Hakim Ziyech au Wydad, une bonne pioche mais des zones d’ombre

Coup de com’ savamment orchestré ou véritable projet de recrutement ?

L’hypothèse d’une signature de Hakim Ziyech au Wydad Athletic Club (WAC) a enflammé les réseaux sociaux, le mercredi 22 octobre.

Elle a été alimentée par les récentes déclarations du président de l’Association sportive du Wydad Athletic Club, Hicham Aït Menna. « Hakim Ziyech a signé un contrat avec le Wydad jusqu’en 2027, avec une option de prolongation. Ziyech a exprimé son désir de jouer pour son pays, malgré plusieurs offres alléchantes de clubs étrangers”, a-t-il précisé.

Mais au-delà du fait que le club casablancais n’a pas communiqué officiellement sur le sujet, contrairement au compte Facebook de la Botola Pro, la faisabilité sportive et réglementaire de l’opération suscite plus de questions que de certitudes.

Sur le papier, un tel transfert serait une plus-value pour la notoriété d’un championnat où plusieurs internationaux marocains en fin de carrière ont posé leurs valises ces deux dernières saisons, dont Munir El Kajoui, Yunis Abdelhamid et Noureddine Amrabat.

Toutefois, avant même d’aborder la question de son enregistrement auprès de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), le dossier Ziyech bute sur celle de la forme physique.

L’état de forme de Hakim Ziyech en question

Avec le club turc de Galatasaray, il était resté sur le carreau à plusieurs reprises, à cause de six blessures distinctes, cumulant environ 107 jours d’indisponibilité.

Un passif médical qui alimente les doutes quant à sa capacité à enchaîner les performances sans rechute, en particulier pour un joueur qui n’a plus foulé une pelouse depuis le 14 mai 2025, soit plus de quatre mois d’inactivité.

Et pour cause, depuis la fin de son contrat avec Al-Duhail cet été, qu’il avait rejoint après avoir rompu son contrat avec Galatasaray en janvier 2025, le joueur a vu plusieurs deals capoter, en raison d’examens médicaux jugés non concluants.

L’un des épisodes les plus médiatisés concerne son transfert avorté à Al Nassr, en Arabie saoudite, où il devait rejoindre Cristiano Ronaldo. Selon plusieurs médias, une source interne au club saoudien avait alors indiqué que la visite médicale initiale avait révélé un problème au genou, ce qui aurait motivé le retrait de l’offre.

Mais cette version officielle a rapidement été mise en doute par l’intéressé, qui a manié l’ironie sur ses réseaux sociaux. Il s’est avéré qu’une deuxième visite médicale avait été programmée… avant que l’offre salariale ne soit revue à la baisse.

Comme souvent dans ce genre de situation, il est difficile de démêler le vrai du faux. D’autant que Ziyech a vécu un épisode similaire avec le CFR Cluj, en Roumanie, à la fin du mercato estival 2025.

Le président du club roumain, Ioan Varga, a confirmé que les négociations avaient été interrompues pour des raisons médicales. « Il a un problème au genou gauche dont j’ai été informé. C’est un très bon joueur, mais je ne risquerai pas autant d’argent pour un joueur qui pourrait avoir des problèmes médicaux ».

Parcours de Hakim Ziyech avant son arrivée au Wydad Casablanca

« Je l’ai également étudié lors des matchs à Galatasaray, et il semblait jouer avec une certaine appréhension. Nous avons décidé de nous retirer des discussions. Je suis désolé, car c’est un joueur spécial, mais nous ne voulons pas prendre de risque », poursuit-il.

Mais là encore, l’aspect pécuniaire a été soulevé. « Il voulait 2,5 millions d’euros par an, et je n’aurais pas donné cet argent pour un joueur que nous risquions de ne pas faire jouer. Je veux qu’il soit en bonne santé et qu’il puisse jouer pour une autre équipe », conclut le président de Cluj.

Le Wydad semble tenir la corde pour devenir cette autre équipe. Mais cette affirmation est à prendre avec des pincettes, tant qu’il n’a pas validé sa visite médicale. Et ce n’est pas le seul obstacle.

Le cadre réglementaire ne plaide pas en faveur de ce transfert

Au-delà de la forme du joueur, le véritable obstacle se trouve dans les textes réglementaires et la possibilité que le contrat de Hakim Ziyech soit enregistré hors période de mercato. À ce niveau, il y a débat.

En effet, l’article 6 du Règlement du statut et du transfert des joueurs de la FRMF dit ce qui suit : « Un joueur ne peut être enregistré qu’au cours de l’une des deux périodes annuelles d’enregistrement fixées par la FRMF ».

Dans la réglementation marocaine, le cas des joueurs libres de tout contrat n’est pas spécifié, à l’inverse du règlement du statut et du transfert des joueurs de la FIFA. Dans son article 6, paragraphe 1, l’instance internationale prévoit qu’un joueur « peut être enregistré en dehors d’une période d’enregistrement, uniquement si son contrat précédent a expiré avant la fin de la période d’enregistrement précédente ».

Si l’on se contente de la stricte lecture de l’article 6 du Règlement marocain, quand bien même Hakim Ziyech signerait son engagement, il ne pourrait fouler les pelouses de la Botola qu’à partir de l’ouverture de la prochaine fenêtre de transfert, prévue en janvier 2026.

Face à ce vide réglementaire, une porte reste entrouverte. Celle de l’article 29 du Règlement d’enregistrement auprès de la FRMF, qui stipule que « le Comité directeur de la FRMF rend une décision définitive sur tous les cas non prévus dans le présent règlement ».

Pour faire simple, cette commission peut, à titre exceptionnel, autoriser l’enregistrement d’un joueur hors période, notamment en cas de circonstances jugées particulières. Mais il s’agit d’un pouvoir discrétionnaire, exercé au cas par cas, et non d’un droit reconnu.

Une équation sportive loin d’être évidente

Admettons que le Wydad parvienne à enregistrer Ziyech. Quelle serait alors la valeur sportive d’un tel transfert ?

À 32 ans, l’ancien joueur de Chelsea garde un pied gauche soyeux, une excellente vision de jeu et une palette technique rare, largement au-dessus des standards du championnat marocain. Mais le poste qu’il occupe n’est pas une priorité dans l’effectif actuel.

Le WAC dispose déjà d’un international marocain dans le couloir droit, Noureddine Amrabat, dont le salaire pèse lourd dans la masse salariale du club. Sans oublier la pléthore d’ailiers.

Certes, Ziyech a la capacité d’évoluer en soutien de l’attaquant, grâce à sa qualité de passe et son tir à mi ou longue distance. Mais un tel choix poserait inévitablement la question de la cohérence du projet sportif.

Le club casablancais, qui a investi durant l’été dans Stéphane Aziz Ki et qui dispose de plusieurs autres options dans ce secteur de jeu (Sakhi, Arthur, Pedrinho, Enzo), verrait son équilibre interne et sa politique de recrutement remis en cause.

En somme, entre la rumeur d’un transfert pas encore officialisé, les incertitudes médicales, le flou réglementaire et les interrogations sportives, le dossier Ziyech illustre à merveille les paradoxes du Wydad.  À savoir, un club capable de rêver grand, mais dont la politique sportive manque parfois de cohérence.

Milieux de terrains et ailiers du Wydad. Potentiels concurrents au poste de Hakim Ziyech

 

Hakim Ziyech à la Botola ? Un accord conclu avec le Wydad (médias)

L’annonce a été faite par nos confrères de Chouf TV et Radio Mars, puis relayée par le journaliste italien spécialiste des transferts, Fabrizio Romano, avec son célèbre « Here we go! » : « L’international marocain Hakim Ziyech s’apprête à faire un retour spectaculaire au pays en signant pour le Wydad ».

Les mêmes sources affirment que l’accord entre le club casablancais et le joueur a été finalisé.

L’information a ensuite été annoncée sur la page officielle de la Botola Pro inwi.

 

Contacté par Médias24, le président du Wydad, Hicham Aït Menna, n’a pas souhaité donner suite à notre demande.

Si elle se confirme, cette annonce aura mis fin à des mois de spéculations sur l’avenir du joueur qui avait été pressenti dans plusieurs clubs, et qui est libre de tout contrat après la fin de son aventure avec Al-Duhail SC fin juin 2025.

Mercato d’hiver. Les principaux transferts des joueurs marocains

Le mercato hivernal, qui s’est clôturé le lundi 3 février dans les principaux championnats européens, a été loin de battre des records, mais il aura permis à certains clubs d’ajuster leurs effectifs et à plusieurs joueurs marocains de changer d’air pour donner un coup de fouet à leur carrière.

À commencer par Hakim Ziyech. L’ancien capitaine de l’équipe nationale semble avoir renoncé au football de très haut niveau, où il n’avait plus son rond de serviette (330 minutes disputées en 2024-2025), en optant pour un championnat moins exigeant, où il aura bien plus de temps de jeu, avec à la clé un dernier gros contrat.

