Latifa Akharbach plaide pour une régulation médiatique au service de la souveraineté informationnelle en Afrique

« La régulation des médias doit désormais s’inscrire dans une vision stratégique de la souveraineté informationnelle à l’ère numérique », a déclaré Latifa Akharbach, présidente de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle (HACA), lors du Forum international de la presse organisé à Conakry du 19 au 21 mai 2025.

Invitée aux côtés des présidents des instances de régulation des médias du Sénégal, de Côte d’Ivoire et du Mali, Latifa Akharbach a souligné que le continent africain, riche d’une histoire, d’une culture et d’un potentiel humain exceptionnels, ne peut rester à l’écart des avancées permises par la transformation numérique des médias.

« À l’ère de l’espace public médiatique globalisé, nous ne pouvons, en tant que continent, rester à l’écart des progrès formidables qu’offre la transformation numérique des médias en termes de liberté d’expression et d’accès à l’information et au savoir. Nous ne saurions non plus nous résoudre à être de simples consommateurs de contenus conçus ailleurs et poussés vers nous par des algorithmes biaisés et orientés exclusivement vers les intérêts commerciaux d’acteurs numériques hégémoniques« .

Selon la présidente de la HACA, l’enjeu est désormais clair. Il s’agit de « défendre notre souveraineté informationnelle, de protéger nos identités culturelles et de garantir le succès de nos projets nationaux de développement et de consolidation démocratique ».

Dans cette perspective, elle a appelé au renforcement des compétences, des moyens et du statut institutionnel des régulateurs africains, tout en plaidant pour le développement de disciplines comme la sociologie des usages numériques et l’anthropologie de la communication.

« Pour ne pas être dépassé par les évolutions rapides des écosystèmes médiatiques, le régulateur n’est pas uniquement tenu de monter en compétences techniques. Il doit adopter en permanence une posture analytique pour comprendre, par exemple, les nouvelles logiques de la communication de masse et les dynamiques d’influence dans l’espace numérique« , a-t-elle ajouté.

Latifa Akharbach a également réaffirmé l’engagement du Maroc et de la HACA en faveur d’une régulation africaine souveraine, concertée et adaptée aux réalités du continent. « Cette position s’exprime entre autres à travers la promotion effective d’une coopération Sud-Sud proactive dans le domaine du développement numérique du continent ».

La présidente de la HACA est également intervenue lors du panel consacré au monitoring des médias en période électorale. Elle y a présenté l’approche marocaine en matière de suivi du pluralisme dans les médias audiovisuels, en s’appuyant sur les dispositifs mis en œuvre par la HACA lors des dernières campagnes électorales tenues au Maroc.

Représentation des femmes dans les médias : la HACA alerte sur des inégalités persistantes (vidéo)

La Haute Autorité de la communication audiovisuelle (HACA) a dévoilé, le 29 avril, une capsule vidéo de sensibilisation intitulée « Représentation des femmes dans l’information au Maroc : enjeux d’égalité citoyenne et d’inclusion démocratique ».

Axée sur les dimensions sociales, culturelles et démocratiques de la représentation équitable des femmes dans les contenus médiatiques, cette vidéo a été présentée dans le cadre d’un atelier de réflexion organisé par l’instance de régulation, réunissant des acteurs institutionnels, médiatiques et associatifs.

L’événement a réuni les membres du Conseil supérieur de la communication audiovisuelle, la présidente du groupe de travail thématique sur l’égalité et la parité à la Chambre des représentants, un représentant du Conseil national des droits de l’Homme, un représentant du ministère de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille, ainsi que des journalistes, des responsables éditoriaux de radios et télévisions publiques et privées, des experts du numérique et de nombreux acteurs de la société civile.

Selon un communiqué de la HACA, les échanges ont permis d’identifier concrètement les facteurs contribuant à la sous-représentation et à la mal-représentation des femmes dans les contenus d’information, tout en proposant des leviers d’action pour tendre vers une information plus équilibrée, inclusive et respectueuse des valeurs de diversité.

