BTP marocain : un marché qui a changé d’échelle sous l’effet des investissements publics et privés

Le secteur du BTP marocain évolue dans un paysage particulièrement concurrentiel, porté par plusieurs acteurs de référence aux profils complémentaires.

Six groupes structurent aujourd’hui le marché. TGCC, SGTM, Jet Contractors, Somagec, Sogea Maroc et Bymaro concentrent aujourd’hui l’essentiel des grands chantiers du Royaume et interviennent sur des projets variés, qu’il s’agisse d’infrastructures, d’ouvrages d’art, de bâtiments ou d’équipements stratégiques.

Deux d’entre eux, TGCC et Jet Contractors, sont déjà présents en bourse, tandis que SGTM s’apprête à les rejoindre à travers son introduction. Le reste n’est pas coté.

Et comme 2025 est une année dynamisée par les chantiers de la CAN et les premiers travaux liés à la Coupe du monde 2030, l’ensemble du secteur bénéficie d’une visibilité accrue, ce qui a naturellement ravivé l’intérêt des investisseurs pour les valeurs du BTP.

SGTM ressort comme l’acteur le plus important du trio coté, avec un chiffre d’affaires de 7,12 milliards de DH, un carnet de commandes de 34,5 MMDH et un RNPG de 738,9 MDH, c’est un niveau d’activité nettement supérieur.

TGCC suit avec un chiffre d’affaires de 5,07 MMDH, un carnet de 19,1 MMDH et un RNPG de 416 MDH, position qui reflète un périmètre intermédiaire. Jet Contractors affiche des volumes plus contenus, avec une production de 1,69 MMDH, un carnet de 9,2 MMDH et un RNPG de 126 MDH, ce qui correspond à une échelle plus réduite. L’ensemble met en évidence trois positions clairement différenciées, structurées autour des niveaux de chiffre d’affaires, de carnet de commandes et de résultat net.

Tableau : comparatif S1 2025 des trois acteurs cotés du BTP

Une accélération marquée sur la décennie 2014-2024

Il faut rappeler que l’évolution du BTP au Maroc entre 2014 et 2024 s’appuie sur une dynamique très solide, marquée par une montée en puissance continue du marché et par une contribution croissante à la richesse nationale.

Entre 2014 et 2019, la valeur absolue du secteur progresse de 53,6 MMDH à 66,7 MMDH, soit un taux de croissance annuel moyen de 4,5%, porté par une vague d’investissements dans les infrastructures, les projets hydrauliques, le transport et l’urbanisation.

Le secteur avance ainsi plus rapidement que le PIB national, ce qui traduit un rôle moteur dans la transformation économique du pays.

La pandémie interrompt cette progression en 2020, avec une activité ramenée à 64,2 MMDH. Dès 2021, l’ensemble du secteur retrouve un rythme ascendant grâce à la relance des chantiers structurants et au maintien d’une demande soutenue.

L’année 2024 marque une véritable rupture d’échelle : la valeur ajoutée atteint 89,8 MMDH, soit une progression de 24% par rapport à 2023.

Cette hausse exceptionnelle reflète l’intensification des investissements dans les infrastructures stratégiques (transport, énergie, équipements sportifs), l’accélération des programmes d’habitat et les opérations liées à la reconstruction post-sismique dans la région d’Al Haouz. La nouvelle Charte de l’investissement contribue également à stimuler les initiatives privées, ce qui renforce la dynamique générale.

Sur le plan social, l’impact du secteur se confirme. Le BTP représente 12,3% de l’emploi national en 2024, avec 13.000 nouveaux postes créés au cours de l’année, après 19.000 en 2023. Sur la période 2022-2024, le secteur génère plus de 30.000 emplois, ce qui illustre sa capacité à absorber une main-d’œuvre nombreuse et à accompagner l’expansion économique du pays.

L’année 2025 prolonge cette tendance, avec une trajectoire proche de la barre symbolique des 100 MMDH de valeur ajoutée, soutenue par un environnement porteur : taux d’intérêt plus favorables, politiques incitatives pour le logement, montée en puissance des programmes d’eau et d’énergie.

L’ensemble de ces paramètres dessine une perspective de croissance régulière, qui pourrait conduire le marché à 122 MMDH à l’horizon 2030, soit une progression annuelle moyenne de 5,8% sur la période 2024-2030.

Les perspectives 2024-2030 : un marché structuré autour de trois moteurs

La trajectoire du BTP pour la période 2024-2030 s’appuie sur une dynamique d’investissement qui dépasse tout ce que le secteur a connu au cours des dernières décennies. Depuis plus de dix ans, le marché avance à un rythme soutenu, avec une croissance cumulée de 61% entre 2014 et 2024.

L’année 2024 illustre cette tendance, car la valeur ajoutée atteint près de 90 MMDH et confirme l’ancrage du BTP au cœur de la Formation brute du capital fixe, dont il capte plus de la moitié. Cette progression s’organise autour de trois moteurs complémentaires qui structurent l’ensemble du marché.

Le premier levier repose sur l’investissement public, qui concentre plus de 75% de la demande adressée au secteur.

À l’horizon 2030, les programmes publics prévoient près de 1.000 milliards de DH d’investissements dans des chantiers d’envergure nationale

L’eau constitue l’un des blocs les plus significatifs, avec environ 285 MMDH consacrés aux barrages, aux stations de traitement et aux infrastructures de sécurisation hydrique. L’industrie suit la même logique, car le programme d’investissement du groupe OCP mobilise près de 260 MMDH pour l’extension des unités, le renforcement des chaînes logistiques et les infrastructures énergétiques associées.

