PLF 2026 : Benali expose le bilan du chantier de la transition énergétique

En présence de la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, la commission des Infrastructures, de l’Énergie, des Mines, de l’Environnement et du Développement durable de la Chambre des représentants a discuté, les mardi 3 et mercredi 4 novembre 2025, le projet de budget sectoriel 2026 de la Transition énergétique.

Cette discussion a été l’occasion de discuter le bilan et le programme de ce département, dont le secteur constitue un segment stratégique sur lequel le Maroc compte énormément pour l’impulsion de son développement économique et social.

Entre réalisations, chantiers en cours et également des retards, voici où en est le chantier de la transition énergétique au Maroc.

« Je suis pro-énergie nucléaire, mais, en raison de la gouvernance que nous avons dans le secteur de l’énergie au Maroc et parce que celui-ci n’est pas encore considéré comme un secteur souverain, je ne permettrai pas que le nucléaire entre au Maroc avant que nous ayons réformé notre gouvernance. Je l’ai dit avant et je le répète : c’est la même chose pour le secteur des métaux si nous n’améliorons pas sa gouvernance », a déclaré Leila Benali, ministre de la Transition énergétique et du Développement durable.

La part du renouvelable dans le mix énergétique stagne malgré des investissements colossaux

Dans le domaine des énergies renouvelables, le Maroc a atteint 45% de capacités installées et vise l’objectif de 52% avant 2030, voire au-delà. En plus des engagements climatiques du Maroc, cette ambition a pour but de réduire le coût de la facture énergétique, d’encourager l’efficacité énergétique et de promouvoir la décentralisation de la production énergétique.

Depuis 2021, le gouvernement a doublé ses investissements, atteignant 800 millions de dollars annuellement, et compte désormais dépasser le milliard de dollars d’investissement. Ce montant devrait augmenter davantage si le taux de croissance atteint 6 %, a précisé Leila Benali.

Grâce à ces investissements mobilisés, la dépendance énergétique a diminué de 97% en 2008 à moins de 87 % en 2024. Jusqu’au mois d’août 2025, le gouvernement a intégré 12 gigawatts de puissance installée sur le réseau émanant d’énergie solaire, éolienne et du gaz.

Cependant, malgré ces puissances installées, la part des énergies renouvelables dans le mix électrique se situait, en 2024, entre 12 et 20 % en raison de leur intermittence.

Durant l’année 2025, le ministère a autorisé 56 projets d’énergies renouvelables, représentant une capacité totale de 2,6 gigawatts. Parmi eux, 28 projets, de plus grande envergure, ont été approuvés dans le cadre de la loi 13-09 pour une capacité de 2,3 GW, tandis que les 28 autres, de plus petite taille, totalisent 338 mégawatts.

En 2026, la ministre prévoit la mise en service du projet Noor Atlas, d’une capacité de plus de 300 mégawatts, ainsi que celle de plusieurs parcs éoliens totalisant 665 mégawatts.

Récemment, le gouvernement a adopté un nouveau décret définissant les procédures administratives pour obtenir le statut d’autoproducteur. En raison de la nécessité de coordonner avec d’autres ministères, la ministre n’a pas donné d’échéances précises concernant les autres décrets d’application relatifs à l’autoproduction, qui devraient permettre le véritable démarrage de cette filière, notamment en fixant le prix de l’électricité autoproduite et les modalités de révision du seuil de 20% d’autoproduction.

Gaz naturel : lancement de l’appel d’offres d’infrastructures gazières en novembre 2025

En tant qu’énergie de transition, le gaz naturel voit sa part augmenter progressivement dans le mix énergétique marocain. Cette stratégie vise à faciliter, à terme, sa substitution par l’hydrogène vert, une fois que les technologies associées auront atteint leur maturité.

À l’horizon 2030, dans le cadre de la mise en œuvre de la feuille de route « Gaz naturel 2024-2030« , la demande marocaine devrait atteindre 12 milliards de mètres cubes, contre 1,2 milliard actuellement, soit une multiplication par dix.

La ministre de la Transition énergétique a annoncé que l’appel d’offres relatif à la première phase de développement de la plateforme d’importation de gaz naturel liquéfié (GNL) au port de Nador West Med, ainsi que les nouvelles extensions du gazoduc Maghreb-Europe vers Kenitra et Mohammedia, devraient être lancés en novembre 2025.

La ministre a également indiqué que plus de 80 entreprises avaient manifesté leur intérêt suite à l’appel à manifestations d’intérêt (AMI). Le financement de cette première phase de l’infrastructure gazière nationale devrait s’effectuer dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP), dont la forme exacte est en cours de finalisation en concertation avec le ministère de l’Économie et des Finances (MEF).

En parallèle à ce projet stratégique, la loi relative au gaz naturel devrait être remise sur le circuit législatif avant la fin de l’année en cours. Très attendue, cette loi vise à offrir un cadre plus structuré, anticipant la future augmentation de la demande en gaz naturel.

Secteur minier : le cadastre minier finalisé en mars 2026

En ce qui concerne le secteur minier, les opérateurs attendent encore l’aboutissement de la réforme de la loi minière 33-13. À l’image de la loi sur le gaz naturel, Leila Benali a déclaré que cette réforme devrait entrer dans le cycle d’adoption avant la fin de l’année 2025.

