La loi organique sur le Conseil des langues adoptée en commission

La commission de l’enseignement, de la culture et de la communication a adopté, dans la nuit du 3 juin, le projet de loi organique n°04.16 portant création du conseil national des langues et de la culture marocaine

Le projet a été adopté à la majorité des voix (16 favorables, 5 défavorables et aucune abstention), nous informe Rachid El kabil, vice-président de la commission.

L’adoption est survenue vers minuit, quelques heures après celle du projet de loi organique sur l’officialisation de la langue amazighe. Comme ce dernier, le texte relatif au Conseil des langues était bloqué depuis deux ans au parlement (les deux projets sont attendus depuis 8 ans).

 » Le texte a été, en grande partie, validé tel qu’il a été soumis dans sa version initiale. L’amendement principal concerne la création de  l’instance chargée du développement de l’usage des langues étrangères et de la traduction au lieu de l’instance chargée du développement de l’usage des langues étrangères » formulée dans le texte élaboré par le gouvernement, explique notre source.

Cet amendement qui touche l’article 17 était  » le principal point de désaccord  » entre les différentes composantes de la commission, affirme Mohcine Moufidi, autre membre du bureau. Dans la partie où il mentionne le conseil des langues,  » l’article 5 de la Constitution n’évoque pas les langues étrangères. Nous avons amendé l’article 17 pour permettre la traduction de la production scientifique et littéraire de leurs langues d’origine à la langue arabe et amazigh et vice-versa », explique le député.  

L’instance en question est prévue par l’article du projet. Elle a pour mission de dessiner les orientations stratégiques de la politique de l’Etat en matière d’apprentissage et de maitrise des langues étrangères.

Le texte devra désormais être validé en séance plénière avant sa soumission à la Chambre des conseillers. « Son vote en plénière sera très probablement programmé pour le lundi 10 juin », nous indique un autre membre du bureau de la commission. Il en sera probablement ainsi pour la loi sur la langue amazighe. Jusqu’à l’heure, les deux projets ont suivis le même parcours.

Le Conseil national des langues et de la culture marocaine a été institué par la Constitution de 2011. Doté d’un pouvoir consultatif, il a pour rôle de « protéger et promouvoir les langues arabe, amazighe et hassanie, ainsi que les diverses expressions culturelles et parlers pratiqués au Maroc.

Par ses avis, ses études et recommandations, « il veillera à la cohérence de la politique linguistique et culturelle nationale et à l’apprentissage et à la maîtrise des langues étrangères les plus utilisées dans le monde. »

                                 

Amzazi: les étudiants marocains se détournent des filières scientifiques

Les sciences humaines, c’est évidemment un bon choix. Le problème n’est pas là. Le problème, c’est qu’une partie importante des vocations scientifiques marocaines désertent les filières scientifiques et que le Maroc ne forme pas suffisamment de médecins ou d’ingénieurs à titre d’exemple.

Ces chiffres ont été communiqués par Saaid Amzazi, ministre de l’Education nationale. Et c’est comme cela, explique le ministre, que “nous voyons nos étudiants se détourner de plus en plus des filières scientifiques qui n’accueillent plus actuellement que 12% des étudiants à l’université“.

Saaid Amzazi s’exprimait le mardi 26 février 2019, à l’ouverture de la session plénière de l’Académie Hassan II des sciences et techniques, tenue à Rabat pendant trois jours, sous le thème : “Ingénierie et médecine au service du diagnostic, de la prévention et de la thérapie ». 

Ce constat établi par Amzazi suscite une question : pourquoi ?

Et voici la réponse : “Comme vous le savez, les étudiants marocains sont depuis plusieurs décennies victimes d’une véritable fracture linguistique qui les pénalise très lourdement lorsqu’ils optent pour des études universitaires scientifiques“. Il s’agit de la différence de langue véhiculaire entre le secondaire et le supérieur car le Maroc, comme on le sait, enseigne ces matières en langue arabe jusqu’au bac puis dans des langues étrangères dans les cycles supérieurs, ce qui est aberrant.

“Alors de quelle relève scientifique parle-t-on en matière de défis technologiques à relever par notre pays ?“, fait mine de s’interroger le ministre.

