L’innovation est le garant d’une mine 5.0 performante et durable (Mostafa Benzaazoua)

La transition énergétique mondiale, axée sur les énergies renouvelables et les transports zéro émission, dépend fortement de l’utilisation de minéraux et de métaux tels que le cobalt, le lithium, le cuivre, le phosphate et les terres rares. Récemment, plusieurs entreprises d’exploitation minière ont manifesté un vif intérêt pour le potentiel du sous-sol marocain, lançant des campagnes d’exploration aux quatre coins du pays afin de mieux l’évaluer.

Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de réforme du Code minier, qui vise à renforcer la transparence et la durabilité du secteur. Parmi les mesures clés figurent la mise en place d’un cadastre minier et l’institutionnalisation d’une commission nationale des minéraux stratégiques et critiques, destinée à impulser la souveraineté industrielle du pays.

En marge de la 5ᵉ édition de l’UM6P Science Week, Médias24 s’est entretenu avec le professeur Mostafa Benzaazoua, directeur de l’Institut de géologie et des mines durables (Geology & Sustainable Mining Institute). L’occasion de revenir sur l’importance de la recherche pour le développement et la durabilité du secteur minier marocain.

– Médias24 : Comment la thématique « Shaping the Future » de la 5ᵉ édition de l’UM6P Science Week s’articule-t-elle avec les missions de votre institut ? Quelles actions concrètes menez-vous pour façonner l’avenir du secteur minier et géologique ?

Mostafa Benzaazoua : En tant qu’institut, nous développons de nombreux projets de recherche et de développement. Nous nous engageons à innover et à proposer des technologies, des procédés et des pratiques avant-gardistes. Notre objectif est de réinventer, en quelque sorte, le cycle minier tel qu’il est pratiqué au Maroc.

La mine doit passer d’un cycle industriel linéaire à un cycle plus circulaire.

Par exemple, si nous nous demandons à quoi ressemblera la mine du futur, nous imaginons une mine fortement digitalisée et automatisée, avec un personnel qualifié pour opérer ces installations, le tout dans un respect strict de l’environnement. Cela inclut la protection de l’environnement, les critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance), ainsi que la recherche de bénéfices à travers l’économie circulaire. La mine doit passer d’un cycle industriel linéaire à un cycle plus circulaire, en maximisant les symbioses et en retraitant les sous-produits pour en extraire le plus de valeur ajoutée possible.

– À l’ère des mines du futur et avec l’émergence de nouvelles technologies, le secteur minier évoque désormais la Mine 5.0, un concept qui intègre l’intelligence artificielle, la robotique et l’Internet des objets (IoT) : où en est l’OCP dans cette révolution technologique ?

L’OCP a fait de cet objectif un défi, en particulier pour les futurs gisements que l’office est en train de développer. L’OCP vise à doubler sa production de phosphates, et ces nouveaux projets offrent l’opportunité de mettre en œuvre la mine 5.0 dès le départ. Il est en effet plus difficile d’intégrer ces technologies dans des mines déjà opérationnelles. L’idée est donc de profiter de ces nouveaux gisements pour construire, dès le début, des mines alignées sur les principes de la mine 5.0.

– Le secteur minier marocain, encore sous-exploré, recèle un potentiel important en ressources minières stratégiques et/ou critiques. Quel rôle joue la recherche scientifique pour révéler ce potentiel ?

Vous avez raison, le Maroc est encore sous-exploré, et certaines régions, comme le Sud et l’Atlas, sont très prometteuses. Cependant, l’exploration et la découverte de gisements, en particulier pour les minerais critiques et stratégiques, nécessitent des investissements importants et risqués. Le Maroc a travaillé pour créer un environnement favorable à ces investissements, avec une stabilité politique et une loi minière avantageuse.

Le Maroc est encore sous-exploré, et certaines régions, comme le Sud et l’Atlas, sont très prometteuses.

En partenariat avec l’ONHYM, nous travaillons sur un projet concernant les terres rares dans la région d’Aousserd, au Sud, où un gisement à fort potentiel a été identifié. Ce gisement contient notamment du niobium, du fer et de l’apatite magmatique, une ressource de haute pureté très demandée pour les batteries au lithium-phosphate et les produits pharmaceutiques.

— Qu’en est-il des petits mineurs et des petites mines au Maroc ? Votre institut mène-t-il des recherches dans ce domaine ?

Les petites mines, ou mines artisanales, sont encore présentes au Maroc, notamment dans l’exploitation du charbon, souvent dans des conditions difficiles. En partenariat avec la CADETAF, nous travaillons sur plusieurs chantiers. Le premier est la formation du personnel pour mieux contrôler et certifier les ressources, qui sont actuellement vendues à l’état brut sans analyse approfondie. Le deuxième chantier concerne l’amélioration des conditions de travail et la rentabilité des petites mines. Nous encourageons la création de coopératives pour mutualiser les efforts et bénéficier de la R&D, qui nécessite des investissements importants. L’UM6P est prête à contribuer, mais un effort conjoint des mineurs est essentiel pour des résultats durables.

– Votre institut a également initié des recherches sur l’hydrogène naturel. Où en est cette recherche, et pouvez-vous nous en expliquer le contexte ?

