170 M€ de financement de la BEI pour l’ONEE : signature prévue ce jeudi 22 mai pour renforcer le réseau électrique

Il est prévu que le vice-président de la BEI rencontre plusieurs membres du gouvernement marocain et s’entretienne également avec les dirigeants de plusieurs institutions partenaires, dont le groupe CDG, l’ONEE et MASEN. Cette visite accorde une attention particulière aux secteurs de l’énergie, de l’eau potable et de l’éducation.

Pour Ioannis Tsakiris, le Maroc est considéré comme « un partenaire stratégique de la BEI dans la région Sud de la Méditerranée ». « Cette mission marque une nouvelle étape dans notre partenariat de confiance fondé sur une vision à long terme. Elle réaffirme notre engagement en faveur d’un développement durable, inclusif et résilient au Maroc, pleinement aligné sur les priorités nationales et les grandes transitions économiques et environnementales en cours du pays ».

Pour en savoir plus sur cette visite et les investissements potentiels envisagés, Médias24 s’est entretenu en exclusivité avec Ioannis Tsakiris.

Médias24 : Pourquoi la BEI choisit-elle aujourd’hui d’intensifier sa présence au Maroc ? Qu’est-ce qui rend ce pays stratégique dans votre portefeuille d’investissement ?

Ioannis Tsakiris : le Maroc est un partenaire stratégique de la Banque européenne d’investissement depuis plus de quarante ans. Ce partenariat s’inscrit pleinement dans le cadre de la coopération entre le Royaume et l’Union européenne, dont la BEI est le bras financier.

Au fil du temps, notre coopération s’est renforcée, en conjuguant une approche projet par projet – qui reste au cœur de notre action – et, dans certains cas, des instruments plus globaux comme les prêts-cadres, lorsque cela s’avère pertinent.

Aujourd’hui, le Maroc fait face à des défis structurants et porte des ambitions fortes en matière de transition énergétique, de gestion durable de l’eau, d’innovation digitale et de développement du capital humain. Ce sont précisément ces priorités que nous accompagnons, dans une logique d’alignement stratégique avec les engagements européens, notamment dans le cadre du Partenariat vert UE–Maroc.

L’année 2024 a été marquée par un niveau d’engagement significatif, avec 500 millions d’euros mobilisés pour des projets structurants. Ce chiffre traduit une volonté commune d’intensifier notre coopération et de répondre, ensemble, aux besoins de financement durables du pays. Au-delà du volume, c’est la qualité des projets et leur impact qui illustrent notre engagement renouvelé.

Nous sommes à la fois une banque publique, une banque de développement et la banque de l’Union européenne. Cela nous permet de proposer des conditions financières très avantageuses

– Le Maroc reçoit aussi des financements de la Banque mondiale, de la BAD, ou du FMI. Qu’est-ce qui distingue la BEI dans sa manière d’intervenir ? Quelle est votre valeur ajoutée spécifique ?

La BEI se distingue d’abord par son statut unique : nous sommes à la fois une banque publique, une banque de développement et la banque de l’Union européenne. Cela nous permet de proposer des conditions financières très avantageuses, grâce à notre notation AAA et à la combinaison d’instruments européens que nous mobilisons régulièrement – notamment les garanties et subventions de l’UE dans le cadre du Partenariat vert ou de Global Gateway.

Notre modèle intègre également une expertise capitalisée à la fois dans et en dehors de l’Union européenne, ce qui nous permet de partager des savoir-faire éprouvés dans des contextes variés. Cette capacité à faire le lien entre des expériences européennes et des projets internationaux constitue une réelle valeur ajoutée pour nos partenaires.

Enfin, notre offre couvre l’ensemble des besoins du secteur public comme du secteur privé, de manière complémentaire et intégrée : financement d’infrastructures à long terme, soutien aux PME à travers la microfinance ou des lignes de crédit, investissements dans les fonds propres, appui à la structuration de projets via des services de conseil (souvent cofinancés par l’UE). Cette approche sur mesure, associée à un accompagnement rapproché, nous permet d’adapter nos outils aux spécificités de chaque projet et de chaque partenaire.

– Comment jugez-vous la qualité de la coopération avec les institutions marocaines, notamment en matière de gouvernance des projets et de suivi de leur exécution ?

La qualité de notre partenariat avec les autorités marocaines est remarquable. Elle repose sur une relation de confiance construite dans la durée, une forte convergence de vues sur les priorités de développement, et un niveau élevé d’engagement de nos interlocuteurs. Que ce soit avec le ministère de l’Économie et des finances, l’ONEE, MASEN, la CDG ou d’autres institutions publiques, nous constatons une grande rigueur dans le suivi des projets, une volonté de réforme constante et une réelle capacité d’exécution.