Même si la valeur marchande de l’international marocain est estimée à 5 millions d’euros, Galatasaray (Turquie) a accepté de libérer Hakim Ziyech pour se délester d’un gros salaire, de l’ordre d’environ 400.000 euros par mois. Le gaucher s’est engagé dans la foulée avec Al-Duhail qui a dû mettre la main à la poche pour offrir à Ziyech une prime à la signature ainsi qu’un salaire au moins aussi important que celui que percevait le Marocain en Turquie. Un investissement que l’attaquant a commencé à rentabiliser dès sa première apparition.

À quelques centaines de kilomètres de distance, Tarik Tissoudali découvrira lui aussi un nouveau championnat au crépuscule de sa carrière. L’avant-centre de 31 ans, qui avait fait les beaux jours de l’équipe nationale sous les ordres de Vahid Halilhodžić notamment, évoluera désormais avec le maillot du club émirati Khor Fakkan, qui a obtenu son prêt du PAOK Salonique (Grèce).

Justement, en citant le championnat grec, ce sera la prochaine destination de Hamza Mendyl, qui a disparu des radars de l’équipe nationale et qui s’est engagé en faveur de l’Aris Salonique. Le gaucher de 27 ans a rompu son contrat avec le club belge de Louvain pour donner un nouvel élan à sa carrière chez le 6ᵉ de la Super League.

View this post on Instagram

A post shared by ARIS F.C. (@arisfc_official)

Le championnat d’Arabie saoudite n’est pas en reste, puisque le club Al-Taawoun a validé l’arrivée en prêt de l’international marocain Abdelhamid Sabiri, dont la trajectoire est quelque peu décevante. Promis à un bel avenir après une Coupe du monde 2022 réussie, le milieu offensif n’a jamais pris son envol, enchaînant les prêts sans pouvoir s’imposer.

Pour sa part, Réda Belahyane poursuit sa progression linéaire en signant dans l’un des plus grands clubs en Italie, la Lazio de Rome, en provenance du Hellas Vérone. Les pensionnaires du Stadio Olimpico ont dû ferrailler pour attirer le néo-international marocain dans leurs filets.

Pressenti à Lens, Monaco ou encore en Espagne, le milieu de terrain de 20 ans n’a finalement eu qu’à parcourir les 500 km qui séparent Vérone de Rome pour franchir un palier dans sa carrière. Malgré un entrejeu fourni, les Biancazzurri, 4ᵉ de Serie A, n’ont pas hésité à mettre 10 millions d’euros sur la table pour attirer le jeune Marocain.

Le technicien italien Marco Baroni a sans doute été séduit par la finesse technique (73 % de passes réussies dans les 30 derniers mètres) et l’activité de Réda Belahyane au milieu de terrain (6,7 ballons récupérés par match). À peine moins âgé, Adam Aznou (18 ans) est quant à lui parti s’aguerrir dans le championnat espagnol, sous les couleurs du Real Valladolid.

Le latéral gauche, adoubé par le sélectionneur national Walid Regragui, était barré par la concurrence en Allemagne, où il n’a disputé qu’une quinzaine de minutes avec l’équipe première du Bayern Munich. C’est quasiment un retour aux sources pour le natif de Barcelone, dans un pays où le rythme des rencontres et le style de jeu correspondent à ses qualités.

De ce côté-ci de la Méditerranée, plusieurs transferts ont également fait grand bruit, à l’image de celui d’Achraf Bencharki, qui signe son retour à Al Ahly (Égypte) dans le cadre d’un transfert libre après une expérience de deux ans à Al-Rayyan SC (Qatar). Il devient ainsi le 4e joueur marocain dans l’effectif du dernier vainqueur de la Champions League, après Achraf Dari, Yahya Attiat-Allah et Réda Slim.

Au Maroc, la rubrique transferts a principalement été animée par les mouvements des gardiens de but. Pendant que le Raja de Casablanca perdait son portier emblématique, Anas Zniti (Al-Wasl FC), sans pour autant le remplacer, le WAC a de son côté fait de la place à l’international marocain El Mehdi Benabid.

Après avoir prêté Abdelali Mhamdi au club saoudien d’Al-Batin pour 182.000 euros, selon TransferMarkt, le Wydad a déboursé une somme légèrement inférieure afin de s’attacher les services de Benabid, qui avait perdu sa place aux FAR de Rabat au profit de Ayoub El Khayati, le meilleur gardien en termes d’arrêts en Ligue des champions africaines (3,6 par match).

Par ailleurs, le Wydad Casablanca s’est également attaché les services du latéral droit Fahd Moufi, qui évoluait jusque là au Hajduk Split (Croatie). Les Rouge et Blanc ont été particulièrement actifs lors de ce mercato, enregistrant notamment les arrivées de neuf arrivées pour 12 départs, dont celui de Sidi Bouna Amar, qui a rapporté 480.000 euros au WAC, en signant en Lybie, à Al Ittihad.

Équipe nationale. Les contours d’un nouvel onze type commencent à se dessiner

À partir du 21 décembre 2025, le Maroc vibrera au rythme de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025. En organisant pour la première fois cette épreuve continentale, le Royaume entend placer la barre très haut en matière d’organisation, avec un objectif sportif tout aussi ambitieux : remporter la deuxième CAN de son histoire.

Une quête qui exige de poser des bases solides en amont. En ce sens, l’année 2024 s’est révélée déterminante à bien des égards. Une année qui avait pourtant très mal débuté avant de se conclure en beauté. En effet, il est difficile de dresser un bilan de l’année 2024 des Lions de l’Atlas sans évoquer leur douloureuse élimination en huitième de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2023, face à l’Afrique du Sud (2-0).

Une désillusion à la hauteur des attentes suscitées par la formidable épopée de la Coupe du monde 2022. Malgré la pluie de critiques qui s’est abattue autant sur ses joueurs que sur ses choix, le sélectionneur national, Walid Regragui, a su rapidement remobiliser ses troupes après avoir endossé la responsabilité d’une élimination pour le moins inattendue, synonyme de dernière défaite en date du onze national.

Depuis, les hommes de Regragui sont invaincus en dix rencontres, concédant un seul match nul (0-0 contre la Mauritanie). Ils enchaînent actuellement huit victoires consécutives, une dynamique positive au cours de laquelle le sélectionneur a misé sur cinq joueurs clés :

– Yassine Bounou : 662 minutes en 8 matchs ; 

– Achraf Hakimi : 810 minutes en 9 matchs ; 

– Nayef Aguerd : 867 minutes en 10 matchs ; 

– Sofyan Amrabat : 615 minutes en 7 matchs ;  

– Azzedine Ounahi : 626 minutes en 10 matchs.

Une moyenne de 3,5 buts par match

Sur le plan statistique, entre les rassemblements de mars et de novembre 2024, comptant pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2026 et de la CAN 2025, les coéquipiers de Brahim Diaz ont trouvé le chemin des filets à 35 reprises, soit une moyenne de 3,5 buts par match. Ils ont surperformé, leur score xG moyen étant de 1,91.

Défensivement, Yassine Bounou ne s’est incliné qu’à deux reprises (0,78 xG contre). Cependant, lors de cette période post-CAN 2023, les prestations des Lions de l’Atlas ont, dans un premier temps, laissé un goût amer au public. En témoignent les difficultés offensives rencontrées face à la Mauritanie et au Lesotho (1-0), mais aussi les faiblesses défensives lors de la double confrontation contre le Gabon.

Le navire défensif des Lions de l’Atlas a tangué à plusieurs reprises sous la vitesse des attaquants gabonais, mais n’a cependant pas chaviré ni pris l’eau. En effet, au final, l’équipe nationale n’a encaissé que deux petits buts en dix rencontres. Une imperméabilité qu’elle doit en grande partie à son portier, Yassine Bounou, auteur de plusieurs arrêts décisifs.

Les soubresauts de l’arrière-garde des Lions de l’Atlas ne sont pas le fruit du hasard. En effet, ces derniers mois étaient placés sous le signe d’un laboratoire assumé par Walid Regragui. Le sélectionneur était animé par plusieurs objectifs : poser les bases d’un groupe élargi de 30 à 35 joueurs capables de remporter la CAN 2025, faire émerger de nouveaux leaders et donner de l’expérience à la nouvelle génération pour préparer l’avenir.

La première fenêtre internationale de 2025, prévue en mars, avec les éliminatoires de la Coupe du monde 2026, pourrait encore servir à donner du temps de jeu à de nouveaux visages, mais à doses homéopathiques. Car le staff de l’équipe nationale a d’ores et déjà basculé dans la construction d’un onze aligné régulièrement, avec peu de changements entre les matchs, en vue de la CAN 2025.

Ainsi, faire de la place à de nouveaux éléments paraît de plus en plus difficile, même si l’avènement de nouveaux talents pourrait amener Walid Regragui à s’adapter. En attendant, le sélectionneur semble avoir quelques idées arrêtées, à commencer par le poste de gardien de but.

