Oppo-Renault au Maroc : au-delà du litige de marques…

Oppo renverse Renault en appel : la déchéance de la marque “Reno” est annulée

La cour d’appel de commerce de Casablanca a donné raison à Oppo dans le litige qui l’oppose à Renault autour de la marque “Reno”.

La juridiction a annulé, ce mardi 11 novembre, le jugement de première instance qui avait prononcé la déchéance partielle de la marque au profit du constructeur automobile français. Oppo conserve ainsi la protection de sa marque “Reno” sur le territoire marocain.

Le tribunal de commerce de Casablanca avait, le 28 avril 2025, jugé que la marque n’était pas utilisée au Maroc depuis plus de cinq ans et avait ordonné sa radiation du registre national tenu par l’OMPIC.

La déchéance visait dix classes de produits et de services, notamment les véhicules, les télécommunications, les logiciels, les vêtements, les bijoux et les articles de sport, correspondant aux classes 7, 11, 12, 14, 25, 28, 35, 37, 38, 41 et 42 de la classification de Nice.

Cette décision n’avait pas été exécutée, l’appel formé par Oppo en juillet ayant suspendu son effet. Devant la cour, le fabricant chinois, représenté par le cabinet Saidoune Law Firm, a contesté le défaut d’usage en produisant des éléments attestant de la commercialisation continue de ses smartphones Reno et de leur présence sur le marché marocain.

À ce stade, la copie motivée de l’arrêt d’appel n’est pas encore disponible.

Avant cette décision, les deux entreprises avaient tenté de conclure un accord amiable, dans le cadre de discussions entamées au printemps 2025. Aucun compromis n’ayant été trouvé, la cour a clos les débats fin octobre avant de rendre son arrêt.

Le dossier marocain s’inscrit dans un ensemble de contentieux internationaux opposant Renault et Oppo autour de la marque “Reno”. En France, l’INPI avait déjà rejeté la demande de Renault en février 2025, estimant qu’il n’existait ni confusion, ni atteinte à la renommée du constructeur automobile.

Électrification, innovation industrielle et R&D : François Provost détaille la stratégie de Renault au Maroc

Pour sa première visite officielle hors de l’Hexagone, l’ancien directeur des achats et actuel directeur général du groupe a choisi le Maroc, un choix symbolique pour Renault, qui y voit un maillon stratégique de sa chaîne mondiale de valeur.

Lors de cette rencontre, François Provost est revenu sur les principaux objectifs de cet avenant, l’écosystème industriel du groupe et ses objectifs pour 2030, sa stratégie d’électrification, mais aussi sur l’actualité internationale du secteur automobile.

« Nous sommes proches des 100.000 véhicules vendus »

« J’ai passé une journée à l’usine de Tanger et j’ai pu constater le formidable progrès de l’écosystème automobile marocain », nous confie-t-il. « Cette année, nous atteindrons une production de 400.000 véhicules, après une année déjà record en 2024 [410.000 véhicules produits par le groupe en 2024, ndlr]. Cela signifie que près d’un véhicule Renault sur cinq produit dans le monde sort désormais des usines marocaines ».

Le Maroc occupe aujourd’hui une place centrale dans la stratégie industrielle du groupe. Le pays est désormais le 8e marché mondial du constructeur, où il détient une part de marché de 40%.

« Le marché marocain est en très forte croissance. Nous sommes proches des 100.000 véhicules Renault et Dacia vendus. Mais au-delà des ventes, ce qui nous intéresse, c’est de développer l’ensemble de la chaîne de valeur avec nos partenaires marocains », souligne le dirigeant.

« Il ne faut pas voir Renault Maroc comme une usine ou un réseau commercial », insiste-t-il. « Ce qui nous intéresse, c’est plutôt de développer au Royaume, avec nos partenaires, l’ensemble de la chaîne de valeur ».

Un écosystème industriel en avance sur les objectifs 2030

Depuis le lancement du projet industriel de Renault au Maroc, le groupe a bâti un réseau solide de fournisseurs locaux avec l’appui des autorités. « Nous comptons aujourd’hui 87 fournisseurs de premier rang [qui fournissent directement les composants ou les produits finis, ndlr], et nous devrions dépasser la centaine d’ici 2030″, indique François Provost.

