Au Bourget, le Maroc a scellé des accords stratégiques dans l’aéronautique

À l’occasion du Salon international de l’aéronautique et de l’espace de Paris-Le Bourget, une délégation ministérielle marocaine a supervisé la signature de plusieurs accords stratégiques visant à attirer des investissements de pointe et à solidifier l’écosystème industriel du Royaume.

Dans une publication sur Facebook, le ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, a souligné que les initiatives qui ont été prises lors du Salon jusqu’à présent « tiennent à consacrer la place du Maroc en tant qu’acteur majeur de l’industrie aéronautique mondiale ».

La délégation, qui comprenait également Abdessamad Kayyouh, ministre du Transport et de la logistique, et Karim Zidane, ministre délégué chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, a conclu une série d’accords couvrant des domaines clés de l’industrie.

Parmi les annonces majeures, le Maroc a signé un mémorandum d’entente avec la société indienne Genser Aerospace pour le développement et la production sur le sol marocain d’un avion d’affaires polyvalent.

Parallèlement, une convention a été signée avec la société LPF (Latécoère-Précision-Façonnage) pour l’agrandissement de son unité industrielle dans la province de Nouaceur. Cette expansion sera dédiée à la production de composants critiques pour les moteurs d’avion.

Par ailleurs, des pourparlers approfondis ont été menés avec le groupe Airbus afin de renforcer le partenariat stratégique et d’étendre la présence industrielle du constructeur européen dans le Royaume.

Ryad Mezzour a dans ce sens déclaré à la presse : « Airbus constitue, directement ou indirectement, un pilier majeur de notre industrie aéronautique, représentant près de 60% du secteur. L’avionneur s’approvisionne en un volume important de composants fabriqués au Maroc, ce qui cimente notre partenariat stratégique, porté par le ministère de l’Industrie et l’ensemble du gouvernement marocain. Nos récents échanges avec Airbus ont été des discussions de fond, centrées sur les perspectives de développement de cette filière clé pour le Maroc ».

De plus, un partenariat stratégique a été annoncé entre Boeing et le Centre Africain d’Excellence en Fabrication (African Center of Excellence in Manufacturing), une entité de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P). Cette collaboration vise à « ancrer l’innovation industrielle et à développer les compétences nationales pour répondre aux besoins futurs du secteur ».

Cette série d’accords vient renforcer une dynamique déjà bien engagée. En effet, dès l’ouverture du salon, Figeac Aéro avait donné le ton en annonçant la signature d’un nouveau partenariat avec le géant américain Boeing. Ce contrat concerne la fabrication, par le site marocain de Casablanca Aéronautique, d’un ensemble de pièces usinées en aluminium destinées au Boeing 737 MAX.

Le Salon Le Bourget se poursuivra jusqu’au dimanche 22 juin.

Safran : enquête publique imminente pour le projet d’atelier des moteurs LEAP à Nouaceur

Selon les sources de Médias24, Jalal Benhayoun vient de signer un arrêté gubernitorial. En vertu de celui-ci, une enquête publique portant sur l’impact environnemental sera ouverte à la commune de Nouaceur en relation avec le projet d’installation d’un atelier de maintenance de moteurs LEAP par Safran.

Cette enquête, qui va démarrer le 12 mai, s’étalera sur 20 jours, selon le même arrêté du gouverneur de Nouaceur.

Le futur atelier de maintenance de moteurs LEAP de Nouaceur avait fait l’objet d’un accord signé, le 28 octobre 2024, devant le Roi Mohammed VI et le président français, entre le gouvernement marocain et le groupe Safran et d’accords complémentaires signés en marge du Marrakech Air Show.

Selon les termes de cet accord, la construction de ce nouvel atelier aura lieu sur une superficie de 25 000 m² dans la zone aéroportuaire de Casablanca et le projet devra être finalisé fin 2026.

La présente unité de maintenance des moteurs LEAP, située à MIDPARC Casablanca Free Zone, vise à répondre aux besoins croissants en services de maintenance, de réparation et de révision (MRO – Maintenance, Repair & Overhaul) des moteurs LEAP, utilisés notamment sur les Airbus A320neo et les Boeing 737 MAX, soit près de 4.000 avions en service dans le monde.

Ce projet devra créer environ 600 emplois directs à l’horizon 2030 et disposera d’une capacité de maintenance de 150 moteurs par an et permettra de répondre à la forte demande de plusieurs compagnies aériennes, notamment celles situées en Afrique, au Moyen-Orient et en Europe. Selon nos informations, l’investissement consenti dépasse les 1,2 MMDH.