Un onze type qui se dégage

« Nous avons deux grands gardiens, Yassine Bounou et Munir El Kajoui, dans un poste où les joueurs ont souvent une carrière assez longue. Je pense qu’ils ont au moins deux ou trois ans devant eux. Actuellement, nous n’avons pas de besoin au niveau de ce secteur », a-t-il précisé lors d’une précédente conférence de presse. En défense centrale, c’est une tout autre histoire. 

Alors qu’il n’est plus dans les petits papiers du sélectionneur, Romain Saïss a laissé un grand vide au cœur de l’arrière-garde marocaine. Un vide que devait normalement combler Chadi Riad, dont les prestations convaincantes sous le maillot du Betis Séville (Liga) ont poussé le club londonien Crystal Palace (Premier League) à mettre 15 millions d’euros sur la table pour s’attacher ses services.

Mais après un seul match disputé, une blessure au genou a éloigné le gaucher de 22 ans des pelouses, qu’il n’a toujours pas foulées depuis le mois d’août dernier. « La blessure de Chadi Riad a perturbé notre continuité. Mais d’un autre côté, les absences offrent l’opportunité à d’autres joueurs de montrer ce qu’ils peuvent apporter », a affirmé le technicien marocain.

Pour le suppléer, Walid Regragui a d’abord lancé Abdel Abqar, dont les prestations décevantes ont par la suite ouvert la porte à Jamal Harkass. Le défenseur du Wydad de Casablanca n’a pas laissé passer sa chance. Depuis sa première convocation en octobre, le natif de Figuig a enchaîné quatre titularisations pour un but inscrit, aux côtés de l’indéboulonnable Nayef Aguerd.

En dépit de quelques sauts de concentration, Jamal Harkass a offert suffisamment de garanties pour prétendre à une place de titulaire, surtout si Chadi Riad ne retrouve pas une forme optimale. Deux autres joueurs ont également la quasi-certitude d’être sur la feuille de match.

Le polyvalent Noussair Mazraoui semble être le choix privilégié de Walid Regragui au poste de latéral gauche, même si le joueur du Raja, Youssef Belammari (RCA), a idéalement lancé sa carrière en équipe nationale en offrant une passe décisive dès sa première sélection, le 12 octobre contre la République centrafricaine.

Achraf Hakimi s’affirme sur le terrain et en dehors

Il n’y a pas non plus de débat sur l’identité du joueur qui occupera le flanc droit de l’équipe nationale. Nominé parmi les cinq candidats au Ballon d’or africain, Achraf Hakimi n’a certes pas remporté de titre européen, contrairement au lauréat, le Nigérian Ademola Lookman (Atalanta Bergame).

Toutefois, l’arrière droit du Paris Saint-Germain s’est affirmé en tant que cadre du vestiaire en sélection et a grandement contribué à la médaille de bronze glanée par l’équipe nationale olympique lors des J.O. 2024. Il semble avoir franchi un nouveau cap et a même eu le privilège de porter le brassard de capitaine avec les Lions de l’Atlas.

Dans l’entrejeu, Sofyan Amrabat ne faiblit pas. Le milieu défensif est toujours une machine à récupérer des ballons, à harceler et à remporter des duels, aussi bien au sol que dans les airs. La dépendance du onze national envers Amrabat est telle qu’en cas d’absence, Walid Regragui se retrouverait dans une situation peu enviable.

En l’absence de Oussama Azzouzi, dont le profil correspond aux exigences du poste, aucun autre joueur n’a réussi à tirer son épingle du jeu. Ni Oussama Targhalline ni Amir Richardson n’ont prouvé qu’ils pouvaient remplacer au pied levé leur aîné, dont la complicité avec Azzedine Ounahi semble avoir de beaux jours devant elle.

D’autant que ce dernier a retrouvé la forme à la suite de son départ pour la Grèce (Panathinaïkos) en provenance de l’Olympique de Marseille. Dans le traditionnel système en 4-3-3 du sélectionneur Walid Regragui, Eliesse Ben Seghir est la troisième pièce du puzzle du milieu de terrain. Dans une position plus avancée, en qualité de milieu offensif, Ben Seghir a dépassé le stade de la promesse.

En comptabilisant trois buts et deux passes décisives en huit sélections, le droitier de 19 ans n’a pas encore atteint sa plénitude, mais en s’appuyant notamment sur des qualités de percussion et une technicité hors pair, il est l’un des meilleurs joueurs de sa génération. Sa proximité avec un Abdessamad Ezzalzouli, toujours aussi déroutant, fait des étincelles. 

Après avoir longtemps éprouvé d’immenses difficultés à trouver des solutions face aux défenses regroupées autour d’un bloc bas, les Lions de l’Atlas ont enfin réussi à trouver la recette pour enchaîner les victoires aussi larges que probantes, dont celle qui a marqué les esprits, en déplacement au Gabon (1-5).

Paradoxalement, c’est l’absence d’un joueur en particulier qui a énormément compté dans le nouvel élan offensif de l’équipe nationale. Plus convoqué depuis le rassemblement du mois de septembre, Hakim Ziyech paye son temps de jeu famélique (320 minutes, 10% de minutes jouées) en Turquie (Galatasaray).

Brahim Diaz a nettement bénéficié du déclassement de Ziyech

« Hakim a très peu joué. Il doit retrouver sa meilleure forme avant de revenir, car la concurrence est plus importante à ce poste. Donc, j’ai davantage le choix de ne pas convoquer les joueurs qui manquent de temps de jeu », a affirmé le sélectionneur pour justifier l’absence de Ziyech, qui semble avoir manqué le train qui mène l’équipe nationale vers la CAN 2025.

Brahim Diaz a nettement bénéficié du déclassement de Ziyech. Moins prévisible, l’attaquant madrilène ne cesse d’imprimer sa patte sur un secteur offensif qui était moribond par séquences. Impliqué dans 7 buts et 2 passes décisives en seulement huit sélections, Diaz a offert à l’équipe nationale davantage de variété sur le côté droit.

Plus technique, plus vif et nettement plus à l’aise que son coéquipier dans les petits espaces, l’attaquant a fait oublier Hakim Ziyech dans les grandes largeurs, d’autant plus au regard de sa complicité avec Soufiane Rahimi. Meilleur buteur du dernier tournoi de football olympique, l’attaquant d’Al Ain (EAU) n’a pas laissé d’autre choix à Walid Regragui que de lui faire une place au sein du onze national. Et il le lui a bien rendu.

Au-delà de sa contribution statistique (4 buts et 2 passes décisives lors de ses six dernières sélections), il y a aussi tout ce que l’on ne voit pas : ses appels pour ouvrir des espaces, sa capacité à fixer les défenses adverses et son jeu dos au but. Bref, Soufiane Rahimi a prouvé qu’il avait toutes les qualités pour occuper le poste d’avant-centre de l’équipe nationale.

Fort de sa polyvalence, il est également apte à être aligné aux postes d’ailier droit ou gauche pour faire de la place à Ayoub El Kaabi et Youssef En-Nesyri. Le premier nommé est l’un des attaquants les plus prolifiques en Europe (15 buts et 4 passes décisives en 24 rencontres), tandis que le second retrouve peu à peu son meilleur niveau (9 buts et 3 passes décisives en 24 matchs). 

Cela dit, on prête à son entraîneur, José Mourinho, la volonté de rapatrier sur les bords du Bosphore un autre avant-centre, ce qui pourrait freiner le retour en grâce de Youssef En-Nesyri. Surtout que ce dernier est déjà fortement concurrencé par Edin Dzeko. Une situation qui n’est pas sans rappeler celle de l’équipe nationale où rien n’est jamais acquis, malgré les derniers mois réussis. Encore plus au regard des prochaines échéances décisives où le Maroc devra non seulement composter son billet pour le Mondial 2026, mais aussi remporter la CAN 2025 à domicile. Un objectif non négociable.

CAN 2025. Le Maroc ambitionne de finir l’année en beauté face au Lesotho

Pour en finir avec une année 2024 qui a mal commencé, le Maroc affrontera le Lesotho, ce lundi 18 novembre à Oujda, dans le cadre de la dernière journée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations 2025. Qualifié en tant que pays organisateur de l’épreuve continentale, Les Lions de l’Atlas n’ont qu’une idée en tête : réussir le grand chelem.

« Le bilan de ces qualifications sera fait après le match contre le Lesotho », a déclaré le sélectionneur national Walid Regragui au micro de la chaîne Arryadia, dimanche 17 novembre, en marge de la séance d’entraînement ouverte aux médias, qui a eu lieu à la place de la traditionnelle conférence de presse d’avant-match.

« Pour l’instant, nous avons remporté nos cinq matchs, et c’est plus que satisfaisant. Mais il faudra terminer le travail pour maintenir cette dynamique. Nous avons encore beaucoup de progrès à réaliser, mais ces matchs qualificatifs nous ont permis de corriger de nombreuses lacunes », a affirmé le sélectionneur national.

