Latifa Akharbach plaide pour une régulation médiatique au service de la souveraineté informationnelle en Afrique

« La régulation des médias doit désormais s’inscrire dans une vision stratégique de la souveraineté informationnelle à l’ère numérique », a déclaré Latifa Akharbach, présidente de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle (HACA), lors du Forum international de la presse organisé à Conakry du 19 au 21 mai 2025.

Invitée aux côtés des présidents des instances de régulation des médias du Sénégal, de Côte d’Ivoire et du Mali, Latifa Akharbach a souligné que le continent africain, riche d’une histoire, d’une culture et d’un potentiel humain exceptionnels, ne peut rester à l’écart des avancées permises par la transformation numérique des médias.

« À l’ère de l’espace public médiatique globalisé, nous ne pouvons, en tant que continent, rester à l’écart des progrès formidables qu’offre la transformation numérique des médias en termes de liberté d’expression et d’accès à l’information et au savoir. Nous ne saurions non plus nous résoudre à être de simples consommateurs de contenus conçus ailleurs et poussés vers nous par des algorithmes biaisés et orientés exclusivement vers les intérêts commerciaux d’acteurs numériques hégémoniques« .

Selon la présidente de la HACA, l’enjeu est désormais clair. Il s’agit de « défendre notre souveraineté informationnelle, de protéger nos identités culturelles et de garantir le succès de nos projets nationaux de développement et de consolidation démocratique ».

Dans cette perspective, elle a appelé au renforcement des compétences, des moyens et du statut institutionnel des régulateurs africains, tout en plaidant pour le développement de disciplines comme la sociologie des usages numériques et l’anthropologie de la communication.

« Pour ne pas être dépassé par les évolutions rapides des écosystèmes médiatiques, le régulateur n’est pas uniquement tenu de monter en compétences techniques. Il doit adopter en permanence une posture analytique pour comprendre, par exemple, les nouvelles logiques de la communication de masse et les dynamiques d’influence dans l’espace numérique« , a-t-elle ajouté.

Latifa Akharbach a également réaffirmé l’engagement du Maroc et de la HACA en faveur d’une régulation africaine souveraine, concertée et adaptée aux réalités du continent. « Cette position s’exprime entre autres à travers la promotion effective d’une coopération Sud-Sud proactive dans le domaine du développement numérique du continent ».

La présidente de la HACA est également intervenue lors du panel consacré au monitoring des médias en période électorale. Elle y a présenté l’approche marocaine en matière de suivi du pluralisme dans les médias audiovisuels, en s’appuyant sur les dispositifs mis en œuvre par la HACA lors des dernières campagnes électorales tenues au Maroc.

Malgré la révocation de son permis minier en Guinée, Falcon Energy Materials maintient le cap sur son usine de Tanger

À la suite d’une récente décision de la République de Guinée, les permis de recherche et d’exploitation d’une centaine d’entreprises minières ont été révoqués par le ministère des Mines guinéen, concernant principalement des exploitations aurifères. L’arrêté ministériel portant cette décision du gouvernement guinéen a été lu et diffusé à la télévision nationale, le samedi 18 mai 2025, par le ministre de la Communication, Fana Soumah, qui a énuméré les permis des entreprises devant être retirés et retournés gratuitement à l’État.

Parmi les permis révoqués figure celui de la compagnie Falcon Energy Materials qui a exprimé, dans un communiqué, sa dénonciation à la suite du retrait du permis minier du projet de mine de graphite Lola, situé au sud de la Guinée, près des frontières avec le Liberia et la Côte d’Ivoire.

Selon des informations obtenues par Médias24, ce litige ne devrait pas influencer le développement du projet d’usine d’anodes à Tanger, qui avance à plein régime. L’entreprise dispose déjà d’autres sources d’approvisionnement en graphite. Cependant, la priorité actuelle de Falcon est de résoudre le litige qui va à l’encontre de la législation minière guinéenne et, plus particulièrement, de l’accord précédemment conclu avec le ministère des Mines. Actuellement, Falcon évalue ses options en Guinée.

D’après son communiqué, l’entreprise basée à Abu Dhabi compte mobiliser tous les recours juridiques possibles, en Guinée comme à l’international, afin de protéger ses droits et ses investissements.

En effet, depuis 2012, Falcon Energy Materials (anciennement SRG Mining) a développé les ressources du projet Lola, depuis la découverte des premiers indices jusqu’à la réalisation d’une étude de faisabilité évaluant la viabilité économique du gisement. Présentant des retombées économiques directes pour la Guinée, le projet de la mine de Lola permettra d’atteindre une capacité de production annuelle de 2,5 millions de tonnes sur une durée de vie initiale de 25 ans. Ce projet nécessitera un investissement total de 185 millions de dollars américains, avec un retour sur investissement attendu au bout de 3,9 années.

la mine de lola de Falcon Energy Materials dont la révocation du permis minier a été décidé par la Guinée
Le projet minier de Lola inclut la construction d’une usine de traitement par Falcon à proximité du site d’extraction, renforçant ainsi les retombées économiques locales de l’exploitation pour la Guinée.

