Réforme électorale : le gouvernement ouvre la voie aux jeunes candidats indépendants

Examinés en Conseil des ministres ce dimanche 19 octobre 2025, deux projets de loi organique marquent une étape importante dans la préparation des élections législatives de 2026. Le premier concerne la Chambre des représentants, le second les partis politiques. Ensemble, ils traduisent la volonté d’encadrer plus strictement la vie électorale et de la rendre plus inclusive.

Ces textes s’articulent autour de quatre axes majeurs : moraliser les élections, durcir les sanctions contre les infractions électorales, renforcer la place des femmes à travers la liste régionale et, surtout, faciliter l’accès des jeunes à la candidature. Ce dernier point fait partie de ceux très attendus dans cette réforme. Il a fait l’objet de plusieurs discussions lors des consultations entre le ministère de l’Intérieur et les partis politiques.

Certains de ceux qui ont partagé leurs suggestions ont proposé des idées pour remédier à la situation des jeunes en politique. Le PPS, par exemple, a plaidé pour imposer des têtes de liste féminines ou jeunes de moins de 40 ans, sous peine de sanctions financières.

Il a également proposé la création d’un fonds de soutien à la participation politique des jeunes ou l’exonération de la caution électorale de 5.000 dirhams. Finalement, la formule retenue dans le projet de loi est celle d’une aide directe couvrant 75% des frais de campagne pour encourager les jeunes de moins de 35 ans à se présenter aux prochaines élections, y compris sans l’aval d’un parti politique.

Selon les premiers échos, le projet de loi fixe à 200 le nombre de signatures d’électeurs nécessaires pour pouvoir déposer une candidature au Parlement, que ce soit sous l’étiquette d’un parti ou à titre indépendant. Une condition qui peut rebattre les cartes du jeu politique.

L’idée est simple. Elle vise à rendre la compétition politique accessible à ceux qui, faute de moyens ou de réseau partisan, restaient jusqu’ici en marge.

Candidature indépendante

Cette mesure peut constituer un tournant dans la relation entre la jeunesse et la politique. Depuis des années, les jeunes entendent les appels à s’impliquer, sans que ces appels ne soient suivis d’effets concrets pour les séduire.

Beaucoup considèrent les partis comme déconnectés de leurs préoccupations, rigides dans leur fonctionnement et peu ouverts à la nouveauté. Les récentes mobilisations de la génération Z, menées sans encadrement partisan, ont rappelé cette fracture.

En autorisant les jeunes à se présenter indépendamment des partis, la réforme leur offre un nouveau canal d’expression. Mais elle pourrait aussi pousser les formations politiques à revoir leur approche.

Pour ne pas être contournés, les partis politiques devront se rapprocher de cette jeunesse, la comprendre et lui offrir une place réelle au sein de leurs structures.

Une réforme très attendue

Cette dynamique est d’autant plus nécessaire que la participation électorale des jeunes reste faible. Selon le haut-commissariat au Plan (HCP), seuls 33,6% des 18-24 ans étaient inscrits sur les listes électorales en 2021, contre 94% des plus de 60 ans. Même si le taux national de participation atteignait 50,2%, l’absence des jeunes a lourdement pesé sur la représentativité du scrutin.

Le débat sur leur place en politique n’est pas nouveau. La liste nationale des jeunes, instaurée pour garantir leur présence au Parlement, a longtemps divisé. Ses opposants y voyaient une rente politique, profitant surtout aux cadres des partis. Ses partisans la considéraient comme un moyen d’assurer le renouvellement des élites. Sa suppression, proposée dès 2021 par le ministère de l’Intérieur, avait d’ailleurs suscité de vives discussions.

Mais le contexte actuel change la donne. Dans un pays où les jeunes monopolisent l’attention, leur absence des sphères de décision devient difficilement soutenable. Les mouvements de la génération Z traduisent une effervescence sociale et idéologique que les institutions ne peuvent plus ignorer.

Rajeunir le leadership politique marocain est donc une nécessité. À titre de comparaison, la France, l’Italie et l’Espagne sont dirigées par des responsables arrivés au pouvoir à 39, 45 et 46 ans. Au Maroc, seuls trois dirigeants des principaux partis, Fatima Ezzahra El Mansouri (49 ans), Mehdi Bensaïd (40 ans) et Mohammed Ouzzine (56 ans), ont moins de 60 ans.

Face aux réalités du terrain, la Banque alimentaire veut ajuster son intervention dans les Dars Taliba

La Banque alimentaire a organisé une journée d’échange avec les responsables des Dars Taliba, ces maisons qui accueillent des jeunes filles scolarisées issues du milieu rural. Une rencontre que Mouna Medkouri, vice-présidente de l’institution, qualifie de « jour important » pour évaluer les besoins du terrain et ajuster les actions menées.

« Aujourd’hui est un jour important car nous avons réuni la majorité des responsables des Dars Taliba. L’objectif était d’écouter leurs doléances, de leur présenter nos activités », a-t-elle déclaré au micro de Médias24 à l’issue de la rencontre. « Nous souhaitions qu’elles nous fassent part de leurs difficultés et de leurs besoins réels, afin de renforcer notre synergie ».

L’enjeu, selon Mme Medkouri, est de mieux aligner les actions de la Banque alimentaire avec les attentes concrètes des établissements : « Qu’il s’agisse de denrées alimentaires, d’accompagnement scolaire ou de soutien psychologique individuel, nous devons nous adapter aux réalités de terrain ».

Parmi les préoccupations soulevées, la vice-présidente évoque une problématique majeure : l’absence de couverture sociale pour le personnel des Dars Taliba. « J’étais à une table où ont été soulevées des questions importantes, notamment concernant l’administration et la problématique de la couverture sociale », a-t-elle rapporté. « Beaucoup de travailleuses n’ont pas les moyens de cotiser à la CNSS, car leur salaire est insuffisant ».

Face à cette situation, une piste de travail est envisagée : « Nous envisageons d’ouvrir un dialogue avec la CNSS pour explorer des solutions, comme une couverture pour les accidents du travail ou une meilleure prise en charge médicale et sociale ».

Cette journée a permis, selon Mouna Medkouri, de poser les bases d’un dialogue durable. « Elle nous a permis d’aborder ces sujets essentiels et de favoriser les échanges nécessaires pour identifier les solutions les plus adaptées à leurs besoins quotidiens ».

« Aujourd’hui, nous organisons une journée nationale pour laquelle nous avons invité les représentantes des 66 Dars Taliba conventionnées avec la Banque Alimentaire », a déclaré Amane Fethallah, présidente de l’institution. « Ces structures bénéficient, dans le cadre de notre convention, de denrées alimentaires couvrant les besoins des élèves scolarisées en milieu rural qui y résident ».

L’enjeu de cette rencontre dépasse le cadre de l’aide matérielle. « Le but de cette rencontre n’est pas seulement de présenter l’aide que nous fournissons ou de dresser un bilan chiffré des volumes distribués. Il s’agit avant tout de créer un espace d’échange« , précise Mme Fethallah au micro de Médias24.

