Tarik El Malki confirmé directeur général du groupe ISCAE

Titulaire d’un doctorat en sciences économiques de l’Université de la Méditerranée Aix-Marseille II, le Pr Tarik El Malki a intégré le groupe ISCAE en 2011 en tant qu’enseignant-chercheur avant d’occuper des fonctions de direction.

Avec une solide expérience dans l’enseignement supérieur et la gestion au sein de l’administration publique, le Pr Tarik El Malki a assuré la fonction de directeur général par intérim du groupe ISCAE depuis juillet 2023. Auparavant, il a pris en charge la direction du Développement, des relations internationales et de la communication entre 2016 et 2019. Ensuite, il a occupé le poste de directeur de l’ISCAE-Rabat entre 2019 et 2023.

Le Pr Tarik El Malki a joué un rôle important dans le succès de plusieurs organisations de premier plan et a occupé de multiples responsabilités dans divers domaines d’activité, rappelle un communiqué du groupe ISCAE. En qualité de président de l’Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises au Maroc (ORSEM), il a contribué à faire de cet observatoire une structure qui s’impose progressivement dans le milieu scientifique, poursuit la même source.

Le Pr El Malki a publié de nombreux articles et ouvrages sur des thématiques liées à l’économie nationale, la RSE, le développement durable et l’entrepreneuriat. Ainsi, il a publié plusieurs ouvrages, dont : La responsabilité sociale des entreprises : le cas du Maroc (éditions Afrique-Orient, 2014) ; Au-delà de tout clivage : regards croisés sur le Maroc de demain (coécrit avec Nabil Adel ; éditions Afrique- Orient, 2017) ; Le Maroc : quelles voies d’émergence ? (éditions Afrique-Orient, 2020).

Il intervient régulièrement dans les médias, dans le cadre des débats nationaux à caractère économique et social.

Convention ISCAE-Ménara holding : les explications de Tarik El Malki 

Le 12 avril dernier, en présence de Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du commerce, le groupe ISCAE et Ménara Holding ont signé une « convention inédite », « première du genre » pour le groupe ISCAE, comme le mentionnent les partenaires.

« C’est un PPP innovant, noué entre l’ISCAE Rabat et Ménara Université, filiale de Ménara Holding, qui s’inscrit dans le cadre du développement de la formation continue et de la recherche », nous explique Tarik El Malki, directeur général de l’ISCAE Rabat. En réalité, il ne s’agit pas d’un partenariat public-privé au sens classique du terme, mais une convention à travers laquelle une entité publique, l’ISCAE, apporte son expertise dans la formation au profit d’un groupe privé, Ménara Université.

La formation de l’ISCAE à Marrakech

« Le projet créé en 2018 avec Ménara Université, dont la vocation est de développer une offre de formations au profit des cadres de la région de Marrakech dans différents domaines, incluant la gestion, est une excellente opportunité pour l’ISCAE Rabat. L’université privée implantée dans la région de Marrakech est adossée à un fleuron du BTP au Maroc et en Afrique, en l’occurrence Ménara Holding », confie notre interlocuteur.

L’école de commerce tire plusieurs avantages de ce nouveau partenariat. Les diplômes délivrés sont  exclusivement ceux de l’ISCAE Rabat (absence de double diplomation). La responsabilité pédagogique est assurée par les enseignants-chercheurs de l’ISCAE Rabat dont la charte de formation de qualité est également appliquée.

« Sur le plan financier, nous avons négocié des royalties intéressantes par participant au profit de l’ISCAE Rabat, qui déploie ses masters et certificats dans la région de Marrakech. Nos enseignants sont également bien rémunérés, directement par Ménara Université. L’établissement qui dispose d’une infrastructure aux normes, assure la commercialisation et la communication des programmes de formation », détaille en substance notre interlocuteur.

L’heure du bilan

Avec ce partenariat « innovant », Tarik El Malki, en fin de mandat à la tête de l’ISCAE Rabat qu’il dirige depuis un peu plus de quatre ans, espère laisser derrière lui un bilan honorable. D’ailleurs, celui qui ne cache pas son ambition de poursuivre le travail engagé, énumère le travail accompli jusque-là.

La première réalisation, mentionnée par El Malki, a trait à la gouvernance de l’école de commerce.  « Nous avons mis en place les instances de gouvernance de l’ISCAE Rabat prévues par la loi 13-06, mais qui n’avaient jamais vu le jour », nous explique-t-il. Le Conseil de l’institut (organe de concertation et de délibération), composé de membres représentant le corps professoral, le personnel administratif, le monde socioéconomique et les étudiants, a ainsi été mis en place.