En termes de maturité, le Maroc est encore débutant dans ce domaine. L’hydrogène pourrait bien devenir le combustible des siècles à venir, et si l’on parle beaucoup d’hydrogène vert, la communauté scientifique travaille également sur l’hydrogène naturel (ou hydrogène blanc). À l’échelle mondiale, peu de gisements sont exploités, à l’exception d’un au Mali, découvert par coïncidence, qui produit de petites quantités mais prouve que l’exploitation est possible.

Avec le partenariat signé entre l’UM6P et l’ONHYM, et avec le soutien de l’OCP, nous travaillons sur plusieurs zones prometteuses au Maroc. Nous menons des mesures sur le terrain pour confirmer la genèse de cet hydrogène naturel et identifier des marqueurs qui faciliteront l’exploration et la prospection. Bien que le sujet ne soit pas encore mature pour une exploitation immédiate, le Maroc se positionne pour être prêt lorsque les découvertes majeures auront lieu.

– Votre institut forme non seulement ses étudiants, mais accueille également d’autres universités. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette approche ?

Il n’y a aucune activité de R&D menée sans y intégrer la formation. Nous combinons les deux de manière synergique : nous faisons de la formation par la recherche et, inversement, nous menons des recherches à travers la formation. Ces deux aspects sont intimement liés, en particulier au niveau du doctorat. Notre stratégie de formation a été une approche top-down : nous avons commencé par former des docteurs dans les domaines clés de GSMI, tels que l’exploration, la géologie, l’exploitation minière, le traitement des minerais, la gestion des rejets et la restauration des sites miniers.

Pour nous, cela crée un environnement propice à la relève, incarnée par nos étudiants. Nous accueillons également des stagiaires provenant d’écoles marocaines, de pays africains et même d’Europe. Certains étudiants européens s’intéressent d’ailleurs à nos formations, ce qui témoigne d’une certaine maturité et d’un niveau d’excellence atteint par notre institut.

L’Algérie a exporté 30,5 millions USD d’hydrogène vers Israël en 2023

En 2023, les exportations de l’Algérie vers Israël ont atteint 30,5 millions de dollars, avec l’hydrogène comme principal produit exporté, représentant la totalité de cette valeur. Selon les données de l’Observatory of Economic Complexity (OEC), le commerce entre l’Algérie et Israël a connu une progression spectaculaire, avec une croissance annuelle moyenne de 40,3% depuis 2006, où les exportations s’élevaient à seulement 96.000 dollars.

Malgré l’absence de relations diplomatiques officielles, l’Algérie s’impose comme un acteur notable dans les échanges commerciaux avec Israël. La forte demande israélienne en hydrogène, utilisé dans diverses industries, a été le moteur principal de cette hausse.

Parmi les pays arabes exportateurs vers Israël, l’Algérie occupe désormais la 4e place, derrière les Émirats arabes unis, la Jordanie et l’Égypte. Cette progression illustre les mutations des flux commerciaux dans la région, en décalage avec les positions politiques affichées.

Contrairement aux exportations algériennes vers Israël, les importations en provenance de ce dernier sont presque inexistantes, ne totalisant que 7.000 dollars en 2023.

L’OEC est une plateforme de référence pour l’analyse des flux commerciaux mondiaux. En compilant des données provenant de diverses sources officielles, elle offre une vue d’ensemble des échanges internationaux, permettant d’explorer les dynamiques économiques entre les pays.

Hydrogène, batteries et véhicules électriques : le Maroc pose les jalons de sa mobilité verte

La 1re édition du Green Impact Expo & Summit (GIES 2025) s’est ouverte le mardi 11 février à Casablanca, réunissant acteurs publics et privés autour de solutions innovantes pour une mobilité durable. Lors de cet événement, le ministre de l’Industrie et du commerce a mis en avant la stratégie marocaine dans ce secteur, soulignant les opportunités économiques et les avancées industrielles du pays.

Selon Ryad Mezzour, le Maroc voit dans la mobilité durable une véritable opportunité économique. « C’est une opportunité où l’on est bons, on a des atouts, on a des choses à vendre ». Le pays bénéficie en effet d’une industrie automobile compétitive qui doit impérativement s’adapter aux exigences du marché international, notamment avec la transition vers le tout-électrique prévue en Europe à partir de 2035.

Le ministre a insisté sur la nécessité pour le Maroc d’intégrer la chaîne de valeur des batteries électriques afin de préserver les 250.000 à 260.000 emplois du secteur, et de maintenir sa position de premier exportateur national, avec un chiffre d’affaires de 150 MMDH.

« Si l’on ne bascule pas, si on n’intègre pas cette chaîne de valeur, on risque de perdre notre premier secteur exportateur », a-t-il averti.

Premiers succès dans la production de batteries

Ryad Mezzour a également annoncé une avancée significative : « Depuis trois semaines, le premier élément de la batterie électrique – la pré-cathode – a été produit au Maroc ». Ce développement marque une étape clé vers l’intégration complète de la production des batteries sur le territoire national.

Le Maroc ambitionne de devenir l’un des rares pays au monde à produire l’ensemble des composants d’une batterie électrique – cathode, anode, séparateur, électrolyte, cellule, module – ainsi que les véhicules électriques. « Ce ne sera pas pour dans dix ans ou vingt ans, c’est pour l’année prochaine, et cela a déjà commencé », a affirmé le ministre.

