La française CSEE va créer un hub marocain dédié à la signalisation ferroviaire grande vitesse

Intervenant dans l’un des panels organisés en marge de la 4e édition du Rail Industry Summit Morocco, organisé ces 9 et 10 décembre à El Jadida, Marc Zuber, directeur commercial à la CSEE, annonce la création d’un hub marocain.

« Nous allons créer un hub marocain dédié à la signalisation grande vitesse », a-t-il déclaré. « Nous ignorons encore s’il sera implanté à Rabat ou à Casablanca. Ce hub nous permettra de réaliser des projets de lignes à grande vitesse aussi bien au Maroc que dans le reste du monde ».

Créée en 1902, la CSEE est une compagnie française historique. « Nous avons toujours accompagné les opérateurs dans le développement de leurs réseaux et nous travaillons depuis quarante ans dans la grande vitesse. Il s’agit désormais de notre spécialisation », a souligné Marc Zuber.

La compagnie a déjà accompagné la Chine et la Corée dans leurs projets, mais aussi l’Office national des chemins de fer (ONCF), dans le développement de la signalisation grande vitesse sur la ligne Tanger-Kénitra, et depuis quelques temps, sur son extension jusqu’à Marrakech.

« Ce ne sont pas des panneaux de signalisation qu’on implante », a-t-il expliqué. « Lorsqu’on est sur la grande vitesse, on ne peut plus les lire. Ce sont des ordinateurs au sol, des ordinateurs à bord, ou encore un réseau de communication, qui garantissent la circulation des trains en toute sécurité, même à grande vitesse, empêchant ainsi les accidents », a-t-il conclu.

Khlie fait le point sur la LGV Kénitra-Marrakech et les futures gares nouvelle génération

La ligne à grande vitesse (LGV) Kénitra-Marrakech est l’un des chantiers les plus ambitieux du Royaume. Très attendue, elle représente un maillon essentiel du réseau ferroviaire national, notamment en vue du Mondial 2030.

Invité par 2M dans l’émission spéciale Likae Khass ce lundi 27 octobre, Mohamed Rabie Khlie, directeur général de l’ONCF, a fait le point sur ce projet d’envergure.

LGV : les travaux d’infrastructures ont démarré

« Lancés officiellement par Sa Majesté le Roi le 24 avril dernier, les travaux de ce chantier avancent sur l’ensemble des chantiers », a fait savoir Mohamed Rabie Khlie. Selon lui, les travaux prévus sur cette ligne couvrent plusieurs volets :

Le directeur général de l’ONCF est également revenu plus en détail sur l’organisation du chantier et ses principales bases logistiques. « Deux bases de travaux majeures structurent le projet. La première, celle de Kénitra Nord, s’étend sur 50 hectares. Déjà utilisée pour la première ligne TGV Tanger-Kénitra, elle sera étendue de 50 hectares supplémentaires ».

« Dans cette base » explique-t-il, « nous avons une usine qui produit les traverses en béton nécessaires à la pose des rails, tandis qu’une autre est dédiée au soudage des rails en acier. Les opérations de stockage des pierres [utilisées sous les voies de chemin de fer pour stabiliser les rails, ndlr] ont pour leur part débuté dès 2024 ».

« La seconde base est celle de Benguérir. D’une superficie de 100 hectares, elle est considérée comme le véritable cœur battant du projet ».

« Ces bases ont été stratégiquement implantées à proximité à la fois de la ligne LGV, de la voie ferrée conventionnelle, de l’autoroute et du réseau routier, afin de faciliter la logistique du chantier », a-t-il précisé.

L’étude de la LGV Marrakech-Kénitra est presque achevée

Interrogé sur la stratégie de l’Office et sur les prochains développements du réseau ferroviaire, Mohamed Rabie Khlie a souligné que « sous la supervision directe de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la stratégie de développement du secteur ferroviaire marocain s’articule autour d’un plan directeur intégrant à la fois le TGV et les trains conventionnels ».

« Ce plan prévoit un réseau ferroviaire reliant Tanger à Casablanca, puis Casablanca à Oujda en passant par Fès. En parallèle, le réseau ferroviaire classique est appelé à s’étendre vers le sud du Royaume, d’Agadir à Laâyoune et Dakhla, jusqu’aux frontières avec la Mauritanie, ainsi qu’entre Béni Mellal et Tétouan ».

Ce développement se fait selon une vision à moyen et long terme, avec des programmations quinquennales fixant les projets à réaliser tous les cinq ans.

Actuellement, plusieurs études préparatoires sont en cours ou presque finalisées, selon lui. Parmi elles, « l’étude de la LGV Marrakech-Agadir est presque achevée », annonce-t-il. « L’équipe chargée des expropriations s’apprête désormais à entamer la phase d’acquisition des terrains, en attendant la finalisation du montage financier du projet pour son démarrage ».

« D’autres études sont également en cours, notamment sur les axes Essaouira-Chichaoua, Khouribga-Béni Mellal et le raccordement de Tétouan au réseau ferroviaire principal« .