Pour cette rencontre face à une équipe déjà éliminée de la course à la CAN 2025, mais qui avait tenu tête aux Lions de l’Atlas jusqu’aux arrêts de jeu lors du match aller (1-0), Walid Regragui devra se passer de son capitaine, Achraf Hakimi. « Achraf a quitté le groupe avec l’approbation du staff technique et de la Fédération royale marocaine de football. Nous avions un accord avec le Paris Saint-Germain pour qu’il soit libéré en vue des Jeux olympiques », a précisé le sélectionneur national.

« En contrepartie, nous devions le libérer pour un match afin qu’il puisse se reposer, car il a beaucoup joué depuis cet été. Nous avons donc choisi de le libérer pour la rencontre face au Lesotho. Cela nous permettra également d’observer d’autres joueurs », a-t-il ajouté. Et surtout de poursuivre la métamorphose opérée par le Onze national depuis la CAN 2023.

Eliesse Ben Seghir incarne le renouveau de l’équipe nationale

En Côte d’Ivoire, le Maroc avait été éliminé en huitième de finale par l’Afrique du Sud, en raison de la méforme de certains cadres, mais également à cause d’un manque d’ambition tactique. Depuis, Walid Regragui a adopté une approche totalement différente, misant sur une identité de jeu résolument plus ambitieuse.

Certes, les adversaires rencontrés jusqu’ici n’étaient pas des poids lourds, mais les intentions affichées par les Marocains montrent une orientation nettement plus offensive. Ce n’est pas une révolution culturelle, mais une évolution significative à l’échelle de Walid Regragui. En atteste la large victoire acquise à l’extérieur face à Gabon (5-1). Mais pas seulement. 

Le Maroc est invaincu en neuf rencontres depuis son élimination de l’épreuve continentale en janvier dernier, avec huit victoires et un seul match nul. La défense des Lions de l’Atlas a été prise à défaut seulement trois fois. Sur le plan offensif, les Marocains ont fait trembler le chemin des filets adverses à 28 reprises, soit une moyenne de 3,1 buts par match.

Dans le groupe B des éliminatoires de la CAN 2025 qu’ils ont survolé en dépit de l’absence d’intérêt comptable, les protégés de Walid Regragui ont inscrit 19 buts et n’en ont encaissé que deux. À l’évidence, les velléités offensives de l’EN trouvent enfin un prolongement sur le terrain.

Ce nouvel élan doit autant aux ajustements tactiques du sélectionneur qu’à l’apport de nouveaux joueurs. Auteur de trois buts en sept sélections, Eliesse Ben Seghir incarne le renouveau de l’équipe nationale. Âgé d’à peine 19 ans, l’attaquant de l’AS Monaco prend de plus en plus de poids dans l’animation offensive marocaine. Le plus souvent titularisé en tant que milieu offensif, Ben Seghir apporte du mouvement et de la créativité, des qualités qui manquaient aux Lions de l’Atlas pour venir à bout des défenses en bloc bas.

On peut en dire autant de Brahim Diaz. Le doublé qu’il a inscrit à Franceville face au Gabon en dit long sur son sens du but. Pour une première expérience africaine loin d’Agadir et d’Oujda, le Madrilène a fait preuve d’une grande maturité dans le jeu. Il a provoqué, fluidifié la circulation de balle en offrant constamment une solution au porteur du ballon.

Le déclassement de Hakim Ziyech

Diaz doit encore améliorer son placement défensif parfois approximatif, mais son apport dans les 30 mètres adverses est tellement important, qu’il est plus simple de lui pardonner ses scories à la perte du ballon. D’autant que l’absence de Hakim Ziyech semble lui faire énormément de bien, tant ils se marchent sur les pieds lorsqu’ils sont en même temps sur le terrain.

En effet, le déclassement sportif du gaucher de Galatasaray est l’autre principal enseignement de cette fin d’année 2024. Longtemps titulaire indiscutable dans l’esprit du sélectionneur, Hakim Ziyech ne semble plus entrer dans les petits papiers de Walid Regragui, qui ne l’a pas convoqué lors des deux derniers rassemblements. 

« La concurrence est plus importante à ce poste. Donc j’ai davantage le choix de ne pas convoquer les joueurs qui manquent de temps de jeu », a affirmé le sélectionneur pour justifier l’absence de Ziyech. Évidemment, d’ici au coup d’envoi de la prochaine CAN, dans un peu plus d’un an, il peut encore se passer beaucoup de choses dont le retour de l’attaquant de 31 ans. Mais au vu de la profusion de talent à ce poste, cela paraît très peu probable.

Qui plus est au vu de l‘avènement de Soufiane Rahimi sur le côté droit de l’attaque. En tout cas, l’équipe nationale a rarement paru aussi forte qu’en l’absence de Hakim Ziyech.  Défensivement, Jamal Harkass et Nayef Aguerd forment une paire axiale solide. Avec le retour attendu de Chadi Riad en mars 2025, les Lions de l’Atlas seront armés pour atteindre des objectifs élevés :  se qualifier à la Coupe du Monde 2026 et remporter un deuxième titre continental. 

Walid Regragui : « Hakim Ziyech a besoin de retrouver sa meilleure forme »

Le Maroc se rendra au Gabon à Franceville avant de recevoir le Lesotho à Oujda, les vendredi 15 et lundi 18 novembre. Ces rencontres, qui s’inscrivent dans le cadre des éliminatoires de la CAN 2026, sonnent également la fin des fenêtres internationales pour l’année 2024.

En prévision de ces rendez-vous anecdotiques sur le plan comptable, mais d’une importance cruciale en vue de la préparation à la CAN 2025, le sélectionneur national a convoqué 26 joueurs le jeudi 7 novembre. Entre-temps, deux nouveaux joueurs ont été appelés pour pallier les forfaits de Ilias Akhomach et Amir Richardson.

Avant de s’envoler vers le Gabon, le sélectionneur national Walid Regragui a tenu une conférence de presse, mardi 12 novembre, dans l’amphithéâtre du Complexe Mohammed VI de football, à Salé. L’occasion d’expliquer ses choix, qui ont encore une fois alimenté les débats. À commencer par l’absence de Hakim Ziyech pour le deuxième rassemblement d’affilée. « Hakim a très peu joué ces dernières semaines. Il doit retrouver sa meilleure forme avant de revenir », a souligné le sélectionneur.

L’attaquant du club turc de Galatasaray a disputé sept matchs depuis le début de la saison (281 minutes). Il n’a été titulaire qu’à une seule reprise. Alors que par le passé plusieurs joueurs ont été convoqués en n’ayant pas plus de minutes de jeu dans les jambes, le choix du sélectionneur a été conditionné par la profusion de talents sur la droite de l’attaque des Lions de l’Atlas. 

« La concurrence est plus importante à ce poste. Donc j’ai davantage le choix de ne pas convoquer les joueurs qui manquent de temps de jeu », a-t-il poursuivi. Cela dit, il semble que dans l’esprit de Walid Regragui, Hakim Ziyech n’est plus une solution évidente. Pour suppléer Ilias Akhomach, gravement blessé au genou, il a appelé Zakaria Aboukhlal.

L’attaquant du club toulousain est dans une forme éclatante, après avoir été éloigné des terrains pendant plusieurs mois à la suite d’une rupture des ligaments croisés. « Zakaria mérite amplement sa convocation », a affirmé Walid Regragui. Le natif de Rotterdam (Pays-Bas) a inscrit quatre buts et a offert deux passes décisives lors des cinq derniers matchs de son équipe.

Le milieu de terrain de la Fiorentina, Amir Richardson, a également dû déclarer forfait, au même titre que Omar Sahraoui. « Nous avons pris cette décision par précaution, car ils n’étaient pas totalement aptes pour être sur le terrain », a assuré M. Regragui. Mais seul Richardson a été remplacé par Reda Belahyane, le milieu central de l’Hellas Vérone.

Adam Masina en défense centrale

Dans environ un an, l’équipe nationale entamera la dernière ligne droite avant de recevoir les plus grandes nations du football africain à l’occasion de la CAN 2025. Mais ce n’est pas pour autant que le sélectionneur ressent une pression particulière. « La pression est toujours présente, quel que soit le match. Il y a un devoir de résultats. On a encore des matchs pour atteindre notre objectif afin d’être prêts pour la CAN 2025 à la maison », a-t-il assuré. Toutefois, le secteur défensif lui donne toujours autant de tourments. 

D’où le retour d’Adam Masina, qui a relancé sa carrière au Torino (Italie). « Adam a changé de poste puisqu’il joue en axe gauche dans une défense centrale à trois. Notre objectif est d’évaluer ses capacités dans une défense à quatre. Et pourquoi pas, à l’avenir, évoluer dans un système à trois défenseurs », a indiqué le sélectionneur.

Néanmoins, dans cette position, Adam Masina n’a pas donné entière satisfaction. 11e du championnat d’Italie, le Torino FC possède la 5e plus mauvaise défense de Série A, ayant encaissé 18 buts en 12 rencontres. Bref, la convocation de Adam Masina interroge autant que celle des quatre gardiens sélectionnés pour ce rassemblement.

