La 23ᵉ édition du FICAM du 16 au 21 mai

Avec un programme riche et varié, le festival, organisé par la Fondation Aïcha en partenariat avec l’Institut français de Meknès, « s’affirme comme un incontournable du calendrier culturel, réunissant, cette année, les passionnés d’animation et de jeux vidéo ».

« Dans un univers où ces deux disciplines s’entrelacent de plus en plus, le festival proposera un forum des métiers innovant, conçu pour favoriser les échanges enrichissants et le partage d’expertise », indique un communiqué des organisateurs, ajoutant que cette plateforme permettra aux participants de rencontrer des professionnels des secteurs de l’animation et des jeux vidéo, à travers des conférences dynamiques et des rencontres interactives qui stimuleront la créativité et les synergies.

Le forum des métiers sera une opportunité de réunir réalisateurs de films d’animation, studios, écoles, développeurs de jeux vidéo et personnalités politiques pour échanger et ouvrir de nouvelles perspectives pour cette industrie.

« Le FICAM 2025 ne sera pas seulement un festival, mais un véritable point de rencontre où l’innovation et la passion s’entremêlent pour faire éclore de nouvelles idées », souligne le communiqué.

« Après le franc succès de la 22ᵉ édition, dédiée au cinéma d’animation italien, cette année, le FICAM s’engage à explorer de manière approfondie les liens qui unissent ces deux univers. Les discussions porteront sur les interactions entre le cinéma d’animation et le développement de jeux vidéo, ainsi que sur la responsabilité sociétale des entreprises dans ces domaines en pleine expansion », explique-t-on.

L’ouverture sera marquée par la projection en avant-première du film Flow, couronné d’un César et d’un Oscar, avec un palmarès impressionnant au Festival d’Annecy et plus d’un million de spectateurs à l’international.

Le festival proposera, comme à son habitude, des master classes, des rencontres avec des professionnels internationaux, des projections et des ateliers destinés aux étudiants des grandes écoles et aux passionnés de l’animation.

Ce que l’on sait du projet de la Cité du Gaming au Maroc

Au Maroc pour quelques jours, Young Mok Park, fondateur et CEO de Proxy Planet, a enchaîné les rencontres.

« Je suis venu au Maroc pour donner des conseils au ministère de la Jeunesse concernant le lancement de la Cité du Gaming, mais aussi pour une collaboration top down« , nous a-t-il expliqué lundi 17 octobre entre deux rendez-vous avec des officiels marocains. 

Au programme de sa visite, des réunions avec Mehdi Bensaïd, ministre de la Jeunesse, de la culture et de la communication ; Hicham El Khlifi, président de la Fédération royale marocaine des jeux électroniques ; et Mohcine Jazouli, ministre délégué chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques.

Young Mok Park a fait le tour des universités, notamment l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) à Benguerir et l’Université Ibn Tofail à Kénitra.

Qui est ce Sud-Coréen venu au Maroc pour « conseiller le ministère de la Jeunesse dans le cadre du lancement de la Cité du Gaming » à Rabat, pour reprendre ses propos, et dont le CV est quasi introuvable sur internet ? Que compte-t-il apporter au Maroc ?

Un « vétéran » de l’industrie du gaming

Récemment créée, Proxy Planet se présente comme une entreprise spécialisée dans laccompagnement des organisations pour leur expansion et leur exploration de marché. Elle offre des services dexpertise et de conseils en matière déducation, de jeux et de eSport, ainsi que de collecte de fonds.

Young Mok Park, lui, se présente comme un « vétéran de l’industrie du jeu vidéo, avec plus de 30 ans dexpérience dans ce domaine ». Dans la documentation officielle fournie à la partie marocaine, il assure avoir été « impliqué » dans le lancement de plusieurs jeux à succès dont Age of Empires chez Microsoft, Lineage 2 chez NCSoft et World of WarCraft chez Blizzard Entertainment.

De plus, il assure avoir dirigé la branche sud-coréenne de Crytek, un développeur de jeux vidéo indépendant basé en Allemagne, avant de créer Orangecrew, « la plus grande société de production et de développement de jeux mobiles en Corée du Sud », puis récemment Proxy Planet, quil gère avec son associé marocain Othmane Guerrou.