« Ce vaste programme ne découle pas directement de l’accueil du Mondial 2030 », tient toutefois a préciser le directeur général de l’ONCF. « Les projets ont été lancés bien avant ces annonces. Le Mondial représente cependant une opportunité d’accélération et de convergence des chantiers, notamment avec les projets complémentaires liés aux aéroports, infrastructures hôtelières et touristiques. Tous ces investissements devraient être livrés dans des délais rapprochés, renforçant ainsi leur impact économique et social ».

« L’ONCF a trois mois pour lancer le marché de construction de la gare Casa Sud »

Mohamed Rabie Khlie est également revenu sur les trois futures gares nouvelle génération prévues. En effet, le pôle ferroviaire de Casablanca s’apprête à accueillir trois gares de nouvelle génération, à savoir Casablanca Sud, la gare de Benslimane près du stade Hassan II, et la gare du nouveau terminal de l’aéroport Mohammed V.

« Une gare de nouvelle génération n’est plus seulement un lieu de passage, mais un véritable centre de vie. En plus des services de transport, elle offre une large gamme de prestations complémentaires pour améliorer l’expérience du voyageur », explique-t-il.

« Les trois futures gares deviendront ainsi des symboles régionaux, favorisant le développement urbain et économique de leurs alentours ».

Il précise également que la gare de Casa Sud sera 100% marocaine, et sera réalisée en 24 mois. « Après un concours pour le choix des architectes et des bureaux d’études, la sélection a retenu des bureaux marocains« , a-t-il fait savoir. « A présent, nous avons trois mois pour lancer l’appel d’offres pour choisir la société réalisatrice de ce projet. Il s’agira potentiellement d’une entreprise marocaine, avec une main-d’œuvre nationale ».

En ce qui concerne le délai de réalisation de cette gare, Mohamed Rabie Khlie s’est montré rassurant. « Les précédents projets, comme les gares de Rabat-Agdal, Kénitra, Tanger et Casa-Voyageurs, ont été réalisés en 24 à 26 mois, démontrant la maturité et l’expertise des sociétés marocaines dans ce domaine ».

Le trajet entre Casa Sud et Rabat se fera en 40 minutes seulement

Avec 12 millions de voyageurs par an, cette gare transformera profondément la mobilité urbaine et interurbaine. Véritable pôle d’interconnexion, elle accueillera tous les types de trains :

« Cette gare permettra de faciliter les correspondances. Un voyageur venant d’El Jadida pourra s’arrêter à Casa Sud, prendre le TGV vers Tanger ou Marrakech, ou encore un train de proximité pour rejoindre Mers Sultan ou Bernoussi ».

« Située à proximité du tramway et du BHNS, elle offrira un système de transport intégré et fluide. À cinq minutes de CFC, elle bénéficiera également de réserves foncières importantes qui seront valorisées à travers des hôtels, centres commerciaux et projets urbains ».

« Aujourd’hui, Casa-Voyageurs est la seule gare desservie par Al Boraq. Le déplacement depuis le sud de la ville pouvant prendre jusqu’à une heure, Casa Sud offrira une alternative majeure. Le trajet entre cette gare vers Rabat se fera en 40 minutes seulement, optimisant ainsi la connectivité régionale ».

La gare de Benslimane jouera, à moyen terme, le rôle de la gare « Casa Nord »

Le directeur général de l’ONCF a également évoqué la gare de Benslimane, dimensionnée pour accueillir 12 millions de voyageurs par an. « Elle n’a pas été pensée uniquement pour le Mondial 2030 ou le stade voisin », a-t-il précisé. « Chaque gare est conçue pour répondre à un horizon de cinquante ans ».

« Située stratégiquement sur le tracé de la LGV, sans modification du tracé initial, cette gare accompagnera le développement urbain de Benslimane et jouera, à moyen terme, le rôle de la gare ‘Casa Nord’ en complément de Casa Sud et Casa-Voyageurs (gare centrale) ».

Autour de cette station, il est prévu :

« Cette configuration permettra d’assurer une fluidité optimale des flux de supporters, puisque les voyageurs pourront rejoindre le stade à pied (1,2 km) ou via des circuits de transport organisés ».

LGV Kénitra-Marrakech : en vidéo, le point sur l’avancement des chantiers

Dans une vidéo publiée ce lundi 15 septembre, l’Office national des chemins de fer donne un aperçu de l’évolution des travaux du projet de la LGV Kénitra-Marrakech, lancé le 24 avril 2025 depuis la gare Rabat-Agdal. Ce prolongement de 430 km doit relier Kénitra, Rabat, Casablanca et Marrakech, dans la continuité de la ligne Tanger-Kénitra.

Selon l’Office, le foncier dédié au projet, estimé à 3.500 hectares, est pratiquement libéré. Les plateformes sont en cours d’aménagement sur l’ensemble du tracé, en prévision de la pose des rails. Le chantier a été réparti sur 13 lots :

– 8 lots pour le terrassement et les ouvrages d’art ;

– 2 lots pour les ponts ;

– 1 lot pour le tunnel de Rabat ;

– 2 lots liés à la ligne ferroviaire classique.

