Opérations de contrôles d’établissements hôteliers à Marrakech et Agadir

Pour connaître les ressorts de l’opération qui a concerné Marrakech et Agadir, Médias24 a interrogé plusieurs sources fiables qui nous ont déclaré que bien que ces mesures administratives étaient ponctuelles, elles s’inscrivent aussi dans la préparation de la bonne marche du Mondial 2030.

Une campagne pour faire le ménage à Marrakech

Se réjouissant de la fermeture temporaire durant trois mois de 31 petits hôtels non classés et maisons d’hôtes de la ville ocre, un grand hôtelier de la place estime que cette mesure du wali vient à point nommé pour rétablir l’ordre dans un secteur où l’informel prend une place croissante.

« Entre les escroqueries par des pseudo-professionnels qui ne payent aucune taxe au fisc et la vente d’alcool sans autorisation qui entraîne des nuisances nocturnes pour la tranquillité des riverains lors de soirées privées, notre image est impactée par les agissements de ces structures présentes sur les sites internationaux de réservation », dénonce notre source. Elle précise que la plupart possèdent leur propre site avec des offres encourageant la concurrence déloyale, mais aussi des publicités mensongères incitant les clients a payer à l’avance des prestations inexistantes.

Ramener les opérateurs clandestins dans le secteur formel

Et d’ajouter que malgré leurs agissements illégaux qui leur auraient valu partout ailleurs une fermeture définitive, les commissions de contrôle ont été indulgentes en leur imposant de fermer leurs portes durant un trimestre uniquement, le temps de s’organiser pour mettre fin au travail au noir et pouvoir rouvrir à terme en se concentrant sur l’hébergement.

Une indulgence qui s’expliquerait par l’espoir des autorités de ramener dans le secteur formel ces structures de 5 à 20 chambres, situées dans la vieille médina ou dans les environs de la ville ocre, qui emploient de nombreuses personnes.

Le prélude à d’autres contrôles dans les villes accueillant le Mondial ?

À une époque où le développement des réseaux sociaux ne permet plus de cacher la poussière sous le tapis, cette opération était d’autant plus nécessaire pour prévenir d’éventuelles réclamations à la veille d’organiser la CAN 2025, puis le Mondial 2030.

« Si ces opérations de contrôle sont ponctuelles, leur timing à Marrakech laisse penser que les villes qui vont accueillir les matchs du Mondial comme Casablanca, Fès, Rabat, Tanger et Agadir vont suivre », prédit l’opérateur qui estime que le nombre d’hébergements informels ou mal contrôlés dépasse de loin le parc hôtelier du Maroc.

À Agadir, 51 établissements contrôlés attendent le verdict des autorités

Interrogé sur d’éventuels contrôles similaires dans la deuxième destination touristique du Maroc, l’ancien président du CRT de Souss-Massa, Saïd Scally, nous révèle que 51 établissements d’hébergement ont été inspectés la semaine dernière par les commissions de contrôle.

« Les rapports qui ont été remis au wali de la région n’ont pas encore été rendus publics, mais hormis des recommandations pour refaire la peinture de certains hôtels 3 étoiles en front de mer, je ne pense pas qu’il y aura des fermetures d’établissements 4 ou 5 étoiles à Agadir », estime cet opérateur de renom, très impliqué dans la vie touristique de la capitale du Souss depuis près d’un demi-siècle.

À la question de savoir si les contrôles à Marrakech, puis à Agadir, s’inscrivaient dans la perspective de l’organisation du Mondial 2030, notre interlocuteur hésite avant de rappeler que bien que ces opérations périodiques aient lieu tous les trois ans, l’échéance de cet événement planétaire peut expliquer le timing.

Fiscaliser les opérateurs indélicats pourvoyeurs d’emplois locaux

Pour sa part, le président la Fédération nationale de l’industrie hôtelière (FNIH), Lahcen Zelmat, souligne que la profession ne cesse de rappeler depuis des années aux autorités de tutelle, à savoir aux ministères du Tourisme, de l’Intérieur et des Finances, la nécessité de mettre un terme aux agissements des opérateurs de l’informel en les invitant à rejoindre le secteur formel.

Tout en précisant que la FNIH n’a jamais demandé aux autorités de fermer « ces petites unités qui emploient de nombreuses personnes », Lahcen Zelmat estime que la priorité est de leur faciliter la tâche afin de les inciter à s’acquitter des différentes taxes et cotisations de la CNSS pour leur personnel.

