Batteries électriques. Umicore s’associe à COBCO pour sécuriser sa chaîne d’approvisionnement

Le groupe Umicore et la coentreprise COBCO, formée par le groupe chinois CNGR et le fonds d’investissement Al Mada, ont signé un accord à long terme pour la fourniture de précurseurs de matériaux actifs cathodiques (pCAM), des matériaux essentiels aux batteries de véhicules électriques, comme l’indique un communiqué d’Umicore daté du jeudi 27 mars 2025.

Conformément aux termes de cet accord, COBCO commencera à fournir dès le début de 2026 des précurseurs de matériaux actifs cathodiques sous la technologie NMC (nickel-manganèse-cobalt) depuis sa base industrielle récemment mise en service à Jorf Lasfar. Les matériaux fournis par COBCO seront utilisés dans le cadre des contrats existants d’Umicore en Amérique du Nord et en Asie.

Les précurseurs de matériaux actifs cathodiques sont des composants essentiels pour améliorer l’efficacité des batteries lithium-ion. Ils sont généralement constitués de sulfates de nickel, de cobalt et de manganèse, obtenus par recyclage de batteries ou traitement de minerais. Ces poudres noires, souvent des hydroxydes ou des oxydes métalliques complexes, sont mélangées avec un sel de lithium puis traitées thermiquement pour obtenir les matériaux actifs.

« Cet accord marque une étape clé dans l’ambition de COBCO de devenir un fournisseur stratégique de matériaux pour batteries, à faible émission carbone et de haute qualité, pour les leaders mondiaux de l’électromobilité », a annoncé Allen Luo, PDG de COBCO.

Basé à Bruxelles, Umicore développe des solutions pour les batteries de voitures électriques et le recyclage des métaux. Avec 14,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024 (dont 3,5 milliards de résultat hors métaux), le groupe a récemment mis en œuvre une stratégie à l’horizon 2028 visant à maximiser la création de valeur et à développer des partenariats-clés.

Cet accord de fourniture complète la production de précurseurs cathodique d’Umicore en Finlande, qui a une capacité de production annuelle de 20.000 tonnes, et en Chine, où la capacité est de 80.000 tonnes par an.

« Nous sommes fiers de contribuer aux engagements d’Umicore en matière d’approvisionnement responsable et d’économie circulaire, tout en ancrant la production de matériaux critiques pour batteries au Maroc », a déclaré Allen Luo, PDG de COBCO.

Inaugurée fin janvier 2025, la base industrielle de Jorf Lasfar a commencé à produire ses premières lignes de précurseurs de matériaux actifs cathodiques (pCAM) à base de nickel-manganèse-cobalt (NMC), avec un objectif de capacité annuelle de production de 120.000 tonnes de pCAM.

La station de dessalement de Jorf Lasfar desservira Casablanca en eau potable dès fin septembre

Construite en 2015 avec une capacité de production de 25 millions de mètres cubes par an, la station a vu sa capacité de production augmenter à 45 Mm3/an en 2022, grâce à l’extension menée dans le cadre de la mise en œuvre du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation (PNAEPI 20-27) visant à pallier le déficit pluviométrique.

Ce projet d’extension de la station de dessalement a consisté au début en une augmentation de la production de 15 Mm3 par an, suivie d’une autre dotée de 45 Mm3 d’eau de production annuelle, dont 30 Mm3 destinés à la ville d’El Jadida et aux régions avoisinantes.

La station de dessalement de Jorf Lasfar, l’une des plus importantes à l’échelle nationale, a pour ambition de franchir le cap d’une production de 300 Mm3 d’eau potable d’ici 2026, dans l’optique d’une riposte significative à la situation de stress hydrique.

Lors d’une visite à la station, Otmane Abousselham, responsable de la production chez OCP Green Water, société spécialisée dans le dessalement et le traitement des eaux usées, a souligné dans une déclaration à la presse que le groupe OCP, en partenariat avec le ministère de l’Intérieur, a mis en place la société “OCP Green Water” en tant que levier d’accompagnement de la stratégie nationale de lutte contre le stress hydrique.

Le premier projet développé fut la station de traitement de Jorf Lasfar, dont l’objectif principal était de couvrir, lors de la première phase, 100% des besoins du complexe industriel de Jorf Lasfar en eau non conventionnelle, a-t-il rappelé.

La deuxième phase, a-t-il poursuivi, a porté notamment sur la mobilisation de 30 Mm3/an ayant permis dès février 2024 de couvrir 100% des besoins en eau potable de la ville d’El Jadida.

M. Abousselham a affirmé que les travaux d’extension et de développement en cours permettront d’augmenter les capacités de dessalement de l’eau de mer afin de desservir la zone située au sud de Casablanca à raison de 60 Mm3/an.