Tentant d’expliquer ce retard, la ministre a indiqué que son département a pris trois ans dans le réexamen de cette loi, rappelant que parmi ses premiers dossiers après sa nomination figurait la mort de cinq mineurs à Taous suite à un effondrement d’une mine artisanale, et qu’elle assumait la responsabilité de ce retard afin que le nouveau cadre ne permette pas qu’un tel drame se reproduise.

Pour mémoire, la version d’avant-projet remise précédemment pour consultation publique contient plusieurs nouvelles dispositions notamment le statut d’employé minier, la liste des minerais critiques et stratégiques, cadre ESG mieux détaillé et développé , accompagnement de l’activité minière artisanale…

La réforme minière attendue vise particulièrement à renforcer le positionnement du Maroc sur le marché mondial des métaux critiques à travers le développement de nouvelles industries de transformation. Elle vise également à adapter les chaînes de valeur minières pour les rendre plus résilientes et intégrées, à améliorer la protection du secteur contre les fluctuations des marchés mondiaux, mais surtout à stimuler l’investissement national et international en renforçant la gouvernance et la transparence.

Afin d’encadrer davantage les exploitations minières au niveau du domaine public maritime, l’adoption du décret qui concerne les démarches pour l’obtention et le renouvellement de l’exploitation des sables et autres matériaux présents dans les cordons dunaires du littoral est imminente.

En ce qui concerne l’organisation institutionnelle, une loi-cadre, récemment examinée en commission parlementaire, acte la transformation de l’ONHYM en société anonyme. Cette mesure vise à donner un nouvel élan à l’organisme en augmentant significativement sa capacité d’investissement.

Dans le cadre de ces réformes institutionnelles, les rôles de l’Agence marocaine d’efficacité énergétique (AMEE) devront être élargis pour encadrer également l’efficacité des ressources naturelles, notamment hydriques, a annoncé Leila Benali.

Dans le cadre de la simplification des procédures et de l’octroi de plus de transparence au secteur minier, le ministère de la Transition énergétique finalise la mise en œuvre du cadastre minier national qui devrait être opérationnel en mars 2026.

À terme, il permettra de simplifier les procédures administratives, de réduire le nombre de documents demandés, en particulier aux petites entreprises minières, de réduire les délais/charges administratives, de renforcer l’efficacité dans la gestion de cette activité minière et de faciliter l’accès à l’information.

Ce cadastre permettra notamment de numériser plus de 40 procédures administratives relatives à la demande, à l’octroi et au suivi des licences minières.

Fact Checking. Leila Benali et conflits d’intérêts : ce que disent les faits

Le groupe de hackers “Jabaroot” a récemment lancé une polémique visant la ministre de la Transition énergétique, Leila Benali. Dans une publication diffusée sur son canal Telegram, il affirme que la ministre, son frère Amine Benali, ainsi que d’autres membres de leur famille possèdent la société Atlantic Dredging Maroc, spécialisée dans les travaux maritimes.

Le groupe accuse cette entreprise de “rafler de colossaux projets dans des secteurs liés à l’énergie et à l’environnement, ce qui constitue un conflit d’intérêt manifeste”.

Très vite, ces allégations ont été relayées en ligne, laissant entendre que cette société bénéficie d’un accès privilégié aux marchés publics, grâce à la position gouvernementale de Leila Benali. Une accusation grave, qui nécessite d’être vérifiée à l’aune des documents officiels et publics et de la répartition réelle des compétences ministérielles.

Médias24 a mené une vérification des faits. Résultat : Atlantic Dredging Maroc est bien une entreprise active dans le dragage maritime et Leila Benali en a été administratrice à partir de 2019. Cela étant, plusieurs éléments factuels invalident les accusations de conflit d’intérêts portées contre la ministre.

En effet, une source informée indique à Médias24 que la ministre ne fait plus partie du Conseil d’administration de l’entreprise, dans laquelle elle détenait une action représentative, sur plus de 400.000. La même source fait donner d’autres explications à Médias24. Détails.

Dragage : une compétence de l’ANP sous la tutelle du ministère de l’Équipement

D’abord, qu’est-ce que le dragage ? Et de quel département relève-t-il ?

La loi 27-13 relative aux carrières définit le dragage comme “toute opération ayant pour but l’extraction de sédiments dans le lit des cours d’eau et leurs embouchures, les retenues de barrages, les bassins des ports et leur voie d’accès, les lacs et le fond de la mer, dans un but d’entretien et/ou d’exploitation”.

Les travaux de dragage relèvent des missions de l’Agence Nationale des Ports (ANP), comme le rappelle ce communiqué de presse du ministère de l’Équipement, datant de 2019 (à consulter ici).

C’est le ministre de l’Équipement qui préside le conseil d’administration de l’ANP. Son département définit sur son site officiel l’organisation du secteur portuaire. Il y précise que les fonctions régaliennes relèvent du ministère (Direction des ports et du domaine public maritime), tandis que la régulation incombe aux agences comme l’ANP ou TMPA (Tanger Med Port Authority).

Concrètement, c’est donc l’ANP qui lance les appels d’offres liés au dragage et attribue les marchés publics.

En 2022, Atlantic Dredging Maroc a remporté le marché du dragage du port de Casablanca pour 71 millions de dirhams. Elle était la seule entreprise à avoir présenté une offre.

En 2025, elle a obtenu le marché du dévasage d’entretien de 20 ports, toujours en tant que seul soumissionnaire. Le contrat prévoyait un montant minimal d’engagement de 25 millions de dirhams, avec un plafond fixé à 47 millions.

Mais l’entreprise a remporté des marchés publics bien avant ces dates.