Au Maroc, le projet est sur de bons rails. L’entreprise a conclu des partenariats stratégiques avec Hensen pour la construction d’une usine de production de graphite sphérique purifié et enrobé, et avec Shanshan pour la commercialisation du graphite produit à Tanger.

D’ici la fin du premier semestre, Falcon et Hensen doivent lancer la construction d’une usine pilote d’une capacité journalière d’environ 100 kg de graphite sphérique purifié et enrobé. Cette phase préliminaire précédera la construction de l’usine principale qui devrait être opérationnelle dès le début de l’année 2027.

Design de l'usine de Tanger de inspiré de l'usine de Hensen en Chine. Les six composantes sont : (1) Usine de sphéroïdisation(2) Usine de purification (3)Usine de revêtement Usine de finition Stockage d'acide Station de traitement des eaux
Design de l’usine de Tanger, inspiré de l’usine de Hensen en Chine. Les six composantes de l’usine sont : (1) l’usine de sphéroïdisation, (2) l’usine de purification, (3) l’usine de revêtement, (4) l’usine de finition, (5) le stockage d’acide, (6) la station de traitement des eaux.

À terme, le projet vise une production annuelle de 26.000 tonnes de graphite sphérique purifié et enrobé, 18.000 tonnes de particules fines recyclables de l’usine de Tanger, et 42.000 tonnes de flocons grossiers extraits de la mine guinéenne de Lola.

Rappelons que le projet Falcon est une initiative de la société canadienne SRG Mining et bénéficie du soutien stratégique et financier de La Mancha Resources, détenue à 19,9% par Naguib Sawiris. Les prévisions financières du projet de Tanger estiment sa rentabilité future à 1,1 milliard de dollars (avec un taux d’actualisation de 8%), ce qui démontre sa viabilité économique en plus de son importance pour le futur écosystème industriel de batteries, en cours de développement.

Managem finalise l’acquisition de l’actif minier aurifère de Karita en Guinée

C’est officiel. « Le groupe Managem a le plaisir d’annoncer l’acquisition intégrale du projet d’exploration aurifère de Karita auprès de la compagnie canadienne Iamgold. Cette acquisition stratégique vient renforcer la position de Managem en tant qu’acteur majeur dans le secteur minier en Guinée », affirme un communiqué diffusé par cette filiale de la holding Al Mada.

Selon la même source, Managem s’est également vu attribuer deux nouveaux permis d’exploration, Doumou et Diagana, situés à proximité immédiate de l’actif de Karita, renforçant ainsi son potentiel de développement dans cette région.

En avril 2023, le groupe Managem avait déjà finalisé l’acquisition des participations d’Iamgold au Sénégal incluant une participation de 90% dans le projet aurifère de Boto, ainsi que 100% des intérêts d’exploration dans le pays.

Avec cette nouvelle acquisition, le groupe Managem, historiquement présent en Guinée à travers le projet Tri-K, réaffirme son ambition de consolider sa position stratégique en Afrique de l’Ouest, tout en renforçant sa présence sur le continent et son engagement à long terme pour le développement durable de la région, conclut Managem.

Managem : « Des projets en cours vont changer la taille du groupe à court terme » (Imad Toumi)

Le chiffre d’affaires de Managem en 2023 a reculé de 22% à 7,5 MMDH du fait de l’impact négatif de la baisse des cours de vente des métaux − le Cobalt (-40%), le Zinc (-24%) et le Cuivre (-8%) − et du repli des volumes vendus en Or à cause de la suspension de l’activité au Soudan et des perturbations externes des opérations de la mine Tri-K en Guinée.

In fine, la profitabilité du groupe a fortement baissé, passant de 1,6 MMDH en 2022 à 514 MDH en 2023.

Malgré cela, le groupe conserve des fondamentaux de qualité avec des actifs miniers importants, dont de nouveaux projets qui porteront leurs fruits dès l’année prochaine, comme l’a affirmé le management du groupe lors de la conférence de présentation des résultats ce jeudi 21 mars. 

Une année 2024 de transition avant le démarrage de quatre nouveaux projets en 2025

Le groupe a concrétisé plusieurs chantiers par le passé. Ces derniers entrent dans le cadre du nouveau programme stratégique du groupe. « Cette année de transition sera marquée par des opérations actuelles qui restent stables, mais surtout par quatre nouveaux projets qui sont en bonne progression pour un démarrage dès l’année prochaine », explique Imad Toumi.