Airbus reprend le site de Spirit AeroSystems à Casablanca

L’opération inclut également d’autres sites aux États-Unis (Kinston et Wichita), en France (Saint-Nazaire), en Irlande du Nord (Belfast) et en Écosse (Prestwick). L’objectif pour Airbus est de renforcer la stabilité de sa chaîne d’approvisionnement sur ses programmes commerciaux, indique un communiqué d’Airbus.

La transaction, dont la clôture est prévue au troisième trimestre 2025, prévoit un paiement net de 439 millions de dollars en faveur d’Airbus, avec des ajustements possibles. Airbus a aussi accordé à Spirit AeroSystems une ligne de crédit sans intérêt de 200 millions de dollars pour soutenir la transition.

Le site de Casablanca est le seul en Afrique concerné par cette opération. Situé au sein de la zone industrielle Midparc à Nouaceur, à proximité de l’aéroport Mohammed V, le site casablancais est spécialisé dans la fabrication de composants pour les programmes A220 et A321, deux modèles commerciaux en forte demande sur le marché mondial.

Aéronautique. Chaque avion dans le ciel comporte des équipements fabriqués au Maroc

En 2024, les exportations aéronautiques ont atteint 26,4 MMDH, enregistrant une progression de 14,9% par rapport à 2023, où elles s’élevaient à 23 MMDH. Cette croissance est largement tirée par le segment de l’assemblage qui a enregistré une augmentation notable de 23,6%, atteignant 17,2 MMDH.

L’analyse des données de l’Office des changes relatives aux exportations du secteur aéronautique met en évidence une dynamique haussière soutenue. En une décennie, ces exportations sont passées de 7,7 MMDH en 2014 à 26,4 MMDH en 2024, enregistrant une progression remarquable de 242,9%.

Source : Office des changes

L’année 2025 débute sur la même lancée. Dès le mois de janvier, les exportations aéronautiques se chiffrent à 2,2 MMDH, enregistrant une croissance de 14,2% en glissement annuel par rapport à janvier 2024. Cette progression est à nouveau stimulée par l’assemblage, qui a connu une hausse de 16,2%, atteignant 1,4 MMDH, et par le Electrical Wiring Interconnection System (EWIS), en augmentation de 11,2%.

L’accélération de l’activité est le fruit des investissements soutenus des principaux acteurs du secteur, ainsi que d’une diversification progressive des segments de production. La maintenance aéronautique (MRO), la fabrication de sous-ensembles et l’assemblage de composants de haute précision constituent des segments stratégiques qui attirent de plus en plus de donneurs d’ordre internationaux.

Croissance, sous-traitance locale et innovation au cœur des priorités

Dans ce cadre, Médias24 s’est entretenu avec Adil Jalali, président du Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (GIMAS) et de l’Institut des métiers de l’aéronautique (IMA).

Ainsi, concernant la situation du secteur et sa performance, notre interlocuteur estime qu’il est naturel d’anticiper que l’année 2025 dépassera les performances enregistrées en 2024, où les exportations aéronautiques avaient déjà enregistré une importante hausse.

« Tous les indicateurs sont bien au vert, 2025 sera probablement une belle année marquée par une croissance qui reposera avant tout sur une demande mondiale en constante croissance confirmée par les chiffres et commandes annoncés par les avionneurs, et donc entraînant une activité soutenue pour tous les fournisseurs, dont nos industriels marocains », explique-t-il.

2025 sera probablement une belle année marquée par une croissance qui reposera avant tout sur une demande mondiale en constante croissance

Adil Jalali indique par ailleurs qu’il faut profiter de ce tournant pour promouvoir et développer la sous-traitance locale. En encourageant la création d’entreprises marocaines fournissant des pièces et des services aux grands assembleurs, mais aussi en visant les niches dans lesquelles le Maroc possède des avantages comparatifs.

« Cela nous permettra de dynamiser notre industrie tout en renforçant notre compétitivité. J’insiste : la formation et le développement du capital humain sont essentiels. La mise en place des programmes de formation spécialisés pour accompagner les besoins croissants du secteur aéronautique et préparer des compétences qualifiées pour soutenir cette transformation. En outre, un fort soutien à la recherche et au développement (R&D) est nécessaire pour favoriser l’innovation et permettre la création de produits à plus forte valeur ajoutée, augmentant ainsi l’intégration locale ».

La compétitivité et la montée en gamme à l’épreuve de multiples défis

Comme toute industrie, l’aéronautique fait face à de multiples défis dans un monde en constante évolution. Le principal défi est l’impact de l’inflation des coûts de production (énergie, main-d’œuvre) sur la compétitivité du secteur aéronautique marocain.

