Projet Hydrogène vert de TotalEnergies : avancées techniques validées, calendrier confirmé

Le ministre délégué chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, Karim Zidane, a présidé ce vendredi 30 mai à Rabat la 5e réunion du comité de suivi du contrat préliminaire de réservation de foncier signé avec le groupement TotalEnergies-CIP-AP Moller Capital.

Cette réunion, tenue en présence de la ministre de la Transition énergétique et du développement durable, Leila Benali, s’inscrit dans le cadre du suivi du projet de développement d’une filière d’hydrogène vert au Maroc, tel que lancé sous la présidence du Roi Mohammed VI. Ce projet stratégique vise à faire du Royaume un acteur clé dans la production et l’exportation d’hydrogène vert, en lien avec ses objectifs climatiques et économiques.

Au cours de cette cinquième réunion, les membres du comité ont validé les livrables de la phase 2 du projet. Ils ont également fixé une nouvelle échéance pour la réception des derniers livrables attendus dans le cadre de la phase 3.

Ces étapes s’inscrivent dans la feuille de route convenue entre l’État marocain et le groupement mené par TotalEnergies, qui a obtenu une réservation préliminaire de foncier pour l’implantation d’un mégaprojet d’hydrogène vert, comme révélé par Médias24 en mars dernier.

Pour rappel, le projet du consortium TotalEnergies-CIP-AP Moller Capital prévoit une capacité de production d’hydrogène vert et de ses dérivés à l’export, notamment vers l’Europe. Il bénéficie d’un suivi régulier à haut niveau, dans le cadre de la stratégie nationale visant à structurer une filière industrielle compétitive dans le domaine des énergies renouvelables et de l’hydrogène.

Forum de la Chimie : Chakib Alj appelle à la mise à jour de la réglementation en vigueur dans le secteur

« L’industrie de la chimie est parfois perçue comme peu visible au Maroc. Il s’agit pourtant de l’un des piliers silencieux de notre économie« , a déclaré M. Alj lors de cet événement. « C’est un secteur central qui irrigue nos chaînes de valeur industrielles et alimente d’autres secteurs, notamment notre agriculture, celui de la santé et du textile ».

« Le secteur de la chimie est essentiel dans notre économie, avec un poids de 25% du PIB industriel et plus de 20% de nos exportations. Il joue aussi un rôle majeur dans l’emploi, avec 180.000 emplois directs et indirects de qualité ».

« Le Roi Mohammed VI nous a fixé un objectif clair de souveraineté dans ce secteur, lequel est de réduire notre dépendance aux importations, afin de développer une industrie forte, permettant de fournir les intrants et les commodities nécessaires aux autres industries ».

La réglementation en vigueur dans le secteur de la chimie constitue un frein à son développement

« Pour que tout ceci soit possible, nous devons renforcer la recherche et développement dans plusieurs secteurs, notamment celui de la chimie. L’innovation est une condition nécessaire à la montée en gamme industrielle. De plus, le fonds Tatwir R&D, qui dispose de 300 millions de DH annuels, doit être renforcé, et son accès ainsi que ses modalités de remboursement doivent être facilités pour les entreprises ».

« Nous avons également besoin d’actualiser notre réglementation en vigueur. La législation qui encadre les entreprises du secteur actuellement est ancienne, et les textes de loi datent parfois de la période du protectorat. Ce règlement constitue, en 2025, un frein au secteur ».

« Nous avons aussi besoin de renforcer notre capital humain. La refonte de la formation professionnelle est aujourd’hui impérative et urgente, si nous voulons permettre des passerelles vers les filières d’avenir. Aujourd’hui, seules 1% des entreprises qui cotisent en bénéficient, et c’est une anomalie du système qui ne peut plus durer ». 

« La mise en place de contrats d’apprentissage est aussi un prérequis si nous voulons gagner du temps et permettre aux jeunes d’être opérationnels dès l’obtention de leurs diplômes ».

« Nous avons annoncé la semaine dernière que nous allons multiplier par 4 le nombre de jeunes en alternance dès 2026, et c’est une bonne nouvelle dont il faut se féliciter ».

Le Maroc est capable de produire 4% de la demande mondiale en hydrogène vert dès 2030

« Le prochain défi est l’hydrogène vert et nous ne parlerons pas d’un avenir prochain. Nous sommes l’un des pays les plus prometteurs au monde en termes de production de cette énergie, et nous avons la capacité de produire 4% de la demande mondiale dès 2030″.

« Les possibilités qu’offre cette énergie pour répondre aux défis du transport maritime et aérien et des industries lourdes attirent des investissements de partout dans le monde qui se comptent en plusieurs milliards de DH. Le secteur de la chimie devra donc accompagner le développement de cette énergie ».

« Nous continuons par ailleurs à développer l’écosystème des batteries qui a déjà attiré des investissements massifs. Avec cet écosystème, nous avons la capacité de fournir au monde et particulièrement à l’Europe la solution d’une mobilité durable ».

« En réussissant ces défis, le secteur de la chimie pourrait radicalement changer notre positionnement dans le monde. Le développement de l’hydrogène vert pourrait nous faire intégrer le cercle très fermé des exportateurs net d’énergie, et les implications géopolitiques de cette nouvelle donne seraient profondes.

Gaz naturel. Les premiers détails de l’AMI relatif au développement de l’infrastructure gazière

Tant attendu, l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour le développement de l’infrastructure gazière nationale a été publié par le ministère de la Transition énergétique et du développement durable, une première étape vers la concrétisation de la feuille de route du gaz naturel (2024-2030).

Cet appel à manifestation d’intérêt permettra de sélectionner les candidats retenus pour développer des appels d’offres relatifs à la première infrastructure intégrée de réception, de stockage, de regazéification et de transport de gaz naturel, incluant également une centrale électrique à gaz.

Cette nouvelle infrastructure devrait répondre à un besoin national croissant en capacité, qui devrait atteindre 10 milliards de mètres cubes par an dans un horizon de cinq à six ans. Outre la grande demande en gaz naturel, ce projet est rentabilisé par le plan d’investissement 2025-2030 de l’ONEE qui prévoit la mise en service de 4.300 MW supplémentaires de capacité de production au gaz, contre une capacité actuelle de 834 MW, grâce à la construction de nouvelles centrales et à la conversion de centrales existantes.

