Tramway de Casablanca : une plainte déposée pour contenus jugés diffamatoires

La société RATP Dev Casablanca, en charge de l’exploitation et de la maintenance du tramway de Casablanca, a déposé une plainte pour diffamation contre un compte Instagram anonyme nommé « Securitram », apprend Médias24 de source proche de l’entreprise.

La plaignante accuse ce compte de propager depuis septembre 2023 des publications jugées mensongères et diffamatoires à l’encontre de la société.

Consultée par nos soins, la plainte énumère environ 89 contenus publiés par le compte en question, et qui mettent en cause la sécurité du réseau, la compétence des conducteurs et la gestion de l’infrastructure.

Parmi les exemples relevés figurent un montage vidéo titré « STOOOOOP BARAKAAAAAA » présentant une série d’accidents avec le commentaire « À vous de juger », ainsi qu’un autre post affirmant : « Découvrons ensemble quelques erreurs graves… ».

Le compte est accusé également d’avoir diffusé un enregistrement audio généré par intelligence artificielle attribuant à la société des manquements à la sécurité, notamment au niveau des barrières de protection et de la signalisation.

Ces publications ont, aux yeux de RATP Dev, pour effet de « semer le doute dans l’esprit du public quant à la sécurité du tramway, et pourraient nuire à la réputation de l’entreprise ».

La plainte évoque des actes constitutifs de diffamation publique, en se référant aux dispositions du Code pénal et de la loi sur la presse.

La société demande l’ouverture d’une enquête pour identifier l’auteur du compte et se réserve le droit d’engager une action civile.

Étude : les jeunes Marocains disent « préférer » Instagram malgré les meilleurs chiffres de TikTok

L’étude visait principalement à identifier les tendances prédominantes de la génération Z sur les réseaux sociaux, à évaluer l’influence de ces plateformes sur leurs habitudes de consommation et à comprendre les attentes des Zoomers concernant les interactions et l’engagement des marques sur ces réseaux.

« Un terrain propice à l’affirmation de soi »

Près de 43% des jeunes Marocains consacrent entre 3 et 5 heures par jour à ces plateformes sociales. Une donnée qui met en évidence l’importance cruciale de ces réseaux dans la vie quotidienne de la génération Z. Et cette immersion en ligne ne se limite pas au simple divertissement. En effet, la Gen Z échange plus souvent en ligne qu’elle ne le fait en personne. « C’est leur terrain de jeu », soulignent les auteurs de l’étude.

Pourquoi cette préférence marquée pour le monde numérique ? La réponse réside en partie dans leur histoire. La Gen Z, connectée depuis sa naissance, trouve sur les réseaux sociaux « un terrain propice à l’affirmation de soi, à l’expression personnelle et à la création de liens ».

Bien que TikTok revendique le plus de comptes au Maroc, Instagram est érigé par plus de la moitié des jeunes comme leur réseau social favori.

Une jeunesse partagée quant au marketing d’influence

Près de 4 jeunes de 18-24 ans sur 10 considèrent le placement de produit par les influenceurs comme « normal », mais 36% d’entre eux se montrent prudents et expriment des craintes quant à une perte d’authenticité et de crédibilité dans ces partenariats.

« La Gen Z s’identifie à des créateurs de contenu et à des influenceurs. Nous remarquons en revanche depuis un moment une distorsion de l’image des marques à cause de la multiplication des influenceurs et du manque de crédibilité de certains d’entre eux », soulignent les auteurs.

Commentant les résultats de l’étude, Meryem Abdelmoula, directrice générale d’OpinionWay Maroc, a déclaré : « La Gen Z est la seule génération à n’avoir jamais connu le monde sans internet, sans smartphone, sans réseaux sociaux. Leurs usages et relations aux contenus sur les réseaux sociaux changent et évoluent très rapidement. Cela a bel et bien des implications en termes de business pour toutes les marques qui s’adressent à cette génération. Notre objectif via cette étude est de comprendre et d’adopter les codes actuels de la Gen Z sur les RS, ce qui est impératif pour toute marque souhaitant communiquer et développer du contenu sur ces plateformes. Certains chiffres issus de l’étude confirment les constats et postulats de départ ; d’autres sont plus surprenants, notamment ceux liés à la préférence des plateformes et à l’appréciation du marketing d’influence. »

Pour sa part, Enrique Heulin, directeur général en charge de la stratégie Saga Communication, affirme qu’ »Instagram is the new TV ! Quand la Gen Z passe jusqu’à cinq heures par jour sur les réseaux sociaux, comme c’est le cas d’une large partie du panel, les marques et les agences se disent que tout se joue sur ce média. Mais parviennent-elles réellement à adresser les Z sur leur média favori ? Les influenceurs ont-ils été démasqués par cette génération qui maîtrise tous les codes de l’influence ? Quels sont les sujets qui intéressent réellement la cible ? Autant de questions que nous souhaitions explorer, sans a priori, ou plutôt pour sortir des a priori sur cette cible, qui est aujourd’hui devenue un consommateur à part entière. »

Les FAR lancent leurs pages officielles sur les réseaux sociaux

Les Forces armées royales viennent de créer leurs pages officielles sur les réseaux sociaux. Ces pages représentent une « fenêtre numérique exclusive visant à renforcer la communication et à fournir les dernières nouvelles fiables concernant les diverses activités militaires des Forces armées royales », peut-on lire.