Le deuxième chantier sur lequel le directeur général sortant s’est impliqué durant son mandat concerne l’infrastructure de l’école de commerce. « Nous avons fait des efforts afin de mettre à niveau les infrastructures du campus universitaire de l’ISCAE Rabat qui étaient vétustes. » Une mise à niveau nécessaire en attendant la concrétisation du projet du nouveau campus.

En effet, l’école projette la construction d’un campus ISCAE Rabat au niveau de Salé-Technopolis. Pour El Malki, « le PPP pourrait permettre la concrétisation de ce projet, qui nécessitera un investissement important de l’ordre 100 à 150 MDH ».

La troisième réalisation majeure, qu’El Malki mentionne, est liée à la création de nouveaux masters dans le cadre de la formation continue dans différents domaines (finances publiques, intelligence économique, management de l’innovation, certificats divers, etc.). Depuis 2019, des cycles de formation de courte durée ont aussi été mis en place en partenariat avec plusieurs entités publiques (Agence pour le développement agricole, Maroc PME, Conseil national des droits de l’Homme, Instance nationale de lutte contre la corruption, etc.). « En matière de formation continue, nous sommes davantage sollicités depuis la conclusion du partenariat avec Ménara Holding », confie notre interlocuteur.

Le directeur général de l’ISCAE cite par ailleurs un projet qui lui tient particulièrement à cœur, celui de l’incubateur Blue Space réalisé en partenariat avec Bank of Africa, inauguré en avril 2022 et ouvert aux étudiants des campus ISCAE Rabat et ISCAE Casablanca.

Les 50 ans du groupe ISCAE racontés par ses dirigeants

Nada Biaz revient pour Médias24 sur l’origine de la création, par feu Hassan II, de cet institut : « Durant les années 70, l’objectif était d’accompagner le développement économique et social du Maroc, dans un processus de marocanisation, afin que le Maroc puisse former ses propres cadres supérieurs et dirigeants. Ils étaient auparavant formés à l’étranger, notamment en France, et le but était alors qu’ils soient formés dans une école marocaine, africaine, créée pour le Maroc et pour l’Afrique ».

« L’ascenseur social par excellence »

Cet établissement d’enseignement supérieur est public : cela signifie qu’il est accessible « sur la base du travail et du mérite », souligne Nada Biaz. Autrement dit, peu importe le milieu social ou le genre.

La diversité des profils est d’ailleurs la « marque de fabrique » du groupe : « La toute première promotion comprenait déjà des femmes – alors que la Harvard Business School, qui a fêté son centenaire en 2008, est devenue mixte seulement dans les années 60. Toutes les régions ont également été, et sont encore, représentées. Les seuls critères sont le mérite, la motivation et, à l’époque, l’ouverture d’esprit des parents pour qu’ils laissent leurs filles partir étudier à Casablanca. Bien sûr, le milieu social a une influence, notamment en termes de facilité d’expression. Mais l’intelligence des plus brillants, qu’ils soient issus de milieux populaires ou aisés, émerge toujours. A nous de savoir la repérer. »

Nada Biaz se souvient également du tout premier campus de l’ISCAE, « magnifique, avec un très bel internat. Tout le monde n’avait pas les moyens d’aller étudier à l’étranger ; or pour des jeunes originaires de villages reculés ou de petites villes, et qui étaient brillants, c’était un premier pas vers un monde nouveau. L’ascenseur social par excellence ».

« L’accès à l’établissement est ouvert aux bacheliers qui ont une moyenne au baccalauréat relativement élevée, et qui passent un concours relativement sévère », abonde Rachid Mrabet, ancien professeur et ancien directeur général de l’ISCAE.

Et d’ajouter : « N’accèdent à l’établissement que les élèves qui disposent d’un certain niveau académique, indépendamment de leur statut social. Comme l’établissement a toujours eu la réputation de n’être pas accessible par d’autres moyens que le travail et la réussite au concours, et comme l’ensemble des directions qui se sont succédées et leurs professeurs ont toujours tenu à ce que leur établissement soit ouvert à tous les Marocains, cela a permis d’avoir une mixité sociale ; un vivier d’étudiants issus de tous les milieux et de toutes les régions. C’est un élément très positif. »

Pionnier dans la formation continue

A l’époque de sa création, l’ISCAE avait aussi pour but de créer un carrefour d’échanges entre le monde académique et le monde professionnel. « C’est dans ce sens que l’ISCAE a été placé sous la tutelle du ministère du Commerce et de l’Industrie. Ce décloisonnement sur le monde de l’entreprise était véritablement au cœur de l’objectif de sa création », indique Nada Biaz.

« Hassan II avait choisi le libéralisme politique et économique et il estima qu’il fallait nécessairement des ressources en management et des créateurs d’entreprise. Il a donc créé des écoles d’ingénieurs, mais aussi l’ISCAE », complète Ahmed Azirar, professeur d’économie et de commerce international à l’ISCAE Casablanca.

