Publication au BO des décrets fixant la date d’entrée en service des GST

Adoptés le 11 décembre dernier en Conseil de gouvernement, les 11 décrets fixant la date d’opérationnalisation des Groupements sanitaires territoriaux (GST) ont été publiés au Bulletin officiel du 1er janvier.

Cette date correspond au premier jour du troisième mois suivant la date de tenue de la première réunion des conseils d’administration.

La prochaine étape consiste donc en la tenue des conseils d’administration des différents GST. Rappelons que le CA du GST de la région pilote de Tanger-Tétouan-Al Hoceima a été présidé par le Chef du gouvernement.

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Voici la liste des établissements de santé constituant le GST de Tanger-Tétouan-Al Hoceima

Un arrêté conjoint du ministre de la Santé et du ministre de l’Économie fixant la liste des établissements de santé constituant le Groupement sanitaire territorial de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima a été publié au Bulletin officiel du 29 septembre.

La liste regroupe les établissements de santé urbains et ruraux, les hôpitaux, les dispensaires de toutes les provinces et préfectures de la région, ainsi que les centres universitaires hospitaliers Mohammed VI des spécialités, de la mère et de l’enfant, d’oncologie, et de la santé mentale.

Cliquez ICI pour consulter la liste complète de ces établissements.

Rappelons que le GST de Tanger-Tétouan-Al Hoceima constitue un projet pilote. Le ministère de la Santé souhaite consolider cette expérience au sein d’une seule région, avant d’en généraliser le modèle aux autres territoires.

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Groupements sanitaires territoriaux : ce que stipule le projet de décret fixant le statut des professionnels de santé

Le statut-type des professionnels de santé est essentiel à la tenue des conseils d’administration des Groupements sanitaires territoriaux (GST), à commencer par le groupement de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima. 

Selon nos informations, ce groupement pilote ne pourra être opérationnel qu’après la tenue de son conseil d’administration, lequel ne peut avoir lieu sans un statut de base type.

Une fois adopté, ce dernier servira de modèle à l’ensemble des groupements prévus au Royaume, une fois opérationnalisés.

Le projet de décret toujours en discussion avec les partenaires sociaux

Les dispositions du projet de décret portant fixation de ce statut ont été présentées en mai dernier aux syndicats, qui avaient formulé leurs remarques. Une commission interministérielle incluant notamment le ministère en charge du Budget, sous la supervision du chef du gouvernement, a été chargée de les examiner. La balle est donc à présent dans le camp du gouvernement.

La prochaine étape serait de renvoyer la version finale du ministère, pour un dernier examen par les partenaires sociaux, avant son adoption en conseil de gouvernement. Elle poursuivra par la suite le circuit législatif habituel au Parlement, avant son entrée en vigueur.

Mais que dit ce projet de décret ? Consulté par Médias24, ce projet de statut fixe les règles encadrant la gestion des ressources humaines au sein des GST. Il précise ainsi les modalités de recrutement, de rémunération, de mobilité, de transfert ainsi que d’autres aspects. Voici les dispositions les plus importantes à retenir.

Fonctionnaires des GST

Tout d’abord, ce projet de décret fixe les catégories des fonctionnaires qui travailleront au sein des groupements. Il s’agit des professionnels de santé relevant d’un groupement, des agents détachés auprès du groupement et des enseignants-chercheurs en médecine, en pharmacie ou en médecine dentaire affectés aux structures hospitalières relevant du groupement.

En ce qui concerne les professionnels de santé qui exerceront dans ces groupements, ils sont regroupés en plusieurs catégories, notamment :

Recrutement sur concours pour les débutants

En ce qui concerne les recrutements de ces professionnels de santé, ils seront faits en fonction des besoins en ressources humaines d’un groupement donné et dans la limite des postes budgétaires vacants, selon la procédure de concours, précise ce projet de décret.

Les candidats admis aux concours de recrutement doivent, avant leur prise de fonction, passer une visite médicale effectuée par une ou plusieurs commissions médicales.

