Premier coup de pioche pour la construction du technopark de Khémisset
La cérémonie de lancement des travaux de ce projet, qui nécessitera une enveloppe budgétaire de 15,2 millions de dirhams, s’est déroulée en présence notamment du gouverneur de la province, Abdellatif Ennahli, du président du conseil de la région de Rabat-Salé-Kénitra, Rachid El Abdi, ainsi que de responsables, d’élus et d’acteurs locaux.
Ce projet, dont la réalisation devrait s’étaler sur près de 10 mois, s’inscrit dans le cadre du programme de développement régional de Rabat-Salé-Kénitra 2022-2027. Il vise à offrir un espace propice aux jeunes entrepreneurs, facilitant l’implantation et le développement de leurs startups, tout en encourageant l’innovation et en promouvant les domaines d’excellence dans le secteur des technologies.
Il ambitionne également de renforcer les résultats de la recherche scientifique et technologique, de favoriser la création d’entreprises et d’emplois, ainsi que de soutenir les petites et moyennes entreprises (PME).
La réalisation de ce projet intervient conformément à une convention-cadre portant sur la création d’incubateurs technologiques au sein de la région, ainsi qu’à une convention spécifique dédiée à l’implantation d’un incubateur technologique dans la province de Khémisset.
Dans une déclaration à la presse, la directrice de l’Agence régionale d’exécution des projets (AREP) de Rabat-Salé-Kénitra, Lamia Benabdillah, a indiqué que le futur technopark de Khémisset ambitionne de soutenir les jeunes entrepreneurs et de les accompagner dans leur parcours et leurs activités.
Ce projet ambitieux permettra d’accueillir 58 start-ups, a-t-elle fait savoir, ajoutant que cette nouvelle plateforme aura un impact positif sur la province de Khémisset à travers l’accompagnement des jeunes de la région dans les domaines des technologies et des innovations, tels que l’agriculture et l’informatique.
Prévu sur une superficie totale de 2.027 m², le technopark de Khémisset comprendra 34 bureaux destinés aux start-ups, trois espaces de coworking, une salle de réunion, ainsi que deux espaces de services de proximité.
Emmerson PLC : nouvelle émission d’actions pour récompenser sa direction
Dans un communiqué publié le 12 décembre 2024, la compagnie britannique Emmerson a annoncé l’augmentation de son capital social par l’émission de 12 millions d’actions ordinaires sans valeur nominale, pour son conseil d’administration, en lieu et place de rémunérations en cash. Celles-ci ont été suspendues depuis le 28 octobre 2024 après le rejet final de l’étude d’impact sur l’environnement de leur projet de construction d’une mine de potasse dans la province de Khémisset.
À l’issue de cette émission, le capital social de la société sera composé de 1.281.866.195 actions ordinaires sans valeur nominale.
Cette récompense consentie à la direction intervient après une levée de fonds d’environ 1,08 million de dollars auprès d’investisseurs spécialisés dans le financement de litiges, obtenue le 6 décembre dernier grâce à un placement privé sursouscrit. Cette levée de fonds servira à financer les initiatives stratégiques en cours de la société, en particulier les frais de licenciement, les frais juridiques liés au litige et les rémunérations des témoins clés dans l’arbitrage.
Suivant la même logique, Emmerson envisage d’attribuer une nouvelle tranche d’actions de récompense dès que le financement intégral du litige aura été obtenu. D’un autre côté, la société émettra 17 millions d’actions à destination d’un consortium d’investisseurs ayant joué un rôle clé dans le litige Green X contre le gouvernement polonais, concernant un blocus du projet de mine de charbon. Ces actions seront attribuées aux mêmes conditions que les bons de souscription, afin de renforcer leur implication dans cette affaire.
En ce qui concerne son litige avec les autorités marocaines, Emmerson note l’absence de développement par rapport à ce qui a été annoncé précédemment par l’entreprise concernant le défaut de réactivité du gouvernement marocain en réponse à « sa main tendue » pour trouver une solution amiable et éviter le recours au CIRDI.
Rappelons qu’Emmerson a saisi le CIRDI après avoir épuisé tous les recours possibles contre le rejet répété, par la Commission régionale unifiée de l’investissement relevant du CRI de la région Rabat-Salé-Kénitra, de son étude d’impact environnemental pour un projet minier de potasse à fort potentiel. Et cela, en dépit d’un potentiel minier de potasse considérable dans la région (ressources d’environ 537 millions de tonnes de potasse à une teneur de 9,24%) et de l’importance stratégique de la potasse pour l’agriculture marocaine qui dépend actuellement de l’importation pour couvrir ses besoins en cette ressource essentielle à la fabrication d’engrais.
