Round up. BMCI et Holmarcom : un deal potentiel qui pourrait remodeler le secteur bancaire

Holmarcom et BNP Paribas ont confirmé être entrés en discussions exclusives autour d’un éventuel rachat de la participation de 67% détenue par le groupe français dans BMCI. À ce stade, il s’agit de premiers échanges : aucun accord n’a été conclu et toute avancée resterait conditionnée aux autorisations réglementaires, notamment celles du Conseil de la concurrence.

Comme dans tout processus de ce type, plusieurs scénarios demeurent possibles. Les discussions peuvent se traduire par un accord formel, mais elles peuvent aussi rester sans suite. Pour l’instant, seule la phase de négociation est ouverte.

BNP Paribas, pour sa part, précise que « si la transaction devait se conclure courant 2026, l’impact positif sur le ratio CET1 de BNP Paribas à la date de réalisation serait d’environ +15 pbs« .

Ce ratio, qui mesure les fonds propres de haute qualité rapportés aux risques portés par la banque, est l’indicateur de référence de la solidité financière des établissements.

Autrement dit, la sortie de BMCI du périmètre consolidé allégerait légèrement les risques pondérés de BNP Paribas, ce qui améliorerait mécaniquement son capital réglementaire. Elle se traduira également par un produit non négligeable dans le bilan de la banque française. Les 15 pbs donnent également sur l’évaluation que cible la banque française.

Pour rappel, deux grandes banques françaises ont déjà quitté le Maroc : Crédit Agricole, qui a cédé sa participation dans Crédit du Maroc à Holmarcom, plus récemment Société Générale, dont les filiales SGMB et La Marocaine Vie ont été reprises par le groupe Saham.

Ces retraits successifs de grandes banques françaises vont rebattre les cartes pour les acteurs marocains. Avec l’arrivée d’actionnaires locaux aux commandes de groupes auparavant pilotés depuis Paris, la dynamique concurrentielle devrait clairement se renforcer. Des banques plus agiles, plus proches du marché, plus rapides et indépendantes dans leurs décisions vont désormais se mesurer directement aux acteurs historiques.

Le groupe Holmarcom

Le groupe Holmarcom est une holding familiale marocaine de renom, présidée par Mohamed Hassan Bensalah.

L’organisation repose sur quatre pôles d’activité : la finance, l’agro-industrie, la logistique et l’immobilier. Cette structure résume l’essentiel du périmètre du groupe, sans entrer dans le détail de chaque segment.

Dans cet ensemble, trois sociétés sont cotées à la Bourse de Casablanca : Les Eaux Minérales d’Oulmès, AtlantaSanad Assurance et Crédit du Maroc.

Holmarcom est aujourd’hui le principal actionnaire de Crédit du Maroc. Le groupe en détient une part majoritaire de façon directe, à travers Holmarcom Finance Company, qui possède 54,61% du capital.

À cela s’ajoute une participation, portée cette fois par AtlantaSanad, qui détient 11,04%. Au total, le groupe Holmarcom contrôle donc 65,6% de la banque Crédit du Maroc.

Aux côtés de Crédit du Maroc, AtlantaSanad est l’autre grande filiale financière de Holmarcom. Le groupe en détient un peu plus de 61% à travers Holmarcom Insurance Activities et Holmarcom SA. Le reste du capital est partagé entre quelques institutionnels, dont le CIH et la CDG, ainsi qu’un flottant encore présent sur le marché.

Ce lien capitalistique prend de l’importance aujourd’hui, car AtlantaSanad détient aussi une petite participation dans BMCI. Holmarcom était donc déjà présent, même marginalement, au capital de la banque avant l’ouverture des discussions exclusives avec BNP Paribas. Cette participation montre que le groupe ne découvre pas totalement la BMCI. Et cela s’inscrit dans la continuité de son ancrage dans le secteur bancaire depuis la reprise de Crédit du Maroc.

Dans le scénario où Holmarcom rachèterait la participation de BNP Paribas, ce bloc s’ajouterait aux 8,44% détenus par AtlantaSanad. L’ensemble placerait alors le groupe immédiatement au-delà du seuil de 75% du capital, ce qui lui donnerait une position forte dès l’aboutissement de l’opération.

BMCI et Crédit du Maroc sont aujourd’hui deux banques distinctes, chacune opérant sous son propre actionnariat. Si les discussions en cours entre Holmarcom et BNP Paribas aboutissent à une acquisition, la question d’un éventuel rapprochement entre les deux banques pourrait se poser. Il ne s’agit pour l’heure que d’une hypothèse et rien n’a été annoncé en ce sens. L’idée apparaît simplement parce que les deux établissements pourraient, dans ce cas, se retrouver dans le même groupe.

Les données financières de BMCI

BMCI termine les neuf premiers mois de 2025 avec une activité bien orientée. Le produit net bancaire atteint 2,95 MMDH, en légère progression par rapport à l’an dernier, et le résultat brut d’exploitation s’élève à 1,76 MMDH, traduisant un équilibre entre revenus et maîtrise des charges.

Le résultat net social ressort à 367 MDH, en nette hausse, grâce notamment à une baisse du coût du risque sur cette base. En consolidé, le résultat net se stabilise autour de 313 MDH, l’effet positif du résultat d’exploitation étant atténué par un renforcement des provisions.

Le coût du risque évolue de manière contrastée : il diminue nettement en social, à 401 MDH, mais augmente en consolidé, pour atteindre 603 MDH. Cette différence tient principalement au périmètre des filiales consolidées et à la prise en compte de portefeuilles spécifiques.

Les crédits à la clientèle s’établissent à 55,1 MMDH, un niveau en retrait par rapport à fin 2024, tandis que les dépôts restent quasiment inchangés à 48,1 MMDH. Les ratios réglementaires demeurent confortables, avec un ratio de solvabilité de 13,5% et un ratio de liquidité de 129%.