Cette coopération de qualité permet à nos financements de se traduire concrètement sur le terrain, dans des délais maîtrisés et avec un impact réel. C’est un élément essentiel dans notre décision d’intensifier notre présence au Maroc.

– Comment la BEI veille-t-elle à ce que ses financements bénéficient réellement aux citoyens, en termes de retombées locales, d’emploi et de lutte contre les inégalités ?

À la BEI, chaque projet est sélectionné avant tout sur la base de son impact socio-économique. Notre objectif n’est pas seulement de financer, mais de créer des conditions durables pour améliorer le quotidien des populations. C’est pourquoi nos équipes d’experts conduisent une évaluation approfondie de chaque opération, en intégrant dès le départ des critères liés à l’emploi, à l’équité territoriale, à l’environnement et aux retombées sociales.

Nous veillons à ce que nos financements produisent des résultats concrets sur le terrain. C’est le cas, par exemple, du prêt de 500 millions d’euros signé en 2024 pour accompagner la reconstruction post-séisme, qui a été conçu pour rétablir des services publics essentiels — écoles, hôpitaux, routes — avec des standards de résilience accrus. C’est aussi le cas dans le secteur de l’eau, où nos investissements soutiennent l’extension des réseaux d’accès à l’eau potable dans des zones particulièrement exposées aux effets du changement climatique.

Ce souci d’impact local guide l’ensemble de notre action. Il se traduit également par le soutien actif au secteur privé, notamment aux PME, qui sont un levier essentiel de création d’emplois et d’opportunités économiques, en particulier pour les jeunes et dans les territoires moins favorisés.

À la BEI, notre priorité est claire : chaque euro que nous investissons doit avoir un impact réel dans la vie des citoyens. Nous ne finançons pas simplement des projets, nous soutenons des actions concrètes qui améliorent le quotidien, créent des emplois, renforcent la cohésion sociale et luttent contre les inégalités.

Avant de financer un projet, nos équipes examinent de près son utilité pour le territoire et sa capacité à répondre à des besoins concrets : accès à l’éducation, aux soins, à l’eau potable, ou encore à des infrastructures sûres et durables.

Dans le domaine de l’eau aussi, nos investissements permettent de développer l’accès à l’eau potable dans les régions les plus exposées au changement climatique. Ce sont des projets très concrets, pensés pour avoir un effet immédiat et durable sur la vie des gens.

Un nouveau financement de 170 millions d’euros (plus de 1,77 MMDH) en faveur de l’ONEE sera signé demain (22 mai 2025) pour renforcer le réseau de transport électrique national

– La création de « BEI Monde » marque un tournant vers l’extérieur. Quelle est votre vision pour l’Afrique à long terme, et le Maroc peut-il servir de hub pour vos opérations régionales ?

La création de BEI Monde s’inscrit dans une volonté d’amplifier l’action extérieure de l’Union européenne, en mettant l’accent sur l’impact, la proximité terrain et la logique partenariale. Il est cependant important de rappeler que notre engagement au-delà de l’UE n’est pas nouveau. La BEI soutient le Maroc depuis 1979, et nous fêtons cette année vingt ans de présence physique à Rabat, avec un portefeuille d’investissements qui dépasse aujourd’hui 10 milliards d’euros.

L’Afrique est aujourd’hui une priorité stratégique pour la BEI, et notre vision à long terme repose sur un partenariat d’égal à égal, au service d’une croissance durable, inclusive et résiliente. Dans cette perspective, le Maroc joue un rôle singulier et précieux. Son positionnement géographique, sa stabilité, son engagement en faveur de la coopération Sud-Sud et son rayonnement diplomatique en font un acteur régional structurant, tant en Afrique qu’au sein du bassin méditerranéen.

Le Maroc peut ainsi contribuer à renforcer les synergies régionales autour de la Méditerranée, dans le prolongement du Pacte méditerranéen (Med Pact) porté par l’Union européenne. Notre action au Maroc s’inscrit aussi dans une logique de capitalisation. Les projets, les expertises et les modèles développés ici peuvent inspirer des initiatives ailleurs sur le continent, tout en renforçant la coopération interrégionale entre les deux rives.

– Quels sont les projets d’énergies renouvelables que la BEI accompagne actuellement au Maroc, et comment évaluez-vous leur impact à la fois climatique et économique ?