« Le Maroc est un acteur compétitif sur le plan international, mais il est à préciser que sa véritable force réside avant tout dans la création de valeur. Plutôt que de se concentrer uniquement sur les coûts, nous avons opté pour une approche industrielle axée sur l’intégration de la chaîne d’approvisionnement et, avant tout, l’investissement dans le capital humain. La formation et le développement des compétences sont au cœur de notre stratégie, car ce sont eux qui nous permettent d’évoluer vers des activités à plus forte valeur ajoutée. La création de l’IMA (Institut des métiers de l’aéronautique) en 2011 a été notre première réponse à ce propos », souligne le président du GIMAS.Le Maroc n’est plus une simple base de production, il se transforme en un hub technologique et industriel majeur« Nous sommes confrontés à des défis, notamment la hausse des coûts de production liée à l’énergie et aux ressources humaines. Cependant, il est clair que le Maroc a su anticiper et s’adapter. En optant pour les énergies renouvelables, telles que le solaire et l’éolien, nous réduisons notre recours aux énergies fossiles tout en assurant une énergie compétitive pour nos industriels. De même, malgré l’évolution des salaires, notre capital humain demeure un atout majeur : bien formé, qualifié et constamment aligné avec les exigences des grands donneurs d’ordres internationaux. La distinction ne réside pas uniquement dans notre compétitivité, mais également dans notre aptitude à envisager l’avenir. Le Maroc n’est plus simplement une base de production ; il se transforme en un véritable hub technologique et industriel majeur, préparé à affronter les enjeux d’une industrie en pleine mutation ».

Par ailleurs, la montée en gamme repose principalement sur la formation. Selon Adil Jalali, grâce à cet engagement, le Maroc est aujourd’hui en mesure de produire des pièces de haute technicité pour les moteurs, les composites et les systèmes électriques. « Chaque avion qui vole dans le monde intègre des équipements fabriqués au Maroc, une preuve tangible de notre expertise et de notre intégration dans l’industrie aéronautique mondiale. L’objectif est d’aller plus loin. Nous disposons des outils nécessaires pour accéder à de nouveaux marchés et développer de nouvelles filières industrielles ».

Le développement des activités de maintenance, de réparation et d’ingénierie constitue un levier majeur pour renforcer l’attractivité du pays et offrir des opportunités à forte valeur ajoutée. « Nous assistons en parallèle à l’amorçage par le Maroc d’une diversification stratégique vers des domaines de souveraineté comme le spatial et la défense, ce qui affirme ainsi notre ambition d’évoluer vers une industrie de pointe », conclut notre interlocuteur.

En dix ans, les exportations ont progressé de 126,5% mais la diversification a reculé

L’évolution des exportations marocaines entre 2014 et 2024 traduit une transformation structurelle marquée par une montée en puissance des industries manufacturières, une réorganisation sectorielle et une recomposition progressive des flux commerciaux.

Les exportations marocaines ont connu une progression notable au cours de la dernière décennie, passant de 200,8 MMDH en 2014 à 454,9 MMDH en 2024. Cette hausse, équivalente à une croissance de 126,5% sur dix ans, reflète l’intégration croissante du Maroc dans les chaînes de valeur mondiales et son positionnement renforcé sur les marchés internationaux.

Source : Office des changes

Toutefois, cette progression, bien qu’impressionnante, n’a pas été linéaire. Les exportations ont connu des fluctuations marquées au cours de la dernière décennie, subissant une contraction significative de 7,5% en 2020, conséquence directe de la pandémie de Covid-19 et des perturbations logistiques mondiales qui avaient temporairement freiné l’activité économique.

Ce repli notable a rapidement laissé place à un rebond considérable entre 2021 et 2024, porté par la reprise de la demande internationale, la résilience des secteurs exportateurs stratégiques et l’effet prix provoqué par l’inflation mondiale. Durant cette période, les exportations ont enregistré des taux de croissance annuels exceptionnels, dépassant 25% à deux reprises en 2021 et 2022, avant d’atteindre un sommet de 454,9 MMDH en 2024.

En l’espace d’une décennie, le poids des exportations dans l’économie marocaine est passé de 20% à près de 30%L’analyse des exportations par rapport au PIB révèle une tendance significative à l’accroissement de leur poids dans l’économie nationale. En 2014, les exportations représentaient environ 20% du PIB, une part qui a progressé graduellement pour atteindre un pic de 32,2% en 2022, marquant ainsi un sommet historique avant une baisse de 1,6 point en 2023, suivie d’une légère hausse en 2024.

Source : Office des changes

L’évolution du ratio exportations/PIB témoigne d’une transformation de l’économie marocaine, marquée par une montée du commerce extérieur et une intégration plus poussée dans les chaînes de valeur mondiales. Cette trajectoire traduit non seulement une augmentation des volumes d’exportation, mais également une amélioration de la compétitivité des secteurs stratégiques, notamment l’automobile, l’aéronautique et l’agro-industrie.