Actionnariat de BMCI à fin juin 2025

Source : AMMC

Les données financières de Crédit du Maroc

Crédit du Maroc termine le troisième trimestre 2025 sur une dynamique clairement orientée à la hausse. Les crédits ont progressé de 5,2% sur un an pour atteindre 58,1 MMDH, une évolution tirée à la fois par les entreprises et les particuliers, avec des niveaux de croissance marqués sur les crédits à l’équipement, le crédit-bail ou encore le financement de la PME.

Les ressources clientèle suivent le même mouvement. Elles s’élèvent à 58,47 MMDH, en hausse de 6,8%, portées essentiellement par la progression des dépôts à vue, qui gagnent 10,7% sur un an pour atteindre 42,1 MMDH.

Le produit net bancaire affiche une croissance de 9,8%, pour s’établir à 2,68 MMDH, soutenu par la marge d’intérêt, les commissions et la contribution en hausse des filiales spécialisées. Le résultat brut d’exploitation progresse également de 13,1%, à 1,47 MMDH, grâce à la maîtrise des charges et à l’amélioration du coefficient d’exploitation.

Le coût du risque recule nettement, à 228 MDH, soit une baisse de 21%, permettant au résultat net consolidé d’enregistrer une progression marquée de 19,9%, pour atteindre 690 MDH au 30 septembre 2025. Le ratio de solvabilité, lui, s’améliore à 13,86%, au-dessus du seuil réglementaire de 12%.

Actionnariat du CDM à fin juin 2025

Source : AMMC

Les métiers de BMCI et de Crédit du Maroc : un socle commun, mais une organisation différente

BMCI dispose de près de 249 agences au Maroc à fin 2024, tandis que Crédit du Maroc compte 268 agences. Bien que BMCI et Crédit du Maroc exercent toutes deux les métiers de banque universelle, la structuration et la mise en avant de ces activités diffèrent nettement.

Du côté de BMCI, les activités s’inscrivent dans une architecture relativement classique, articulée autour de grands pôles : la banque de détail, la banque de l’entreprise, les activités de marché et le crédit à la consommation via la business unit Personal Finance.

La banque précise ainsi que sa ligne Retail regroupe les activités destinées aux particuliers et professionnels, tandis que la ligne Corporate couvre les services aux entreprises, incluant le trade finance, le cash management, les financements structurés ou les opérations de marché. Les métiers spécialisés – intermédiation boursière, assurance, leasing, gestion d’actifs – sont logés dans des filiales comme BMCI Bourse, BMCI Assurance, BMCI Leasing, ou encore la banque offshore, mais demeurent intégrés dans une organisation qui met l’accent sur de grands ensembles fonctionnels.

Pour Crédit du Maroc, le document de référence montre une organisation beaucoup plus segmentée en filières métiers. Les activités ne sont pas regroupées dans de larges blocs, mais individualisées en unités dédiées. Ainsi, CDM Immobilier prend en charge l’ensemble du crédit habitat et le développement de l’offre destinée à la promotion immobilière, tandis que CDM Salaf porte le crédit à la consommation et travaille sur l’ajustement des règles d’octroi et l’amélioration des parcours clients.

Le leasing et le factoring sont réunis dans une filiale unique, Crédit du Maroc Leasing & Factoring, et la bancassurance est portée par CDM Assurances, qui développe notamment les produits « takaful ».

La différence la plus marquante concerne toutefois les activités de marchés. Chez BMCI, elles s’inscrivent dans un pôle de marché classique, intégré au modèle global. À l’inverse, Crédit du Maroc a structuré une banque d’investissement à part entière, regroupant la salle des marchés, l’intermédiation via CDM Capital Bourse, la gestion d’actifs portée par CDM Patrimoine et une activité de conseil en opérations de haut de bilan (M&A, ECM, DCM).

Les deux banques couvrent également la finance participative, mais là encore l’approche diverge. BMCI propose son offre participative via la marque Najmah, tandis que Crédit du Maroc l’organise au sein de la fenêtre Arreda, soutenue par un comité hebdomadaire chargé d’instruire et de valider les financements participatifs, ce qui témoigne d’un dispositif interne plus formalisé.

https://medias24.com/2025/12/11/holmarcom-en-negociation-pour-la-reprise-de-la-bmci-1593769/

BMCI, CDM et AtlantaSanad : les valeurs du périmètre Holmarcom augmentent en bourse

L’annonce de discussions exclusives entre Holmarcom et BNP Paribas au sujet de la cession des 67% détenus par BNP dans BMCI, est saluée par le marché. L’opération porterait la participation de Holmarcom à plus de 75% en cas de concrétisation.

Les trois valeurs du périmètre du groupe, BMCI, Crédit du Maroc (CDM) et AtlantaSanad, ont toutes affiché des hausses en Bourse. AtlantaSanad, qui détient déjà 8,44% du capital de BMCI, se retrouve elle aussi au cœur de l’actualité entourant cette opération.

À 10h30, ce 12 décembre, les trois valeurs se distinguent nettement parmi les plus fortes hausses de la séance.

Lecture des carnets d’ordres

Sur la valeur BMCI, la demande dépasse légèrement l’offre dans le carnet d’ordres, avec 2.194 titres demandés contre 2.024 titres proposés à la vente. À l’achat, les ordres se concentrent entre 620,1 DH et 621,2 DH, avec plusieurs lignes significatives, dont 343 titres à 621,1 DH, 300 titres à 621 DH et 500 titres à 616 DH.

En face, les premières offres apparaissent à 635 DH pour 100 titres, puis s’étalent jusqu’à 640 DH, notamment 582 titres à 636,9 DH, 110 titres à 638 DH, 399 titres à 639 DH et 417 titres à 640 DH. Le carnet totalise ainsi 20 ordres à l’achat et 22 ordres à la vente, pour une profondeur globalement équilibrée.