La BEI accompagne depuis de nombreuses années la stratégie du Maroc en matière de transition énergétique. Nous avons contribué à plusieurs projets structurants dans ce domaine, à commencer par le parc éolien de Jbel Lahdid, cofinancé avec la KfW, qui s’inscrit dans le cadre du Programme éolien intégré de l’ONEE. Nous soutenons également le programme Noor Atlas, porté par MASEN, qui vise à améliorer l’accès à une énergie propre et fiable dans des zones rurales aujourd’hui peu desservies.

Dans le prolongement de ces investissements, un nouveau financement de 170 millions d’euros (plus de 1,77 MMDH) en faveur de l’ONEE sera signé demain (22 mai 2025) pour renforcer le réseau de transport électrique national, et ainsi faciliter l’intégration des capacités renouvelables dans le mix énergétique.

Ces projets ont un impact direct sur les objectifs climatiques du Maroc. Ils permettent de réduire la dépendance aux énergies fossiles, de renforcer la stabilité du système électrique, et d’accélérer l’atteinte des engagements pris dans le cadre de la Contribution déterminée au niveau national (CDN).

Mais leur portée va au-delà du climat. Ils participent aussi à l’attractivité économique du territoire, à la création d’emplois qualifiés et à la structuration d’un écosystème industriel local autour des énergies vertes. C’est dans cet esprit que la BEI entend poursuivre son rôle de catalyseur de la transition énergétique, au service d’un développement durable et souverain.

Nous prévoyons d’accompagner davantage le transport urbain et interurbain, levier essentiel de développement territorial, de cohésion sociale et de réduction des émissions

– Dans quels secteurs la BEI compte-t-elle intensifier ses investissements au Maroc dans les prochaines années ?

Dans les années à venir, nous continuerons à concentrer nos efforts sur les secteurs qui sont au cœur des priorités du Maroc et de son partenariat stratégique avec l’Union européenne. La transition énergétique demeurera un axe structurant, avec un soutien renforcé aux énergies renouvelables, à l’efficacité énergétique et aux infrastructures bas carbone.

L’adaptation au changement climatique et la gestion durable de l’eau figureront également parmi nos priorités, dans un contexte de stress hydrique accentué. Nous serons particulièrement attentifs aux projets qui renforcent la résilience des territoires, tout en assurant un meilleur accès aux ressources essentielles.

Le développement du capital humain restera un pilier important de notre engagement, à travers l’appui à l’éducation, à la formation professionnelle et au numérique, en particulier dans les zones rurales et périurbaines.

En parallèle, nous poursuivrons nos actions en faveur d’une croissance économique plus inclusive. Cela passe par un appui accru au secteur privé, notamment via des instruments adaptés pour les PME, les projets industriels durables et l’entrepreneuriat à fort impact. Le Fonds Mohammed VI pour l’investissement, tout comme des partenaires de long terme tels que la CDG, jouera un rôle clé dans cette dynamique.

Nous coopérons également avec plusieurs institutions financières marocaines dans le cadre de nos financements intermédiés, qui jouent un rôle essentiel grâce à leur connaissance fine du tissu économique local et à leur capacité à relayer efficacement notre soutien vers les entreprises.

Enfin, nous prévoyons d’accompagner davantage le transport urbain et interurbain, levier essentiel de développement territorial, de cohésion sociale et de réduction des émissions.

Notre objectif demeure constant : soutenir un développement plus inclusif, plus résilient et plus durable, au bénéfice direct des citoyens marocains.

Banque de projets industriels : 1.905 projets pour 126 MMDH d’investissements

Lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, le lundi 14 avril, Ryad Mezzour a relevé que le montant total des investissements pour ces projets industriels atteint 126 MMDH, dont 95 MMDH destinés à la substitution des importations et 96 MMDH pour l’exportation, notant que plus de 177.000 postes d’emplois directs seront créés.

Et de poursuivre que l’enveloppe dédiée aux projets relatifs aux industries alimentaires atteint 19 MMDH, ce qui permettra de créer 750.000 emplois directs.

Par ailleurs, le ministre a souligné que l’industrie alimentaire se distingue par ses nombreuses potentialités, notamment sa capacité à répondre à la demande de justice spatiale. L’industrie agricole et de transformation peut être implantée dans toutes les régions du Royaume et se concentre principalement sur le marché intérieur, contribuant ainsi à renforcer la sécurité alimentaire du pays, a-t-il poursuivi.