L’énergie représente elle aussi un axe stratégique, avec environ 167 MMDH destinés aux projets solaires, éoliens, gaziers et aux réseaux de transport électrique.

Enfin, la mobilité et les transports s’inscrivent dans un effort significatif, avec près de 189 MMDH qui alimentent les chantiers routiers, ferroviaires, métropolitains et le plan « Aéroports 2030 », destiné à porter la capacité nationale à 80 millions de passagers. La préparation de la Coupe du monde 2030 accentue encore cette dynamique et accélère la modernisation des infrastructures sportives, urbaines et touristiques.

Le deuxième moteur renvoie à l’investissement privé productif, qui entre dans un cycle de transformation profond. Le ministère de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques fixe une ambition claire à l’horizon 2026, avec 550 MMDH d’investissements privés et 500.000 emplois pérennes. Cette stratégie vise également une part de 50% de l’investissement total portée par le privé, portée par une nouvelle génération de mesures qui modernisent l’écosystème.

La Charte de l’investissement joue un rôle décisif à travers des mécanismes de soutien territorialisés, une simplification du climat des affaires et une gouvernance unifiée incarnée par la réforme des Centres régionaux d’investissement. Cette dynamique se traduit par un volume annuel d’investissement privé compris entre 110 et 130 MMDH entre 2023 et 2025, enrichi par 377 MMDH d’investissements approuvés par la Commission nationale de l’investissement sur une période de deux ans.

Le Nouveau modèle de développement projette même une montée progressive vers une part de 65% d’investissement privé à l’horizon 2035, ce qui place le secteur productif au centre de la transformation économique du pays.

Le troisième pilier s’observe du côté du résidentiel, fortement influencé par les tendances démographiques et l’urbanisation. Le Maroc pourrait atteindre 39,3 millions d’habitants en 2030, avec un taux d’urbanisation qui progresserait de 65,2% actuellement à près de 67,8%. Cette dynamique crée une demande soutenue en logements, en infrastructures de proximité et en équipements collectifs. Les dispositifs incitatifs, tels que « Daam Sakane », accompagnent cette évolution et soutiennent l’accès à la propriété, tandis que la modernisation des villes renforce la place du résidentiel comme composante essentielle du marché.

L’ensemble de ces moteurs dessine une trajectoire de croissance durable pour la période 2024-2030. La valeur ajoutée du BTP pourrait croître à un rythme annuel proche de 5,8%, pour atteindre environ 122 MMDH d’ici 2030. Cette accélération confirme le rôle structurant du secteur dans le développement économique du Royaume, tout en offrant une visibilité longue aux entreprises et aux investisseurs qui accompagnent cette nouvelle phase d’expansion.

https://medias24.com/2025/11/20/deux-ipo-6-mmdh-cash-plus-sgtm-bachir-tazi/

TGCC et Jet Contractors : deux valeurs du BTP au cœur des attentes en bourse

Le BTP se comporte bien en bourse, porté par plusieurs facteurs, en particulier les investissements massifs liés aux préparatifs de la Coupe du monde 2030 et de la CAN.

Les carnets de commandes des entreprises du secteur se sont renforcés, ce qui a entraîné une vague d’optimisme et un engouement marqué pour les valeurs du BTP. Depuis le début de l’année 2025, le secteur affiche une progression de plus de 20%.

La capitalisation totale des sociétés qui constituent l’indice « Matériaux de construction et bâtiment » avoisine désormais 124 MMDH. À elles seules, TGCC et Jet Contractors représentent près de 32% de ce total.

Dans le détail, TGCC s’est appréciée de 92% depuis le début de l’année, tandis que Jet Contractors a progressé de 27%.

Mais comme l’ensemble du marché, les deux titres n’ont pas échappé à la correction observée en septembre. TGCC a reculé de 13,3% sur le mois, alors que Jet Contractors a mieux résisté avec une très légère hausse de 0,03%.

TGCC a d’abord connu une belle envolée cet été, atteignant un sommet à 1.082 DH le 27 août. Mais dès le 12 septembre, le titre est passé sous les 1.000 DH, et la correction a commencé avant même celle du marché. Le repli s’est accentué jusqu’à un point bas à 885 DH le 29 septembre, puis l’action a terminé le mois à 910 DH.

Jet Contractors a suivi un chemin différent. Partie de 1.951 DH en juillet, il a atteint 2.610 DH le 25 août. Contrairement à TGCC, il est resté solide la première moitié de septembre au-dessus de 2.500 DH. Ce n’est qu’à partir du 23 septembre qu’il a commencé à reculer, pour finir le mois à 2.390 DH.

Alors que peut-on dire sur ces évolutions ? Y a-t-il encore une marge de progression pour ces deux titres en bourse ?

Ce que disent les analystes

« En matière de valorisation, les deux sociétés affichent des niveaux très élevés par rapport au marché. Le PER de Jet Contractors est passé de 22,5x en septembre 2024 à 44,1x à fin 2024, puis à 55,1x début octobre 2025″, indique un analyste de la place.

« L’écart est net avec TGCC, qui reste un peu en retrait mais suit la même tendance. Son PER est passé de 26,3x en septembre 2024 à 28,9x fin 2024, puis 36,9x au premier trimestre 2025, 40,1x au deuxième trimestre, et 45,5x début octobre », précise-t-il.