Une collaboration top down

Lors de notre bref échange avec Young Mok Park, il nous explique également que son objectif dans un premier temps est de discuter avec le ministère de la Jeunesse dun plan favorable au rayonnement international de la Cité du Gaming et de mettre en oeuvre un transfert de technologies et de savoir-faire sud-coréen avant denvisager des collaborations avec des universités, des entreprises et des particuliers au Maroc.

« Le Maroc a un grand potentiel dans le gaming. Ses jeunes sont extrêmement doués et se distinguent déjà à l’international. On a d’ailleurs visité l’école 1337, spécialisée dans le codage informatique, à Khouribga, et j’ai été plus que surpris. Je suis certain que l’on peut créer très prochainement avec les compétences marocaines des jeux vidéo de qualité et à succès dans le monde entier », poursuit notre interlocuteur.

« Le Maroc ne fait pas ses premiers pas dans le gaming ; cet écosystème manque toujours d’organisation dans le pays. Nous sommes donc ici simplement pour créer un écosystème marocain indépendant et aider le pays à devenir un des leaders mondiaux et surtout régionaux » de ce secteur.

Quid de l’écosystème du gaming marocain ?

Ce projet est dailleurs une des priorités du mandat du ministre de la Culture. En avril 2022, avant même lannonce officielle de la construction de la Cité du Gaming, le ministre de la Jeunesse avait déclaré à Médias24, vouloir « mettre en place un écosystème du gaming au Maroc qui passera par la création de jeux vidéo ».

Mehdi Bensaïd nous avait également fait part de son ambition de créer des Cités du Gaming avec des bâtiments mis à disposition de grands éditeurs mondiaux (Konami, Sony) pour qu’ils puissent dispenser leur savoir-faire dans le cadre de formations complètes à leur personnel. « L’idée est de faire naître une industrie du gaming qui pèsera à terme 0,5% à 1% du marché mondial, estimé à 1.000 milliards de dollars », soulignait-t-il.

Six mois plus tard, le ministre annonçait, lors du Morocco E-Sport Summit, en octobre 2022, la préparation de la future Cité du Gaming. Une infrastructure totalement dédiée aux jeux vidéo. Celle-ci bénéficiera d’une très bonne connectivité avec tous les moyens de transport et s’étalera sur une superficie globale de 5 hectares. Elle disposera de salles de réunion et de formation, de locaux techniques, despaces d’accueil ainsi que dopen space et de bureaux pour l’encadrement. La Cité du Gaming offrira aussi des services extérieurs conventionnés, notamment une clinique, des établissements de formation et un hôtel.

Où en est ce projet aujourdhui ? Son lancement est prévu pour 2024, nous affirme une source autorisée au ministère de la Jeunesse. « La stratégie de lancement de ce projet denvergure est déjà établie et prête à être mise en oeuvre. Nous avons fait appel au CEO de Proxy Planet, non pas pour du conseil mais pour vendre nos idées et stratégies aux grandes boîtes étrangères », tient à préciser notre source.

« Young Mok Park a une grande base de données et pourra attirer des investisseurs étrangers au Maroc, auxquels il a un accès direct. Lidée est dassurer la visibilité du Maroc à linternational dans le domaine des jeux vidéo », poursuit notre source.

Un rayonnement mondial à l’horizon 2030

Le PDG de Proxy Planet nous explique que sa stratégie pour le Maroc s’articule autour de quatre objectifs : faire du Maroc un leader africain en matière d’industrie des jeux vidéo ; faire découvrir et donner de la visibilité aux talents marocains ; faire émerger de grandes entreprises marocaines de création de jeux vidéo indépendants ; ouvrir au Maroc une boîte de conseil en jeux vidéo équivalente à Proxy Planet. 

A la question de savoir quand ces objectifs pourront être atteints, Young Mok Park prévoit un minimum de deux ans pour constater les premiers résultats, soit une année après le lancement de la Cité du Gaming qui, rappelons-le, sera située dans l’arrondissement de Yacoub El Mansour à Rabat, à proximité du quartier des étudiants de Madinat Al Irfane.

Proxy Planet et son fondateur pourront-il aider le Maroc à concrétiser son ambition ? L’avenir nous le dira. En attendant, les projets de Mehdi Bensaïd sur ce secteur sont, eux, confirmés et maintenus.