En effet, près de 200 entreprises évoluent dans les industries alimentaires, parmi les 13.000 entreprises du secteur industriel, générant 43 MMDH d’exportations et un chiffre d’affaires de 185 MMDH, soit une part significative des 800 MMDH que représente le CA global de l’industrie marocaine, a précisé le ministre.

(Avec MAP)

L’AMDIE primée à Abou Dhabi

L’Agence a ainsi reçu le Prix du Partenaire Gold et le Prix de la meilleure agence de promotion des investissements (API) dans la région MENA.

Ces prix prestigieux consacrent les efforts constants du Royaume en matière de promotion de l’investissement et de l’export, et témoignent de la reconnaissance internationale des réformes structurelles engagées sous la vision éclairée du Roi Mohammed VI pour faire du Maroc une destination compétitive, fiable et résolument tournée vers l’avenir, se félicice l’AMDIE dans un communiqué.

L’italien Azimut dans le tour de table de deux filiales de Red Med Capital

Après s’être implanté en Égypte en 2019, Azimut Holding poursuit son expansion dans la région MENA avec cette nouvelle entrée sur le marché marocain. Le groupe a ainsi acquis 29% de Red Med Asset Management et 25% de Red Med Securities, deux entités phares du groupe Red Med Capital, selon deux communiqués du groupe.

Fondé en 2004 et basé à Rabat, Red Med Capital intervient dans plusieurs domaines : gestion d’actifs, courtage, finance d’entreprise, private equity et immobilier.

Red Med Asset Management gérait environ 18 milliards de DH d’actifs à fin 2024, se positionnant parmi les principaux gestionnaires d’actifs indépendants au Maroc. L’entreprise a connu une croissance significative, avec une augmentation annuelle moyenne de 30% des actifs sous gestion depuis 2017.

De son côté, Red Med Securities a doublé sa part de marché en un an, passant de 2,3% en 2023 à 4,4% en 2024, notamment grâce à ses activités de trading et d’introduction en bourse.

L’investissement d’Azimut Holding s’inscrit dans un contexte favorable. En effet, le marché de la gestion d’actifs marocain connaît une expansion rapide. Depuis l’introduction des OPCVM (organismes de placement collectif en valeurs mobilières) en 1995, ce secteur affiche une croissance annuelle moyenne de 33,5%. Fin 2024, les actifs sous gestion au Maroc dépassent 640 milliards de DH, dans un cadre réglementaire strict supervisé par l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC).

Pour Giorgio Medda, CEO d’Azimut Holding, cette opération constitue « une opportunité stratégique majeure dans un marché en forte croissance, de plus en plus tourné vers des solutions d’investissement sophistiquées ». En s’alliant à Red Med Capital, Azimut espère combiner son expertise internationale avec une connaissance approfondie du marché marocain.

De son côté, Abdeslam Ababou, fondateur et président de Red Med Capital, souligne que « cette collaboration permettra d’élargir notre offre de produits, de renforcer nos compétences et d’affronter les nouvelles dynamiques du marché des capitaux au Maroc ».

L’opération reste soumise à l’approbation des autorités de régulation marocaines, mais elle constitue déjà une avancée significative pour Azimut et Red Med Capital dans leur ambition commune de développer le secteur financier marocain et d’attirer davantage d’investissements internationaux.

Les échanges commerciaux Maroc-Espagne atteignent un niveau historique en 2024

Les relations économiques entre l’Espagne et le Maroc atteignent en 2024 des niveaux historiques, tant sur le plan commercial qu’en matière d’investissements, selon les données récentes publiées par Eurostat, l’Agence espagnole des impôts (A.E.A.T.) et l’Office des changes.

Ce partenariat stratégique, en constante croissance depuis deux décennies, consolide le Maroc comme l’un des principaux partenaires extra-européens de l’Espagne.

Une balance commerciale en progression continue

Depuis cinq ans, les échanges commerciaux bilatéraux affichent une croissance solide, en dépit d’une baisse temporaire en 2020 due à la pandémie de Covid-19.

Entre 2020 et 2024, les exportations espagnoles vers le Maroc sont passées de 7.352 à 12.859 millions d’euros, une croissance remarquable ponctuée par une hausse de 24% en 2022, puis de 4% en 2023, et de 5% en 2024.

Ces exportations espagnoles se caractérisent par leur diversification : les combustibles représentent la première catégorie (18%), suivis des appareils mécaniques (12%), des véhicules (11%), des appareils électriques (9%) et des plastiques (6%). Ainsi, en 2024, les dix principaux chapitres exportés représentent 68% du total.