Chaque candidat recruté est nommé au premier échelon du grade concerné, en qualité de stagiaire. La période de stage dure une année, à l’issue de laquelle il est soit titularisé au deuxième échelon du grade dans lequel il a été recruté, soit autorisé à effectuer une seconde et dernière année de stage. À la fin de cette deuxième année, il est soit titularisé, soit révoqué ou réintégré dans son administration d’origine s’il en provient, sans aucune indemnité.

Ce texte note par ailleurs que les professionnels de santé stagiaires sont soumis aux mêmes dispositions que celles applicables aux stagiaires de la Fonction publique.

Des concours ouverts aux professionnels de santé titularisés

Des concours professionnels sont également ouverts aux professionnels de santé titularisés, justifiant d’au moins quatre années de service effectif à la date du concours, et titulaires des diplômes exigés pour le recrutement dans les grades ouverts à la compétition, ajoute ce projet de décret.

Ces concours sont organisés en fonction des besoins du groupement, par décision de son directeur général. Ce dernier fixe ainsi le nombre de postes, les spécialités demandées et, le cas échéant, les lieux d’affectation. La gestion de ces concours s’effectue en coordination avec l’autorité gouvernementale chargée de la santé, à savoir le ministère de la Santé.

Tout professionnel de santé déclaré admis à un concours professionnel doit accepter le poste correspondant à son nouveau grade ou cadre, ainsi que son nouveau lieu d’affectation au sein du groupement sanitaire territorial dont il relève, précise le texte.

Sont dispensés de stage les professionnels de santé nommés à la suite de leur réussite à un concours professionnel dans un grade appartenant au même corps que celui auquel ils appartenaient précédemment.

Ce projet de statut indique par ailleurs que les nominations aux postes de responsabilité s’effectuent conformément à l’organigramme du groupement, et selon les conditions et modalités en vigueur dans les établissements publics.

Les experts peuvent, pour leur part, être recrutés par contrat, dans un nombre limité de postes, pour la réalisation de projets, études, consultations, missions d’expertise ou autres tâches spécifiques, que le groupement ne peut assurer avec ses propres ressources. Leur recrutement est ainsi effectué selon les modalités, conditions, rémunérations et indemnités en vigueur pour les experts dans la Fonction publique. Ces contrats sont soumis au visa de l’autorité gouvernementale chargée des Finances.

Une rémunération fixe, accompagnée d’un salaire variable

En ce qui concerne la rémunération, elle est composée, selon ce projet de décret :

Les professionnels de santé peuvent également bénéficier d’une indemnité pour travail dans des zones difficiles, selon les modalités qui seront fixées par un texte réglementaire, prévu par la loi 09.22.

Les enseignants-chercheurs en médecine, pharmacie et médecine dentaire bénéficient aussi de la part variable et de l’indemnité pour travail dans les zones difficiles, selon les mêmes conditions et modalités que celles énoncées précédemment.

Un système d’indemnisation adapté sera mis en place au profit des fonctionnaires travaillant au sein du groupement, conformément aux textes réglementaires en vigueur.

Mobilité, transfert et congés

D’après le présent projet de décret, les professionnels de santé bénéficient d’une mobilité :

S’agissant du volet relatif au transfert, ce texte précise que les professionnels de santé transférés au sein du groupement conservent le même statut administratif que celui dont ils bénéficiaient à la date de leur transfert vers les groupements sanitaires territoriaux.

Ils continuent ainsi à bénéficier des promotions d’échelon et de grade ainsi que de leurs droits à la retraite. Les services accomplis au sein de leur administration d’origine sont considérés comme ayant été accomplis dans les corps du groupement sanitaire territorial d’accueil.

Pour leur part, les infirmiers et les auxiliaires de santé transférés au sein d’un groupement sont intégrés dans les corps des infirmiers auxiliaires et auxiliaires de santé, et restent soumis, en ce qui concerne les grades, échelons, indices correspondants, et l’avancement, aux dispositions du décret 2.06.620 relatif au statut particulier du corps des infirmiers du ministère de la Santé, tel que modifié et complété, tout en respectant les dispositions du présent statut. Les services rendus dans leurs administrations d’origine sont également considérés comme accomplis au sein du groupement.