Selon lui, les performances du groupe dépassent déjà les engagements pris vis-à-vis du Royaume dans l’avenant de 2021. « Nous avions promis d’atteindre 2,5 milliards d’euros d’achats auprès des fournisseurs locaux et un taux de localisation de 75% à cet horizon. Aujourd’hui, nous sommes déjà à 2,5 milliards d’euros et à 66% de taux de localisation, hors mécanique ».

« Deux tiers des pièces des véhicules produits au Maroc sont désormais fabriqués localement », ajoute-t-il, et « plus de la moitié des composants achetés au Maroc sont exportés vers d’autres usines du groupe, particulièrement en Espagne et en France ».

Vers une nouvelle génération de véhicules électrifiés

En ce qui concerne le troisième avenant signé ce 29 octobre avec le gouvernement marocain, il s’inscrit, selon le CEO, dans la continuité de cette dynamique. Il porte sur :

– le soutien à la nouvelle gamme de produits de Dacia ;

– une nouvelle génération de véhicules davantage électrifiés ;

– et l’officialisation du centre de R&D Renault Group Maroc (Renault Technologie Maroc – RTMA), qui jouera un rôle clé dans le développement technologique du groupe.

« Nous préparons l’avenir avec de nouvelles générations de véhicules et davantage d’électrification« , explique François Provost. « Il y a déjà un modèle hybride sur le Jogger, et dès l’année prochaine, la Sandero bénéficiera également d’une version hybride ». En effet, le groupe prévoit une version hybride de la Sandero Stepway au quatrième trimestre de 2026.

« Cette signature va donc nous permettre d’accompagner cette montée en puissance. Le centre de R&D du groupe jouera un rôle clé dans cette dynamique », en développant localement des compétences d’ingénierie et de conception.

Renault introduira également au Maroc un nouveau procédé de pressage à chaud, une première sur le continent africain. « Ce procédé permet de produire des pièces plus légères et plus rigides, donc de gagner en légèreté sans compromis sur la solidité », précise François Provost. « C’est une technologie historiquement réservée à des modèles haut de gamme, que nous allons désormais pouvoir proposer à nos clients sur des véhicules plus abordables. C’est à la fois un vrai plus pour le client et une avancée industrielle majeure pour notre usine de Tanger ».

Renault Group accélère aussi sa transformation digitale. « La digitalisation est au cœur de notre stratégie. Nous avions initialement un setup France-Inde, mais nous avons décidé d’étendre ce dispositif au Maroc. Désormais, notre hub digital est France-Inde-Maroc, ce qui reflète le rôle stratégique du Royaume dans notre écosystème mondial », précise-t-il.

Le prochain plan à moyen terme de Renault annoncé en mars

En matière d’hybridation et de véhicules de nouvelle génération, Renault prépare actuellement un nouveau plan à moyen terme, que François Provost décrit comme « très ambitieux et résolument offensif ».

« Ce plan sera dévoilé en mars prochain. Il comprendra de nombreuses annonces autour de la nouvelle génération de véhicules du groupe », précise-t-il. L’un des piliers de ce plan sera la montée en puissance du mix hybride, notamment pour la marque Dacia.

« L’hybride est une solution moderne, efficace et accessible. Nous avons aujourd’hui une technologie plus performante que celle de nos concurrents chinois, tout en continuant à optimiser les coûts pour la rendre abordable au plus grand nombre, en particulier pour les clients Dacia », souligne le dirigeant.

À travers ce plan, le groupe ambitionne d’engager un nouveau cycle de croissance industrielle, après celui de 2024. Pour y parvenir dans un contexte mondial instable et concurrentiel, il mise sur plusieurs points importants, qui font la différence, selon son CEO :

Le management des marques du groupe : « Contrairement à d’autres constructeurs, nous avons trois marques, Renault, Dacia et Alpine, clairement positionnées. Toute notre organisation est alignée sur la promesse faite à nos clients pour chacune d’elles ».

La force du design : « Nous cherchons à concevoir des voitures réellement différentes, qui procurent de l’émotion. C’est ce qui nous distingue de certains concurrents asiatiques, dont les modèles se ressemblent souvent. Chez Renault, le design est une signature ».

Des partenariats solides : « Nous travaillons dans la durée avec nos fournisseurs. Cette continuité est essentielle pour garantir la qualité et la compétitivité ».