Une entreprise créée en 2010

D’après les informations recueillies par nos soins, Atlantic Dredging Maroc est une société marocaine fondée en mai 2010, avec un capital initial de 10 millions de dirhams.

Celui-ci a connu plusieurs augmentations, en 2013, 2016 et, la dernière, en juin 2018 où il a atteint 47 millions de DH.

Les derniers états de synthèse disponibles (2023) indiquent un capital propre de 73,5 millions de dirhams, pour un bénéfice net de plus de 9 millions de dirhams.

La société se spécialise dans les travaux de dragage et de construction marine, qu’ils soient portuaires, offshore, fluviaux ou en eaux intérieures. Elle réalise également des études en bathymétrie (mesure de la profondeur des fonds marins ou fluviaux), hydrographie, géophysique et géotechnique. Elle assure par ailleurs l’exploitation, la location ou l’achat de navires et équipements flottants, ainsi que des services portuaires divers comme le remorquage, la manutention ou encore le nettoyage.

Plusieurs marchés remportés avant 2021

Selon des documents consultés par Médias24, Atlantic Dredging Maroc a été retenue par l’ANP en 2016, pour réaliser les travaux de déroctage et d’approfondissement au port de Casablanca, pour un montant de 74 MDH.

En 2017, Atlantic Dredging a remporté le marché de l’élargissement du chenal d’accès et du cercle d’évitage extérieur du Port de Casablanca, pour 151 millions de DH. Son concurrent, Drapor, proposait un montant d’engagement de 161 millions de DH.

Idem en 2018. La société a été retenue par l’ANP pour réaliser les travaux d’amélioration des conditions d’accès au port d’Assilah. Sa proposition financière était de 47 millions de DH.

Un autre document consulté par nos soins indique que la société en question a également remporté le marché de dragage, dévasage et déroctage d’approfondissement du chenal d’accès et de la voie navigable aux portes car-ferries du port de Nador. C’était en 2019. La proposition d’Atlantic Dreding Maroc était la moins-disante (54 MDH contre 76 MDH proposée par SOMAGEC).

Au niveau du conseil d’administration de l’entreprise, celui-ci est composé de figures grecques et marocaines. Et ce, depuis sa création en 2010. Seul le nombre d’administrateurs a évolué.

En effet, lors de la création de l’entreprise, celle-ci comptait parmi les fondateurs :

Une résiliation préventive

En tant que société anonyme, Atlantic Dredging Maroc avait l’obligation de compter dans son conseil d’administration des administrateurs indépendants. En 2019, Leila Benali intègre le Conseil d’administration et acquiert “une action sur les 470.000 actions que compte la société. C’est une action représentative”, indique à Médias24 une source bien informée.

Son mandat d’administratrice court de 2019 à 2024, selon les documents officiels consultés par nos soins. Elle y siège aux côtés d’autres nouveaux administrateurs : Lemnouar Benali, ainsi que Vangelatou Maria Melita et Vangelatou Verinna.

Le point le plus sensible reste la question de la présence actuelle ou non de Leila Benali au sein du conseil d’administration. Notre source affirme qu’en 2021, la ministre a demandé à se retirer du Conseil d’administration. Chose qui n’a été faite qu’en 2024. Le fait qu’elle ait fait cette demande dès 2021 est une affirmation qui n’a pas pu être vérifiée par nos soins.

La même source indique qu’en 2019, Atlantic Dredging Maroc a conclu un contrat-cadre avec l’ONEE, qui relève du ministère de l’Énergie. Celui-ci porte sur une durée de cinq ans et concerne une centrale thermique à Mohammedia. Cela dit, suite à la nomination de Leila Benali en tant que ministre de l’Énergie, la société dirigée par son frère a demandé la résiliation dudit contrat-cadre. Une résiliation à l’amiable a été actée en 2021.

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Ce qu’il faut retenir :

Le ministère de la Transition énergétique lance l’AMI pour le développement de l’infrastructure gazière nationale

Lors de la conférence de l’Énergie organisée le mercredi 23 avril 2025 à Ouarzazate, Leila Benali, ministre de la Transition énergétique et du développement durable (MTEDD), a annoncé le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt (AMI) relatif au développement d’infrastructures de gaz naturel.

Leila Benali a expliqué l’importance de ce projet pour assurer la bonne voie vers la transition énergétique. Il intervient dans un moment opportun alors qu’un grand retard est cumulé de 20 ans par rapport à la première feuille de route dédiée à l’infrastructure gazière, élaborée en 2004.

Ouvert aux opérateurs professionnels nationaux et internationaux, cet AMI s’inscrit dans le cadre de la concrétisation de la feuille de route de gaz naturel (2024-2030). Il s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle vision pour le développement du secteur du gaz naturel du Maroc, qui permettra d’assurer la transition énergétique en raison de sa flexibilité et d’accompagner l’intégration intensive des énergies renouvelables, notamment à travers des projets de cycles ouverts ou combinés utilisant le gaz naturel (exemple de la centrale d’Ain Beni Mathar).

Carte synthétisante des différentes étapes de la feuille de route du développement de gaz naturel au Maroc.

A terme, il permettra la construction d’un premier terminal GNL au nouveau port de Nador West Med, ainsi que la réalisation d’un réseau de gazoducs pour la connexion avec le gazoduc Maghreb-Europe (GME) et l’alimentation des centrales actuelles et futures de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) et des zones industrielles de Kénitra et de Mohammedia. À long terme, il se connectera au gazoduc Afrique Atlantique qui livrera son premier flux de gaz naturel à partir de l’année 2029 (date de finalisation de la phase 1 du projet reliant le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal).

