Immorente Invest : un portefeuille doublé et un rendement qui séduit à fin 2024

Immorente Invest, la foncière cotée à la Bourse de Casablanca, finalise 2024 avec une dynamique positive et des ambitions renforcées.

Le chiffre d’affaires consolidé a augmenté à 78,7 MDH, soit une progression de 9%, tirée par un portefeuille en expansion et des bureaux qui trouvent preneurs.

Pour sa part, le résultat net consolidé a augmenté de 10% pour atteindre 47,1 MDH à fin décembre 2024.

Les revenus locatifs, en hausse de 12%, traduisent un marché porteur et une gestion efficace des actifs.

Malgré cette croissance, le FFO (Funds From Operations) se stabilise à 46,5 MDH. Pourquoi ? Parce que les nouveaux investissements, financés par la dette, n’ont pas encore livré tous leurs effets.

Mais Immorente Invest garde le cap et offre à ses actionnaires un dividende de 5,2 DH/action. Ce dernier garantit un rendement de 5,8%.

En 2024, la foncière a réalisé trois investissements. Avec 330 MDH injectés dans son développement, la société joue sur plusieurs fronts.

L’objectif d’immorente Invest est de diversifier et rééquilibrer son portefeuille. En 2020, les bureaux représentaient 74% des actifs.

Désormais, les actifs industriels occupent 50% du mix, ce qui limite l’exposition aux fluctuations du marché tertiaire.

Avec un ratio Loan-to-Value (LTV) de 24%, Immorente Invest garde une marge de manœuvre confortable. La dette atteint 337,5 MDH, contre 42,4 MDH de trésorerie, preuve d’une politique financière réfléchie.

Côté valorisation, l’actif net réévalué (ANR) se hisse à 103,8 DH/action, confirmant la robustesse des actifs immobiliers de la foncière.

2025 : un horizon encore plus prometteur

Immorente Invest anticipe une nouvelle progression de son chiffre d’affaires en 2025, portée par l’extension de son portefeuille immobilier et la commercialisation d’actifs de bureaux réalisés fin 2024.

Dans cette lancée, le FFO attendu pour 2025 est de 5,3 DH/action, ce qui correspond à un rendement prévisionnel de 6%. Une perspective qui conforte la position de la foncière en tant que valeur sûre pour les investisseurs.

Les actionnaires peuvent compter sur un rendement stable, et le marché immobilier professionnel marocain voit en Immorente un acteur qui gagne en puissance.

Après l’euphorie, les raisons de l’accalmie sur les immobilières cotées

L’indice boursier ‘Participation et promotion immobilière’ est celui qui affiche la meilleure santé de la cote – et de loin – depuis le début de l’année. Alors que le MASI progresse de 12% en YTD, l’indice immobilier affiche une hausse de 116%, portée principalement par Addoha et Alliances et, dans une moindre mesure, par RDS.

Le marché, et les valeurs immobilières notamment, avaient été fortement poussés à la hausse à la suite de plusieurs annonces telles que l’organisation du Mondial 2030 par le Maroc, diffusée le 4 octobre. Aussi, après l’annonce des aides au logement lors d’une réunion présidée par le Souverain le 17 octobre, les immobilières avaient toutes les trois bondi de près de 10% sur la séance du 18 octobre.

Or, l’euphorie est retombée, et les titres des deux principales immobilières cotées sont en recul quasi constant depuis près d’une semaine.

Aucune raison fondamentale ne justifie la baisse des immobilières

Depuis le 19 octobre, un mouvement baissier a été observé sur ces dernières, alors que le newsflow concernant le secteur laisse présager une bonne tenue de l’activité des immobilières.

Cette baisse provient principalement d’un contexte marché. Fondamentalement, rien ne justifie la baisse des immobilières en bourse. Contactée, une source de la place nous explique qu’il s’agit d’un contexte global baissier. Ce mouvement est notamment causé par un rebalancement des investisseurs étrangers sur le marché national.

« Les fonds étrangers sont généralement indexés à des indices, comme le MSCI par exemple. Ces indices font des rebalancements en fin de mois. Cela veut dire que le poids des valeurs change, et que les fonds qui suivent ces indices essaient de coller à l’indice (faire en sorte de faire rentrer ou sortir des titres du portefeuille en fonction de la composition de l’indice, ndlr). C’est un peu comme les OPCVM au Maroc qui ont des valeurs liquidatives hebdomadaires. Ils font des souscriptions au rachat. Parfois, il y a des indices qui rebalancent au Maroc en fin de mois, et quand il n’y a pas de liquidités et qu’il y a de la vente, ça baisse », explique notre interlocuteur.

Ce qui nuit aux valeurs immobilières sont des événements hors marché. C’est le cas du conflit en cours au Moyen-Orient. « Cela crée un certain degré d’instabilité politique et des craintes économiques, notamment en lien avec le pétrole dans la région. Le marché craint que la situation ne dégénère et que cela n’entraîne une hausse des matières premières et, de fait, impacte négativement l’inflation. »

Une accalmie sur le marché en attendant les résultats du T3-23

Notre interlocuteur note également que le marché est en train de vivre une phase d’accalmie. Alors que les OPCVM commençaient à se positionner sur les titres immobiliers qu’ils avaient délaissés depuis des années, on observe que les volumes échangés sur ces titres et sur le marché en général sont en baisse.

Volumes échangés sur la valeur Addoha. Source : Bourse de Casablanca
Volumes échangés sur la valeur Alliances. Source : Bourse de Casablanca

Cette accalmie est causée par « une phase de comité chez les institutionnels et les OPCVM. D’ailleurs, la volumétrie est très basse. Il suffit qu’il y ait un peu de vente pour que le marché recule ».

Durant cette période, beaucoup d’OPCVM vont à la rencontre d’institutionnels dans le cadre de tournées qui succèdent aux résultats semestriels et à la publication du PLF 2024. « C’est le moment pour les OPCVM de faire le tour des institutionnels. Ce qui fait qu’il y a des créations de rapports et moins de gens présents sur les marchés. C’est la période d’accalmie avant la publication des résultats du T3-2023 », poursuit-il.

Passé ce moment de creux, le marché, et particulièrement les immobilières, devraient se redynamiser à la publication des résultats du troisième trimestre. « Ces résultats devraient être bons normalement, même s’il est impossible de le prédire à l’avance. Il faut juste que les opérateurs reviennent sur le marché. À partir de là, le dynamisme devrait reprendre de plus belle », conclut-il.