L’un d’entre eux sera le projet marocain cuprifère de Tizert. L’objectif de ce projet est de doubler la production de cuivre au Maroc. Il a monopolisé une enveloppe d’investissement d’environ 4 MMDH. Ce dernier devrait rentrer en production d’ici le second semestre 2025.

L’autre grand projet porteur à l’échelle nationale est la première unité de sulfate de cobalt avec son usine de Guemassa pour un investissement avoisinant le milliard de dirhams dans le cadre d’un contrat signé avec le constructeur Renault. « Elle marque pour nous la première brique fondamentale dans ces nouveaux métiers liés à la transition énergétique », explique le PDG de Managem.

Cette usine permettra de saisir des opportunités sur le marché, notamment dans le sillage des véhicules électriques dont la demande est grandissante. Les constructeurs de batterie ont des demandes de plus en plus poussées et le groupe cherche à y répondre en livrant un produit raffiné à haute valeur ajoutée plutôt qu’un produit brut.

Le groupe procédera à l’extension de sa mine guinéenne de Tri-K pour maintenir la capacité de production de la mine. Cette extension sera terminée d’ici la fin de l’année 2024 et lancée dès l’année prochaine.

Enfin, le projet Boto, qui est la partie sénégalaise des actifs Bambouk acquis fin 2022, entrera en production l’an prochain. Ce projet a monopolisé un investissement de 3,5 MMDH. « Le projet est en route, avec de belles réserves. Nous avons commencé les travaux et l’on espère pouvoir démarrer en milieu d’année prochaine », précise le PDG.

Dans une interview exclusive avec Médias24, le PDG expliquait en janvier dernier que les projets cuprifères de Tizert et Boto au Sénégal devraient améliorer de 50% les revenus du groupe. « Ces projets vont réellement changer la taille du groupe à court terme avec une forte progression de nos revenus et nos marges dès 2025 », poursuit Imad Toumi.

Un virage stratégique axé sur l’or et l’intégration des chaînes de valeur à l’horizon 2030

Quid de la vision du groupe au-delà de cette échéance ? « Ces projets, qui seront prêts l’an prochain, ont été pensés et étudiés il y a désormais plus de cinq ans. C’est l’ordre de grandeur qu’il faut pour faire sortir un projet de terre dans notre industrie. Alors, que se passera-t-il au-delà de 2025 ? », interroge le PDG.

Dans un environnement très incertain et volatil, le groupe cherche à transformer les risques en opportunité. Le groupe cherche à affirmer sa position de leader régional et à prendre le chemin de la transition énergétique. « Nous souhaitons consolider notre activité aurifère. Nous avons fait l’acquisition de trois projets dans le cadre des actifs Bambouk. Il y a l’actif Boto, un autre projet en Guinée qui sera similaire en taille à Boto et qui viendra en production d’ici 2028, et à l’horizon 2030 un autre projet au Mali », explique le dirigeant.

Cela vient en complément des activités déjà présentes au portefeuille du groupe. « Si l’on regroupe aujourd’hui l’ensemble des ressources sur notre portefeuille, nous avons 10 millions d’onces en terre, soit 300 tonnes d’or », explique Imad Toumi. A long terme, d’ici 2030, avec les actifs en portefeuille, le groupe ambitionne les 500.000 onces d’or de production.

Mais le groupe souhaite également profiter des besoins croissants en métaux apportés par la transition énergétique. « La demande sera exponentielle. En tant qu’acteur minier de référence, il est important de se positionner sur les métaux stratégiques dans les années à venir. Le cobalt, le cuivre, etc. », explique le dirigeant.

La gestion et l’exploitation de ces métaux critiques, au-delà de l’extraction, donne une possibilité au groupe d’enrichir la chaîne de valeur en transformant le métal en produit fini plutôt que de le vendre brut à un client. « L’idée étant de ne pas vendre un minerai brut qui sera ensuite transformé ailleurs, mais de le transformer au Maroc par nous-mêmes et de le rendre directement utilisable par nos clients », nous expliquait Imad Toumi en janvier dernier.

Une manière pour les clients de se substituer à l’hégémonie chinoise et d’utiliser des produits décarbonés. « Nous avons notre place à jouer dans ce monde-là. Nous avons des atouts pour nous positionner en aval de notre chaîne de valeur. Nous voulons raffiner et offrir plus de valeur à nos clients. Nous détenons un portefeuille de métaux critiques à la transition. Nous avons le cuivre et le cobalt que nous développons et continuons à développer », conclut le PDG.

 

https://medias24.com/2024/01/21/exclusif-les-revelations-de-imad-toumi-dg-de-managem/