Cet espace d’échange permet aux gestionnaires des Dars Taliba de partager leurs expériences, mais aussi de revoir le cadre réglementaire dans lequel elles opèrent. « C’est aussi l’occasion d’aborder les articles et les lois régissant la gestion des Dars Taliba et de rappeler l’importance de la transparence, de la bonne gouvernance, de la salubrité des lieux ainsi que du soin à apporter à ces jeunes filles qui leur sont confiées par leurs familles. »

Un projet à impact social profond

Au-delà de l’aspect logistique, l’initiative portée par la Banque alimentaire repose sur une vision sociale forte. « Comme vous le savez, la Banque alimentaire souhaite que l’aide alimentaire devienne un levier pour lutter contre l’exclusion sociale, l’abandon scolaire et le mariage précoce« , affirme sa présidente.

Cette vision est résolument tournée vers l’émancipation et l’autonomie des jeunes bénéficiaires. « C’est aussi un moyen de renforcer les compétences et les capacités de ces jeunes filles, afin qu’elles puissent réussir leur parcours scolaire, poursuivre leurs études après la Dar Taliba et accéder à l’enseignement supérieur« , insiste-t-elle.

Pour Amane Fethallah, l’objectif ultime est de permettre à ces jeunes filles « de devenir des citoyennes à part entière, capables d’occuper divers postes au sein des institutions et établissements marocains ».

Le coût caché des NEET au Maroc: jusqu’à 115 milliards de DH en 2019 ! (Chercheurs)

Le Maroc fait face à une crise silencieuse, celle de sa jeunesse. Cette crise ne se manifeste pas seulement par la grogne sociale ou les débats politiques houleux, mais par un phénomène plus insidieux : celui des jeunes qui ne sont ni en éducation, ni en emploi, ni en formation, communément appelés NEET.

Une étude publiée en août 2024 par Mariem Liouaeddine et Abderrahman Oudad, deux chercheurs de l’Université Ibn Tofaïl de Kénitra, met en lumière le coût économique et social faramineux de cette inactivité. Les auteurs ont estimé que cette population de jeunes représente un fardeau de plus de 115 MMDH pour l’État marocain en 2019.

L’étude s’intéresse d’abord à dresser un portrait détaillé de la population NEET au Maroc. En 2019, près de 1,7 million de jeunes Marocains âgés de 15 à 24 ans se trouvaient dans cette situation d’inactivité, soit environ un quart de cette tranche d’âge.

Le rapport souligne que les jeunes femmes rurales sont particulièrement touchées, constituant une majorité écrasante de cette population vulnérable. Cette situation, selon les auteurs, résulte d’une série de facteurs interdépendants, incluant l’échec du système éducatif à retenir ces jeunes, d’un marché du travail peu accueillant, et des politiques publiques insuffisantes pour les réintégrer dans la société productive.

Une charge colossale pour les finances publiques

L’un des aspects les plus frappants de cette étude est l’estimation des coûts engendrés par les NEET pour les finances publiques marocaines.

En se basant sur des données de 2019, l’étude estime que ces jeunes NEET ont coûté à l’État plus de 60,6 MMDH en termes de finances publiques. Cette somme inclut les pertes en termes de revenus fiscaux et la charge des aides sociales nécessaires pour soutenir cette population. Les auteurs expliquent que cette estimation a été réalisée en calculant la perte de productivité des jeunes qui, s’ils avaient été employés, auraient contribué à l’économie par leur travail et leurs impôts.

L’étude utilise la méthode des coûts d’opportunité pour calculer cette perte. En supposant que chaque NEET aurait pu gagner au moins le salaire minimum, le manque à gagner pour l’État en termes de taxes sur le revenu et de production économique est évalué à environ 54 MMDH. Cette méthode permet de quantifier ce que l’État et la société perdent en termes de productivité et de recettes fiscales, soulignant ainsi l’urgence d’intervenir pour transformer cette population en un atout plutôt qu’en un fardeau.

La santé, un coût caché mais significatif

L’impact des NEET ne se limite pas à la sphère économique réelle. L’étude révèle également que ces jeunes sont plus susceptibles de souffrir de problèmes de santé mentale et physique, exacerbant ainsi leur marginalisation. Liouaeddine et Oudad estiment que le coût pour le système de santé publique est d’environ 136,8 MDH en 2019, un montant certes plus modeste que les pertes économiques, mais néanmoins significatif. Le rapport souligne que ces coûts incluent les dépenses directes du système de santé public pour traiter des conditions comme la dépression, souvent associée à l’inactivité et au chômage prolongé.

Les coûts d’opportunité pour les familles et les jeunes eux-mêmes, tels que les dépenses de santé non couvertes ou l’incapacité de travailler à cause de problèmes de santé, ajoutent une couche supplémentaire à cette facture déjà lourde. En effet, l’étude note que le coût moyen des soins de santé pour ces jeunes est estimé à 965 dirhams par an, ce qui, pour une population d’environ 86.700 jeunes NEET souffrant de problèmes de santé, représente une charge totale de 83,6 MDH.

Les mères adolescentes  

Parmi les jeunes NEET, les mères adolescentes représentent un groupe particulièrement vulnérable. En 2019, environ 28 jeunes femmes âgées de 15 à 19 ans, ni en éducation, ni en emploi, ni en formation, étaient aussi des mères. Bien que ce nombre puisse sembler faible, il représente un coût important pour l’État en termes de soins de santé et de soutien social. L’étude n’a pas pu estimer les coûts directs pour les finances publiques faute de données détaillées, mais elle a calculé les coûts d’opportunité associés à l’accouchement dans les hôpitaux publics et les cliniques privées. Ces coûts sont évalués à environ 185.500 dirhams pour l’année 2019. Un montant certes marginal par rapport aux problèmes colossaux que subissent généralement ces jeunes mamans ainsi que leurs enfants.

Ces jeunes mères, déjà marginalisées par leur situation de NEET, sont souvent confrontées à des difficultés supplémentaires pour accéder aux services de santé et aux programmes de soutien nécessaires pour elles et leurs enfants. Cette double marginalisation contribue à perpétuer le cycle de pauvreté et d’exclusion, soulignent les auteurs de l’étude.

Un appel à l’action : Repenser les politiques publiques

L’étude de Liouaeddine et Oudad ne se contente pas de dresser un constat alarmant, elle appelle également à une réévaluation urgente des politiques publiques en matière de jeunesse. Les auteurs plaident pour des programmes ciblés visant à réintégrer les jeunes NEET dans le système éducatif et le marché du travail. Ils insistent sur l’importance de l’éducation en tant que levier principal pour briser ce cycle de pauvreté et d’exclusion.

Les politiques publiques doivent s’attaquer aux causes profondes de ce phénomène, notamment en améliorant l’accès à une éducation de qualité et en développant des programmes de formation professionnelle adaptés aux besoins du marché du travail marocain. En outre, il est crucial de mettre en place des mécanismes de soutien social pour aider les familles et les jeunes à surmonter les obstacles économiques et sociaux qui les empêchent de s’engager pleinement dans la société.

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La jeunesse NEET représente une bombe à retardement pour le Maroc. Les coûts économiques sont déjà énormes, et sans intervention, ils continueront de croître, menaçant la stabilité économique et sociale du pays. Le défi pour le Maroc est immense, mais il est aussi une opportunité de transformer ce qui est actuellement un fardeau en une force pour l’avenir.

Les conclusions de cette étude sont claires : l’inactivité de la jeunesse NEET doit devenir une priorité nationale. Il s’agit non seulement de réduire les coûts économiques associés à cette inactivité, mais aussi de récupérer les dividendes démographiques de cette jeunesse et de garantir un avenir plus inclusif et prospère pour tous les jeunes Marocains.