« Ce n’est pas la première fois que j’appelle quatre portiers », a rappelé Walid Regragui. « Nous avons deux grands gardiens, Yassine Bounou et Munir El Kajoui, dans un poste où les joueurs ont souvent une carrière assez longue. Je pense qu’ils ont au moins deux ou trois ans devant eux ». 

« Nous avons également appelé deux autres gardiens afin de les évaluer. C’est un chantier pour l’avenir, mais actuellement nous n’avons pas de problème au niveau de ce secteur », a-t-il ajouté. Enfin, en réponse à une question concernant les joueurs binationaux qui n’ont pas encore eu la chance d’être convoqués, le sélectionneur a mis en avant la concurrence de plus en plus importante au sein de l’EN.

« Notre équipe a grandi. Nous avons un très bon effectif. On est dans le top 13 mondial depuis deux ans. Donc, les binationaux qui souhaitent jouer pour le Maroc doivent prendre leur mal en patience, car il y a une forte concurrence. Et si un joueur pense qu’il sera mieux avec un autre pays, il n’y a pas de problème », a-t-il conclu.

Équipe nationale. Cinq nouveaux joueurs convoqués par Walid Regragui face à la République centrafricaine

Ce jeudi 3 octobre, au Complexe Mohammed VI de football à Rabat, Walid Regragui a annoncé un groupe de 25 joueurs en prévision des 3e et 4e journées éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations 2025 (CAN), une compétition pour laquelle le Maroc est qualifié d’office en tant que pays organisateur.

Cette fenêtre internationale sera particulière à plus d’un titre. D’abord, le Maroc affrontera deux fois le même adversaire, la République centrafricaine, sur la pelouse du stade d’honneur à Oujda, les samedi 12 et mardi 15 octobre. Ensuite, parce que le visage de l’équipe nationale sera quelque peu modifié.

Entre les méformes (Amir Richardson, Mehdi Benabid), les blessures (Hakim Ziyech, Brahim Diaz) et la concurrence, plusieurs internationaux sont restés sur le quai. L’occasion pour d’autres joueurs, dont trois issus de la Botola, de faire étalage de tout leur talent afin d’espérer poursuivre l’aventure avec les Lions de l’Atlas.

À commencer par le poste de gardien de buts. S’il est peu probable qu’il soit aligné à la place de Yassine Bounou ou Munir El Kajoui, Salaheddine Chihab a l’occasion de confirmer son excellent début de saison pour devenir le 3e gardien de l’équipe nationale. Statistiquement, le portier du Moghreb de Fès fait partie des meilleurs derniers remparts du championnat national, si ce n’est le meilleur.

Très bon sur sa ligne, avec 80% d’arrêts réflexes (8 sur 10), Salaheddine Chihab est prépondérant dans les résultats positifs de son équipe, en évitant à ses coéquipiers d’encaisser jusqu’à présent trois buts (1er). La convocation de Jamal Harkass (WAC) et Abdelhamid Ait Boudlal (Rennes), en lieu et place de Achraf Dari (Al Ahly) et Yunis Abdelhamid (Saint-Étienne), révèle quant à elle les difficultés du sélectionneur à trouver la bonne association en charnière centrale, surtout depuis la disparition de Romain Saïss des radars.

« La défense est un chantier où je me pose des questions pour l’avenir, notamment en charnière centrale », a concédé Walid Regragui. « En l’absence de Romain Saïss, reprend-il, je me dois de donner sa chance à Jamal Harkass qui a connu une belle progression et d’évaluer Abdelhamid Ait Boudlal ».

La présence de Adam Aznou est moins surprenante, surtout après sa bonne prestation lors du dernier match face au Lesotho. « Il est de retour car nous préparons l’avenir avec lui. D’ici la CAN 2025, nous allons essayer encore des joueurs pour que je puisse avoir une vision claire du secteur défensif », a annoncé le technicien marocain.

L’avenir, Walid Regragui y a également songé en cochant les noms des milieux de terrain convoqués. L’absence d’Amir Richardson (22 ans) a été comblée par la convocation du milieu de terrain du Hellas Vérone (Italie), Reda Belahyane (20 ans). « C’est un joueur atypique que je suivais lorsqu’il était à l’OGC Nice. Désormais, il est titulaire en Série A. Il aurait pu faire les JO mais il était blessé », a précisé le sélectionneur.

À ses côtés, on notera le retour d’Ismail Saibari (PSV Eindhoven). Un secteur de jeu où Amine Harit n’a pas encore été rappelé. « Ismail Saibari et Bilal El Khannouss passent actuellement devant Amine Harit qui a besoin d’avoir une place importante dans l’équipe. Si je dois le laisser sur le banc, je préfère ne pas le convoquer car il ne l’accepte pas. Mais la porte lui est toujours ouverte », a souligné Walid Regragui.

En attaque, la principale attraction lors des prochains rendez-vous se nommera Osame Sahraoui. Alors qu’il s’affirme en tant que titulaire à Lille, qui a battu le Real Madrid (1-0), le mercredi 2 octobre en Ligue des champions, le droitier possède des qualités similaires à celles de Brahim Diaz.

Au-delà du jeu, il s’agit d’un joueur qui a affirmé sa volonté de porter les couleurs du Maroc, malgré le pressing insistant de la Norvège, son pays natal. Mais cela ne lui assure pas pour autant un siège permanent en équipe nationale. « La concurrence est rude en équipe nationale », avance Walid Regragui.

« Que ce soit pour les joueurs de la Botola comme pour les joueurs à l’étranger. Cette année, il y a 16 joueurs marocains qui participent aux compétitions européennes. C’est un record. Forcément, le niveau est plus élevé, il y a de plus en plus de concurrence. Il faut être régulier et travailler », prévient le sélectionneur.

Une règle qui ne semble pas s’appliquer à Youssef En-Nesyri, dont le début de saison est loin des attentes. « C’est un des meilleurs attaquants de l’histoire du Maroc, il a marqué dans toutes les compétitions auxquelles il a participé et a été adoubé par un grand manager, en la personne de José Mourinho », affirme Walid Regragui.

« Donc il faut l’aider pour qu’il garde sa confiance car Youssef passe par une période difficile. C’est mon travail en tant qu’entraîneur, et je suis sûr qu’il retrouvera son niveau comme en Coupe du monde 2022″, conclut-il.

Par ailleurs, le sélectionneur a indiqué que la décision a été prise d’envoyer les meilleurs U23 de la Botola pour disputer le Championnat d’Afrique des nations 2025 (CHAN) et la Coupe avec l’objectif de leur permettre de progresser.

Équipe nationale. Les erreurs à éviter pendant la CAN 2025

Malgré l’absence d’enjeu comptable, les deux rencontres disputées par l’équipe nationale lors des 1re et 2e journées des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025 ont été riches en enseignements. Pendant cette trêve internationale, le Maroc, déjà qualifié en tant que pays organisateur, a livré deux prestations qui laissent à désirer.

Contre le Lesotho, lundi 9 septembre, les Lions de l’Atlas ont peiné, affichant d’importantes lacunes sur le plan offensif. Ils ne doivent leur salut qu’à une réalisation de Brahim Diaz au bout du temps additionnel. Trois jours plus tôt, face au Gabon, c’est l’animation défensive qui avait failli. L’issue de la rencontre aurait sans doute été différente sans un Yassine Bounou des grands soirs (6 arrêts). 

Conscient des difficultés éprouvées par ses joueurs, Walid Regragui ne s’inquiète pas pour autant. « On peut encore faire des erreurs d’ici la CAN 2025 et prendre des risques, notamment offensifs, même s’ils nous obligent à nous découvrir », a-t-il réitéré plus d’une fois face à la presse.  

Le match contre le Gabon, dont le score xG (buts attendus, ou probabilité de buts) a atteint 4,52, en est un parfait exemple. Après un second visionnage, plusieurs aspects à améliorer ont émergé. Ils se déclinent comme suit :

– Plus de vigilance sur les corners défensifs ; 

– Une meilleure gestion de la profondeur ; 

– Davantage d’intensité dans la récupération du ballon.

Une équipe fébrile sur corner

Alors que c’est une arme efficace pour faire sauter le verrou des blocs défensifs bas, le Maroc est peu efficace sur les coups de pied arrêtés offensifs, notamment les corners. Les joueurs de Walid Regragui ne sont pas non plus intraitables dans leur propre surface de réparation. Le match contre le Gabon a mis en lumière des oublis et un manque de concentration flagrant.

Certes, les Panthères n’en ont pas profité, mais de telles carences défensives pourraient coûter cher à l’avenir. Comme en atteste l’image ci-dessous. Bien qu’ils soient en supériorité numérique dans leur surface de réparation, les coéquipiers de Nayef Aguerd ont trouvé le moyen de concéder une occasion de but nette (14’). 

Les défenseurs marocains sont tous attirés par le ballon. En conséquence, Noussair Mazraoui n’a pas remarqué le joueur adverse dans son dos, dont le coup de tête a frôlé le poteau de Yassine Bounou.

