« MCS Bitume », une technologie solaire innovante pour le stockage de bitume

Le consortium du projet, réunissant l’Université Internationale de Rabat (UIR) et la société Bituma, a annoncé l’inauguration du pilote « MCS Bitume », une solution innovante dédiée au maintien en chauffe d’un stockage de bitume de 40 tonnes.

Issu d’un projet de R&D appliquée, ce démonstrateur est soutenu par l’Agence de Moyens de l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (IRESEN) dans le cadre des appels à projets InnoTherm/InnoBiomass, qui visent à promouvoir des solutions énergétiques durables pour l’industrie, indique un communiqué de l’Institut.

S’inscrivant dans une démarche de modernisation et de décarbonation des procédés industriels, ce projet intègre des technologies d’efficacité énergétique et des solutions renouvelables afin de réduire l’empreinte carbone du secteur. Fruit d’une collaboration entre l’industrie et la recherche scientifique, ce pilote utilise des concentrateurs solaires haute énergie pour maintenir le bitume à une température de 150°C, réduisant ainsi la consommation annuelle de fioul de 15 %. Cette avancée permet également d’éviter l’émission de 200 tonnes de CO₂ par an, contribuant aux objectifs de transition énergétique du Maroc, ajoute la même source.

En complément, une étude de faisabilité a été menée en vue d’une montée en échelle vers un stockage de 3.000 tonnes, ouvrant la voie à une intégration plus large des énergies renouvelables dans le secteur du bitume.

Après une phase de développement et de validation technologique au sein de l’UIR, le démonstrateur industriel a été implanté sur le site de Bituma à Aïn Atiq, où il est désormais pleinement opérationnel, ajoute le communiqué.

Badr Ikken : « La coopération avec la Corée du Sud permettra de garantir l’innovation continue dans le solaire »

Une délégation marocaine composée de membres issus des secteurs public et privé s’est rendue en Corée du Sud du 10 au 14 avril dernier, dans le cadre du Programme officiel coréen d’assistance au développement, mes collègues d’IRESEN et du Green Energy Park avaient soumis en 2020 un projet d’accompagnement du secteur industriel de l’énergie solaire au Maroc.

Badr Ikken, président exécutif de Green Innov Industry Investment (Gi3) et managing partner de Gi2 faisait partie de la délégation. « En signant la convention entre l’IRESEN et les organismes d’exécution, notamment KETI (l’Institut coréen des technologies électroniques) et KTC (l’Agence nationale de testing et de certification), je n’ai jamais pensé que mon entreprise serait sélectionnée trois ans plus tard parmi 16 autres entreprises marocaines, pour bénéficier de ce programme », nous déclare-t-il.

L’objectif du programme est d’accompagner la montée en puissance des entreprises du secteur de l’énergie solaire en proposant des formations ciblées et adaptées, ainsi que l’accès aux établissements coréens spécialisés et à leurs experts à travers des voyages d’étude.

Ce voyage en Corée du Sud a permis aux Marocains de rencontrer plusieurs organismes gouvernementaux concernés et dédiés à l’assurance de la qualité des composants utilisés dans l’exploitation des centrales solaires, mais aussi plusieurs laboratoires et usines afin de découvrir en détail les process de production, de contrôle et de qualité. La délégation  marocaine s’est également rendue au Salon Green Energy Expo de Daegu et a participé à une rencontre organisée par l’ambassadeur du Maroc en Corée, Chafik Rachadi.

« J’ai été agréablement surpris par la qualité et l’expertise des membres de la délégation marocaine du secteur public et privé, résultat d’une dynamique lancée par Sa Majesté le Roi, en 2009, et qui porte ses fruits aujourd’hui. J’ai également été interpellé par la volonté des partenaires coréens de partager leur savoir et savoir-faire », nous confie l’entrepreneur.

Dans cette interview, l’ancien DG de l’IRESEN aborde pour Médias24 les principaux enjeux de cette visite pour l’essor du secteur de l’énergie solaire au Maroc.

En 2022, la Corée du Sud a mobilisé 1 milliard de dollars pour la recherche dans le domaine de l’énergie avec 326 millions de dollars pour les énergies renouvelables.

Médias24 – Quel est le niveau d’expertise de la Corée du Sud en matière d’énergie solaire ?

Badr Ikken : Aujourd’hui, la Corée du Sud fait partie des cinq pays ayant une grande expertise dans le domaine du solaire photovoltaïque, avec l’Allemagne, la Chine, le Japon et les Etats-Unis. Sur le plan industriel, la Corée, grâce à quelques grandes entreprises, est toujours bien positionnée sur le marché du solaire photovoltaïque, à travers OCI dans la production du poly-silicium (classé 7e au niveau mondial) et Hanwha Q-Cells, fabricant de wafers, cellules et modules photovoltaïques, classé 6e au niveau international et premier aux Etats-Unis les trois dernières années consécutives.