Atlantic Tin : coup de pouce financier pour le projet minier d’étain à Achemmach (Province de Khémisset)
Les 5 millions de dollars levés comprennent un million de dollars contre 7.514.277 d’actions ordinaires, émises au prix de 0,12 dollar par action, et 4 millions de dollars en financement par redevances, assorti d’une redevance brute de 1,2% sur les futurs revenus liés à la production d’étain, annonce Atlantic Tin dans un communiqué publié le vendredi 22 novembre.
Suite à la finalisation des démarches requises, Atlantic Tin a reçu la première partie du financement provenant de l’opération de placement alors que le versement des quatre millions de dollars restant, provenant du financement par redevances, est prévu pour le début de la semaine prochaine. Elle prévoit d’utiliser principalement ces fonds pour accélérer l’étude de faisabilité définitive prévue pour le premier trimestre 2025.
Dans le cadre de cette opération de financement, Pala Investments, fonds d’investissement minier suisse et principal actionnaire d’Atlantic Tin, a accepté de convertir 7,4 millions de dollars de son prêt actionnaire en actions ordinaires ce qui augmentera sa participation, à la clôture de la conversion de la dette, à 72,74% du capital d’Atlantic Tin.
Portefeuille minier d’Atlantic Tin
Situé à environ 50 km au sud-ouest de Meknès, ce projet minier a vu le jour en 2005 grâce à un partenariat entre l’ONHYM et Kasbah Resources (ancienne appellation d’Atlantic Tin). Depuis qu’elle a acquis la propriété exclusive en 2011, Atlantic Tin n’est pas parvenue à lancer la construction de la mine, malgré de nombreuses années de développement. Les dernières estimations de ressources de l’entreprise (novembre 2024) indiquent que le gisement d’Achemmach renfermait environ 39,1 millions de tonnes de minerai, avec une teneur moyenne en étain de 0,55%, représentant un potentiel de production d’environ 213.000 tonnes de métal.
Rappelons qu’Atlantic Tin a acquis cette année Samine, la filiale de Managem spécialisée dans l’exploitation de la fluorine. Cette acquisition a permis à la société d’étendre considérablement sa zone d’exploitation, débloquant ainsi des ressources additionnelles en étain. Face à ce potentiel élargi, une nouvelle étude de faisabilité a été lancée, dont les résultats, initialement prévus fin 2024, devraient permettre de définir un calendrier de construction de la mine sur 18 mois pour une production envisagée à partir de 2026.
Projet de potasse de Khemisset : Emmerson menace de recourir au CIRDI
Dans un communiqué publié ce vendredi 1er novembre 2024, Emmerson a annoncé avoir notifié au gouvernement marocain un différend relatif à son investissement. Cette décision fait suite au refus des autorités d’approuver l’étude d’impact environnemental du projet minier, malgré les engagements pris par la compagnie. En vue de cela, Emmerson a mandaté le cabinet Boies Schiller Flexner LLP pour la représenter dans ce litige.
Entamé en 2020, le processus d’obtention de l’autorisation environnementale a été marqué par de nombreuses remises en question. Malgré trois versions successives de l’étude d’impact soumises à la CRUI de Rabat-Salé-Kénitra, dont la dernière remonte à avril 2024, aucune décision favorable n’a été rendue à ce jour.
Dans une première étape, Emmerson a choisi de notifier le gouvernement marocain de son intention de soumettre une réclamation à l’arbitrage tout en l’invitant à engager des discussions concernant une indemnisation en espèces pour les dommages subis en vue de parvenir à une résolution amiable du différend. Si ses recours n’aboutissent pas, Emmerson a l’intention de soumettre une demande d’arbitrage au CIRDI pour demander des dommages-intérêts pour le préjudice subi, plus les intérêts, les frais et toute autre réparation que ce tribunal pourrait juger appropriée.
A la fin du communiqué, Emmerson rappelle l’importance stratégique de son projet pour le Maroc qui importe actuellement d’importantes quantités de potasse pour la synthèse de ses engrais.