Fautif sur cette action, Noussair Mazraoui a perdu de vue son adversaire direct. Comme ses coéquipiers, le Mancunien avait le regard rivé sur le ballon. De son côté, Abdessamad Ezzalzouli a connu un moment de déconcentration à l’origine du second penalty, permettant au Gabon de réduire le score.

Dans un premier temps, Abdessamad Ezzalzouli était en charge du marquage de Denis Bouanga, mais il a ensuite manqué d’attention.

Bien qu’il ait eu la présence d’esprit de se positionner près du poteau de corner pour défendre contre Denis Bouanga, Ezzalzouli n’a pas été suffisamment attentif au moment de la combinaison des Gabonais. En conséquence, l’ailier marocain n’a pas pu empêcher Bouanga de provoquer un penalty.

L’attaquant gabonais a profité de l’inattention d’Abdessamad Ezzalzouli pour s’infiltrer dans la surface de réparation et obtenir un penalty

Une ligne défensive à coordonner 

Afin de récupérer le ballon le plus haut possible, il est crucial d’avoir un bloc équipe compact avec des distances réduites entre les lignes et les joueurs qui les composent. Cependant, cette stratégie comporte des risques, surtout lorsque les défenseurs n’ont pas l’habitude de jouer ensemble et qu’ils manquent d’automatismes et de repères.

C’était précisément le cas de la charnière centrale Abqar-Aguerd, ainsi que pour Achraf Hakimi, titularisé au poste de latéral droit. Ce dernier a été fautif sur au moins deux actions dangereuses. D’abord pris à défaut dans son dos, il a ensuite perdu un ballon crucial, ce qui a conduit au premier penalty manqué par l’attaquant gabonais Pierre-Emerick Aubameyang.

L’alignement des trois défenseurs n’est pas optimal. En outre, Achraf Hakimi est en retard.

L’incapacité de l’arrière-garde alignée par Walid Regragui à sécuriser l’espace créé par son positionnement haut est également liée à l’attitude des joueurs offensifs lors de la perte du ballon. En dehors de Hakim Ziyech (3 récupérations hautes) et Abdessamad Ezzalzouli (3), les autres attaquants lancés par le sélectionneur national n’ont pas fait preuve d’un véritable engagement pour reprendre possession du ballon le plus rapidement possible. 

En haut à gauche de l’image, Noussair Mazraoui et Hakim Ziyech n’ont pas jugé utile de sprinter pour venir en aide à leurs coéquipiers qui étaient en infériorité numérique.

En particulier Brahim Diaz, qui n’a récupéré aucun ballon dans le camp adverse. Soufiane Rahimi et Bilal El Khannouss n’ont réussi qu’une seule récupération chacun. Sur d’autres séquences de transition défensive, c’est le repli qui a été défaillant. « Contre le Gabon, nous étions très offensifs, nous avons marqué des buts, mais le repli défensif n’était pas si intense et rapide », avait concédé Walid Regragui lors de la conférence d’après-match. Un constat qui interroge sur sa capacité à mobiliser des internationaux qui s’avancent vers l’un des plus grands défis de leur carrière.

Maroc-Lesotho. Quel est le bilan de Walid Regragui deux ans après sa nomination ?

Après les intempéries meurtrières dans le sud-est du pays, c’est dans un climat lourd et pesant que le Maroc affrontera une modeste équipe du Lesotho, ce lundi 9 septembre à Agadir (20h). Classée à la 149e place mondiale par la FIFA, le Lesotho espère obtenir au moins un point pour maintenir ses chances de qualification à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025.

En face, Walid Regragui dirigera son 28e match à la tête d’une équipe dont il a pris les commandes il y a deux ans. Le technicien marocain aurait dû se rendre avec son groupe à Maseru, la capitale du Lesotho, située au sud de l’Afrique, à près de 12.000 km d’Agadir. Mais depuis que la Confédération africaine de football (CAF) a durci ses exigences en matière d’homologation des stades, plusieurs nations sont contraintes d’accueillir leurs adversaires loin de leurs terres.

Ainsi, le Lesotho jouera contre l’équipe nationale au Maroc. Ce n’est pas pour déplaire au sélectionneur dont le groupe évite un voyage éreintant. Dans le Souss, les conditions sont nettement plus propices à « évaluer la progression de l’équipe et de voir de nouveaux joueurs », a précisé Walid Regragui lors de la conférence de presse d’avant-match, qui s’est tenue dimanche 8 septembre.

Il s’agira aussi pour le sélectionneur d’engranger un 17e succès pour s’approcher davantage de son prédécesseur, Vahid Halilhodzic. Démis de ses fonctions il y a deux ans, le Bosniaque est parti avec la meilleure moyenne de points par match de l’histoire de la sélection (2,23) parmi les entraîneurs ayant dirigé au moins 20 matchs. Son successeur est sur la bonne voie pour battre ce record (2,04 points par match).

16 victoires, 4 défaites et 7 matchs nuls

Dans les faits, il est difficile de remettre en question Walid Regragui pour un manque de résultats. À l’exception de la sortie prématurée lors de la dernière CAN, l’entraîneur de 48 ans a façonné une équipe qui a marqué trois fois plus de buts (44) qu’elle n’en a encaissé (15). Elle a également remporté 16 rencontres pour seulement quatre défaites (7 nuls), dont deux revers concédés pendant la formidable épopée de la Coupe du monde 2022.

Une aventure qui s’est arrêtée en demi-finale contre la France et qui aurait dû lui offrir un bouclier contre les reproches. Mais si le sélectionneur marocain possède l’un des meilleurs bilans comptables dans l’histoire de l’équipe nationale, il est vivement contesté depuis l’élimination en huitième de finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2023.

Cette situation rappelle que la vie d’un sélectionneur n’est pas de tout repos, surtout dans un pays où le football est le sport roi. Les multiples critiques qui lui sont adressées ne sont pas de nature comptable. Elles sont plutôt motivées par des décisions managériales parfois incomprises et un style de jeu souvent confus.

Sur le plan du management, la décision de nommer Hakim Ziyech capitaine, un joueur à la personnalité singulière, ne semble pas avoir été la plus judicieuse. De plus, la convocation de Noussair Mazraoui pendant la CAN 2023, alors qu’il était blessé, a également suscité des incompréhensions.

Le latéral droit, qui jouait au Bayern Munich à l’époque avant d’être transféré à Manchester United cet été, avait été aligné face à l’Afrique du Sud en huitième de finale sans avoir disputé une seule minute durant la phase de groupes. Hors de forme, Mazraoui a logiquement été l’un des maillons faibles de l’équipe nationale.

L’organisation défensive est devenue particulièrement friable

Depuis, c’est le style de jeu restrictif qui est pointé du doigt. En outre, les performances remarquables de l’équipe nationale olympique aux JO 2024 ont amplifié les attentes des supporters, car la majorité des joueurs médaillés de bronze à Paris sont convoqués par Walid Regragui.

Le fait que le sélectionneur n’ait pas encore réussi à définir une équipe type n’aide pas ses internationaux à améliorer leurs automatismes. D’autant plus que, deux ans après sa prise de fonction, le technicien n’a pas encore trouvé le juste équilibre entre attaque et défense. Après avoir été la marque de fabrique des Lions de l’Atlas pendant le mondial 2022, l’organisation défensive est devenue particulièrement friable.

Preuve en est les 16 tentatives (7 cadrées) concédées au Gabon lors de la dernière rencontre. Pour le sélectionneur, c’est le prix à payer pour aligner ses meilleurs attaquants. « La priorité n’est pas de sacrifier un talent offensif pour assurer un équilibre défensif. On a été en difficulté sur les deuxièmes ballons et on n’a pas su gérer la profondeur », a-t-il concédé en conférence de presse.

Bref, Walid Regragui est pris entre le marteau et l’enclume. Il lui sera difficile d’assurer un équilibre défensif avec autant d’attaquants dont le premier réflexe n’est pas de récupérer le ballon lorsqu’ils le perdent. Autrement dit, le sélectionneur devra trancher dans le vif et faire des choix forts pour améliorer les prestations d’une équipe qui ambitionne de remporter la Coupe d’Afrique des nations 2025, à domicile.

Éliminatoires de la CAN 2025. Le Maroc réussit son entrée face au Gabon (4-1)

Le score final (4-1) du match opposant le Maroc au Gabon ne reflète pas fidèlement la physionomie de la rencontre. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’équipe nationale n’a pas totalement maîtrisé son sujet, malgré le doublé de Hakim Ziyech sur penalty, le premier but de Brahim Diaz et le 26e de Ayoub El Kaabi avec les Lions de l’Atlas.

Qualifiés d’office en tant que pays organisateur, les Marocains ont toutefois manqué de concentration et de détermination par séquence, notamment au niveau du repli défensif, face à une équipe qui devait engranger des points pour se qualifier à la Coupe d’Afrique des nations 2025.