La vitesse de développement : « Le point fort des constructeurs chinois est le temps de développement d’un véhicule. Ils le font en deux ans. Actuellement, nous le faisons en trois ans, contre trois à quatre ans pour nos concurrents. Aujourd’hui, on sait comment faire et on est capable de le faire. La Twingo qu’on lancera l’année prochaine, fabriquée en Slovénie, a été développée en seulement 21 mois. Aucun constructeur non chinois n’est capable d’une telle rapidité ».

« Nous avons prouvé que nous pouvions le faire une fois. Nous ambitionnons désormais de l’appliquer à l’ensemble de nos futurs modèles. C’est un élément clé de compétitivité », estime-t-il.

Vers 80% de sourcing local d’ici 2030

Interrogé sur la question du sourcing local et les moyens d’en accélérer la maximisation, le CEO de Renault souligne les progrès remarquables déjà accomplis au Maroc. « Nous allons progressivement atteindre une sorte d’asymptote, autour de 80%. Honnêtement, je ne connais aucun autre pays au monde où ce niveau est dépassé », indique François Provost. « Il faut garder en tête que certains composants, notamment électroniques, ne peuvent pas être produits localement ».

Mais au-delà des chiffres, l’essentiel, selon lui, est dans la qualité du tissu industriel marocain. « Lorsqu’un fournisseur s’installe ici, ce n’est pas seulement pour livrer des pièces au Maroc. Il devient un partenaire stratégique du groupe », précise-t-il.

Le deuxième point important évoqué par le CEO, c’est l’approche ouverte et collaborative adoptée au sein de la filière. « Une fois que nos fournisseurs sont installés, nous ne les bloquons pas. Beaucoup d’entre eux travaillent désormais aussi avec des concurrents », précise-t-il.

Cette dynamique dépasse même les frontières nationales, selon lui. « De plus en plus de constructeurs européens, notamment allemands, font appel à l’écosystème marocain, alors qu’ils n’ont pas de base industrielle ici. S’ils le font, c’est parce que le Maroc est compétitif, et a su bâtir une stratégie industrielle solide et durable. Le pays séduit par sa main-d’œuvre qualifiée, sa logistique, mais aussi par son énergie décarbonée, devenue un atout majeur dans la compétitivité du secteur ».

« La baisse des exportations dans le secteur est due à la faiblesse du marché européen »

En ce qui concerne la tendance baissière des exportations dans le secteur automobile enregistrée depuis le début de l’année en cours, François Provost l’explique en partie par la faiblesse actuelle du marché européen sur les voitures particulières (VP), notamment en France et en Italie.

Il avertit : « Si rien ne change en Europe, nous sommes en train d’organiser le déclin de l’industrie automobile européenne ». Le problème n’est pas technologique, mais réglementaire et économique. « Aujourd’hui, en Europe, nous faisons face à une ambition trop élevée en matière d’électrification et à un tsunami de réglementations. Le résultat, c’est que le prix des voitures neuves devient trop élevé pour la majorité des clients ».

Cette situation crée, selon le dirigeant, un effet inverse à celui recherché par les politiques publiques. « Les gens ne peuvent plus acheter de voitures neuves, donc le parc vieillit, et au final, on ne décarbone pas. On obtient l’effet inverse des bonnes intentions initiales ».

« L’Europe est aujourd’hui le seul continent au monde où le marché automobile n’a pas retrouvé son niveau d’avant-Covid », déplore-t-il. « Il faut changer le logiciel et repartir du client. Nous devons bâtir un cadre réglementaire qui permette de proposer des voitures abordables pour les Européens, tout en restant compatibles avec les objectifs environnementaux ».

Renault défend une approche centrée sur la voiture accessible, comme la Dacia Sandero. « L’exemple des petites voitures de moins de 4,20 mètres est parlant. Ce sont de vraies voitures familiales, simples, robustes et adaptées au quotidien. C’est sur ce type de modèles qu’il faut se concentrer pour relancer la dynamique du marché », estime-t-il.

Bientôt des batteries LFP sur les voitures Renault

Sur le volet de la mobilité électrique et des nouveaux composants autour de la batterie au Maroc, le directeur général du groupe Renault nous explique ses ambitions. « Techniquement, nous ne souhaitons pas fabriquer nos propres batteries. Nous préférons les acheter, comme le font nos concurrents chinois ».

« Dès le début de l’année prochaine, nous allons introduire dans toutes nos voitures électriques existantes (Mégane, Scénic…) une deuxième batterie LFP en ‘cell-to-pack‘ ».