Il existe également plusieurs fabricants de modules photovoltaïques tels que Anysolar, Hansol, Hyundai Energy Solutions, HS Solar, Solar Park Korea… qui ne se focalisent que sur la production des modules photovoltaïques. Ces entreprises résistent à la suprématie chinoise dans le secteur grâce à une qualité irréprochable, une co-localisation industrielle en Malaisie et une innovation continue avec l’accompagnement de grands centres de recherche spécialisés tels que le KRICT (l’Institut coréen de recherche dans les technologies chimiques), le KIER (l’Institut coréen des énergies renouvelables), KTC (l’Agence coréenne de testing et de certification).

Il en est de même pour tout l’écosystème des fabricants de composants annexes et connexes (verres, cadres en aluminium, boîtes de jonction, onduleurs, systèmes de monitoring et de stockage électrochimique) qui profitent d’universités et de centres de recherche de pointe et des milliers d’experts sur les différents maillons de la chaîne de valeur, garantissant la longueur d’avance technologique.

– Vous avez rencontré plusieurs responsables coréens et effectué plusieurs visites sur site. Selon vous, dans quelle mesure le Maroc pourrait s’inspirer de l’expérience réussie du modèle sud-coréen dans le domaine de l’énergie solaire ?

– Je souhaiterais citer quatre points importants. Le premier concerne la mobilisation de fonds conséquents pour la recherche et développement dans ce secteur primordial. En 2022, la Corée du Sud a mobilisé 1 milliard de dollars pour la recherche dans le domaine de l’énergie avec 326 millions de dollars pour les énergies renouvelables (principalement le solaire, l’hydrogène vert et l’ »Energy Digital Twin »).

En 2010, un budget important a été alloué pour accompagner le Plan solaire marocain sur dix ans, qui a véritablement porté ses fruits et a permis la création de plusieurs établissements et laboratoires de recherche de pointe, ainsi que la réalisation de plusieurs projets pilotes structurants et la formation de centaines de doctorants experts dans le domaine de l’énergie solaire. Avec les nouvelles ambitions de notre pays et la vision royale concernant l’hydrogène vert, il est impératif d’accompagner cette dynamique à travers le financement de la recherche appliquée et l’innovation dans ce secteur.

Le deuxième point concerne le rapprochement du monde académique avec le monde socio-économique et la mise en place de cadres propices à ce partenariat, permettant plus de flexibilité et de réactivité afin d’innover, d’incuber plus rapidement et de créer des entreprises et industries technologiques compétitives. Cette coopération est fortement présente en Corée, nous pouvons nous en inspirer même si je suis très fier des modèles marocains émergents, qui sont très prometteurs, notamment au niveau de l’Université Mohammed VI Polytechnique, avec des programmes et structures tels qu’InnovX, Innovate for Industry, UM6P Ventures, Startgate…

Le troisième point concerne la mise en place de laboratoires de tests et de certification afin d’accompagner la montée en puissance des entreprises marocaines et de veiller à la qualité des produits pour déployer nos solutions à l’international. Le Royaume du Maroc dispose déjà d’un laboratoire parfaitement équipé (le Green Energy Park d’IRESEN et UM6P).

Il devient nécessaire d’appuyer son accréditation dans les plus brefs délais et d’augmenter son budget dans cette phase de démarrage afin de couvrir les autres maillons de la chaîne de valeur (onduleurs, batterie…). Un des partenaires clés de la coopération Maroc-Corée du Sud n’est autre que KTC, l’Agence nationale coréenne de testing et de certification. Nos amis coréens nous soutiennent, et je suis positivement surpris par leur sens du partage du savoir et savoir-faire. Cela démontre l’excellence des relations entre nos deux pays respectifs et une grande base de confiance, fruit d’un formidable travail effectué au niveau gouvernemental, notamment diplomatique.

Le quatrième point concerne le cadre réglementaire permettant une préférence nationale des produits fabriqués localement se basant sur l’empreinte carbone et l’impact social. Le Pacte national de l’investissement est une excellente initiative qui pourrait être complétée par un cadre normatif et réglementaire encourageant les produits nationaux durant les premières années en s’inspirant du modèle coréen.

– Existe-t-il d’autres partenariats existants dans le solaire entre la Corée du Sud et le Maroc ?

– Oui, il existe d’autres partenariats. Je citerais notamment la collaboration entre le Green Energy Park et l’Université de Chonbuk dans le domaine des cellules photovoltaïques multiple-jonction et hétéro-jonction ; entre le Green Energy Park et KTC (Agence nationale de testing et de certification) pour l’accréditation du laboratoire de testing et de certification ; ainsi qu’entre l’IRESEN et le KIER (Institut coréen des énergies renouvelables) et KTC dans le domaine des systèmes solaires intégrés aux bâtiments.

Je pense qu’il y’a encore matière à faire beaucoup plus. Cette mission en Corée a permis aux collègues d’IRESEN d’initier des discussions avec le KETEP, qui alloue annuellement plusieurs centaines de millions de dollars pour la recherche dans le domaine des énergies renouvelables, et de développer des appels à projets bilatéraux qui permettent le financement bilatéral de projets portés par des universités et centres de recherche marocains avec leurs homologues coréens.