« Le PER moyen du MASI s’élève en 2025 à 22,6x. Cela signifie que TGCC et Jet Contractors se négocient à près du double de la moyenne, ce qui illustre l’anticipation des investisseurs sur la croissance du secteur et l’effet d’attraction lié aux grands chantiers attendus ».

Les investisseurs ont payé à l’avance la dynamique portée par les chantiers de la Coupe du monde et de la CAN, ainsi que l’optimisme général sur le secteur

Par ailleurs, « Jet Contractors et TGCC ne sont plus de simples cycliques du BTP. Ce sont désormais des valeurs de croissance, qui attirent les investisseurs grâce à leur diversification ».

Un autre analyste estime que, malgré la valorisation exigeante des deux titres, ils représentent toujours des profils intéressants pour renforcer les portefeuilles, et qu’il reste une marge de progression en bourse.

Analyse technique

Techniquement parlant, « le titre de TGCC évolue désormais sous ses moyennes de 20 et 50 jours, situées autour de 960 DH et 1.000 DH, ce qui montre une perte de vitesse par rapport à la tendance estivale », explique notre analyste.

« La zone 880-900 DH constitue un premier niveau d’appui, alors que la zone des 1.000 DH reste la résistance à surveiller pour valider un retour de tendance haussière. Les indicateurs de momentum signalent une situation de survente, ce qui peut favoriser un mouvement de reprise technique à court terme ».

Concernant Jet Contractors, « au début octobre, le titre évolue autour de 2.360 DH, en dessous de sa moyenne de 20 jours (2.482 DH), mais toujours au-dessus de sa moyenne de 50 jours (2.386 DH) ».

« La zone des 2.350-2.400 DH constitue un premier support de court terme, tandis que la zone des 2.500 DH reste la résistance immédiate à franchir pour relancer la dynamique haussière ».

« Les indicateurs de momentum montrent un affaiblissement progressif, avec un passage récent en zone de survente, ce qui peut favoriser un rebond technique. Pour autant, la tendance de fond reste encore constructive, tant que le titre se maintient au-dessus de ses niveaux de 50 jours ».

Les résultats financiers des deux entreprises au S1-2025

Le premier semestre 2025 de Jet Contractors confirme la solidité de sa trajectoire. La production s’est élevée à 1,69 MMDH, en progression de 21% par rapport à S1 2024. Le résultat net consolidé atteint 128 MDH, en hausse de 38%, ce qui montre que la rentabilité suit la croissance de l’activité.

D’ailleurs, le groupe dispose d’un carnet de commandes de 9,2 MMDH, dont 31% à l’international

Le groupe a acquis un lot important de matériel de travaux publics pour accompagner le lancement de son activité barrages, ouvrages d’art et ferroviaire, financée en grande partie par l’émission obligataire. Cette opération alourdit la dette, mais elle renforce l’outil industriel et la capacité à exécuter de grands projets.

Les dettes de financements de Jet Contractors sont passées de 268 MDH à fin 2024 à plus de 1,2 MMDH au 30 juin 2025.

Cela représente une hausse de près de 1 milliard de DH en six mois, soit plus de 360%. L’essentiel provient de l’émission obligataire lancée pour financer le matériel destiné à la nouvelle activité barrages et ouvrages d’art.

Jet Contractors met en avant le développement de Jet Energy, sa filiale dédiée aux projets solaires et énergétiques, présentée comme un relais de croissance majeur. Le groupe veut en faire un champion régional, capable de profiter de la demande énergétique croissante au Maroc et en Afrique.

Pour TGCC, le premier semestre 2025 montre une vraie montée en puissance. Le produit d’exploitation s’élève à 5,6 MMDH, en progression de 43,6%. Cette hausse est en grande partie liée à l’intégration de STAM VIAS, qui représente 26% du chiffre d’affaires. En base comparable, la croissance reste modeste, autour de 2%, ce qui reflète une phase de transition.

La rentabilité s’améliore nettement. L’EBITDA a plus que doublé pour atteindre 1,18 MMDH, avec une marge qui passe de 13,5% à 21,1%. Le résultat net  s’établit à 416 MDH, en hausse de plus de 60%. Ces chiffres montrent bien l’effet d’échelle et l’intégration de STAM VIAS.

Le carnet de commandes est un autre point fort. Il atteint 19,1 MMDH, en hausse de 122% sur un an. C’est un record pour TGCC, avec une répartition équilibrée : 45% infrastructures, 23% barrages, 11% résidentiel et bureaux. Cela donne une visibilité pluriannuelle sur l’activité.

Mais cette croissance a un coût financier. L’endettement net est passé de 673 MDH fin 2024 à 2,99 MMDH fin juin 2025, soit une hausse de plus de 344%. L’acquisition de STAM VIAS et les investissements lourds expliquent cette envolée. La recapitalisation de 2,2 MMDH en juillet vient corriger le tir, mais la discipline financière restera clé.

Jet Contractors rebondit en bourse après une baisse jugée injustifiée entre fin mars et début avril

Entre le 26 mars et le 9 avril 2025, l’action Jet Contractors a reculé de plus de 26%, passant de 2.610 DH à un point bas de 1.930 DH. Une correction marquée, amorcée avant même que le marché marocain ne soit impacté par l’annonce choc de l’instauration des droits de douane américains.