Les importations espagnoles depuis le Maroc connaissent également une évolution positive, passant de 6.372 en 2020 à 9.834 millions d’euros en 2024, avec une croissance annuelle de 19% en 2022, puis de 4% en 2023, et de 9% en 2024.

Ces importations, légèrement moins diversifiées avec 88% de concentration sur dix chapitres, incluent principalement des appareils électriques (30%), des vêtements non tricotés (15%), des véhicules (12%), du poisson (9%) et des fruits (6%).

Position stratégique du Maroc

En 2024, le Maroc atteint un niveau record en tant que client prioritaire pour l’Espagne, représentant 3,34% du total des exportations espagnoles mondiales.

Cela classe le Maroc au 7e rang mondial des clients de l’Espagne et au 3e hors UE, après le Royaume-Uni et les États-Unis. Notons qu’en un an, le Maroc a dépassé la Belgique et les Pays-Bas dans ce classement mondial, affirmant clairement sa position privilégiée.

Le Maroc est également le principal marché africain de l’Espagne, absorbant à lui seul 61% des exportations espagnoles vers le continent africain et 79% vers la région Afrique du Nord.

Par ailleurs, les achats au Maroc représentent désormais 2,32% des importations espagnoles mondiales. Ce niveau représente un record historique, plaçant le Maroc en tant que fournisseur au 10e rang mondial et au 4e hors Union européenne après la Chine, les États-Unis et le Royaume-Uni.

En une seule année, le Maroc a surpassé la Turquie dans le classement des principaux fournisseurs de l’Espagne.

Il est également le 1er fournisseur africain de l’Espagne, représentant 28% du total des importations africaines, devant l’Algérie (18%) et le Nigeria (16%).

De manière significative, 47% des importations espagnoles depuis l’Afrique du Nord proviennent du Maroc.

L’Espagne, acteur majeur du commerce européen avec le Maroc

À l’échelle de l’Union européenne, l’Espagne domine les échanges commerciaux du Maroc en 2024. Elle fournit à elle seule 37% des importations marocaines en provenance de l’Union européenne, laissant la France loin derrière avec 20%, puis l’Allemagne (10%) et l’Italie (8%).

En matière d’exportations, l’Espagne occupe également la première position parmi les partenaires européens du Maroc, en recevant 38% des biens marocains destinés à l’Europe. La France suit avec 27%, tandis que l’Italie atteint 9%.

À l’échelle mondiale, selon l’Office des changes du Maroc, l’année 2023 avait déjà confirmé cette prédominance. L’Espagne figurait en tête des fournisseurs du Royaume, avec 15,7% des importations marocaines, devant la Chine et la France, toutes deux à 10,6%. Les États-Unis et la Turquie suivaient, avec respectivement 8,4% et 5,1%.

Du côté des exportations, l’Espagne se hissait encore au 1er rang, absorbant 22,5% des produits marocains vendus à l’étranger. La France arrivait en seconde position avec 20,3%, suivie de l’Italie (5,2%), du Royaume-Uni (4,5%) et de l’Allemagne (4,3%).

Dynamique des investissements bilatéraux

Les investissements espagnols au Maroc se caractérisent par leur importance économique et leur impact sur l’emploi.

Le stock d’investissements espagnols au Maroc atteint 1.905 millions d’euros fin 2022, générant 27.655 emplois directs.

Le Maroc occupe ainsi la 29e position mondiale des destinations d’investissements espagnols et la première en Afrique, représentant 32% du total espagnol investi sur le continent.

Les secteurs clés de ces investissements sont variés : assurance, construction, fabrication de produits non métalliques, papier et boissons.

Quant aux investissements marocains en Espagne, ils s’élèvent à 152 millions d’euros à fin 2022, créant 667 emplois directs.

Le Maroc est ainsi le 62e investisseur mondial en Espagne et le 5e investisseur africain, représentant 6% du total des investissements africains en Espagne, après l’Afrique du Sud (48%), l’Algérie (15%), la Libye (14%) et l’Égypte (12%).

Ces investissements marocains restent concentrés principalement dans les services financiers, le commerce et les activités immobilières.

Kazyon obtient un financement de 30 millions de dollars de l’IFC pour son expansion au Maroc

Ce financement permettra d’augmenter la capacité des magasins et des infrastructures de stockage, avec pour objectif la création de 3.000 emplois, indique un communiqué de l’IFC.

Fondé en 2014, Kazyon est aujourd’hui le premier distributeur discount d’Égypte, avec plus de 1.000 magasins d’alimentation et cinq centres de distribution. Au Maroc, où l’entreprise est présente depuis 2023, elle exploite déjà plus de 150 magasins discount et un centre de distribution.