Dans cette rencontre intense, marquée par quatre penaltys sifflés lors de la première mi-temps, le Maroc a réussi à venir à bout du Gabon, mais dans la douleur, en exposant une fébrilité défensive rarement aperçue jusqu’à présent. L’entame de la rencontre idéale augurait de belles promesses pour les Lions de l’Atlas, avec un pressing efficace et des transitions rapides, laissant présager une domination sans partage.

Dès la première minute, Soufiane Rahimi a montré tout ce qu’il peut apporter à l’attaque des Lions de l’Atlas en termes de verticalité et de dynamisme. Il a d’ailleurs failli ouvrir le score après une combinaison avec Abdessamad Ezzalzouli. L’ailier du Bétis Séville a eu une occasion en or de marquer, mais il a trop ouvert son pied (6’). Ce n’était que partie remise. Puisque l’attaquant, omniprésent en début de match, a provoqué un penalty, subtilement transformé par Hakim Ziyech après neuf minutes de jeu.

La réaction des Gabonais ne s’est pas fait attendre, notamment sur coups de pied arrêtés (14’), mais sans précision. Une minute plus tard, une action a montré les limites des latéraux en faux pieds. À cause d’un positionnement approximatif, Achraf Hakimi, titularisé à gauche de la défense, a perdu le ballon sous l’effet du pressing haut des Gabonais. L’action s’est conclue par un penalty logiquement accordé par l’arbitre suite à une main de Abdel Abqar dans la surface de réparation.

Heureusement pour les hommes de Walid Regragui, Pierre-Emerick Aubameyang n’a pas trouvé le cadre. Jusqu’à la demi-heure de jeu, les protégés de Walid Regragui avaient le match en main. Les changements de position des attaquants marocains ont énormément gêné le bloc défensif gabonais. On a vu à plusieurs reprises Hakim Ziyech sur le côté gauche de l’attaque, créant une supériorité numérique qui a offert à Abdessamad Ezzalzouli plusieurs situations de un contre un.

Hakim Ziyech a également eu droit à un deuxième face-à-face avec le gardien gabonais à la faveur d’un penalty provoqué par le très remuant Soufiane Rahimi. Cette fois, le gaucher a pris la peine de mettre un peu plus de force pour inscrire un doublé. Mais lors du dernier quart d’heure, la maîtrise du onze national a disparu. L’arrière-garde, dont la ligne défensive était très haute, a été à plusieurs reprises piégée dans le dos, notamment par Denis Bouanga.

Mais aussi par l’intermédiaire de Aubameyang qui a vu sa frappe enroulée (39’) détournée par le poteau gauche de Yassine Bounou. Le portier marocain réussit dans la foulée un magnifique arrêt pour garder sa cage inviolée. Mais une faute de main de Soufiane Rahimi dans la surface de réparation a offert l’occasion au meilleur buteur de l’histoire du football gabonais de se rattraper après son premier penalty raté.

À 2-1, le score était plus conforme à la physionomie d’une première mi-temps plaisante à regarder, mais qui n’a pas dû satisfaire le sélectionneur Walid Regragui, à cause du manque de maîtrise et de la fébrilité défensive dont ont fait preuve ses joueurs. En atteste le double arrêt salvateur de Yassine Bounou sur une tentative de Denis Bouanga, puis de P. E. Aubameyang juste avant de rentrer aux vestiaires (43’). Nettement moins rythmées, les premières minutes de la seconde mi-temps ont offert un florilège de fautes et d’approximations techniques.

L’indiscipline tactique des Panthères n’a pas disparu, permettant à Abdessamad Ezzalzouli de s’échapper sur le flanc gauche avant de servir Brahim Diaz pour le but du break, son premier sous le maillot de l’équipe nationale, avant que Ayoub El Kaabi n’inscrive son 26ème but en équipe nationale, en fin de rencontre.

En somme, le Maroc a globalement réussi son premier match de la nouvelle saison des sélections. Néanmoins, en subissant 16 tirs, dont 7 cadrés, l’animation défensive des Lions de l’Atlas a montré ses limites dans ce système de jeu en 4-2-3-1, surtout face à des Panthères qui affectionnent la prise de profondeur. Le repli laisse aussi à désirer, notamment du côté de Brahim Diaz. Des lacunes à corriger dès lundi 9 septembre face au Lesotho, toujours à Agadir.

Maroc-Gabon. Un match sans enjeu pour expérimenter d’autres systèmes de jeu

À un peu plus d’un an de la Coupe d’Afrique des nations 2025, organisée au Maroc, chaque match est une occasion d’améliorer le rendement global de l’équipe nationale. À commencer par la réception du Gabon, ce vendredi 6 septembre (20h), au stade d’Agadir. Même si les hommes de Walid Regragui sont qualifiés, ce premier match de la saison internationale est important pour un groupe qui aura pour mission de remporter la deuxième CAN de l’histoire du Maroc.

De l’extérieur, la progression des Lions de l’Atlas ne saute pas aux yeux, près de deux ans après avoir atteint la demi-finale de la Coupe du monde 2022 au Qatar. Et ce n’est pas la large victoire (6-0) en juin dernier, face à une faible équipe de la République du Congo, qui atténuera cette impression.

En appelant Soufiane Rahimi, Eliesse Ben Seghir, Ilias Akhomach et Bilal Al Khannouss, quatre joueurs qui ont brillé aux JO 2024, le sélectionneur a renforcé son effectif avec des jeunes de très haut niveau. Il aura la lourde tâche d’en tirer le meilleur. Le match face au Gabon sera un bon révélateur.

En comptant dans ses rangs des attaquants rapides et friands d’espaces comme Pierre-Emerick Aubameyang, Denis Bouanga et Jim Allevinah, le sélectionneur du Gabon, Thierry Mouyouma, tentera certainement d’attaquer dans le dos de la défense marocaine. En face, les Lions de l’Atlas seront encore une fois confrontés à un bloc bas.

Pour marquer plus et mieux attaquer contre ce type de défense, plusieurs options s’offrent au sélectionneur, notamment en termes de système de jeu, comme il l’a récemment rappelé en conférence de presse. La formation préférentielle de Walid Regragui est le 4-3-3, qui se transforme en 4-1-4-1 à la perte du ballon.

Cependant, ce système a montré ses limites, car son animation est bien connue des adversaires. Walid Regragui a donc opté pour un 4-2-3-1 lors du dernier rassemblement. Ce schéma, qui rompt avec les habitudes du 4-3-3, n’a pas pleinement convaincu, notamment en raison de la méforme des internationaux convoqués, après une saison éprouvante physiquement et mentalement.

Une plus grande présence entre les lignes

Il est donc possible de revoir ce schéma ce soir contre le Gabon. L’équipe nationale olympique a été performante avec cette organisation, qui garantit une bonne couverture des espaces entre les lignes et permet aux attaquants de se démarquer plus facilement. Idéalement, les joueurs alignés sur les côtés doivent posséder la technique nécessaire non seulement pour créer des déséquilibres, mais aussi pour combiner avec leurs latéraux.

Eliesse Ben Seghir, Ilias Akhomach ou encore Abdessamad Ezzalzouli sont actuellement les mieux armés pour occuper ces postes. Avec cette stratégie offensive, même Brahim Diaz ou Bilal Al Khannouss seraient dans de très bonnes dispositions en soutien de l’attaquant de pointe.

Cependant, c’est une tactique qui a aussi ses inconvénients.En effet, le 4-2-3-1 peut parfois scinder l’équipe en deux, créant une rupture entre les six joueurs à vocation défensive et les quatre joueurs offensifs, surtout si l’un des milieux défensifs ne se projette pas suffisamment pour faire le lien.

Un bon quadrillage du terrain

Le 4-4-2 à plat est également une option intéressante à explorer. Excepté en phase défensive, ce système a rarement été utilisé au début d’une rencontre par Walid Regragui. Le technicien en a fait usage en particulier en fin de match lorsqu’il fallait revenir au score, ce système permet un bon quadrillage du terrain, notamment sur la largeur.

En phase offensive, il assure un placement équilibré des joueurs, une forte présence dans la surface adverse et des possibilités de combinaisons sur les côtés. Tout ce dont l’équipe nationale a besoin face à des blocs défensifs compacts et bas. Les joueurs excentrés ont un rôle prépondérant en matière de percussion et de déséquilibre. C’est pourquoi des ailiers rapides et percutants sont plus efficaces dans ce système.

En revanche, les deux attaquants doivent être complémentaires pour ne pas se gêner. Ainsi, une association entre Ayoub El Kaabi et Youssef En-Nesyri pourrait être contre-productive. A contrario, une paire composée de Soufiane Rahimi et Youssef En-Nesyri ou Ayoub El Kaabi semble plus cohérente. Brahim Diaz peut également jouer en soutien de l’attaquant de pointe grâce à son sens du but et sa technique dans la surface.

Davantage de liberté pour les latéraux 

Enfin, le 3-4-3 est aussi un système à envisager. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, un schéma à trois défenseurs (cinq en phase défensive) ne privilégie pas nécessairement la solidité défensive au détriment de l’attaque. Ce schéma offrira aux latéraux, en particulier à Achraf Hakimi, une plus grande liberté en les déchargeant partiellement de certaines tâches défensives. 