À ce jour, près de 4 millions de mètres cubes de terrassements ont été réalisés, selon l’ONCF.

 

Sur le plan logistique, la production des matériaux est déjà lancée. Depuis janvier 2024, l’approvisionnement en ballast et traverses s’effectue de manière régulière. Les premiers lots de rails et équipements ferroviaires ont été livrés, avec 1,5 million de tonnes de ballast, 500.000 traverses et 60.000 tonnes de rails déjà disponibles. Les entreprises chargées des équipements de signalisation et de communication ont également entamé les travaux.

Dans le détail, Agdal-Aïn Atiq affiche un taux de réalisation de 65%. Concernant les nouvelles gares, les architectes ont été désignés pour la conception des futures infrastructures, sauf pour la gare de Hay Riad où les travaux sont déjà bien avancés et seront bientôt achevés. Le projet inclut aussi la construction de trois centres techniques et neuf centres de maintenance, dont les chantiers suivent le calendrier prévu.

L’investissement global est estimé à 67 milliards de DH, dont 53 MMDH pour l’infrastructure de la nouvelle ligne et 14 MMDH pour la maintenance et la modernisation du réseau existant.

LGV Kénitra-Marrakech : voici les premiers axes touchés par le nouveau plan de transport

Afin de s’adapter aux travaux du projet de la ligne à grande vitesse Kénitra-Marrakech, l’Office national des chemins de fer (ONCF) mettra en place, à partir du lundi 15 septembre 2025, un nouveau plan de transport.

Concrètement, il s’agit provisoirement de l’allongement du temps de parcours de certains trains, de la fermeture de la gare de Mers Sultan ainsi que d’un changement au niveau des horaires de départ sur certaines lignes.

En parallèle, ce nouveau plan de transport sera l’occasion d’introduire certaines nouveautés et améliorations sur les gammes des trains navette rapides (TNR) et des trains Al Atlas :

– Mise en service d’une nouvelle liaison directe Safi-Casa Voyageurs avec un départ à 7h00 de Safi et un retour à 17h05 de Casablanca.

– Renforcement de l’axe Taza-Fès grâce à l’ajout de deux trains, avec un départ matinal de Taza à 6h20 et un retour à 18h20 de Fès.

– Modernisation de la gare de Taza offrant de meilleures conditions d’accueil et de service et assurant la continuité vers Al Hoceima via des autocars Supratours.

– Programmation de deux TNR supplémentaires sur l’axe El Jadida-Casa Port autour de 19h00.

– Mise en place de nouveaux arrêts dans les gares de proximité sur l’axe Casa-Rabat.

Pour s’informer sur les nouvelles grilles horaires, l’ONCF met en place un dispositif de communication spécial « ONCF Info Travaux » qui s’appuie sur les canaux suivants :

Le site marchand : www.oncf-voyages.ma / ONCF INFO TRAVAUX;
L’appli ONCF Voyages / Info Trafic;
Le Centre de relations clients (CRC) : 2255 (coût de la communication locale) ;
La chaine officielle WhatsApp ONCF : https://bit.ly/461PfEu
Le chatbot M’ONCF au 06 67 65 22 55.

LGV Kénitra-Marrakech : 71 MDH pour dévier les réseaux d’eau potable impactés à Casablanca-Settat

La SRM Casablanca-Settat vient de lancer un appel d’offres pour la réalisation des travaux de déviation des réseaux d’alimentation en eau potable impactés par le projet de la LGV Kénitra-Marrakech.

Le marché est divisé en cinq lots :

– Lot 1 : Déviation des réseaux d’AEP impactés au niveau de la province de Benslimane et de Mohammédia (6,3 MDH) ;

– Lot 2 : Déviation des réseaux d’AEP impactés au niveau de la province de Médiouna (6,2 MDH) ;

– Lot 3 : Déviation des réseaux d’AEP et d’assainissement impactés au niveau de la province de Settat (21 MDH) ;

– Lot 4 : Déviation des réseaux d’AEP et d’assainissement impactés au niveau de la province de Berrechid (11,7 MDH) ;

– Lot 5 : Déviation des réseaux d’AEP et d’assainissement impactés au niveau du site exploité entre Mohammédia Facultés et Bouskoura (26,3 MDH).

Le délai de réalisation des prestations est de six mois.

Casablanca : l’emplacement exact de la gare LGV de Nouaceur dévoilé

On connaît avec précision la localisation de la gare LGV à Nouaceur, destinée à desservir le nouveau terminal de l’aéroport Mohammed V. Elle a été révélée par le ministre du Transport et de la logistique en commission parlementaire, ce mardi 3 juin.

La gare LGV sera érigée à proximité du nouveau terminal, sur un terrain adjacent à l’aéroport de Casablanca. Le terrain se situe entre l’aéroport Mohammed V et le parc Zaouia Casa Diaa, comme le montre le schéma ci-dessous.