Sur CDM, la demande ressort légèrement supérieure à l’offre dans le carnet d’ordres, avec 1.765 titres demandés contre 1.651 titres proposés à la vente. Les ordres à l’achat s’échelonnent entre 1.012 DH et 1.050 DH, avec plusieurs lignes notables dont 274 titres à 1.050 DH, 387 titres à 1.031 DH, 326 titres à 1.026 DH et 250 titres à 1.025 DH.

En face, les premières offres apparaissent à 1.055 DH pour 3 titres, puis progressent jusqu’à 1.095 DH, avec des volumes plus fournis, notamment 90 titres à 1.070 DH, 91 titres à 1.074 DH, 36 titres à 1.075 DH, 252 titres à 1.090 DH et 10 titres à 1.088 DH. Le carnet recense 14 ordres à l’achat et 20 ordres à la vente.

Sur AtlantaSanad, l’offre est nettement supérieure à la demande dans le carnet d’ordres, avec 3.955 titres proposés à la vente contre 2.022 titres demandés à l’achat. Les ordres acheteurs se situent entre 139 DH et 146,1 DH, dont une ligne majeure de 1.000 titres à 146,1 DH, suivie de 190 titres à 146 DH et 500 titres à 141 DH.

En face, les premières offres apparaissent à 149 DH pour 272 titres, puis s’échelonnent jusqu’à 153 DH, où figurent plusieurs blocs importants, notamment 456 titres à 149,45 DH, 1.938 titres à 150 DH, 170 titres à 151,4 DH et 449 titres à 152,7 DH. Le carnet affiche 12 ordres à l’achat et 20 ordres à la vente, illustrant une pression vendeuse supérieure en volume.

Pour rappel, lors de la séance du 11 décembre, BMCI a clôturé à 590 DH, en hausse de 5,36% par rapport à son cours de référence de 560 DH, avec un volume échangé de 2,98 MDH portant sur 5.215 titres. CDM a terminé à 1.001 DH, en progression de 4,27%, pour un volume de 5,83 MDH correspondant à 5.891 titres. De son côté, AtlantaSanad a clôturé à 139 DH, en hausse de 1,16%, avec un volume de 6,15 MDH et 44.927 titres échangés.

Ainsi, le MASI progresse légèrement de 0,34% pour atteindre 18.561 points, tandis que la capitalisation boursière s’établit à 990 MMDH.

IFC officiellement dans le tour de table de Holmarcom Finance Company

Ce partenariat stratégique, en vertu duquel IFC a acquis une participation minoritaire dans HFC à hauteur de 1,35 milliard de DH, a obtenu les autorisations réglementaires requises de Bank Al-Maghrib, du Conseil de la concurrence et de l’Office des changes, peut-on lire dans un communiqué. Holmarcom restera détenteur d’une participation majoritaire dans le capital de HFC qui s’impose aujourd’hui comme un groupe financier diversifié et intégré.

« Cette alliance avec IFC reflète notre vision commune de bâtir un secteur financier performant et durable, au service de nos clients et des économies africaines », a déclaré Mohamed Hassan Bensalah, président-directeur général du groupe Holmarcom, cité dans le communiqué. « Elle marque une nouvelle étape dans notre engagement à proposer des solutions responsables et à fort impact, en phase avec les enjeux de transformation du Royaume et du Continent », a-t-il ajouté.

La prise de participation d’IFC dans le capital de HFC a pour objectif d’accompagner ses projets de développement tant sur le marché marocain que sur les marchés subsahariens majeurs. Elle vise par ailleurs à soutenir la croissance de l’assurance et à améliorer l’accès au crédit pour les petites et moyennes entreprises, en particulier celles détenues par des femmes et à appuyer le développement de projets verts, favorisant ainsi une transition vers une économie plus responsable et durable.

HFC bénéficiera, par ailleurs, de l’accompagnement conseil d’IFC en vue de renforcer son cadre de gouvernance de la durabilité. Cet appui lui permettra de mieux intégrer les enjeux environnementaux et sociaux au cœur de son modèle de développement et de générer un impact positif et tangible dans ses territoires d’intervention, conclut la même source.

Jalal Benchekroun, DG d’AtlantaSanad : « Notre ambition est d’être dans le top 3 du marché de l’assurance »

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, AtlantaSanad Assurance devient le partenaire exclusif de Crédit du Maroc en bancassurance. Un pas stratégique, évident et attendu qui redessine le paysage du secteur et ouvre la voie à de nouvelles opportunités de développement pour l’assureur.

Avec ce partenariat, AtlantaSanad peut désormais s’appuyer sur le réseau d’agences de Crédit du Maroc, qui sont au nombre de 272. Ces dernières s’ajoutent aux 364 agences du réseau exclusif de l’assureur et à ses 294 courtiers partenaires. Derrière cette alliance, des ambitions claires : renforcer la distribution, enrichir l’offre et capter une clientèle toujours plus large.

Pour mieux comprendre les enjeux de ce partenariat et les perspectives qu’il ouvre pour l’assureur, Médias24 s’est rendu au siège d’AtlantaSanad pour échanger avec son directeur général, Jalal Benchekroun.

Notre objectif est de faire croître notre segment vie. Avec l’acquisition stratégique de Crédit du Maroc par le groupe Holmarcom, nous pouvons aspirer à atteindre cet objectif plus rapidement

Médias24 : Le partenariat AtlantaSanad et Crédit du Maroc était attendu par le marché. Vous l’avez rendu effectif à partir du premier janvier 2025. La première question évidente à poser est quel sera l’impact sur votre activité ?

Jalal Benchekroun : Aujourd’hui, l’assurance-vie représente 25% du chiffre d’affaires d’AtlantaSanad, alors que la moyenne du marché tourne autour de 50%. Notre objectif est de faire croître notre segment vie, et cela vient essentiellement de la bancassurance.

Avec l’acquisition stratégique de Crédit du Maroc par le groupe Holmarcom, nous pouvons aspirer à atteindre cet objectif plus rapidement.