Ouvert aux opérateurs nationaux et internationaux du secteur, l’AMI impose aux soumissionnaires, en plus de présenter leurs références sur le projet convoité, de répondre à des questions portant sur la disposition des navires, le modèle économique, le montage financier, les références techniques, les technologies maîtrisées…

L’objet de cet appel à manifestation d’intérêt concerne trois composantes qui devront être opérationnelles au plus tard à partir de l’année 2027  : la construction d’un terminal GNL au port Nador West Med, la construction d’une centrale électrique à turbine à gaz à cycle combiné à Nador, et le prolongement du gazoduc Maghreb-Europe (GME).

Plan de l’infrastructure à développer dans le cadre de cet appel à manifestation d’intérêt.

Un terminal LNG au nouveau port Nador West Med

Le développement du terminal d’importation de GNL comprend la conception, la construction, les équipements, l’exploitation et la maintenance de toutes les infrastructures en mer et à terre constituant le terminal d’importation, de stockage et de regazéification de GNL, ainsi que tous les systèmes de gaz à haute pression situés à l’intérieur du périmètre du port de Nador West Med, jusqu’au point de raccordement à la composante pipeline à la limite du port.

Le futur exploitant du terminal GNL de Nador sera chargé du développement et de l’exploitation complète de l’installation. Ce projet comprendra principalement une unité flottante, pouvant prendre la forme soit d’une FSRU (unité flottante de stockage et de regazéification), soit d’une FSU (unité flottante de stockage) associée à un système de regazéification installé à quai.

L’infrastructure inclura également les installations terrestres nécessaires, ainsi qu’un pipeline reliant la station de réception terrestre au point de raccordement avec le gazoduc longue distance situé à la limite du port de Nador West Med.

Plan de masse du premier terminal LNG du port Nador West Med.

 

Méthode de gestion proposée pour la nouvelle plateforme LNG de Nador.

Une centrale électrique à cycle combiné à Nador

Près du nouveau terminal d’importation de LNG, l’AMI inclut également la construction d’une nouvelle centrale électrique à cycle combiné qui sera développée sous le régime de la production indépendante d’électricité (IPP).

D’une capacité totale de 1.200 MW, cette centrale, composée de deux unités distinctes, sera directement alimentée en gaz naturel par le nouveau terminal d’importation de GNL voisin où la totalité de la production électrique de la centrale sera injectée dans le réseau national haute tension de 400 kV.

Conformément aux exigences internationales, la conception du projet devra intégrer les dernières technologies de pointe permettant de respecter strictement les normes d’émissions environnementales établies par la Banque mondiale, garantissant ainsi une production énergétique à la fois performante et respectueuse de l’environnement.

Prolongement du gazoduc Maghreb-Europe (GME)

Afin de répondre aux besoins énergétiques, la feuille de route a proposé un prolongement du gazoduc Maghreb-Europe pour satisfaire efficacement la demande en gaz naturel. L’AMI projette la construction de deux gazoducs qui seront connectés au gazoduc Maghreb-Europe. Ce dernier, après l’arrêt de son utilisation par l’Algérie, a été réaffecté pour approvisionner le Maroc en gaz naturel en provenance de l’Espagne, permettant ainsi la mise en service des stations nord au gaz naturel, notamment celle de Tahaddart.

Le premier gazoduc permettra une connexion au nouveau terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) du port de Nador West Med. Ce pipeline, d’un diamètre de 48 pouces, permettra un débit de 750 millions de pieds cubes standard par jour (MMSCFD). Le tracé de cette infrastructure a été soigneusement planifié pour longer, dans la mesure du possible, la nouvelle autoroute Guercif-Nador. En outre, il est prévu que ce pipeline se connecte également à la future centrale à gaz de Nador.

Tracé du gazoduc reliant le port de Nador West Med au Gazoduc Maghreb-Europe.

Le second gazoduc nord-ouest, d’une longueur totale de 220 km et d’un diamètre de 48 pouces, permettra notamment de relier le port de Mohammédia et d’offrir une opportunité de commercialisation du champ gazier d’Anchois après sa mise en service.

Le tracé du prolongement du gazoduc vers le port de Mohammédia en passant par Kénitra.

Ce gazoduc comprend deux embranchements secondaires de 16 pouces de diamètre chacun. Le premier, long de 19 km, approvisionnera la centrale thermique de Mohammédia et le quartier industriel de cette ville, tandis que le second, sur 13 km, desservira la zone industrielle de Kénitra. Cette dernière était précédemment desservie par la compagnie SDX avant que les volumes de production ne diminuent.

 

Tracé de l’embranchement du gazoduc vers le quartier industriel de Kénitra.

 

Tracé de l’embranchement du gazoduc vers la centrale thermique de Mohammédia.

Feuille de route de gaz naturel (2024-2030)

En 2023, le ministère de la Transition énergétique avait lancé, en partenariat avec la Société financière internationale (IFC), le projet d’élaboration d’une feuille de route pour le développement du gaz naturel au Maroc.

Pour accélérer la concrétisation de cette vision, un protocole d’accord interministériel a été signé le 26 mars 2024, impliquant les ministères de la Transition énergétique, des Finances, de l’Équipement et de l’eau et de l’Intérieur, en plus d’institutions telles que l’ANP, l’ONEE, l’ONHYM et Nador West Med. L’objectif est d’harmoniser les efforts publics autour de la feuille de route gazière actualisée, tout en mobilisant l’expertise des différents intervenants sectoriels.

Les projets prioritaires à court terme (2024-2026) de cette feuille de route consistent à renforcer l’infrastructure gazière en intégrant, en amont, les nouveaux champs de Tendrara (région de l’Oriental), un projet qui sera mené par Mana Energy, qui est devenu l’opérateur du projet. Le programme à court terme comprendra :

À moyen terme, la feuille de route prévoit de raccorder le gazoduc nord au nouveau port de Dakhla Atlantique. Ce raccordement sera ensuite prolongé afin de connecter les réseaux gaziers mauritanien et sénégalais par le biais du gazoduc Afrique Atlantique (GAA). À long terme, une expansion vers l’hydrogène vert peut être envisagée, exploitant les synergies développées avec ses sous-produits.