Les professionnels de santé travaillant dans le groupement bénéficient, par ailleurs, des congés administratifs, congés pour raisons de santé, congés de maternité, congés de paternité, congés pour allaitement et congés sans solde, conformément aux dispositions du Dahir 1.58.008 relatif au statut général de la Fonction publique et aux textes réglementaires en vigueur.

Règles disciplinaires

Enfin, en ce qui concerne les règles disciplinaires, celles applicables aux professionnels de santé du groupement sont celles prévues par le Dahir 1.58.008.

Lorsque le directeur général du groupement décide d’engager une procédure disciplinaire, il doit soumettre le professionnel de santé concerné à l’examen d’une commission d’enquête préliminaire, dans le strict respect des garanties qui lui sont reconnues.

En aucun cas, la sanction infligée par le directeur général du groupement ou par la personne qu’il délègue, ne peut être plus sévère que celle proposée par le conseil de discipline, sauf après approbation de l’autorité gouvernementale chargée de la santé.

Le fonctionnaire faisant l’objet d’une procédure disciplinaire peut quant à lui introduire un recours auprès de l’autorité gouvernementale chargée de la santé, conformément aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur.

Notons que ce décret est encore en cours de discussions entre le ministère de la Santé et les partenaires sociaux. Il est donc susceptible d’évoluer avant son adoption définitive.

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Publication au BO d’un décret d’application de la loi relative aux groupements territoriaux de santé

Réforme de la santé : gouvernance, rémunération, représentativité… le dialogue se poursuit avec les syndicats

Alors que la réforme du système de santé a été lancée il y a plus de deux ans, avec l’élaboration puis l’adoption des principales lois encadrant le secteur, une nouvelle étape s’amorce.

Ces textes ont donné naissance à différentes agences et groupements de santé chargés de structurer les différents volets du système de santé, dont la phase d’opérationnalisation se précise. Elle est toutefois marquée par des discussions serrées entre le ministère de la Santé et les partenaires sociaux.

Le statut fondamental des GST toujours en discussion

En effet, plusieurs rencontres ont été tenues entre le ministère de la Santé et les syndicats les plus représentatifs du secteur au sujet de la réforme. Au total, six syndicats sont mobilisés, réunis au sein d’une coordination syndicale chargée de porter la voix des professionnels de santé dans ce processus.

Contacté par Médias24, Mohamed Zeguira, secrétaire général de la Fédération nationale de la santé affiliée à l’UNTM, et membre de ladite coordination, nous fait le point sur l’avancement des discussions, notamment après le dernier passage au Parlement du ministre de la Santé, où ce dernier a confirmé que le dialogue se poursuivait avec les partenaires sociaux dans le cadre de l’opérationnalisation du Groupement territorial de santé (GST) de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima (TTAH), entre autres.

« Après l’adoption des lois portant sur les agences de santé, des médicaments, du sang ainsi que des groupements territoriaux de santé, l’enjeu réside désormais dans leur mise en œuvre effective, laquelle est conditionnée par la publication des décrets et arrêtés d’application », explique notre interlocuteur.

« Un premier jalon a été franchi en juillet 2024, avec la signature d’un accord entre le ministère de la Santé, qui était alors dirigé par l’ex-ministre Khalid Ait Taleb, et la coordination des six syndicats de santé. Cet accord commence à présent à se concrétiser ».

« L’un des dossiers centraux de cet accord est celui du statut de base type des professionnels de santé au sein des futurs Groupements sanitaires territoriaux, qui servira de modèle à l’ensemble de ces entités régionales, une fois opérationnalisées. Ce statut a été présenté aux syndicats lors de la dernière réunion tenue avec le ministère le 21 mai ».