Rappelons qu’Emmerson a épuisé tous les recours prévus par l’article 37 de la loi 47-18 pour obtenir l’autorisation environnementale qu’elle considère comme justifiée compte tenu de son caractère économique et respectueux de l’environnement.
Basé sur un seul actif minier, l’entreprise actuellement lutte pour sa survie.
Potasse de Khémisset : la compagnie Emmerson prise au piège de l’impact environnemental
En 2018, la compagnie britannique Emmerson a identifié un potentiel important en potasse dans la région de Khémisset et a lancé les premières études pour développer le projet de la plus grande mine de potasse en Afrique. Bien qu’elle ait obtenu le permis en 2021, le démarrage des travaux de construction de cette mine a été retardé à plusieurs reprises, malgré les avancées significatives réalisées en matière d’exploration.
Depuis l’annonce du 14 octobre d’une nouvelle recommandation défavorable concernant l’étude d’impact environnemental, le cours de l’action est en chute libre, perdant 68% de sa valeur en seulement cinq jours. Cette chute s’explique par les difficultés persistantes à obtenir les autorisations environnementales nécessaires, ainsi que par le retard considérable pris par le projet dont le démarrage de la construction aurait dû intervenir au plus tard en 2022 pour une première production en 2024.
Cours de l’action Emerson Plc : mai-octobre 2024
Le processus d’obtention de la conformité environnementale, entamé en 2020, a subi de multiples retards. Trois versions des études d’impact ont été soumises à la CRUI de Rabat-Salé-Kénitra, dont la dernière date du mois d’avril 2024, mais sans aboutir à une décision favorable.
Conformément à l’article 29 de la loi n° 47-18, cette Commission est chargée d’examiner les études d’impact sur l’environnement et de rendre un avis sur l’acceptabilité environnementale des projets d’investissement soumis à son évaluation.
L’entreprise affirme mettre tout en œuvre pour respecter les normes environnementales, mais sans pouvoir arriver à une approbation pour la conformité environnementale du projet minier de la potasse.
Pourquoi tant de lenteur ?
En effet, l’exploitation d’une mine de potasse peut avoir des conséquences néfastes sur l’environnement en raison des importants volumes de déchets miniers produits. En l’absence de solutions de traitement efficaces, ces déchets pourraient avoir des répercussions négatives sur les populations riveraines, selon un expert en ingénierie minière.
À l’échelle internationale, de nombreuses entreprises minières exploitant la potasse sont à l’origine de problèmes environnementaux. Certaines d’entre elles rejettent les saumures dans les lacs, voire dans les océans, afin d’éliminer leurs déchets miniers.
En Catalogne, l’exploitation des mines de potasse de la région de Bages génère d’importants revenus, de l’ordre de plusieurs centaines de millions d’euros par an. Cependant, les conséquences sur les ressources en eau sont dramatiques. La salinisation des sources, des aquifères et des cours d’eau, liée à l’accumulation de 5.000 tonnes de produits par an, a rendu l’eau de la région de Barcelone impropre à la consommation sans un traitement de dessalement préalable. Cette situation est d’autant plus préoccupante que la région a connu cette année une sécheresse exceptionnelle.
Une étude espagnole a mis en évidence l’impact environnemental considérable de l’exploitation de la potasse dans cette région catalane où pour chaque kilogramme de potasse produit, pas moins de 3 kilogrammes de déchets miniers salins sont générés. Ces déchets sont stockés à ciel ouvert, formant de vastes montagnes de sel. Cette étude précise qu’en cas de précipitation, la pluie dissout le sel facilitant son intégration dans le sous-sol, augmentant ainsi la salinité de l’eau et dégradant sa qualité. De plus, ces déchets contiennent d’autres substances potentiellement dangereuses pour la santé humaine, pouvant présenter des propriétés mutagènes et cancérogènes.
Les eaux de lixiviation, en interaction avec les conditions environnementales, peuvent altérer la composition chimique des sols et des eaux souterraines, entraînant une dégradation de la végétation environnante comme c’est le cas de cette mine en Russie.
Région affectée par l’exploitation de la potasse en Russie, un des principaux producteurs mondiaux. (Perevoshchikova et al. 2024)
L’acceptabilité environnementale apparaît donc problématique pour ce type d’exploitation. Ce projet qui, malgré son potentiel économique, pourrait nuire à toute une population riveraine, si la gestion des déchets miniers n’est pas efficace, nécessite par conséquent d’être entouré des conditions et critères les plus sévères.