Un AMI en préparation pour le raccordement du réseau gazier national au Gazoduc africain atlantique (Benali)

Répondant à une question orale sur les derniers développements du Gazoduc Nigeria-Maroc, Leila Benali a précisé que les travaux sont en cours pour la première phase, qui comprend l’axe Sénégal-Mauritanie-Maroc. Elle a ajouté que le projet a enregistré des progrès significatifs, avec l’achèvement des études de faisabilité et d’ingénierie ainsi que la poursuite des études sur le terrain et l’étude d’impact environnemental et social.

Dans ce cadre, la ministre a indiqué que son département a tenu une série de réunions, qui se sont conclues par la réunion ministérielle des pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), du Maroc et de la Mauritanie, à la fin de l’année 2024, qui a été sanctionnée par l’adoption de l’accord intergouvernemental (IGA) et de l’Accord avec le gouvernement hôte (HGA).

Le Gazoduc Nigeria-Maroc, désormais appelé « Gazoduc africain atlantique », est un projet stratégique de nature à stimuler le développement économique et industriel. Il constitue également un levier pour accélérer l’accès au réseau électrique et créer des opportunités d’emploi. Ce projet fera du Royaume le seul corridor énergétique reliant l’Europe, l’Afrique et le bassin atlantique, a souligné Mme Benali.

La ministre a rappelé que ce projet s’inscrit dans le cadre de la vision royale, qui reflète la volonté forte du Maroc de renforcer l’accès des pays du Sahel à l’océan Atlantique et de favoriser l’intégration économique.

Ce gazoduc, qui s’étend sur plus de 6.800 kilomètres avec une capacité de transport de 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an, a poursuivi Mme Benali, nécessitera un investissement global estimé à 25 milliards de dollars et permettra de préparer la région à l’économie de l’hydrogène vert.

(Avec MAP)

Le projet Hydrogène vert de TotalEnergies « avance selon les engagements pris »

La réunion présidée par le ministre de l’investissement, Karim Zidane, a permis l’analyse des premiers livrables issus des études menées sur le terrain par le consortium, confirmant l’avancement du projet selon les engagements pris.

« L’implémentation du contrat progresse à un rythme soutenu, consolidant ainsi la position du Maroc en tant qu’acteur central de la transition énergétique mondiale », est-il précisé dans une communication du ministère.

Le Maroc et TE H2 (une coentreprise entre TotalEnergies et le groupe Eren), avec ses partenaires, ont signé un contrat préliminaire de réservation du foncier pour le projet « Chbika », sous la présidence effective du Roi Mohammed VI et du président français Emmanuel Macron, en octobre 2024.

Il s’agit du premier contrat s’inscrivant dans le cadre de l’Offre Maroc pour l’hydrogène vert.

Cet accord permettra à TE H2, une coentreprise entre TotalEnergies et le groupe Eren, conjointement avec les deux sociétés danoises, Copenhagen Infrastructure Partners (CIP) par le biais de son fonds Energy Transition Fund, et A.P. Møller Capital par le biais de son fonds Emerging Markets Infrastructure Fund, de lancer les études d’avant-projet, poursuit la même source.

Ce projet constituera la première phase d’un programme de développement visant à « créer un centre de production d’hydrogène vert de taille mondiale ».

TE H2 et CIP seront en charge du développement de la production des énergies renouvelables (solaire, éolien, hydrogène vert et ses dérivés), tandis qu’A.P. Møller Capital développera le port et les infrastructures associées. Ce contrat, une première au Maroc, « mettra en valeur le potentiel renouvelable exceptionnel du pays et contribuera au développement économique du Royaume ».

Round up. En quoi consiste le projet d’hydrogène vert Engie-OCP ?

Lors d’une réunion du comité chargé du pilotage de l’Offre Maroc, tenue le 6 mars 2025, le gouvernement a dévoilé la liste des cinq investisseurs retenus pour la réalisation de six projets de production d’hydrogène vert. Ces projets, représentant un montant d’investissement de 319 milliards de dirhams, devront accélérer la mise en œuvre de la production d’hydrogène vert au Maroc.

Ces premières sélections dans le cadre de l’Offre Maroc viennent s’ajouter à d’autres projets de développement d’hydrogène vert. Certains de ces projets sont à un stade timide d’avancement, tandis que d’autres ont annoncé des investissements massifs, comme c’est le cas du partenariat Engie-OCP.

Avec un investissement initial d’environ 4 milliards d’euros, le partenariat stratégique majeur a été signé entre le groupe OCP et l’énergéticien français Engie, en présence du Roi Mohammed VI et du président Macron lors de sa dernière visite au Maroc, le 28 octobre 2024.

À terme, l’investissement dans les quatre projets cumulés devrait atteindre 15 à 17 milliards d’euros, représentant l’équivalent d’environ 56 % du budget annoncé des six projets sélectionnés dans l’Offre Maroc (30,26 milliards d’euros).

En plus de la décarbonatation de l’industrie des phosphates, ce partenariat vise également à contribuer activement aux ambitions du Royaume du Maroc en matière de transition énergétique, en renforçant l’écosystème industriel local et en générant des opportunités économiques et technologiques nationales, tout en créant potentiellement des emplois, et ce à travers 4 projets phares :

  1. Projet de parcs d’énergies renouvelables avec solutions de stockage flexible : développement de centrales solaires et éoliennes d’une capacité initiale de plus de 2 GW, intégrant des systèmes de stockage par batterie (BESS) pour optimiser le rendement énergétique et atténuer l’intermittence des énergies renouvelables.
  2. Infrastructures électriques intra-sites : création de boucles électriques internes connectées aux nouvelles sources d’énergie renouvelable, assurant une distribution efficace et durable de l’énergie au sein des sites industriels de l’OCP.
  3. Production d’ammoniac vert et dérivés de l’hydrogène vert : développement de sites de production d’ammoniac vert, essentiel à la fabrication d’engrais, à partir d’hydrogène vert, avec un objectif de production d’un million de tonnes. Des études de faisabilité seront également menées pour d’autres dérivés, tels que le méthanol et les électrocarburants d’aviation durable (e-SAF).
  4. Stations de dessalement de l’eau : mise en place de capacités de dessalement de l’eau de mer pour un usage agricole, soutenant les activités du groupe OCP dans les régions arides.