« Ce statut est indispensable pour permettre la tenue des conseils d’administration des GST, à commencer par celui de la région TTAH, récemment dotée d’un directeur, nommé par le Roi Mohammed VI », précise Mohamed Zeguira. Et d’expliquer : « ce groupement pilote ne pourra être opérationnel qu’après la tenue de son conseil d’administration, lequel ne peut être tenu sans un statut de base type. Ce dernier devrait être élaboré à partir d’un statut fondamental de base ».

« Ce sont donc les dispositions de ce projet de statut fondamental de base qui nous ont été présentées le 21 mai, et nous avons formulé nos remarques. Une commission interministérielle, incluant notamment le ministère en charge du Budget, sous la supervision du chef du gouvernement, a été chargée de les examiner. La prochaine étape serait donc de recevoir la version finale du ministère, pour un dernier examen par les partenaires sociaux, avant son adoption en Conseil de gouvernement. Elle poursuivra par la suite le circuit législatif habituel au Parlement, avant son entrée en vigueur ».

Représentativité au sein des conseils d’administration

Cette approche concertée contraste avec les précédentes opérations menées pour l’opérationnalisation des agences des médicaments et du sang, « dont les décrets d’application ont été adoptés sans consultation des syndicats. Quatre mois de flou avaient alors suivi cette adoption, qui avaient provoqué une crise de confiance entre le ministère et les professionnels du secteur ».

« Un courrier a même été adressé au ministère pour dénoncer la suppression d’une prime de rendement dont bénéficiaient les cadres transférés à ces agences, et qui ne leur a plus été versée, alors que ces derniers y travaillent depuis environ six mois. Cette fois, le ministère entend donc éviter ces tensions en instaurant une démarche inclusive », a ajouté le secrétaire général de la Fédération nationale de la santé de l’UNTM.

Autre point de friction avec le ministère, la question de la représentativité au sein des conseils d’administration, notamment des GST. Les décrets fixant les modalités de cette représentation n’ont pas fait l’objet de concertation avec les syndicats, selon notre interlocuteur. Ainsi, « les cadres administratifs, qui sont plus de 15.000, ont été tout simplement évincés, alors qu’ils sont essentiels au fonctionnement du système », déplore Mohamed Zeguira.

En effet, les décret détaillant la composition des conseils d’administration des deux agences des médicaments et du sang, ainsi que des groupements de santé, ont été adoptés en juillet dernier en conseil de gouvernement. Le décret concernant les GST intervient en application des articles 3, 6 et 20 de la loi 08-22 relative à la création de ces groupements. Il a été publié au Bulletin officiel du 7 avril 2025.

D’après notre source, les cadres administratifs ont été exclus alors qu’ils sont essentiels au bon fonctionnement des groupements. « C’est eux qui se chargent de l’enregistrement des malades, du suivi de la facturation, de la logistique, de la saisie des données et de la gestion des salaires, notamment des futurs salaires variables, qui constituent une nouveauté de cette réforme. Ils doivent de ce fait être au cœur du conseil d’administration ».

« Un courrier a donc été envoyé au ministère pour demander leur réintégration dans les organes de gouvernance, à l’image de ce qui se fait dans les CHU, où ils sont représentés ».

Salaire variable : la vision du ministère présentée aux syndicats…

Le projet de réforme met également en jeu la refonte de la grille salariale, avec une part fixe et une part variable. « C’est un sujet complexe, car il suppose une reconnaissance précise des compétences et des tâches de chaque catégorie de professionnels de santé », estime notre interlocuteur. « Le ministère nous a récemment présenté sa vision, mais des discussions profondes sont encore nécessaires sur ce volet, et les partenaires sociaux doivent impérativement être associés à cette réflexion« .