Cependant, les avancées technologiques ont permis d’apporter un ensemble de solutions permettant une exploitation respectueuse de l’environnement. Pour garantir l’efficacité des solutions, les experts s’accordent que chaque mine présente des caractéristiques spécifiques et nécessite une étude spécifique afin de mettre en place les méthodes de gestion des déchets les plus adaptées. Par conséquent, il n’est pas possible de généraliser et d’imposer des méthodes standards.
Rappelons que les études d’impact sur l’environnement sont indispensables pour une liste exhaustive de projets qui peuvent porter atteinte à l’environnement et, parmi eux, figurent les mines et le traitement des métaux tel que cité dans la loi 12.03 relative à l’étude d’impact sur l’environnement.
Ce que propose Emmerson pour atténuer l’impact environnemental
Pour sa part, Emmerson considère que les conditions d’exploitation de la mine de Khémisset sont avantageuses en termes de coûts et de conditions géologiques. L’entreprise souligne notamment l’absence d’aquifère souterrain dans la zone d’exploitation.
Initialement, l’entreprise britannique, en collaboration avec Reminex, une filiale d’ingénierie de Managem, a développé une solution d’approvisionnement en eau utilisant les eaux traitées de la station d’épuration de Khémisset en remplacement de l’ancien procédé consistant à pomper l’eau en amont du barrage Ouljet Essoltane. L’entreprise a opté également pour une méthode de stockage sec des résidus miniers pour réduire l’impact du ruissellement des résidus.
Cycle de production de la potasse de Khémisset (Source : Emmerson PLC).
En l’absence d’approbation, l’entreprise a mis au point un nouveau procédé d’exploitation visant à répondre aux exigences environnementales. Ce procédé consiste à remplacer l’injection en puits profond, une méthode requérant d’importantes quantités de fluides, par le recyclage des saumures. Au lieu de jeter ces saumures comme des déchets, l’entreprise les valorise en produisant davantage de sous-produits tels que la struvite et la vivianite. Ces substances, considérées comme des engrais à libération lente, permettent de traiter le lessivage des phosphates dans les terres agricoles.
Actuellement, l’entreprise est en train d’évaluer ses prochaines actions, notamment de prendre connaissance des options réglementaires et juridiques à sa disposition pour un éventuel recours afin de défendre ses intérêts.
Conformément à l’article 37 de la loi 47-18, toute décision de refus de la Commission régionale doit être motivée. L’investisseur concerné peut former un recours gracieux auprès du wali de région ou un recours hiérarchique devant la Commission ministérielle de pilotage.
En attente d’une conformité environnementale, ce projet minier promet de générer un résultat d’exploitation avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (EBITDA) d’environ 440 millions de dollars par an sur une durée de vie de mine initiale de 19 ans.
À Oued Beht, des archéologues découvrent l’une des plus antiques « sociétés agricoles »
Le site de peuplement de Oued Beht, qui, selon les chercheurs, a existé entre 3400 av. J.-C. et 2900 av. J.-C., suggère que le Maghreb a joué un rôle crucial dans la formation du bassin occidental de la Méditerranée durant le Néolithique, ou l’âge de la pierre nouvelle.
L’importance de la région durant la période paléolithique, qui s’étend d’environ 2,5 millions d’années à 10000 av. J.-C., ainsi que durant l’âge du fer (1200 av. J.-C. à 550 av. J.-C.) et la période islamique (de 622 à 1258), était déjà bien établie. Cependant, le rôle joué par ses rivages africains, à l’ouest de l’Égypte, durant cette période était jusqu’à présent moins bien compris.
Cette nouvelle découverte, fruit d’une collaboration entre l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine (INSAP) de Rabat, l’Institut des sciences du patrimoine culturel du Conseil national de la recherche en Italie (CNR-ISPC), le McDonald Institute for Archaeological Research de l’Université de Cambridge et l’Association internationale d’études méditerranéennes et orientales (ISMEO), a révélé une société du Néolithique final (3400-2900 avant l’ère chrétienne) jusqu’ici inconnue.
Les archéologues affirment que les preuves trouvées à Oued Beht tendent vers la présence d’un grand établissement agricole – d’une taille similaire à celle de la Troie de l’âge du bronze ancien. Les découvertes incluent des restes de plantes et d’animaux domestiqués ainsi que de la poterie, tous datant du Néolithique final (4500 à 3200 av. J.-C.).