« Plutôt que de miser sur une seule technologie et d’investir nous-mêmes massivement, nous adoptons une approche plus pragmatique, consistant à acheter nos batteries tout en veillant à ce que chaque modèle dispose d’au moins deux technologies ».

Le groupe dispose aujourd’hui de plusieurs fournisseurs stratégiques :

LG Energy Solution, « notre partenaire historique. Nous avons été les premiers à produire des véhicules avec eux, utilisant des batteries NMC. Ils équipent actuellement nos Mégane et Scénic ».

CATL, « notre deuxième fournisseur stratégique, qui nous approvisionne pour la Kangoo et qui fournira également les batteries pour la Twingo ».

Envision, « qui a installé une gigafactory dans notre usine de Douai [France, ndlr]. Cette usine démarre actuellement sa production pour alimenter la future R5 ».

– « Nous avons aussi investi dans une start-up française, Verkor, qui aura vocation à nous fournir des batteries NMC, notamment pour nos véhicules utilitaires ».

S’agissant du Maroc, « j’ai personnellement pris la décision d’intégrer Gotion à notre panel de fournisseurs, en raison du projet marocain« , conclut François Provost.

Litige Renault-Oppo : vers un accord sur la marque « Reno » ?

À la cour d’appel de commerce de Casablanca, un des principaux contentieux de la rentrée pourrait se solder par un accord amiable. En litige autour de l’usage de la marque « Reno » au Maroc, Renault et Oppo ont engagé des discussions en vue d’une transaction, apprend Médias24 de sources sûres.

L’idée d’une issue transactionnelle était évoquée depuis l’ouverture du dossier en appel. Mais les tractations vont s’accélérer dans les prochains jours, avec un projet de protocole d’accord actuellement à l’étude.

Pour l’heure, rien n’est signé et les termes potentiels restent confidentiels. Selon certaines indiscrétions, la piste d’un abandon réciproque des actions judiciaires est discutée. Reste à savoir si cela concernera uniquement le volet marocain, ou s’il s’élargira à ses extensions internationales.

Il ne s’agit pas d’un simple conflit de marques. En toile de fond, Renault redoute l’ascension d’Oppo au-delà des smartphones et son incursion sur le marché automobile.

Au-delà du Maroc, le différend entre Renault et Oppo a aussi une dimension internationale. Des procédures similaires ont opposé les deux groupes dans plusieurs juridictions, notamment en Europe et en Asie, autour de la protection et de l’usage de la marque « Reno ».

En attendant l’issue des négociations au Maroc, le procès suit son cours devant la juridiction commerciale. Une audience s’est tenue ce mardi 16 septembre et a débouché sur un renvoi d’une semaine pour poursuivre l’échange des répliques écrites.

En première instance, Renault avait obtenu la déchéance partielle de la marque « Reno » détenue par Oppo pour ses smartphones.

Ce jugement a été contesté par la société chinoise, qui a fait appel en produisant un mémoire comprenant des preuves d’usage de sa marque au Maroc. C’est précisément ce défaut d’usage qu’avait argué le constructeur automobile pour convaincre le tribunal d’ordonner la déchéance et la radiation de la marque contestée.

Exclusif. Au Maroc, Renault fait tomber une marque du chinois Oppo

Un litige entre deux géants que rien ne réunit, à première vue. Au Maroc, le constructeur automobile français Renault est en conflit avec Oppo, quatrième plus grand fabricant de smartphones au monde. Au cœur du différend : l’appellation Reno, utilisée pour désigner un des modèles phares du constructeur asiatique. Renault, qui fustige une confusion avec son propre nom, vient d’obtenir l’annulation de la protection de cette marque chinoise sur le sol marocain.

Le jugement a été rendu ce 28 avril 2025. Il émane du tribunal de commerce de Casablanca. Il s’agit précisément d’une déchéance frappant « l’extension de la protection au Maroc de la marque internationale Reno », déposée le 7 mai 2019 par Guangdong Oppo Mobile Telecommunications.