Une fois le ballon récupéré, ils pourraient se projeter rapidement vers l’avant, exploitant les espaces dans le dos de la défense adverse. De plus, la densité au milieu de terrain, avec deux attaquants intérieurs en soutien de l’avant-centre, assure davantage de solutions au porteur du ballon. Eliesse Ben Seghir (AS Monaco) et Amine Adli (Bayern Leverkusen) brillent en club dans ce schéma, qui présente des avantages mais aussi des inconvénients.

En transition défensive, la position haute des pistons peut poser problème, surtout s’ils ne sont pas couverts par le milieu de terrain. Une faiblesse qui pourrait être exploitée par des équipes jouant sur les ailes. En conclusion, aucun de ces systèmes de jeu n’est parfait, mais ils offrent des solutions aux défis posés par des défenses regroupées. L’équipe nationale devra en maîtriser plus d’un pour être efficace, ce qui n’est pas encore le cas. Il est temps de combler cette lacune.

Foot Maroc-Angola. Le début d’une nouvelle séquence pour l’équipe nationale

Une révolution est en marche au sein de l’équipe nationale. C’est en substance ce qu’à déclaré le sélectionneur, Walid Regragui, à l’occasion de la conférence de presse précédant la rencontre entre le Maroc et l’Angola, diffusée sur Arryadia (vidéo ci-dessous), et dont le coup d’envoi sera donné ce vendredi 22 mars au stade Adrar, à Agadir.

L’intention du technicien marocain de redonner un nouvel élan à l’équipe nationale émanait déjà de la liste des 24 joueurs convoqués pour cette fenêtre internationale, qui se refermera face à la Mauritanie, le mardi 26 mars. Guidé par le besoin de rajeunir l’effectif et d’insuffler une nouvelle dynamique positive, Walid Regragui a choisi de se passer de plusieurs cadres, notamment Romain Saïss, dont le brassard de capitaine reviendra certainement à Hakim Ziyech.

Une volonté de rajeunissement assumée et expliquée par le sélectionneur, lors de la conférence de presse qui s’est tenue le jeudi 21 mars, à Agadir. « J’ai rencontré Saïss en Arabie saoudite pour lui annoncer qu’il ne serait pas sélectionné, mais qu’il aurait la possibilité de revenir en équipe nationale. Ce n’était pas une sanction individuelle. Mais je lui ai dit que j’avais besoin de tenter de nouvelles associations en défense, avec des jeunes comme Abdel Abqar et Chadi Riad ». 

La nécessité d’apporter du sang frais ne concerne pas uniquement la défense. Le milieu de terrain est lui aussi concerné. La présence de Brahim Diaz, qui a eu pour effet d’éjecter Amine Harit du groupe, aura forcément un impact sur l’animation offensive de l’équipe nationale. L’opposition face à l’Angola, dernier quart finaliste de la Coupe d’Afrique des nations 2023, aura des airs de laboratoire expérimental et en dira long sur les intentions du sélectionneur national, dont les préoccupations sont multiples.  

Fini les faux pieds en défense centrale 

La pénurie d’arrières latéraux gauches dont souffre l’équipe nationale ne risque pas de chambouler la hiérarchie instaurée par Walid Regragui sur le flanc gauche de l’arrière garde marocaine. Le droitier Noussair Mazraoui est absent pour cause de blessure. Mais dans l’esprit du sélectionneur, il restera la première option, devant Yahya Attiat Allah. 

L’ancien joueur du Wydad de Casablanca, aujourd’hui pensionnaire du championnat russe, sous les couleurs du FK Sotchi, a donc de fortes chances d’être titularisé, au même titre que son pendant côté droit, Achraf Hakimi. La charnière centrale sera composée « de joueurs alignés à leur poste de prédilection, a assuré Walid Regragui. 

« Nous avons quelques soucis en termes de relance », reprend-il. « En faisant jouer un gaucher, défenseur droit, et un droitier, arrière gauche, cela crée un déséquilibre défensif et dans la relance. Donc, nous allons essayer de mettre chaque joueur à son poste ». Partant de ce principe, Abdel Abqar et Achraf Dari sont en concurrence pour occuper l’axe droit de la défense centrale, alors que Chadi Riad et Nayef Aguerd se disputent l’axe gauche. 

Un choix judicieux qui donnera plus de latitude aux défenseurs centraux marocains, en vue d’avancer balle au pied, gagner en précision et trouver de nouvelles lignes de passe en profondeur. Parce que jusqu’à présent, les circuits de transmission à partir de l’arrière-garde étaient prévisibles et donc faciles à contrer. « Brahim nous a donné sa parole dès qu’il a signé au Real Madrid » (Walid Regragui)

La convocation de Brahim Diaz, Eliesse Ben Seghir et Soufiane Rahimi cadre parfaitement avec l’obligation de faire peser sur les défenses adverses un danger davantage protéiforme. Au passage, la présence du premier nommé a tardé à se préciser, malgré un lien entretenu par le sélectionneur depuis plusieurs mois. 

« Ce n’est pas que Brahim Diaz ne voulait pas choisir le Maroc. Mais au début de nos échanges, il avait un transfert important à régler, du Milan AC vers le Real Madrid », a confié Walid Regragui. « Et pour ne pas vous mentir, quand un joueur choisit de représenter une sélection africaine, lors d’une saison où une Coupe d’Afrique des nations est programmée, cela peut rendre les choses difficiles pour lui. Mais dès qu’il a signé au Real Madrid, Brahim nous a donné sa parole », a-t-il ajouté.

Parole tenue par le milieu offensif madrilène, pour le plus grand bonheur de son sélectionneur et des supporters marocains. Et son apport sera précieux. Que ce soit face à l’Angola ou à la Mauritanie, le Maroc sera opposé à des équipes qui ne font pas de la possession du ballon une obsession. Et cela ne risque pas de changer de sitôt. 

Or, sous Regragui, l’équipe nationale a souvent éprouvé des difficultés face à ce genre d’adversaire. Sur les quatre défaites subies par le technicien marocain à la tête de l’équipe nationale, trois l’ont été alors que le Maroc affichait un pourcentage de possession plus élevé que ses adversaires. La difficulté réside dans la grande densité des joueurs adverses sur une portion très réduite du terrain.

Les équipes ne défendent pas à 5, mais à 7, 8 ou 9 joueurs regroupés et proches de leur surface de réparation. L’espace est par conséquent extrêmement réduit, et l’accès à la surface de réparation restreint. Sachant que ces phases de jeu font des fois perdre à l’équipe nationale sa structure, cela facilite la transition adverse. 

Plus justes et remuants dans les 30 mètres adverses

Invité lors d’une émission sur un média espagnol, Luis Enrique, coach d’Achraf Hakimi au Paris Saint-Germain, a exposé les clés pour déverrouiller les défenses hermétiques en bloc bas. « Les solutions sont de rester calme, jouer juste et être bien positionné pour attaquer via des projections vers l’avant, des combinaisons intérieures et des mouvements aux abords de la surface de réparation”.  

« Toutefois, je tiens à préciser que ce n’est pas le système qui importe, mais l’intensité et l’agressivité mises par les joueurs pour l’animer », a-t-il poursuivi. Dès lors, un changement de système de la part de Walid Regragui n’est certes pas à écarter, mais il ne représentera pas un remède miracle. 

Dans l’optique de casser le plafond de verre du bloc bas auquel se heurtent trop souvent les Lions de l’Atlas, une attaque composée de Hakim Ziyech, Brahim Diaz et Soufiane Rahimi, en soutien d’Ayoub El Kaabi, qui marche actuellement sur l’eau, se caractérise par une variété de profils rarement vue en équipe nationale. 

À la clairvoyance et la qualité de passe de Hakim Ziyech, s’additionnent la justesse technique et la faculté d’élimination de Brahim Diaz dans les petits espaces. Le Madrilène sera également utile en naviguant dans les half spaces, en vue de créer de l’incertitude dans l’esprit du latéral et du central adverses. 

On peut en dire autant d’Eliesse Ben Seghir, dont l’entraîneur autrichien à l’AS Monaco, Adi Hütter, ne cesse de louer les qualités d’élimination et de vitesse. Soufiane Rahimi, meilleur buteur de la Champions League asiatique (8 buts) avec Al Ain (EAU), possède quant à lui un profil assez rare en équipe nationale. Celui d’avaleur d’espace, précis dans les tirs hors de la surface de réparation. 

La capacité de l’ex du Raja à répéter les courses et à sans cesse attaquer l’espace entre la défense et le gardien, aussi réduit soit-il, va servir les intérêts de l’équipe nationale en semant le trouble en face.  Cela dit, « il faudra du temps aux nouveaux joueurs pour s’intégrer au collectif et créer des automatismes et des affinités techniques. C’est justement l’intérêt de ces deux matchs amicaux », a conclu le sélectionneur national. Premier test, ce soir vendredi face à l’Angola.