Cette baisse a tranché avec la trajectoire exceptionnelle suivie en 2024, année durant laquelle le titre avait été multiplié par plus de 7.

Depuis la mi-avril, le mouvement s’est inversé. Le titre a rebondi d’environ 20%, porté par une reprise progressive des volumes et un retour de l’intérêt des investisseurs. À fin mai, Jet Contractors affiche une performance de 20,6% depuis le début de l’année, malgré des séances encore marquées par la volatilité, comme celle du 26 mai (-5,54%).

Un rebond nourri par un regain d’intérêt

Après avoir atteint un point bas de 1.930 DH le 9 avril, Jet Contractors a rebondi progressivement pour revenir au-dessus des 2.250 DH à fin mai. Sur cette période, les volumes ont suivi une tendance haussière, ce qui montre un retour de l’intérêt des investisseurs pour une valeur fortement corrigée, mais encore perçue comme porteuse.

« La baisse rapide du titre entre le 26 mars et le 9 avril, a surpris de nombreux intervenants. Elle n’était pas fondée sur une détérioration des fondamentaux et a été largement jugée injustifiée. Jet Contractors affiche une forte visibilité commerciale, un carnet bien rempli et une exécution en ligne avec ses engagements. Le marché a corrigé sans réelle raison apparente« , commente un analyste de la place. Cet avis est largement partagé par les analystes interrogés.

La séance du 13 mai avait marqué un premier signal technique avec plus de 24.000 titres échangés, contre une moyenne bien inférieure les semaines précédentes. D’autres séances animées ont suivi, notamment les 15 et 26 mai, confirmant un mouvement de réintégration du titre dans les portefeuilles.

Ce rebond n’a toutefois pas été linéaire. Le 26 mai, le titre a cédé -5,54%, avant de se stabiliser le lendemain à 2.280 DH (+0,57%).

Cette alternance de reprises et de prises de profits témoigne d’une phase de consolidation après une correction jugée technique par plusieurs analystes. Le titre évolue désormais dans une zone de redéfinition de sa tendance.

« Je considère que Jet Contractors dispose aujourd’hui d’un profil solide, porté par un carnet de commandes structurant et une stratégie clairement déployée. Mon objectif de cours à court terme est fixé à 2.950 DH, ce qui reflète un potentiel de hausse important par rapport au niveau actuel ».

Les fondamentaux du groupe au cœur du réajustement

Le rebond du titre Jet Contractors depuis la mi-avril s’explique d’abord par la solidité de ses fondamentaux, qui ont été largement confirmés à travers les publications récentes.

Au premier trimestre 2025, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 734,5 MDH, en progression de 22% par rapport à la même période de l’année précédente. Une dynamique commerciale soutenue, qui témoigne d’un niveau d’activité robuste sur les principaux métiers du groupe.

Cette croissance s’appuie sur un carnet de commandes historiquement élevé, estimé à environ 9 MMDH.

Ce carnet est non seulement important par son volume, mais aussi par sa diversité sectorielle et géographique : 31% du portefeuille concerne des projets à l’export.

Jet Contractors intervient désormais sur plusieurs grands chantiers structurants à l’échelle nationale et africaine, notamment la ligne à grande vitesse Kénitra-Marrakech, pour laquelle le groupe a remporté le lot n°6 pour un montant de 2,1 MMDH, ainsi que la centrale solaire OCP de Benguérir, les bureaux de l’IFC à Dakar, le barrage Sakia El Hamra à Laâyoune, ou encore la valorisation du site de Sijilmassa.

« La force de Jet Contractors aujourd’hui, c’est sa capacité à répondre à des appels d’offres complexes grâce à un modèle intégré. Le groupe est positionné sur quasiment tous les grands projets publics structurants, ce qui lui donne une profondeur de carnet rarement vue dans le secteur », estime l’un de nos interlocuteurs.

Les analystes mettent également en avant la cohérence de la stratégie déployée par le groupe, qui repose sur trois leviers clairs : l’exécution de grands contrats à forte valeur ajoutée, la diversification des métiers à l’échelle régionale et internationale, et l’investissement dans les énergies renouvelables à travers la filiale Jet Energy. Ce dernier pôle constitue un axe majeur de développement, Jet Contractors se positionnant ouvertement comme un futur leader national dans le domaine de l’énergie industrielle et solaire.

Sur le plan financier, le groupe a également poursuivi la restructuration de son passif, en mobilisant de nouveaux financements. Après un emprunt obligataire de 400 MDH au T1 2025, destiné à optimiser la dette moyen terme, Jet Contractors a finalisé une nouvelle émission de 600 MDH par placement privé auprès d’investisseurs qualifiés. Ces opérations visent à soutenir le plan de développement, à diversifier les sources de financement et à renforcer les équilibres financiers du groupe.

Une valorisation tendue, portée par un fort levier de croissance

L’action Jet Contractors affiche un PER de 52x. À ce niveau, le titre se valorise non pas sur la base des résultats actuels, mais sur des perspectives d’amélioration de la rentabilité.

Le groupe dispose d’un carnet de commandes solide, de projets industriels structurants et d’un positionnement affirmé dans le segment de l’énergie via Jet Energy. Ces éléments constituent le socle sur lequel le marché projette une hausse progressive des marges et des résultats.