Partant du principe que l’information est une ressource essentielle au bon fonctionnement de la démocratie, les intervenants, lors d’un débat modéré par le directeur général de la HACA, Benaissa Asloun, ont souligné la nécessité d’une représentation médiatique des femmes à la fois équitable et éthique. Une telle évolution est jugée cruciale pour faire progresser les mentalités, réinterroger les normes sociales et favoriser l’appropriation collective de réformes importantes, comme celle du Code de la famille actuellement en discussion, ajoute la même source.

À cette occasion, Latifa Akharbach, présidente de la HACA, a présenté les résultats des études menées par l’institution dans le cadre du Projet mondial de monitorage des médias, en mettant en lumière plusieurs constats significatifs sur la représentation des femmes dans l’information audiovisuelle et dans la photo de presse.

Elle a également précisé que cette capsule vidéo, destinée à être diffusée principalement sur les réseaux sociaux, prolonge les efforts de la HACA pour ancrer, au sein de la société marocaine, une culture de la régulation des médias fondée sur les droits humains.

L’analyse des photos de presse, présentée lors de l’atelier, vient corroborer les constats dressés par l’étude globale des contenus médiatiques : les écarts de visibilité entre les hommes et les femmes restent marqués, en particulier dans les thématiques dominantes de l’actualité comme la politique, l’économie ou l’international.

Selon les résultats présentés par Latifa Akharbach, les femmes demeurent invisibles sur plusieurs rubriques telles que le sport, les relations internationales, la science ou encore la religion, tandis que les hommes sont représentés dans presque toutes les thématiques, à l’exception notable de celles liées au climat, à l’environnement et aux médias, où ils sont également absents.

Sur l’ensemble des sujets analysés entre 2020 et 2025, aucune rubrique ne montre une surreprésentation des femmes par rapport aux hommes, et la parité n’est atteinte que dans une seule thématique : la santé, où la femme est paritaire.

Après le sommet de l’UA, des questions et des leçons à tirer

Lorsqu’on trébuche, il faut en tirer les leçons. L’adversité est formatrice. Si l’on ne nomme pas les choses avec clarté et qu’on n’en tire pas les vrais enseignements, on risque de revivre les mêmes déconvenues, à Dieu ne plaise.

1. Le contexte

Le 11 octobre 2024, à l’ouverture du Parlement, discours royal entièrement consacré au Sahara. Extraits :

« Nonobstant tout ce qui a été réalisé, la prochaine étape exige de tous un surcroît de mobilisation et de vigilance pour conforter durablement la position de notre pays, et il importe de continuer à plaider la justesse de notre Cause et à contrecarrer les manœuvres des adversaires.

« À cet égard, les fondamentaux de la position du Maroc doivent être expliqués au petit nombre de pays qui continuent de prendre à contre-pied la logique du droit et de dénier les faits de l’Histoire. Corrélativement, il faut s’employer à les convaincre de la légitimité de la marocanité du Sahara à grand renfort de preuves et d’arguments juridiques, politiques, historiques et spirituels.

« Cette démarche exige de mutualiser les efforts de toutes les institutions et les instances nationales officielles, partisanes et civiles et de renforcer leur coordination, de manière à conférer l’efficacité nécessaire à leur action et à leurs mobilisations.

« Vous êtes au fait, honorables parlementaires, du rôle agissant qui revient à la diplomatie partisane et parlementaire pour recueillir davantage de reconnaissances en faveur de la marocanité du Sahara et pour élargir l’appui à l’Initiative d’autonomie, en tant que seule solution à ce conflit régional.

« Aussi, nous appelons à plus de coordination entre les deux chambres du Parlement à ce sujet, en mettant en place des structures internes adaptées, dotées de profils qualifiés et en appliquant les critères de compétence et de spécialisation dans le choix des délégations, aussi bien à l’occasion des rencontres bilatérales que lors de la participation à des forums régionaux et internationaux ».

Il serait intéressant de vérifier si le Parlement avec ses deux chambres a fait le nécessaire. Même question pour les partis.