Le Maroc vise une transformation majeure de son industrie d’ici 2030-2032, avec une projection de triplement des exportations. « Si nous réussissons ce pari, nos exportations seront multipliées par trois, notre valeur ajoutée également, et nos emplois devront au moins doubler », a-il précisé.

Avec cette dynamique, le Maroc pourrait devenir le seul pays de la région euro-africaine capable de produire un véhicule électrique « de la mine à la voiture », exploitant ses ressources naturelles comme le phosphate et le cobalt pour alimenter son industrie automobile.

Ryad Mezzour a exhorté les chefs d’entreprises à s’engager dans cette transformation. « Ce que nous faisons est enthousiasmant et transformatif, mais nous avons besoin de vous ».

Avec cette vision, le Maroc entend consolider son rôle dans l’industrie mondiale de la mobilité durable et renforcer son attractivité pour les investisseurs internationaux.

 

L’intervention du président de la CGEM a également marqué cet événement. Il a souligné l’importance des initiatives visant à sensibiliser les acteurs économiques aux enjeux et aux opportunités de la mobilité durable. Selon lui, sous le leadership de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Maroc est devenu l’un des pays les plus avancés en matière de neutralité carbone. Il a rappelé que le pays figure régulièrement dans le top 10 mondial des indices de performance climatique et s’est doté d’une stratégie nationale bas carbone ambitieuse à l’horizon 2050.

Chakib Alj a mis en avant les investissements massifs du Maroc dans l’éolien et le solaire, permettant d’atteindre une part de 44% d’énergies renouvelables dans la capacité installée, avec un objectif de 52% bien avant 2030. Ces efforts ont conduit à une réduction d’environ 4,5 millions de tonnes de CO2 en 2022, soit l’équivalent des émissions annuelles de 1,5 million de voitures thermiques.

Il a également insisté sur la nécessité d’une transition vers une mobilité propre, rappelant que le transport représente 20% des émissions de gaz à effet de serre au Maroc. Il a salué le succès des tramways de Casablanca et de Rabat-Salé et évoqué les projets en cours, notamment le remplacement de 30% des véhicules de l’administration par des modèles électriques d’ici 2030 et l’expansion de la flotte de bus électriques.

Par ailleurs, le patron des patrons a souligné l’importance des incitations fiscales et du déploiement de bornes de recharge pour favoriser l’adoption des voitures électriques. Il a également soulevé le problème de la congestion du trafic, et l’importance de la digitalisation et des nouvelles technologies,comme l’intelligence artificielle appliquée à la gestion du trafic, pouvant réduire la congestion de 30%.

En matière de transport ferroviaire, Chakib Alj a salué la réussite de la ligne à grande vitesse Al Boraq et évoqué les projets d’extension vers Marrakech et Agadir, ainsi que le développement du réseau express régional entre Kénitra et le Grand Casablanca. Il a insisté sur le fait que ces infrastructures seront déterminantes pour la Coupe du monde 2030, qui générera des flux de déplacement exceptionnels.

Il a enfin mis en avant les opportunités économiques liées à la mobilité durable, notamment la position du Maroc parmi les six premiers pays promoteurs de l’hydrogène vert. Selon lui, le développement de l’hydrogène et des batteries pourrait transformer l’économie marocaine, renforcer ses exportations et accélérer la convertibilité du dirham. Il a conclu en appelant à une mobilisation collective pour faire du Maroc un leader mondial de la mobilité durable.

Énergie-ANRE. Un chantier royal pour doter le secteur d’une instance puissante et améliorer sa lisibilité réglementaire

Le secteur énergétique marocain en général – électrique en particulier – vit, depuis plusieurs années, au rythme d’une série de réformes qui vont dans le sens de la modernisation et de la libéralisation du marché. Il s’apprête à passer un nouveau cap en matière de régulation. Lors du dernier Conseil des ministres, tenu ce mercredi 4 décembre, le Roi Mohammed VI a donné des instructions pour se pencher sur une refonte de l’Autorité nationale de régulation de l’électricité (ANRE).

Le Souverain appelle à transformer cette instance en « Autorité nationale de régulation du secteur de l’énergie, à travers la révision de la loi y afférente et l’élargissement de ses attributions ». La nouvelle ANRE devra « englober, outre l’électricité, toutes les composantes du secteur de l’énergie, à savoir le gaz naturel, les énergies nouvelles telles que l’hydrogène et ses dérivés, ainsi que les domaines de production, de stockage, de transport et de distribution ».

L’objectif est de doter le Maroc « d’un outil institutionnel de régulation indépendant et plus puissant », affirment des sources interrogées par Médias24. C’est que le secteur de l’énergie marocain a connu d’importantes évolutions et s’apprête à en vivre de nouvelles, notamment avec l’ouverture du segment de la moyenne tension (MT) aux EnR, et donc aux privés, la montée en puissance des Sociétés régionales multiservices (SRM), l’arrivée d’importants projets dans l’hydrogène… pour ne citer que ces exemples.

« La trajectoire de la transformation du secteur énergétique marocain, grâce aux reformes et chantiers structurants menés sur instructions royales, fait que le secteur est arrivé à un stade de maturité nécessitant de repenser sa régulation pour la faire converger avec les meilleures pratiques internationales en la matière », contextualise notre source.