Un AMI en préparation pour le raccordement du réseau gazier national au Gazoduc africain atlantique (Benali)

Répondant à une question orale sur les derniers développements du Gazoduc Nigeria-Maroc, Leila Benali a précisé que les travaux sont en cours pour la première phase, qui comprend l’axe Sénégal-Mauritanie-Maroc. Elle a ajouté que le projet a enregistré des progrès significatifs, avec l’achèvement des études de faisabilité et d’ingénierie ainsi que la poursuite des études sur le terrain et l’étude d’impact environnemental et social.

Dans ce cadre, la ministre a indiqué que son département a tenu une série de réunions, qui se sont conclues par la réunion ministérielle des pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), du Maroc et de la Mauritanie, à la fin de l’année 2024, qui a été sanctionnée par l’adoption de l’accord intergouvernemental (IGA) et de l’Accord avec le gouvernement hôte (HGA).

Le Gazoduc Nigeria-Maroc, désormais appelé « Gazoduc africain atlantique », est un projet stratégique de nature à stimuler le développement économique et industriel. Il constitue également un levier pour accélérer l’accès au réseau électrique et créer des opportunités d’emploi. Ce projet fera du Royaume le seul corridor énergétique reliant l’Europe, l’Afrique et le bassin atlantique, a souligné Mme Benali.

La ministre a rappelé que ce projet s’inscrit dans le cadre de la vision royale, qui reflète la volonté forte du Maroc de renforcer l’accès des pays du Sahel à l’océan Atlantique et de favoriser l’intégration économique.

Ce gazoduc, qui s’étend sur plus de 6.800 kilomètres avec une capacité de transport de 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an, a poursuivi Mme Benali, nécessitera un investissement global estimé à 25 milliards de dollars et permettra de préparer la région à l’économie de l’hydrogène vert.

(Avec MAP)

Le Maroc et la France font le point sur leur projet d’interconnexion électrique

Dans un communiqué, le ministère a indiqué que cette réunion, qui a marqué une étape phare dans le processus de coordination bilatérale, a été l’occasion de mettre l’accent sur les mécanismes d’échange des données nécessaires à la réalisation de cet ambitieux projet, appelé à constituer un levier stratégique pour parvenir à la sécurité énergétique et renforcer l’intégration des systèmes électriques des deux pays.

Selon la même source, les participants ont souligné l’importance d’une coopération étroite et d’une coordination continue entre les établissements concernés, à même de renforcer les bases du partenariat stratégique et d’asseoir un échange fluide et transparent des données et informations techniques, afin d’accélérer la cadence de réalisation du projet.

Cette réunion, ajoute le communiqué, intervient dans le cadre de l’activation de l’accord de partenariat stratégique sur la coopération énergétique entre le Maroc et la France, signé le 28 octobre 2024, en présence du Roi Mohammed VI et du président français Emmanuel Macron.

Ce partenariat stratégique multidimensionnel vise le développement de la coopération dans le domaine de l’énergie, notamment la politique énergétique et la planification, la certification et la régulation, les énergies renouvelables, les systèmes électriques, la production d’hydrogène bas carbone et le stockage de l’énergie, les métaux critiques et le transport de molécules, afin de renforcer la position des deux pays en tant qu’acteurs stratégiques de la transition énergétique aux niveaux régional et mondial, rappelle-t-on.

Cette réunion a connu la participation de plusieurs responsables des deux côtés, dont l’envoyé spécial du président français Emmanuel Macron, Gerard Mistralih, le PDG du Réseau de transport d’électricité (RTE) français, Xavier Piechaczyk, ainsi que des représentants de l’ambassade de France à Rabat, de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) et de l’Agence marocaine pour l’énergie durable (MASEN), conclut le communiqué.

Leila Benali : « Le Nouveau Modèle de développement, c’est notre seule voie »

Lors de son passage à la Fondation Lafqui Titouani, Leila Benali s’est livrée au double exercice de s’exprimer en tant que membre du gouvernement, mais aussi en tant que dirigeante d’un parti qui participe à la coalition gouvernementale.

Elle a été interpellée sur plusieurs sujets d’ordre politique, notamment les prémices visibles de la campagne électorale. Elle a été appelée à commenter ces sorties, particulièrement celles de Nizar Baraka.

« De quoi a parlé M. Baraka ? Il a évoqué la nécessaire restructuration des chaînes de valeur et de distribution. Un point sur lequel il y a consensus. Peu importe le secteur du commerce, que ce soit les viandes ou l’énergie, ou autres où il y a beaucoup d’intermédiaires, mérite d’être structuré. Il ne fait pas de l’opposition à la politique gouvernementale ; il énonce un fait sur lequel nous sommes tous d’accord dans le gouvernement et l’opposition », répond-elle. « Peut-être que je n’ai pas la même lecture politique que vous ou que les réseaux sociaux… mais j’ai déjà évoqué le discours orienté qui ne doit pas remplacer le discours politique. Il est temps d’avoir un discours politique vrai… », ajoute-t-elle.

« Nizar Baraka ou autre ministre, nous sommes tous des Marocains, et nous sommes dans ce gouvernement pour remettre le Maroc sur la voie du développement ». « J’ai une conviction », dit-elle, « le Nouveau Modèle de développement, c’est notre seule voie ».