2. Le rendez-vous annuel d’Addis-Abeba:

Le Maroc avait trois objectifs électifs au cours des derniers mois sur le continent africain :

-être élu en tant que vice-président d’Interpol pour l’Afrique. Cette case a été cochée au mois de novembre dernier à travers l’élection de Mohammed Dkhissi.

-un maintien du Maroc au Conseil Paix et Sécurité (CPS), le Conseil de sécurité africain, dont il aspire à devenir président.

-l’élection d’une Marocaine, Latifa Akherbach, au poste de vice-présidente de la commission de l’UA.

3. Le bilan.

Sur le premier point donc (Interpol), le Maroc a réalisé son objectif.

Sur le deuxième point, le Maroc a déjà accompli deux mandats au CPS: 2018-2020 et 2022-2025, au cours desquels le Royaume a assuré la présidence à trois reprises.

Pour des raisons dont on ne connaît pas les coulisses, le candidat algérien est arrivé en tête lors du renouvellement des mandats du CPS. Écartée du CPS qu’elle avait dirigé pendant dix ans, l’Algérie a mis en avant le principe de rotation puisque les sièges émanent des 5 régions. Elle a obtenu 30 voix alors qu’il en fallait 33. Le Maroc a clairement bloqué l’obtention du nombre nécessaire de voix et le vote sera de nouveau programmé dans un mois. En attendant, le Maroc garde son siège.

Cette élection du CPS et des six commissaires a eu lieu les 12 et 13 février.

Sur le troisième point, c’est la candidate algérienne qui a remporté le scrutin à l’issue de 7 tours. C’est cette défaite qui a suscité au Maroc le plus de commentaires, car le siège de vice-présidente était prenable.

4. Vice-présidence: un échec de peu.

Pour des raisons statutaires, l’UA a gelé la participation de 6 pays membres dont le Gabon, le Niger, le Mali, la Guinée et le Burkina, tous alliés du Maroc. Cela représente 5 voix perdues.

Malgré cela, ainsi qu’un intense travail en coulisses algérien, le rapport de forces semblait équilibré au démarrage du scrutin. Égalité des voix d’abord (21 chacun). Puis 2 à 4 voix d’avance pour l’Algérie. Mais le Maroc, restant classé deuxième dès le deuxième tour, a fini par être éliminé et l’Algérie est restée seule en lice, où elle obtint les 33 voix fatidiques (sur 49 votants).

Ce que l’on peut en dire :

-la candidate marocaine, soutenue fortement par une équipe des affaires étrangères présente sur place depuis novembre, avait sur le papier le meilleur profil : une dizaine d’années d’expérience en tant que secrétaire d’État aux AE ; une présidence de la Haca avec rang de ministre où elle a sillonné l’Afrique et rencontré plusieurs chefs d’État ; des présentations et des rencontres avec les représentants des pays membres dont les échos ont été excellents.

-les voix des cinq pays empêchés de participer ont manqué au Maroc. Le scénario aurait été complètement différent. Puisque le Maroc aurait été d’emblée en tête et fini par éliminer ses trois concurrents l’un après l’autre.

-différentes sources présentes sur place nous parlent du vote d’un pays ami contre le Maroc, doublé d’un activisme au profit de la candidate algérienne.

-l’explosion de joie de la délégation algérienne montre à quel point ce pays avait besoin d’une victoire, accumulant les échecs dans sa confrontation avec le Maroc depuis plusieurs années.

5. Le retour à l’UA: 8 ans déjà.

Beaucoup de choses ont été accomplies pendant ces 8 années. La plus importante est probablement celle-ci: la nuisance permanente, obsessionnelle, de l’Algérie à travers l’UA contre la marocanité du Sahara a été neutralisée. Désormais, et c’est la décision d’un sommet de Chefs d’État, la question du Sahara ne relève que d’un triumvirat de Chefs d’État : le président en exercice, son prédécesseur et son successeur.

C’est cela qui a permis de bloquer l’axe Pretoria-Alger.