Jet Contractors annonce un incendie à son usine de Skhirate et rassure sur la continuité des opérations

Jet Contractors annonce qu’un incendie s’est déclaré le jour même dans un des ateliers de son site de production de Skhirat exploité par notre filiale Ar Factory.

Ar Factory opère dans le secteur de la menuiserie aluminium et bois.

« Grâce à une intervention des services de secours, l’incendie a été maîtrisé et aucun blessé grave n’a été signalé parmi nos équipes », précise l’entreprise.

Et de poursuivre : « la sécurité de nos employés étant notre priorité absolue, nous avons immédiatement activé nos procédures d’urgence et collaborons étroitement avec les autorités compétentes pour déterminer les causes exactes de l’incident ».

L’opérateur a également « engagé une équipe d’experts pour évaluer l’étendue des dommages et élaborer un plan de reprise des activités dans les plus brefs délais ».

Suspension temporaire de la production dans la partie endommagée de l’usine

« La production dans la partie endommagée de l’usine est temporairement suspendue afin de garantir la sécurité de tous et d’effectuer une inspection approfondie », précise Jet Contractors.

« Toutefois, des solutions temporaires seront déclenchées immédiatement dans nos autres sites pour répondre aux besoins de nos projets », ajoute la même source, assurant que « des mesures pour assurer la continuité de nos services et la livraison de nos produits à nos clients sur nos différents chantiers » sont mises en place.

La société mobilise toutes ses ressources pour une reprise des activités de l’atelier en question dans les plus brefs délai.

BTP et matériaux de construction : une année record à 3,64 MMDH de bénéfices, grâce aux grands chantiers

Porté par un climat d’investissement exceptionnel, le secteur du BTP et des matériaux de construction a poursuivi sa montée en puissance en 2024. Après un redressement amorcé en 2023, l’année écoulée a confirmé la dynamique, avec une accélération nette de la rentabilité dans tous les maillons de la chaîne.

Le résultat net cumulé de huit groupes cotés à la Bourse de Casablanca à savoir LafargeHolcim Maroc, Ciments du Maroc, TGCC, Jet Contractors, Sonasid, Aluminium du Maroc, Colorado et Afric Industries, a atteint 3,64 MMDH, contre 3,07 milliards en 2023. Soit une hausse globale de +18,4%.

À eux seuls, LafargeHolcim Maroc et Ciments du Maroc génèrent 2,76 MMDH, soit 76% du résultat sectoriel total.

Le pôle BTP d’exécution, représenté par TGCC et Jet Contractors, a dégagé un bénéfice cumulé de 655 MDH en 2024, soit 18% du total sectoriel. Ce montant était de 436 MDH en 2023, ce qui correspond à une progression de 50%.

Le reste, près de 225 MDH provient des industriels spécialisés (acier, aluminium, peintures, profilés), dont plusieurs ont connu des progressions spectaculaires. En effet, la quasi-totalité des acteurs ont vu leurs marges progresser et leurs comptes s’améliorer. Certains ont doublé leurs bénéfices, d’autres les ont multipliés par cinq.

Quelles sont alors les conditions économiques et sectorielles qui ont permis cette progression généralisée des bénéfices en 2024 ?

Une conjoncture exceptionnellement porteuse pour les chantiers

Ce sont plusieurs facteurs qui ont concouru à stimuler la demande sur l’ensemble de la chaîne. Le premier levier tient au calendrier sportif international, avec la préparation de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 et de la Coupe du monde 2030.

Ces deux échéances ont déclenché une vague d’investissements dans les infrastructures, notamment la construction et la rénovation de stades, équipements publics et réseaux de transport. Les appels d’offres se sont multipliés, ce qui a créé un flux régulier d’opportunités pour les entreprises du secteur.

Parallèlement, l’État a poursuivi ses efforts dans des domaines structurants, à travers la construction d’écoles, d’hôpitaux et le déploiement de programmes de logement social. Ce mouvement s’est traduit par un renforcement de la commande publique et semi-publique, qui représente une part significative de l’activité pour plusieurs groupes cotés.

Cette dynamique s’est accompagnée d’une visibilité renforcée sur les carnets de commandes. Certains groupes, comme TGCC, annoncent des niveaux historiquement élevés, soutenus par plus de cent projets actifs au Maroc et à l’international.

Parmi les marchés récents figurent notamment la construction d’un parking souterrain à Hay Riad (quartier Oulad Dlim) à Rabat, attribué à TGCC pour un montant de 206,3 MDH, ainsi que le quatrième lot des travaux de génie civil de la ligne à grande vitesse Kénitra-Marrakech, confié par l’ONCF au même groupe pour un montant de 2,8 MMDH.

Jet Contractors, de son côté, a remporté en décembre 2024 le marché de construction du nouvel hippodrome de Rabat pour un montant de 40,9 MDH.

En avril 2025, le groupe a également été déclaré attributaire de la première tranche de la plateforme régionale de réserves de première nécessité pour la région de Rabat-Salé-Kénitra, pour un montant de 146,8 MDH.

Une amélioration généralisée de la performance opérationnelle

La gestion opérationnelle à travers une meilleure maîtrise des coûts et une organisation plus efficace a joué également un rôle positif.

Pour les grands acteurs du BTP, les marges se sont sensiblement améliorées. TGCC a vu son résultat d’exploitation augmenter à 913 MDH, en hausse de 57%, tandis que sa marge EBITDA s’est établie à 14,6%.

Jet Contractors affiche également une progression marquée, en lien avec un meilleur pilotage des projets et une montée en charge plus structurée.