Voici l'emplacement de la gare LGV de Nouaceur à Casablanca.

La connexion de la gare LGV avec le nouveau terminal aéroportuaire vise à offrir aux voyageurs un accès rapide et fluide vers les principales villes du Maroc, particulièrement les villes hôtes du Mondial 2030.

Aussi, la gare est pensée comme une composante du futur terminal permettant de relier l’aéroport de Casablanca à Rabat en 30 minutes et à Marrakech en 55 mn.

Voici l'emplacement de la gare LGV de Nouaceur à Casablanca.

LGV : l’ONCF relance un marché d’infrastructures électriques pour 463 MDH

Dans le cadre du projet de la ligne à grande vitesse (LGV) entre Kénitra et Marrakech, l’Office national des chemins de fer (ONCF) a relancé un grand marché d’infrastructures électriques.

Ce marché, annulé récemment en raison de modifications majeures des données techniques et économiques, est de nouveau ouvert à la concurrence. L’ouverture des plis et l’annonce des candidats retenus sont prévues pour le 19 juin 2025.

Trois lots pour un budget total de 463 MDH

Le marché est divisé en trois lots, pour un montant global estimé à 463 millions de DH :

Des travaux sur plus de deux ans

Les délais d’exécution prévus sont de 24 mois pour les lots 1 et 2, et de 30 mois pour le lot 3.

L’électricité est l’un des éléments les plus critiques pour une ligne ferroviaire à grande vitesse. Les sous-stations permettent de transformer et d’acheminer l’énergie nécessaire à la traction des trains. Quant au système de télécommande, il assure le bon fonctionnement à distance des équipements et garantit la sécurité de l’exploitation.

Actuellement, le réseau électrique ferroviaire 3 kV est déjà alimenté par 53 sous-stations et 15 postes de sectionnement. Tous sont pilotés depuis deux centres de supervision à Rabat. Le marché relancé vise à adapter ce système à l’extension de la ligne vers Marrakech.

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Usines, fournisseurs et emploi : le pari industriel du Maroc dans le sillage de la LGV

En parallèle du projet de la future ligne à grande vitesse (LGV) Kénitra – Marrakech, un volet stratégique prend forme : celui de la compensation industrielle. Ce chantier ferroviaire est loin d’être un simple achat de matériel roulant. Il s’accompagne d’une logique intégrée de transfert technologique, visant notamment la création d’emplois qualifiés et l’atteinte d’une relative souveraineté industrielle.

Sur les trois géants internationaux qui fourniront le Royaume en matériel roulant, deux s’apprêtent à implanter au Maroc des unités industrielles qui dépassent le cadre du projet LGV. Il s’agit du français Alstom et du sud-coréen Hyundai Rotem.

Ces installations ambitionnent de positionner le Royaume comme hub ferroviaire industriel et logistique, capable de produire pour son propre marché, mais également d’exporter sa production, notamment vers les marchés d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Europe.

La localisation industrielle, une composante importante du projet LGV

Dans deux articles précédents, Médias24 a fait le point avec de hauts responsables de l’Office national des chemins de fer (ONCF) sur les volets « infrastructure » et « matériel roulant » du projet de la LGV.

Dans cet article, nous allons nous concentrer sur l’écosystème ferroviaire et la compensation industrielle, avec Luciano Fernandes Borges, directeur général de Siana (qui signifie « maintenance »), filiale de l’ONCF et de la SNCF.

Le recours au dialogue compétitif pour le choix des trois constructeurs internationaux – Alstom, l’espagnol CAF et Hyundai Rotem – a permis à l’ONCF de maîtriser la complexité du projet, en l’abordant sous un angle d’achat stratégique. « Au lieu de procéder à un simple achat, nous avons également considéré dans notre choix d’autres composantes », nous explique M. Borges, joint par nos soins.

« Parmi celles-ci, la localisation industrielle, qui est porteuse d’un transfert technologique vers l’exploitant – l’ONCF – mais aussi vers le Royaume, au niveau industriel. Cela signifie qu’il y a un degré de compensation industrielle dans chacun des trois contrats signés« .

« Avec des marchés de fourniture de trains attribués et des partenariats de maintenance mis en place, les trois industriels disposent d’une visibilité à long terme sur leurs activités au Maroc. En contrepartie, ils devront localiser une partie de leur production industrielle dans le Royaume, qu’il s’agisse d’activités liées directement aux contrats remportés ou à leur activité globale à l’international ».

Une usine d’Alstom pour la fabrication des cabines de conduite

« Cela se concrétise, pour le contrat des rames à grande vitesse remporté par Altsom, par la production d’armoires électriques et de câblage dans ses usines existantes au Maroc ».

« En ce qui concerne la conversion d’énergie, le français s’est également engagé à produire au Royaume les transformateurs dédiés aux trains destinés au Maroc ».