Et Nada Biaz de reprendre : « A l’époque, l’idée même de Business School n’était pas connue au Maroc. On parlait beaucoup des sciences économiques, mais très peu des sciences de gestion dans un mode qui puisse combiner à la fois les volets académique, théorique, pratique et de terrain. C’était véritablement quelque chose de nouveau et de novateur. Même au niveau de l’approche pédagogique, l’ISCAE a été pionnier : les cours étaient sous forme d’exposés, de travaux en groupes, d’études de cas… Il y avait une approche pédagogique extrêmement moderne pour ces années 70, en petits groupes, pour travailler sur ce que l’on appelle aujourd’hui les soft skills. L’objectif était de faire de l’ISCAE un modèle académique et pédagogique avec un fort impact managérial et social. »

Entre 1971 et 2021, nombreux sont les changements qui ont jalonné le développement du groupe.

Nada Biaz nous en confie quelques-uns : « Je me souviens du campus dans lequel l’institut a été installé quelques années après sa création, route de Nouaceur. Il y avait des installations sportives et une piscine… Les locaux étaient ultramodernes pour l’époque. A la fin des années 70, la mise en place du cycle supérieur de gestion (CSG) a permis aux entreprises d’être accompagnées dans la montée en compétences de leur personnel en exercice. Ce cycle permettait également à d’autres profils d’intégrer des formations en cours de route, notamment des pharmaciens ou des ingénieurs qui voulaient bénéficier d’une formation en gestion et ne pouvaient pas repartir de zéro, redémarrer un cursus aux côtés de bacheliers… Aujourd’hui, on parle beaucoup de formation tout au long de la vie. On ne raisonne plus selon le schéma « éducation, travail, retraite », mais plutôt « travail, éducation, formation, reconversion, entrepreunariat, salariat… ». Même la retraite est l’occasion de se refaire une vie. »

Par la suite, au début des années 90, la création du cycle d’expertise comptable, en collaboration avec l’Ordre des experts comptables du Maroc, a marqué un tournant. « Les experts comptables marocains étaient diplômés en France ; ils seraient désormais diplômés au Maroc ! » En 1995, le deuxième campus de l’ISCAE a ouvert ses portes à Rabat.

Enfin, plus récemment, les années 2010 ont été celles de l’ouverture à la recherche. L’ISCAE a en effet créé le Centre d’études doctorales (CEDOC) pour contribuer à la recherche dans différents domaines du management. « Il s’agissait de la première école doctorale rattachée à une école de commerce. L’objectif était d’avoir un impact à 360°, avec formation initiale, formation continue et recherche », précise Nada Biaz.

A l’heure actuelle, le groupe ISCAE rassemble notamment 40 enseignants permanents, 85 intervenants internationaux, plus de 1.000 étudiants dont 10% d’étudiants subsahariens et 191 étudiants en échange à l’étranger. Le groupe reçoit également dans le cadre des échanges des étudiants venus d’Afrique du Nord, d’Afrique subsaharienne, du Moyen-Orient, de France, du Canada, du Mexique ou encore de Chine.

Nadia El Bouaamri reconduite à la tête de l’Iscae Casablanca

Il s’agit de:

Nadia El Bouaamri, directrice de l’Institut supérieur de commerce et d’administration des entreprises,
Rachid Melyani, directeur général de l’Ecole nationale supérieure d’administration,
Ibrahim Boudinar, inspecteur général au département des pêches maritimes,
Taoufiq Laktiri, directeur des affaires générales et juridiques, au même département.

Le groupe Iscae tient son conseil d’administration

Les membres du Conseil ayant pris part aux travaux ont examiné les différents points à l’ordre du jour plusieurs points à savoir l’approbation du procès-verbal du CA du 20 février 2020, le rapport annuel 2019/2020 et le rapport du comité d’audit, la conformité comptable et fiscale, le projet de budget 2021 et les différentes propositions de candidatures au poste de directeur de l’Iscae-Casablanca.

Le Conseil a également pris connaissance des principaux faits marquants de l’année 2020. « Le bilan des réalisations du groupe ne se limite pas uniquement à assurer la continuité des activités pédagogiques (telles que la reprise des cours, soutenances, concours et examens), mais il couvre plusieurs axes de développement, à savoir la réaccréditation AMBA pour cinq ans, la réaccréditation nationale de toutes les filières du parcours ‘grande école’, le renforcement de la visibilité à l’international et l’amélioration de la conformité », précise un communiqué.

Les membres présents ont félicité les équipes du groupe pour le travail réalisé et les résultats probants atteints dans des conditions difficiles. Ils ont exprimé leur volonté d’apporter leur soutien pour accompagner la dynamique de l’Iscae, souligne la même source.