Dans l’industrie des matériaux, la tendance est similaire. LafargeHolcim Maroc a consolidé ses marges grâce à une discipline renforcée sur les coûts de production. Sonasid, pour sa part, a doublé son résultat net et amélioré significativement son résultat d’exploitation, porté par la hausse des volumes et une meilleure productivité.

Colorado et Aluminium du Maroc ont aussi renforcé leur rentabilité, avec des marges opérationnelles en hausse malgré une croissance modérée de leurs chiffres d’affaires.

Cette dynamique s’est accompagnée d’une contribution plus affirmée des filiales techniques. Chez TGCC, l’intégration de nouvelles entités spécialisées comme TG Steel ou TG Stone permet de sécuriser les approvisionnements et de renforcer la maîtrise des chantiers. Jet Contractors, de son côté, continue de capitaliser sur son savoir-faire intégré dans les enveloppes spéciales.

Quelques effets financiers ponctuels favorables

Afric Industries a bénéficié d’une reprise de provision de 5,17 MDH, liée à une dépréciation passée sur sa participation dans La Roseraie de l’Atlas. Cette écriture comptable a directement contribué à plus que doubler le bénéfice net annuel.

Aluminium du Maroc a également profité d’une reprise de provision sur les titres de participation de sa filiale Belpromo, ce qui a renforcé sa capacité bénéficiaire.

D’autres groupes ont vu leurs résultats s’améliorer en partie grâce à la baisse de leurs charges financières. C’est notamment le cas de Colorado, dont le résultat financier s’est amélioré en raison d’un allègement de l’endettement. Sonasid affiche également un solde financier positif, soutenu par des gains liés à la gestion du risque de change et aux dividendes perçus de sa filiale Longometal Armatures.

À l’inverse, certaines charges non récurrentes ont pesé sur les comptes. Ciments du Maroc a dû enregistrer une charge exceptionnelle liée à un redressement fiscal, ce qui explique la légère baisse de son bénéfice net malgré de solides performances opérationnelles.

Matériaux de construction : un redressement confirmé, des marges solides

Les industriels spécialisés dans les matériaux de construction ont connu en 2024 une amélioration globale de leur rentabilité, portée par une demande soutenue, une meilleure maîtrise des charges et, dans certains cas, un effet prix favorable.

Dans le ciment, le marché national a progressé de 9,4%, selon les chiffres cités par LafargeHolcim Maroc. Ce rythme a permis aux deux principaux producteurs cotés (LafargeHolcim et Ciments du Maroc) de consolider leurs positions.

Le chiffre d’affaires est resté globalement stable, mais les marges ont gagné en robustesse, grâce à des gains de productivité et à une réduction des coûts variables.

LafargeHolcim affiche un bénéfice net en hausse de 18 %, malgré une légère baisse du chiffre d’affaires. Chez Ciments du Maroc, le résultat net recule légèrement, mais uniquement en raison d’une charge exceptionnelle non liée à l’activité opérationnelle.

Le segment de l’acier a également connu une année favorable. Sonasid a profité d’un rebond des volumes de vente et de la bonne dynamique des métaux, d’un positionnement sur des produits à plus forte valeur ajoutée, notamment le fil précontraint, et d’un contrôle accru des coûts.

Du côté des matériaux de finition, la tendance est similaire. Colorado a amélioré ses marges malgré un contexte concurrentiel, grâce à une gestion plus fine de ses charges commerciales. Aluminium du Maroc, quant à lui, a vu son bénéfice net multiplié par cinq, soutenu par une hausse des volumes et des prix de vente, ainsi que par une gestion financière prudente.

Une dynamique qui s’est prolongée en Bourse

L’évolution des résultats 2024 s’est reflétée en Bourse, où les valeurs du secteur ont globalement bien performé. À partir de la mi-novembre, l’indice sectoriel « Bâtiment et Matériaux de Construction » a clairement pris le dessus sur le MASI, signant une surperformance visible et durable jusqu’à début avril 2025.

Sur l’ensemble de l’année 2024, l’indice sectoriel a progressé de 24,08%, contre +22,16% pour le MASI. Cette performance reflète la confiance retrouvée des investisseurs dans les fondamentaux du secteur et l’anticipation d’une poursuite de la dynamique en 2025.

Certaines valeurs ont enregistré des hausses particulièrement marquantes. TGCC affiche une progression de +155,91% sur l’année, portée par l’explosion de son carnet de commandes et l’amélioration de ses marges. Jet Contractors signe une des meilleures performances de la place avec +641,18%, à la faveur d’un repositionnement stratégique réussi. Sonasid s’adjuge +49,08%, tandis que Colorado progresse de +20,43%. Ciments du Maroc termine l’année avec +11,9%, et Aluminium du Maroc avec +5,33%. Seule Afric Industries affiche une variation annuelle négative, avec -9,26%.

Plateforme régionale de réserves de première nécessité de Rabat-Salé-Kénitra : Jet Contractors remporte la tranche 1

C’est la société Jet Contractors qui a été déclarée attributaire de la première tranche de ce marché pour un acte d’engagement de plus de 146,9 millions de dirhams, au lieu d’une première estimation arrêtée à 138,16 MDH.

Cette première tranche comprend les travaux de construction suivants :

Ces travaux seront conduits sous la supervision des architectes de Crayon Concept Architecture et du bureau d’études Diagonal Management.

