Voici les mesures prioritaires pour la relance du secteur agricole

Après une série de réunions étalées sur trois semaines, auxquelles ont participé le ministère de l’Agriculture et les interprofessions agricoles, une série de mesures a été annoncée le jeudi 10 octobre 2024, sous la présidence du Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, en présence de Mohammed Sadiki, ministre de l’Agriculture, et de Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget.

Ces mesures visent à soutenir un secteur agricole particulièrement affecté par la crise hydrique. D’après la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (Comader), elles se concentrent sur plusieurs axes, notamment l’irrigation, les intrants agricoles et l’élevage.

En matière d’irrigation, « le Chef du gouvernement a donné ses instructions pour permettre des lâchers de barrage couvrant toute l’année agricole dans les périmètres suivants : Gharb, Moulouya, Loukkos et Ziz, ainsi qu’une dotation pour le démarrage de la campagne au niveau de Tadla », précise la Comader.

Hormis la plaine de Tadla, qui relève du Bassin hydraulique de l’Oum Er-Rbia où le taux de remplissage dépasse à peine les 4%, les autres périmètres agricoles concernés disposent actuellement de ressources hydriques suffisantes pour garantir les dotations agricoles prévues.

Concernant les intrants agricoles, le gouvernement annonce le maintien des aides octroyées aux engrais azotés, ainsi qu’aux semences de pomme de terre, d’oignon et de tomate. Il en est de même pour les subventions des semences certifiées des céréales qui seront étendues aux semences des légumineuses et fourrages.

À l’heure où la filière laitière et des viandes rouges traverse une importante crise en raison du recul du cheptel, le gouvernement maintiendra la subvention pour les génisses (importées ou produites localement) et pour les velles. Il en va de même pour les subventions des aliments composés, selon « de nouvelles modalités, et destinés à l’engraissement des bovins, vaches laitières et camelins », affirme la Comader.

De plus, l’importation des génisses sera facilitée et des subventions seront accordées pour les aliments composés réservés aux brebis génitrices.

En matière d’exportation, un soutien sera accordé aux exportations d’olives de table à hauteur de 2 DH/kg. Le gouvernement envisage également de faciliter les exportations des huiles de grignon et des huiles d’olive lampantes, ainsi qu’une prime à l’exportation des agrumes sur le marché de l’Union européenne à hauteur de 1 DH/kg.

Enfin, un soutien sera accordé à la Sonacos pour assurer le paiement des multiplicateurs dans les délais. Par ailleurs, il a été décidé « d’instaurer un comité État-Comader pour le suivi des projets en difficulté, au cas par cas », conclut la Comader.

Restructuration de la filière du caroubier en vue de la création de l’interprofession

Les unions provinciales et régionales, qui devraient à terme ouvrir la voix à une Association nationale des producteurs et transformateurs de caroubier, sont considérées comme une avancée majeure dans la restructuration de la filière. Elle a pour principale objectif de « renforcer la collaboration entre les différentes entités opérant dans la filière », explique à Médias24 l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF).

La structuration de la filière ne s’est pas uniquement limitée aux niveaux provincial et régional ; elle s’est également étendue à la création d’une interprofession de la filière du caroubier. « Cette étape a nécessité une réorganisation des coopératives, des producteurs privés et des industriels de caroubier », précise la même source.  

La mise en place de deux collèges distincts, l’un regroupant les producteurs (coopératives et producteurs privés) et l’autre les industriels, illustre la volonté d’avoir une représentation équilibrée des acteurs de la filière. Pour sa part, la création des fédérations régionales des producteurs de caroubier, en cours dans plusieurs régions, garantit une représentation significative et a renforcé la cohésion de la filière au niveau local. 

« Cette démarche contribue à garantir une couverture minimale de 70% des producteurs, renforçant ainsi la représentativité de l’interprofessionnelle de caroubier », avance l’Agence nationale des eaux et forêts. 

Par ailleurs, une réunion prévue le mois prochain entre les différentes parties prenantes, dont le ministère de l’Agriculture, permettra de concrétiser l’interprofession de caroubier par le ministère de tutelle, via une demande de reconnaissance officielle

« Cette reconnaissance est cruciale pour établir un cadre institutionnel solide et permettre à l’interprofessionnelle de jouer pleinement son rôle dans la coordination et le développement de la filière », souligne l’ANEF.

Un impératif dont fait mention l’arrêté conjoint du ministre de l’Agriculture, n° 2519‑21 du 15 joumada II 1443 (18 janvier 2022), publié dans le Bulletin officiel du 17 mars 2022.  Cet arrêté fixe le niveau de représentativité des organisations professionnelles requis pour la constitution de l’interprofession de la filière de caroube. Des critères qui tiennent compte du poids économique desdites organisations dans la filière et qui s’établit comme suit :

– Production : 60% au moins du volume de la production nationale des fruits du caroubier et 60% au moins du nombre de producteurs

Valorisation et/ou transformation : 60% au moins du volume de la production nationale destinée aux unités de valorisation et/ou de transformation et 60% au moins du nombre des opérateurs intervenant dans les activités de valorisation et/ou de transformation de caroube ;  

Commercialisation : 60% au moins du volume des exportations globales et 60% au moins du nombre des opérateurs intervenant dans l’activité de l’exportation de la production nationale de caroube ; 

In fine, cette structuration de la filière est à même de relever les défis liés à la valorisation, au contrôle de la qualité, à la protection des produits nationaux, à l’accès aux contrats-programmes de développement, ainsi qu’à surmonter les difficultés liées à l’organisation de la commercialisation de la caroube à l’échelle nationale et internationale, dont un manque de compétence en termes de gestion notamment.