Cet accord de codéveloppement, signé par Mostafa Terrab, PDG du groupe OCP, et Catherine MacGregor, directrice générale d’Engie, opte non seulement pour le développement de ces quatre projets phares de transition énergétique, mais également pour la mise en place d’un agenda à long terme de recherche et d’innovation. Le Joint Development Agreement (JDA) envisage également la création d’une joint-venture entre le groupe OCP et Engie, ce qui souligne la profondeur et l’engagement des deux parties dans cette collaboration stratégique.

Récemment, une délégation du groupe OCP, conduite par Hanane Mourchid, directrice exécutive de la Durabilité et du développement durable, s’est récemment rendue dans les centres de recherche d’Engie (Lab Crigen et Laborelec). Les discussions ont porté sur les domaines de la joint-venture Engie-OCP, notamment l’hydrogène vert, l’intégration des énergies renouvelables, les systèmes de stockage, le dessalement et la décarbonation des processus industriels. Une rencontre similaire sera organisée prochainement au Maroc, impliquant le groupe OCP et l’UM6P via sa filiale Innov’X.

Offre Maroc hydrogène vert. Ce qu’il faut savoir sur les cinq investisseurs retenus

Près d’une année après la publication de la circulaire Offre du Maroc par le gouvernement pour le développement d’un investissement efficace et pesant, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur de la filière de l’hydrogène vert, une réunion du comité de pilotage, présidée par le chef du gouvernement, a dévoilé la sélection des cinq premiers investissements dans le cadre de l’Offre Maroc Hydrogène vert. La sélection des porteurs des six projets s’est faite selon une méthodologie transparente, avec un nombre de critères bien définis, selon Aziz Akhannouch.

Lors d’une intervention accordée durant le journal télévisé de la chaîne 2M, la ministre de la Transition énergétique et du développement durable a précisé que, depuis l’année dernière et jusqu’à cette année, un processus de sélection a été mis en place pour évaluer la solidité financière et technique des investisseurs. Ce processus concerne non seulement les projets liés à l’hydrogène vert, mais également les infrastructures associées, telles que les ports, les réseaux électriques, les gazoducs, les hydroducs, ainsi que les centrales de dessalement.

Leila Benali a expliqué que, dans cette première phase, des contrats de réservation de foncier d’une durée de six mois ont été négociés avec ce premier groupe d’investisseurs. Un deuxième groupe d’investisseurs entamera les mêmes discussions dans les deux prochains mois. Ces contrats permettent de s’assurer de l’engagement des parties prenantes et de poser les bases pour les étapes suivantes.

La deuxième phase consiste, pour chaque investisseur ayant signé un contrat de réservation de foncier, à entamer des études techniques détaillées. Ces études visent à recueillir les données nécessaires pour mettre en place les mesures adéquates et garantir une visibilité claire pour l’État marocain. Cette étape est cruciale pour permettre une flexibilité en cas de changements technologiques, de risques financiers ou de fluctuations économiques liés à ces projets.

La ministre a également souligné que la quarantaine d’investisseurs ayant manifesté leur intérêt pour le Maroc n’ont pas été éliminés. Les discussions et négociations sont toujours en cours, avec un retour d’expérience sur l’évolution des technologies concernées. Cette approche permet au Maroc de s’adapter aux avancées technologiques et de maximiser les opportunités dans le domaine de l’hydrogène vert et des infrastructures associées.

Premier consortium sélectionné : Ornx Green Hydrogen

Ornx est une coentreprise entre Ortus Power Resources, une société américaine qui a précédemment participé au développement du premier parc éolien au Maroc par le secteur privé, le parc éolien de Khalladi, situé dans la région de Tanger, et une autre coentreprise entre l’énergéticien espagnol Acciona et l’allemand Nordex, spécialisé dans la fabrication d’équipements pour les énergies renouvelables, notamment les éoliennes.

Créée en 2022, cette joint-venture vise à atteindre le stade prêt à construire pour ses premiers projets d’ici 2027, et prévoit une capacité de production de 500.000 tonnes d’hydrogène vert par an dans ses différents projets répartis aux États-Unis, en Amérique latine et en Afrique.

Au Maroc, Ornx a entamé, au cours des dernières années, des études de sites propices au développement des énergies renouvelables et, bien sûr, de l’hydrogène vert. Ornx opte pour la construction d’une plateforme d’hydrogène vert qui comprend trois sites de production d’électricité verte situés dans le désert du sud du Maroc, près de Boujdour, de Dakhla et de Laâyoune, ainsi qu’un site dédié au stockage et aux processus industriels près du port de Laâyoune.

Deuxième consortium : l’émirati Taqa et l’espagnol Cepsa

Ce consortium hispano-émirati vise la production d’ammoniac vert et de carburant industriel. En 2023, un article du journal en ligne « Sharq » a évoqué, citant des sources anonymes de l’entreprise Taqa, une intention du groupe émirati d’investir environ 10 milliards de dollars dans la construction d’une installation d’énergie renouvelable d’une capacité de 6 GW, dédiée à la production d’hydrogène vert dans la région de Dakhla-Oued Eddahab.

De son côté, l’énergéticien Cepsa a terminé l’année dernière dans une situation de tension avec le gouvernement espagnol, qui a tenté de rendre permanents les impôts spéciaux et temporaires qu’il avait approuvés en 2022, en raison de ce qu’il a qualifié de « profits exceptionnels » générés par la hausse des prix des hydrocarbures. Dans ce bras de fer, Cepsa a annoncé la suspension de ses investissements de 3 milliards d’euros dans des projets d’hydrogène vert à Carthagène (100 MW), à Tarragone (150 MW) et au Pays basque (100 MW). Cepsa a expliqué qu’elle préférait donner la priorité à son expansion internationale avec des projets sur d’autres continents, comme l’Amérique et l’Afrique, parmi lesquels figurait le Maroc.

