Logement : quatre régions lancent les études pour des plans de l’habitat à l’horizon 2035

Le ministère de l’Aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville a lancé un appel d’offres international pour la réalisation d’études destinées à l’élaboration des plans régionaux de l’habitat (PRH) dans quatre régions pilotes : Béni Mellal-Khénifra, Casablanca-Settat, Guelmim-Oued Noun et Rabat-Salé-Kénitra.

Concrètement, ces plans régionaux permettront de déterminer la projection de la demande et des besoins des ménages en habitat, ainsi que leurs aspirations pour les horizons 2030 et 2035.

Le coût global de ce projet s’élève à 9,5 millions de dirhams, et la région Casablanca-Settat dispose du budget le plus élevé (3,6 millions de dirhams). Le délai global de réalisation pour chaque région est fixé à neuf mois.

D’une durée de dix ans, le Plan régional de l’habitat vise à territorialiser la politique de programmation d’habitat à l’échelle régionale. Différent des documents d’urbanisme conventionnels (cf. Loi 12.90), ce type de documentation émane des recommandations de la feuille de route issue des travaux du Conseil national de l’habitat et permet de mieux appréhender les potentialités et les limites de chaque région en matière d’habitat.

À terme, le Plan régional de l’habitat devra constituer une base pour quantifier et qualifier les besoins et les attentes de la région en matière d’habitat, afin que les documents d’urbanisme (qu’ils soient en cours d’établissement ou déjà homologués) puissent jouer pleinement leur rôle de cadrage de l’aménagement et de ciblage des besoins, en assurant une adéquation entre l’offre et la demande.

Pour chaque région, cette étude permettra de quantifier un large éventail de paramètres, notamment la demande des ménages urbains et ruraux en fonction de leur pouvoir d’achat, l’évolution du marché immobilier, l’enclavement ou le désenclavement des extensions urbaines, la situation des habitats insalubres et les actions entreprises, ainsi que la mobilité et les pôles d’attraction territoriaux.

Afin d’élaborer une vision efficace, l’étude déterminera également les réserves foncières disponibles ou à mobiliser, qu’elles soient publiques ou privées, en tenant compte de leur disponibilité et de leur destination urbanistique (conformément aux documents d’urbanisme). Ces réserves pourraient concrètement favoriser des investissements et créer des programmes d’habitat variés, avec des logements sociaux, économiques, destinés à la classe moyenne ou encore des villas.

Rappelons qu’en juin 2025, le Conseil du gouvernement a approuvé le projet de loi nᵒ 64.23, qui vise à créer 12 agences régionales pour l’urbanisme et l’habitat. Leurs missions consisteront à renforcer la planification territoriale, à soutenir le développement, à accompagner l’investissement et à faciliter l’accès au logement pour tous les citoyens.

Urbanisme. Approbation du plan d’aménagement de la ville de Rabat

Publié dans le numéro 7381 du Bulletin officiel, un décret a approuvé le plan d’aménagement de Rabat et son règlement. Ce texte vaut également déclaration d’utilité publique pour les expropriations nécessaires à la réalisation des équipements prévus dans le plan d’aménagement, conformément à l’article 28 de la loi 12-90 relative à l’urbanisme.

Toutefois, selon ce même article, les effets de la déclaration d’utilité publique prennent fin à l’expiration d’un délai de 10 ans, à compter de la date de publication au Bulletin officiel du texte d’approbation du plan d’aménagement.

Par la publication de ce décret, la ville de Rabat met fin à une dizaine d’années durant lesquelles elle n’était pas couverte par un plan d’aménagement valide. Cette absence a empêché, pendant une longue période, d’accompagner efficacement l’aménagement normatif de la capitale malgré plusieurs projets structurants qui ont récemment renforcé son attractivité.

Conscient des enjeux et des problématiques identifiés par le diagnostic établi, le nouveau plan d’aménagement pense prendre en compte un grand nombre de contraintes. Parmi celles-ci, le déclin démographique, la cherté du foncier, la limitation de l’offre immobilière… Ce document opte pour répondre à cette problématique qui pousse de nombreux ménages de différentes classes sociales à quitter la ville pour s’installer dans les zones environnantes où l’offre immobilière est moins chère et plus diversifiée.

Le nouveau document a fixé des règles visant à renforcer l’inclusion sociale de la ville dans les domaines de l’habitat, des équipements et des espaces publics. L’objectif est d’attirer la classe moyenne qualifiée, de mettre en place de grands pôles métropolitains et de développer des projets urbains qui renforcent l’armature culturelle, touristique, tertiaire et commerciale de Rabat. Parallèlement, il s’agit de consolider la vocation environnementale de la capitale, notamment par la création de plus de 274 hectares d’espaces verts.

Sur le plan social, ce nouveau document prévoit également, dans le cadre d’une intervention publique, le renouvellement urbain des quartiers de Farah, Bouregreg, Rachad, Inbiaât et Al Maouada, ainsi que la rénovation urbaine du quartier Akkari.

De même, dans le quartier de l’Océan, où une campagne est en cours pour libérer le domaine public, des travaux de requalification seront projetés. Ceux-ci incluront la reconversion de sa corniche, la réhabilitation des friches existantes ainsi que la restauration et la conservation des bâtiments présentant une valeur patrimoniale.

Face aux prochains événements phares (Coupe d’Afrique des nations 2025 et Coupe du monde 2030) qu’abritera le Maroc, et principalement sa capitale, le plan d’aménagement approuvé prévoit l’élargissement des voies existantes et la création de nouvelles voies stratégiques afin d’améliorer la mobilité urbaine dans la capitale. Également, des mesures incitatives sont prévues pour encourager la création de projets hôteliers sur l’ensemble du territoire urbanisable, à l’exception de l’arrondissement de Souissi où un projet hôtelier distinctif sera mis en œuvre.

Tanger : 125 MDH pour la réhabilitation des bâtiments menaçant ruine dans la médina

Ce projet est encadré par une convention regroupant le ministère de l’Aménagement du territoire, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville, qui contribuera avec 26,5 millions de DH, l’Agence nationale pour la rénovation urbaine et la réhabilitation des bâtiments menaçant ruine (ANRUR), avec un montant similaire, ainsi que le Conseil de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima et la commune de Tanger, qui apporteront chacun 36 MDH. Le tout sera placé sous la supervision de la wilaya.

La convention fixe les engagements des parties contractantes pour mobiliser les ressources matérielles et les moyens nécessaires à la mise en œuvre de la loi n° 12-94 relative aux bâtiments menaçant ruine, à l’organisation des opérations de rénovation urbaine et à la réponse aux demandes de relogement temporaire en lien avec ces bâtiments.

Elle sera mise en œuvre par l’ANRUR et fait partie des projets du Programme de développement régional du Conseil de la région, notamment dans le domaine de la réhabilitation et de la valorisation des médinas.

La convention, qui s’étend sur quatre ans, porte également sur des opérations de rénovation urbaine et la réhabilitation des bâtiments menaçant ruine dans la Médina, ainsi que le recensement des familles occupant les bâtiments concernés.

(Avec MAP)