Il y a 13 ans, l’expertise était fragmentée et très limitée. Les chercheurs marocains ont acquis beaucoup d’expérience et d’expertise et sont en mesure d’accompagner les industriels dans leurs ambitions d’intégration industrielle et d’innovation

– Quelle appréciation faites-vous de l’évolution du Maroc dans le domaine de l’énergie solaire?

– La stratégie initiée par Sa Majesté le Roi a porté ses fruits. L’IRESEN, à travers ses appels à projets, ses projets pilotes ainsi que ses plateformes de recherche appliquée, a fortement contribué à la montée en puissance de nos universités et centres de recherche, et surtout à la formation de centaines de doctorants spécialisés, ce qui constitue aujourd’hui un vivier et une force de frappe incommensurable. Cette nouvelle génération hautement qualifiée dans ce domaine représentera les futurs chercheurs, ingénieurs, entrepreneurs et décideurs de demain.

Il y a 13 ans, l’expertise était fragmentée et très limitée. Aujourd’hui, les chercheurs marocains ont acquis beaucoup d’expérience et d’expertise et sont en mesure d’accompagner effectivement les industriels dans leurs ambitions d’intégration industrielle et d’innovation.

C’est la raison pour laquelle nous assistons, depuis la crise pandémique, à l’émergence de nouvelles filières et à la création de plusieurs entreprises et industries de ce secteur (chauffe-eaux solaires, onduleurs, batteries, cellules et modules photovoltaïques…) ainsi qu’à l’organisation de l’écosystème à travers des clusters et des fédérations dédiées. Cette dynamique devrait s’accélérer grâce à la nouvelle Charte d’investissement et aux nouvelles perspectives de la filière de l’hydrogène vert, qui nécessitera des gigawatts d’énergie solaire et constituera une véritable manne pour les industriels marocains.

La coopération multilatérale et bilatérale, notamment, avec la Corée du Sud, permettra de garantir l’innovation continue et de s’entraider afin de répondre aux défis climatiques, et de « reprendre une grande part de marché à la Chine », si ce n’est d’abord sur les marchés européens et africains, afin de créer de la valeur et beaucoup d’emplois. Cela reste aujourd’hui ambitieux mais clairement réalisable.

Ce que pensent les experts en énergie de la production d’hydrogène vert au Maroc

Saïd Mouline, directeur général de l’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique (AMEE), nous explique que “la demande mondiale en hydrogène continuera de croître, alors que l’hydrogène gris (fabriqué à partir de gaz naturel) reste, quant à lui, le plus utilisé dans le monde à l’heure actuelle”.

Pour que l’hydrogène vert (fabriqué de manière décarbonée) soit compétitif face au gris, il faut que l’électricité qui le produit soit verte. “Cette année et pour la première fois, l’hydrogène vert est moins cher que l’hydrogène gris, parce que le prix du gaz a flambé et que celui des renouvelables a baissé”, poursuit Saïd Mouline. 

Selon lui, plusieurs pays ambitionnent d’importer de l’hydrogène vert. Le Maroc en a notamment besoin pour sa propre consommation. L’hydrogène vert permet de produire de l’ammoniac vert susceptible d’être utilisé localement dans l’industrie pour décarboner, mais aussi dans la mobilité et le stockage d’énergie.

“Tout cela nécessite un modèle économique. Notre pays peut passer d’importateur d’énergie grise à exportateur d’énergie verte. C’est ce qu’il faut viser. Nous en avons toutes les ressources et le potentiel”, soutient Saïd Mouline, suggérant qu’il faille également développer le transport de l’hydrogène, qui pourrait éventuellement être utilisé en tant que carburant pour les avions.

Un plan d’action en trois phases

De son côté, Badr Ikken, président du Green Innov Industry Investment, ex-directeur de l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (IRESEN) et expert en énergie, rappelle que plusieurs études ont été réalisées pour élaborer la feuille de route et le plan d’action, “très clair pour la production d’hydrogène”.

La feuille de route a été publiée par le ministère de l’Energie et des mines en Août 2021. Le Maroc prévoit un investissement cumulé de 90 milliards de dirhams à l’horizon 2030 et 760 milliards de dirhams à l’horizon 2050. Voici un graphe qui schématise les principaux points de ce plan d’action :

Badr Ikken nous explique que selon les études élaborées, le Maroc devrait, dans une première phase (2020-2030), se concentrer sur l’utilisation des dérivés de l’hydrogène en tant que matière première, dont l’ammoniac vert pour la production des engrais.

“Le tiers de cette production serait dédié à la consommation nationale, notamment pour le secteur du phosphate et des engrais, et le reste sera exporté”, nous explique Badr Ikken. Le transport de l’ammoniac est beaucoup plus facile que celui de l’hydrogène, précise-t-il. 

La deuxième phase (2030-2040) consiste à exporter plus et d’autres dérivés d’hydrogène. “Sur le moyen terme, nous avons les combustibles synthétiques (diesel, méthanol, kérosène). Ce sont des vecteurs d’énergie plus faciles à transporter que l’hydrogène”, justifie Badr Ikken. La troisième phase (2040-2050) consiste à exporter des volumes importants d’hydrogène. 