Données personnelles et publicités ciblées: Meta écope d’une amende en Norvège

A compter du 14 août, Meta devra payer l’équivalent d’un million de couronnes norvégiennes par jour (88.500 euros), a déclaré l’Autorité norvégienne de la protection des données (Datatilsynet).

L’amende intervient après une « interdiction provisoire du marketing comportemental sur Facebook et Instagram » pendant trois mois, décidée par l’autorité le 14 juillet, a précisé auprès de l’AFP Tobias Judin, à la tête du département international de Datatilsynet.

« La publicité comportementale de Meta implique une surveillance intrusive de ses utilisateurs, ce qui a un impact négatif sur leur droit à la protection des données et à la liberté d’information », a-t-il ajouté, soulignant la présence de groupes vulnérables en ligne tels que « les jeunes, les personnes âgées ainsi que les personnes souffrant de déficiences cognitives ».

« Nous sommes également préoccupés par le fait que des données personnelles sensibles puissent être utilisées à des fins de marketing. Nous avons donc constaté que les pratiques de Meta sont contraires à la loi sur la protection des données », a poursuivi M. Judin.

Meta avait jusqu’au 4 août pour prouver qu’il avait mis en place des mesures afin de se conformer à cette interdiction. « L’amende est infligée parce que Meta ne s’est pas encore conformée à notre interdiction », selon Tobias Judin.

La semaine dernière, l’entreprise avait annoncé qu’elle demanderait le consentement de ses usagers basés dans l’Union européenne avant d’autoriser le partage de leurs données à des fins de publicité ciblée sur ses réseaux sociaux.

L’Europe représente un marché-clef pour Meta. Facebook comptait fin 2022 environ 300 millions d’utilisateurs quotidiens actifs en Europe, sur un total de 2 milliards dans le monde, les Européens générant environ un cinquième du chiffre d’affaires publicitaire de Meta.

Justice. Une première définition jurisprudentielle de « créateur de contenu »

Un métier ? Une activité ? La création de contenu, et l’influence sur les réseaux sociaux, attisent les débats sur sa nature et sa qualification. L’absence de cadre légal contribue au flou autour de cette activité, puisque les droits et obligations des influenceurs et autres créateurs de contenu ne sont pas déterminés par un texte dédié.

Une récente décision judiciaire apporte une première définition jurisprudentielle du métier de créateur de contenu. Il s’agit d’un jugement du tribunal commercial d’Agadir datant du 6 juin 2022. Il concerne un influenceur dont la vidéo a été utilisée, sans son accord, par une entreprise.

Cette dernière a été condamnée à stopper l’utilisation de la vidéo et à verser à l’auteur 30.000 DH de dommages-intérêts. Le tribunal commercial estime, d’une part, que le plaignant a, comme tout un chacun, droit au respect de sa vie privée qui lui confère un droit à l’image.

Et d’autre part, elle estime que le créateur de contenu, « qui présente un contenu significatif, qui se distingue par le sérieux et l’authenticité sur les réseaux sociaux, devient, lorsqu’il est largement suivi, un visage médiatique ». Et ce, « compte tenu du fait que ces moyens de communications sont, qu’on le veuille ou non, un nouveau média moderne ».

Compensation financière

« De ce fait, le créateur de contenu a le droit, en plus de stopper l’utilisation de son contenu sans autorisation, à une compensation financière pour cet usage. » C’est ainsi que s’est positionné le tribunal commercial d’Agadir en juin dernier, suite à une requête introduite par le plaignant en avril 2022.

Ce dernier a eu recours à la justice après avoir constaté qu’une entreprise utilisait un extrait de son live sur Instagram, dans lequel il donne « des informations et des conseils sur les études à l’étranger ». Selon le plaignant, cette entreprise a utilisé ses images sans son accord, y a accolé le logo de la société et les a diffusées sur ses propres réseaux sociaux et site web.

Il estime qu’à travers cette publication, l’entreprise fait la publicité de ses services en utilisant l’extrait de son live, car son « nom » et sa « réputation » sont « importants ». Le plaignant a présenté un constat d’huissier prouvant que ladite entreprise avait bien utilisé ses images.

Cette dernière a démenti, présentant à son tour un constat d’huissier selon lequel aucune image dudit créateur de contenu n’était publiée sur le compte Instagram de l’entreprise. Or, ce procès-verbal de constatation n’a été réalisé que le 22 avril, soit vingt jours après le dépôt de la requête introductive du plaignant et plus d’un mois après le procès-verbal d’huissier présenté par le créateur de contenu.

Celui-ci réclamait une compensation de 100.000 DH et l’arrêt de l’utilisation de sa vidéo par l’entreprise. Il estime avoir été lésé puisque cette publication a porté atteinte à « sa réputation » et à « son nom », lesquels sont « considérés comme ayant une valeur commerciale importante ».