Ce projet s’inscrit dans la stratégie d’investissement de l’IFC en Afrique, visant à structurer une chaîne de valeur « moderne » dans le secteur du commerce de détail et à « garantir une plus grande sécurité alimentaire pour les populations vulnérables », ajoute le communiqué.

« Nous sommes fiers de renforcer notre partenariat avec l’IFC, ainsi qu’avec d’autres institutions financières de premier plan. Ce financement consolide notre position en tant que premier discounter alimentaire africain et arabe, présent du Maroc à l’Arabie saoudite », a déclaré Hassan Heikal, fondateur et président exécutif de Kazyon, cité dans le communiqué.

De son côté, Cheick-Oumar Sylla, directeur de l’IFC pour l’Afrique du Nord et la Corne de l’Afrique, a souligné l’importance de ce projet : « L’accès à des produits essentiels abordables est crucial pour assurer la sécurité alimentaire et améliorer les conditions de vie. L’expansion de Kazyon renforcera le secteur du commerce discount au Maroc et jouera un rôle décisif dans l’accessibilité des produits nutritifs pour les familles ».

Selon la même source, l’IFC accompagnera également Kazyon dans l’intégration de l’égalité des sexes dans ses processus de recrutement et de promotion. Par ailleurs, l’institution aidera l’entreprise à développer des systèmes de gestion environnementale et sociale conformes à ses standards.

Ce projet s’inscrit dans le cadre de partenariat-pays du groupe de la Banque mondiale pour le Maroc pour la période 2019-2025, qui vise à promouvoir des emplois de meilleure qualité dans le secteur privé et à développer le capital humain. Il est également en phase avec la Stratégie Genre 2024-2030 du groupe de la Banque mondiale, qui ambitionne d’accélérer l’égalité hommes-femmes pour un avenir plus durable et inclusif.

Textiles. Le chinois Sinbad vise le Maroc comme hub pour sa chaîne d’approvisionnement

Dans une annonce récente, Sheng Ye Capital, fournisseur de solutions de financement pour la chaîne d’approvisionnement, a révélé un partenariat stratégique avec Sinbad (Guangzhou) Technology, un acteur majeur dans l’industrie textile et fournisseur clé de SheIn.

Ce partenariat vise à renforcer le financement de la chaîne d’approvisionnement pour les plateformes de commerce électronique transfrontalier, ainsi que l’industrie manufacturière chinoise. En combinant leurs forces, les deux entreprises prévoient de fournir des solutions financières innovantes qui permettront de mieux gérer la trésorerie et d’optimiser la production des entreprises partenaires, rapportent des médias chinois.

Le partenariat inclut des services financiers sur mesure, notamment le financement des commandes, des prépaiements et des créances, afin d’améliorer la liquidité et l’efficacité opérationnelle de Sinbad et de ses partenaires.

Sinbad, qui collabore déjà avec des géants de la mode rapide tels que SheIn, Temu, Cider et PatPat, prévoit d’élargir son réseau mondial. Parmi les marchés cibles figurent la Turquie, l’Asie du Sud-Est et, plus particulièrement, le Maroc. Le Royaume, grâce à son emplacement stratégique, sa main-d’œuvre qualifiée et ses zones industrielles dédiées au textile, est considéré comme un hub potentiel pour la chaîne d’approvisionnement chinoise, visant à approvisionner les marchés européen et africain.

Un soutien stratégique pour le marché marocain

Le Maroc représente un axe important dans cette stratégie d’expansion. Grâce à ses accords de libre-échange avec plusieurs régions, le pays bénéficie d’une position géostratégique privilégiée pour faciliter les échanges commerciaux entre la Chine, l’Europe et l’Afrique. Cette annonce pourrait également attirer davantage d’investissements chinois dans les infrastructures manufacturières marocaines, notamment dans le secteur textile, avec un impact positif pour l’économie locale et les capacités d’exportation du pays.

La collaboration entre Sheng Ye Capital et Sinbad est particulièrement significative dans un contexte où le commerce électronique transfrontalier prend de l’ampleur. Comme le rapporte Zhitong Finance APP, ce partenariat se positionne comme un élément clé dans l’accélération de la stratégie d’internationalisation de Sheng Ye Capital, permettant à Sinbad de renforcer son réseau mondial tout en optimisant ses chaînes d’approvisionnement grâce à l’intégration de technologies avancées.

