Latifa Akharbach plaide pour une régulation médiatique au service de la souveraineté informationnelle en Afrique

« La régulation des médias doit désormais s’inscrire dans une vision stratégique de la souveraineté informationnelle à l’ère numérique », a déclaré Latifa Akharbach, présidente de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle (HACA), lors du Forum international de la presse organisé à Conakry du 19 au 21 mai 2025.

Invitée aux côtés des présidents des instances de régulation des médias du Sénégal, de Côte d’Ivoire et du Mali, Latifa Akharbach a souligné que le continent africain, riche d’une histoire, d’une culture et d’un potentiel humain exceptionnels, ne peut rester à l’écart des avancées permises par la transformation numérique des médias.

« À l’ère de l’espace public médiatique globalisé, nous ne pouvons, en tant que continent, rester à l’écart des progrès formidables qu’offre la transformation numérique des médias en termes de liberté d’expression et d’accès à l’information et au savoir. Nous ne saurions non plus nous résoudre à être de simples consommateurs de contenus conçus ailleurs et poussés vers nous par des algorithmes biaisés et orientés exclusivement vers les intérêts commerciaux d’acteurs numériques hégémoniques« .

Selon la présidente de la HACA, l’enjeu est désormais clair. Il s’agit de « défendre notre souveraineté informationnelle, de protéger nos identités culturelles et de garantir le succès de nos projets nationaux de développement et de consolidation démocratique ».

Dans cette perspective, elle a appelé au renforcement des compétences, des moyens et du statut institutionnel des régulateurs africains, tout en plaidant pour le développement de disciplines comme la sociologie des usages numériques et l’anthropologie de la communication.

« Pour ne pas être dépassé par les évolutions rapides des écosystèmes médiatiques, le régulateur n’est pas uniquement tenu de monter en compétences techniques. Il doit adopter en permanence une posture analytique pour comprendre, par exemple, les nouvelles logiques de la communication de masse et les dynamiques d’influence dans l’espace numérique« , a-t-elle ajouté.

Latifa Akharbach a également réaffirmé l’engagement du Maroc et de la HACA en faveur d’une régulation africaine souveraine, concertée et adaptée aux réalités du continent. « Cette position s’exprime entre autres à travers la promotion effective d’une coopération Sud-Sud proactive dans le domaine du développement numérique du continent ».

La présidente de la HACA est également intervenue lors du panel consacré au monitoring des médias en période électorale. Elle y a présenté l’approche marocaine en matière de suivi du pluralisme dans les médias audiovisuels, en s’appuyant sur les dispositifs mis en œuvre par la HACA lors des dernières campagnes électorales tenues au Maroc.

Capsule vidéo « Mondial 2030 ». La HACA classe les plaintes du PPS, du MP et du PJD

La capsule vidéo « Mondial 2030 », diffusée par les chaînes publiques, avait suscité la colère des partis de l’opposition qui avaient considéré que ladite capsule faisait le lien entre l’organisation de la Coupe du monde 2030 et certains programmes gouvernementaux et qu’elle était de ce fait « une publicité politique interdite ».

Réuni le 8 mai 2025, le Conseil supérieur de la communication audiovisuelle (CSCA), affirme la HACA, a considéré que « le contenu de la capsule vidéo objet desdites plaintes ne comporte pas d’éléments relevant d’une publicité ou d’un contenu interdits ».

Le CSCA a d’abord estimé que le contenu en question ne réunissait pas les éléments constitutifs d’une publicité telle que définie par l’article 2.1 de la loi n°77.03. De même, il a estimé que « ledit contenu ne comportait pas non plus d’éléments constitutifs d’une publicité interdite de nature politique telle que définie par l’article 2.3 de la loi n°77.03 ».

« La capsule vidéo vise à sensibiliser à l’importance de l’adhésion citoyenne autour de chantiers sociaux d’intérêt national, sans qu’aucun lien explicite ou implicite ne soit fait avec une formation politique déterminée, ni que ces actions soient présentées comme la réalisation ou le bilan d’un gouvernement donné. En outre, ce contenu ne comporte aucun élément visuel (symbole, logo, couleur…) ou sonore renvoyant à un acteur politique identifié. Il affiche au contraire, les armoiries du Royaume du Maroc », argumente le CSCA.