En rapatriant le portefeuille de Crédit du Maroc à AtlandaSanad, en plus de nos partenariats actuels, nous visons à aligner notre portefeuille sur les standards du marché, à savoir une structure de chiffre d’affaires plus équilibrée entre vie et non-vie.

— Donc vous continuez à commercialiser vos produits avec le CIH avec lequel vous avez un partenariat dans ce sens ?

— En effet, notre partenariat avec CIH Bank est stratégique. Le CIH, jusqu’à aujourd’hui, commercialise en exclusivité les produits d’AtlantaSanad, et cela va continuer.

Notre relation avec le CIH dure depuis plus de quinze ans. Nous avons un actionnaire commun, la CDG, et des participations croisées. C’est un partenariat clé pour nous, et nous voulons non seulement le maintenir, mais aussi le renforcer.

Désormais, nous disposons d’un portefeuille et d’un réseau assainis, ce qui nous permet d’aller chercher la croissance en non-vie, mais une croissance rentable

— Entre le CIH et Crédit du Maroc, la force de frappe commerciale d’AtlantaSanad sera décuplée. Qu’est-ce que cela va avoir comme impact et boost de votre chiffre d’affaires qui a été marqué par une baisse entre 2022 et 2023 en raison de l’assainissement du portefeuille ?

– En tant que société cotée, nous ne pouvons pas divulguer d’informations financières confidentielles avant leur publication officielle. Cependant, je peux vous donner un aperçu général de la tendance. La fusion entre Atlanta et Sanad était une opération importante qui a été finalisée en 2021. Elle a eu un impact significatif sur nos indicateurs financiers en 2022-2023. C’était un impact tout à fait attendu, prévu et planifié.

En plus de l’impact normal de la fusion, nous avons décidé, et c’était extrêmement courageux de la part de notre groupe, d’engager un processus d’assainissement fort. Nous avons renoncé à certaines activités déficitaires et fermé des points de vente non rentables ou problématiques.

Cet assainissement a été répercuté dans les bilans entre 2022 et 2023. Désormais, nous disposons d’un portefeuille et d’un réseau assainis, ce qui nous permet d’aller chercher la croissance en non-vie, mais une croissance rentable.

— Que voulez-vous dire par là ?

— Nous ne visons pas une croissance supérieure au marché. Notre objectif n’est pas d’augmenter uniquement les primes, mais d’avoir des couvertures d’assurance de qualité avec une sinistralité maîtrisée, pour un meilleur accompagnement de nos clients et une gestion rentable pour notre compagnie.

– Donc l’impact de l’intégration de la collaboration avec Crédit du Maroc…

— Ce partenariat nous permettra d’atteindre une croissance à deux chiffres en 2025. Cela combinera deux effets bénéfiques expliqués plus tôt : une croissance rentable et le démarrage d’un processus qui, à terme, conduira à atteindre une meilleure répartition du chiffre d’affaires de la compagnie entre les segments vie et non-vie.

Tous les contrats souscrits directement par Crédit du Maroc pour le compte de ses clients – notamment les assurances liées aux crédits – ont été transférés à AtlantaSanad, en maintenant les mêmes garanties et les mêmes primes

– Comment comptez-vous accompagner les clients de Crédit du Maroc dans cette transition, et quels sont les principaux produits que vous leur proposez ?

— Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, les clients de Crédit du Maroc ont accès à une quinzaine de produits entre la prévoyance et l’épargne. Capital retraite, rente éducation, santé internationale… Toutes les grandes catégories d’assurance sont disponibles, aussi bien en agence que via les applications mobiles de la banque.

L’expérience client a été repensée pour être plus fluide et intuitive. En agence, la souscription est désormais 100% digitale. Pas de paperasse, tout est dématérialisé. Un changement qui s’accompagne d’une autonomie renforcée : chaque client peut consulter ses contrats, ajuster ses cotisations, effectuer un rachat ou déclarer un sinistre sans se déplacer.

Pour que cette transformation soit réellement efficace, nous avons mené un travail colossal pour que les conseillers de clientèle soient parfaitement informés, formés et accompagnés. Notre objectif est clair : garantir un conseil de qualité pour aider chaque client à faire un choix éclairé.

– Qu’arrive-t-il aux contrats d’assurance existants des clients de Crédit du Maroc souscrits auprès d’un autre assureur ?

— Deux cas de figure se présentent. À partir du 1ᵉʳ janvier 2025, tous les contrats souscrits directement par Crédit du Maroc pour le compte de ses clients – notamment les assurances liées aux crédits – ont été transférés à AtlantaSanad, en maintenant les mêmes garanties et les mêmes primes. Ce transfert s’explique par le fait que la banque est elle-même souscriptrice du contrat et qu’elle a le droit de changer d’assureur.

En revanche, pour les assurances souscrites individuellement par les clients via le précédent partenaire de Crédit du Maroc, rien ne change. Ces contrats continuent de courir tant que le client n’a pas manifesté le souhait de changer d’assureur. Par contre, tous les nouveaux contrats sont désormais placés chez AtlantaSanad.

– Quel est le cadre de réglementation pour un client de Crédit du Maroc qui souhaite résilier son ancien contrat pour le transférer chez AtlantaSanad ?

— La résiliation est un acte volontaire du client. Il doit en faire la demande en agence, et c’est ensuite l’établissement bancaire qui gère la procédure avec l’ancien assureur. Concernant la souscription du nouveau contrat, le conseiller bancaire joue évidemment un rôle clé pour conseiller son client et l’orienter vers le meilleur montage.

Notre ambition est d’arriver à 60% en assurance non-vie et 40% en assurance vie d’ici 2028

— Qu’en est-il des clients corporate ?

— Le partenariat entre AtlantaSanad et Crédit du Maroc ne se limite pas à la commercialisation de produits d’assurance pour les particuliers. Bien sûr, nous proposons des offres spécifiques aux besoins des clients particuliers. Mais pour les entreprises, la logique est différente.