Reconfiguration sectorielle : des phosphates aux industries manufacturières, une mutation stratégique

L’un des aspects les plus captivants dans l’analyse du comportement des exportations marocaines sur la dernière décennie réside dans la reconfiguration sectorielle. Si les phosphates et leurs dérivés constituaient historiquement le principal pilier des exportations, leur part relative a progressivement diminué au profit des industries manufacturières.

En 2022, les exportations de phosphates ont atteint un niveau record de 115,5 MMDH, principalement sous l’effet d’une flambée des prix des engrais sur les marchés internationaux. Cependant, cette performance a été suivie d’une baisse à 76,7 MMDH en 2023, illustrant la volatilité de ce secteur et sa sensibilité aux cycles des matières premières.

Entre 2014 et 2024, les exportations du secteur automobile ont enregistré une croissance spectaculaire de 249,5%L’essor du secteur automobile marocain s’est traduit par une progression remarquable des exportations, passant de 45,1 MMDH en 2014 à 157,6 MMDH en 2024. Cette évolution représente une croissance totale de 249,5% sur une décennie, correspondant à un taux de croissance moyen annuel d’environ 13,3%. Toutefois, pour mesurer avec précision le rythme réel d’expansion, il est essentiel d’utiliser le taux de croissance annuel composé (TCAC) plutôt qu’une simple moyenne arithmétique.

Source : Office des changes

En dehors de l’industrie automobile, d’autres secteurs ont connu des évolutions notables. Le secteur agroalimentaire affiche une progression régulière, portée par la forte demande en produits agricoles et en conserves. En 2024, les exportations agricoles ont atteint 85,8 MMDH, en hausse significative par rapport à 2014 (39 MMDH). Cette dynamique repose sur la compétitivité croissante des produits marocains, notamment les tomates, les fruits rouges et les agrumes, qui bénéficient d’une forte demande sur le marché européen.

Entre 2014 et 2024, les exportations du secteur aéronautique ont triplé, passant de 7,7 à 26,4 MMDH Le secteur aéronautique a également connu un développement impressionnant. Bien qu’il reste moins dominant que l’automobile, ses exportations ont plus que triplé sur la période, tirées par l’essor des commandes de composants pour les grands constructeurs mondiaux tels que Airbus et Boeing.

Analyse des exportations par principaux marchés (2014-2023)

L’évolution des exportations ne peut être dissociée de la transformation géographique des flux commerciaux. L’Union européenne demeure, de loin, le premier partenaire commercial du Maroc, absorbant 71,7% des exportations en 2023, soit 308,7 MMDH. Ce poids écrasant de l’Europe s’explique par des liens historiques solides et des accords de libre-échange qui facilitent l’accès des produits marocains aux marchés européens.

En parallèle, d’autres régions gagnent en importance. L’Asie et l’Amérique enregistrent une contribution plus modeste, avec respectivement 40,1 et 37,9 MMDH d’exportations en 2023. Ces chiffres, bien que relativement faibles comparés à ceux de l’Europe, traduisent une diversification progressive des débouchés commerciaux. L’Asie, en particulier la Chine et l’Inde, constitue un marché clé pour les phosphates et les engrais, tandis que l’Amérique du Nord absorbe une part croissante des exportations industrielles.

L’élément le plus encourageant est sans doute la progression constante des échanges avec l’Afrique. En 2014, les exportations vers le continent africain s’élevaient à 17,3 MMDH. En 2023, elles ont presque doublé, atteignant 32,7 MMDH, soit une hausse de 89 % par rapport à 2014, démontrant ainsi l’efficacité de la stratégie marocaine d’intégration économique en Afrique de l’Ouest et du Centre. Cette progression s’appuie notamment sur les ventes d’engrais, de produits agroalimentaires et d’équipements industriels, renforcées par les initiatives marocaines d’investissement et d’expansion bancaire sur le continent.

Diversification des exportations : une concentration sectorielle préoccupante

La mesure de la diversification des exportations est un exercice crucial pour évaluer la résilience et la maturité d’une économie. Plusieurs indicateurs existent, chacun offrant une perspective d’analyse spécifique. Cependant, dans notre cas, nous nous référons à l’indice Herfindahl-Hirschman (HH)**.

Le calcul de cet indice sur l’ensemble de la période étudiée (2014-2024) permet de suivre l’évolution de la diversification des exportations marocaines. Une diminution progressive de l’indice HH indiquerait une diversification accrue des exportations, tandis qu’une hausse signalerait une concentration plus forte autour de quelques secteurs dominants.