Pour la ministre et dirigeante PAMiste, le Maroc n’a pas de temps à perdre au vu des grands défis qui l’attendent, évoquant dans ce sens l’urgence de restaurer la confiance des citoyens en l’action du gouvernement et des institutions étatiques pour mener à bien les grands chantiers de la réforme.

Leila Benali estime que cette restauration de la confiance en l’action politique passe par la nécessité de convaincre les citoyens de l’importance de prendre part aux prochaines échéances électorales. « Les prochaines élections seront une occasion de renforcer la démocratie et de réaffirmer que le citoyen est au centre de tout projet de développement », affirme la ministre qui dit ne pas avoir tranché quant à son éventuelle candidature lors des élections législatives de 2026. « Je m’exprimerai sur ma position en temps opportun », a-t-elle déclaré, sans omettre d’évoquer, à mots à peine voilés, les chances de son parti.

Au sujet du PAM, Leila Benali a affirmé que son parti « travaille de manière sérieuse au service des citoyens et pour répondre à leurs aspirations dans les divers domaines. En fin de compte, c’est le meilleur qui gagne ».

Elle a évoqué à nouveau la crise de confiance envers les acteurs politiques. Pour elle, la société marocaine connaît de profondes transformations avec l’évolution technologique et l’intelligence artificielle, et il est du devoir des acteurs politiques de s’adapter à cette nouvelle réalité.

« Il y a une idée reçue selon laquelle les politiques ne sont pas à l’écoute des préoccupations des citoyens. La vérité est que le discours politique est noyé parfois dans des flots de publicités numériques et de contenus orientés qui dénaturent les messages qu’on veut transmettre », analyse la ministre de la Transition énergétique. Pour elle, les médias et la presse assument une grande responsabilité dans les efforts de la réconciliation entre la société et les acteurs politiques.

« Les conflits d’intérêt et la corruption coûtent un lourd tribut au Maroc »

En réponse à une question quant à un éventuel conflit d’intérêt qui aurait impliqué le chef du gouvernement en relation avec le marché de la station de dessalement de Casablanca, Leila Benali a répondu qu’il y avait un « consensus autour du respect des institutions », mais qu’il ne saurait être question de laxisme en ce qui concerne la stricte application des lois.

« Il y a le bénéfice du doute, mais s’il y a un soupçon de conflit d’intérêt ou de corruption, il faut appliquer la loi. Si on continue à chaque fois à se poser des questions sur ces sujets, le Maroc paierait un onéreux prix politique et économique », a répondu Leila Benali.

La ministre a défendu Aziz Akhannouch au sujet du dossier de la Samir dont la fermeture lui aurait bénéficié, étant un important opérateur du secteur des carburants. Pour Leila Benali, « ce débat est dépassé » dès lors que le secteur des carburants est totalement digitalisé, ce qui empêche toute intervention humaine dans la définition des prix et des marges bénéficiaires.

Leila Benali a en outre précisé que le Conseil de la concurrence allait intervenir pour asseoir plus de transparence dans ce secteur.

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Signature imminente d’une convention d’interconnexion électrique entre le Maroc et la Mauritanie

L’information a été révélée par la ministre de la Transition énergétique et du développement durable, lors de son passage au Parlement ce mardi 21 janvier.

Elle a expliqué qu’un « mémorandum d’entente a été élaboré, portant sur les secteurs de l’électricité et de l’intégration des énergies renouvelables. Il inclut une clause relative au projet d’interconnexion électrique entre le Maroc et la Mauritanie ».

C’est un accord historique qui marque un pas vers l’intégration régionale entre les deux pays voisins, dans le domaine hautement stratégique de l’électricité.

La signature de cette convention est prévue ce jeudi 23 janvier, lors de la visite du ministre mauritanien de l’Énergie et du pétrole, Mohamed Ould Khaled, au Maroc, nous confirment des sources au ministère marocain de l’Énergie.

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Plus de 360 titres miniers rouverts à l’investissement par le ministère de la Transition énergétique

Par une décision ministérielle publiée récemment au Bulletin officiel, le ministère de la Transition énergétique et du développement durable a ouvert la voie à la réattribution de nombreux titres miniers, offrant ainsi de nouvelles opportunités d’investissement dans le secteur.

Cette liste de réattribution concerne les permis de recherche et licences d’exploitation révoqués ou ayant fait l’objet d’une renonciation ou du refus de transformation en licence d’exploitation de mines.

Plus de 340 permis de recherche

En chiffres, elle concerne environ 346 permis de recherche à l’échelle nationale, concentrés principalement dans les régions à vocation minière telles Drâa-Tafilalet (représentant 20% du total) et Marrakech-Safi (23%).

En application des articles 98 et 99 de la loi 33.13 relative aux mines et carrières, l’administration peut décider la révocation d’un titre minier octroyé précédemment, si elle constate l’absence des conditions et prescriptions imposées par le Code minier marocain et pour plusieurs faits dont :

La décision du ministre soumet l’approbation des autorisations des titres miniers réattribués à plusieurs critères, notamment ceux définis par le décret 2-15-807 : capacités techniques et financières, programme et consistance des travaux… À ces critères, s’ajoutent la proximité géographique des titres miniers révoqués ou abandonnés des licences minières en possession du demandeur et la création notable d’emplois.

Concernant les licences d’exploitation, on en dénombre 16, dont 11 sont situées dans la région Drâa-Tafilalet.