Une filiale qui serait portée par le secteur privé

Pour mettre en œuvre le plan d’action de production d’hydrogène vert, une commission nationale de l’hydrogène et un cluster de l’hydrogène vert ont vu le jour. Ces deux entités vont devoir développer un schéma directeur concernant les infrastructures.

“L’Etat devrait s’occuper de la mise en place du cadre propice pour l’émergence de cette filiale (réglementaire, modèle économique, foncier) et ainsi, permettre au privé de se positionner”, estime Badr Ikken. Il en est convaincu : “C’est le secteur privé qui permettra de faire émerger la filiale de l’hydrogène vert” au Maroc.

Eviter les erreurs du passé en misant sur la coopération internationale

“Sur le plan économique, il sera sans doute fait appel à l’investissement privé international. Je pense que le partage des revenus nets pourrait se faire, à l’instar de ce que fait déjà l’ONHYM avec les explorateurs d’hydrocarbures, même si cela devrait être légèrement révisé car les bénéfices seront plus faibles, quoique sans doute plus stables”, estime de son côté le Pr Amin Bennouna, enseignant à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech et expert en énergie.

Il faut “éviter les erreurs commises par le passé. La coopération internationale est importante. Les premiers projets devraient en effet être soutenus par d’autres pays, comme ceux de l’Europe par exemple”, reprend Badr Ikken. Il cite le cas de l’Allemagne qui a mis en place le programme H2Global.

La filière d’hydrogène pourrait booster celle du solaire

Il faudra également développer des modèles qui contribueront positivement à d’autres secteurs au Maroc

“Nous possédons un gisement renouvelable très important mais la demande locale est limitée ; nous avons donc besoin d’exporter.” La filière de l’hydrogène devrait permettre de booster celle du solaire et d’accélérer l’intégration industrielle, vu que le marché national “reste limité sur ce point par rapport à la consommation énergétique”.

“Nous avons la possibilité de développer encore plus les énergies renouvelables, dont le potentiel n’est pas exploité, ce qui permettra de réduire davantage le prix des énergies et d’accéder à l’électricité à bas coût”, ajoute Badr Ikken. 

Les atouts du Maroc

“Une étude réalisée par le World Energy Council a démontré que le Maroc faisait partie des six pays disposant du plus important potentiel de production d’hydrogène”, selon Badr Ikken. Le Maroc possède un important rayonnement solaire et plusieurs sites éoliens. Un mix très intéressant lorsque l’on sait que ces deux sources d’énergie peuvent être combinées.

“Le Maroc prévoit un dessalement d’eau de mer, lequel représentera seulement 0,2% du coût de production d’hydrogène vert. Ce processus permettra également de produire de l’eau dessalée à bas coût”, souligne Badr Ikken.  

Sur le front des compétences humaines, “dans le cas du solaire, les écoles d’ingénieurs et les universités ont été très réactives. Nous avons eu, très vite, des personnes qui ont pu se positionner rapidement, sans compter les groupes marocains comme OCP qui utilisent ce processus”.

Concernant l’ammoniac vert, “le Maroc saura l’exporter car il sait déjà l’importer”, explique Badr Ikken, soulignant que les mêmes infrastructures pourront être utilisées. “Je pense que la production d’hydrogène et d’azote pour l’ammoniac ne sera pas si compliquée”, croit-il savoir, rappelant le projet pilote qui sera lancé par OCP, l’UM6P et l’IRESEN pour la production d’ammoniac vert à hauteur de 4 MGW en 2023. 

Après ce projet pilote, “nous pourrons développer des projets avec des dizaines de mégawatts et passer facilement au gigawatt à partir de 2025”.

Dans un avenir qui serait moins carboné et plus “hydrogéné” qu’aujourd’hui, il est probable que, pour l’hydrogène vert, l’approvisionnement de proximité sera favorisé. Le Maroc deviendrait alors l’un des futurs grands fournisseurs de l’Europe, déclare Amin Bennouna. 

Mais avant de passer au gigawatt, quelques pilotes de taille intermédiaire (10 à 100 MW) devront être installés, avec des off-takers bien identifiés. « Il est hors de question de mettre en place une offre sans qu’une demande soit là, et non pas un marché potentiel”, précise Amin Bennouna. 

Le Maroc pourrait offrir des prix compétitifs

“Il faut savoir raison garder. Il y a beaucoup de pays dont le coût de production d’hydrogène vert est réputé concurrencer celui du Maroc (l’Arabie saoudite, l’Australie, le Chili, la Chine, les Etats-Unis et la Mauritanie, entre autres)”, explique Amine Bennouna.

Mais comme tout autre produit énergétique, la production massive d’hydrogène vert suppose aussi la mise en œuvre de son transport et l’organisation de sa distribution. Le voyage de l’hydrogène par voie maritime est beaucoup plus cher que celui du pétrole et, selon les dires récents de spécialistes, son transport par gazoduc est lui aussi un peu plus coûteux que celui du gaz naturel, poursuit-il.