L’accompagnement des clients corporate exige des solutions sur mesure. On ne peut pas traiter ces clients avec des offres standardisées. Nous travaillons donc avec Crédit du Maroc pour mettre en place des mécanismes permettant à ses clients de bénéficier des meilleures garanties et services d’AtlantaSanad.

L’enjeu est de bâtir une offre personnalisée et intégrée qui réponde aux besoins spécifiques de chaque entreprise.

L’accompagnement se fait aussi dans l’autre sens. Les clients d’AtlantaSanad qui ont des besoins en financement peuvent être orientés vers Crédit du Maroc. C’est un cercle vertueux qui renforce la synergie entre les deux entités de Holmarcom Finance Company.

– Quelles sont les ambitions d’AtlantaSanad en termes de positionnement sur le marché ?

— AtlantaSanad vise haut. Trois objectifs stratégiques guident notre trajectoire pour les prochaines années. Le premier est qualitatif.  Nous voulons être l’assureur marocain de référence. Plus qu’une question de chiffre d’affaires, il s’agit d’un positionnement : offrir la meilleure qualité de service, une expérience client exemplaire et une image forte. Nous sommes marocains, nous sommes fiers de notre ancrage et nous voulons accompagner l’évolution de l’économie marocaine.

Le deuxième objectif porte sur le rééquilibrage du portefeuille entre assurance-vie et non-vie. Aujourd’hui, nous sommes à 75% en non-vie et 25% en vie. Notre ambition est d’arriver à 60% en assurance non-vie et 40% en assurance vie d’ici 2028.

Enfin, le troisième axe qui est ambitieux : figurer dans le top 3 du marché global de l’assurance au Maroc. Nous avons toujours été dans le top 3 des assureurs non-vie. Maintenant, nous voulons être dans le top 3 de l’assurance tout court.

AtlantaSanad devient le partenaire exclusif de Crédit du Maroc en bancassurance

AtlantaSanad Assurance est, depuis le 1er janvier 2025, le partenaire de Crédit du Maroc pour la commercialisation des produits d’assurance et d’épargne auprès des clients particuliers et entreprises de la banque.

Cette collaboration stratégique entre les deux filiales de Holmarcom Finance Company s’inscrit dans la vision du Pôle Finance du groupe Holmarcom, qui mise sur le développement soutenu de ses filiales tout en accélérant la création de synergies entre elles, indique un communiqué conjoint.

Le partenariat en bancassurance permettra, d’une part, de créer un nouveau relais de croissance pour l’activité d’AtlantaSanad Assurance et, d’autre part, d’accompagner les ambitions de développement de Crédit du Maroc.

« En joignant l’expertise d’AtlantaSanad et les capacités de distribution et de conseil de Crédit du Maroc, nous sommes en mesure d’offrir aux clients de la banque une réelle valeur ajoutée en matière de protection et d’épargne. Ce nouveau partenariat va nous permettre de drainer des volumes supplémentaires et de renforcer de façon significative notre position sur le marché dès 2025 », a déclaré Jalal Benchekroun, directeur général d’AtlantaSanad Assurance, cité dans le communiqué.

Fort d’un partenariat historique et ambitieux en bancassurance avec CIH Bank, AtlantaSanad réalisera, grâce à ce nouveau contrat, une progression remarquable de ses performances et de sa part de marché, note la même source.

De son côté, Crédit du Maroc bénéficiera de ce partenariat pour élargir son offre de services, renforcer sa proximité avec ses clients et soutenir ses objectifs de croissance. « Nous nous réjouissons de la mise en place de ce partenariat, qui va contribuer à dynamiser notre activité de bancassurance, pour laquelle nous avons des objectifs ambitieux. Avec notre nouveau partenaire, AtlantaSanad, nous mettons à la disposition de nos clients une offre complète de produits diversifiés et compétitifs, des parcours fluides et digitalisés, ainsi qu’une qualité de service aux meilleurs standards du marché », a déclaré Ali Benkirane, président du directoire de la banque.

Ce partenariat, effectif depuis le 1er janvier 2025, n’a aucun impact sur les engagements pris envers les clients de Crédit du Maroc, souligne le communiqué. Les garanties et les primes d’assurance restent inchangées, assurant ainsi une continuité des couvertures souscrites.

IFC envisage une participation minoritaire dans Holmarcom Finance Company pour 1,35 milliard de dirhams

Dans un communiqué de presse publié ce 12 décembre 2024, la Société financière internationale (IFC), membre du Groupe de la Banque mondiale, a annoncé la conclusion d’un accord pour l’acquisition d’une participation minoritaire dans Holmarcom Finance Company (HFC) pour un montant de 1,35 milliard de dirhams, soit 135 millions de dollars. Cette opération, encore soumise à des autorisations réglementaires, a pour objectif d’accélérer l’accès aux services financiers en Afrique tout en promouvant une croissance économique durable.

Cette collaboration avec IFC s’inscrit dans la continuité d’un partenariat initié en 2021, avec une première prise de participation dans Holmarcom Insurance Activities (HIA), filiale d’HFC spécialisée dans les activités d’assurance. Ce nouvel investissement permet à IFC d’élargir son engagement à l’ensemble des activités financières du groupe, renforcées par l’acquisition de Crédit du Maroc.

« Ce partenariat reflète notre volonté commune de créer des opportunités de développement durable. En plus de soutenir nos ambitions, IFC nous apporte son expertise pour accompagner l’évolution de notre gouvernance et notre politique ESG, conformément aux standards internationaux », a déclaré Mohamed Hassan Bensalah, PDG du groupe Holmarcom.

Holmarcom Finance Company se positionne comme un acteur clé de l’intégration financière en Afrique. Son expansion repose sur trois axes stratégiques principaux. Le groupe ambitionne d’abord de renforcer sa position dans les secteurs bancaires et des assurances en consolidant ses filiales pour accroître leur compétitivité sur les marchés marocain et africain. Ensuite, il cherche à diversifier ses métiers financiers en explorant de nouvelles opportunités dans les services financiers. Enfin, il vise à accélérer son expansion en Afrique subsaharienne pour répondre aux besoins des marchés subsahariens majeurs, notamment pour les PME et les femmes entrepreneurs.