6. Les questions qui restent posées:

-Dans quelle mesure les orientations royales du 11 octobre ont-elles été appliquées ? Il s’agit d’anticipation ; de coordination entre gouvernement, parlement, partis et société civile ; et de vigilance.

-Depuis le retour à l’UA, des sources marocaines attirent l’attention sur « le manque de moyens humains et de présence forte et permanente au siège de l’UA ». Nous ne pouvons pas savoir si cela est vrai et si cela a joué dans le scrutin de la vice-présidence. Une question qui mérite donc explication.

-Le ministre Bourita n’a-t-il pas besoin de plusieurs secrétaires d’État et, en tous les cas, d’un secrétariat d’État dédié à l’Afrique ?

7. En conclusion…

Le Maroc aurait pu mieux faire à Addis-Abeba au cours du mois de janvier 2025. Mais d’un autre côté, n’oublions pas les victoires remportées à l’ONU, au Conseil de sécurité où deux membres permanents soutiennent désormais la marocanité du Sahara ; les positions nouvelles de plusieurs pays européens et à leur tête l’Espagne ; les victoires en Amérique latine ; le nombre de pays qui retirent leur reconnaissance du polisario…

La cause nationale est un marathon, pas une confrontation diplomatique unique. Il faut tirer les conclusions et continuer à avancer.

Le Maroc candidat à la vice-présidence de la Commission de l’UA : voici tout ce qu’il faut savoir

Le 15 février prochain, l’Union africaine élira un nouveau président et un vice-président de la Commission. Le Maroc se porte candidat à la vice-présidence avec Latifa Akharbach, dont le profil apparaît comme le plus solide sur le papier, en comparaison avec les candidatures présentées par l’Algérie, l’Égypte et la Libye.

Si le Maroc n’a encore jamais occupé de poste de premier plan au sein de la Commission de l’UA (deuxième organe de l’organisation après le Sommet des chefs d’Etat), son poids économique et diplomatique en fait un acteur clé de l’UA.

Latifa Akharbach, la candidate marocaine à la vice-présidence de la Commission africaine.

L’élection espérée de Latifa Akharbach, présidente de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle (HACA), constituerait donc une première historique et marquerait une avancée majeure dans l’ancrage du Maroc au sein de l’Union africaine. Mais qui est-elle ? Quels sont ses projets pour ce mandat ? Et comment se dessinent les rapports de force à l’approche du scrutin ?

Vice-présidence féminine et nord-africaine

Bien que le vote semble incertain et disputé, deux facteurs constituent des certitudes.

Il convient de préciser que cette élection s’inscrit dans le cadre des réformes de gouvernance initiées en 2016 sous l’impulsion de Paul Kagame, qui instaurent deux principes majeurs : la rotation régionale et la parité.

En effet, cinq régions africaines se relaient à ces deux postes. Cette année, le président sera issu de l’Afrique de l’Est, tandis que la vice-présidence reviendra à une personnalité de l’Afrique du Nord.

Autre certitude : conformément à cette réforme de gouvernance, lorsqu’un homme est élu à la présidence, le poste de vice-président ne peut être destiné qu’à une femme. Et vice versa. Aujourd’hui, seules des candidatures masculines restent en lice à la présidence, ce qui garantit que la vice-présidence sera occupée par une femme.

Anticipant ce scénario, le Maroc a fait le choix stratégique de ne présenter qu’une candidate à la vice-présidence. Une approche différente de l’Algérie, de l’Égypte qui ont chacune soumis une candidature masculine et une féminine. Mais au final, c’est bien le profil qui fera la différence, et celui de la candidate marocaine la place en position de favorite.

Un profil taillé sur mesure

Le vice-président de la Commission de l’Union africaine joue un rôle clé en assurant l’efficacité de l’organisation et en renforçant son influence sur la scène internationale. Ce poste requiert donc un profil de haut niveau, capable de conjuguer leadership, expérience et vision stratégique.

Le Maroc a choisi de présenter Latifa Akharbach, une candidate au parcours riche et varié. Ancienne secrétaire d’État aux Affaires étrangères (2007-2012), elle a occupé des postes de responsabilité à la tête d’institutions nationales et continentales, lui conférant une expertise solide en matière de coopération africaine et de diplomatie multilatérale.