Statuant sur le fond des plaintes des trois formations politiques, le CSCA admet que « le contenu en question mentionne plusieurs programmes à caractère social, mais estime, après consultation de différentes sources, que :

Le verdict du régulateur

« Le contenu audiovisuel objet desdites plaintes correspond à une vidéo institutionnelle de sensibilisation, dont le message essentiel est de présenter l’organisation par le Maroc de la Coupe du monde 2030 comme un événement à portée nationale et internationale, à la fois sportive et développementale. Il met en avant les atouts du Royaume et son engagement dans divers chantiers pour relever ce défi, tant sur le plan sportif que sur le plan social », affirme la HACA.

Selon le régulateur, les dialogues et scènes inclus dans ce contenu visent à promouvoir l’implication de l’ensemble des citoyens, en particulier des jeunes, dans des actions d’intérêt général.

« Le Conseil supérieur a conclu que la capsule vidéo objet des plaintes ne contient ni promotion de positions partisanes, ni défense d’intérêts particuliers, politiques, économiques, financiers ou idéologiques. Son contenu ne contrevient pas aux interdictions prévues par les articles 1.49, 1.52 et 55 du cahier des charges de la Soread 2M« , affirme la même source.

Représentation des femmes dans les médias : la HACA alerte sur des inégalités persistantes (vidéo)

La Haute Autorité de la communication audiovisuelle (HACA) a dévoilé, le 29 avril, une capsule vidéo de sensibilisation intitulée « Représentation des femmes dans l’information au Maroc : enjeux d’égalité citoyenne et d’inclusion démocratique ».

Axée sur les dimensions sociales, culturelles et démocratiques de la représentation équitable des femmes dans les contenus médiatiques, cette vidéo a été présentée dans le cadre d’un atelier de réflexion organisé par l’instance de régulation, réunissant des acteurs institutionnels, médiatiques et associatifs.

L’événement a réuni les membres du Conseil supérieur de la communication audiovisuelle, la présidente du groupe de travail thématique sur l’égalité et la parité à la Chambre des représentants, un représentant du Conseil national des droits de l’Homme, un représentant du ministère de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille, ainsi que des journalistes, des responsables éditoriaux de radios et télévisions publiques et privées, des experts du numérique et de nombreux acteurs de la société civile.

Selon un communiqué de la HACA, les échanges ont permis d’identifier concrètement les facteurs contribuant à la sous-représentation et à la mal-représentation des femmes dans les contenus d’information, tout en proposant des leviers d’action pour tendre vers une information plus équilibrée, inclusive et respectueuse des valeurs de diversité.

Partant du principe que l’information est une ressource essentielle au bon fonctionnement de la démocratie, les intervenants, lors d’un débat modéré par le directeur général de la HACA, Benaissa Asloun, ont souligné la nécessité d’une représentation médiatique des femmes à la fois équitable et éthique. Une telle évolution est jugée cruciale pour faire progresser les mentalités, réinterroger les normes sociales et favoriser l’appropriation collective de réformes importantes, comme celle du Code de la famille actuellement en discussion, ajoute la même source.

À cette occasion, Latifa Akharbach, présidente de la HACA, a présenté les résultats des études menées par l’institution dans le cadre du Projet mondial de monitorage des médias, en mettant en lumière plusieurs constats significatifs sur la représentation des femmes dans l’information audiovisuelle et dans la photo de presse.

Elle a également précisé que cette capsule vidéo, destinée à être diffusée principalement sur les réseaux sociaux, prolonge les efforts de la HACA pour ancrer, au sein de la société marocaine, une culture de la régulation des médias fondée sur les droits humains.

L’analyse des photos de presse, présentée lors de l’atelier, vient corroborer les constats dressés par l’étude globale des contenus médiatiques : les écarts de visibilité entre les hommes et les femmes restent marqués, en particulier dans les thématiques dominantes de l’actualité comme la politique, l’économie ou l’international.

Selon les résultats présentés par Latifa Akharbach, les femmes demeurent invisibles sur plusieurs rubriques telles que le sport, les relations internationales, la science ou encore la religion, tandis que les hommes sont représentés dans presque toutes les thématiques, à l’exception notable de celles liées au climat, à l’environnement et aux médias, où ils sont également absents.

Sur l’ensemble des sujets analysés entre 2020 et 2025, aucune rubrique ne montre une surreprésentation des femmes par rapport aux hommes, et la parité n’est atteinte que dans une seule thématique : la santé, où la femme est paritaire.