IFC jouera un rôle central dans l’atteinte de ces objectifs. Son soutien financier et technique permettra à HFC de mieux accompagner les petites et moyennes entreprises (PME), tout en favorisant des projets écologiques visant une transition vers une économie durable.

L’arrivée d’IFC au capital de HFC marque une volonté de renforcer l’inclusion financière avec un accent particulier sur l’accès au crédit pour les PME et le financement de projets verts. L’objectif est de soutenir les entreprises locales, notamment celles dirigées par des femmes, et de contribuer à des initiatives écologiques en Afrique.

« Cet investissement traduit notre engagement en faveur de l’inclusion financière et du développement durable au Maroc et en Afrique. Nous sommes fiers de ce partenariat avec Holmarcom, qui s’aligne sur notre stratégie en Afrique visant à libérer de nouvelles opportunités pour les PME, les femmes entrepreneurs et la finance climatique », a affirmé Aliou Maiga, directeur des institutions financières d’IFC pour l’Afrique.

HFC bénéficiera également d’un accompagnement conseil d’IFC pour améliorer son cadre de gouvernance, notamment en matière de durabilité et d’intégration des critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance). Ce renforcement vise à structurer davantage l’organisation pour répondre aux standards internationaux tout en maintenant une approche inclusive.

IFC s’impose comme un acteur incontournable du développement économique au Maroc. Au cours des trois dernières années, l’institution a mobilisé plus d’un milliard de dollars dans le pays. Rien que pour l’année fiscale 2024, elle a engagé environ 600 millions de dollars pour soutenir des secteurs clés, renforçant ainsi son rôle de catalyseur de la croissance économique et de la résilience.

Holmarcom va céder 11,30% du capital de CDM au public pour plus d’un milliard de DH

Selon la note de l’opération publiée à cette occasion, cette opération a pour objectif:

Cette opération fait suite à l’accord donné par le conseil d’administration du groupe Holmarcom réuni en date du 26/08/2024 en vue de la cession par HFC au profit du public et le cas échéant, au profit des salariés, d’un maximum de 1.414.558 actions détenues par HFC dans le capital de Crédit du Maroc (CDM) et représentant au maximum 13% du capital social et des droits de vote de CDM pour un prix de cession compris dans une fourchette entre 840 dirhams et 900 dirhams par action.

Cela a été suivi d’un conseil d’administration d’HFC réuni en date du 17 octobre 2024 qui a acté la cession de 11,3% au prix de 850 DH/ action.

Voici les caractéristiques de l’opération

Crédit du Maroc : hausse de 37% du RNPG à fin juin 2024

Le groupe Crédit du Maroc (CDM) affiche à fin juin 2024 un encours crédit en hausse de 7,9% à près de 55 MMDH. « Cette progression est notamment soutenue par les crédits aux entreprises. Ces derniers qui ont atteint, à fin juin 2024, 32,7 MMDH, affichent une hausse significative de 13,5%, attribuable aux performances du crédit aux promoteurs immobiliers (+40%), du crédit-bail (+33,7%), du crédit à l’équipement (+27,2%) et du crédit court terme (+3,1%) », explique le groupe.

Pour leur part, les crédits aux ménages ont évolué de 4,1% et se situent à 21 MMDH, bénéficiant de la bonne tenue tant du crédit à la consommation que du crédit à l’habitat qui se sont appréciés respectivement de 6,7% et de 3,6%

Les ressources bilan ont augmenté de 4,8% à 54,8 MMDH. Cette évolution a été portée par les ressources à vue et les ressources d’épargne qui ont progressé respectivement de 6,2% et de 2,4% pour s’établir à 38,829 MMDH et à 10,192 MMDH. Les dépôts à terme se sont élevés, quant à eux, à 4,458 MMDH, soit en hausse de 31,8%

Le produit net bancaire consolidé s’est élevé, au titre du premier semestre 2024, à 1,606 MMDH, enregistrant une progression de 12,6% par rapport au premier semestre 2023. Une progression tirée par l’amélioration de la marge nette d’intérêt de 9,6% à 1,18 MMDH et de la hausse de la marge sur commissions de 9,1% à 246 MDH. Parallèlement, le résultat des opérations de marché a atteint 219 MDH, en hausse de 30,2%.

Porté par l’évolution positive du PNB consolidé, le résultat brut d’exploitation s’est renforcé de 17,6% à 824 MDH au premier semestre 2024. Le coefficient d’exploitation a connu une amélioration de 218 points de base pour se situer à 48,7%.

Le coût du risque consolidé s’est replié de 32,6% à 112 MDH, résultat d’une sinistralité maîtrisée et anticipée.

Les créances en souffrance ont limité leur croissance à 2,1% pour se situer à 4 MMDH, avec un taux de créances douteuses et litigieuses qui s’est amélioré de 42 bps à 7,4%.

Le résultat net part du groupe Crédit du Maroc s’est élevé à 391 MDH, en hausse de 36,8% par rapport au premier semestre 2023, bénéficiant d’une bonne dynamique commerciale et d’une évolution favorable du coût du risque.

Le communiqué de la banque rappelle que, sous l’égide de son nouvel actionnaire, Crédit du Maroc s’est fixé des « objectifs de croissance ambitieux dans le cadre de son plan quinquennal ». Le plan vise l’accélération de la dynamique commerciale supportée essentiellement par la refonte de l’offre et des parcours clients, l’accélération de la transformation digitale et l’amélioration continue du service client.