Les principes structurants du modèle de rémunération variable présentés par le ministère de la Santé aux partenaires sociaux sont les suivants :

– La soutenabilité économique, en cohérence avec les capacités budgétaires et les performances réelles des GST ;

– L’équité et la solidarité, assurant un traitement juste entre professionnels et structures d’un même territoire (GST) ;

– Transparence et simplicité, grâce à un système de calcul clair, fondé sur des références connues des professionnels (système d’information, le REC…) ;

– Inclusion de tous les professionnels de santé (le personnel médical, les infirmiers, les techniciens de santé et le personnel administratif) ;

– Lien direct avec la performance, à travers des indicateurs objectifs liés aux prestations et aux objectifs définis ;

– Alignement progressif sur les standards du secteur privé afin de renforcer l’attractivité du secteur public.

Pour le personnel médical, les infirmiers et les techniciens de santé, le ministère propose ce qui suit :

– La définition d’un plafond annuel de rémunération variable afin de préserver la viabilité financière des GST, notamment durant la phase de montée en charge ;

– La stimulation de la performance en valorisant l’engagement et l’efficacité des professionnels sur la base d’une activité soutenue sans négliger les normes de qualité des soins ;

– La prise en compte des disparités territoriales, tenant compte de l’offre et de la demande en soins selon les spécificités de chaque GST ;

– L’intégration des responsabilités élargies (enseignement, recherche, coordination, gestion ou implication dans les programmes de santé…) afin que ces missions complémentaires ne pénalisent pas les professionnels concernés dans l’évaluation de leur performance.

… mais des discussions profondes sont encore nécessaires

Les syndicats estiment toutefois que tout ce qui entoure ce volet est encore flou pour l’instant. « Les discussions se poursuivent donc, notamment sur la nomenclature des postes et des compétences. À titre d’exemple, les catégories d’infirmiers sont multiples. Seuls les professionnels sur le terrain maîtrisent ce volet. Ils devraient ainsi participer à la définition de la manière de calculer ce salaire variable, en prenant en considération plusieurs éléments concrets ».

Les syndicats insistent aussi sur la nécessité de préserver la prime de rentabilité, considérée comme un droit acquis, et de l’étendre à l’ensemble du personnel.

Rappelons que cette rémunération variable a pour objectif de valoriser les ressources humaines, de renforcer l’attractivité du secteur public, d’améliorer l’expérience et la satisfaction des patients, de fidéliser les compétences dans un contexte de concurrence avec le secteur privé, mais aussi de limiter le transfert des patients vers le secteur privé en assurant un service public de qualité accessible et financièrement soutenue pour l’assurance maladie.

Notons par ailleurs qu’en ce qui concerne la centralisation des salaires et des postes budgétaires, les décrets relatifs aux agences des médicaments et du sang ont déjà été publiés au Bulletin officiel. Les syndicats sont à présent en attente de celui relatif aux GST, « qui est imminent », selon notre interlocuteur. « Il devrait être bientôt publié au Bulletin officiel ».

Pas encore de calendrier, mais une volonté royale claire

Concernant les délais de mise en œuvre des GST, aucun calendrier officiel n’a encore été communiqué. « Une volonté royale est néanmoins exprimée pour que la réforme soit finalisée dans les meilleurs délais », souligne notre interlocuteur.

« Dans un premier temps, des projets pilotes devaient être lancés dans quelques régions (notamment à Fès-Meknès et à Rabat-Salé-Kénitra en plus de la région de TTAH), mais, en fin de compte, le gouvernement a opté pour une seule région afin d’identifier les dysfonctionnements éventuels avant une généralisation à l’échelle nationale ».

« Ce chantier est nouveau pour tout le monde : le gouvernement, les ministères et les syndicats. Il est donc essentiel de prendre le temps de bien faire les choses au niveau du premier GST, afin d’éviter de reproduire les erreurs à l’échelle nationale », conclut Mohamed Zeguira.

Santé. Les détails du lancement imminent du premier GST à Tanger-Tétouan-Al Hoceima

« Le lancement du premier groupement est imminent dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima« , a-t-il déclaré. Rappelons que « le Roi Mohammed VI a d’ailleurs nommé, lors du dernier Conseil des ministres, le directeur général de ce groupement territorial ».