La HACA met en garde contre l’encombrement publicitaire dans l’audiovisuel

Cette période est traditionnellement marquée par un pic d’investissements publicitaires, une situation compréhensible sur le plan économique. Toutefois, le régulateur souligne que cette intensification ne doit pas se faire au détriment de l’intérêt du public, en particulier des enfants et des jeunes, vulnérables à la surexposition aux messages commerciaux, rappelle-t-on dans un communiqué publié à l’issue d’une réunion plénière tenue le mardi 25 mars.

Une surcharge publicitaire préjudiciable

Le communiqué dénonce la forte présence de la publicité durant les heures de grande écoute, nuisant à l’expérience du public et altérant la valeur perçue des contenus audiovisuels. Cette situation peut entraîner une érosion de l’engagement du public envers les programmes et affecter l’image des médias, notamment ceux du service public.

Le CSCA signale également que plusieurs plaintes de citoyens et d’associations ont été reçues concernant des pratiques discutables en matière de communication publicitaire. Parmi celles-ci figurent des publicités non déclarées ou interdites, des confusions entre contenus sponsorisés et programmes éditoriaux, ainsi qu’un manque de transparence sur le placement de produits. Ces dérives compromettent la qualité des programmes et minent la confiance du public, souligne la même source.

Un appel à des pratiques éthiques et innovantes

Au-delà des sanctions qu’il peut prononcer, le CSCA insiste sur la nécessité d’une autorégulation plus rigoureuse de la part des opérateurs audiovisuels. Il invite les acteurs du secteur à adopter des pratiques publicitaires innovantes et éthiques, afin de concilier les exigences éditoriales, les attentes du public et les besoins économiques des annonceurs.

Le communiqué met en exergue l’importance d’un modèle économique viable et durable pour les médias audiovisuels, à un moment où les écosystèmes médiatiques évoluent rapidement.

Au vu de son importance et des problématiques soulevées, voici le texte intégral de ce communiqué :

« Publicité audiovisuelle pendant Ramadan :

« Le Conseil Supérieur de la Communication Audiovisuelle rappelle l’importance de concilier les droits du public et les impératifs économiques des opérateurs

« Telle que définie dans son mandat, la régulation des contenus publicitaires assurée par la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle a pour objectif d’assurer un équilibre entre les droits des citoyens usagers des médias et les intérêts économiques des opérateurs audiovisuels.

« Dans ce cadre, en se fondant sur les règles en vigueur en matière d’encadrement de la programmation publicitaire et de régulation des contenus, le Conseil Supérieur de la Communication Audiovisuelle (CSCA) a décidé, lors de sa réunion plénière du 25 mars 2025, de rappeler les éléments suivants :

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Quatre nouvelles chaînes sportives au Maroc

Transmis pour approbation à la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) par le chef du Gouvernement conformément aux dispositions de l’article 49 de la loi n° 77.03 relative à la Communication audiovisuelle, ce projet prévoit le lancement de nouvelles chaines « Arryadia 1 », « Arriyadia 2 », « Arriyadia 3 » et « Arriyadia 4 », qui seront diffusées 24/24 par satellite ou par tout autre mode technique, indique un communiqué du CSCA.

Tout en se félicitant des « efforts déployés par les sociétés nationales de l’audiovisuel public en matière de promotion de l’accès du citoyen marocain à l’information et au divertissement sportifs », le Conseil supérieur a appelé au renforcement de l’offre médiatique nationale dédiée aux sports.

Selon le communiqué, ce renforcement permettra, entre autres, l’accompagnement du Momentum sportif exceptionnel que vit le pays comprenant de nombreuses échéances sportives internationales et continentales importantes et inédites : Mondial de foot 2030, Coupe d’Afrique des Nations 2025, éditions 2025-2029 de la Coupe du Monde du football féminin U17…

Le Conseil Supérieur a également réitéré son appel à une plus grande médiatisation du sport féminin et à une représentation médiatique plus juste de l’expertise féminine dans ce domaine. Le potentiel rassembleur et socialisant du sport est de nature à favoriser la culture de la parité et de l’égalité hommes/femmes au sein de la société marocaine, conclut le communiqué.

Le Roi Mohammed VI reçoit les nouveaux membres du Conseil supérieur de la communication audiovisuelle

Il s’agit de :

Yassir Ghorbal.