 

Les titres miniers révoqués ou abandonnés sont réattribués après leur publication dans le Bulletin officiel, lançant ainsi un délai de trente (30) jours pour le dépôt des demandes à compter du premier jour du deuxième mois suivant la date de publication de la décision gouvernementale.  Passé ce délai, le terrain est rendu libre à la recherche.

Pour rappel, le permis de recherche accorde à son titulaire, pour une période de trois ans, renouvelable une seule fois pour une période de quatre ans, le droit exclusif de rechercher les produits de mines contenus dans le périmètre couvert par ce permis.

En revanche, la licence d’exploitation octroie à son titulaire le droit exclusif d’extraire et de valoriser les produits miniers à partir d’un gisement donné, pour une durée initiale de 10 ans renouvelable jusqu’à l’épuisement des réserves.

Minerais stratégiques : ouverture de la 1re édition du Congrès international des mines du Maroc

Autour du thème « Le Maroc en tant que plaque tournante globale pour une industrie minière durable au service de la transition énergétique », la première édition du Congrès international des mines du Maroc (IMC Morocco 2024), organisé par la Fédération d’industrie minérale du Maroc (FDIM), s’est ouverte le mardi 3 décembre 2024.

Pendant trois jours, les principaux acteurs miniers opérant au Maroc seront réunis à Marrakech pour penser les défis et les opportunités du secteur et à l’importance d’une résilience pour promouvoir la souveraineté industrielle et la transition énergétique du pays.

Mohammed Cherrat, président de la FDIM, a souligné, en ouverture de ce congrès, trois axes prioritaires au programme de ce conclave :

Leila Benali : « Le Maroc, corridor unique OTC entre l’Afrique et l’Europe »

Lors de son allocution, Leila Benali, ministre de la Transition énergétique et du développement durable, a rappelé l’importance stratégique du secteur minier pour la réussite de la transition énergétique et a appelé les différents acteurs à collaborer et innover pour relever les défis sociaux, de gouvernance et environnementaux du secteur.

« La gouvernance du secteur est essentielle si nous voulons arriver encore une fois à extraire, exploiter, transporter, exporter et monétiser les ressources du sous-sol de manière durable. Il faut absolument mettre en place les bonnes pratiques malgré les divergences d’intérêts », a déclaré la ministre de la Transition énergétique.

Pour assurer la durabilité du secteur, la ministre insiste sur la nécessité d’une transparence totale concernant les permis et les licences, un contrôle strict des activités et des sanctions appliquées de manière systématique en cas de non-respect de la réglementation. L’État doit sanctionner quand il le faut, insiste Mme Benali.

La ministre de la Transition énergétique a également souligné la nécessité de quintupler les investissements dans les réseaux électriques au Maroc. Elle a rappelé que les pays à revenu intermédiaire, comme le Maroc, sont contraints d’accroître leur consommation de ressources naturelles pour soutenir leur croissance économique et sociale, même en dehors du contexte de la transition énergétique.

Le Maroc, présenté comme « hub minier », dispose selon la ministre de la Transition Energétique non seulement des ressources mais également d’une position géographique stratégique, des atouts réglementaires, des atouts institutionnels, essentiels pour une durabilité prise au sérieux qui permet la production d’électrons, de molécules, de minerais, de métaux, de produits compétitifs bas carbone ou zéro carbone.

« Aujourd’hui, tous les produits, électrons, molécules, minerais et métaux qui sont produits au Maroc, originés au pays, qui transitent par le Royaume ou qui y sont certifiés sont complètement verts et durables. C’est dans ce contexte que j’ai introduit, en début de mon allocution, la notion de premium. Nous espérons qu’il y aura un modèle économique qui va surgir pour récompenser cette durabilité. On ne peut pas uniquement sanctionner, il faut aussi donner des incitations », a expliqué Leila Benali.

Avec l’Afrique qui abrite plus de 20% des ressources en minerais et métaux stratégiques à la transition énergétique, la ministre de la MTED a souligné l’importance de travailler pour positionner rapidement le Maroc comme un corridor unique OTC (Origine, Transit, Certification) entre l’Afrique, l’Europe, le bassin Atlantique et le monde entier. Une ambition qui sera portée par une coopération renforcée avec nos partenaires africains.

La ministre de la Transition énergétique a rappelé qu’une révision majeure de la loi 33.13 est en cours. Les nouvelles dispositions législatives devraient être présentées au Parlement d’ici quelques mois.

Vers un écosystème de batteries électriques intégré et compétitif

Disposant d’importantes réserves de phosphates et de cobalt, le Maroc est bien positionné pour devenir un acteur majeur dans la fabrication des batteries électriques. Il est l’un des trois pays africains à posséder plus de deux des éléments clés pour cette industrie. Cependant, jusqu’en 2024, la cartographie minière marocaine présentait des lacunes en matière de lithium, de terres rares et de graphite, éléments essentiels pour la transition énergétique.

Pour Jay Yang, président de COBCO, filiale gigafactory du chinois CNGR et Al Mada, le Maroc est un pays d’une importance stratégique majeure, tant du point de vue de la demande que des aspects géographiques et géopolitiques. Alors que le monde évolue vers une régionalisation de plus en plus marquée, le Maroc joue actuellement un rôle important dans la chaîne d’approvisionnement du phosphate. Compte tenu de la longueur actuelle des chaînes d’approvisionnement pour les véhicules électriques (environ 800 kilomètres), le Maroc pourrait devenir un acteur clé dans la production de batteries.