Partenariat entre Alsa Maroc et la Fondation Ali Zaoua

Ce partenariat, dont la cérémonie de signature a été présidée par Alberto Perez, directeur général d’Alsa Maroc, et Nabil Ayouch, président de la Fondation Ali Zaoua, vise essentiellement à élargir l’accès à l’éducation artistique et à la culture aux bénéficiaires des centres culturels de la Fondation dans quatre villes du Royaume, notamment Marrakech, Agadir, Tanger ou encore Casablanca, indique un communiqué conjoint.

Le directeur général de Alsa Maroc, Alberto Perez, a indiqué que « cet accord vient renforcer et généraliser, une collaboration déjà fructueuse, amorcée il y a plus de deux ans, et qui a permis de rendre plus accessibles plusieurs activités culturelles, sportives et artistiques de la Fondation », relève le communiqué.

En effet, les deux parties ont déjà organisé ensemble, dans la ville de Marrakech, près de 40 activités autour de différents thèmes dont le théâtre, le cinéma, le sport et la culture. Plus de 1.400 enfants ont bénéficié de ces actions, dont 30% sont issus des familles des collaborateurs et collaboratrices d’Alsa Maroc.

Par ce partenariat, Alsa Maroc s’engage à accompagner les activités et initiatives de la Fondation Ali Zaoua et à contribuer à leur succès. Ainsi, l’entreprise met à la disposition de la Fondation ses bus dans 4 villes marocaines pour faciliter le déplacement des bénéficiaires aux différentes activités organisées, notamment les visites de Musée, la présence à des spectacles et à des séances de visionnages de films cinématographiques.

Les enfants des collaborateurs et collaboratrices d’Alsa auront également l’occasion de prendre part aux activités de la Fondation et de cultiver une éducation culturelle et artistique au même titre que les bénéficiaires de la Fondation.

Alsa Maroc offre également à la Fondation, la possibilité d’exploiter un parc de plus de 1.000 bus, à Casablanca, Marrakech, Tanger et Agadir, pour publicité à l’intérieur des bus afin de promouvoir ses activités et projets. Aussi, elle offre une grande visibilité qui permettra de sensibiliser le grand public aux projets éducatifs et culturels de la Fondation et encouragera les dons et le soutien communautaire.

Lancement à Tanger du projet « Inno’Vert » visant à renforcer l’engagement des jeunes dans l’économie verte

Financé par l’Agence espagnole pour la coopération internationale au développement (AECID), le projet « Développement de l’écosystème de l’entrepreneuriat vert pour les jeunes, femmes et migrants à Tanger, Tétouan et M’diq-Fnideq » (Inno’Vert), qui s’étend sur une période de 48 mois, est mis en œuvre par les fondations « CODESA » et « CEDIAL », en partenariat avec l’Association Chifae pour le développement, l’Organisation des jeunes africains, l’Union nationale des femmes marocaines de Jamaa Mezouak et la Fondation Moubadara pour les jeunes et l’entreprenariat.

L’objectif principal du projet, qui vise à atteindre 3.000 personnes âgées de 18 à 35 ans, dont 1.588 femmes, est de contribuer à l’inclusion socio-économique des jeunes, des femmes et des migrants en situation de pauvreté et de vulnérabilité dans le nord du Maroc.

Ce projet ambitionne de promouvoir la connaissance et la sensibilisation du public à l’environnement et à l’économie verte et sa participation à la transition vers une économie verte et circulaire, ainsi qu’à promouvoir l’innovation technologique et commerciale dans les chaînes de valeur génératrices d’entrepreneuriat vert à forte valeur ajoutée à Tanger, Tétouan et M’diq-Fnideq.

Il s’assigne également pour objectif de promouvoir l’entrepreneuriat innovant dans les secteurs émergents de l’économie verte, en soutenant la création d’initiatives commerciales menées par des jeunes, des femmes et des migrants en situation de vulnérabilité socio-économique à Tanger, Tétouan et M’diq-Fnideq.

Ce projet vise également à attirer des capitaux et des services financiers, publics et privés, pour financer les projets conçus dans le cadre du programme d’incubation « Inno’Vert », ainsi qu’à soutenir la commercialisation et la dynamisation des relations d’affaires des entreprises créées dans le cadre du programme « Inno’Vert ».

Afin d’atteindre ces objectifs, de nombreuses activités de sensibilisation et de formation seront organisées pour accompagner les bénéficiaires, en vue de réussir leur insertion professionnelle et de créer des entreprises actives dans l’économie verte, notamment dans les domaines liés aux énergies renouvelables, à l’efficacité énergétique, au recyclage des déchets, à l’économie circulaire et à la gestion rationnelle des ressources.

(Avec MAP)

SIEL. Le phénomène Osamah Almuslim, de quoi est-il le nom ?

Une cohue a été déclenchée le samedi 11 mai, deuxième jour du Salon international de l’édition et du livre (SIEL), grand-messe du livre au Maroc, lors de la séance de dédicaces des romans d’Osamah Almuslim. L’écrivain saoudien, auteur de plus de 30 romans célèbres pour leur style fantasy, semble enthousiasmer la jeunesse marocaine, venue de tout le Maroc pour le rencontrer.

Des adolescents massés pendant des heures avec des livres à la main et des files d’attente interminables pour accueillir l’auteur au SIEL. Soucieuses d’éviter tout risque de bousculade, les autorités ont dû interrompre la séance de dédicaces. Du jamais vu !

Cet écrivain saoudien à succès, surtout connu auprès des jeunes, écrit de la fiction fantastique en arabe. Celui que l’on peut qualifier, toute proportion gardée, de « Rowling arabe », en référence à la romancière britannique auteure de la saga Harry Potter, s’appuie par ailleurs sur les réseaux sociaux pour communiquer et élargir sa communauté. Une sorte d’influenceur-écrivain.

Le phénomène Osamah Almuslim nous amènera-t-il à réexaminer la conviction selon laquelle nos jeunes ne se sont pas réconciliés avec le livre ? Est-ce que nos jeunes ne lisent pas, faute de trouver une lecture qui les intéresse ? Pour Najib Refaïf, journaliste culturel, chroniqueur et auteur, les œuvres déjà existantes ne répondent pas toujours au goût du jeune lectorat.

« Peut-être que ce sont les écrivains qui écrivent des choses qui ne se lisent pas » 

« C’est la question qui se pose effectivement. Pourquoi les jeunes s’intéressent-ils à cet auteur et à ses écrits ? Et on dit que les jeunes ne lisent pas… Peut-être que ce sont finalement les écrivains qui écrivent des choses qui ne se lisent pas« , s’interroge Najib Refaïf.

« On dit que les jeunes sont les grands absents du lectorat marocain. Le phénomène Osamah Almuslim nous montre pourtant tout le contraire. Les jeunes marocains lisent, mais ils privilégient une certaine littérature qui mêle suspens et fantaisie. Au SIEL, nous avons remarqué une forte présence de jeunes filles lors de la séance de dédicaces d’Osamah Almuslim, probablement parce qu’il y a beaucoup de personnages féminins dans ses écrits », souligne le journaliste chroniqueur, grand habitué du SIEL, dont il a été l’un des précurseurs.

Une élite intellectuelle déconnectée de sa jeunesse ?