– Mohamed Laroussi.

– Abdellatif Adil.

– Adil Benhamza.

Cette audience s’est déroulée en présence de la présidente de la Haute autorité du Conseil supérieur de la communication audiovisuelle, Latifa Akharbach.

(Avec MAP)

A Sao Paolo, Latifa Akharbach plaide en faveur de la consolidation des droits en ligne

« La reconnaissance de ces droits est un combat complexe qui doit être mené au niveau global car les plateformes digitales géantes ont atteint un niveau de puissance économique et technologique qui appelle une réponse systémique et internationalement coordonnée pour faire face aux risques numériques et aux désordres informationnels », a déclaré la présidente de la HACA, lors de cet événement récemment organisé autour de la « Promotion de l’intégrité de l’information : lutte contre la désinformation, les discours de haine et les menaces aux institutions publiques en ligne ».

Présentant l’expérience du Maroc en matière de régulation des plateformes numériques, Latifa Akharbach a rappelé notamment que l’approche marocaine dans ce domaine, est basée sur une position de principe considérant que la régulation du numérique doit être conçue pour favoriser l’innovation et la croissance économique, tout en protégeant les droits des utilisateurs et l’intérêt général. Le Royaume a-t-elle précisé, « s’est attelé à construire une capacité réglementaire lui permettant de faire face à l’impératif de mutli-régulation imposé par les différentes dimensions de l’action des plateformes numériques globales ».

Citée dans un communiqué, la présidente de la HACA qui a été l’unique régulateur de médias africains invité à ce grand évènement international, a affirmé que « les risques pour l’intégrité de l’information qui découlent en grande partie de l’hégémonie des plateformes en tant que source et gatekeepers de l’accès à l’actualité et à l’information, resteront toujours élevés si on ne consolide pas le journalisme de qualité et si les mesures adéquates ne sont pas prises pour enrayer l’affaiblissement des médias classiques ». Ces derniers, a-t-elle poursuivi, ont été mis « sous pression économique par les plateformes numériques qui leur livrent une double concurrence, au niveau de l’audience et au niveau des ressources publicitaires ».

Cette conférence dont les travaux ont été ouverts par Paulo Pimenta, ministre de la Communication sociale du Brésil, a réuni plus de 400 experts et responsables politiques de 30 pays des 5 continents en plus de représentants de l’ONU, de l’UNESCO, de l’OCDE, de l’Union Européenne, de représentants des plateformes numériques globales, de la société civile, de think tanks, de centres de recherche internationaux et de journalistes. La lauréate du prix Nobel de la Paix, la journaliste d’investigation philippine, Maria Ressa, a aussi fait plusieurs communications lors de cet événement.

Latifa Akharbach était accompagnée d’Amin Azziman, directeur du département de la Coopération internationale au sein de la HACA.

Quatre nominations à la HACA

Par Dahir promulgué le 26 mars 2024, Yassir Ghorbal a été nommé membre du Conseil supérieur de la communication audiovisuelle, en remplacement de Abdelkader Chawki Loudyi. Benaissa Asloun a été reconduit au poste de directeur général de la communication audiovisuelle à la Haute autorité de la communication audiovisuelle, et ce, depuis le 3 décembre 2023.

D’autres nominations de membres du Conseil ont été publiées sur le même BO. Elles sont en vigueur depuis la même date. Les voici :

Mohamed Laaroussi (nommé par le chef du gouvernement) et Fatima Baroudi, reconduite en tant que membre du Conseil ;

Abdelatif Adil (nommé par le président de la Chambre des représentants) ;

Adil Ibn Hamza (nommé par le président de la Chambre des conseillers).

Latifa Akharbach appelle à une approche mondiale harmonisée en matière de régulation des plateformes numériques

La présidente de la HACA a pris part, le mardi 23 avril, à la conférence internationale organisée les 23 et 24 avril à Abidjan, sous le thème « pour un dialogue renforcé entre les régulateurs et les grandes plateformes en ligne sur le continent africain et dans l’espace francophone ».

Elle a salué, à cette occasion, la pertinence et l’inclusivité de la résolution de l’ONU sur l’Intelligence artificielle initiée conjointement par le Maroc et les Etats-Unis.