Elle a obtenu une licence en journalisme en 1983, un DEA (équivalent d’un master) en sciences de l’information et de la communication en 1985, et un doctorat avec mention très honorable en 1988. Tout cela avant de se lancer dans un parcours professionnel allant de l’enseignement (de 1988 à 2007 à l’ISIC qu’elle avait dirigé par ailleurs) à la direction d’institutions nationales (avec le rang de ministre à la HACA), en passant par des missions diplomatiques (ambassadrice du Maroc en Bulgarie, puis en Tunisie). Actuellement, Latifa Akharbach dirige la HACA, où elle a été nommée le 3 décembre 2018.

Son expérience l’a dotée d’une grande capacité à collaborer et à s’engager avec les différents dirigeants africains en vue de promouvoir l’Afrique en tant qu’acteur fort, résilient et influent sur la scène internationale.

Avec vingt ans d’expérience dans des fonctions de direction, dont treize à un niveau ministériel, Latifa Akharbach s’est imposée comme une voix engagée pour les grandes causes africaines. Son parcours, qui l’a menée à intervenir en tant qu’universitaire, directrice, ambassadrice et présidente d’institutions, témoigne de sa capacité à porter des projets ambitieux et à œuvrer pour l’intérêt collectif.

Elle est également co-auteure de deux ouvrages sur la condition de la femme au Maroc et a été décorée à plusieurs reprises, dont la plus récente date de mars 2023, lorsqu’elle a obtenu l’insigne de Commandeur de l’ordre du Mérite de la communication de la Côte d’Ivoire au nom du président Alassane Ouattara.

Sa vision pour l’Union africaine repose sur quatre priorités majeures : accélérer la finalisation de la réforme institutionnelle ; renforcer l’autonomie financière de l’organisation ; améliorer l’efficacité décisionnelle et exécutive de la Commission ; et rapprocher l’UA des jeunes et des femmes sur l’ensemble du continent.

Il convient de souligner que la collaboration étroite entre le vice-président et le président est essentielle, notamment pour relever les défis internes liés à la gestion des ressources humaines et à l’efficacité structurelle. À ce titre, le constat d’observateurs, selon lequel la majorité écrasante des décisions ne sont pas mises en œuvre, souligne l’urgence d’une réforme en profondeur.

À travers la candidature de Latifa Akharbach, le Maroc entend contribuer activement à l’amélioration du fonctionnement de l’Union africaine en proposant une vice-présidente engagée, déterminée à faire évoluer l’organisation vers plus de performance et d’impact. Et ayant les épaules suffisamment larges pour ce faire.

Des rapports de force en balance

D’après les informations recueillies par Médias24, la campagne de proximité menée par la candidate marocaine se déroule positivement. Toutefois, l’issue du vote reste incertaine et s’annonce disputée.

Conformément aux statuts de l’Union africaine, l’élection du vice-président de la Commission requiert une majorité des deux tiers. L’organisation compte officiellement 54 États membres (55 avec la pseudo-rasd). Cependant, six pays – dont le Niger, le Mali et le Gabon – sont privés de leur droit de vote en raison de changements inconstitutionnels à la tête de l’État. Cela ramène le nombre d’électeurs à 49 et impose à la candidate victorieuse de recueillir au moins 33 voix.

Face à cela, il semble que l’Algérie mise sur une stratégie d’obstruction en cherchant à réunir un bloc de 17 voix, suffisant pour empêcher l’élection d’un candidat adverse. Le scrutin s’annonce donc serré, avec des rapports de force encore en mouvement.

Il est important de rappeler que le Maroc n’a jamais été élu au sein de la Commission de l’Union africaine, ni à la présidence ni à la vice-présidence. Il apparaît donc légitime que le Royaume estime que son tour est venu, d’autant plus que l’Algérie et l’Égypte ont occupé plusieurs postes stratégiques au sein de l’organisation, parfois pendant des décennies.