La vraie menace provient de l’offre non déclarée de logements

Se défendant de toute volonté de mettre en place une chasse aux sorcières contre cette concurrence incontrôlée, le président de la FNIH tient à rappeler que l’offre non déclarée de logements (appartements, villas…), qui fait fureur dans la majeure partie de la ville, dépasse de très loin l’ensemble du parc hôtelier à Marrakech.

« Sachant que dans n’importe quelle grande destination touristique de la planète, il y a des règles à respecter, les loueurs de logements qui ne déclarent pas les touristes qu’ils reçoivent, et ne payent par conséquent aucune taxe, doivent être la vraie priorité des autorités », conclut Lahcen Zelmat pour qui une réglementation pourrait mettre fin à cette iniquité fiscale qui fait que des sommes énormes échappent aux caisses de l’Etat.

Tourisme : le ralentissement commencé en novembre se confirme et impacte l’activité

En attendant de connaître les chiffres officiels du secteur réalisés au mois de novembre, Médias24 a sollicité plusieurs sources fiables qui notent un reflux sérieux du nombre de réservations hôtelières durant cette période. Celle-ci avait pourtant bien commencé à la suite des Assemblées générales annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale à Marrakech, qui ont eu lieu juste après les attaques du Hamas perpétrées contre Israël le 7 octobre dernier.

« Au moins 30% de réservations en moins par rapport à décembre 2022 »

Que ce soit en termes d’arrivées ou de taux d’occupation, tous nos interlocuteurs indiquent que le ralentissement de l’activité touristique a commencé en novembre, alors qu’octobre avait réalisé de très bons chiffres.

« Cette baisse est en train de se confirmer pour le mois de décembre, qui se présente plutôt mal par rapport aux années précédentes », se désole un membre de la Confédération nationale du tourisme (CNT), qui tient à préciser que tous ses confrères, qui possèdent ou gèrent des établissements classés, sont touchés par ce phénomène, y compris les palaces d’habitude préservés des répercussions géopolitiques.

Cette baisse du niveau des réservations, qu’il évalue a minima à 30%, s’explique selon lui par la poursuite de « la guerre à Gaza », qui pousserait de nombreux touristes étrangers à fuir le monde arabo-musulman et à opter pour des destinations en Europe, voire à rester chez eux.

« Un taux d’occupation hôtelier menacé »

Cet opérateur confie n’avoir aucune visibilité quant aux réservations à venir pour les fêtes de fin d’année, qui ont toujours affiché complet, y compris lors des trois éditions en période de crise sanitaire (2020-2021-2022). Il espère toutefois que le last minute et les arrivées des touristes nationaux permettront de minimiser les pertes et de sauver la fin de l’année.

Devant notre insistance, ce grand hôtelier, qui possède plusieurs établissements à Marrakech, évoque un taux maximal d’occupation de 40% contre une moyenne de 70% pour l’ensemble du mois de décembre durant la dernière décennie.

« Un effondrement » que notre source explique notamment par l’envoi, à leurs ressortissants, de notes d’avertissement des ministères occidentaux des Affaires étrangères, qui les mettent en garde contre les risques encourus lors d’un éventuel séjour dans les pays du monde arabo-musulman.

En d’autres termes, les touristes étrangers qui hésitent ou annulent leurs séjours au Maroc craignent d’être pris à partie dans la rue par la population. De tels comportements n’ont pourtant jamais eu lieu lors des précédents conflits au Moyen-Orient.

« L’éventualité d’une crise durable dépendra de la poursuite du conflit au Proche-Orient »

Affirmant que le marché émergent américain n’est plus qu’un souvenir, notre interlocuteur pense toutefois qu’il faudra attendre le mois de janvier pour connaître le niveau de désaffection et savoir si le secteur traverse une nouvelle crise durable après celle survenue pendant la pandémie. Rappelons en effet que l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) parle d’un nécessaire délai minimal de trois mois avant d’accoler le qualificatif de crise.

« En réalité, l’ensemble de la profession redoute l’impact du conflit actuel sur les décisions d’achat de voyages des clients français, qui constituent depuis toujours le premier marché émetteur du Maroc », déclare l’opérateur, évoquant cependant « un début de crise qu’il faut prendre au sérieux ».

Optimiste sur « la résilience du secteur, qui en a vu d’autres », l’opérateur pense que le Maroc parviendra, malgré le ralentissement actuel et celui à venir, à réaliser son objectif de recevoir 14 millions de touristes grâce à la dynamique positive qui s’est interrompue à la fin du mois d’octobre dernier.