Précédemment, Cepsa ambitionnait également de construire un hydroducte pour importer de l’hydrogène du Maroc vers la raffinerie de San Roque (Cadix). À l’époque, le PDG de Cepsa avait exprimé l’intérêt pour son groupe de produire, en premier lieu, de l’ammoniac vert et des biocarburants.

Troisième investisseur : le groupe saoudien Acwa Power

Le groupe énergéticien saoudien Acwa Power vise à produire de l’acier vert. Au Maroc, le groupe saoudien est l’opérateur de plusieurs projets d’énergie renouvelable, dont ceux de Khalladi, Noor Ouarzazate, Noor Laâyoune et Noor Boujdour.

À partir de ces projets stratégiques d’énergie renouvelable qu’Acwa Power a développés au Maroc, le groupe, lors du World PtX Summit 2024, a déclaré, à travers son directeur de l’hydrogène vert, Driss Berraho, qu’il disposait du capital humain nécessaire grâce au savoir-faire accumulé au Maroc. À ce stade, il est essentiel pour Acwa Power de sécuriser le foncier afin de pouvoir estimer les coûts et de traiter avec les clients potentiels sur le marché international.

 Quatrième investisseur : l’entreprise marocaine Nareva

L’entreprise marocaine Nareva, filiale du holding Al Mada, a été la seule entreprise marocaine sélectionnée durant cette première réunion de pilotage. Au Maroc, elle a pu développer une dizaine de parcs éoliens, dont les plus importants en termes de capacité sont ceux de Tarfaya (301,3 MW) et de Midelt (180 MW).

L’année dernière, GE Vernova, l’ONEE et Nareva ont signé un mémorandum d’entente portant sur la réalisation d’une étude de faisabilité pour convertir la centrale thermique de Laâyoune de 99 mégawatts (MW), actuellement alimentée au fioul lourd, pour un fonctionnement à l’hydrogène, grâce à la fourniture de trois turbines à gaz GE Vernova à haute performance de type 6B, une première en Afrique.

Cinquième consortium : United Energy Group et China Three Gorges 

Basée à Hong Kong et cotée en Chine, United Energy Group est une compagnie énergétique active en amont dans la production de pétrole et de gaz naturel, ainsi que dans les activités liées à l’énergie propre et au négoce d’énergie. L’activité hydrogène du groupe a commencé à être développée en 2023.

La deuxième partie du consortium correspond à China Three Gorges Corporation, largement reconnu comme le plus grand développeur et opérateur d’énergie renouvelable au monde. En 2023, le groupe a déclaré des actifs totaux de 190,6 milliards de dollars américains, avec une capacité installée de 146 GW dans 20 pays.

En septembre 2024, ce consortium chinois a signé un mémorandum d’entente avec le gouvernement jordanien pour un projet d’hydrogène vert visant la production annuelle de 200.000 tonnes d’ammoniac vert.

Ce qu’il faut retenir de l’hydrogène vert au Maroc :

https://medias24.com/2025/03/06/hydrogene-vert-5-investisseurs-marocains-et-mondiaux-selectionnes/

https://medias24.com/2025/03/07/offre-maroc-hydrogene-vert-les-premieres-explications-de-masen/

Offre Maroc pour l’hydrogène vert : les premières explications de Masen

319 MMDH d’investissements projetés dans l’hydrogène vert par cinq investisseurs sélectionnés dans le cadre de l’Offre Maroc. L’annonce a été faite ce jeudi 7 mars 2025 à la suite de la réunion du comité de pilotage chargé de l’Offre Maroc en matière d’hydrogène vert.

Ces investisseurs nationaux et mondiaux projettent la réalisation de six projets dans les trois régions du sud du Royaume. La prochaine étape est le démarrage des négociations en vue de la signature de contrats préliminaires permettant de mobiliser l’assiette foncière. Ces projets s’ajoutent aux deux signés entre le Maroc et la France en octobre dernier.

Huit projets ont donc été retenus par l’État dans le secteur de l’hydrogène vert. Plusieurs questions se posent sur la suite à donner à cette annonce. Quelles sont les prochaines étapes ? D’autres investisseurs pourront-ils bénéficier de l’Offre Maroc ? Les projets visent-ils l’export, le marché local ou les deux ? Qu’en est-il des infrastructures ? Quelles seront les retombées économiques pour le Maroc… ?

Des interrogations que nous avons adressées à Masen, qui est le point focal de l’Offre Maroc et l’interlocuteur des investisseurs. Son président directeur général, Tarik Moufaddal, a répondu aux questions de Médias24 au lendemain de l’annonce. Interview.

Le processus de sélection des investisseurs dans le cadre de l’Offre Maroc pour l’hydrogène vert reste ouvert. De nouvelles phases de sélection interviendront dans un avenir proche

Médias24 : Quels critères ont fait pencher la balance en faveur des entreprises sélectionnées parmi les 40 demandes déposées ?

Tarik Moufaddal : Grâce à l’Offre Maroc, appelée de ses vœux par Sa Majesté le Roi, que Dieu L’assiste, nous avons pu attirer un nombre significatif d’investisseurs et de projets particulièrement prometteurs.

Afin de sélectionner les partenaires les mieux adaptés aux intérêts stratégiques de l’État marocain dans ce secteur émergent, les instances de gouvernance, établies par la circulaire, ont défini des critères de sélection rigoureux. Ceux-ci incluent, entre autres, la solidité financière des partenaires, leur expertise dans les différents maillons de la chaîne de valeur de la production d’hydrogène vert, la pertinence de leur projet pour le Maroc, ainsi que les retombées économiques, sociales et environnementales attendues pour le Royaume.

Le choix des partenaires s’est appuyé sur un principe fondamental de diversification des risques, en veillant à un équilibre dans la répartition régionale des projets, à la diversification des débouchés sur les marchés consommateurs d’hydrogène vert, ainsi qu’à l’élargissement de la gamme des produits finis proposés.