La vision sous-jacente à cette refonte est d’avoir une « régulation intégrée » de l’énergie, qui « permet de mieux prendre en compte les équivalences et complémentarités entre les systèmes énergétiques et d’accélérer la transition énergétique », ajoute notre interlocuteur.

L’ANRE a pour mission de s’assurer du bon fonctionnement du marché de l’électricité, mais avec des prérogatives limitées. Elle a actuellement pour rôle de :

– s’assurer de l’accès équitable au réseau électrique national de transport et aux réseaux électriques de la distribution ;

– fixer le tarif d’utilisation du réseau électrique national de transport et les tarifs d’utilisation des réseaux électriques de la distribution ;

– arbitrer les différends entre les utilisateurs des réseaux de transport ou de distribution et les gestionnaires concernés ;

– sanctionner en cas d’infractions avérées ;

– accompagner la mise en œuvre de la transition énergétique nationale ;

– approuver les règles et le tarif d’accès aux interconnexions.

Son intervention se limite donc à la régulation du transport de l’électricité. La refonte demandée par le Souverain devra élargir le champ de régulation et le périmètre d’action de l’ANRE de la seule électricité à l’ensemble des segments de l’énergie : électricité, gaz naturel, hydrogène… et à toute la chaîne de valeur : production, stockage, transport, distribution…

Cette réforme est une avancée que l’écosystème ne peut que saluer, car cela donnera une meilleure lisibilité réglementaire à un secteur aux multiples acteurs et intervenants.

Cette visibilité est d’autant plus importante que le Maroc est sur le radar de nombreux investisseurs internationaux qui projettent d’y investir dans les énergies renouvelables ou encore l’hydrogène.

Elle permettra également d’améliorer l’efficience du secteur et de l’ensemble de sa chaîne de valeur. « La réforme qui sera engagée capitalisera sur l’expérience récente de l’ANRE [3 ans d’activité, ndlr], qui se distingue par rapport à de nombreux pays comparables », assurent nos sources.

World Power-to-X Summit : signature de 4 conventions dans le domaine de l’hydrogène vert

Quatre conventions relatives au domaine de l’hydrogène vert ont été signées ce mardi 8 octobre à Marrakech, en marge de la 4e édition du World Power-to-X Summit.

Ces conventions visent à renforcer la coopération entre les acteurs publics et privés, tant au niveau national qu’international, afin d’accélérer le développement de projets intégrés dans le secteur de l’hydrogène vert au Maroc.

Elles concernent également la mise en place de solutions innovantes pour la production, le transport et le stockage de cette énergie propre, ainsi que le renforcement des capacités industrielles et technologiques nécessaires à sa compétitivité.

Ainsi, la première convention a été conclue entre l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (Iresen) et le Centro para el Desarrollo Tecnológico Industrial (CDTI), une entité publique d’affaires relevant du ministère espagnol de la Science, de l’innovation et des universités, qui promeut l’innovation et le développement technologique des entreprises.

Cette convention tend à promouvoir et à soutenir le développement de projets de coopération technologique conjointe entre des entités espagnoles et marocaines dans le domaine des technologies vertes.

Le deuxième mémorandum d’entente (MoU), signé entre l’Iresen et le Cluster Tweed, concerne l’innovation dans le stockage de l’énergie et la production d’hydrogène vert pour l’industrie marocaine.

S’agissant du troisième protocole d’accord, conclu entre l’Iresen et Mohring Energie Maroc, il porte sur la coopération technique, la démonstration de technologies et la Recherche et développement (R&D).

La dernière convention, signée entre le Cluster Green H2, Fidaroc Grant Thornton et UGGC Africa Lawfirm, a pour objectif de créer une plateforme d’expertise multidisciplinaire pour l’écosystème de l’hydrogène vert au Royaume.

Le World Power-to-X Summit (8-9 octobre), coorganisé par l’Iresen, le Cluster Green H2, l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) et l’Agence marocaine de l’énergie durable (MASEN), sous l’égide du ministère de la Transition énergétique et du développement durable, vise à promouvoir l’hydrogène vert en tant que levier clé pour la transition énergétique au Maroc et à l’international.

Construire une économie verte résiliente

Dans son discours d’ouverture, la ministre de la Transition énergétique et du développement durable, Leila Benali, a affirmé que le Maroc se positionne comme un acteur clé dans le domaine de l’hydrogène vert, grâce à une stratégie nationale ambitieuse visant à transformer le Royaume en hub de production d’énergie propre pour l’Afrique et le monde.

« Cette offre bénéficie de mesures incitatives et d’un cadre réglementaire solide, garantissant la mobilisation des ressources nécessaires à la réussite de ces projets », a-t-elle expliqué.

Dans ce cadre, la ministre a souligné la mise à disposition d’une base foncière d’un million d’hectares, dont 300.000 ha seront accessibles dès la première phase aux porteurs de projets. Elle a noté que le Royaume vise à jouer un rôle majeur dans la production et l’exportation d’énergies renouvelables, tout en renforçant son attractivité pour les investissements dans le secteur des technologies propres.