Gozem lève 30 millions de dollars avec Al Mada Ventures pour son expansion en Afrique francophone

Gozem est une plateforme innovante de covoiturage et de fintech opérant en Afrique de l’Ouest francophone. Elle a réussi à lever 30 millions de dollars lors d’un tour de financement de série B. 15 millions de dollars sont levés en capital et 15 millions de dollars en dette.

Ce financement a été mené par SAS Shipping Agencies Services et Al Mada Ventures. L’objectif est de soutenir l’expansion de Gozem et de renforcer ses services financiers.

Objectif : développement de nouveaux marchés

Selon Al Mada Ventures, le financement levé sera principalement utilisé pour soutenir le développement de solutions de financement de véhicules, ainsi que pour approfondir la présence de Gozem dans de nouveaux marchés d’Afrique de l’Ouest et du Centre. La plateforme prévoit également de renforcer son offre de services bancaires numériques. Cela dans l’optique de favoriser l’inclusion financière et d’aider davantage d’Africains à accéder à des services bancaires de qualité.

Lancée en 2018 en tant que service de covoiturage au Togo, Gozem a rapidement évolué pour devenir une super application. Elle offre une gamme de services numériques, allant de la mobilité à l’e-commerce, en passant par le financement de véhicules et la banque digitale.

Elle est présente aujourd’hui au Togo, au Bénin, au Gabon et au Cameroun. La plateforme a déjà conquis un large public, avec près de 10.000 conducteurs inscrits et plus d’un million d’utilisateurs.

Investissements : 191 projets validés pour 326 MMDH depuis mars 2023

Les sept Commissions nationales des investissements (CNI) ont validé un total de 191 projets, depuis l’opérationnalisation de la charte en mars 2023, selon un bilan récent du ministère de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques. Parmi eux, 179 projets ont bénéficié du dispositif de soutien principal, tandis que 12 ont été soutenus par le dispositif spécifique dédié aux projets stratégiques.

Le montant global des investissements approuvés atteint 326 milliards de DH, dont 248 MMDH relèvent du dispositif principal et 78 MMDH concernent les projets stratégiques. Ces initiatives devraient permettre la création de près de 150.000 emplois.

La répartition régionale des investissements met en avant Casablanca-Settat en tête avec 55 projets, suivie de Tanger-Tétouan-Al Hoceima avec 40 initiatives. D’autres régions bénéficient également de ces investissements, notamment Rabat-Salé-Kénitra (22 projets), Marrakech-Safi (18 projets), Souss-Massa (14 projets) et Fès-Meknès (6 projets). Les régions du sud ne sont pas en reste, avec plusieurs projets répartis entre Laâyoune-Saguia al Hamra, Dakhla-Oued Ed-Dahab et Guelmim-Oued Noun.

Au total, 45 provinces sont concernées, dont Casablanca, Tanger-Assilah, El Jadida, Agadir Ida-Ou-Tanane, Marrakech, Berrechid, Rabat, Oued Ed-Dahab et Kénitra.

Côté provenance des capitaux, 70% des investissements sont d’origine marocaine, tandis que 30% proviennent de 20 pays étrangers, notamment la France, l’Allemagne, les États-Unis, l’Espagne, l’Italie, le Japon, la Corée du Sud, les Émirats arabes unis et l’Inde.

Ces projets couvrent plusieurs secteurs stratégiques, répartis comme suit :

Lors de la 7e Commission Nationale des Investissements, tenue le 29 janvier, 20 projets d’investissement ont été approuvés pour un montant total de 17,3 MMDH. Parmi eux, 17 projets relèvent du dispositif principal de la nouvelle charte de l’investissement et couvrent divers secteurs, notamment le tourisme, les énergies renouvelables, l’agroalimentaire, l’automobile, l’industrie de l’emballage, l’industrie de l’éclairage et l’outsourcing.

Réforme des CRI. Voici les changements introduits par la loi 22-24

Cette réforme s’inscrit dans la continuité de la loi 47-18 de 2019 qui avait déjà uniformisé le cadre d’action des CRI et introduit des changements majeurs. L’adoption de la loi 22-24 marque une nouvelle avancée, en consolidant le rôle des CRI comme leviers essentiels du développement économique régional et en simplifiant davantage les démarches liées à l’investissement.

Voici les principaux changements apportés par la loi 22-24.

Gouvernance et organisation des CRI

La loi 22-24 introduit une plus grande flexibilité dans l’organisation des CRI. Chaque centre peut désormais adapter son organigramme en fonction des spécificités locales, sous réserve de l’approbation des autorités compétentes. Un poste de secrétaire général a été institué pour épauler le directeur du CRI, notamment en présidant la CRUI en cas d’empêchement.