La décision affecte précisément les produits et services portant l’appellation Reno correspondant à certaines catégories de la classification de Nice. Il s’agit des classes 07 (Machines et machines-outils, moteurs [excepté pour véhicules terrestres], pièces mécaniques industrielles) ; 11 (Appareils d’éclairage, de chauffage, de cuisson, de réfrigération, de séchage, de ventilation, etc.) ; 12 (Véhicules ; appareils de locomotion par terre, air ou eau) ; 14 (Métaux précieux et leurs alliages ; bijoux, horlogerie, montres) ; 25 (Vêtements, chaussures, chapellerie) ; 28 (Jeux, jouets, articles de sport et de gymnastique) ; 35 (Publicité, gestion des affaires commerciales, administration commerciale, travaux de bureau) ; 37 (Construction, réparation, installation de machines et équipements) ; 38 (Télécommunications) ; 41 (Éducation, formation, divertissement, activités culturelles ou sportives) ; 42 (Services scientifiques et technologiques, conception et développement de logiciels, services liés à l’intelligence artificielle, etc.).

« Le tribunal autorise le directeur de l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC) à procéder à la radiation de l’extension de la protection de la marque « Reno » au Maroc, et à inscrire la déchéance dans le registre national des marques, après notification et une fois le jugement devenu définitif », lit-on dans le dispositif du jugement. On comprend que cette décision de première instance n’est, pour l’heure, pas exécutoire. Elle le sera en cas de confirmation par la cour d’appel, ou si Oppo renonce à un recours devant cette juridiction.

Le procès a été enclenché en septembre 2024 à la suite d’une action déposée par Renault. L’analyse des audiences permet de déduire que le tribunal a tenté, à plusieurs reprises et visiblement en vain, de convoquer les représentants d’Oppo par le circuit international. L’entité n’a probablement pas pris part au procès, ni présenté sa défense. La décision concerne uniquement le marché marocain et les classes visées.

L’usage de la marque Reno devient libre au Maroc

Pour l’heure, nous n’avons pas eu accès aux motivations du jugement, sa copie n’ayant pas encore été notifiée aux parties.

En cas d’exécution de la décision, Oppo perdrait, sur ce marché, toute protection sur la marque Reno dans les classes concernées par la déchéance. Cela signifie que la marque ne sera plus opposable aux tiers pour les produits et services touchés, et qu’Oppo ne pourra pas interdire son enregistrement par un autre opérateur. Renault lui-même pourra enregistrer librement cette marque sans risque de conflit avec son ancien titulaire.

En somme, le marché marocain deviendra juridiquement libre pour la marque en question, hormis pour les classes non visées par la déchéance.

Un litige international exporté au Maroc

Le différend entre Renault et Oppo est un litige international qui s’est exporté au Maroc. Selon nos informations, le dossier avait été soumis, en France, à l’Institut national de la propriété industrielle (INPI), qui a débouté le constructeur français.

Consultée par Médias24, la décision de l’INPI, rendue en février 2025, renseigne sur les arguments de Renault ainsi que sur les répliques de son adversaire. Contrairement à l’action initiée au Maroc, qui couvre un large panel de produits et de services, l’action auprès de l’IMPI touchait uniquement la classe 35 (la publicité, les services d’agence de publicité, la promotion, les services de gestion d’entreprise).

Dans sa requête, Renault a argué qu’il existait un risque de confusion pour le public entre sa marque automobile renommée « Renault » et la marque « Reno » d’Oppo, notamment en raison de la similitude phonétique et visuelle des noms. Sa défense a également souligné l’expansion d’Oppo vers le secteur automobile (véhicules électriques, technologies embarquées) et les collaborations intersectorielles croissantes, ce qui, selon Renault, créerait un lien dans l’esprit du public.

Le constructeur a également invoqué l’atteinte à la renommée de sa marque, estimant que l’utilisation du signe « Reno » par Oppo profiterait indûment de cette renommée ou la diluerait, compte tenu de la forte notoriété de Renault en France.

De son côté, Oppo a principalement soutenu qu’il n’existait aucun risque de confusion entre les marques, car les produits et services étaient différents (services de publicité et services aux entreprises pour « Reno » contre véhicules pour « Renault ») et s’adressaient à des publics distincts.

La multinationale chinoise a également souligné avoir limité volontairement les services de sa marque « Reno » pour exclure tout lien avec les véhicules et leurs parties, manière de démontrer sa bonne foi et l’absence d’intérêt pour le secteur automobile avec cette marque spécifique.

L’INPI a finalement rejeté la demande de Renault, estimant qu’il n’y avait pas de risque de confusion avec la marque « Renault » (principalement pour les véhicules), et qu’aucune atteinte à la renommée de Renault n’était prouvée pour ces services, malgré la similitude des noms, et ce, en raison de la différence des produits et services et du public cible.

