La Gazelle d’or : saisi par BoA, l’hôtel aux enchères pour 62 MDH
Après une relative accalmie, le bras de fer judiciaire entre La Gazelle d’Or et Bank of Africa connaît un nouveau regain d’intensité. L’établissement bancaire est en passe d’exécuter des jugements rendus en sa faveur contre le palace basé à Taroudant.
BoA, qui a mis la main sur les biens de son débiteur, a obtenu l’organisation de deux enchères judiciaires visant respectivement le foncier et le fonds de commerce de l’hôtel, dont la situation apparaît plus que jamais compromise.
Ordonnées récemment par le tribunal de première instance de Taroudant, les ventes se tiendront simultanément le 30 septembre 2025 dans la salle des enchères judiciaires. La première portera sur l’assiette foncière du palace, d’une superficie de 8,25 hectares comprenant des constructions hôtelières, une piscine et un jardin, avec un prix d’ouverture fixé à 47,75 millions de dirhams. La seconde concerne le fonds de commerce mis à prix à 15 millions de dirhams.
Ghita Bennis espère un revirement en Cassation
Ces mesures s’inscrivent dans la continuité de la procédure engagée par Bank of Africa à la suite d’un arrêt de la Cour d’appel confirmant une condamnation en paiement de plus de 27 MDH. Le contentieux porte sur des crédits impayés.
Malgré le pourvoi en cassation introduit par La Gazelle d’Or en décembre 2024, l’arrêt d’appel reste exécutoire, ce qui permet à la banque de diligenter saisies et ventes.
Représenté par sa gérante Ghita Bennis, le palace conteste l’existence même du crédit et plaide pour la nullité du prêt ainsi que des garanties qui l’accompagnent.
La Gazelle d’Or invoque également la responsabilité bancaire de son adversaire. Une expertise judiciaire, dont Médias24 détient copie, a confirmé une créance de 21 MDH mais pointé plusieurs irrégularités dans l’octroi du crédit en 2016 : octroi de facilités de caisse sans études préalables, libération de fonds sans justificatifs, absence d’états de synthèse pour l’exercice 2015 et violation de règles prudentielles de Bank Al-Maghrib.
Ces arguments n’avaient pas convaincu la Cour d’appel, qui avait rejeté la demande en responsabilité bancaire et confirmé la créance de BoA. Désormais, c’est devant la Cour de cassation que La Gazelle d’Or tente de renverser la tendance.
Introduit en décembre 2024, le pourvoi est encore à l’examen et semble buter sur l’étape de la notification, si l’on en croit les données disponibles sur la page de la haute juridiction. En attendant, le processus d’exécution se poursuit, le recours devant la Cour de cassation n’ayant pas d’effet suspensif.