« Le troisième engagement est pour sa part relatif à la création d’une usine de fabrication de cabines de conduite. Ces cabines ne seront pas forcément dédiées aux trains à grande vitesse qu’Alstom fournira au Maroc », souligne notre source, notant que « ce projet s’accompagnera d’un transfert technologique, puisqu’il faudra implanter l’usine et former les gens, ce qui créera de l’emploi et apportera une valeur ajoutée technologique ».

Selon Luciano Borges, « les discussions sont en cours autour de cette usine. Le lieu de son implantation n’est toutefois pas encore totalement tranché, même si le développement d’Alstom au Maroc se dessine autour de deux régions, à savoir la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima et celle de Fès-Meknès où le constructeur est déjà fortement présent. »

« Cette usine, dont la production sera dédiée à des marchés hors Maroc, n’est donc pas liée au planning de la LGV. Néanmoins, sa mise en place devra être démarrée dans les 12 prochains mois ».

CAF développera jusqu’à 20 fournisseurs locaux

Le deuxième constructeur, CAF, « a, pour sa part, pour objectif de développer 15 à 20 fournisseurs locaux. Ce sera soit des industriels internationaux qui s’implanteront au Maroc pour produire depuis le Royaume, soit des industriels marocains qui sont déjà implantés au pays et qui seront qualifiés pour produire des équipements et des composants pour les trains que nous avons achetés auprès de ce constructeur espagnol. »

« Nous sommes sur un objectif de 20 constructeurs, mais avec un engagement ferme de développer cinq fournisseurs de sous-ensembles à valeur ajoutée technologique, lesquels seront implantés sur les trains. »

Et notre interlocuteur de préciser : « nous ne sommes pas sur la petite pièce mécanique à usiner. Nous parlons plutôt d’un système de porte, par exemple, d’un système de climatisation ou encore d’un système de freinage… Les discussions sur ce volet se poursuivent depuis la signature du contrat avec CAF, afin de peaufiner tous les détails. »

Une usine de trains Made in Morroco sera construite par Hyundai Rotem à Benguerir

Pour Hyundai Rotem, « le contrat exige le développement d’une usine d’assemblage et de fabrication de trains Made in Morocco », nous confie M. Borges.

« Contrairement à l’usine d’Alstom, ce projet est intimement lié à notre calendrier de LGV et de ses services connexes. L’implantation est prévue à Benguerir. Le terrain a d’ailleurs été identifié et les travaux de terrassement ont déjà démarré. Le démarrage effectif du chantier est prévu dans les deux ou trois prochains mois. Les appels d’offres seront donc lancés prochainement en collaboration avec le constructeur. »

« L’idée est que cette usine soit opérationnelle pour produire et livrer ses premiers trains dès 2028, soit dans trois ans », souligne notre source. Et d’ajouter : « tous les volets industriels ne seront pas intégrés aux premières rames, mais d’ici 2029, l’usine sera pleinement opérationnelle. Les dernières livraisons concerneront ainsi des trains véritablement Made in Morocco, avec un taux d’intégration locale significatif ».

Ces trains seront dédiés aussi bien au marché marocain qu’à l’export. « D’ailleurs, ce point faisait partie des exigences du marché relatif à l’acquisition du matériel roulant. L’idée n’est pas simplement de créer un écosystème. Ce qui nous importe aujourd’hui, c’est plutôt d’avoir un écosystème capable de concevoir et de créer des sous-ensembles et des ensembles à forte valeur ajoutée technologique, avec une maitrise locale. Lorsque nous maitrisons la technologie, nous sommes capables de la rendre compétitive et de l’exporter, et c’est notre finalité. »

« Pour chacun des trois contrats, l’objectif est donc :

– d’alimenter le marché marocain grâce à cette commande hors norme ;

– de faire bénéficier les trois constructeurs internationaux des avantages compétitifs qu’offre le Royaume, tels que sa localisation géographique et son capital humain formé ;

– Les aider à rendre leurs offres compétitives sur les marchés étrangers sur lesquels ils sont déjà positionnés, ainsi que sur les marchés sur lesquels ils ne sont pas encore présents. Nous pensons notamment au marché Européen, au Moyen-Orient et au marché Africain ».

« Certes, à ce jour, aucune feuille de route précise n’existe autour de ce volet export, mais il y a des engagements pour que toutes les installations et les développements qui seront faits au Maroc aient cette ambition d’export, laquelle est inscrite dans les contrats avec les constructeurs. Une feuille de route sera écrite de manière adaptée avec chacun des constructeurs au fur et à mesure du développement et du choix des capacités industrielles locales. »

« Des conditions de financement extrêmement attractives et compétitives »

« Tous ces engagements ont été intégrés dans la fameuse démarche de dialogue compétitif », poursuit M. Borges, « qui nous a, au final, permis de concilier la performance et la compétitivité en termes de prix avec les engagements les plus ambitieux possibles sur chacun de ces lots de matériel roulant. »

« Cependant, il ne faut pas oublier une dernière composante, qui est également très importante : le financement. Nous avons pu obtenir, avec les différents constructeurs, des conditions de financement concessionnelles extrêmement attractives et compétitives ».