Renault Group Maroc crée Renault Technologie, un nouveau centre d’ingénierie

Selon un communiqué officiel, Renault Technologie Maroc disposera de deux sites :

Le directeur de ce nouveau centre, Francisco José Martín Hernández, sera rattaché hiérarchiquement à Cédric Combemorel, Deputy CTO, VP Global Engineering & Tech, et fonctionnellement à Mohamed Bachiri, directeur général de Renault Group Maroc.

Il aura pour mission de structurer un centre d’ingénierie performant, capable d’exploiter pleinement le potentiel des usines marocaines de Renault Group à Tanger et Casablanca (Somaca).

Il s’attachera également à valoriser l’écosystème local, notamment les fournisseurs et les écoles d’ingénierie, afin de développer des pôles de compétences au service des autres centres d’ingénierie et des usines du groupe dans le monde.

Francisco José Martín Hernández, ingénieur industriel, a construit un parcours solide au sein de Renault Group. Spécialiste de la gestion de la qualité produit, ainsi que du développement et de l’industrialisation des systèmes, il a rejoint Renault en 2002. Il a occupé plusieurs postes clés dans l’ingénierie de la qualité et la gestion de projet, aussi bien en mécanique qu’en ingénierie véhicule, notamment pour Horse, Renault Group et Ampère, indique le communiqué du groupe.

Son expertise technique et sa connaissance des enjeux du groupe lui ont permis d’accéder à des responsabilités croissantes en Espagne, en Roumanie et en France. Avant sa nomination au Maroc, il occupait depuis 2021 le poste de chef de département Ingénierie véhicule à Renault Technologie Espagne, tout en étant l’interlocuteur d’Ampère dans cette entité.

Avec un record de production en 2024, le Maroc confirme son rang de 2e site industriel du groupe Renault

« En 2024, le Maroc continue de se positionner comme une plateforme industrielle majeure pour le groupe Renault », a déclaré, ce mardi 21 janvier, Mohamed Bachiri, directeur général de Renault Group Maroc, lors de la présentation du bilan 2024.

Avec une cadence de production quotidienne de plus de 1.600 véhicules sur ses deux sites à Casa et Tanger, le Maroc représente 18% des ventes mondiales du groupe Renault, se positionnant ainsi comme son deuxième site industriel au niveau international.

La base industrielle marocaine de Renault a explosé en 2024 son record de production, dépassant les 410.000 véhicules.  Un objectif pour 2025 ? Augmenter la capacité de production annuelle du Groupe au Maroc pour atteindre les 500.000 véhicules dès cette année.

« L’usine de Tanger va également lancer la production des premiers véhicules 100% électriques, notamment le modèle Duo, qui vont arriver sur le marché marocain dès cette année [2025, ndlr] », poursuit le directeur général.  Il s’agit du Mobilize Duo, le premier véhicule 100% électrique qui sera fabriqué à l’usine de Tanger, et qui sera commercialisé dans un 1ᵉʳ temps en Europe.

Pour 2025, toujours, le constructeur français prévoit le lancement opérationnel d’un centre d’ingénierie dédié aux activités de R&D en ingénierie, et qui aura pour mission le renouvellement ainsi que le développement de véhicules pour le Groupe et ses usines marocaines.

Ce centre, explique le management, abritera également le développement de nouvelles opportunités « New Tech », afin de positionner le Maroc comme un pôle d’excellence en talents et en compétences stratégiques.

Les chiffres 2024, un record absolu

« Nous avons réalisé une production totale de 413.614 voitures. C’est un record absolu, dépassant celui de 2018. Notre production s’est ainsi améliorée de 8% par rapport à 2023″.

« Ce chiffre a été réalisé grâce à la progression de la production de 9% au niveau de l’usine de Tanger (312.381 voitures). La Somaca a, elle, réalisé un record de production en 2024, avec 101.233 voitures produites, franchissant ainsi, pour la première fois, le seuil symbolique des 100.000 véhicules », a-t-il souligné.

« Le Maroc est donc le deuxième producteur du groupe au niveau international, et les trois modèles phares produits localement continuent de dominer le marché marocain. Il s’agit de la Dacia Sandero, de la Dacia Logan et de la Renault Express« .

La capacité de production globale du groupe au Maroc atteint désormais environ 500.000 véhicules par an. Quant à la Somaca, elle dispose, depuis fin 2024, d’une capacité de production annuelle de 120.000 unités.