Nouvel hôpital Ibn Sina de Rabat : Jet Contractors chargé de l’agencement et du mobilier

Restée en lice aux côtés du français Conforama, la société Jet Contractors a finalement remporté le 13ᵉ lot du marché de construction du nouvel hôpital Ibn Sina de Rabat. Ce 13ᵉ lot porte sur les travaux d’agencement et de mobilier fixe.

L’offre de Jet Contractors, à 43,3 millions de DH, est nettement inférieure à celle de la société française.

Le coût estimé au moment du lancement de l’appel d’offres était de 41,8 MDH.

Jet Contractors remporte le lot 4 de la construction de l’hippodrome de Rabat

La Société Royale d’Encouragement du Cheval (SOREC) a attribué le lot n°4 du projet de construction de l’hippodrome de Rabat à l’entreprise Jet Contractors. Ce marché, d’un montant de 40,97 MDH TTC, couvre des travaux variés incluant la plomberie, la climatisation, la menuiserie, ainsi que l’aménagement extérieur de plusieurs bâtiments dont un poney-club, une infirmerie et des boxes logistiques.

L’appel d’offres en question a attiré Jet Contractors, seul soumissionnaire ayant déposé un pli. Après examen des dossiers administratifs et techniques, l’entreprise a été retenue pour l’exécution des travaux.

L’ouverture des plis s’est tenue le 19 décembre 2024 au siège de la SOREC à Rabat.

Le MASI euphorique sur certains secteurs comme l’immobilier et le BTP

Depuis le début de l’année, la cote casablancaise se porte bien. Elle progresse de 10% en YTD, portée par plusieurs facteurs et premièrement la réduction des craintes de l’inflation et les anticipations de baisses du taux directeur.

Soulignons qu’au mois de mars, l’inflation est restée à des niveaux très modérés à 0,9%. Il s’agit du second taux le plus bas depuis août 2021. Le marché a également été dopé par les bons résultats des sociétés cotées en 2023 et les bonnes perspectives qui s’annoncent sur différents secteurs. Cela a notamment été le cas suite aux annonces de la coupe du monde 2030 et des aides aux logements qui doperont à moyen termes, de nombreux secteurs économiques comme l’immobilier, les cimentiers ou encore le BTP.

En YTD, certains secteurs ont d’ailleurs affiché des progressions fulgurantes du fait de cet engouement et des anticipations des investisseurs. Ces fortes croissances, jamais vues depuis 2008 sur certains secteurs, ont principalement concerné le secteur immobilier avec Addoha et Alliances qui enregistrent des croissances respectives de 133,8% et 103% en YTD.

Elles connaissent depuis plusieurs semaines de fortes hausses des volumes de transactions sur une séance, avec des niveaux historiques. Cela a été le cas pour Addoha qui a vu un volume total de plus de 230 MDH échangés lors de la séance du 16 avril. La valeur a d’ailleurs progressé de plus de 430% depuis début 2023.

Mais d’autres secteurs, notamment le BTP, ont vu certaines sociétés fortement progresser en termes de valorisation. Cela a été le cas avec TGCC ou encore Jet Contractors qui affichent des hausses de cours respectives de 70% et 117% en YTD.

Le BTP porté par les bons résultats et les prévisions positives

Dans le secteur du BTP, plusieurs valeurs profitent en bourse des bons résultats affichés en 2023 et des perspectives positives sur le secteur d’ici 2030 et l’organisation de la Coupe du monde.

TGCC a connu une hausse de près de 70% de son cours à 317 dirhams le titre. Une performance poussée notamment par les bons résultats affichés en 2023.

TGCC

Le groupe a vu ses bénéfices progresser de 48% de son RNPG en 2023 du fait de l’intensification de la production, la concentration sur des projets à haute valeur ajoutée, l’optimisation de la chaîne d’approvisionnement, la gestion maîtrisée du besoin en fonds de roulement et l’amélioration continue de l’efficacité opérationnelle.

« Concernant TGCC, une sortie du fonds Mediterrania Capital a été opérée la semaine dernière. Cela montre que même à ce niveau de prix, il y a un grand intérêt des investisseurs. De plus, il y a l’effet Mondial 2030, avec les différents chantiers prévus pour cet événement ainsi que d’autres travaux d’infrastructure. Donc la dynamique autour de la valeur est positive. Ce n’est d’ailleurs pas la seule à en profiter », explique une source du marché.

La société Jet Contractors a également bénéficié d’une forte progression en bourse grâce à une année 2023 dynamique. L’EBITDA a progressé de 12,5% en 2023 à 174 MDH et le résultat net a augmenté de 170% à 73 MDH par rapport à l’année précédente. Le groupe a surtout annoncé le retour des dividendes [7 dirhams par action, ndlr], après un dernier versement réalisé au titre de l’exercice 2018.

JET CONTRACTORS

« Certains investisseurs spéculent également sur les attributions des contrats pour la construction des stades, notamment Casablanca. Le tout coûtera environ 5 MMDH et, actuellement, la société qui aura la charge de la construction de ce stade et de l’écosystème alentour n’est pas encore connue », indique notre source.

Il faut rappeler que les préparatifs pour le démarrage des travaux de terrassement sont en cours sur un terrain de 100 hectares dans la commune d’El Mansouria, dans la province de Benslimane, à 38 km au nord de Casablanca.