Sur un ton plus ferme, l’éditeur Hicham Houdaïfa critique la réaction et le regard méprisant porté sur les lecteurs charmés par Osamah Almuslim.

« Ce qui m’a beaucoup déçu, c’est la réaction élitiste des gens qui ont porté un regard vraiment hautain sur cette jeunesse qui s’est déplacée pour cet auteur… Une élite totalement déconnectée de sa jeunesse. J’ai trouvé cela vraiment très triste de la part d’une élite soi-disant intellectuelle qui devrait incarner un modèle pour les jeunes », déplore le co-fondateur de la maison d’édition En Toutes Lettres.

« Certes, Osamah Almuslim écrit de la fantaisie, mais ce n’est pas comme si l’on avait tous commencé à lire Dostoïevski à un âge précoce. Nous nous sommes souvent initiés à la lecture grâce à ‘la petite littérature’, sans parler bien sûr de notre responsabilité de mettre à la disposition de nos jeunes une diversité de lectures. Et d’ailleurs, aucun de nous n’a la légitimité de parler de grandes ou de petites littératures », poursuit-il.

« La diversité de la lecture doit être à la portée de tous »

Hicham Houdaïfa d’ajouter : « Les gens ont le droit de lire ce qu’ils veulent et de trouver leur plaisir dans ce qu’ils aiment réellement. Ce jugement de valeur, de classification, je le trouve encore une fois très hautain et malvenu. La culture est censée susciter de l’empathie ; elle est censée nous amener à fournir plus d’outils à nos jeunes et non à les juger au premier coup et à la première lecture ».

« Donc effectivement, des structures comme les bibliothèques publiques qui n’existent pas dans ce pays, ou quand elles existent sont fermées, ou quand elles sont ouvertes ne possèdent pas de livres, ou lorsqu’il y a quelques livres, la personne censée s’en occuper n’est pas là… Ces structures me semblent pourtant essentielles pour présenter la lecture dans sa diversité, y compris les livres de cet écrivain saoudien ; pour la mettre à disposition des jeunes afin qu’ils puissent s’ouvrir à d’autres auteurs plus tard, comme Balzac ou les grands auteurs arabes ou marocains. Or nous disposons effectivement, et en arabe et en français, d’une diversité littéraire et d’une diversité de lecture qui doit être à la portée de tout le monde« , conclut Hicham Houdaïfa.

Un succès, deux volets

Qu’en est-il désormais du côté de l’écrivain ? En Occident, son succès est influencé par deux volets : le volet littéraire, à travers les différents prix prestigieux, et le volet commercial, par le biais des ventes. Chacun de ces volets a sa place et est reconnu pour son succès.

Néanmoins, dans le monde arabe, on prête moins d’attention à cette notion de succès commercial qui, pourtant, a toute son importance si l’on considère la success story d’Osamah Almuslim. « Son point fort, c’est la communication sur les réseaux sociaux. Il adopte les techniques des grands éditeurs qui font du buzz autour de leur littérature et écrivent des best seller. Un best seller, c’est ça ! Et il y a des conditions pour en écrire. D’abord, il faut écrire des choses captives, addictives, ce que nous appelons les page turner. Tu as envie de tourner la page pour savoir ce qui se passe par la suite. L’autre aspect tout aussi important, c’est la vente. Ecrire, c’est vendre. Si on écrit et que l’on ne vend pas, on n’aura pas de lecteurs », reprend Najib Refaïf.

« Ce sont ces deux aspects-là qu’il faut allier pour produire des écrits à lire : le savoir-faire (techniques d’écriture) et le faire-savoir (communication autour de ce savoir-faire) », insiste l’auteur.

Une bonne littérature ? Tout est question de subjectivité…

« La fantaisie est un genre qui fonctionne partout. En témoignent les séries littéraires fantastiques comme Harry Potter ou Game of Thrones dont des millions d’exemplaires ont été vendus à travers le monde. Elles ont même été adaptées au cinéma ».

« La littérature commerciale, c’est comme le cinéma commercial ! La littérature commerciale, c’est ce que nous appelons aussi la littérature populaire. C’est ce type d’œuvres qui se vend le plus. Un best-seller est-il forcément un bon livre ? Il faudrait d’abord définir ce qu’est un bon livre. Se définit-il par sa conformité à des critères purement littéraires, ou par l’ampleur des ventes qu’il a réalisées ? C’est ça la question à mon sens« , précise-t-il.

« Prenons l’exemple du Comte de Monte-Cristo, considéré à l’époque comme de la littérature populaire. C’est un best seller jusqu’à ce jour ; on en a tiré des films. C’est cependant moins bien écrit si l’on considère encore une fois des critères purement littéraires, notamment les procédés d’écriture (niveau de langue, figures de style, ton employé…) par rapport aux œuvres de Stendal et Flaubert », poursuit Najib Refaïf.

« Il y a également l’exemple de Mustafa Lutfi al-Manfaluti dans le monde arabe, qui écrivait des choses souvent traduites du français mais avec un style simple, facile à lire et à comprendre, à partir de 14 ans, 15 ans. S’il est moins bien écrit par rapport à Najib Mahfoud en Egypte ou à Mohamed Zafzaf chez nous, et à d’autres grands écrivains contemporains du monde arabe, on ne peut pas dire pour autant qu’il est mauvais. Est-ce que parce qu’il y a beaucoup de gens qui lisent un livre que ce dernier est automatiquement moins bon d’un point de vue littéraire ? C’est verser dans l’élitisme qui lie la beauté à la rareté. Difficile donc de dire ce qu’est une bonne littérature qui, à mon avis, reste subjective« , conclut Najib Refaïf.

Qui est Osamah Almuslim ?

Né en 1977, Osamah Almuslim n’a émergé que tardivement en tant qu’écrivain et romancier majeur, en écrivant des romans de fantasy et de fantasy historique, avec pour éléments forts le suspense et une narration cinématographique avec des dialogues solides. Il a poursuivi ses études à l’Université du roi Fayçal où il s’est spécialisé en littérature anglaise, ce qui lui a permis de traduire certaines de ses œuvres en anglais par la suite.

Osamah Almuslim présente les événements de manière fragmentée et emploie des noms uniques et étranges. La plupart de ses romans se distinguent par des fins inattendues. Certains ont été sélectionnés pour être adaptés en films. D’autres ont été traduits en anglais, notamment Khawf (Fear) et Jardins d’Arabestan (Gardens of Arabestan).

Il a publié 32 romans dont les plus célèbres sont Khawf 1, Khawf 2 et Khawf 3 − en cours d’adaptation en une série télévisée saoudienne inspirée du roman −, la saga Jardins d’Arabestan en six parties, Lajj : L’épopée des sept mers en cinq parties et la série de nouvelles Le tumulte de Khaseef en trois parties.

LionsGeek poursuit ses formations courtes et gratuites dans les métiers du digital

Pas moins de 70 étudiants ont été sélectionnés par l’initiative LionsGeek pour démarrer le deuxième cycle de formation dans les nouveaux métiers du digital, à partir de ce lundi 23 octobre, fait savoir le directeur exécutif de LionsGeek, Mahdi Bouziane, à Médias24.

Celui-ci se réjouit de voir l’effectif des étudiants doubler. « La première promotion avait démarré sa formation en avril dernier et la plupart sont aujourd’hui en stage ou ont déjà un premier pied dans le monde du travail. Nous en avons aussi gardé quelques-uns chez nous pour des besoins en interne. En somme, les premiers retours sont positifs. »

Développeur web en six mois top chrono

Les jeunes candidats sélectionnés ont le choix entre deux formations très prisées sur le marché de l’emploi : web développeur et digital content creator.