Les fouilles ont également révélé des fosses de stockage profondes, similaires à celles trouvées de l’autre côté du détroit de Gibraltar en Ibérie, où des objets tels que l’ivoire et des œufs d’autruche ont depuis longtemps suggéré des connexions africaines.
L’étude, publiée dans la revue Antiquity de l’Université de Cambridge, indique : « La poterie utilisée pour la préparation, la consommation et le stockage des aliments, certaines ornées de décorations élaborées, était en usage aux côtés d’une industrie d’outils en pierre taillée et d’une provision à grande échelle de meules et de haches/ciseaux en pierre polie, dont certaines ont été fabriquées sur place. Les aliments issus d’une suite typiquement méditerranéenne d’animaux domestiques et de cultures étaient traités et consommés, et, dans le cas des cultures, peut-être stockés en grande quantité ».
Les archéologues affirment que cette découverte comble une lacune importante en matière d’informations sur la région qui borde le désert du Sahara et offre le passage maritime le plus court entre l’Afrique et l’Europe.
« Pendant plus de trente ans, j’ai été convaincu que l’archéologie méditerranéenne manquait quelque chose de fondamental concernant la préhistoire tardive de l’Afrique du Nord », a déclaré à The NationalCyprian Broodbank, professeur d’archéologie à l’Université de Cambridge. « Maintenant, enfin, nous savons que j’avais raison, et nous pouvons commencer à réfléchir à de nouvelles façons pour reconnaître la contribution dynamique des Africains à l’émergence et aux interactions des premières sociétés méditerranéennes ».
Les découvertes montrent que l’absence d’informations était due non pas à un manque d’activités préhistoriques majeures, mais à une relative absence de recherches et de publications, a-t-il ajouté. Le site de Oued Beht confirme le rôle central du Maghreb dans l’émergence à la fois de sociétés méditerranéennes et africaines plus larges, selon les chercheurs.
Les chercheurs ont écrit : « Il est crucial de considérer Oued Beht dans un cadre plus large d’évolution co-connective, englobant des peuples des deux côtés de la porte d’entrée méditerranéenne-atlantique au cours des quatrième et troisième millénaires avant J.-C., et, en tenant compte des mouvements dans les deux directions, de le reconnaître comme une communauté distinctement africaine ayant contribué de manière substantielle à la formation de ce monde social ».
Mines. Atlantic Tin sera-t-elle dans la capacité d’ouvrir la mine d’Achmmach?
Après avoir trouvé un accord avec Managem, ancien opérateur de la mine d’El Hammam, pour l’acquisition des parts de Samine, de nouvelles perspectives de développement se sont offertes à Atlantic Tin qui veut capitaliser sur ce nouvel actif pour la réactivation de son projet d’étain d’Achmmach reporté à plusieurs reprises.
Le périmètre minier de Samine, qui permet la jonction entre le projet Achmmach et le prospect Bou El Jaj, est deux fois plus large que ces deux prospects miniers.
Présente au Maroc depuis 2005, Atlantic Tin prospecte les ressources en étain dans la localité d’Achmmach, initialement identifiées par l’ONHYM avant d’être cédées intégralement à cette compagnie australienne en 2011.
Situé à environ 50 km au sud-ouest de la ville de Meknès, le développement de ce prospect minier a conduit à des estimations de ressources très importantes.
Atlantic Tin développe deux portefeuilles miniers, dont la continuité de la minéralisation d’étain a été mise en évidence : celui d’Achmmach, un gisement d’étain de classe mondiale, et celui de Bou El Jaj, situé à 8 km au sud-ouest d’Achmmach et présentant des ressources additionnelles.
Projet Achmmach, des ressources confirmées
Le prospect d’Achmmach abrite une minéralisation continue sur 1,6 km. Ce corps minéralisé est parmi les plus larges au monde. Les estimations des ressources mesurées et indiquées dans ce prospect sont d’environ 22 millions de tonnes à 0.7% d’étain, soit 160.000 tonnes d’étain, avec un potentiel de développement le long de la direction de la minéralisation et de la profondeur.