Toutefois, le Maroc présente des conditions favorables en termes de ressources énergétiques renouvelables et d’infrastructures existantes, situées à proximité de l’Europe et de la mer, précise-t-il. 

Concernant la déclaration d’Odile Renaud-Basso, présidente de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), qui avait estimé que les coûts de production d’hydrogène au Maroc seraient parmi les plus compétitifs au monde, Amin Bennouna affirme que “la présidente de la BERD a bien parlé en tant que citoyenne européenne. Elle sous-entendait sans doute que, tout compte fait, l’hydrogène produit au Maroc serait la solution la plus compétitive pour l’Europe”.

“Avant la crise du gaz, on disait qu’en-dessous des 2 dollars le kilogramme, le prix de l’hydrogène était économiquement viable. Si la situation persiste même à 3 dollars, on peut être compétitif”, pense Badr Ikken. 

“Au Maroc, on peut facilement produire de l’hydrogène avec des coûts plus bas. Des simulations de l’IRESEN démontrent qu’on était à 1,8 dollar le kilogramme d’hydrogène. Le coût de transport serait également faible vu le positionnement géographique du Maroc » poursuit Badr Ikken. 

“Il faut y aller, certes, mais pas plus vite que la musique”, tempère Amin Bennouna. Selon lui, “les coûts de production du kilogramme d’hydrogène vert sont encore trop élevés. Ceux qui ont déjà planché sur le sujet ont eu du mal à trouver des preneurs d’hydrogène vert en grandes quantités aux coûts actuels. Il faut donc s’y préparer activement et sereinement, prendre le temps de bien faire les choses, sans empressement”.

 

https://medias24.com/2020/06/10/production-de-lhydrogene-vert-au-maroc-un-accord-signe-a-berlin/

UM6P: lancement de la construction d’un centre de recherche en réseaux intelligents

Mobilisant un financement total de 8 millions de dollars, avec le soutien du ministère de l’Energie et l’appui de l’Agence coréenne de coopération internationale (Koica), l’UM6P et l’Iresen renforcent les infrastructures de recherche appliquée à travers ce centre d’excellence intégrant trois laboratoires:

– Un premier laboratoire de modélisation, de simulation et d’optimisation des systèmes électriques,

– Un deuxième laboratoire d’automatisation de contrôle de qualité du réseau électrique,

– Un laboratoire de micro-réseau, de gestion de flux et d’analyse du réseau doté d’un émulateur électrique ainsi que d’un simulateur permettant de modéliser le réseau électrique d’une grande ville de la taille de Casablanca.

Ce centre technologique réalisé dans l’écosystème de l’UM6P à Benguerir permettra de couvrir toutes les problématiques liées à la ville intelligente et durable de demain et permettra au Maroc de se positionner en tant que hub continental de la recherche, du développement et de l’innovation dans ces domaines.

L’objectif de ce centre est de développer des solutions technologiques adaptées au contexte national et continental pour accompagner la stratégie de l’efficacité énergétique dans les villes.

Un communiqué de l’UM6P rappelle que les réseaux intelligents sont une solution efficace pour faire face aux nouveaux enjeux qu’implique la modernisation et l’intégration massive de sources d’énergies renouvelables dans le réseau électrique. Ces réseaux électriques intelligents s’appuient sur la performance des technologies de l’information et de communication pour optimiser la production, la distribution ainsi que la consommation d’électricité.

Cinq personnalités scientifiques intègrent le Conseil scientifique de l’Iresen

Le Conseil comptera désormais 5 nouveaux éminents scientifiques actifs dans les domaines prioritaires. Il s’agit de:

– Prof. Abdelhakim Artiba, président de l’université Polytechnique Hauts-de-France, docteur en automatique et informatique de l’université de Valenciennes et Hainaut-Cambresis et spécialiste en génie industriel et gestion des systèmes;

– Dr. Florence Lambert, directrice du Laboratoire d’innovation pour les technologies des énergies nouvelles et les nanomatériaux au Commissariat français à l’énergie atomique (CEA-LITEN), docteur en électrochimie du CEA de Cadarache et spécialiste dans le domaine du stockage de l’électricité et de l’hydrogène; 

– Prof. Diego Pavia, président de la InnoEnergy, le Centre d’excellence de l’Institut européen de technologie, docteur en électronique et en automatisation de l’université Polytechnique de Madrid et spécialiste dans les technologies de l’information et de la communication et l’intelligence artificielle. Pavia a soutenu la création de plusieurs centaines de startups;

– Prof. Rachid Yazami, directeur de recherche émérite à l’université Technologique de Nanyang à Singapour, docteur en physico-chimie et inventeur de l’anode graphite pour les batteries lithium-ion et spécialiste dans le stockage électrochimique; 

– Prof. Ralf Wehrspohn, résident exécutif de la Fraunhofer Gesellschaft en Allemagne, docteur en physique de l’Ecole polytechnique et spécialiste en science des matériaux microstructurés.