89% des véhicules produits localement par le groupe ont été exportés

Les exportations de Renault Maroc ont également augmenté de 8% en 2024, avec 370.165 véhicules expédiés vers 68 pays, soit 89% de la production totale. Ces performances font du Royaume le 8e marché du groupe en termes de volumes de vente en 2024.

L’usine de Tanger a exporté 298.045 véhicules, soit 95% de sa production, tandis que la Somaca a exporté 72.120 unités (71% de sa production) vers environ 36 pays.

« Plusieurs personnes pensent que la Somaca est orientée vers le marché local, alors que les deux tiers de sa production sont exportés vers plusieurs pays étrangers », précise Mohamed Bachiri.

« Parmi les principales destinations figurent la France, l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne et la Turquie », a-t-il ajouté, soulignant que « la Dacia Sandero demeure le véhicule particulier le plus vendu en Europe, tous canaux confondus, et ce, depuis novembre 2017 ».

Des projets industriels stratégiques

L’année 2024 a par ailleurs été marquée par le lancement de nouveaux modèles innovants, à fort potentiel, a déclaré le DG de Renault Group Maroc ce mardi :

La Dacia Jogger hybride, une première pour le Maroc qui intègre des processus spécifiques à la technologie hybride, notamment l’assemblage de batteries ;

La Renault Kardian, un SUV de segment B produit depuis fin 2023 à la Somaca et qui desservira les marchés d’exportation en dehors de l’Europe.

« Ces deux projets concrétisés en parallèle en 2024 viendront répondre aux besoins nationaux et internationaux », a souligné Mohamed Bachiri.

 

« Ces projets sont un levier important du développement de notre écosystème, puisqu’ils impliquent de nouveaux besoins et offrent un potentiel d’intégration de nouvelles commodités, sur lesquelles on travaille avec les différents acteurs du groupe, mais aussi avec les pouvoirs publics marocains ».

« Ils viendront surtout soutenir la profondeur de l’écosystème Renault, renforcer son développement en attirant de nouveaux investisseurs et équipementiers ainsi que de nouvelles commodités, et positionner le Maroc auprès de notre réseau d’équipementiers. Ces projets témoignent surtout de la confiance du groupe en la plateforme marocaine et de la capacité des équipes locales à évoluer et à s’adapter en permanence pour atteindre l’excellence ».

À l’horizon 2030, le groupe ambitionne d’atteindre un taux d’intégration de 80%

Depuis la signature de son premier écosystème en 2016, Renault Maroc a triplé le nombre de ses fournisseurs de rang 1, passant de 26 à 88 en 2023, a fait savoir son DG.

Avec un chiffre d’affaires annuel de 22 milliards de dirhams (MMDH) consacré à l’achat de pièces auprès de 250 équipementiers locaux, le groupe vise un taux d’intégration de 80% et un chiffre d’affaires sourcing de 33 MMDH d’ici 2030.

« Sur le volet écosystème, nous avons continué à travailler sur notre feuille de route pour respecter nos engagements tenus avec le Maroc », a expliqué Mohamed Bachiri.

Et de rappeler : « En 2016, le taux d’intégration locale du groupe Maroc se situait entre 36% et 40%. En 2022, il est passé à 65,2%, tandis que l’objectif pour 2023 était de 65,5%. Nous avons donc atteint l’objectif de 2023 un an à l’avance ».

« En termes de chiffre d’affaires d’achat de pièces chez les équipementiers installés au Maroc, qui sont au nombre de 250, il s’élevait en 2023 à 22 MMDH de pièces achetées pour nos deux usines, ainsi que pour les usines du groupe au niveau international. Ces chiffres sont importants et démontrent ainsi la profondeur de notre écosystème ».

Par ailleurs, avec un chiffre d’affaires de 63,1 MMDH en 2024 (+10 % par rapport à 2023), Renault Group Maroc reste la première entreprise privée du pays, représentant 3% du PIB national. Le groupe contribue à 38% du chiffre d’affaires de la filière automobile marocaine, avec les deux tiers des véhicules exportés issus de ses usines.

Renault. 100.000 Dacia Jogger seront produites à Tanger, dont une version hybride

Le jeudi 11 juillet 2024 est une date historique pour le groupe Renault Maroc, avec le lancement officiel de la production du Dacia Jogger dans son site de Tanger. Le nouveau modèle, qui sera commercialisé le 20 septembre dans l’ensemble du réseau Dacia au niveau national, conforte le positionnement du groupe Renault Maroc sur le segment C.