Durant les dernières années, une nouvelle dynamique de prospection des minerais critiques a mis en évidence pour la première fois le lithium au Maroc ainsi que d’autres projets de métaux critiques. Récemment, Lithium Africa a annoncé le lancement imminent de ses travaux d’exploration pour identifier de nouvelles ressources en ce précieux minerai.

Lors de cet événement, Mustapha Chaib, directeur du Pôle Exploration, a souligné que l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) a essayé de minimiser les risques associés aux projets que promeut l’office. S’agissant du site de Bir El Mami, il a précisé que le spodumène, un minerai de lithium, a été découvert et qu’il ne s’agit donc pas d’une exploration du lithium en sous-produit. Par ailleurs, l’ONHYM mène actuellement des travaux de reconnaissance de terres rares en partenariat avec Managem et a également établi un cadre de collaboration avancé avec l’OCP.

Pour sa part, Naoual Zine, directrice de Reminex, filiale R&D de Managem, s’est exprimée sur l’importance d’une infrastructure partagée et optimisée en faveur de l’industrie qui permettra d’assurer une maîtrise complète des projets, de la R&D à la réalisation, et ce pour maximiser les économies d’échelle, réduire la consommation énergétique et l’empreinte carbone. Lors de son intervention, elle a annoncé que le projet de mine de cuivre de Tizert, actuellement en cours de développement, devrait être achevé d’ici juin 2025 pour un investissement total de 440 millions de dollars.

 

Importation de déchets non dangereux : les explications de Leila Benali 


Répondant lundi à une question sur « l’impact de l’importation des déchets sur l’environnement et la santé », posée par le groupe haraki (Mouvement populaire, opposition) lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, Leila Benali a indiqué que son département accorde trois autorisations d’importation de ce type de déchets, tandis que les autres autorisations sont octroyées par le ministère de l’Industrie et du commerce.

« Les demandes d’obtention de ces autorisations proviennent des sociétés industrielles nationales pour répondre à leurs besoins en matières premières et énergétiques », a-t-elle expliqué, précisant qu’il est question « de pneus usagés, de plastique et de textile« .

Rappelant que le processus d’importation des déchets est encadré par la Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontaliers de déchets dangereux et de leur élimination, telle que ratifiée par le Maroc, la ministre a évoqué le débat sur l’économie circulaire, le recyclage et la valorisation des déchets non dangereux.

L’économie circulaire est, selon Leila Benali, un pilier de la stratégie nationale de développement durable, issue d’une série de consultations menées aux niveaux régional et territorial.

En outre, le recyclage et la valorisation des déchets non dangereux est au centre des intérêts de la nouvelle génération d’acteurs économiques, a souligné Leila Benali, ajoutant que le ministère exhorte les sociétés marocaines qui importent ce type de déchets à respecter les normes d’efficacité énergétique et de préservation de l’environnement.

(Avec MAP)

Décarbonation : partenariat entre la CDG et le ministère de la Transition énergétique

La ministre de la Transition énergétique et du développement durable, Leila Benali, et le directeur général de la Caisse de dépôt et de gestion, Khalid Safir, ont signé, le mardi 1er octobre, une convention-cadre de partenariat visant à accélérer la transition vers une économie verte et sobre en carbone.

Cette convention définit les modalités de collaboration entre la CDG et le ministère pour accompagner la mise en œuvre des initiatives clés et des projets stratégiques dans les domaines des énergies renouvelables, de l’efficacité énergétique, des infrastructures écologiques et de l’innovation verte, indique un communiqué conjoint.

Selon la même source, les principaux axes de partenariat concernent :

Gaz naturel: voici les grandes lignes de la feuille de route marocaine

Le groupe de travail thématique sur la transition énergétique, présidé par le député istiqlalien Hicham El Hid, s’est réuni le lundi 30 septembre 2024 avec Leila Benali, ministre de la Transition énergétique et du développement durable. L’objectif était de discuter les « avancées » réalisées dans le cadre de la stratégie énergétique nationale et les principales mesures à mettre en œuvre pour atteindre les objectifs visés par cette stratégie.

Cette stratégie s’inscrit dans le cadre de la vision nationale de développement durable 2035, visant à garantir la sécurité hydrique, alimentaire et énergétique. Elle accompagne la réforme du secteur de l’énergie par la mise en place d’un nouveau cadre institutionnel et de gouvernance. Issue de cette vision, la stratégie énergétique du Maroc s’engage à accélérer le rythme de la transition énergétique tout en s’adaptant aux défis majeurs auxquels est confronté le secteur de l’énergie et ce à travers un nouveau modèle énergétique, fondé en principe sur la mobilisation des ressources locales.

Refonte organisationnelle et règlementaire

En amont, le ministère a récemment adopté un nouvel organigramme visant à renforcer les programmes liés à la prospection, à la recherche et à la production de ressources énergétiques et minérales, ainsi qu’à favoriser le transfert de savoir-faire et de technologies, et la R&D dans ces secteurs stratégiques. De même, le nouvel organigramme permettra de mettre en place les schémas et programmes pour valoriser les réseaux de transport, de stockage et de distribution des produits énergétiques.

En aval, l’arsenal juridique encadrant les opérations d’importation, d’exportation, de stockage, de transport et de distribution du gaz naturel devra se renforcer par l’adoption du projet de loi 94-17 en phase d’élaboration. En premier, Il permettra de donner un signal très fort pour les investisseurs nationaux et internationaux afin d’améliorer les infrastructures, équipement et circuits de transport et distribution. Il est aussi question de l’organisation des opérations d’importation, d’exportation, de stockage, de transport, de distribution et de fourniture de gaz naturel.