Les cinq scientifiques se joignent au Prof. Ahmed Ennaoui, président du Conseil et spécialiste des technologies photovoltaïques, Prof. Tijani Bounahmidi, vice-président de l’université Euro-Méditerranéenne de Fès et spécialiste en ingénierie des procédés, Prof. Vladimiro Miranda, directeur de l’INESC TEC au Portugal et spécialiste en réseaux intelligents ainsi que Prof. Robert Pitz-Paal, directeur de l’Institut solaire du DLR Allemand et spécialiste en systèmes solaires à concentration.

Pour rappel, le Conseil scientifique a pour mission le soutien de l’Iresen dans l’orientation de ses thématiques de recherche et d’innovation ainsi que l’évaluation de la pertinence scientifique des projets soumis dans le cadre des appels à projets lancés régulièrement par l’institut.

Démarrage des tests cliniques du respirateur Marocain iVENT

« Cette collaboration a permis de réaliser en un temps record un équipement fiable et abordable avec plus de 80% de composants de fabrication locale et qui permettra de soutenir le dispositif sanitaire », lit-on sur un communiqué de l’IRESEN.

La version finale du ventilateur artificiel intègre une carte électronique développée par l’équipe permettant toutes les fonctionnalités exigées par les professionnels de la santé notamment 4 modes de ventilation permettant la ventilation contrôlée et la ventilation spontanée pour l’aide à l’inspiration des patients:

– le ventilation assistée contrôlée (VCV);

– le volume assisté contrôlé intermittent (VCV-I);

– la ventilation spontanée (VS);

– et le secours d’apnée permettant le basculement automatique au VCV-I.

L’équipement comprend aussi un dispositif de capteurs permettant de détecter des fuites ou des anomalies et s’adapte parfaitement aux besoins de patients souffrant d’insuffisance respiratoire.

En attendant d’entamer les procédures d’homologation, les chercheurs ont intégré des partenaires industriels et financiers pour préparer la production du ventilateur et ont noué également des partenariats avec des pays subsahariens afin de les accompagner dans le développement des capacités et du transfert de savoir-faire.

Inno-Espamaroc Energy: 43,5 MDH pour les six projets retenus

Aziz Rabbah, ministre de l’Énergie, des mines et de l’environnement a présidé ce mardi 25 février la cérémonie de signature d’attribution du financement pour 6 projets retenus dans le cadre de cet appel à projets avec une enveloppe budgétaire totale 43.5 MDH.

Cet appel à projets est destiné aux universités, écoles et centres de recherche ainsi qu’aux entreprises marocaines et espagnoles souhaitant développer des solutions innovantes dans les domaines des énergies renouvelables et de leur intégration dans le réseau électrique, de l’efficacité énergétique, du nexus Eau/Énergie/Agriculture, des bâtiments verts, de la mobilité durable, du stockage de l’énergie, des réseaux intelligents et des villes de demain.

Ces projets impliquant huit universités et institutions de recherche marocaines, sept entreprises marocaines et six entreprises espagnoles, bénéficieront d’un financement bilatéral Marocain (IRESEN) et Espagnol (CDTI). Ils ont comme finalité commune le développement de produits, procédés et services innovants, dans le domaine des technologies vertes, à fort potentiel pour la Maroc et pour le continent.

Voici la liste des projets retenus: 

– Tanksun: Nouvelle conception de réservoir sécurisé à base de béton pour le stockage d’énergie thermique utilisant les sels fondus.

Gesys: Développement d’une solution de stockage intelligent de l’énergie gravitationnelle.

CR-Seapi: Conception et réalisation d’une serre expérimentale agro-photovoltaïque intelligente pour une agriculture résiliente au changement climatique.

Vanabat: Développement d’une batterie au vanadium pour les systèmes de production d’énergie dans les climats chauds.

EnROptimizer: Développement d’un Optimiseur d’énergie intelligent.

Smif: Optimisation de coûts des services (utilities) et augmentation de la production moyennant une gestion intelligente par capteurs, IoT et traitement d’images dans le secteur agricole.

Bâtiment durable: signature d’une convention cadre entre Al Omrane et l’Iresen

A travers cette convention cadre, les deux parties mettent en place les modalités de mise en œuvre de programmes de recherche appliquée autour desquels l’Iresen, à travers ses infrastructures de recherche, et le groupe Al Omrane, par le biais de son académie, comptent développer la recherche et le développement dans les thématiques des matériaux de construction durable, les techniques d’aménagement, de conception/construction et l’amélioration du concept des bâtiments à haute efficacité énergétique, en y associant des start up actives dans ce domaine.

Signée par Badre Kanouni et Badre Ikken, respectivement président du directoire du groupe Al Omrane et directeur général de l’Iresen, cette convention prévoit la mise en place de plans d’actions biennaux et la création de deux comités pour s’occuper des aspects stratégiques et le pilotage des programmes et actions à engager pour atteindre les objectifs arrêtés pour la future coopération entre les deux parties, indique un communiqué.

L’objet de la convention est de définir les conditions et modalités de collaboration dans les thématiques des matériaux de construction durable, les techniques de conception/construction et l’amélioration du concept des bâtiments à haute efficacité énergétique.