Les arrivées de MRE lors des fêtes de fin d’année permettront d’y parvenir, souligne-t-il, rappelant « l’urgence absolue » de construire un palais des congrès à Marrakech, pour faire en sorte que le tourisme d’affaires puisse remédier aux éventuelles carences du tourisme de séjour.

« La médiatisation déformée en Occident fait du tort à notre secteur »

Sollicité à son tour, le président de la Fédération nationale de l’industrie hôtelière (FNIH), Lahcen Zelmat, confirme les craintes de ses confrères. Confrontés à une situation d’attentisme comme l’ensemble des opérateurs touristiques de la planète, ils espèrent la fin du conflit actuel pour pouvoir rebondir.

« Alors que nous sommes à 6.000 kilomètres du conflit, les médias occidentaux, dans le but d’augmenter leurs audiences, déforment, voire exagèrent les manifestations légitimes de soutien à la Palestine par le peuple marocain, ce qui a pour effet de décourager ceux qui hésitent », explique Lahcen Zelmat. Selon lui, le simple fait d’appartenir au monde arabo-musulman devient synonyme, à tort, de risque pour la sécurité des ressortissants européens ou américains.

Mettant en avant la stabilité du Maroc, le patron des hôteliers affirme que la désaffection actuelle est surtout l’occasion de revenir sur la nécessité de diversifier les marchés étrangers et de renforcer le réseau aérien international du Maroc pour ne plus dépendre de ceux qui pourraient être influencés par leurs médias.

Se montrant rassurant pour les marchés étrangers qui devraient, selon lui, rebondir à partir de février 2024, le responsable affirme que le Maroc est un pays où coexistent harmonieusement toutes les religions depuis des siècles, et que son indiscutable soutien à la cause palestinienne ne doit pas être l’occasion pour certains médias, en quête d’audience, de le mettre sur le même plan que des pays résolument anti-occidentaux comme l’Iran.

Quoi qu’il advienne, il faudra attendre fin janvier pour savoir si le secteur touristique traverse une nouvelle crise durable…

Hôtellerie : ce que promet Lahcen Zelmat pour mettre fin à la crise au sein de la fédération

Lors de l’Assemblée générale extraordinaire de ce lundi 27 novembre, Médias24 a échangé durant quelques minutes avec le président sortant Lahcen Zelmat qui nous a expliqué qu’à l’issue de cette AGE, sa première mission sera de poursuivre le dialogue avec les présidents des associations régionales de Marrakech et d’Agadir qui menacent de quitter la FNIH s’il se représente pour un nouveau mandat.

« Le dialogue avec les associations régionales de Marrakech et Agadir se poursuit »

Lahcen Zelmat nous a assuré que le dialogue n’était pas rompu avec les associations d’Agadir et de Marrakech, malgré sa volonté de se porter candidat pour un troisième mandat.

« Contrairement à ce qui est publié, les relations n’ont jamais été coupées car nous avons échangé durant tout le week-end pour tenter de concilier les points de vue divergents », avance-t-il. « L’objectif est d’éviter une crise pour des futilités, dans un moment crucial où le tourisme est redevenu une priorité du gouvernement ».

Notre interlocuteur affirme vouloir rapprocher les points de vue.

Tout en refusant de les nommer, Zelmat accuse des personnes extérieures à la FNIH – qui ne sont pas les présidents des associations régionales de Marrakech et d’Agadir – de vouloir semer la zizanie au sein de la fédération, voire de parvenir à une rupture, pour des intérêts personnels.

« Ce sera mon dernier mandat ! »

Pour prouver sa bonne foi à l’égard de ceux qui l’accusent de vouloir rester président à vie en modifiant les statuts qui limitent à deux le nombre de mandat possible, le président sortant s’engage à ne plus se représenter après son troisième mandat.

« Je regrette de m’être engagé dans cette troisième candidature, mais comme j’ai donné ma parole aux associations régionales, je tiens à la respecter ».

« Mais ce sera mon dernier mandat. À ce propos, je me dois aussi de préciser qu’il est fort probable que je n’aille pas au terme des trois ans de mandat », promet Zelmat.

Ce dernier ajoute que sa priorité, une fois élu, sera de trouver un candidat fédérateur et innovant qui puisse lui succéder avant même la fin de ce futur mandat.