 

De son coté, le directeur général de l’Iresen, Samir Rachidi, a souligné que cet événement constitue une plateforme régionale majeure pour aligner les visions et accélérer le développement à grande échelle de l’économie de l’hydrogène vert, mettant en avant le rôle central du Maroc dans cette transition sous la direction du Roi Mohammed VI, avec des initiatives concrètes telles que l’offre Maroc Hydrogène vert et le projet d’ammoniac vert.

Le directeur général de l’Iresen a également mentionné la création de la plateforme « Green H2A » à Jorf Lasfar, qui servira de centre de référence pour tester les technologies hydrogène à l’échelle préindustrielle.

Mohammed Yahya Zniber, président du Cluster Green H2, a, pour sa part, souligné que l’hydrogène vert représente une avancée technologique cruciale pour le développement socio-économique du Maroc, soulignant que cette transition énergétique offre d’importantes opportunités aux petites et moyennes entreprises marocaines, créant des emplois et renforçant le tissu économique. « Grace à quinze ans d’expérience dans la gestion des ressources renouvelables, le Royaume est bien placé pour établir une chaîne de valeur solide autour de l’hydrogène vert, englobant la production, le transport, le stockage et le développement d’une industrie verte dédiée ».

Il a expliqué que « pour garantir la compétitivité internationale du Maroc, il est essentiel de favoriser une collaboration étroite entre le secteur privé et l’État, soutenue par des infrastructures adaptées et un cadre réglementaire favorable ».

Hicham El Habti, président de l’UM6P, a, lui, souligné que l’hydrogène vert est une priorité pour l’Université, qui a lancé la Plateforme technologique pour l’hydrogène vert. Ce projet, avec une capacité d’électrolyse de 4 mégawatts, vise à tester et optimiser les technologies à une échelle préindustrielle, contribuant ainsi au renforcement du secteur de l’hydrogène au Maroc.

De son coté, Tarik Moufaddal, président directeur général de Masen, a mis en avant la stratégie ambitieuse du Maroc pour devenir un acteur majeur dans la transition énergétique mondiale, en capitalisant sur ses ressources naturelles, sa position géographique et ses infrastructures de pointe, précisant que cet engagement inclut également une recherche constante d’excellence opérationnelle, de la conception à l’exploitation des infrastructures de production d’électricité verte.

« Masen vise à positionner le Maroc comme un hub majeur pour l’hydrogène vert, une initiative cruciale pour favoriser la transition énergétique et assurer une croissance durable », a-t-il fait remarquer, insistant sur l’importance de la coopération internationale et du partage d’expertise pour construire une économie verte résiliente.

S’appuyant sur le succès des éditions antérieures, l’événement de cette année se présente avec des ambitions encore plus élevées, rassemblant plus de 1.000 participants et 170 intervenants de renommée internationale provenant de 35 pays.

Plus de 25 sessions détaillées seront organisées pour explorer les dernières avancées, les défis et les opportunités dans le domaine des technologies « Power-to-X ».

Capgemini et l’UM6P s’allient en faveur de solutions énergétiques durables

Ce partenariat met l’accent sur les solutions énergétiques durables, soulignant l’importance de l’hydrogène comme énergie alternative propre pour le transport, indique un communiqué conjoint. « Les forces combinées de la recherche de LIMSET et de l’expérience pratique des équipes Engineering de Capgemini dans la mobilité à l’hydrogène promettent des développements passionnants et innovants. Cette collaboration représente une avancée pour positionner l’hydrogène en une option pratique et durable pour l’industrie du transport », poursuit la même source.

« Le LIMSET s’investit activement dans le développement de solutions de stockage avancées. Cette démarche s’étend particulièrement à son application dans le secteur des transports, notamment pour les véhicules lourds, où l’hydrogène peut jouer un rôle clé dans la réduction des émissions de carbone et répondre aux exigences environnementales croissantes », souligne le communiqué.

Avec ses experts, ses collaborateurs, ses centres de recherche et d’excellence, ainsi qu’une culture d’innovation omniprésente à tous les niveaux de l’entreprise, le groupe Capgemini s’engage à accélérer la transition vers des énergies durables et renouvelables, en particulier l’hydrogène. Il entend mettre à profit sa vision et son expertise pour développer des solutions novatrices pour les véhicules à hydrogène, note le communiqué conjoint.

« Notre partenariat avec l’UM6P est un reflet de notre engagement envers la création d’un futur où l’énergie serait davantage propre, abordable et durable. Chez Capgemini, nous accompagnons nos clients pour le développement de solutions répondant à ces défis climatiques. Ce projet n’est pas seulement une avancée technologique, mais un pas vers la réalisation de notre vision commune d’une industrie énergétique respectueuse de l’environnement », a déclaré Mouna Benazzou, directrice générale de Capgemini Engineering pour le Maroc et l’Egypte, citée dans le communiqué.

« Nous sommes ravis de collaborer pour développer des solutions innovantes de stockage de l’hydrogène, combinant recherche fondamentale et savoir-faire industriel. Cette initiative vise à relever les défis énergétiques de demain, en créant des technologies durables et efficaces pour diverses applications. Elle repose sur une vision partagée de la transition énergétique et du développement durable, avec l’ambition de concevoir des solutions adaptées à ces enjeux. En unissant nos forces, nous nous engageons à transformer les défis liés à l’hydrogène en opportunités concrètes, tout en valorisant les ressources naturelles et en œuvrant pour un avenir énergétique plus propre et prospère », a déclaré, pour sa part, Pr. Faik Abdessamad, directeur de LIMSET.