La convention s’appliquera à travers des conventions spécifiques aux axes suivants:

Matériaux de construction durable et techniques d’aménagement, de conception et de construction: 

– La construction durable à travers l’implémentation des nouvelles techniques de conception bioclimatique avec l’utilisation de nouveaux matériaux/procédés de construction et d’isolation appliquées à l’habitat social et de la classe moyenne.

– L’aménagement durable via l’expérimentation de nouvelles solutions et techniques d’aménagement applicables dans les écoquartiers et les territoires durables.

Dans ce cadre, la plateforme « Green & Smart building park » a réservé un espace de test à ciel ouvert, qui permettra la démonstration des nouvelles solutions technologiques dans le secteur de l’aménagement durable et de la construction verte et présentera donc une opportunité pour les deux parties pour évaluer les solutions innovantes applicables.

Incubation et soutien aux startups: 

Appui en terme d’hébergement, de conseil et de financement, lors des premières étapes de la vie de l’entreprise dont l’activité est en lien direct ou indirect avec les métiers d’Al Omrane.

Formation:

– Renforcement des capacités sur l’ensemble des disciplines relatives aux énergies renouvelables, à l’efficacité énergétique et les matériaux de construction.

– Mettre en place conjointement l’école de formation dans les métiers du bâtiment.

Communication:

Echanges d’expertises, d’informations, mettre en commun les infrastructures, participation et organisation conjointe des rencontres et évènements programmés pour le développement des thématiques du partenariat.

Certification/Labélisation: 

Mettre en place conjointement le centre de certification/labélisation des matériaux, des procédés et des solutions de construction/bâtiments.

Les parties s’engagent à être un catalyseur afin de soutenir la recherche et développement dans le secteur du bâtiment et de l’aménagement, ainsi que les start-ups dont l’activité principale est la valorisation des matériaux et procédés de construction durable, les techniques de conception, construction et d’aménagement nouvelles et innovantes (via les projets pilotes, projets R&D, Fab-Lab, appel à projets, concours, appels à projets, etc.).

Les futures collaborations entre les parties pourraient porter sur d’autres thématiques, si les deux parties y jugent conjointement l’opportunité, et qui doivent demeurer dans le cadre global du partenariat cadre, conclut la même source.

Iresen: réunion du 12e conseil d’administration

A cette occasion, le directeur général de l’Institut, Badr Ikken, a annoncé la finalisation de la dernière phase du Green & Smart Building Park qui intégrera un simulateur de réseaux électriques intelligents de la ville de demain développé en partenariat avec la coopération sud-coréenne (Koica).

Il a également présenté les nouvelles plateformes de recherche en cours de développement et de réalisation:

Les membres du CA ont également entériné les projets sélectionnés dans le cadre de l’appel à projets « InnoEspaMaroc 2019 », lancé conjointement avec le Centre espagnol pour le développement de la technologie industrielle (CDTI). Ce montage sera un modèle pour de nouveaux appels à projets bilatéraux et multilatéraux que lancera Iresen prochainement. Ainsi, 43 millions de DH ont été allouées à ce premier appel à projets.

Le Maroc, exportateur de pétrole vert avant 2030

« La baisse des coûts des énergies renouvelables et l’abondance de sites marocains alliant un fort ensoleillement et des vitesses de vent élevées ouvrent de nouvelles opportunités pour produire de l’hydrogène ou des dérivés sans CO2. »

L’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (Iresen) à travers Green Energy Park, et ses partenaires, OCP et l’université Mohammed VI Polytechnique du côté marocain ainsi que Fraunhofer et ses instituts du côté allemand, activent le mouvement sur le Power-to-x.

Avec le soutien du ministère de l’Energie, des mines et de l’environnement, la réalisation de la plateforme dédiée à la recherche sur l’hydrogène et l’ammoniac vert commencera dès janvier.

Selon Badr Ikken, directeur général de l’Iresen « le projet commencera par la mise en place d’un premier pilote pour tester plusieurs technologies de production d’hydrogène et de ses dérivés à base d’énergies renouvelables en tant que vecteur d’énergie pour la génération, le transport et le stockage de l’énergie mais aussi en tant que matière première. Ceci en adéquation avec les résultats des deux premières études menées l’année dernière par trois instituts de Fraunhofer, l’un des plus grands centres de recherche appliquée au monde. Cette technologie est complémentaire aux énergies renouvelables et permettra de décarboner différents secteurs de notre société, tout en créant une forte opportunité de développement économique et social à travers l’export. L’hydrogène est difficilement transportable donc il faudra développer localement des infrastructures industrielles de transformation« .

En effet, ces études qui ont démontré, d’une part, que le Maroc pourrait capter 2 à 4% du marché mondial de l’hydrogène, estimé à plusieurs milliers de TWh; et d’autre part, que ses dérivés que sont l’ammoniac vert et le méthanol pourraient être rentables à court et moyen termes.