Le conseil d’administration des CRI voit également sa composition revue : il inclut désormais le wali de région ou son représentant, ainsi que des responsables d’établissements publics. La fréquence des réunions a été réduite à deux par an.

Par ailleurs, la présidence du conseil d’administration revient au chef du gouvernement ou à l’autorité qu’il délègue à cet effet.

Rôle et fonctionnement de la CRUI

La commission régionale unifiée d’investissement (CRUI) bénéficie d’un renforcement de son rôle et de ses prérogatives. Elle est présidée par le directeur du CRI, avec le secrétaire général comme suppléant désigné.

Désormais, les avis de la CRUI, auparavant consultatifs, deviennent contraignants. Des délais stricts sont imposés : la CRUI doit se prononcer dans un délai de 20 jours, laissant 10 jours supplémentaires à l’administration pour finaliser l’acte. Le CRI, agissant comme secrétariat de la CRUI, doit transmettre les dossiers aux membres dans un délai de deux jours et envoyer les ordres du jour cinq jours avant les réunions.

Déconcentration des conventions d’investissement

Les CRI se voient confier un rôle central dans la gestion des conventions d’investissement d’un montant inférieur à 250 millions de dirhams (MDH). Le directeur du CRI coordonne la préparation des dossiers avec les services déconcentrés, avant de soumettre les projets à la signature des autorités locales et des investisseurs. Cette approche décentralisée permet d’adapter les procédures aux spécificités régionales, tout en réduisant les délais de traitement sous la supervision des walis.

Dérogations urbanistiques

La loi 22-24 limite les dérogations urbanistiques aux secteurs industriel et hôtelier. Ces dérogations, autrefois plus larges, sont désormais accordées exclusivement par le chef du gouvernement, après consultation de la CRUI. Cette mesure vise à aligner les projets approuvés avec les priorités stratégiques nationales.

Clarification des procédures de recours

La réforme apporte une simplification notable au processus de recours pour les investisseurs. En cas de litige, l’investisseur doit d’abord saisir le wali de région, qui peut statuer directement. Si le conflit persiste, une commission ministérielle de recours, nouvellement instituée, prend le relais. Cette commission remplace l’ancienne commission de pilotage et se concentre désormais exclusivement sur les recours.

Investissements : la 6e Commission nationale approuve 56 projets pour 134 MMDH

Adoption définitive de la nouvelle loi sur les CRI

La Chambre des représentants a adopté, le lundi 9 décembre, le projet de loi n° 22.24 modifiant et complétant la loi n° 47.18 portant réforme des Centres régionaux d’investissement (CRI) et la création des Commissions régionales unifiées d’investissement (CRUI), dans le cadre d’une deuxième lecture.

Ce texte législatif devrait apporter un changement fondamental pour les CRI, consolidant leur rôle en tant qu’acteurs clés dans la promotion de l’investissement au niveau régional. Il vise ainsi à unifier le cadre de prise de décisions relatives à l’investissement à travers la création des Commissions régionales unifiées d’investissement, la simplification des procédures, l’amélioration des délais de traitement des dossiers d’investissement et la réduction des taux de rejet des projets.

Le projet de loi a été approuvé par 120 députés, tandis que 57 autres se sont abstenus. À cette occasion, le ministre délégué chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, Karim Zidane, a expliqué que les amendements apportés à ce projet de loi visent, entre autres, à améliorer la rédaction juridique, à corriger certaines erreurs et à clarifier quelques aspects du texte, notamment en ce qui concerne les compétences des CRI et la composition de leurs conseils d’administration.

Les amendements ont aussi pour objectif de supprimer le poste de directeur général des services de la région de la composition des CRUI, ce poste étant remplacé par celui de président de la région, a-t-il poursuivi, saluant l’interaction positive des parlementaires avec ces textes juridiques.

Karim Zidane a souligné en outre que les amendements, qui concernaient principalement trois articles (1, 2 et 4), incluent également l’obligation d’obtenir une attestation d’acceptabilité environnementale pour les projets d’investissement soumis à une évaluation d’impact environnemental (EIE), relevant des compétences de la CRUI.

Ces amendements, a-t-il ajouté, ont pour but d’accélérer et d’unifier le parcours des investisseurs, de renforcer l’obligation de présenter des rapports aux autorités de tutelle et au wali de la région, afin de renforcer la coordination entre les niveaux régional et central.

LIRE AUSSI

https://medias24.com/2024/06/30/reforme-des-cri-le-texte-debarque-au-parlement-pour-discussion/