« L’avantage du prêt concessionnel, c’est que, outre les taux très faibles, nous profitons aussi d‘un délai de grâce important et d’une durée de remboursement longue. Globalement, sur les trois contrats, nous avons eu des taux extrêmement bas, et nous disposons, pour chacun d’entre eux, de 10 années de grâce. »

« En termes de remboursement, nous disposons d’une durée supplémentaire qui s’étale sur 20 à 30 ans, selon les contrats. C’est d’ailleurs ce volet qui a rendu l’équation économique positive et intéressante. »

80% de la flotte livrée et opérationnelle pour le Mondial 2030

Et notre source de conclure : « La majorité de ces 168 trains sera nécessaire pour relever le défi de l’événement de la Coupe du monde 2030. Nous estimons alors qu’à travers les engagements contractuels, plus de 80% de la flotte sera livrée et opérationnelle durant cet événement. »

168 trains grande vitesse, intercités et régionaux : les coulisses d’un méga-contrat ferroviaire

Le projet d’extension de la LGV de Kénitra jusqu’à Marrakech entre dans une phase décisive. Le lancement effectif des travaux, par le Roi Mohammed VI, a eu lieu le 24 avril dernier. Si l’ambition infrastructurelle de cette deuxième tranche est connue (430 km de voies supplémentaires), un autre chantier stratégique avance à grands pas, celui du matériel roulant.

Au total, ce sont 168 trains neufs, équipés de technologies de pointe, qui ont été commandés par l’ONCF auprès de trois industriels internationaux. Joint par Médias24, Luciano Fernandes Borges, DG de Siana, filiale de l’ONCF et de la SNCF, nous livre le détail du volet relatif au matériel roulant, les caractéristiques des trains choisis ainsi que leur répartition.

« La LGV Kénitra-Marrakech permettra de développer des services de proximité supplémentaires »

« Avant de détailler ce volet, il faut d’abord revenir au contexte de ce projet d’envergure », nous déclare-t-il. « Le projet de LGV Kénitra-Marrakech, qui implique 430 km d’infrastructures de ligne à grande vitesse, s’inscrit dans un schéma directeur visant à doter le pays de 1.500 km de voie à grande vitesse à l’horizon 2040″.

« A ce stade, nous avons l’impératif 2030. Nous devons donc faire arriver la grande vitesse jusqu’à Marrakech depuis Kénitra, en prolongement de la première tranche. Ce qui implique par ricochet davantage de trains pour transporter davantage de passagers ».

« Le fait que le projet d’infrastructure nouvelle libère de la capacité sur des lignes existantes nous permet de développer des services de mobilité locale et régionale, qui résolvent d’autres problématiques de mobilité de proximité, en particulier au niveau des trois régions traversées par cette ligne, à savoir Rabat-Salé-Kénitra, Casablanca-Settat et Marrakech-Safi. »

« Autrement dit, la création d’une nouvelle ligne à grande vitesse libère de la capacité sur les lignes existantes, ce qui permet, avec certains aménagements, d’y développer des services de proximité supplémentaires ».

« C’est pour cette raison que nous avons mis en place un programme d’acquisition de 168 trains, dont 18 rames grande vitesse, 40 trains intercités et 110 trains pour les services de proximité. Les 40 trains intercités viendront renforcer le service grande ligne, qui se fera à des vitesses allant jusqu’à 160 km/h, et pouvant atteindre jusqu’à 200 km/h sur LGV ».

10 constructeurs sur la ligne de départ à l’issue de l’AMI lancé en 2022

En ce qui concerne le choix des trois constructeurs, M. Borges nous explique qu’il « s’est fait à la suite d’un processus qui a duré plus de deux années ».

« Avant de lancer les marchés relatifs à l’acquisition du matériel roulant, nous avons d’abord adapté le règlement des achats de l’ONCF, pour qu’il nous soit possible d’effectuer non pas une acquisition simple, c’est-à-dire via un appel d’offre standard, mais plutôt de lancer un appel à concurrence par la méthode du dialogue compétitif ».

« Mais bien avant le lancement de cet appel à concurrence, nous avons d’abord lancé, vers fin 2022, un appel à manifestation d’intérêts (AMI) pour sonder les industriels. Un total de dix constructeurs avait alors répondu à cet AMI. Il s’agit de 10 constructeurs mondiaux de différents pays. Outre ceux retenus, il y avait également, sur la ligne de départ, des concurrents chinois, allemands et polonais ».

« Ces industriels nous ont confortés dans l’idée que, compte tenu de l’ampleur du programme, il était possible de combiner une acquisition classique de trains avec des partenariats de maintenance et des engagements en matière de localisation ».