Lahcen Zelmat est soutenu par huit associations régionales du tourisme, qui ont publié  un communiqué conjoint en réponse à la sortie médiatique des associations de Marrakech et Agadir. Le voici :

Les hôteliers réagissent à la nouvelle procédure d’ouverture des établissements touristiques

Quelques jours après l’adoption en Conseil de gouvernement du décret relatif à la nouvelle procédure pour ouvrir un établissement touristique, la Fédération nationale de l’industrie hôtelière a tenue une réunion de ses membres, le mardi 13 juin, nous révèle Lahcen Zelmat.

Le président de la FNIH nous confie qu’elle  s’est soldée par des réserves sur « certaines mesures contreproductives ».

« À l’issue de notre réunion, les hôteliers ont fait part de leur adhésion à la volonté du ministère du Tourisme de tirer leur produit vers le haut, mais cela ne les a pas empêchés d’avoir une approche différente sur certaines dispositions du décret adopté, jugées contreproductives », a résumé Lahcen Zelmat, en nous invitant à attendre le vendredi 16 juin pour connaître la position finale de la Fédération nationale de l’industrie hôtelière (FNIH).

Selon le président de la FNIH, le communiqué de presse qui sera publié fera part de l’ensemble de leurs réserves sur les mesures qui devraient être améliorées dans l’intérêt général.

À Marrakech, les hôtels reçoivent des commissions de contrôle en prévision des AG du FMI et de la BM

« Munis de la liste des hôtels retenus par le FMI et la Banque mondiale pour héberger leurs délégués qui viendront du monde entier, les membres des commissions de la délégation du Tourisme ont entamé ce mardi leur travail pour contrôler s’ils respectent bien les normes internationales, entre autres en termes de sécurité et d’hygiène… », nous révèle le patron des hôteliers du Maroc. Lahcen Zelmat estime que ces contrôles préalables, qui permettront de constater et de corriger certains dysfonctionnements, sont nécessaires pour éviter des désagréments au client le jour venu.

Tout en approuvant cette démarche ministérielle qu’il juge appropriée au regard de l’importance de cet événement qui réunira tout le gotha financier de la planète, le président de la Fédération nationale de l’industrie hôtelière (FNIH) considère qu’elle est dans l’intérêt des établissements concernés, à la fois pour la réussite des Assemblées générales du FMI et de la BM et pour l’image du secteur touristique du Maroc .

 

Hôtellerie : un plan d’urgence assorti… de coupures d’eau, d’électricité et de téléphone

Plusieurs petits hôteliers des régions touristiques ont subi des coupures d’eau, d’électricité, voire de téléphone, car ils n’étaient pas en mesure de régler leurs factures. Ils ont été forcés de fermer leur établissement d’hébergement, étant dans l’incapacité d’accueillir leurs rares clients nationaux. Un soutien public à géométrie variable.

Un nombre croissant de petits hôteliers obligés de fermer

Peu étonné, Lahcen Zelmat, président de la Fédération des hôteliers du Maroc, ne comprend pas comment la RADEEMA (Régie autonome de distribution d’électricité et d’eau de Marrakech) a pu ignorer le plan de soutien gouvernemental en procédant à des coupures, auprès de ceux qui n’ont pas payé leurs factures.

« Nous n’avons pas encore la liste exacte des établissements touchés par ces coupures, mais il est vrai que sans intervention du gouverneur local pour surseoir au règlement des factures d’électricité et d’eau, ce phénomène est en train de s’étendre progressivement à toutes les régions touristiques du Maroc », déclare-t-il à Médias24.

« Malheureusement, ce sont les petits hôtels de moins de 3 étoiles qui pâtissent le plus de ces coupures d’eau et d’électricité, car les grandes chaînes internationales ne peuvent pas se permettre de ne pas payer, d’autant que ce sont de petites sommes, à savoir quelques milliers de dirhams par mois », ajoute Lahcen Zelmat.

« Sachant qu’il est impossible de garder ouvert un hôtel sans des basiques comme l’électricité, l’eau et le téléphone dans une conjoncture aussi sinistrée qu’aujourd’hui, les fermetures d’hôtels vont se multiplier », avance encore Lahcen Zelmat, qui n’entrevoit pas une reprise rapide de l’activité avec un outil de travail incomplet.

Seule voie de recours, les walis et gouverneurs

Si certains fournisseurs de services publics accordent des facilités de paiement, d’autres, sans compassion, passent directement aux coupures brutales, synonymes d’arrêts de travail et donc de fermetures d’hôtels.

« Entre la ministre du Tourisme, Fatim-Zahra Ammor, qui lance un plan d’urgence pour soulager le secteur, et des acteurs semi-publics qui font le contraire en exigeant le règlement de leurs factures, il n’y a plus aucune logique, d’autant que même les opérateurs de télécommunications, essentiels à l’hôtellerie, se mettent à leur couper leurs lignes de téléphone et d’internet », dénonce le directeur général de l’hôtel de luxe Palm Plaza.