Dimension du corps minéralisé principal du prospect d’Achmmach (source : Atlantic Tin)
Outre le projet Achmmach, l’entreprise a mis en évidence des ressources supplémentaires à Bou El Jaj, où elle détient une seconde licence disposant de ressources additionnelles en étain, mais de moindre importance.
La nouvelle acquisition des parts de la filiale de Managem permettra de s’ouvrir sur une surface plus importante, qui pourrait débloquer des ressources en étain supplémentaires.
Nouveau portefeuille minier d’Atlantic Tin
La dernière étude de faisabilité datant de 2019 a évalué les coûts d’exploitation à 9.176 dollars par tonne, permettant un retour sur investissement sur quatre ans, et un coût total d’exploitation durable de 11.435 dollars par tonne d’étain pour un prix dépassant le seuil de 30.000 dollars par tonne, contre seulement 21.000 dollars au moment de l’établissement de l’étude de faisabilité.
Les raisons du retard du projet
Programmé à plusieurs reprises, dont la dernière en 2021, la mine Achmmach n’a pas pu ouvrir et commencer l’exploitation, malgré l’amélioration importante du cours de l’étain dans le monde.
L’entreprise a réalisé l’ensemble des travaux d’exploration sur plusieurs années, l’étude FEED, l’étude de faisabilité ainsi que l’étude d’impact sur l’environnement qui expirera à nouveau en 2024.
Pour l’entreprise, ce retard est justifié par des travaux de reconnaissances continues et ceux visant à sécuriser la mine. Cependant, le junior d’exploration minière souffre depuis plusieurs années de difficultés de financement et manque de liquidité.
Le dernier audit financier a confirmé ce constat en soulignant qu’il existe une incertitude importante qui pourrait remettre sérieusement en question la capacité du groupe à poursuivre son activité et, en particulier, sa capacité à réaliser ses actifs et à s’acquitter de ses passifs dans le cours normal de ses activités.
En 2023, l’entreprise australienne a commencé l’année en changeant son nom de Kasbah Resources à Atlantic Tin et en procédant à un ensemble de changements dans la direction. À cela s’ajoute une opération de levée de fonds d’une durée d’une année pour financer son développement, qui s’est matérialisée par la sécurisation d’un financement de 3,5 millions de dollars sous forme de prêt convertible de la part de son actionnaire principal Pala investment, fonds d’investissement minier basé en Suisse.
En 2024, l’entreprise franchit une nouvelle étape en annonçant l’accord pour l’acquisition de 100% des parts de Samine, filiale de Managem exploitant précédemment la fluorine dans la mine d’El Hammam avant sa fermeture en 2021. À la suite de cette acquisition, l’entreprise a annoncé une nouvelle étude de faisabilité qui s’achèvera fin 2024, et qui concrétisera une programmation de la construction de la mine durant 18 mois et une production qui devrait commencer en 2026.
En considérant les problèmes financiers rencontrés par l’entreprise minière, l’année 2024 sera décisive car elle marquera le démarrage de la construction de la mine ou bien l’abandon du projet, d’autant plus que l’entreprise ne génère aucun profit depuis sa création.
L’acquisition de Samine est-elle une opération visant à exploiter les opportunités et les installations réutilisables de la mine d’El Hammam, ou bien une manœuvre d’expansion stratégique par augmentation de capital ? La fin de l’année devrait apporter des réponses plus claires à cette question.
La non-concrétisation de ces projets serait regrettable au regard de l’intérêt grandissant pour l’étain.
L’étain, minerai stratégique et critique
Considéré par plusieurs pays comme un minerai stratégique et critique, la demande en étain ne cesse d’augmenter, surtout que plusieurs pays producteurs ont limité l’exportation pour des raisons industrielles, à l’instar de l’Indonésie qui souhaite renforcer son industrie électronique.
Au Maroc, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) préconise la nécessité d’une nouvelle politique minière à même de renforcer la souveraineté industrielle du pays qui pourrait aider à l’avènement de nouveaux champions industriels, en particulier l’industrie automobile qui prépare la transition vers la voiture électrique.
Sans une vision claire sur la chaîne d’approvisionnement des matières premières stratégiques, notre modèle de développement industriel peut être contraint par la fluctuation des marchés mondiaux et les ruptures d’approvisionnement.
À cet effet, une liste de 24 minerais stratégiques et critiques, dont l’étain, a été dressée par le CESE.