Cette question de langue d’enseignement des matières scientifiques et techniques est censée être résolue par le projet de loi-cadre sur l’éducation actuellement en discussion au parlement. Le seul problème, c’est que cette discussion est bloquée en commission parlementaire. Le point de blocage est précisément l’introduction de langues étrangères, telles que le français et l’anglais, comme langues d’enseignement des sciences et techniques à côté de l’arabe et ce, dès l’école primaire.

Amzazi: “En attendant que la loi cadre de l’éducation nous permette de restaurer définitivement une cohérence linguistique dans l’enseignement des matières scientifiques depuis le primaire, nous ne pouvons faire autrement que de veiller à dispenser aux générations actuelles d’étudiants un renforcement linguistique en français bien sûr, mais aussi en anglais.

“Je serais tenté de dire que le choix de l’anglais se justifie amplement par le fait que c’est la langue scientifique par excellence, puisque 95% des publications scientifiques dans le monde sont en anglais. C’est un processus dans lequel nous nous sommes résolument inscrits, mais qui prendra encore du temps, bien évidemment, à assoir, puisque tributaire de la maitrise de cette langue par les enseignants.

“Mais en réalité, et vous conviendrez avec moi, finalement, la véritable langue de l’avenir, ce n’est ni le français ni l’anglais mais bien la langue de l’informatique, le coding.

« D’ici peu, nous vivrons dans un monde d’algorithmes, et ceux qui ne maitriseront pas le langage informatique ne pourront plus jouer aucun rôle au sein des sociétés de demain, où l’intelligence artificielle règnera en maitre absolu“: voici ce qu’a dit le ministre, non sans justesse.

Au moment où comme nous l’avons déjà écrit, le PJD et l’Istiqlal bloquent le projet de loi-cadre, pour des raisons non dénuées d’idéologie, le Maroc a besoin d’élever le débat. Amzazi conclut: “Nous ne savons pas ce que seront 80 % des métiers d’ici 2050, nous ne savons pas ce que sera la place de l’homme quand les machines l’auront peu à peu remplacé. Nous sommes conscients que ce que nous enseignons aujourd’hui sera rapidement obsolète demain…

« Quel visage aura l’école de demain ? Et que devons-nous donc apprendre à nos enfants ?

« Notre nouveau challenge est désormais de pouvoir répondre à cette question. Et la voie de l’avenir s’incarne sans aucun doute dans les skills de l’avenir, que l’on peut résumer en une phrase :

« RÉUSSIR, C’EST DESORMAIS APPRENDRE A APPRENDRE, APPRENDRE A DÉSAPPRENDRE ET APPRENDRE A RÉAPPRENDRE ».

Bank Al-Maghrib injecte 68 MMDH au cours de la semaine se terminant le 10 avril

Les avances à 7 jours sur appels d'offres ont accaparé 49 milliards de DH de ces injections au taux de 3%, alors que des opérations de pension livrée à 3 mois ont atteint 15 milliards et une opération de prêts garantis sur 3 mois a pris 4 milliards, précise la Banque centrale qui vient de publier les indicateurs hebdomadaires sur son portail électronique.

Parallèlement, le taux d'intérêt moyen sur le marché interbancaire s'est élevé à 3,10%, en hausse de 2 points de base, tandis que le volume moyen des échanges s'est élevé à 2,7 milliards de DH.

Lors de l'appel d'offres pour les avances à 7 jours du 3 avril (date de valeur le 4 avril), Bank Al-Maghrib a accordé 49 milliards de DH au taux de 3%, sur un montant demandé de 67,17 milliards de DH.

Concernant l'adjudication du 9 avril (date de règlement le 15 avril), le Trésor a retenu 2,6 milliards de DH, sur un montant proposé de 6 milliards de DH, précise la même source.

Pour ce qui de l'activité boursière, au terme de la semaine allant du 4 au 10 avril, le MASI s'est apprécié de 1,7%, ramenant ainsi sa contreperformance à 1,6% depuis le début de l'année.

Parallèlement, le volume moyen des transactions s'est établi à 125,9 millions de DH, au lieu de 185,9 millions une semaine auparavant.