Holmarcom lance AI Institute et signe un partenariat stratégique avec Microsoft

Cette initiative, concrétisée lors du Gitex Africa 2024 qui se tient actuellement à Marrakech, ouvre la voie à des opportunités d’apprentissage et de développement professionnel dans un domaine en pleine expansion et vise à contribuer au renforcement de l’innovation au sein des entreprises marocaines, indiquent Holmarcom et Microsoft dans un communiqué conjoint. Sa mission consiste à développer les compétences essentielles pour faciliter la transition vers un monde professionnel de plus en plus axé sur la technologie, à travers des programmes certifiants et évolutifs.

« L’Intelligence artificielle étant actuellement l’un des principaux leviers de croissance et de performance tant sur le plan professionnel qu’économique, il est essentiel d’acquérir les dernières compétences en la matière pour rester compétitif et réussir à faire face aux enjeux et aux défis de ce XXIe siècle », a déclaré le directeur général du groupe Holmarcom, Karim Chiouar, cité dans le communiqué.

Pour sa part, la country manager pour Microsoft Maroc, Salima Amira, a estimé que le partenariat avec Holmarcom et AI Institute « présente une opportunité unique de stimuler les capacités numériques du Maroc et de stimuler l’innovation locale ». « Le développement des compétences est la pierre angulaire de la construction d’un vertical IA marocain robuste, et la clé de notre capacité à tirer parti de la transformation mondiale et à exploiter le potentiel de la nouvelle économie de l’IA. Nous sommes convaincus que cette collaboration nous permettra d’avoir un impact significatif à grande échelle », a-t-elle ajouté.

L’expertise et le savoir-faire de Microsoft constituent un gage de qualité et d’excellence, ce qui permettra de proposer des formations avancées, des certifications reconnues à l’international et un accès privilégié aux dernières technologies et solutions en matière d’Intelligence artificielle. AI Institute collaborera, par ailleurs, avec le cabinet DynIT afin de bénéficier de l’expertise et des compétences de consultants-formateurs accrédités par Microsoft.

Les programmes de formation d’AI Institute sont conçus pour couvrir les différents domaines liés à l’IA et s’adapter à tous les niveaux de compétences, offrant une flexibilité maximale grâce à un modèle hybride de sessions en présentiel et en ligne, note le communiqué.

En plus d’un accompagnement personnalisé pour les besoins en formation des entreprises, AI Institute abritera un centre d’examen, offrant une validation officielle avec des certifications reconnues.

Qui est Atay Dahmiss, la marque de thé dont la notoriété a été propulsée par l’affaire RS Berkane – USM Alger?

Le thé vert Dahmiss appartient au groupe Somathes. En 1958, l’Office national du thé et du sucre (ONTS), ancêtre de Somathes, voit le jour. Son activité consiste essentiellement en l’importation et la distribution du thé. Pour maîtriser toute la chaîne industrielle, l’ONTS se dote d’une manufacture conçue spécialement pour le stockage, le mélange et le conditionnement du thé importé, et diversifie  ses gammes en créant « La Menara », « Souiri » , « La Caravane », et « Chaâra ».

L’ONTS n’échappe pas à la vague de privatisation de l’économie marocaine des années 1990, et se positionne comme un opérateur privé en 1993. Il devient en 2002 Somathes (Société marocaine du thé et du sucre) avant de passer sous le giron du groupe Holmarcom en 2006.

Présente sur le marché depuis 1958, la marque Dahmiss (terme qui veut dire crépuscule en dialecte hassani), dont le thé est importé de Chine, est renommée pour ses filaments fins et torsadés, une caractéristique qui la rend particulièrement appréciée dans les provinces du sud du Royaume.

Auparavant éclipsée par ses concurrents dans le reste du pays, cette marque a connu ces derniers jours un regain de popularité inespéré. Le thé Dahmiss est devenu célèbre par un coup du sort, car il s’agit du sponsor dont le nom est présent en gros caractères sur les maillots de l’équipe de la RSB retenus à l’aéroport d’Alger.

Les images du maillot ont fait le tour des réseaux sociaux, boostant ainsi la visibilité de la marque. Les vendeurs de thé dans le Royaume ont rapporté en effet une hausse significative de la demande pour le thé Dahmiss dans les jours suivant l’incident.

Mehdi Smires et les Bensalah s’allient pour le rachat de Scandimar

Le groupe Holmarcom compte, avec Mehdi Smires, prendre le contrôle conjoint de la société Scandimar S.A., à travers l’acquisition de, respectivement, 60% et 20% de son capital social et des droits de vote associés. Une notification a été faite dans ce sens au Conseil de la concurrence.

Le groupe Holmarcom, actif dans plusieurs domaines, dont l’agro-industrie, renforcera ce pôle avec les produits de le mer.

Scandimar est une société anonyme de droit marocain, dont le siège social est à Mohammédia.

Elle est active dans l’achat, le traitement, la vente et l’exportation des produits de la mer (produits frais, congelés, séchés, en conserve et fumés). Selon Inforisk, son chiffre d’affaires en 2022 était de 55,5 MDH, et son bénéfice atteignait 3,7 MDH.

CDM dévoile ses résultats annuels, les synergies avec Holmarcom passées sous silence

Le 9 mars, le groupe Crédit du Maroc (CDM) a présenté ses résultats annuels 2022, lors de sa première conférence de presse depuis la prise de participation majoritaire du groupe Holmarcom, dirigé par Mohamed Hassan Bensalah.

Le nouveau management de CDM, notamment à travers le président du directoire, Ali Benkirane, a également fait quelques annonces discrètes concernant les changements à venir dans l’organisation de la banque.

Une dynamique commerciale solide en 2022

CDM a affiché des indicateurs en bonne forme en 2022, avec une amélioration de la distribution des crédits. L’encours atteint 48,5 MMDH, en hausse de 5,2% par rapport à 2021. Les crédits aux particuliers s’apprécient de 1,8% à 19,6 MMDH, en lien avec la bonne tenue des crédits à l’habitat qui évoluent de 2,7%. Les crédits à la consommation se replient, quant à eux, de 2,1%.