L’Allemagne va progressivement arrêter toutes ses centrales à charbon à partir de 2022 jusqu’à 2038 et aura besoin d’importer des combustibles propres notamment des molécules vertes. Sur les moyens et long termes, ce pays devra importer massivement de l’hydrogène et des dérivés verts. L’hydrogène et ses dérivés gazeux et liquides pourront être utilisés pour des applications difficilement alimentées par l’électricité, notamment le transport maritime, aérien, le transport de marchandises et les voitures sur de longs trajets. Il sera également possible de décarboner des industries polluantes telles que l’industrie du ciment, tout en valorisant le CO2 en l’intégrant dans des vecteurs énergétiques, précise un communiqué.

C’est dans le cadre du partenariat énergétique Marocco-Allemand et avec le soutien de la GIZ qu’Iresen et ses partenaires ont décidé d’accélérer le pas afin de renforcer les capacités et se positionner rapidement sur le développement technologique de cette filière. Le but étant de faire du Maroc « un pionnier de la production de molécules vertes et permettre la mise en place d’un nouveau partenariat énergétique à forte valeur ajoutée. Une offensive très porteuse qui est très bien encadrée et diligentée. »

En effet, le ministre de l’Energie, des mines et de l’environnement, Aziz Rabbah, a déjà mis en place une Commission nationale de l’hydrogène vert et du Power-to-x, dont les représentants ont participé récemment à des rencontres ministérielles, des conférences et des visites de sites industriels.

Par ailleurs, une 3e étude de préparation de la feuille de route du Maroc dans ce domaine est également en cours pour saisir toutes les créations d’emplois et de richesse que cette technologie pourrait induire.

Les maisonnettes du « Solar Decathlon Africa » prennent forme

Plus de 400 étudiants venus du monde entier sont actuellement sur place au sein de la plateforme de recherche « Green & Smart Building Park » à Benguerir en course pour la construction de la meilleure maison intelligente et durable, souligne un communiqué de l’Iresen.

La phase de lancement de construction et d’assemblage des maisons intelligentes et durables, dont la conception a duré plus d’un an, a été donnée le 21 août dernier.

Durant cette phase, les équipes estudiantines entameront la construction de maisons alimentées exclusivement par l’énergie solaire, performantes et énergétiquement efficientes avec des architectures modernes durables inspirées de l’héritage africain.

Le défi actuel des équipes est de finaliser leurs constructions en seulement quelques semaines avant l’ouverture officielle du village solaire au grand public le 13 septembre prochain.

Organisé par l’université Mohammed VI polytechnique, l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (Iresen) avec le soutien du ministère de l’Energie, le « Solar Decathlon Africa » représente la plus grande compétition estudiantine au monde pendant laquelle plus de 1.000 étudiants doivent concevoir et construire des maisonnettes intelligentes fonctionnant uniquement à l’énergie solaire.

Ces maisonnettes seront ensuite évaluées par un jury de professionnels sur 10 critères (décathlon) pour désigner les gagnants.

Le premier chauffe-eau solaire marocain voit le jour

Ce projet est le fruit de trois années de recherches menées par l’EST, avec l’appui de l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (Iresen) et en collaboration avec des partenaires industriels et universitaires.

« Sol’R-Shemsy », qui utilise la technologie des tubes sous vide, garantit les meilleures caractéristiques techniques, ainsi que des rendements élevés. L’université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès (USMBA) avait signé, il y a 3 ans, un accord avec l’Iresen à ce sujet.

Le projet avait pour objectif d’innover, de concevoir et d’industrialiser un chauffe-eau solaire « made in Morocco » répondant aux normes internationales, notamment européennes, au meilleur rapport qualité-prix du marché, ainsi qu’à un prix compétitif.

L’idée partait du constat que la majorité des chauffe-eaux solaires utilisés au Maroc étaient importés, d’où la nécessité de développer un produit « purement marocain » afin de combler « le retard » en terme de fabrication et de commercialisation des solutions solaires.

L’industrialisation de ce produit devra apporter une « variété de propositions technologiques de haute qualité qui s’ajouteront au prototype », indique l’USMBA dans un communiqué.

Les perspectives d’application de ce chauffe-eau solaire marocain « sont garanties par la réduction du coût de revient de l’installation qui représente un handicap majeur des solutions actuellement commercialisées », assurent les initiateurs du projet.

Sur le plan économique et social, ce projet devra favoriser « la création de plusieurs postes d’emploi permanents, de dynamiser le secteur de fabrication et de commercialisation des solutions solaires, de réaliser des gains importants et de contribuer à la réduction de la facture énergétique nationale ».

L’exploitation de cette ressource « complètement propre » est aussi de nature à réduire les émissions de CO2 et limiter la part des chauffe-eaux électriques et au gaz.

Ce produit cible les secteurs hôtelier, hospitalier, de l’éducation nationale (internats, cités), sportif (chauffage piscine), de l’habitat collectif et individuel et agricole (serres agricoles chauffées par le solaire).

Un régulateur et contrôleur du chauffe-eau solaire « Sol’R-Shemsy » a été installé au sein de la Cité d’innovation de l’USMBA.

(Avec MAP)