Les entreprises sélectionnées sont celles qui se sont les mieux positionnées au regard de ces critères.

Il est aussi important de noter, que le processus de sélection des investisseurs dans le cadre de l’Offre Maroc pour l’hydrogène vert reste ouvert. De nouvelles phases de sélection interviendront dans un avenir proche.

– Tous les projets sélectionnés sont-ils des projets intégrés ? Le cas échéant, sont-ils orientés vers une intégration horizontale (maximisant le contenu local et la production nationale de tout ce qui est nécessaire à la production d’hydrogène vert), verticale (dérivés tels que l’ammoniac vert, l’acier vert, l’aluminium vert, le PVC vert) ou les deux ?

– L’Offre Maroc s’applique aux projets intégrés de l’amont, depuis la génération d’électricité à partir d’énergies renouvelables et l’électrolyse, jusqu’à l’aval avec la transformation de l’hydrogène vert en ammoniac, méthanol, carburants synthétiques, etc., ainsi que la logistique y afférente.

Les projets sélectionnés sont donc alignés avec le champ d’application défini pour l’Offre Maroc, et proposent des projets intégrés qui visent non seulement la production d’hydrogène vert, mais également d’autres dérivés tels que : l’ammoniac, les e-fuels et l’acier vert.

Cette diversification renforcera la compétitivité et l’attractivité de la filière marocaine de l’hydrogène vert sur les marchés internationaux.

Les projets présélectionnés visent également à maximiser le taux d’intégration industrielle et le contenu local. Des objectifs ambitieux qui seront affinés dans le cadre des études à mener par les investisseurs, tout en tenant compte des besoins identifiés dans les régions d’implantation des projets.

– Ces projets visent-ils principalement le marché local ou l’export ?

– La position géostratégique du Royaume est un atout indéniable pour l’export vers d’autres régions du monde, notamment l’Europe, mais aussi l’Asie ou les Amériques. Donc, les projets sont orientés vers l’export, mais visent aussi naturellement des industries du marché local.

– Quelles retombées financières concrètes pour le Royaume (redevances, loyers, participation aux bénéfices, etc.) ont été proposées par les projets sélectionnés ?

– Les projets sélectionnés proposent plusieurs externalités positives pour le Royaume en matière d’intégration industrielle, de création d’emplois, de développement socio-économique des territoires d’implantation, ainsi que des retours financiers pour l’État qui doivent faire l’objet de négociations conformément au processus contractuel défini dans l’Offre Maroc.

Au terme de ces contrats préliminaires de réservation de foncier, et dès lors que les parties auront respecté leurs engagements, l’investisseur et l’État entreront en négociations finales pour la conclusion d’une convention d’études avancées

– Quels sont les coûts de production de l’hydrogène (H2) indiqués dans les projets retenus ?

– Les données des investisseurs sont confidentielles. Ce que l’on peut néanmoins affirmer, c’est que le coût de la molécule d’hydrogène produite au Maroc est parmi les plus compétitifs au monde. Ce coût sera précisément déterminé en fonction de plusieurs paramètres, notamment la ressource énergétique disponible sur le site attribué, la technologie choisie, les infrastructures à déployer, ainsi que d’autres facteurs influençant l’investissement et l’exploitation. Par conséquent, ces coûts peuvent évoluer.

– Quelle est la prochaine étape ?

– Les négociations vont être engagées avec les investisseurs sélectionnés. Une fois que les parties se seront accordées sur tous les termes, ces négociations aboutiront à la conclusion d’un contrat préliminaire de réservation de foncier. Lesdits contrats seront conclus entre l’investisseur et l’État marocain. Au terme de ces contrats préliminaires de réservation de foncier, et dès lors que les parties auront respecté leurs engagements, l’investisseur et l’État entreront en négociations finales pour la conclusion d’une convention d’études avancées.

Comme je vous le disais, le processus de sélection des investisseurs dans le cadre de l’Offre Maroc pour l’hydrogène vert reste ouvert. De nouvelles phases de sélection pourront intervenir dans un avenir proche.

– La circulaire prévoyait une répartition précise des rôles entre ministères et institutions pour les infrastructures. Où en est concrètement cette coordination ?

– Le succès de l’Offre Maroc repose sur un parcours simplifié pour les investisseurs, garantissant clarté et visibilité dans la mise en œuvre de leurs projets. Masen joue un rôle de point focal et d’interlocuteur privilégié des investisseurs, en coordination avec plusieurs ministères impliqués dans la gouvernance de l’Offre Maroc.

Cette collaboration est renforcée par divers comités de suivi et ateliers thématiques (techniques, industriels, investissements, budget…), où l’ensemble des ministères et institutions concernés collaborent activement et apportent des propositions constructives. La gouvernance en place, structurée autour d’un Comité de pilotage, d’un Comité d’investissement et de sous-comités, dont celui dédié aux infrastructures, facilite l’intégration des projets et renforce la compétitivité de la filière hydrogène vert.

La chaîne de valeur de l’hydrogène vert pourrait ainsi offrir aux industriels de vastes opportunités d’intégration

– A-t-on mesuré les besoins nationaux en hydrogène vert ? 

– Plusieurs études classent le Maroc parmi les cinq pays présentant le plus grand potentiel en matière de production d’hydrogène vert. Un potentiel qui se confirme au regard du vif intérêt suscité par l’Offre Maroc depuis sa publication auprès d’acteurs majeurs du secteur énergétique. En moins d’un an, nous avons attiré plus d’une quarantaine de projets.

Le développement de la filière hydrogène vert au Maroc, soutenu par l’Offre Maroc, offre de belles perspectives en termes de création d’emplois, d’implantation d’industries locales et d’attraction d’investissements étrangers.

L’intégration horizontale et verticale de cette industrie émergente peut stimuler la création d’industries locales tout le long de la chaîne de valeur de la production d’hydrogène vert, contribuant, d’une part, à la compétitivité des projets et, d’autre part, à l’essor d’un écosystème industriel national. La chaîne de valeur de l’hydrogène vert pourrait ainsi offrir aux industriels de vastes opportunités d’intégration.