L’Algérie a ainsi dirigé la Commission de l’éducation (Mohamed Belhocine), ainsi que celle de la paix et de la sécurité pendant près de dix ans (Smaïl Chergui). L’Égypte, quant à elle, a pris la tête de huit commissions, dont celle des infrastructures en 2017.

Pourtant, c’est le Maroc qui est souvent accusé d’ambitions hégémoniques, alors qu’il n’a, jusqu’à présent, vu qu’un seul de ses ressortissants désigné et aucun élu à un poste clé. Il s’agit de Fathallah Sijilmassi, directeur général de la Commission de l’UA, qui a été sélectionné par l’UA parmi un large panel de candidats.

Par ailleurs, en plus de la vice-présidence, le Maroc se porte également candidat à la présidence de la Commission de la paix et de la sécurité, dont l’élection se tiendra les 12 et 13 février, en même temps que celles des cinq autres commissaires.

Ces scrutins s’inscrivent dans une dynamique plus large pour le Royaume, qui joue cette année un rôle actif sur la scène africaine à travers trois élections majeures. En plus de sa candidature à la vice-présidence à la Commission de l’Union africaine, le Maroc cherche à renouveler son mandat au sein du Conseil de paix et de sécurité de l’UA, sachant qu’il a récemment été élu à la vice-présidence d’Interpol pour l’Afrique.

Le Roi Mohammed VI reçoit les nouveaux membres du Conseil supérieur de la communication audiovisuelle

Il s’agit de :

Yassir Ghorbal.

– Mohamed Laroussi.

– Abdellatif Adil.

– Adil Benhamza.

Cette audience s’est déroulée en présence de la présidente de la Haute autorité du Conseil supérieur de la communication audiovisuelle, Latifa Akharbach.

(Avec MAP)

A Sao Paolo, Latifa Akharbach plaide en faveur de la consolidation des droits en ligne

« La reconnaissance de ces droits est un combat complexe qui doit être mené au niveau global car les plateformes digitales géantes ont atteint un niveau de puissance économique et technologique qui appelle une réponse systémique et internationalement coordonnée pour faire face aux risques numériques et aux désordres informationnels », a déclaré la présidente de la HACA, lors de cet événement récemment organisé autour de la « Promotion de l’intégrité de l’information : lutte contre la désinformation, les discours de haine et les menaces aux institutions publiques en ligne ».

Présentant l’expérience du Maroc en matière de régulation des plateformes numériques, Latifa Akharbach a rappelé notamment que l’approche marocaine dans ce domaine, est basée sur une position de principe considérant que la régulation du numérique doit être conçue pour favoriser l’innovation et la croissance économique, tout en protégeant les droits des utilisateurs et l’intérêt général. Le Royaume a-t-elle précisé, « s’est attelé à construire une capacité réglementaire lui permettant de faire face à l’impératif de mutli-régulation imposé par les différentes dimensions de l’action des plateformes numériques globales ».

Citée dans un communiqué, la présidente de la HACA qui a été l’unique régulateur de médias africains invité à ce grand évènement international, a affirmé que « les risques pour l’intégrité de l’information qui découlent en grande partie de l’hégémonie des plateformes en tant que source et gatekeepers de l’accès à l’actualité et à l’information, resteront toujours élevés si on ne consolide pas le journalisme de qualité et si les mesures adéquates ne sont pas prises pour enrayer l’affaiblissement des médias classiques ». Ces derniers, a-t-elle poursuivi, ont été mis « sous pression économique par les plateformes numériques qui leur livrent une double concurrence, au niveau de l’audience et au niveau des ressources publicitaires ».

Cette conférence dont les travaux ont été ouverts par Paulo Pimenta, ministre de la Communication sociale du Brésil, a réuni plus de 400 experts et responsables politiques de 30 pays des 5 continents en plus de représentants de l’ONU, de l’UNESCO, de l’OCDE, de l’Union Européenne, de représentants des plateformes numériques globales, de la société civile, de think tanks, de centres de recherche internationaux et de journalistes. La lauréate du prix Nobel de la Paix, la journaliste d’investigation philippine, Maria Ressa, a aussi fait plusieurs communications lors de cet événement.