« Des formations courtes et gratuites, un parcours ouvert à tous et une forte insertion professionnelle » : c’est ce que promet l’association LionsGeek, dont l’objectif principal est de « former les jeunes aux compétences les plus recherchées dans l’industrie numérique afin de les aider à trouver un emploi durable », explique Mahdi Bouziane.

La formation « Web Développeur » vise à former des développeurs web capables de réaliser des sites web professionnels et des applications web de qualité en un temps record, poursuit notre interlocuteur. En six mois de cours intensifs de coding − cinq jours par semaine et de 9h à 17h −, les étudiants motivés acquièrent de « véritables compétences en développement web et sont prêts à l’insertion sur le marché du travail ».

Le métier de développeur web a le vent en poupe depuis quelques années ; « la demande est bien supérieure à l’offre », souligne Mahdi Bouziane. Pour répondre à des besoins en constante évolution, plusieurs écoles se sont donné pour mission de former rapidement de jeunes talents qui seront immédiatement opérationnels sur le marché du travail. LionsGeek fait partie de ces écoles, aux côtés de YouCode et de l’école de coding 1337.

Une formation gratuite et accessible à tous

Cette « école inclusive » dispense une formation gratuite. Ses portes sont ouvertes à des étudiants âgés de 18 à 30 ans, sans exigence de diplômes préalables.

Autrement dit, les personnes qui n’ont pas le niveau bac, les étudiants en cessation d’études et ceux qui ont un diplôme sont tous, sans distinction aucune, les bienvenus. Par ailleurs, aucune connaissance préalable dans le domaine de l’informatique n’est exigée ; seule la motivation des candidats est prise en compte. « La motivation est une prédisposition, même pas un prérequis », souligne Mahdi Bouziane.

Les candidats ont été sélectionnés en fonction de « leur motivation et leur capacité à suivre des formations assez chargées et intensives et à capter le maximum d’informations partagées. La plupart des candidats sélectionnés ont d’ailleurs des notions très basiques en informatique, voire aucune ».

Dans le détail, « nous invitons les jeunes candidats à participer à une semaine intensive durant laquelle ils travaillent sur un projet dans le domaine du digital. C’est à ce moment-là qu’on évalue leur motivation et leur rigueur mais aussi leur capacité à évoluer dans ce domaine ».

Pour rappel, LionsGeek est le fruit d’un partenariat entre la chaîne 2M, MolenGeek, CharleWood, la Radio-télévision belge de la Communauté française (RTBF), ainsi qu’entre le ministère de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences et la fédération Wallonie-Bruxelles à travers la Délégation générale Wallonie-Bruxelles au Maroc et l’Association pour la promotion de l’éducation et de la formation à l’étranger (APEFE).

Cette « école inclusive » s’inspire d’ailleurs de l’expérience de « MolenGeek » en matière de démocratisation de la tech, à Bruxelles, en Belgique.

Marché du travail : dégradation des indicateurs d’activité et d’emploi des jeunes 

Parmi les points saillants de la note du HCP, figure le recul de la part des jeunes dans la population totale au profit de la population du troisième âge. Concrètement, la part des personnes âgées de 60 ans et plus est passée de 9,4% en 2014 à 12,7% en 2023, soit une augmentation de 3,3 points de pourcentage.

« L’effectif des jeunes âgés de 15 à 34 ans demeure important et continuera de s’accroître à l’horizon 2030, mais avec un rythme d’accroissement inférieur à celui de la population totale, soit respectivement 0,3% et 0,9% entre 2023 et 2030 », précise la même source. « Cette population des jeunes est passée de 11,5 millions en 2014 à 11,8 millions en 2023 et, en proportion, de 34,2% à 31,9% respectivement. À eux seuls, les jeunes âgés de 15 à 24 ans représentent 16,1% en 2023 contre 18,0% en 2014 ».

Il est également indiqué que  la part des jeunes citadins dans la population des jeunes est passée de 60% à 66,0% entre 2014 et 2023.

Amélioration substantielle du niveau d’éducation et de formation des jeunes 

La part des jeunes âgés de 15-34 ans n’ayant aucun niveau scolaire s’est nettement contractée entre 2000 et 2022, selon les données de l’Enquête nationale sur l’emploi. Elle est passée de 35,7% à 8,9%. Ce qui représente un repli de 26,8 points.

Entre 2000 et 2022, la part des jeunes femmes  n’ayant aucun niveau scolaire a enregistré une baisse significative (de 47,7% à 12,1%). Il en est de même pour celle des ruraux au cours des deux dernières décennies (de 59,5% à 15,6%).

Dans le même ordre d’idées, notons que la part des jeunes ayant le niveau secondaire ou plus a connu une augmentation importante, passant de 19,7% en 2000 à 42,7% en 2022.

Il ressort également de la note que l’écart entre les jeunes hommes et  les jeunes femmes ayant le niveau secondaire ou plus s’est annulé. Sachant que celui-ci était de 5,1 points de pourcentage en 2000.

 Dégradation des indicateurs d’activité et d’emploi des jeunes 

La nouvelle publication du HCP renseigne aussi sur le recul de la part des jeunes dans le marché du travail entre 2000 et 2022.  Le taux d’activité des jeunes âgés de 15-34 ans est passé de 53,5% en 2000 à 41,2% en 2022. Pour sa part, le taux d’emploi de cette frange de la population est passé de 42,8% à 31,8% durant la même période. C’est dire le niveau de dégradation des indicateurs d’emploi de la jeunesse.

La source susmentionnée fait état de l’augmentation du chômage des jeunes de 2,9 points de pourcentage, passant de 20% en 2000 à 22,9% en 2022. Ce qui constitue une nette dégradation par rapport à 2014, année durant laquelle le taux de chômage des jeunes était de 14,8%.

Les principaux concernés par le chômage des jeunes sont les citadins, les femmes et les diplômés. Pour preuve, en 2022, près d’une femme active âgée de 15-34 ans sur trois (32,7%) était en situation de chômage contre 19,8% pour les hommes.

Les auteurs de la publication font savoir que le taux de chômage des jeunes citadins s’élève à 29,9% contre 10,7% parmi les jeunes ruraux.

Autre précision de taille : le taux de chômage des jeunes titulaires d’un diplôme supérieur a culminé à 40,3% en 2022. Ce qui représente  le double du taux de chômage des jeunes ayant un diplôme de niveau moyen (20,7%), et plus de cinq fois celui des jeunes sans diplôme (7,9%).

Par ailleurs, la note fait mention d’une amélioration notoire de l’emploi formel pour les jeunes au cours des deux dernières décennies. En 2022, un jeune actif occupé sur quatre (24,7%) exerçait un emploi formel, sachant qu’en 2000, seuls 6,8% des jeunes actifs occupés âgés de 15-34 ans disposaient d’une assurance maladie liée à l’emploi.

Au final, l’exercice d’un emploi formel est plus répandu parmi les jeunes femmes (38,2%) que parmi les hommes (21,1%), et davantage chez les citadins (36,2%) que chez les ruraux (8,9%).