Les possibilités d’intégration verticale sont également significatives : des industries énergivores à forte empreinte carbone pourraient délocaliser une partie de leur production consommatrice d’hydrogène vert au Maroc, permettant ainsi de décarboner leurs activités tout en réduisant considérablement leurs coûts.

https://medias24.com/2025/03/06/hydrogene-vert-5-investisseurs-marocains-et-mondiaux-selectionnes/

https://medias24.com/2025/03/07/ok-offre-maroc-hydrogene-vert-voici-ce-quil-faut-savoir-sur-les-cinq-investisseurs-retenus/

Offre Maroc Hydrogène vert : 5 investisseurs marocains et mondiaux sélectionnés (liste)

Le chef du gouvernement a présidé une réunion du comité de pilotage chargé de l’Offre Maroc en matière d’hydrogène vert, annonce un communiqué officiel.

La même source souligne que la réunion du comité de pilotage s’est tenue « conformément à la vision clairvoyante de S.M. Le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, visant à faire entrer le Maroc dans le club des pays à fort potentiel en matière d’hydrogène vert ».

Au cours de cette réunion, cinq investisseurs nationaux et mondiaux ont été sélectionnés pour la réalisation de six projets dans les trois régions du sud du Royaume, pour un coût de 319 milliards de dirhams, dans la perspective d’entamer des négociations avec les parties sélectionnées.

Il s’agit de sociétés leaders dans le domaine de l’hydrogène vert dans leurs pays respectifs :

– le consortium d’investisseurs ORNX, composé de la société américaine Ortus, de la société espagnole Acciona et de la société allemande Nordex, qui investira dans la production d’ammoniac ;

– le consortium d’investisseurs composé de la société émiratie Taqa et de la société espagnole Cepsa pour la production d’ammoniac et de carburant industriel ;

– la société marocaine Nareva, qui investira dans la production d’ammoniac, de carburant industriel et d’acier vert ;

– la société saoudienne ACWA Power ;

– le consortium d’investisseurs composé des sociétés chinoises UEG et China Three Gorges, qui devrait produire de l’ammoniac.

Aziz Akhannouch a déclaré au cours de cette réunion que le gouvernement a mis en place « une dynamique positive basée sur la minutie et la rigueur dans la mise en œuvre de l’Offre Maroc en matière d’hydrogène vert, en droite ligne des Hautes Directives royales contenues dans le discours du Trône du 29 juillet 2023, dans lequel le Souverain, que Dieu Le préserve, avait engagé le gouvernement à entreprendre la mise en œuvre rapide et qualitative de l’Offre Maroc dans le domaine de l’hydrogène vert, de manière à valoriser les atouts dont dispose notre pays en la matière et à répondre au mieux aux projets portés par les investisseurs mondiaux dans cette filière prometteuse ».

La sélection des porteurs des six projets s’est faite selon une méthodologie scientifique et transparente, garantissant un partenariat équilibré et durable entre le Royaume du Maroc et ces investisseurs, en vue de parvenir à la signature de contrats préliminaires permettant de mobiliser l’assiette foncière destinée à la mise en œuvre de ces projets stratégiques, pour un plafond de 30 mille hectares par projet, indique la même source.

L’État veillera, à travers le cadre contractuel qui le lie aux porteurs de ces projets, à préserver et à garantir le bon usage de l’assiette foncière publique.

Ces six projets viennent s’ajouter aux deux projets prévus par les deux accords signés devant le Roi Mohammed VI, et le président français, Emmanuel Macron, en octobre 2024 à Rabat, dont le premier porte sur la mise en œuvre de l’Offre Maroc pour le développement de la filière de l’hydrogène vert, et lie le Royaume du Maroc au groupe TotalEnergies.

Le second accord porte sur le développement commun entre OCP et la société ENGIE, lequel comprend cinq projets, dont l’un concerne la filière hydrogène vert.

À noter que la procédure de sélection des projets, dans le cadre de l’Offre Maroc en matière d’hydrogène vert, demeure ouverte aux investisseurs.

« La dynamique enregistrée au niveau de la mise en œuvre de l’Offre Maroc en matière d’hydrogène vert couronne l’action entamée par la publication, le 11 mars 2024, de la circulaire du chef du gouvernement pour la mise en œuvre de cette offre, conformément aux Hautes Directives royales, en vue de développer la filière de l’hydrogène vert, à travers la mise à contribution de la position privilégiée du Royaume, de ses ressources naturelles riches et diversifiées, de sa situation  géographique stratégique et de ses infrastructures aux normes internationales », conclut la même source.

Ont pris part à cette réunion Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur, Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’eau, Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du commerce, Karim Zidane, ministre délégué auprès du chef du gouvernement, chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, Fouzi Lekjaa, ministre délégué auprès de la ministre de l’Économie et des finances, chargé du Budget, et Tarik Moufaddal, président-directeur général de MASEN.

https://medias24.com/2025/03/07/offre-maroc-hydrogene-vert-les-premieres-explications-de-masen/

https://medias24.com/2025/03/07/ok-offre-maroc-hydrogene-vert-voici-ce-quil-faut-savoir-sur-les-cinq-investisseurs-retenus/

Hydrogène vert. Test concluant de l’électrolyseur du projet pilote de l’UM6P et Chariot Energy

À Grantham (Est de l’Angleterre), Oort Energy a mis en marche un électrolyseur d’une capacité de 1 MW, capable de produire de l’hydrogène vert à partir d’énergie solaire. Cet événement s’est déroulé en présence des représentants de l’UM6P et de Chariot Energy, partenaires qui développent un projet pilote de production d’hydrogène vert.

En 2023, Chariot Energy et l’UM6P avaient établi un partenariat, formalisé le 2 août, pour développer un projet pilote de production d’hydrogène vert sur le site industriel de l’OCP à Jorf Lasfar.