Latifa Akharbach était accompagnée d’Amin Azziman, directeur du département de la Coopération internationale au sein de la HACA.

Latifa Akharbach appelle à une approche mondiale harmonisée en matière de régulation des plateformes numériques

La présidente de la HACA a pris part, le mardi 23 avril, à la conférence internationale organisée les 23 et 24 avril à Abidjan, sous le thème « pour un dialogue renforcé entre les régulateurs et les grandes plateformes en ligne sur le continent africain et dans l’espace francophone ».

Elle a salué, à cette occasion, la pertinence et l’inclusivité de la résolution de l’ONU sur l’Intelligence artificielle initiée conjointement par le Maroc et les Etats-Unis.

« Il y a lieu de relever la pertinence et l’inclusivité de la toute première résolution onusienne sur l’Intelligence artificielle, adoptée par consensus le 21 mars 2024 sur initiative conjointe du Maroc et des Etats-Unis », a-t-elle souligné.

Cette résolution, a-t-elle ajouté, présente l’avantage de mettre l’accent sur la nécessité d’adopter des approches de gouvernance appropriées de l’IA, qui soient fondées sur le droit international, inclusives et adaptées aux différents besoins et capacités des pays développés et ceux en développement.

Dans le même contexte, la présidente de la HACA a estimé qu’il fallait poser la question de l’Intelligence artificielle non pas en termes de limitation de l’usage mais plutôt de contrôle de cette utilisation et d’élargissement de l’accès aux opportunités que cette technologie offre en matière de développement global des pays, indique un communiqué de la HACA.

Elle a, ainsi, appelé à une approche mondiale harmonisée en matière de régulation des plateformes numériques globales car c’est « le seul moyen pour garantir non seulement un environnement numérique sûr pour tous, mais également un marché numérique ouvert, fluide et équitable. « Pour le continent africain, plus que pour d’autres régions du monde, ce dernier enjeu est capital », a-t-elle estimé.

Elle a également considéré que l’Afrique devait être acteur de la régulation mondiale et contribuer à construire le consensus international sur les règles et les modalités d’encadrement des activités des plateformes numériques globales.

La présidente de l’instance de régulation marocaine, qui assure la présidence du Réseau des instances africaines de régulation de la communication, a relevé que ce plaidoyer représente une légitime demande de prise en compte des spécificités et réalités du continent, adressée à des plateformes à l’action hégémonique et globalisante et qui n’imposent pas uniquement leur puissance de marché, mais aussi leurs normes culturelles et politiques.

Mme Akharbach a, par ailleurs, relevé que « pour un continent qui doit faire face à des enjeux capitaux de cohésion sociale, d’unité nationale, de souveraineté culturelle, d’intégrité des processus électoraux, de polarisation du débat public, de discours de haine et de radicalisation, la mise en place d’un modèle de régulation qui soit à la fois efficient et fondé sur les droits et les libertés est un impératif d’extrême urgence ».

Cette conférence internationale, initiée par l’instance de régulation ivoirienne HACA-CI, a réuni les régulateurs d’une vingtaine de pays africains et de l’espace francophone, des responsables de l’UNESCO et de l’Organisation internationale de la Francophonie, ainsi que des représentants des plateformes numériques globales, Meta, Tiktok, X et Google.

Outre Mme Akharbach, la délégation de la HACA à la conférence d’Abidjan comprenait aussi Talal Salaheddine, manager des affaires africaines et internationales, et Othmane Alami, cadre supérieur au département des études juridiques.

La HACA signe une convention de partenariat avec la HAPA de Mauritanie

Une convention a été signée le mardi 16 janvier à Nouakchott par la présidente de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA), Latifa Akharbach, et le président de la Haute autorité de la presse et de l’audiovisuel (HAPA) de Mauritanie, Houcine Ould Meddou.