Interrogé sur les voies de recours des petits hôteliers obligés de fermer, le président de la profession hôtelière déclare que les gouverneurs et les walis de région sont les seules autorités capables d’imposer aux sociétés délégataires d’accorder des facilités ou des reports de paiement des factures non réglées.

« Président de la RADEEMA, le wali de Marrakech a ainsi toute latitude pour aider ces hôteliers à trouver un terrain d’entente avec leurs débiteurs. Idem dans les autres villes du Maroc, où les gouverneurs ou walis président les sociétés délégataires d’eau et d’électricité », affirme Lahcen Zelmat.

Tout aussi remonté contre les sociétés délégataires, Mohamed Saouti, président l’Association de l’industrie hôtelière de Casablanca, tient à citer l’exemple d’un hôtel 3 étoiles de la capitale économique à qui la Lydec a coupé, sans prévenir, la fourniture d’électricité et d’eau pour une petite facture impayée.

« Hormis les coupures sans avis, il y a un manque de communication totale avec cette société qui ne daigne même pas répondre à nos courriers pour trouver d’éventuelles solutions, ou même refuser », fustige Mohamed Saouti.

Réactions des délégataires de services d’électricité et d’eau

Contacté par Médias24 pour recueillir sa réaction aux allégations des hôteliers de Casablanca, le service de presse de la Lydec a promis d’apporter des explications qui n’étaient pas encore prêtes lors de la mise en ligne de cet article.

Interrogé à son tour, un cadre de la RADEEMA nous a confirmé, sous couvert d’anonymat, que les compteurs d’électricité et d’eau étaient retirés aux clients qui avaient accumulé des retards de paiement.

De son côté, une source autorisée de l’Office national de l’électricité et de l’eau (ONEE), qui fournit principalement des clients situés hors des périmètres urbains, nous a révélé « que seule une résidence touristique, relevant de l’agence mixte d’El Jadida, a fait l’objet de coupures après l’accumulation d’impayés depuis 2019. Ce cas est en cours de traitement (rétablissement de la fourniture d’eau, et établissement d’un plan d’apurement sous forme de facilités de paiement) et des instructions ont été données pour traiter avec les hôtels et leur accorder des facilités de paiement ».

Le 2 février 2022, donc une semaine après la publication de notre article, une source autorisée de la Radeema nous a adressé une mise au point qui dément formellement toute coupure d’eau ou d’électricité pour défaut de paiement dans les hôtels.

Une confiance rompue

Un contexte qui pousse le président de la Fédération des hôteliers du Maroc, Lahcen Zelmat, à remettre en question les récentes annonces d’aides publiques au secteur, notamment le récent plan d’urgence de 2 MMDH (2 milliards de DH). La confiance est clairement rompue.

« Le gouvernement nous a habitués à ne pas concrétiser ses promesses de soutien. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à se rappeler le fameux contrat-programme signé en août 2020 par cinq ministres, et dont les 21 mesures n’ont jamais été exécutées en dehors de celle sur le versement de l’allocation CNSS », rappelle-t-il.

« Cela s’explique simplement par le fait que l’application réelle de chaque mesure de soutien dépend de conditions prohibitives et, in fine, impossibles à mettre en œuvre, comme par exemple devoir garder 80% de son personnel ou avoir réalisé moins de 50% du chiffre d’affaires de 2019 », détaille-t-il.

Il faut également préciser que le récent plan d’urgence ministériel a été annoncé sous la forme d’un simple communiqué de presse qui, en l’absence de décrets d’application, n’aura pas force de loi.

« À l’image du contrat-programme, les conditions d’octroi des cinq mesures vont certainement limiter le nombre de candidats à 10% de ceux qui en ont réellement besoin. C’est le cas par exemple de l’exonération de la taxe professionnelle, qui ne concernera en réalité qu’une minorité de bénéficiaires, quand on sait que la grande majorité des grandes chaînes hôtelières ont déjà payé cet impôt », poursuit notre interlocuteur.

« De plus, si l’ouverture des frontières a lieu le 1er février prochain, il n’est pas exclu que l’on nous dise que la reprise est désormais présente et qu’il convient donc de payer tous les impôts et taxes en suspens », conclut Lahcen Zelmat, pour qui ce plan d’urgence n’est qu’un ‘pansement’ qui ne changera rien à leur situation.