« Il y a lieu de relever la pertinence et l’inclusivité de la toute première résolution onusienne sur l’Intelligence artificielle, adoptée par consensus le 21 mars 2024 sur initiative conjointe du Maroc et des Etats-Unis », a-t-elle souligné.

Cette résolution, a-t-elle ajouté, présente l’avantage de mettre l’accent sur la nécessité d’adopter des approches de gouvernance appropriées de l’IA, qui soient fondées sur le droit international, inclusives et adaptées aux différents besoins et capacités des pays développés et ceux en développement.

Dans le même contexte, la présidente de la HACA a estimé qu’il fallait poser la question de l’Intelligence artificielle non pas en termes de limitation de l’usage mais plutôt de contrôle de cette utilisation et d’élargissement de l’accès aux opportunités que cette technologie offre en matière de développement global des pays, indique un communiqué de la HACA.

Elle a, ainsi, appelé à une approche mondiale harmonisée en matière de régulation des plateformes numériques globales car c’est « le seul moyen pour garantir non seulement un environnement numérique sûr pour tous, mais également un marché numérique ouvert, fluide et équitable. « Pour le continent africain, plus que pour d’autres régions du monde, ce dernier enjeu est capital », a-t-elle estimé.

Elle a également considéré que l’Afrique devait être acteur de la régulation mondiale et contribuer à construire le consensus international sur les règles et les modalités d’encadrement des activités des plateformes numériques globales.

La présidente de l’instance de régulation marocaine, qui assure la présidence du Réseau des instances africaines de régulation de la communication, a relevé que ce plaidoyer représente une légitime demande de prise en compte des spécificités et réalités du continent, adressée à des plateformes à l’action hégémonique et globalisante et qui n’imposent pas uniquement leur puissance de marché, mais aussi leurs normes culturelles et politiques.

Mme Akharbach a, par ailleurs, relevé que « pour un continent qui doit faire face à des enjeux capitaux de cohésion sociale, d’unité nationale, de souveraineté culturelle, d’intégrité des processus électoraux, de polarisation du débat public, de discours de haine et de radicalisation, la mise en place d’un modèle de régulation qui soit à la fois efficient et fondé sur les droits et les libertés est un impératif d’extrême urgence ».

Cette conférence internationale, initiée par l’instance de régulation ivoirienne HACA-CI, a réuni les régulateurs d’une vingtaine de pays africains et de l’espace francophone, des responsables de l’UNESCO et de l’Organisation internationale de la Francophonie, ainsi que des représentants des plateformes numériques globales, Meta, Tiktok, X et Google.

Outre Mme Akharbach, la délégation de la HACA à la conférence d’Abidjan comprenait aussi Talal Salaheddine, manager des affaires africaines et internationales, et Othmane Alami, cadre supérieur au département des études juridiques.

HACA : la part des publicités non stéréotypées multipliée par cinq en 9 ans

Un atelier interactif a été organisé par la HACA le mardi 2 avril en vue de présenter les résultats de son étude sur « La représentation des femmes dans la publicité audiovisuelle » à partir d’une analyse pluriannuelle de plus de 750 spots publicitaires diffusés en prime time sur les chaînes de télévision publiques pendant le mois de Ramadan des années 2020, 2021, 2022 et 2023.

Ainsi, l’étude de la HACA a fait apparaître, en matière de représentation des femmes dans la publicité audiovisuelle, des évolutions positives, mais aussi la persistance dans de nombreuses communications publicitaires d’une représentation discriminante à l’égard des femmes. Le principal progrès a trait à la diminution du nombre de publicités contenant des stéréotypes de genre.

L’étude a pu établir qu’en 9 ans la part des publicités non stéréotypées a été multipliée par cinq, passant d’une quote-part de  9% en 2014 à 51% en 2023. La HACA a noté aussi une tendance vers plus de mixité et d’équilibre dans la représentation des femmes et des hommes dans les publicités de certains secteurs.

« Cependant, malgré la diminution des publicités comportant des stéréotypes de genre flagrants, les clichés sexués ont la vie dure dans les publicités telles qu’analysées par les équipes de l’instances de régulation », précise la HACA.

Selon la même source, « la femme continue à être majoritairement assignée à la sphère domestique, malgré une augmentation de sa représentation dans la sphère professionnelle. Les hommes sont plus fréquemment représentés en situation de pouvoir et de contrôle, et les femmes plus représentées en subalternes ».