La start-up britannique Oort Energy, mandatée pour la construction de l’électrolyseur du pilote, dispose de plusieurs brevets dans ce domaine. L’année dernière, elle a livré à ses clients trois électrolyseurs d’une capacité de 1 MW chacun. Cette start-up, dont le partenariat avec l’université ne se limite pas à la construction d’un électrolyseur, assure une partie de la formation de l’UM6P dédiée à l’hydrogène vert.

D’autre part, la compagnie Chariot, en plus de son activité d’exploration d’hydrocarbures, a développé durant les dernières années plusieurs projets énergétiques vert, dont des projets de production d’électricité à partir des énergies renouvelables en Afrique du Sud et au Burkina Faso.

En ce qui concerne la production de l’hydrogène vert, Chariot, à travers sa filiale Chariot Green Energy, développe un projet de Noor avec TotalEnergies en Mauritanie avec une première phase de capacité renouvelable de 3 GW, alimentant jusqu’à 1,6 GW de capacité d’électrolyse, pour produire 150.000 tonnes d’hydrogène vert par an.

Au Maroc, Chariot Green Energy ambitionne de multiplier les projets pilotes au Maroc, en développant d’autres collaborations avec différents partenaires. Cette stratégie est renforcée par une stratégie nationale, qui favorise l’investissement dans l’hydrogène vert grâce à la mise en œuvre de l’Offre Maroc pour l’hydrogène vert.

Outre l’objectif de produire de l’hydrogène vert à moins de deux dollars, l’investissement dans des projets pilotes permet de réduire les risques en validant la faisabilité du projet et en identifiant la technologie la plus adaptée. Il permet également de générer des revenus précoces, jetant ainsi les bases d’un déploiement commercial à plus grande échelle.

Pour rappel, Chariot Energy dispose de trois licences d’exploration d’hydrocarbures : deux en offshore (Rissana et Lixus) et une en onshore (Loukkos). L’activité d’exploration offshore est actuellement en pause, en raison du choix d’Energean de devenir opérateur du projet offshore en 2023. En revanche, l’activité d’exploration onshore devrait reprendre pour rechercher un gaz biogénique, bien qu’en quantité moindre. Cette prospection de gaz biogénique permettra, à terme, de réaliser des monétisations rapides en vendant le gaz naturel comprimé, notamment aux industriels de la région de Kénitra.

Hydrojeel obtient une subvention de 30 millions d’euros pour la Jorf Hydrogen Platform

Le PtX Development Fund, lancé pour soutenir des projets d’hydrogène dans les économies en développement et émergentes, a récemment approuvé sa deuxième subvention et clôturé son premier appel à manifestation d’intérêt. Selon KGAL Group, ce fonds géré par KGAL pour le compte de la Banque allemande de développement KfW a examiné 98 propositions issues de sept pays.

Le projet marocain retenu est celui de la plateforme Jorf Hydrogen, développé par Hydrojeel, une entreprise du groupe Innovx, à l’intention du groupe OCP. Cette initiative reçoit une subvention de 30 millions d’euros (plus de 310 millions de DH) pour sa réalisation. Le projet se concentrera sur la production d’ammoniac vert à partir d’hydrogène vert, produit à l’aide de l’énergie éolienne et solaire.

L’accord de subvention a été signé le 12 février à Casablanca, en présence de Robert Dölger, ambassadeur d’Allemagne au Maroc, et de Jochen Flasbarth, secrétaire d’État au ministère fédéral de la Coopération économique et du développement de l’Allemagne, ainsi que des représentants du bureau de KfW à Rabat et des responsables du siège de la banque.

Impact climatique et économique

Le projet de la plateforme Jorf Hydrogen vise la production de 100.000 tonnes d’ammoniac vert par an d’ici fin 2026, ce qui permettra d’éviter environ 300.000 tonnes de CO₂ chaque année.

Le PtX Development Fund soutient la transition vers une énergie propre, tout en contribuant à la réalisation des objectifs climatiques nationaux et internationaux.

Le fonds a déjà signé un premier accord similaire en 2024 pour un projet en Égypte, et un nouvel appel à manifestation d’intérêt est actuellement ouvert jusqu’au 5 mars 2025, invitant les parties intéressées à soumettre leurs projets.

Selon KGAL, le Maroc bénéficie d’avantages stratégiques pour la mise en place de projets d’hydrogène vert :

Dessalement et hydrogène vert : l’émirati Amea Power prospecte au Maroc

Dans une déclaration à Asharq Business, le président du Conseil d’administration du groupe émirati Al-Nuwais Investment a annoncé que leur filiale d’énergies renouvelables, Amea Power, envisage d’investir pour la première fois dans des projets de dessalement d’eau de mer et de production d’hydrogène vert au Maroc, en complément de ses projets actuels et en cours de développement dans le domaine des énergies renouvelables.

En partenariat avec la société espagnole spécialisée dans les solutions énergétiques et hydriques, Cox, le projet de dessalement nécessitera un investissement d‘au moins 100 millions de dollars. Quant à la production d’hydrogène vert, dans le sud du Maroc, il est prévu que le projet atteigne une capacité de 1 gigawatt.

Nouveaux sites identifiés à El Hajeb et à Taroudant pour des investissements supplémentaires

Amea Power exploite actuellement quatre projets d’énergie propre au Maroc, avec une capacité de production totale dépassant 200 mégawatts. Elle possède également des projets similaires dans environ vingt pays en Afrique et en Asie centrale, avec une capacité de production d’électricité d’environ 6.000 mégawatts.

L’intérêt de l’entreprise pour le Maroc l’a poussée à ouvrir un bureau dans la capitale, Rabat, afin d’explorer les opportunités d’investissement. Le président du Conseil d’administration d’Al-Nuwais Investment souligne à Asharq Business : « le bureau a été inauguré l’année dernière et comprend des cadres marocains dans le but d’engager des discussions avec des entreprises du secteur privé souhaitant s’approvisionner en énergie propre. Nous avons également identifié des sites pour réaliser des investissements supplémentaires dans des villes comme El Hajeb et Taroudant ».

Il a également souligné les opportunités d’investissement disponibles au Maroc, en particulier grâce au soutien de l’État à l’investissement dans les domaines des énergies renouvelables, du dessalement de l’eau de mer et de l’hydrogène vert.