région de Bir El Mami, avant d’étendre les prospections à trois autres sites identifiés notamment au niveau de l’Anti-Atlas.

À la fin, ce qui permettra d’accélérer davantage l’exploration des métaux critiques et de soutenir la souveraineté industrielle du Maroc, notamment celle liée à la transition énergétique, c’est la prochaine réforme du code minier. Cette réforme introduira plusieurs innovations, comme la création d’un cadastre minier pour plus de transparence et de gouvernance, la mise en place d’une Commission nationale des minéraux stratégiques et critiques sous tutelle ministérielle, ainsi que l’établissement d’une liste officielle de ces minéraux.

Round up. En quoi consiste le projet d’hydrogène vert Engie-OCP ?

Lors d’une réunion du comité chargé du pilotage de l’Offre Maroc, tenue le 6 mars 2025, le gouvernement a dévoilé la liste des cinq investisseurs retenus pour la réalisation de six projets de production d’hydrogène vert. Ces projets, représentant un montant d’investissement de 319 milliards de dirhams, devront accélérer la mise en œuvre de la production d’hydrogène vert au Maroc.

Ces premières sélections dans le cadre de l’Offre Maroc viennent s’ajouter à d’autres projets de développement d’hydrogène vert. Certains de ces projets sont à un stade timide d’avancement, tandis que d’autres ont annoncé des investissements massifs, comme c’est le cas du partenariat Engie-OCP.

Avec un investissement initial d’environ 4 milliards d’euros, le partenariat stratégique majeur a été signé entre le groupe OCP et l’énergéticien français Engie, en présence du Roi Mohammed VI et du président Macron lors de sa dernière visite au Maroc, le 28 octobre 2024.

À terme, l’investissement dans les quatre projets cumulés devrait atteindre 15 à 17 milliards d’euros, représentant l’équivalent d’environ 56 % du budget annoncé des six projets sélectionnés dans l’Offre Maroc (30,26 milliards d’euros).

En plus de la décarbonatation de l’industrie des phosphates, ce partenariat vise également à contribuer activement aux ambitions du Royaume du Maroc en matière de transition énergétique, en renforçant l’écosystème industriel local et en générant des opportunités économiques et technologiques nationales, tout en créant potentiellement des emplois, et ce à travers 4 projets phares :

  1. Projet de parcs d’énergies renouvelables avec solutions de stockage flexible : développement de centrales solaires et éoliennes d’une capacité initiale de plus de 2 GW, intégrant des systèmes de stockage par batterie (BESS) pour optimiser le rendement énergétique et atténuer l’intermittence des énergies renouvelables.
  2. Infrastructures électriques intra-sites : création de boucles électriques internes connectées aux nouvelles sources d’énergie renouvelable, assurant une distribution efficace et durable de l’énergie au sein des sites industriels de l’OCP.
  3. Production d’ammoniac vert et dérivés de l’hydrogène vert : développement de sites de production d’ammoniac vert, essentiel à la fabrication d’engrais, à partir d’hydrogène vert, avec un objectif de production d’un million de tonnes. Des études de faisabilité seront également menées pour d’autres dérivés, tels que le méthanol et les électrocarburants d’aviation durable (e-SAF).
  4. Stations de dessalement de l’eau : mise en place de capacités de dessalement de l’eau de mer pour un usage agricole, soutenant les activités du groupe OCP dans les régions arides.

Cet accord de codéveloppement, signé par Mostafa Terrab, PDG du groupe OCP, et Catherine MacGregor, directrice générale d’Engie, opte non seulement pour le développement de ces quatre projets phares de transition énergétique, mais également pour la mise en place d’un agenda à long terme de recherche et d’innovation. Le Joint Development Agreement (JDA) envisage également la création d’une joint-venture entre le groupe OCP et Engie, ce qui souligne la profondeur et l’engagement des deux parties dans cette collaboration stratégique.

Récemment, une délégation du groupe OCP, conduite par Hanane Mourchid, directrice exécutive de la Durabilité et du développement durable, s’est récemment rendue dans les centres de recherche d’Engie (Lab Crigen et Laborelec). Les discussions ont porté sur les domaines de la joint-venture Engie-OCP, notamment l’hydrogène vert, l’intégration des énergies renouvelables, les systèmes de stockage, le dessalement et la décarbonation des processus industriels. Une rencontre similaire sera organisée prochainement au Maroc, impliquant le groupe OCP et l’UM6P via sa filiale Innov’X.

OCP lève 300 millions de dollars via une émission obligataire internationale

Le groupe OCP a réalisé avec succès une émission obligataire internationale d’un montant de 300 millions de dollars, dans le cadre d’une opération de « Tap Issue » sur son emprunt obligataire de mai 2024.

Conformément à l’autorisation de son Conseil d’administration du 3 décembre 2024, OCP a émis ces nouvelles obligations en s’appuyant sur le règlement européen (UE) 2017/1129.

Ce cadre permet d’effectuer une émission additionnelle dans les 12 mois suivant une émission initiale, dans la limite de 30 % du montant levé à l’origine et selon des procédures simplifiées. Ainsi, cette nouvelle levée de 300 millions USD est assimilée à l’émission obligataire internationale de mai 2024, qui portait sur 2 milliards USD.

Les obligations émises conservent les mêmes caractéristiques que l’émission initiale et sont réparties en deux tranches distinctes :

Cette structuration permet au groupe de diversifier ses maturités tout en maintenant une gestion efficace de sa dette à long terme.

Les nouvelles obligations seront cotées sur EURONEXT Dublin, permettant une large accessibilité aux investisseurs. Ainsi, elles bénéficient des notations suivantes :

Cette émission obligataire additionnelle s’inscrit dans la continuité de la politique financière de l’OCP. « Elle prévoit d’affecter les fonds levés au financement de son programme d’investissement et à ses besoins généraux », précise le communiqué.

Cybernext Security Services, une nouvelle filiale de l’UM6P dédiée à la cybersécurité

La nouvelle filiale prend la forme d’une société anonyme dotée d’un capital de départ de 10 MDH.

Cybernext Security Services se positionne comme un prestataire de services tant au Maroc qu’à l’international dans divers domaines de la cybersécurité et les activités liées à la protection des systèmes d’information, des données et des infrastructures des entreprises et institutions.

La palette de ses services va de la conception, du développement et de l’intégration de solutions technologiques à la gestion et l’exploitation de centres d’opérations de sécurité (SOC), en passant par la fourniture de services de conseil.

Elle peut aussi avoir comme activité l’externalisation et la fourniture de services professionnels spécialisés ou encore le conseil en management et en optimisation des processus.

En matière de gouvernance, le conseil d’administration de la nouvelle filiale est présidé par Ahmed Sbaa, qui est directeur de contrôle et de risk management à l’OCP.

La direction générale a été confiée à Reda Loudiyi. 

Par ailleurs, le conseil d’administration est composé de représentants de l’UM6P et du groupe OCP :