Ainsi, plusieurs communications publicitaires comportent des messages et usent de mises en scène induisant une légitimation de la charge mentale des femmes en tant que responsables premières et parfois exclusives du bien-être de la famille, de l’exécution des tâches ménagères et des soins aux enfants.

 

Vol fictif : la HACA appelle à préserver le droit du citoyen à des contenus médiatiques vigilants et sûrs

La HACA a suivi les différents développements en rapport avec la poursuite judiciaire d’individus dans une affaire « fabrication de crime fictif, outrage à un corps constitué et diffusion de fausses informations lors de la participation à une émission radio ».

En prenant en considération le principe de présomption d’innocence qui considère que tout suspect ou accusé d’un crime est présumé innocent jusqu’à ce que sa condamnation soit confirmée par une décision judiciaire, la HACA rappelle certains principes encadrant les services de radio et télévision, notamment dans le cadre de la responsabilité qui leur incombe en matière de préservation de la sécurité des citoyens.

« Ces principes, qui se fondent à la fois sur la philosophie et l’esprit de la Constitution, les dispositions juridiques et réglementaires en vigueur et le cumul normatif réalisé grâce à l’action de la Haute Autorité en la matière, ne portent nullement atteinte à la liberté éditoriale des opérateurs audiovisuels. Bien au contraire, le respect de ces principes contribue à la préservation de cette liberté qui constitue le fondement de la pratique médiatique et du droit à l’information », précise la HACA dans son avis émis jeudi 28 mars.

A ce propos, la HACA considère que « l’instauration par le législateur du principe de responsabilité éditoriale des services radiophoniques et télévisuels et du devoir de maîtrise d’antenne n’est pas un objectif en soi. C’est plutôt un moyen de préserver le droit du citoyen, auditeur et téléspectateur, à l’accès à des contenus médiatiques vigilants, sûrs et de confiance ; ce qui n’est pas antinomique avec le principe de la liberté de la communication audiovisuelle et de la liberté de choix des opérateurs en matière de style d’animation et de production des programmes ».

L’objectif ultime de l’action du régulateur quand il intervient pour prévenir l’induction en erreur de l’auditeur ou du téléspectateur en ce qui concerne aussi bien la véracité de l’information diffusée que l’identité et la qualité des personnes interviewées, est d’étendre le bénéfice d’une information de qualité et conforme à l’éthique professionnelle, explique la HACA.

La HACA souligne sur son avis que les principes et mécanismes d’autorégulation tels que définis par les cahiers de charges des opérateurs audiovisuels ne sont nullement « un luxe réglementaire ». Ces principes sont un moyen important parmi d’autres pour la consolidation de la culture de régulation.

Ainsi, la HACA exhorte l’ensemble des opérateurs audiovisuels à redoubler d’efforts dans ce domaine, afin de promouvoir une pratique médiatique responsable et de contribuer à limiter l’impact de certains agissements nuisibles inhérents à l’espace numérique non régulé, et qui ont parfois des répercussions graves dans l’espace réel.

Intelligence artificielle : « 67% des professionnels de l’audiovisuel et du numérique ne sont pas prêts au Maroc » (HACA)

Une étude vient d’être publiée par le groupe de travail « Régulation et médias numériques » présidé par Narjis Rerhaye, membre du Conseil supérieur de la communication audiovisuelle relevant de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle (Haca) autour de « L’intelligence artificielle et la production audiovisuelle et numérique au Maroc ».

Cette étude tente d’apporter des réponses et des pistes de réflexion sur l’état des lieux du secteur de l’audiovisuel face au déferlement de l’IA. Pour ce faire, le groupe de travail « Régulation et médias numériques  » a réalisé une enquête auprès des professionnels des secteurs audiovisuel, numérique et publicitaire (producteurs audiovisuels, réalisateurs, créateurs de contenus numériques, publicitaires) et des experts en IA, chercheurs et professeurs en audiovisuel et numérique.

Les résultats de l’étude montrent que 67% des professionnels des secteurs audiovisuel, publicitaire et numérique considèrent comme  » faible » la préparation au déferlement de l’IA dans l’audiovisuel et le numérique. Un peu plus du tiers des interrogés, 33%, estiment pour leur part que cette préparation est « inexistante ».

Par ailleurs, 64% des répondants affirment que leurs équipes et collaborateurs ne sont pas formés à l’utilisation des outils de l’intelligence artificielle.