Ce n’est pas tout, puisque le nouveau modèle qui sera produit dans l’usine de Renault Tanger – jusqu’à 120.000 unités/an –permettra au groupe de faire son incursion dans la production de véhicules hybrides dans le Royaume.

Le Dacia Jogger sera ainsi le premier véhicule hybride fabriqué au Maroc. Concrètement, l’offre de motorisation du nouveau modèle sera complétée par une version Hybrid 140 à la fin de l’année 2024.

La production du Dacia Jogger, qui sera commercialisé au Maroc à partir de 190.000 DH pour le moteur Diesel Blue dCi 102 ch – exclusivement fabriqué pour les clients nationaux –, induit une montée en gamme technologique de l’usine de Renault Tanger.

Pour preuve, une trentaine de nouveaux robots ont été introduits au sein de l’unité industrielle tangéroise et plus de 2.500 collaborateurs ont été formés pour le démarrage industriel du Jogger, dont la production est destinée à l’export et au marché national.

L’usine de Tanger affiche un taux d’automatisation de 40% et intègre de nouvelles technologies dont l’intelligence artificielle pour le pilotage de la consommation d’énergie, soutenant ainsi la stratégie de décarbonation des sites industriels de Renault Group à travers le monde.

La cérémonie de lancement industriel, qui s’est déroulée en présence de Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du commerce, Denis Le Vot, directeur général de la marque Dacia, Thierry Charvet, directeur Industrie et Qualité de Renault Group, et Mohamed Bachiri, directeur général de Renault Group Maroc, a été ponctuée de plusieurs allocutions faisant référence à la centralité du Royaume comme base industrielle de premier plan du groupe français.

Avec les usines Somaca de Casablanca et Renault Tanger, le Maroc constitue le 2e pays de production du groupe français au niveau mondial. Le Dacia Sandero, produit sur le site tangérois est le 1er véhicule vendu en Europe depuis 2017, notamment pour les particuliers.

« Le Maroc est un pilier de la stratégie industrielle du groupe. L’usine de Tanger, qui démarre aujourd’hui la fabrication de Dacia Jogger, est pleinement engagée dans la transformation de notre système industriel. Elle s’appuie notamment sur le métavers industriel pour accroître son agilité et sa flexibilité, mais aussi sa compétitivité et la qualité des véhicules qui y sont assemblés », a expliqué en substance Thierry Charvet, directeur Industrie et Qualité du groupe Renault.

Abondant dans le même sens, Mohamed Bachiri, directeur général du groupe Renault Maroc, a rappelé qu’à fin juin 2024, le Maroc est le 2e marché du groupe français au niveau mondial en terme de ventes. D’ailleurs, lors de son allocution, Denis Le Vot, directeur général de Dacia a, dans une formule teintée d’humour, qualifié le Maroc de « Dacialand« . C’est dire le grand succès de la marque au Maroc.

Dacia et Renault sont classées respectivement 1re et 2e au Maroc en termes de part de marché, avec 24% et 16,6% à fin juin 2024. Autre information révélée par Mohamed Bachiri : sur le plan industriel, le Royaume représente 17% des véhicules vendus par la firme française à l’échelle mondiale.

Première entreprise privée au Maroc

Plusieurs chiffres prouvent que le groupe Renault Maroc, qui dénombre en 2023 au niveau national près de 87 fournisseurs de premier rang (contre 26 en 2016), est une locomotive de l’économie nationale.

L’entité qui revendique un chiffre d’affaires de près de 60 MMDH en 2023 (soit 3,2% du PIB) est, selon Mohamed Bachiri, la première entreprise privée au Maroc en termes de chiffre d’affaires.

En plus de représenter près de 38,8% du chiffre d’affaires du secteur automobile national à l’export en 2023, le groupe Renault Maroc a enregistré à la même période un taux d’intégration de 65,5% (hors mécanique) et un chiffre d’affaires de sourcing local de 2,06 MM d’euros. Ce qui marque une augmentation de 11% par rapport à 2022. « Ces nouvelles avancées dépassent les engagements pris avec le Royaume sur la période 2016-2023, qui prévoyaient de passer de 40% à 65% d’intégration locale, hors mécanique , et de 750 millions d’euros à 1,5 milliard d’euros de sourcing de pièces au Maroc sur cette période », conclut Mohamed Bachiri.