Le texte signé rappelle que « l’enjeu principal de la régulation autonome des médias est la consolidation de la culture et de la pratique démocratiques, le renforcement du respect des droits de l’Homme dans et par les médias, la protection des publics et la garantie de leur droit à une information éthique et de qualité », indique un communiqué de la HACA. Il prévoit la mise en œuvre d’une série d’actions visant à améliorer les procédures et les outils de régulation en matière notamment de monitoring et de suivi des programmes, de veille professionnelle et de méthodologies d’adaptation de la régulation au nouvel environnement numérique des médias.

Plusieurs thématiques ont également été sélectionnées pour les concertations et les échanges d’expérience entre la HACA et la HAPA, telles que la gestion de l’expression pluraliste ou encore la promotion de la diversité culturelle et linguistique dans les médias audiovisuels.

Lors de cette visite de travail, que la présidente de la HACA effectue du 15 au 17 janvier à Nouakchott à l’invitation de son homologue mauritanien, Mme Akharbach a également tenu une série de séances d’échanges et de concertations concernant les prochaines échéances des réseaux multilatéraux de régulateurs au sein desquels les deux instances sont membres, souligne le communiqué de la HACA. Il s’agit notamment du Réseau des instances africaines de régulation de la communication, dont la HACA assure la présidence pour la période 2023-2024, du Réseau francophone des régulateurs des médias et du Forum des autorités de régulation de l’audiovisuel des Etats membres de l’Organisation de la coopération islamique.

En prélude à la cérémonie de signature de la convention de coopération, Latifa Akharbach a animé, devant un parterre de nombreux représentants des opérateurs audiovisuels et de responsables de la presse mauritaniens, une conférence sur les défis de la transformation numérique pour l’économie des médias audiovisuels, thème qui figure parmi les domaines de réflexion commune prévus par la convention.

La délégation de la HACA en visite de travail à la HAPA était composée également de Benaïssa Asloun, directeur général de la HACA, de Imad Meniari, secrétaire du Conseil supérieur de la communication audiovisuelle, et de Talal Salahdine, manager des Affaires africaines au sein de l’instance.

À Yaoundé, Latifa Akharbach prône un dialogue renforcé entre les régulateurs africains et les plateformes numériques globales

Latifa Akharbach a pris part mercredi 8 novembre à la session d’ouverture d’un forum international organisé à Yaoundé, par le Conseil national de la communication du Cameroun, sur le thème « La régulation des médias sociaux : quelle collaboration entre les régulateurs africains des médias et les plateformes numériques globales ? ».

« Ce dialogue régulateurs-plateformes numériques a été initié, mené et institutionnalisé dans d’autres régions du monde, et il n’y a aucune raison qu’il n’existe pas pour notre continent, au bénéfice des citoyens africains qui ont le même droit que tous les citoyens du monde à un espace public numérique de confiance », a-t-elle déclaré.

« En transformant les usages, la technologie numérique a profondément changé l’impact des médias sur les individus et les sociétés ; ce qui a fait naître de nouveaux besoins de régulation et de responsabilisation de toutes les parties prenantes, y compris les autorités publiques et les citoyens-usagers des médias », a rappelé la présidente de la HACA.

« Cet effort de responsabilisation doit cibler et impliquer de manière spécifique les plateformes numériques globales, devenues les véritables autorités du marché de la production et de la circulation de l’information dans l’espace public virtuel global. La réalisation de l’intérêt général dans l’espace public médiatique ne peut être abandonnée à la seule loi de la compétition économique et au pouvoir de marché d’intérêts privés que sont les plateformes numériques globales », a-t-elle poursuivi.

Concernant la consolidation du modèle africain de régulation des médias, Latifa Akharbach a affirmé qu’il existait désormais en Afrique une demande sociale pour une régulation qui protège contre les risques sans contraindre la liberté.

Ce forum international s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la feuille de route du RIARC, plateforme continentale réunissant les régulateurs de 37 pays, dont la HACA assure la présidence jusqu’à fin 2024.

La délégation de la HACA à cet événement panafricain était également composée de Talal Salahdine, manager des affaires africaines et internationales et Younes Erbati, manager du suivi des opérateurs.