Hydrogène : l’entreprise française McPhy en phase d’exploration au Maroc

La société McPhy a inauguré jeudi 13 juin, à Belfort, la première usine française produisant des électrolyseurs en France.

Linauguration de lusine, qui a reçu une première tranche daide publique de 28 millions deuros sur quelque 114 millions promis par lUnion européenne, doit permettre à la France davancer vers son objectif de souveraineté en matière de capacité d’électrolyse installée (6,5 gigawatts prévue en 2030, et 10 GW en 2035).

« Le Maroc dispose datouts intéressants »

Répondant à la question dune journaliste du journal français Les Echos concernant la capacité de McPhy à servir les marchés de lhydrogène au Moyen-Orient, aux Etats-Unis et en Afrique du Nord, Jean Baptiste Lucas, directeur général de McPhy, a déclaré : « En Afrique du Nord, et au Maroc en particulier, qui dispose d’atouts intéressants, nous sommes en phase d’exploration. »

« Pour le marché américain, c’est plus compliqué. Pour y percer, il faut avoir une base de clients américains et cela demanderait des investissements inenvisageables à court terme », poursuit-il. Il également déclaré quau Moyen-Orient, McPhy a un partenariat stratégique avec le groupe indien d’ingénierie industrielle Larsen & Toubro.

L’hydrogène vert au cœur du roadshow de Mohcine Jazouli en Allemagne

En début de matinée, Mohcine Jazouli, présidant une délégation marocaine composée de l’ambassadeur du Royaume du Maroc en Allemagne, Zohour Alaoui, du directeur général de l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE), Ali Seddiki, du directeur général de l’Investissement et du climat des affaires au ministère, Ghali Skalli, et du directeur de l’Investissement, Hicham Chaoudri, a effectué une visite à la nouvelle usine d’électrolyseurs de Siemens Energy.

Pionnière à l’échelle mondiale dans l’utilisation de robots modernes et de la numérisation pour une production hautement automatisée, cette nouvelle usine, où la délégation marocaine a été accueillie par la membre du comité exécutif, Anne-Laure de Chammard, et le vice-président senior pour l’Afrique et le Moyen-Orient, Dietmar Siersdorfer, joue un rôle crucial dans la production d’hydrogène vert, un élément clé de la transition vers une économie à faible émission de carbone.

Par la suite, le ministre s’est entretenu avec la directrice pour l’Allemagne du constructeur aéronautique et automobile Rolls Royce, Stephanie Willmann, avant de rencontrer le député de la Bavière et président de la Chambre de commerce arabo-allemande, Peter Ramsauer, ainsi que son directeur général, Abdelaziz Mekhlafi.

Le ministre, accompagné de l’ambassadeur Zohour Alaoui, s’est ensuite rendu au siège de la Fédération des chambres d’industrie et de commerce allemandes (DIHK) où ils se sont entretenus, avec l’un des membres du conseil d’administration, Ilya Nothangel, en présence des expertes de la DIHK, Louise Maizières et Elisabeth Strahl, sur des sujets tels que les relations économiques germano-marocaines, les investissements et l’hydrogène.

À cette occasion, Ilya Nothangel a souligné l’importance « capitale » d’établir des liens solides avec des amis et partenaires fiables, notamment dans le contexte actuel de difficultés économiques.

« C’est pourquoi l’initiative du Maroc de rechercher des opportunités d’investissement en Allemagne est très appréciée », a-t-il affirmé, notant que les entreprises allemandes sont particulièrement attentives à « l’Offre du Maroc » pour le développement de la filière de l’hydrogène vert dans la perspective d’envisager des investissements.

« À l’avenir, il est essentiel de poursuivre les échanges et les discussions sur les opportunités d’affaires. Cela implique que des délégations marocaines se rendent en Allemagne, et que des entreprises allemandes visitent le Maroc pour découvrir sur place les possibilités qu’offre le pays. Ces échanges sont cruciaux pour approfondir la compréhension mutuelle et explorer les voies de collaboration qui bénéficieront aux deux parties », a indiqué Ilya Nothangel.

Les travaux de cette première journée du roadshow, qui se poursuit jusqu’à jeudi prochain, se sont clôturés par une rencontre avec Bärbel Kofler, secrétaire d’État parlementaire du ministère fédéral de la Coopération économique et du développement.

Les entreprises allemandes, particulièrement attentives à « l’Offre Maroc »

Lors de ses différentes rencontres, le ministre a abordé des sujets clés tels que les relations économiques germano-marocaines, les investissements et l’hydrogène, mettant en lumière l’importance de « l’Offre Maroc » pour l’avenir de l’approvisionnement énergétique et de la coopération entre les deux pays.

Ainsi, Bärbel Kofler a exprimé sa satisfaction quant à la visite de la délégation marocaine, avant de relever l’importance des échanges avec le Royaume sur des sujets cruciaux pour le développement durable, tels que les énergies renouvelables, l’hydrogène vert et la mobilité électrique, ainsi que l’investissement dans les infrastructures. « Cette rencontre a permis de creuser ces thèmes et de générer des idées pour une collaboration plus étroite entre l’Allemagne et le Maroc ».