Avec les objectifs de transition énergétique, l’étain prendra plus de place dans les industries technologiques et énergétiques. En tant qu’alliage efficace, ce minerai est de plus en plus utilisé dans les composants électriques et électroniques. Outre son importance métallurgique, ce minerai devrait être utilisé comme substitut des éléments rares et très chers dans la fabrication des panneaux photovoltaïques.
C’est le sujet de plusieurs récentes inventions dont les cellules solaires à pérovskite sans plomb et les semi-conducteurs à gap direct constitués de cuivre, de zinc, d’étain et de soufre, utilisés pour réaliser des cellules photovoltaïques en couches minces.
Dans l’industrie automobile, l’étain entre principalement en tant qu’élément d’alliage dans le câblage en cuivre étamé, ainsi que dans plusieurs pièces automobiles (radiateur, pédales de freins, électroniques, réservoirs…). En ce qui concerne les nouvelles générations de batteries, les nouvelles technologies tendent à renforcer le rôle de l’étain, dont une invention chinoise, en cours de développement, d’une nouvelle batterie à flux redox étain-fer pour un stockage d’énergie à long terme et à faible coût.
Dans le monde, la majorité des réserves mondiales en étain sont détenues par la Chine à hauteur de 38 %, alors qu’en Afrique, la République démocratique du Congo et le Rwanda possèdent les plus grandes réserves.
Soumis à des fluctuations récurrentes, le prix de l’étain est en tendance généralement haussière et devrait augmenter davantage avec la consolidation de ses nouvelles utilisations.
Actuellement, le cours de l’étain avoisine 300.000 dirhams la tonne.
Evolution du cours de l’étain 2023-2024 (dollar/tonne)
L’ONHYM et l’UM6P renforcent leur partenariat pour le développement de l’hydrogène naturel et de la potasse
Ces deux accords sont relatifs à la recherche et au développement des potentialités de l’hydrogène naturel dans le bassin de Khémisset et de la potasse magmatique dans le complexe syénitique d’Aousserd.
Ces accords visent à développer les ressources en substances stratégiques essentielles pour différentes industries ou qui entrent dans la transition énergétique adoptée par le Maroc. Ces accords s’inscrivent dans le cadre du protocole d’accord signé en 2023 entre les deux organismes.
OCP lance un projet d’exploitation de potasse à Khemisset
Le groupe OCP lance un projet d’exploitation de la potasse en partenariat avec l’ONHYM dans la région de Khemisset, apprend Médias24 de source autorisée. Au niveau national, ce projet assurera l’autonomie du pays dans une ressource essentielle pour la nutrition des plantes et créera une nouvelle dynamique de développement socioéconomique dans la région, poursuit notre source.
Les deux licences d’exploitation couvrent une superficie de 176 km² dans les zones de Khemisset central, Sidi Daoud et Oued Beht, à 80 km à l’Est de Rabat.
Ce projet minier a déjà franchi plusieurs étapes clés, notamment la densification de l’exploration géologique, le lancement des études de faisabilité et la certification des ressources estimées à près de 350 millions de tonnes.
Les études et l’exécution du projet ont été confiées à JESA, filiale du groupe OCP spécialisée en ingénierie, conseil et gestion de projets.
Actuellement, le projet minier de Khemisset est à un stade avancé de progression. Afin d’atteindre les couches potassées, une galerie est en cours de creusement, atteignant à ce jour plus de 1.000 m, et une seconde sera entamée très prochainement.
Le groupe OCP assurera une exploitation durable du minerai potassique. Un programme de recherche a été, à cet effet, co-construit avec l’UM6P. Il vise le développement de procédés innovants pour le traitement du minerai, l’optimisation de l’utilisation de l’eau et la valorisation des rejets liquides et solides.
Les études architecturales du Technopark de Khémisset attribuées à Mabani Architects
À la suite d’un appel d’offres lancé par l’Agence régionale d’exécution des projets de la région Rabat-Salé-Kénitra, le cabinet d’architectes Mabani Architects, basé à Kénitra, s’occupera de la réalisation des études architecturales et du suivi des travaux de construction du Technopark.
Le Technopark de Khémisset sera doté, entre autres, de 34 locaux de 20 m² chacun, dédiés aux start-up, d’un espace de coworking de 60 m² et d’un espace de détente et de partage de 30 m².
Par ailleurs, un appel d’offres a récemment été lancé concernant les études techniques relatives à ce projet, pour un montant de 671.000 DH.