Etat des lieux de la production du gaz naturel

Le Maroc affiche une demande annuelle en gaz naturel en grande partie couverte par les importations pour répondre aux besoins de l’industrie et de l’électricité, à l’exception de la zone industrielle de Kénitra.

La ministre de la Transition énergétique a confirmé la nouvelle situation à Kénitra, causée par l’épuisement des réserves de gaz dans les puits en exploitation, notamment ceux de SDX et de l’ONHYM. Ces puits alimentaient de nombreuses usines situées dans cette zone industrielle, avec lesquelles SDX avait signé plusieurs contrats d’approvisionnement.

Au cours du premier semestre 2024, SDX a produit 11,5 millions de mètres cubes de gaz, équivalant à 68.000 barils de pétrole, quantité extrêmement modeste. Afin de répondre à la demande industrielle et de rétablir la production, la société s’apprête à lancer, au quatrième trimestre de 2024, deux nouveaux puits à faible risque, dont le potentiel combiné est estimé à 85 millions de mètres cubes. Parallèlement à l’exploitation de ces petites poches, SDX mène des études sismiques afin de localiser d’autre cibles productives.

Rappelons que les principales découvertes de gaz naturel sont en cours de développement et dont celui à avoir le plus de chances d’être opérationnel est celui du champ de Tendrara dans l’Oriental et celui du champ d’Anchois au large de Larache.

La feuille de route du gaz naturel (2024-2030)

Le ministère met en œuvre une feuille de route de gaz naturel permettant, entre autres, de réduire les émissions de carbone du système électrique tout en remplaçant le fioul et le charbon par le gaz naturel, et de développer une infrastructure flexible pour les énergies décarbonées de demain comme l’hydrogène vert. Face à l’urgence climatique et énergétique, la mise en œuvre de ces projets doit être accélérée. Des partenariats public-privé seront solutionnés pour garantir les financements nécessaires, en précisant clairement le rôle de chaque acteur, tant national qu’international.

Carte de superposition des principaux projets de la feuille de route du gaz naturel (2024-2030)

Les projets prioritaires à court terme (2024-2026) de cette feuille de route consistent à renforcer l’infrastructure gazière en intégrant les nouveaux champs de Tendrara (région de l’Oriental) et d’Anchois (au large de Larache). Cela passera notamment par la construction de pipelines de raccordement au Gazoduc Maghreb Europe (GME).

Ainsi, le programme à court terme comprendra le développement de plusieurs points d’importation de gaz naturel liquéfié (GNL) :

À l’horizon 2030, la feuille de route prévoit l’achèvement de la plateforme de gaz naturel liquéfié du port de Dakhla Atlantique et le développement d’un réseau de gazoducs au sud pour répondre à l’évolution de la demande en gaz naturel et s’intégrer aux futures plateformes gazières.

À long terme, il est envisagé de connecter le réseau national de gazoducs aux champs gaziers de la Mauritanie et du Sénégal via le futur gazoduc Nigeria-Maroc.

Les enjeux de la production électrique à partir du gaz naturel

Le Maroc progresse rapidement vers une intégration importante des énergies renouvelables dans son mix énergétique. Les capacités installées augmentent d’année en année, témoignant d’une dynamique de transition vers les énergies renouvelables.

 

 

Bien que le gaz naturel exige d’importantes quantités pour produire de l’électricité, son intégration dans le mix énergétique, en remplacement du charbon et du fioul, permet de réduire significativement les émissions de CO2. Il offre en outre une passerelle vers l’hydrogène qui pourrait le remplacer progressivement dans les infrastructures existantes.

La production de l’électricité par le gaz naturel a été impactée ponctuellement par la suspension unilatérale de l’Algérie du gaz naturel qui transitait par le gazoduc Maghreb Europe. Le Maroc a réussi à sécuriser un accord d’approvisionnement de gaz naturel liquéfié (GNL) d’une durée de 12 ans avec Shell International Trading Middle East avec une livraison annuelle de 500 millions de mètres cubes capable de répondre à la demande annuelle de la station de Tahaddart.

Aujourd’hui, le gaz naturel ne représente qu’une part modeste des capacités installées, largement inférieure à celles des produits pétroliers et du charbon. Entre 2009 et août 2024, le mix énergétique de la puissance installée est passé de 6127 MW à 11980 MW, soit une augmentation de plus de 95%. Pour sa part, la participation du gaz naturel a dû diminuer de 11,80% à seulement 7,19%, soit une baisse de 4,14% laissant plus de place aux énergies renouvelables mais en termes de puissance installé nous sommes passés de 680 MW à 861 MW en 2024 de puissance installée utilisant le gaz naturel.

Bien que sa part soit restée stable entre 2009 et 2023 (3,8% à 3,7%), sa consommation en volume a significativement augmenté, passant de 575054 à 840751 tonnes équivalent pétrole. Cette évolution de 46% s’explique par une demande croissante et par le développement des infrastructures énergétiques.

A l’horizon 2027, le ministère a planifié un investissement de 87,9 milliards de dirhams pour une installation de 9.614 MW dont 22% sera consacré à des installations de centrales thermiques à cycle combiné gaz, l’équivalent de 2.098 MW. En tous les cas, c’est ce qui est promis dans cette feuille de route assez sommaire et publiée avec quelques années de retard.