La secrétaire d’État parlementaire s’est dite rassurée, à travers ces échanges importants pour l’avenir des relations entre le Maroc et l’Allemagne, à l’égard de la possibilité de mettre en œuvre conjointement les idées concrètes émanant des activités bilatérales, favorisant ainsi une coopération efficace sur le terrain.

Pour sa part, Mohcine Jazouli a indiqué que ce roadshow allemand, qui fera escale à Berlin, Wolfsburg, Hannover et Munich, a pour objectif de rencontrer des responsables gouvernementaux et des entreprises pour présenter « l’Offre Maroc » en tant que destination d’investissement privilégiée, sous l’impulsion du Roi Mohammed VI.

Dans ce sens, il a souligné la dimension de cette initiative pour attirer les investisseurs internationaux et rehausser le niveau de partenariat entre les deux pays, en particulier dans les secteurs de la mobilité électrique et de l’hydrogène, notant que les entreprises allemandes leaders dans ces domaines ont réagi positivement aux opportunités offertes par le Maroc et exprimé un vif intérêt pour les secteurs d’avenir proposés par le Maroc et envisagent une collaboration étroite.

« Elles reflètent une réelle volonté de partenariat pour investir conjointement dans ces domaines prometteurs. La relation entre le Maroc et l’Allemagne se caractérise par un engagement mutuel à explorer et à saisir les opportunités d’investissement, témoignant ainsi d’une volonté de coopération fructueuse dans le développement économique et technologique », a soutenu Mohcine Jazouli.

Durant les réunions qui ont marqué la première journée du roadshow, le ministre a mis en évidence le constat selon lequel le niveau d’investissement des opérateurs allemands n’est pas aligné sur le potentiel de coopération entre les deux nations. Il a ainsi fortement souligné l’importance d’améliorer cette situation pour stimuler les relations économiques à travers davantage de partenariats bilatéraux.

Après l’Espagne fin janvier, la tournée 2024 de promotion de la destination Maroc auprès des investisseurs et donneurs d’ordres étrangers se poursuit en Allemagne dans le cadre d’un roadshow du 22 au 25 avril.

Organisé par l’AMDIE, en partenariat avec l’ambassade du Maroc en Allemagne, ce roadshow intervient dans un contexte particulier marqué par le lancement de « l’Offre Maroc », et la concrétisation de plusieurs conventions d’investissement stratégique dans la filière des batteries électriques, visant l’émergence d’un écosystème national automobile vert qui pourrait être consolidé avec des opérateurs allemands de premier plan.

La tournée prévoit ainsi des rencontres avec des décideurs, investisseurs et institutionnels allemands, des visites de sites industriels, une participation à la célèbre foire de Hanovre, événement majeur où le Maroc exposera ses atouts et opportunités d’investissement dans les métiers d’avenir, outre la conférence « Morocco Now », le 24 avril à Munich, sur le thème “Créer des synergies pour des partenariats durables”.

L’ONHYM et l’UM6P renforcent leur partenariat pour le développement de l’hydrogène naturel et de la potasse

Ces deux accords sont relatifs à la recherche et au développement des potentialités de l’hydrogène naturel dans le bassin de Khémisset et de la potasse magmatique dans le complexe syénitique d’Aousserd.

Ces accords visent à développer les ressources en substances stratégiques essentielles pour différentes industries ou qui entrent dans la transition énergétique adoptée par le Maroc. Ces accords s’inscrivent dans le cadre du protocole d’accord signé en 2023 entre les deux organismes.

Le Maroc lance la feuille de route pour son infrastructure gazière durable

Un protocole d’accord stratégique et très attendu a été signé, le mardi 26 mars au siège du ministère de la Transition énergétique et du développement durable, entre le ministère de l’Intérieur, le ministère de l’Economie et des finances, le ministère de l’Equipement et de l’eau et le ministère de la Transition énergétique et du développement durable. Cette signature marque le lancement de la feuille de route de l’infrastructure gazière, indique un communiqué du ministère de la Transition énergétique.

Ce protocole associe également cinq organismes et sociétés publics, à savoir : l’Agence nationale des ports (ANP), l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), la société Nador West Med, ainsi que la Société nationale des autoroutes du Maroc (ADM).

Ce protocole vise à renforcer la coordination des pouvoirs publics en vue de la mise en œuvre accélérée d’un programme de développement d’infrastructures gazières durables.

Le programme, qui s’étendra sur plusieurs années, vise à doter le Royaume de plusieurs points d’entrée pour l’importation de gaz naturel liquéfié (GNL), ainsi que d’une infrastructure de stockage et de transport du gaz naturel.

À court terme, il vise l’appui aux gazoducs raccordant les bassins de production de gaz domestique aux consommateurs, ainsi que le développement d’un terminal GNL au port de Nador West Med et d’un nouveau gazoduc pour connecter le terminal au gazoduc Maghreb-Europe.

Ce programme devra renforcer, à terme, l’accélération du développement des énergies renouvelables, le déploiement de l’offre Maroc pour les nouvelles filières de l’hydrogène vert et de ses dérivés, et le développement du projet du gazoduc Afrique-Atlantique, conclut le communiqué.