Sur le marché des entreprises, les crédits à court terme et les crédits à l’équipement affichent des croissances respectives de 17% et 19,9%. Pour sa part, le crédit-bail clôture l’année 2022 sur une baisse de 3,8%. Les ressources à vue progressent de 2,9% à 34,1 MMDH.

Le PNB consolidé du groupe progresse de 4,4%, porté par la bonne performance de l’ensemble des lignes métier. La marge nette d’intérêt s’élève à 1.996,4 MDH, en croissance annuelle de 2,1%, et la marge sur commissions s’élève à 403,2 MDH, en hausse de 2,5% grâce à la progression du taux d’équipement produit et à la bonne tenue des activités de commerce international et de cash-management.

Le coût du risque consolidé augmente fortement à 310 MDH contre 64 MDH en 2021. Une hausse que le groupe explique par « un effet de base lié à la constatation d’une reprise exceptionnelle de 176 MDH au niveau du coût du risque de l’année 2021. Hors cet élément exceptionnel, le coût du risque ressort en hausse de 29,4% ».

En 2022, CDM affiche un RNPG en baisse de 35,6% par rapport à l’année 2021 à 404 MDH. Une chute qui s’explique principalement par des charges non récurrentes constatées en 2022, et par l’effet de base d’une reprise exceptionnelle en 2021. Un dividende de 27 dirhams par action sera proposé au titre de l’exercice 2022, contre 25,9 dirhams par action l’année précédente.

Le président du directoire, Ali Benkirane a également présenté quelques aspects de l’évolution de l’organisation à la suite du changement d’actionnaire majoritaire. Concernant les synergies qui s’opéreront après le rapprochement capitalistique du groupe Holmarcom et CDM, la communication reste timide.

Une synergie à venir, sans détails conséquents

Naturellement, le rapprochement des deux groupes a fait couler beaucoup d’encre, laissant présager des dynamiques futures, notamment dans le secteur de la bancassurance. Mais la conférence de presse a dévoilé assez peu d’éléments concrets sur les synergies à venir. Ali Benkirane a d’ailleurs rappelé que dans le cadre de l’activité de bancassurance, CDM détient un partenariat avec l’assureur Sanlam Maroc. « Concernant ce sujet, nous avons un partenariat avec Sanlam Maroc. Il est toujours en cours et n’est pas remis en question. Nous continuerons à travailler avec Sanlam Maroc pour le faire progresser dans l’intérêt des deux institutions », a indiqué le président du directoire.

Pour en savoir plus, il faudra patienter et attendre la prise en main de la banque par le management. « Ce que je peux vous dire, c’est que l’on va aller chercher l’ensemble des opportunités de synergies pour créer de la valeur pour le groupe. Le sujet est en cours, nous pourrons donner plus de détails par la suite », a confié le président du directoire.

Concernant l’organisation du directoire de CDM, les activités retail et corporate seront séparées, mais rapprochées au niveau du réseau. « Nous considérons que par rapport aux enjeux et ambitions que nous avons, l’organisation du directoire devrait permettre aux membres de se consacrer pleinement au développement du marché retail et au marché corporate. L’organisation mise en place est une organisation par marché (retail, corporate, institutionnel) et par ligne métier (habitat, investissement, etc.). D’où la nomination des directeurs réseaux qui auront une couverture régionale, ce qui nous permettra d’avoir une meilleure synergie entre les deux marchés« , a précisé Ali Benkirane.

Outre les sujets de réorganisation du groupe, il a également été question d’aborder les perspectives marché, dans un contexte économique encore chahuté par une inflation persistante et une hausse du taux directeur.

De bonnes perspectives en 2023 qui découlent des plans d’investissement nationaux

Cette année, malgré un contexte économique global assez morose, tant dans les économies émergentes qu’avancées, le président du directoire de CDM reste confiant. Il souligne notamment les perspectives favorables offertes par le Nouveau Modèle de développement, la Charte de l’investissement et le Fonds Mohammed VI pour l’investissement. « Pour nous, secteur bancaire, il s’agit d’une opportunité importante pour accompagner les différents acteurs économiques du pays. »

Sur le plan opérationnel, le groupe compte accroître ses parts de marché sur le secteur habitat et consommation. « Nous souhaitons accélérer notre développement sur le marché corporate avec les crédits d’équipement et d’investissement. Tout un plan stratégie est en cours d’élaboration, nous comptons le présenter à notre conseil de surveillance au cours des mois prochains », a fait savoir Ali Benkirane.

Il a aussi été question de l’impact de la hausse du taux directeur, destinée à freiner l’inflation en baissant les octrois de crédits bancaires. « Nous suivons cette évolution de manière prudente. Les banques ont pris plusieurs mois avant de répercuter de façon partielle cette hausse du taux directeur sur les taux débiteurs. Nous constatons des répercussions, dépendant des produits, entre la moitié et 70% de cette hausse », a-t-il commenté.

Cette hausse du taux directeur, à terme, pourrait entraîner un impact au niveau de la banque concernant la marge d’intérêt et le résultat sur opérations de marché. Encore une fois, peu de détails sont fournis. « La hausse du taux de 100 pbs a été maîtrisée par une gestion prudente de la liquidité et la désensibilisation du portefeuille. Cette gestion nous positionne de façon confortable face à la hausse des taux. Nous suivrons ce qu’il se passe sur le marché de façon prudente et en veillant à optimiser nos coûts de refinancement », a précisé Ikram Erryahi, directrice générale adjointe de CDM.

Interrogé sur la politique de distribution des dividendes à la suite du changement d’actionnariat, Ali Benkirane est resté évasif quant à son évolution. « Il y a eu un changement de management, d’actionnaires… Naturellement les choses vont évoluer, même si on ne peut pas dire comment », a-t-il expliqué avant de poursuivre sur les prévisions du groupe.

Concernant les évolutions attendues en 2023 au niveau du PNB et de RNPG, « nous tablons sur des évolutions significatives par rapport à ce qui a été constaté les années précédente », a conclu le président du directoire.