Un indice HH = 0 représente des exportations extrêmement diversifiées, avec un très grand nombre de secteurs actifs, incarnant l’idéal de diversification maximale où aucun secteur ne domine. En revanche, un indice HH = 1 indique une concentration maximale, où un seul secteur contrôle l’ensemble du marché, ce qui équivaut à un monopole complet. Ainsi, tant que l’évolution de l’indice tend vers 0, cela reflète une diversification favorable ; à l’inverse, sa croissance (tendance vers 1) signale moins de diversification, ce qui n’est pas favorable pour l’économie.

L’analyse de l’Indice Herfindahl-Hirschman de 2014 à 2024 illustre une évolution à la hausse vers une concentration accrue des exportations, soulignant une dynamique de marché qui mérite une attention particulière. Initialement, en 2014, avec un indice HH de 0.173, le pays bénéficiait d’une diversité économique relativement bonne, reflétant un équilibre sain entre les différents secteurs exportateurs.

Cependant, cette diversité s’est graduellement érodée, en particulier à partir de 2020, où l’indice HH a atteint 0.198, probablement exacerbé par les perturbations globales induites par la pandémie de Covid-19. Cette hausse suggère une dépendance croissante à certains secteurs qui, ayant mieux résisté ou récupéré plus rapidement pendant la crise, ont augmenté leur poids dans l’économie nationale.

La poursuite de cette tendance jusqu’en 2024, où l’indice HH atteint son pic à 0.211, révèle une concentration croissante ainsi qu’une spécialisation sectorielle qui, bien qu’elles puissent témoigner d’un avantage compétitif distinct, posent également des risques. Une telle concentration sectorielle accroît la vulnérabilité économique face à des chocs externes spécifiques. Si les secteurs dominants subissent un revers, cela pourrait avoir des répercussions sur l’ensemble de l’économie.

Medias24
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*Les chiffres 2024 incluent des estimations préliminaires sujettes à révision. Les chiffres définitifs seront publiés vers le mois de juin 2025 dans le rapport annuel du commerce extérieur.

**La base de données, ainsi que les étapes de calcul de l’indice HH, sont accessibles ici.

ABL Aviation mobilise 400 millions de dollars pour le financement du programme E-Jet E2 d’Embraer

ABL Aviation, acteur indépendant en matière de gestion d’actifs aéronautiques, vient d’annoncer la mobilisation d’un investissement stratégique de 400 millions de dollars (3,9 milliards de DH) destiné à soutenir le programme E-Jet E2 d’Embraer.

Cet apport financier, basé sur des options de financement flexibles et accessibles aux clients d’Embraer à travers le monde entier, concerne les modèles E175-E2, E190-E2 et E195-E2.

Formellement annoncé lors du Marrakech Air Show, où Embraer a exposé son E195-E2, ce partenariat met en lumière « le rôle stratégique du Maroc en tant que hub aéronautique majeur, offrant un accès privilégié aux marchés africains en pleine croissance tout en servant de point de transit clé pour le commerce mondial », précise ABL Aviation.

A travers ce partenariat, ABL et Embraer « visent à ouvrir de nouvelles voies de collaboration au Maroc et à l’international, en proposant des solutions de financement personnalisées pour les livraisons d’E2, mais aussi pour l’approvisionnement en pièces détachées, ainsi que d’autres options parfaitement adaptées aux besoins changeants des clients d’Embraer », poursuit la même source.

Les modèles E2 d’Embraer permettent des réductions de 25,4 % en consommation de carburant par siège par rapport à leurs prédécesseurs. En comparaison avec la première génération des E-Jets, « ils offrent une économie de 16 % de carburant et sont jusqu’à 10 % plus économes en comparaison avec les modèles concurrents ».

En outre, ces appareils monocouloirs offrent une configuration de cabine adaptable, permettant aux compagnies aériennes d’ajuster rapidement et à moindre coût leur offre en fonction des demandes. Les E2 « se distinguent par leurs grandes fenêtres, leur éclairage LED innovant, leurs compartiments à bagages spacieux et leurs sièges élargis », conclut-on.

https://medias24.com/2024/10/31/industrialisation-aeronautique-embraer-mise-10-mmdh-sur-le-maroc-a-horizon-2035/

« Dans les dix prochaines années, l’industrie aéronautique dépassera l’automobile » (Abdelhamid Addou)

Dans une présentation exhaustive, le mercredi 23 octobre, à l’occasion du séminaire organisé par le Conseil du développement et de la solidarité (CDS) autour de la connectivité et le développement des territoires, le PDG de RAM, Abdelhamid Addou, a survolé les 67 ans d’existence de Royal Air Maroc et le rôle que la compagnie nationale a joué dans le développement du tourisme et de l’industrie aéronautique.