Les travaux de construction ont débuté en avril de l’année en cours, alors que l’approvisionnement de la ville de Casablanca en eau potable commencera progressivement vers la fin de septembre prochain.

Parallèlement, a poursuivi M. Abousselham, de nouvelles extensions sont actuellement en cours pour approvisionner d’autres régions à l’instar de la ville de Khouribga.

Vers une capacité de 560 Mm3 par an

Tous les projets réalisés ou en cours de mise en œuvre visent à porter, d’ici 2026, la capacité de production annuelle d’eau à 300 Mm3/an au niveau de la station de Jorf Lasfar, a-t-il précisé, notant que cet objectif s’inscrit dans la stratégie globale de l’OCP visant une capacité de 560 Mm3 par an.

Pour accompagner l’extension et le développement de la station de dessalement d’eau de mer de Jorf Lasfar, des travaux sont en cours pour la construction d’une station de pompage qui permettra de desservir deux stations de traitement.

À ce sujet, Zakaria Hour, ingénieur à l’Office régional de mise en valeur agricole (ORMVA) des Doukkala, chargé de la gestion de cette station de pompage, a souligné que cette dernière, dotée de cinq pompes et un débit total de 2,2 m3/s, va fonctionner, dans la première phase du plan d’urgence, avec deux pompes qui seront mises en service pour alimenter la région de Casablanca-Settat avec un débit total d’environ 1.000 L/s, dès le mois de septembre prochain, a-t-il expliqué.

La deuxième phase de ce projet, dont les travaux ont commencé en mai dernier, prévoit la mise en service des deux autres pompes en octobre prochain, tandis que la cinquième pompe servira de pompe de secours, a-t-il détaillé.

En plus de la station de pompage, le projet comprend une canalisation de 54 km de long et de 1.600 mm de diamètre qui transportera l’eau dessalée, en plus d’une conduite de raccordement entre les stations de traitement Daourat et Seoer d’une longueur de 11,4 km et d’un diamètre de 800 mm, a-t-il relevé, notant que cette conduite de raccordement a été mise en service en juillet 2024 et qu’elle pompe actuellement environ 44.000 m3 d’eau par jour.

M. Hour n’a pas manqué de mettre en garde que cet effort national colossal ne peut se substituer à l’adoption de pratiques quotidiennes favorables à la préservation des ressources hydriques et à la rationalisation de leur usage dans tous les domaines.

Le Maroc a lancé une série de chantiers stratégiques pour l’approvisionnement constant en eau potable pour l’ensemble de la population, tout en satisfaisant les besoins en irrigation, notamment la réalisation de la conduite de transfert d’eau brute entre le bassin hydraulique de Sebou et celui de Bouregreg permettant la sécurisation en eau potable d’une population de l’ordre de 10 millions d’habitants des régions de Rabat-Salé-Kénitra et de Casablanca-Settat.

Il s’agit également de la réalisation de 9 nouvelles stations de dessalement d’eau de mer pour une capacité globale de 202 Mm3/an au profit de la population de plusieurs villes, dont celle d’El Jadida, en plus du lancement des travaux de 6 stations de dessalement pour une capacité globale de 360 Mm3/an pour sécuriser principalement l’alimentation en eau au niveau de Casablanca, Settat, Berrechid, entre autres.

(Avec MAP)

Installation au port Jorf Lasfar d’un marégraphe pour la détection des tsunamis (université)

Initié dans le cadre du projet Coastwave par le laboratoire géosciences marines et sciences du sol de l’Université Chouaib Doukkali (UCD) et le Centre national de recherche scientifique et technique, en partenariat avec l’Intergovernmental Oceanographic Commission (IOC-UNESCO), ce projet contribuera, selon ses initiateurs, à la prévision des phénomènes naturels résultant des tsunamis, afin de trouver les moyens appropriés pour y répondre.

L’installation au port de Jorf Lasfar d’un marégraphe, a indiqué le Pr. Khalid El Khaldi, coordinateur du projet dans une déclaration à la MAP, a un double usage. Le premier, a-t-il expliqué, concerne la mesure en continu du niveau de la mer et le transfert de la donnée en temps réel. Cette tâche est très utile pour les travaux de recherche sur les changements climatiques et variation de niveau marin. Le deuxième usage, a-t-il poursuivi, est conçu pour détecter les variations brusques des niveaux de la mer.

« L’intérêt de la mise en place d’une telle structure, a détaillé Pr El Khaldi, est de prévoir pour pouvoir lancer une alerte dans un temps compatible avec les capacités de réaction des services compétents ».

À noter que la faculté des Sciences d’El Jadida a organisé, mercredi, une journée de formation au profit d’une vingtaine de techniciens, portant sur « L’utilité et les aspects techniques du marégraphe ».