Le secteur immobilier marqué par la prise de bénéfices

Alors qu’elles poursuivaient une ascension fulgurante, Addoha et Alliances ont connu des corrections assez importantes au cours des dernières séances. Lorsque l’on observe la progression depuis 2023, elle est fulgurante.

ADDOHA

ALLIANCES

Pour notre interlocuteur de la place, « il s’agit d’une période de prise de bénéfices, ce qui semble normal et sain. Il y a une vision claire jusqu’en 2028 sur le secteur. Les petits mouvements permettent à de nouveaux investisseurs de rentrer, et aux plus anciens de sortir ».

La hausse en YTD demeure très importante et les perspectives sont globalement bonnes sur le moyen terme. Désormais, le marché est dans l’attente des chiffres du premier trimestre 2024.

Voici les valeurs les plus performantes de la cote à fin mars

Depuis le début de l’année, le MASI affiche une croissance de 8% à l’ouverture de la séance du 4 avril. Les annonces relatives à la Coupe du monde 2030 et les aides au logement ont fortement ouvert l’appétit des investisseurs pour certains secteurs, notamment ceux de la construction et de l’immobilier.

L’indice de la promotion immobilière a fortement progressé, avec une hausse de plus de 82% à 9.784 points. Il s’agit de la hausse sectorielle en bourse la plus importante en YTD. L’indice est notamment porté par les deux valeurs phares que sont Addoha et Alliances.

Le secteur de la construction a quant à lui légèrement progressé, mais il est lourdement plombé par le poids des deux grands cimentiers, LafargeHolcim Maroc et Ciments du Maroc, en hausse respectivement de 1,82% et 0,65% depuis le début de l’année. Il dispose de fortes perspectives de croissance dans le sillage des grands chantiers d’envergures privés ou publics.

D’autres secteurs et valeurs affichent une croissance très soutenue depuis le début 2024. Voici ceux qui ont le mieux performé au premier trimestre.

Un secteur immobilier en renaissance

Les deux valeurs Alliances et Addoha ont été les top performeuses de la cote durant le premier trimestre, et de loin. La valeur Alliances a doublé à la cote depuis le début de l’année, et l’action Addoha a pris près de 70% à la mi-séance du 4 avril.

La progression des cours des deux immobilières s’explique par de bonnes performances en 2023, ainsi que par un engouement important des investisseurs envers le secteur, notamment avec les perspectives de l’aide directe au logement qui s’étale sur la période 2024-2028. Le programme a donné de la confiance et une visibilité au secteur en attente de redémarrage.

Alliances a également bénéficié d’une bonne trajectoire haussière dans le cadre de son règlement de tombée obligataire de 313 MDH le 31 janvier dernier. Une marque de confiance qui a également fortement fait baisser l’endettement du groupe.

D’autres valeurs ont également affiché des croissances surperformant largement le MASI en 2024.

TGCC et Jet Contractors bénéficient des bons résultats 2023 et des perspectives à venir

TGCC a affiché une performance opérationnelle en forte croissance en 2023, avec une hausse de 39% de ses revenus à près de 7,3 MMDH, du fait d’une dynamique commerciale vigoureuse et d’une amélioration du rythme de production. La profitabilité du groupe a progressé de 40% à 363 MDH, et le dividende a augmenté de 25% à 7,5 dirhams par action.

En YTD, le cours a progressé de près de 43%, dans le sillage des bonnes anticipations d’activités du groupe, avec les effets de la Coupe du monde 2030 et des différents grands chantiers d’infrastructures qui se profilent dans les années à venir. Le marché a également réagi positivement aux annonces des résultats et des dividendes au titre de l’année 2023. Le cours a pris 14% depuis l’annonce des résultats à la fin du mois de mars.

Dans le même sillage, Jet Contractors a connu une hausse très importante en YTD de 88% à 480 dirhams le titre. Cette progression a fortement été poussée par la bonne réception des performances 2023 du groupe. Il a affiché des indicateurs en forte progression avec des bénéfices en hausse de 170% à 73 MDH. Le groupe a également annoncé le retour des dividendes [7 dirhams au titre de 2023, ndlr], qui marque la première distribution depuis 2018.

La valeur a également profité de l’engouement autour des perspectives sectorielles du BTP, à l’instar de TGCC.

Akdital portée par sa stratégie de croissance et ses bons résultats

Akdital a progressé de près de 36% en YTD à 672 dirhams le titre. Le groupe connaît en effet une stratégie de développement agressive avec cinq établissements de santé ouverts à travers le pays en 2023.

Pour 2024, Akdital a annoncé une quinzaine de nouveaux établissements pour porter son réseau à 36 établissements, créant ainsi 1.430 nouveaux lits et offrant des opportunités d’emploi directs à plus de 2900 professionnels. Une annonce qui laisse présager de belles perspectives de croissance sur le nouveau périmètre, ainsi qu’une montée en puissance progressive du périmètre existant. Le tout sera conduit par une enveloppe d’investissement sur la période 2024-2025 qui s’élève à 1,47 MMDH.

Le groupe a doublé ses bénéfices en 2023 pour atteindre près de 175 MDH. Il proposera un dividende de 6 dirhams par action. Un rendement globalement faible qui n’a pas fait bouger le marché lors de l’annonce.

Akdital est une valeur de croissance qui laisse transparaître de belles perspectives du fait de son développement et de la hausse continue des admissions, amenée par la généralisation de l’AMO et l’accroissement du périmètre.