« L’Afrique a toujours fait partie de notre ADN. C’est la première route qui a été inaugurée en 1958 [date de création de RAM, ndlr], avec la ligne Casablanca-Dakar. Grâce à Royal Air Maroc, nous sommes passés, au cours des vingt-cinq dernières années, de 200.000 à près de 2.000.000 de passagers. Mais c’est surtout l’export qui a été multiplié par 25 à 30 fois grâce à cette présence du Maroc, physiquement à travers RAM, et efficacement à travers les entreprises qui se sont installées par la suite », s’est félicité Abdelhamid Addou.

« Dans les dix prochaines années, l’industrie aéronautique dépassera l’automobile »

« Il existe toute une industrie qui tourne autour de Royal Air Maroc, un secteur en plein croissance. L’industrie aéronautique représente aujourd’hui 2,5 milliards de dollars à l’export. J’ai personnellement la conviction que, dans les dix prochaines années, cette industrie dépassera l’automobile, ce qui est une excellente nouvelle. J’ai cette conviction pour la simple raison que le marché automobile finira par ralentir naturellement au niveau mondial. La nouvelle génération est beaucoup moins friande de l’achat d’un véhicule de transport ».

Si cette industrie existe, je le dis sans vraiment aucune gêne, c’est grâce à Royal Air Maroc au départ, avec une vision royale bien évidemment

« Pour le voyage, c’est une autre histoire. À notre époque, nous voyagions une fois par an par avion. Aujourd’hui, la jeune génération a besoin de voyager, quand elle en a les moyens, au moins une fois par trimestre. La demande explose fortement. Quelque 15.000 emplois hautement qualifiés. Il y a donc une vraie croissance du secteur puisqu’il permet de créer beaucoup d’emplois avec une forte valeur ajoutée. La compagnie nationale est la précurseure de cette industrie. Si cette industrie existe, je le dis sans vraiment aucune gêne, c’est grâce à Royal Air Maroc au départ, avec une vision royale bien évidemment ».

« Nous étions les premiers à investir. Nous continuerons à investir. Nous pensons que l’industrie a encore un avenir très important et très prometteur ».

L’ultra long-courrier à destination de Pékin sera rouvert le 20 janvier 2025

Le PDG de RAM a passé en revue les moments phares de l’évolution de la compagnie.

« Nous sommes passés par différentes machines, de la Constellation à la Caravelle en passant par le 757, pour finir avec le Dreamliner (2016) et le Dreamliner nouvelle génération (2018) qui sont aujourd’hui des avions de nouvelle catégorie. Le développement s’est fait aussi à travers l’expansion complète et totale de notre réseau. Nous avons démarré par le réseau domestique et quelques routes à l’international, dont Dakar et Paris, puis le transatlantique qui a mis une quarantaine d’années à décoller. Il faut savoir que quand on ouvre une route long courrier, ce n’est pas facilement ni rapidement rentable. C’est un investissement sur le très long terme. Aujourd’hui nous sommes très heureux d’avoir ces routes. Elles font partie de la colonne vertébrale de Royal Air Maroc, en termes de génération de revenus ».

Aujourd’hui, il faudrait peut-être revoir notre manière d’aborder cet Open Sky, tout en maintenant ce dynamisme pour pouvoir permettre à un opérateur comme RAM de se développer plus vite

« À cela s’ajoute le point à point, le hub domestique et la stratégie Afrique à partir de 2005, à la suite de l’Open Sky qui est, à mon avis, la meilleure nouvelle que notre tourisme ait connue. L’Open Sky est un élément structurant dans notre développement. Après, il faut aussi gérer l’Open Sky dans le temps. Cette stratégie, qui a connu une évolution, a été déployée assez tôt (2005). Aujourd’hui, il faudrait peut-être revoir notre manière d’aborder cet Open Sky, tout en maintenant ce dynamisme pour pouvoir permettre à un opérateur comme RAM de se développer plus vite ».

« Il y a eu aussi le développement de l’ultra long-courrier (plus de 13 heures de vol) en 2020. Pékin a été, juste avant le Covid, une route ouverte que nous avons dû fermer. Elle sera rouverte le 20 janvier prochain ».

Un shift managérial depuis la crise du Covid-19  

La crise du Covid a permis à RAM de prendre conscience qu’elle devait changer de modèle, souligne par ailleurs Abdelhamid Addou.