Lancement du programme « Sabil » pour l’insertion professionnelle de 12.000 jeunes

Le ministère de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, a lancé, ce vendredi 17 février, le programme « Sabil », lit-on dans un communiqué du ministère.

Financé par l’Agence française de développement (AFD) et l’Union européenne, ce programme porte sur l’amélioration et l’insertion professionnelle des jeunes issus des régions Souss-Massa, Fès-Meknès et Béni-Mellal-Khénifra.

10.000 emplois salariés 

Etalé sur trois ans, il va permettre à 10.000 jeunes Marocains de décrocher un emploi salarié et à 2.000 autres bénéficiaires de se lancer dans l’entrepreneuriat, précise le communiqué.

Il cible les jeunes femmes et hommes issus du milieu périurbain et rural, âgés entre 18 et 34 ans, peu qualifiés, chômeurs de longue durée, jeunes inactifs et/ou engagés dans le secteur informel, ou jeunes NEETs.

Des conventions ont été signées à l’occasion du lancement de ce programme. Elles portent sur la création et la subvention de 1.000 postes d’emploi au sein de l’entreprise Segula Technologies.

Radioscopie de l’emploi en 2022 : les femmes et les jeunes, grands exclus du marché du travail

On y retrouve les grands maux qui rongent le secteur de l’emploi ainsi que les priorités qui devraient être suivies. Parmi ces maux : la faiblesse et la baisse lente mais continue du taux d’activité ; ainsi que la faible qualité de l’emploi dont une part trop importante relève de l’informel. Ainsi, 3 salariés sur 5 travaillent dans l’informel.

Jusqu’à fin 2022, le caractère informel de l’emploi empêchait l’accès des travailleurs et leurs familles à la protection sociale et aux soins de santé. C’est dire l’importance – historique – de la généralisation de la couverture santé, entrée en vigueur début janvier 2023. Cette réforme couvrira ultérieurement l’accès à la retraite.

Les femmes et les jeunes sont également les maillons faibles du marché. Le taux d’inactivité des femmes, qui se situe entre 70% et 80%, est extrêmement élevé et empêche la population féminine d’accéder à des revenus, et donc à une forme d’indépendance.

Sur une population évaluée à 36,9 millions de personnes (horloge de la population du HCP, février 2023), la population en âge d’activité atteint 27,5 millions de personnes. Les autres sont soit trop jeunes, soit trop âgés pour en faire partie.

Sur ce total, le nombre de personnes actives (celles qui travaillent ou qui cherchent un travail), tourne autour de 12,2 millions de personnes depuis quelques années (avec des fluctuations notamment en période de Covid).

Sur ces 12,2 millions de personnes, 10,7 millions étaient pourvues d’un travail fin 2022. 1,4 million de personnes étaient au chômage.

15,3 millions de Marocains exclus du marché du travail

Ainsi, 15,3 millions de personnes sont en dehors du marché de travail : en âge de travailler, elles ne travaillent pas et ne cherchent pas d’emploi.

Qui sont ces 15,3 millions de Marocains exclus du marché du travail ?

Essentiellement des femmes et des jeunes :

– près de trois quarts d’entre eux (73,1%) sont des femmes ;

– 68,8% résident en milieu urbain ;

– plus de la moitié (51,1%) n’ont aucun diplôme ;

– 44,9% sont âgés de 15 à 34 ans.

Le marché du travail au Maroc n’est pas inclusif, surtout pour les femmes et les jeunes. Le HCP et la Banque mondiale attirent l’attention sur ce point depuis quelques années.

Le profil des personnes qui travaillent

Le portrait des actifs occupés montre que :

– plus de la moitié (52,6%) sont salariés ;

– 30,3% indépendants ;

– 12,3% aides familiaux ;

– 2,1% employeurs.

Les « Services » demeurent le premier pourvoyeur d’emplois, avec 47,4% des actifs occupés ; 32,9% d’entre eux exercent dans la branche du commerce, suivi de l’ »Agriculture, forêt et pêche », avec 29,3%. L’ »Industrie » est donc le grand absent, d’où la pertinence de la nouvelle politique d’industrialisation du Maroc, visant à créer 500.000 emplois et à investir 550 milliards de DH par le secteur privé.

Près de la moitié des actifs occupés (51,2%) n’ont aucun diplôme ; 10,7% occupent des emplois occasionnels ou saisonniers, 12,8% exercent des emplois non rémunérés et 26,5% bénéficient d’une couverture médicale liée à l’emploi (46,7% pour les salariés) et 9% sont en situation de sous-emploi.

 

En 2022, parmi les 27,5 millions de personnes en âge d’activité (les 15 ans et plus), 12,2 millions sont actives, ce qui correspond à un taux d’activité de 44,3%.

En plus de la faible participation à la vie économique, le taux d’activité est caractérisé par une baisse structurelle depuis le début des années 2000. Ce taux a enregistré une baisse annuelle moyenne de 0,3 point entre 2017 et 2019, et de 1 point en 2020, année de propagation de la Covid-19, avant d’enregistrer une hausse de 0,5 point en 2021, s’établissant ainsi à un niveau avoisinant celui d’avant-pandémie, puis une baisse de 0,9 point en 2022.

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Une part importante de la population adulte reste exclue du marché du travail

Avec un effectif de 11,2 millions personnes, les femmes en dehors du marché de travail représentent 80,2% de la population féminine en âge de travailler (81,7% en milieu urbain et 77,2% en milieu rural).

D’autre part, parmi les 5,9 millions de jeunes âgés de 15 à 24 ans, 15,4% exercent un emploi (905.000 personnes), 7,4% sont à la recherche d’un emploi (439.000), alors que 77,2% sont en dehors du marché du travail (4,6 millions). Les trois quarts des jeunes en dehors du marché du travail (77%) sont des élèves ou étudiants, et 19,6% sont des femmes au foyer.

Plus d’un jeune sur quatre âgé de 15 à 24 ans (25,2% ou 1,5 million), au niveau national, ne travaille pas, n’est pas à l’école et ne suit aucune formation (NEET). Près de 72,8% d’entre eux sont des femmes, avec 40,6% qui sont mariées, et 68,2% d’entre eux ont un diplôme.

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En plus de leur faible participation à la vie active, reflétée par un taux d’activité de 22,8% en 2022, les jeunes souffrent de la persistance d’un niveau élevé de chômage. Le taux de chômage s’élève à 32,7% parmi les jeunes de 15 à 24 ans, contre 13,2% pour les personnes âgées de 25 à 44 ans, et 3,3% pour les personnes âgées de 45 ans ou plus. Ce taux culmine à 61,4% parmi les jeunes diplômés de niveau supérieur.

Une création nette d’emplois insuffisante

L’économie marocaine n’a pas réussi à générer suffisamment d’emplois pour absorber l’augmentation de la population en âge de travailler. Celle-ci a connu une hausse en moyenne de près de 400.000 personnes, alors que l’économie a créé en moyenne 121.000 postes au cours des trois dernières années ayant précédé la crise sanitaire liée à la Covid, et elle a perdu 432.000 postes d’emploi en 2020 pour ensuite créer 230.000 postes d’emploi en 2021 et perdre 24.000 emplois en 2022.

S’agissant du taux d’emploi, après une hausse de 0,3 point entre 2020 et 2021, passant de 39,4% à 39,7%, il a reculé de 0,6 point pour se situer à 39,1% au niveau national en 2022.