Seuls 5 candidats se sont manifestés après le déclenchement du dialogue compétitif

« Tout ceci nous a permis d’enclencher la procédure de dialogue compétitif, officiellement lancée vers fin 2023″, souligne Luciano Fernandes Borges. « Cinq candidats s’étaient alors manifestés, répartis sur les différents lots, entre la grande vitesse, l’intercité et la mobilité régionale métropolitaine ».

« C’est un processus de sélection où il a fallu évaluer trois principales composantes : tout d’abord le produit en termes de qualité et la conformité à nos spécifications ».

« Le deuxième volet évalué est relatif à l’offre en maintenance partenariale. Ainsi, l’ONCF considère que la maintenance du matériel roulant fait partie des domaines d’activité stratégiques de l’entreprise », ajoute-t-il. « Nous ne sommes pas dans une externalisation de la maintenance, mais plutôt dans une maîtrise de cette maintenance. Soit nous la faisons en totale autonomie, soit nous la faisons en partenariat, c’est-à-dire à travers des joint-ventures, comme ce que nous avons pu faire lors du premier projet grande vitesse (Tanger-Kénitra, NDLR), à travers un partenariat en particulier avec la SNCF sur les trains à grande vitesse ».

« La troisième composante évaluée a pour sa part trait à la localisation », ajoute notre interlocuteur. « Ce processus a ainsi abouti, par la voie de la concurrence, aux trois candidats suivants :

– le Français Alstom pour les 18 rames grande vitesse ;

– l’espagnol CAF pour les 40 rames intercités ;

– le coréen Hyundai Rotem pour les 110 autres trains régionaux ».

Chacun a présenté l’offre économiquement la plus avantageuse dans sa catégorie.

Les critères de choix des 168 trains

Luciano Borges nous a également précisé les caractéristiques spécifiques des 168 trains commandés. « Il faut savoir que, pour un exploitant, il y a des points très importants à considérer, dont le premier est relatif à la sécurité. Ces trois candidats retenus maîtrisent les technologies et nous offrent les dernières générations de trains dans les différentes catégories. Nous avons donc retenu les constructeurs sérieux, qui ont de bons produits ».

« Ont également été pris en considération dans notre choix : le degré de conformité à notre niveau d’exigence et, surtout, la comparaison en termes de performance et en termes de capacité à produire dans les délais impartis ».

« Outre la sécurité », ajoute notre source, « le confort et la fiabilité opérationnelle sont également des volets essentiels pour l’exploitant ». La fiabilité opérationnelle fait référence à la capacité des trains à rester disponibles en service, avec un minimum de pannes et une maintenance facilitée. « Une rame qui passe la moitié de son temps au dépôt ne servira pas à transporter les clients, et ce n’est pas ce qu’on recherche. On évalue donc également cet aspect-là ».

« Une fois que nous avons dépassé ces fondamentaux dans notre analyse, nous sommes arrivés à la comparaison sur le prix à la place. Un point important, parce qu’il y a, certes, des exigences de confort, mais en fonction de l’optimisation que chaque constructeur va pouvoir offrir, les trains choisis seront plus ou moins capacitaires pour le même niveau de confort ».

« Ensuite, nous avons aussi pris en considération le coût projeté de la maintenance. Un train qui nous coûtera extrêmement cher en maintenance sera pénalisé par rapport à un train dont la maintenance sera beaucoup plus simple du fait de sa conception. Enfin, nous sommes passés aux caractéristiques techniques, qu’il fallait cocher : vitesses, portes, etc. »

« Le train grande vitesse d’Alstom offre la plus grande capacité du marché »

Dans le détail, « pour la grande vitesse, l’on peut affirmer que notre choix, bien que basé sur des critères plus complexes, s’est globalement fait sur le train le plus capacitaire qui existe aujourd’hui sur le marché, qui offre ainsi le plus de places au même niveau de confort, du fait d’un certain nombre d’innovations dans l’exploitation des espaces. Il est également le moins énergivore de sa catégorie. Nous avons aussi porté le choix sur un train offrant un bon niveau de confort, avec du wifi à bord, et des prises individuelles à la place, etc ».

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En ce qui concerne les trains intercités, poursuit notre interlocuteur, « notre choix s’est également porté sur des trains très confortables, sur un seul niveau. Ce sont des trains qui peuvent rouler à 200 km/h et qui peuvent ainsi rouler sur une ligne à grande vitesse. C’est-à-dire que ce sont des trains qui pourront rouler à la fois sur les lignes classiques à 160 km/h et s’insérer, si les conditions de trafic le permettent, sur une ligne à grande vitesse, avec de bons niveaux d’alimentation électrique et de bons niveaux de système de sécurité. Cela nous permettra d’augmenter notre capacité et la fluidification du trafic pour ces services-là ».

Enfin, s’agissant des trains de proximité, « ce sont des trains très capacitaires également et très modulaires, qui nous permettront, sur une même gamme, de faire à la fois du RER et du train régional, mais aussi de créer des combinaisons particulières pour les rames qui vont desservir les aéroports, par exemple, avec un aménagement intérieur particulier. Cette modularité a favorisé le produit de Hyundai Rotem ».