Le consortium HyAfrica veut localiser des ressources d’hydrogène naturel au Maroc

Le projet vise à découvrir des gisements viables d’hydrogène naturel (également appelé hydrogène blanc et géologique) au Maroc, au Mozambique, en Afrique du Sud et au Togo, tout en évaluant leur impact économique et social. Ces résultats façonneront les plans stratégiques visant à exploiter l’hydrogène comme source d’énergie durable, indique un communiqué.

Le consortium HyAfrica précise, dans sa présentation du projet, que ce dernier se concentre sur des régions prometteuses où de l’hydrogène naturel a déjà été détecté, où les conditions géologiques sont particulièrement favorables et où une évaluation des ressources peut apporter une alternative EnR à un nombre important de communautés. Au Maroc, il s’agira des provinces de Jerada et Tendrara, en partenariat avec l’Université Mohammed Ier d’Oujda.

Le projet HyAfrica, d’une durée de trois ans, est déjà en cours, Getech se joignant à la recherche géophysique pour apporter ses capacités de localisation des ressources souterraines dans la recherche d’hydrogène naturel.

Max Brouwers, directeur du développement commercial de Getech, a expliqué dans le même communiqué que « l’hydrogène naturel est une ressource énergétique propre émergente, avec un immense potentiel pour contribuer au défi climatique mondial, offrant une énergie propre et uniquement de l’eau comme sous-produit ».

Taxe carbone : « Nous avons des capacités déjà installées et inexploitées »

Plusieurs intervenants ont pris la parole, à commencer par Moufid Adraoui, manager Incubation et Partenariats Stratégiques, au sein de l’Agence marocaine pour l’énergie durable (MASEN). « Masen a annoncé plusieurs projets, relatifs au développement des énergies renouvelables. A fin 2020, nous avons déjà 1.200 mégawatts d’exploitation dans l’éolien. Nous avons également plus de 2.700 mégawatt, dans le solaire, en cours de construction. Les projets sont là ; ils existent et d’autres projets sont en cours pour atteindre les objectifs de 2030. Nous devons quantifier les besoins de l’industrie pour identifier une adéquation, entre ce qui est déjà réalisé et les besoins les plus urgents, afin de faire face au défi de l’entrée en vigueur de la taxe carbone d’ici 2023. »

Et d’ajouter : « Nous avons des capacités déjà installées, mais nous ne cherchons pas à les exploiter et à s’assurer qu’elles vont être allouées, aux industries qui seront pénalisées, par l’entrée en vigueur de la taxe carbone. Cela est possible, à travers une démarche qui intègre toute la chaîne de valeur. Il faut pouvoir allouer l’énergie renouvelable aux industries qui en ont besoin. »

Adapter localement les solutions mises au point dans d’autres pays

Quant à Ahmed Benlarabi, responsable PV Systems, à l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (IRESEN), il estime qu’il faut « développer des solutions innovantes, en capitalisant sur ce qui s’est fait ailleurs et en les adaptant au contexte marocain. Car pour s’assurer que l’ensemble de ces développements sont adaptés et peuvent apporter leur part, à cette transition énergétique, il faut préalablement s’assurer que ces technologies sont bien adaptées au niveau local. Chez l’IRESEN, nous avons mis au point une nouvelle plateforme concernant, tout ce qui est orienté vers l’hydrogène vert et l’ammoniaque vert. Nous avons, également, une plateforme en cours de finalisation qui est orientée, vers l’efficacité énergétique dans le BTP. »

Enfin, Abdeslam Halouani, vice-président de la FIMME (Fédération des industries métallurgiques, mécaniques et électromécaniques) et conseiller du président, en charge du développement durable au sein du groupe Meski Invest : « Quand on parle de taxe carbone, on parle d’un moyen de financer la relance post-Covid-19 instaurée par l’Union européenne. C’est une barrière non tarifaire que des marchés européens instaureront à compter de 2023. L’accès à une énergie renouvelable a fait l’objet de nombreux programmes, mais l’administration a du mal à concrétiser cet accès. La loi 13-09 met à disposition cette énergie, pour un certain nombre d’acteurs, mais lorsqu’elle est accompagnée par des taxes, elle n’est pas à la portée de tout le monde. Il faut essayer de faire bouger les ressorts. En tant qu’industriels, on demande à être taxés au niveau du résultat, mais pas du capital. »

Enfin, lorsqu’il s’agit de savoir si l’entreprise marocaine est prête à se décarboner, Abdeslam Halouani estime que « oui, le secteur privé est prêt« .

Il complète : « A titre d’exemple, le plan de relance post-Covid en France, c’est 350 millions d’euros pour accompagner l’industrie dans l’intégration de l’industrie 4.0. Il faut essayer d’aller vers un travail en commun, vers une concertation commune. L’administratif doit faire son travail et le volet financier aussi. Dans tous les cas, l’État sera rémunéré en aval. La Turquie, par exemple, a subventionné toutes les industries. Par exemple dans le textile, elle a racheté des marques et a financé des outils et des technologies. Elle a finalement été récompensée par un retour fiscal. Au Maroc, nous avons OCP, qui est une locomotive, mais on doit essayer, avec ce groupe, de tirer tout le reste. OCP a drainé derrière elle tout le secteur de la construction métallique. Il faut, donc, avoir une vision intégrée pour faire converger les leviers du développement du secteur industriel. »