Ce taux a augmenté de 0,2 point en milieu urbain (de 35,1% à 35,3%) et a baissé de 1,9 point en milieu rural (de 48,4% à 46,5%). Il a baissé parmi les hommes (-0,3 point) et parmi les femmes (-1 point).

Le taux d’emploi des jeunes de 15 à 29 ans a atteint 25% en 2022 (contre 25,4% en 2021). Le taux d’emploi des personnes de 30 à 44 ans a légèrement baissé de 0,7 point pour atteindre 54,1%, contre 54,8% une année auparavant.

Les Services et l’Agriculture, forêt et pêche, premiers pourvoyeurs d’emplois de l’économie nationale

La répartition des actifs occupés selon le secteur d’activité montre que le secteur des « Services » se situe en première position avec 5.099.000 personnes et une part de 47,4%, suivi de l’ »Agriculture, forêt et pêche » avec 3.149.000 personnes (29,3%), de l’ »Industrie, y compris l’artisanat », avec 1.289.000 personnes (12%) et, enfin, des « BTP » avec 1.209.000 personnes (11,2%)[1].

Parmi les 5.099.000 personnes exerçant dans le secteur des « Services », 32,9% relèvent de la branche du commerce, 12,1% des services sociaux fournis à la collectivité et 11,9% du transport, entrepôts et communications.

Les statuts du salariat et de l’emploi indépendant prédominent

Plus de la moitié (52,6%) des actifs occupés sont des salariés (contre 51,8% une année auparavant), 30,3% des indépendants (contre 29,6%), 12,3% des aides familiales (contre 13,7%) et 2,1% des employeurs (contre 2,2%).

Les professions les plus exercées sont les professions des « artisans et ouvriers qualifiés des métiers artisanaux » avec 19,6%, des « ouvriers et manœuvres de l’agriculture et de la pêche » (17,8%) et des « manœuvres non agricoles, manutentionnaires et travailleurs des petits métiers » (16,5%).

Niveaux  d’instruction plus élevés dans les Services et l’Industrie

En 2022, un peu plus de la moitié (51,2%) des actifs occupés n’ont aucun diplôme, 31,8% ont un diplôme de niveau moyen[2]et 17% un diplôme de niveau supérieur[3].

Selon le secteur d’activité, la part des actifs occupés ayant un diplôme supérieur est de 28,8% dans les « Services », 17,7% dans l' »Industrie, y compris l’artisanat » et de 7,2% dans les « BTP ».

Niveau d’inégalité par secteur

En 2022, un peu plus du quart des actifs occupés (26,5%) bénéficient d’une couverture médicale liée à l’emploi, 38,3% dans les villes et 9,4% à la campagne.

Les actifs occupés exerçant dans l’ »Industrie, y compris l’artisanat » enregistrent le taux de couverture médicale le plus élevé avec 46,3%, suivis de ceux relevant du secteur des « Services » (37,9%), des « BTP » (12,4%) et de l’ »Agriculture, forêt et pêche » (5,4%).

La part des actifs occupés affiliés à un régime de couverture médicale s’améliore nettement au fur et à mesure que le niveau de diplôme s’élève. Elle passe de 11,8% parmi les personnes n’ayant aucun diplôme à 72,2% parmi celles ayant un diplôme supérieur.

Un peu moins de la moitié (46,7%) des salariés bénéficient d’une couverture médicale assurée par l’employeur, 53,9% en milieu urbain et 26,4% en milieu rural, 59% parmi les femmes et 43,6% parmi les hommes. Pour les auto-employés, cette part est de 5,5%.

Un actif occupé sur quatre (25,8%) est affilié à un système de retraite, 37,9% en milieu urbain et 8,1% en milieu rural. Le taux de couverture par un système de retraite est plus élevé parmi les femmes que les hommes, respectivement 30,6% et 24,5%.

Par ailleurs, près de la moitié des salariés (48,8%) disposent d’un contrat formalisant leur relation avec l’employeur. Cette part s’élève à 62,3% parmi les femmes contre 45,3% parmi les hommes.

Les travailleurs dans les « BTP » et l’ »Agriculture, forêt et pêche » enregistrent les taux les plus faibles de contractualisation, 18,3%  et 20% respectivement. Alors que, les travailleurs dans « l’Industrie, y compris l’artisanat » et les « Services » sont contractualisés à hauteur de 61,6% et 60,6% respectivement.

Près d’un actif occupé sur dix (10,7%) exerce un emploi de type occasionnel ou saisonnier, 14,4% en milieu rural et 8,2% en milieu urbain. Ces parts étaient respectivement de 10,5%, 13,9% et 8% en 2021.

Près de 12,8% des actifs occupés exercent un emploi non rémunéré ; les ruraux (27,8%) davantage que les citadins (2,5%), et les femmes (33,6%) davantage que les hommes (7,2%). Les personnes n’ayant aucun diplôme sont également plus touchées par l’emploi non rémunéré avec 16,9%, contre 11,5% pour celles ayant un diplôme moyen et 2,8 pour celles ayant un diplôme supérieur.

Sous-emploi en baisse

Il est à rappeler que le volume des actifs occupés en situation de sous-emploi a atteint 972.000 personnes, 520.000 personnes dans les villes et 452.000 à la campagne. Le taux de sous-emploi est passé de 9,3% à 9% au niveau national, de 8,8% à 8,1% en milieu urbain, et de 10% à 10,4% en milieu rural.

Les catégories ayant connu les baisses les plus importantes du taux de sous-emploi sont les personnes âgées de 35 à 44 ans (-0,7 point), les hommes (-0,5 point) et les citadins (-0,7 point).

Selon la profession, le taux de sous-emploi des commerçants et des intermédiaires commerciaux a connu la baisse la plus importante de 6,6% en 2021 à 5,0% en 2022 (‑1,6 point), suivi des employés (-1,0 point) et des manœuvres non agricoles, des manutentionnaires et travailleurs des petits métiers (-0,9 point).

Les secteurs ayant connu une forte baisse du sous-emploi sont les « BTP » avec -1,4 point (de 17,8% à 16,4%), les « Services » avec -0,9 point (de 8,0% à 7,2%), et l’ »Industrie, y compris l’artisanat » avec -0,3 point (de 6,5% à 6,2%).

Selon le type de sous-emploi, la part du sous-emploi lié à la durée de travail[4] a connu, entre 2021 et 2022, une baisse de 0,9 point passant de 45,8% à 44,9%. A l’inverse, le sous-emploi lié à l’insuffisance du revenu ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi exercé a augmenté au cours de la même période, de 54,2% à 55,1%.

Dans ce contexte, la population active occupée en situation de sous-emploi lié à la durée de travail a atteint, en 2022, 437.000 personnes au niveau national contre 459.000 une année auparavant. Le taux correspondant est passé de 4,3% à 4,1% au niveau national, de 4,9% à 5,1% à la campagne et de 3,8% à 3,3% dans les villes.

Enfin, la population active occupée en situation de sous-emploi lié à l’insuffisance du revenu ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi exercé est passée, au niveau national, de 543.000 personnes en 2021 à 535.000 en 2022. Le taux correspondant a ainsi stagné à 5% au niveau national, passant de 5% à 4,8% en milieu urbain et de 5,1% à 5,2% en milieu rural.