Les mesures d’accompagnement mises en place par le ministère

« Pour accompagner cette réforme d’envergure, le ministère de la Santé a engagé plusieurs actions en lien avec les professionnels du secteur. Parmi elles, la préparation du projet de décret portant statut des professionnels de santé au sein des groupements, le projet d’arrêté fixant les conditions d’élection des représentants de ces professionnels au sein des conseils d’administration des groupements, ou encore le décret encadrant le démarrage effectif dans la région pilote de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (TTAH) ».

« Dans une approche participative, le ministre travaille également à l’implication des partenaires sociaux dans l’opérationnalisation de cette réforme. Plusieurs réunions ont déjà été tenues avec les syndicats du secteur de la santé ainsi qu’avec le syndicat national de l’enseignement supérieur. La plus récente, tenue la semaine dernière, a permis de présenter et discuter le projet de statut des professionnels de santé, les grandes lignes du salaire variable, la centralisation des salaires, ainsi que les aspects techniques liés à la gestion des ressources humaines durant la phase de transfert ».

« Le projet d’arrêté fixant les conditions et modalités d’élection des représentants des professionnels de santé dans les conseils d’administration a aussi été partagé avec les partenaires sociaux », a ajouté le ministre.

Près de 9.900 professionnels de santé dans la région de TTAH

Et de poursuivre : « Dans le cadre du lancement effectif du groupement de TTAH, plusieurs mesures ont été prises en matière de ressources humaines. Il s’agit notamment d’un recensement détaillé des fonctionnaires et de leur situation administrative, de la mise à jour de leur statut administratif et financier, en particulier en ce qui concerne les avancements et les indemnités. »

« La région compte près de 9.900 professionnels de santé », souligne Amine Tahraoui, « répartis entre cadres médicaux, paramédicaux, techniques et administratifs. » Une gestion rigoureuse est donc nécessaire pour garantir la continuité et la qualité des services dans la région ».

« En parallèle, le ministère, en coordination avec les autorités concernées, notamment celles en charge du budget, prépare les documents de référence pour la tenue du premier conseil d’administration du groupement pilote. Ce travail comprend le programme annuel, l’organigramme du groupement, le règlement intérieur ainsi que le statut des professionnels, conformément au projet de décret ».

Une plateforme de prise de RDV en ligne et de consultation des comptes rendus médicaux

Conscient de l’importance du numérique pour la réussite du projet, le ministère a également lancé plusieurs initiatives structurantes dans la région TTAH, qui servira de modèle pour une généralisation progressive à d’autres régions.

Ainsi, « le système d’information hospitalier a été généralisé à 20 hôpitaux de la région. Le déploiement du système numérique est également en cours dans 289 centres de santé, accompagné du développement d’une plateforme de prise de rendez-vous en ligne et de consultation des comptes rendus médicaux. Un projet de calendrier vaccinal digitalisé est également en cours de lancement », a par ailleurs déclaré le ministre de la santé.

Un nouveau programme de santé régional, couvrant 37 spécialités

Enfin, « un programme régional de santé a été élaboré, en coordination avec les cadres du CHU de la région, la Direction régionale de la santé et plus de 60 professionnels de la région », a-t-il ajouté.

« Il couvre 37 spécialités et a été structuré en deux phases. La première est relative à un diagnostic détaillé de l’offre de santé et de la demande dans chaque circuit de soins, à l’identification des unités, des équipements, des ressources humaines et des manquements. La seconde phase porte sur l’élaboration de recommandations à court et moyen terme, l’identification des priorités et des propositions d’investissements pour améliorer la qualité des soins ».

« Ce travail a abouti à la structuration de circuits de santé clairs dans plusieurs domaines clés, notamment de la chirurgie, de l’oncologie, de la santé mentale et des urgences… »

« Enfin, plus de 250 recommandations ont été formulées, constituant une référence stratégique pour l’organisation et le développement de l’offre de santé au sein des groupements territoriaux de la région », a conclu Amine Tahraoui