« Face à une crise similaire, du jour au lendemain, on se rend compte que nous passons de x chiffre d’affaires à zéro. Nous avons des charges qui sont là, mais nous n’avons aucune capacité financière pour tenir dans un monde compliqué, dans un moment où il n’y a pas vraiment d’échappatoire, puisqu’on ne peut pas générer du trafic et du business. Nous nous sommes rendu compte que notre taille était peut-être notre plus grande faiblesse. Les entreprises de plus grande taille ont pu, dans le temps, développer une capacité de résilience à un poids suffisant, des ressources suffisantes, à même de leur permettre de dépasser une crise comme celle-ci. Nous étions fragilisés par notre taille. Et donc, cette prise de conscience conjuguée à un marché existant fait que nous avons une place pour adresser ce marché qui est là ».

La nouvelle ère d’expansion, c’est ce vers quoi nous nous dirigeons

« En sept, huit ans, nous sommes passés de 4% à 5% de notre chiffre d’affaires qui était fait en ligne à 38% réalisés aujourd’hui. Donc, c’est un saut qualitatif qui est énorme ; et plus nous avons cette dynamique de générer du chiffre d’affaires en ligne, plus nous sommes efficaces et encore plus agiles. Le Covid nous a aidés. Pendant une année d’arrêt total, nous avons revu nos process, nous avons fait un reset de toute l’entreprise et mis en place de nouveaux process, beaucoup plus agiles et beaucoup plus efficients d’un point de vue digital. Nos indicateurs sont parmi les meilleurs pour les compagnies de notre taille. Alors, de grâce, ne nous comparez pas à des compagnies du Golfe qui, elles, disposent de moyens complètement disproportionnés par rapport aux nôtres ».

« La nouvelle ère d’expansion, c’est ce vers quoi nous nous dirigeons. 2023 a été une bonne année de relance qui nous a permis de signer le contrat-programme avec le gouvernement qui sera en deux phases. La première phase, c’est une phase de croissance maîtrisée. Pourquoi une phase de croissance maîtrisée ? Parce que, tout simplement, pour être en croissance, il faut avoir des avions. Aujourd’hui, si vous placez une commande d’avion, vous le recevez dans cinq à six ans dans le meilleur des cas. Donc il va y avoir une phase où la croissance ne sera pas aussi forte qu’on le souhaiterait tous, puisqu’il y a une pénurie d’avions au niveau mondial ».

« Cette progression de la flotte est importante puisqu’on parle quand même d’une dizaine d’avions chaque année entre maintenant et 2027, mais qui sera encore plus importante par la suite pour passer de 15 à 20 avions en moyenne par an. Ce que nous n’avons jamais connu dans notre histoire, dans le meilleur des cas, on intégrait 2 à 3 avions de temps en temps ».

« La deuxième phase de 2028 à 2037, c’est le changement de dimension. C’est la multiplication par 4 de la flotte et l’ouverture tous azimuts de lignes long-courriers et moyen-courriers. Donc on parle d’à peu près 100 nouvelles destinations internationales, en grande majorité touristiques ».

39 millions de passagers et 94 MMDH de chiffre d’affaires à l’horizon 2037

« Il y a un changement de dimension pour passer, entre 2019 (avant le Covid) et 2037, d’une compagnie traditionnelle à un transporteur global, davantage centré client et rentable ; en tout cas plus rentable qu’il ne l’est aujourd’hui. Nous ambitionnons de passer à 200 machines pour lesquelles un marché existe. Il y a des routes, et on sait exactement où nous allons. C’est de passer de 13 millions de sièges à 39 millions de sièges, et à peu près 94 milliards de DH de chiffre d’affaires. C’est notre ambition à l’horizon 2037. Le marché est là. S’il y a une convergence de toutes les politiques, comme c’est censé l’être, nous devrions y arriver ».

Chaque mois, quasiment un avion devrait être livré, plus ou moins, en espérant qu’il n’y ait pas de retard« En attendant, il y a le cap 2025 et 2030 avec la Coupe d’Afrique des nations et la Coupe du monde. Notre objectif, c’est de passer à 130 machines d’ici 2030 – donc un peu plus que doubler notre flotte actuelle –, d’améliorer la connectivité domestique et d’ouvrir une quarantaine de destinations. Cette année, nous allons avoir cinq à six destinations qui vont ouvrir. L’objectif est de compléter le reste d’ici 2030 avec les avions qui vont arriver. Il y a 12 avions qui ont déjà été commandés et qui devraient arriver entre le 15 et le 18 novembre de cette année, et fin 2025 ».

« Chaque mois, quasiment un avion devrait être livré, plus ou moins, en espérant qu’il n’y ait pas de retard. Comme je l’ai dit antérieurement, il faut une convergence de toutes les politiques. C’est ce que nous avons appelé le new deal, notamment des capacités hubs, de la filière carburant, des filières industrielles, aéronautiques, de la promotion et de la régionalisation. Avec un deal complet, nous pourrons décoller dans les meilleures conditions possibles », conclut le PDG de Royal Air Maroc.