Source : HCP

[1] La différence par rapport au volume total de l’emploi concerne les activités non désignées.
[2] Les diplômes de niveau moyen regroupent les certificats de l’enseignement primaire, du secondaire collégial et les diplômes de qualification ou de spécialisation professionnelle.
[3] Les diplômes de niveau supérieur regroupent le baccalauréat, les diplômes de techniciens ou de techniciens spécialisés et les diplômes d’enseignement supérieur (facultés, grandes écoles et instituts).

[4] Conformément aux recommandations du BIT, le sous-emploi est constitué, selon l’approche de l’Enquête nationale sur l’emploi, de deux composantes, la première liée au nombre d’heures travaillées, et la deuxième à l’insuffisance du revenu ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi exercé.

Fondation Mohammed V : 11 nouveaux centres médico-sociaux dans 6 villes

Cette directive intervient dans le contexte du renforcement de l’offre sanitaire publique et de réduction de l’impact socio-économique de la pandémie, sur les populations vivant en situation de précarité, indique un communiqué de la Fondation Mohammed V pour la solidarité.

Le démarrage immédiat concerne 11 nouveaux centres, dont les travaux de construction et d’équipements ont été achevés, pour la plupart, en 2021, dans six villes du Royaume. Ils entrent dans le cadre des programmes d’élargissement de l’accès des populations défavorisées aux soins de santé de proximité, à la prise en charge des besoins spécifiques, à l’accès des jeunes à la qualification professionnelle ainsi qu’à l’accompagnement pour le renforcement des capacités de la femme, ajoute la même source.

Il s’agit notamment de projets de grande envergure et de structures médico-sociales qui relèvent de deux programmes importants de la Fondation, dans les domaines de la santé et du handicap : les centres médicaux de proximité-Fondation Mohammed V pour la solidarité (CMP) et le réseau du Centre national Mohammed VI des handicapés (CNMH).

Deux nouveaux CMP, parmi les 12 unités prévues (dont deux sont opérationnelles à Rabat et Casablanca depuis 2019), ouvriront leurs portes à Bni Makada à Tanger (66 millions de DH) et dans la ville nouvelle d’Errhama (73 MDH).

En ce qui concerne le CNMH, les deux nouvelles sections régionales de Tanger (66 MDH) et d’Agadir (25 MDH) démarreront leurs activités, portant à 8 le nombre de CNMH opérationnels sur le territoire national.

Par ailleurs, le Centre des maladies chroniques spécialisé dans le traitement du diabète (5 MDH) consolidera l’offre en la matière dans la ville de Fès.

S’ajoutent à ces derniers, l’Ecole de deuxième chance de Ben M’sik (14 MDH) qui permettra aux jeunes, de 12 à 20 ans sans diplôme et sans emploi, de reprendre pied et de construire leur projet professionnel d’insertion.

Concernant les autres projets, il s’agit de trois centres de formation et de renforcement des capacités des jeunes et des femmes à Fahs Anjra (17,5 MDH), du Centre de proximité pour la femme et l’enfant de Mers El Kheir (6 MDH) situé dans la préfecture de Skhirat-Témara, et du Centre pédagogique pour la réhabilitation auditive de Tanger (16 MDH).

(Avec MAP)

Les recommandations de l’initiative Moustaqil pour réduire le nombre de jeunes NEET

La première politique proposée est d’assurer une garantie jeunesse, articulée à un registre national, des jeunes et une carte jeune portée, par le ministère de la jeunesse et ce à travers différentes actions :

– La mise en place d’une « carte jeune » pour rétablir le lien entre institutions et jeunes marocains : une carte dédiée aux jeunes de 15 à 24 ans, permettant à la fois de déployer des politiques ciblées et un suivi des jeunes marocains.

Un porte monnaie digital et un pass transport collectif : La carte jeune pourra, aussi, être associée à un porte-monnaie digital, permettant aux jeunes de disposer d’un moyen de paiement, notamment, pour les transports collectifs et de garantir leur mobilité.

– Une carte liée à un numéro de téléphone pour une jeunesse connectée : Cette carte sera liée à un numéro de téléphone portable, permettant aux jeunes de rester connectés et de recevoir des offres de formation, de stage ou d’emploi.

– Une garantie jeunesse basée sur l’orientation et la formation: Les jeunes doivent bénéficier d’un véritable entretien d’écoute et d’orientation, à l’âge de 15 ans, permettant de disposer d’un plan de suivi et, surtout, de pouvoir proposer un stage, en cas de décrochage ou d’inactivité de plus de 3 mois, une formation.

Un centre d’appel dédié à la jeunesse : développer un centre d’appels directs et gratuits, pour permettre d’écouter les jeunes en difficulté.

Suivi et évaluation régulière : Ce dispositif permettra d’évaluer l’impact des politiques de jeunesse et d’organiser des modalités d’actions adaptées, aux contextes localisés.

Pour l’intégration économique et politique des jeunes, les actions suivantes sont proposées:

– Une implication des partenaires économiques, via des organisations professionnelles et patronales, qui doivent développer un plan de formation et d’intégration des jeunes, pour favoriser l’apprentissage, les stages et l’alternance.

– Un dispositif de création de TPE pour les jeunes, avec un prêt d’honneur et une formation continue : Le remboursement du prêt d’honneur permet d’ouvrir l’accès à d’autres jeunes au dispositif. Le dispositif est piloté, à l’échelle locale (provincial ou préfectoral). Les jeunes sont accompagnés sur deux années.

Le développement des structures de jeunesse, avec une gouvernance participative : La création de comité de quartier des jeunes, à parité, permettant de débattre des besoins et des actions, pour l’amélioration de l’environnement de proximité, selon la dynamique de la démocratie participative, avec un budget dédié pour les actions de proximité.

Pour réduire le nombre de jeunes NEET ruraux , les actions suivantes sont proposées :

– Mobiliser, dans le cadre de l’INDH, les locaux sous-exploités et sous- équipés, construits durant les dix dernières années, pour développer des formations, dédiées aux jeunes décrocheurs, en milieu rural, selon un principe de formation délocalisée.

Un premier curricula sur deux années devrait permettre aux jeunes de valider un diplôme de secondaire collégial, centré sur la remise à niveau et la construction d’un parcours professionnel.

Un second curricula devrait développer des formations professionnelles certifiantes, établies sur une base communautaire.

– Développer l’accès à l’enseignement professionnel pour les jeunes ruraux, en développant les filières d’enseignement professionnel, dans les lycées ruraux, dès l’âge de 15 ans de façon massive pour qu’elle puisse répondre aux attentes des nombreux Jeunes.

Pour la mise en place d’une politique de prise en charge des troubles d’apprentissage et des troubles psychologiques, les actions suivantes sont proposées :

–  Pour diagnostiquer et dépister de façon précoce les troubles spécifiques des apprentissages, une cellule dédiée, au sein de la délégation provinciale du ministère de l’éducation nationale, doit être créée. Elle aura pour objectif de diagnostiquer l’ensemble des élèves de première année puis de former le corps professoral aux pédagogies adaptées.

– Pour accompagner les jeunes pour réduire les risques de troubles psychiques, notamment dépressifs, qui accentuent les risques de rupture, avec toute activité, par la création de cellules d’écoute, de caravanes et d’une ligne téléphonique gratuite, en lien avec le dispositif, est mis en place par le ministère de la santé.

– Soutenir les associations et les organisations spécialisées dans la formation spécifique des jeunes, souffrant de troubles de l’apprentissage ou de handicap, en favorisant un déploiement régional.