L’allemand Böllhoff s’installe à Midparc

S’exprimant à cette occasion, le ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, a souligné l’importance de cet accord de partenariat qui s’inscrit dans le cadre de la diversification des partenaires et de l’amélioration du système industriel du Royaume.

Le ministre a, dans ce sens, fait savoir qu’il s’agit de la première fois qu’un investisseur allemand spécialisé dans les technologies de fixation et les solutions d’assemblage et de logistique s’installe au Maroc. Cela permettra de « renforcer davantage la souveraineté industrielle de notre pays ».

Pour sa part, le président de Midparc, Hamid Benbrahim El Andaloussi, s’est réjoui d’accueillir le groupe Böllhoff au Maroc, précisant que l’Allemagne vient s’installer à Midparc, après le groupe aéronautique espagnol Aciturri et la société canadienne Shimco.

« Le choix de Böllhoff de s’installer à Midparc est motivé par la performance du Business model qu’elle offre, lui permettant ainsi de co-localiser au Maroc une partie de sa production, notamment en présence de la forte demande adressée au Royaume », a indiqué M. Benbrahim El Andaloussi.

Et de poursuivre que la présence de Böllhoff au Maroc avec ses « technologies différenciantes », renforcera davantage la robustesse et la durabilité de l’écosystème industriel marocain et contribuera à la souveraineté industrielle du pays.

De son côté, le co-directeur du groupe Böllhoff, Michael W. Böllhoff, a mis en exergue la pertinence de cet accord de partenariat signé avec Midparc, exprimant l’ambition de sa société d’investir davantage au Maroc, d’embaucher plus de personnes et de développer ses activités au cours des cinq prochaines années.

Spécialisé dans l’intégration de technologie de fixation à 360° avec les solutions d’assemblage et de logistique, le groupe Böllhoff compte 43 sites répartis dans 25 pays et sur 5 continents.

Le groupe produit plus de 18 millions d’éléments d’assemblage par jour sur un total de 13 sites de production et emploie environ 1.500 personnes en Allemagne, 1.100 dans le reste de l’Europe, 400 en Asie et en Amérique.

Zone industrielle de référence au Maroc, Midparc abrite déjà plusieurs compagnies internationales, telles que Boeing et Stelia Maroc. Elle offre une position logistique exceptionnelle et unique aux portes de l’Europe et de l’Afrique.

(Avec MAP)

Aéronautique. Le canadien Shimco s’implante dans la zone franche de Nouaceur

Un accord de partenariat a été signé, vendredi 1er mars à Rabat, entre la Plateforme industrielle intégrée – Midparc et la société canadienne opérant dans le domaine aérospatial, Shimco, pour son implantation dans la zone franche de Nouaceur.

S’exprimant lors de cette cérémonie, en présence du ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, le président de Midparc, Hamid Benbrahim El Andaloussi, s’est dit « honoré d’accueillir la société Shimco, réputée pour son expertise majeure dans le secteur aéronautique ».

« La société Shimco a été séduite par la qualité, la compétitivité et la résilience de la base aéronautique marocaine qui offre un business model unique », a souligné M. Benbrahim El Andaloussi.

Et de préciser que Shimco est actuellement « engagée sur un module de 1.300 m², et envisage de doubler sa capacité dans les trois prochaines années, puis de la tripler dans les sept prochaines années« , ce qui témoigne du potentiel de développement de ses activités au Maroc.

À ce titre, M. Benbrahim El Andaloussi a mis en avant la forte demande anticipée adressée au Maroc dans le secteur aéronautique, avec des commandes des principaux avionneurs tels que Boeing et Airbus s’étalant sur les dix à douze prochaines années.

Il a également exprimé la satisfaction de Midparc, renforcée par la diversification croissante du marché, illustrée par l’implantation récente du groupe aéronautique espagnol Aciturri, à laquelle s’ajoute désormais celle de Shimco, assurant que de « nouvelles annonces sont attendues dans les mois à venir ».

Pour sa part, le président directeur général de Shimco, Peter Voss, a mis l’accent sur l’importance de l’implantation de sa société au Maroc, en raison des avantages que le pays offre, notamment en matière de coûts de production.

L’implantation à Midparc constitue une excellente opportunité, étant donné que cette zone est en plein essor dans le secteur aérospatial, a-t-il dit, faisant part de l’ambition de Shimco de doubler sa capacité de production aéronautique dans les trois ou quatre prochaines années.

Midparc est une extension de la zone des industries aéronautiques de Casablanca (Aéropole). Zone industrielle de référence au Maroc, Midparc abrite déjà plusieurs compagnies internationales, telles que Boeing et Stelia Maroc.

(Avec MAP)