Aide à la conduite, aide au freinage, comptage automatique…

Comme indiqué par l’ONCF, ces trains sont équipés des technologies de pointe, dont la première est relative au système de signalisation basé sur le standard ERTMS (un dispositif de signalisation ferroviaire commun à l’ensemble des pays européens, NDLR), qui permet de contribuer à gérer la sécurité des circulations et le trafic.

« Globalement, cela signifie que le conducteur sera assisté par des dispositifs d’aide à la conduite, qui garantiront la sécurité à bord du train. Ce sont des dispositifs automatiques qui permettront, par exemple, de freiner le train automatiquement si le conducteur ne donne pas le signe de vie pendant un temps déterminé ».

Notre interlocuteur donne un autre exemple : « même en cas d’inattention, un conducteur ne pourra pas dépasser la vitesse autorisée. En effet, des courbes de vitesse sont préenregistrées et communiquent en temps réel avec l’infrastructure. Si un autre train se trouve sur la voie, par exemple, et que le conducteur n’est pas vigilant aux instructions du système, ce dernier interdira automatiquement le dépassement de la vitesse maximale autorisée. La position du train au regard des performances de freinage disponibles est donc directement contrôlée par le dispositif embarqué ».

« Les trains concernés seront aussi dotés d’un système de comptage automatique des passagers et d’une rétrovision permettant de vérifier la fermeture correcte des portes. En cas de déclenchement d’un signal d’alarme, une caméra s’activera automatiquement pour indiquer au conducteur l’emplacement précis de l’incident, lui permettant ainsi de le visualiser en temps réel depuis sa cabine et d’intervenir plus efficacement », conclut notre source.

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Infographies. Le parcours détaillé de la LGV Kénitra-Marrakech

Joint par Médias24, Khalid Khairane nous détaille le tracé de l’extension de la LGV, à partir de Kénitra jusqu’à Marrakech. « Celle-ci passe devant le stade Moulay Abdellah de Rabat et le Grand Stade Hassan II de Casablanca », nous confie-t-il. « Nous avons également traité le passage au niveau de l’aéroport de Casablanca, avec une desserte prévue pour le terminal actuel et le futur terminal qui sera construit. »

Une seule ligne LGV de Kénitra jusqu’au Grand Stade de Casablanca

Dans le détail, la nouvelle ligne démarrera à Kénitra, là où s’arrête la première tranche déjà existante, qui relie Tanger à Kénitra.

Comme le montre le schéma ci-dessous, à la sortie de Kénitra, la LGV passera par une galerie souterraine de 6 km, créée par l’ONCF. Le train ne sera donc pas visible sur ce tronçon.

La sortie de cette galerie se trouve au niveau de la vallée du Bouregreg, à côté de la nouvelle tour Mohammed VI réalisée par BOA. La LGV passera ainsi sur deux ponts au-dessus de la vallée, avant d’arriver au tunnel en construction sous la gare de Rabat-Ville. Ce dernier s’étalera sur environ 3,3 km sous la ville de Rabat, depuis la vallée du Bouregreg jusqu’aux alentours de la gare de Rabat-Agdal.

Le train sortira ensuite derrière le jardin d’essai de Rabat-Agdal, lequel se situe à environ 1 km de la gare de Rabat-Agdal, où s’arrêtera la LGV.

La ligne se poursuivra sur de nouvelles voies parallèles à celles existantes jusqu’à Aïn Atik, et passera par un contournement à travers une galerie souterraine de 6 km, qui se situera juste à côté de l’usine Asment, « afin de ne pas toucher aux maisons ni aux habitations ».

Les voies continueront jusqu’au Grand Stade Hassan II, à partir duquel deux options sont possibles jusqu’à Marrakech. Ce sera donc au voyageur de faire son choix, selon sa destination, Casablanca ou aéroport, avant de continuer éventuellement sur Marrakech.

N.B : Sur ce tracé, nous n’avons gardé que la ligne LGV. 

La première option passe par l’intérieur de Casablanca

Juste après le stade de Casablanca, le train prendra la voie qui contourne Mansouria, Mohammédia et Zenata, pour arriver à Casa-Voyageurs. Il s’agit là de la première option.

Le train continuera jusqu’à la nouvelle gare Casa-Sud en cours de réalisation, qui se trouve derrière les facultés, puis se poursuivra vers Bouskoura, et enfin vers la gare du nouveau terminal de l’aéroport de Casablanca, laquelle se situera au niveau du hub de Nouaceur.

Le train ira ensuite vers Marrakech, pour s’arrêter à la gare de la Palmeraie, qui sera réaménagée pour absorber le grand flux attendu.

Le second tracé contourne la métropole

Le second tracé se poursuit quant à lui directement du nouveau stade Hassan II jusqu’à Marrakech, en passant par deux ponts et la gare du nouveau terminal, afin de desservir l’aéroport de Casablanca.

« Pour faire simple, si je suis à Rabat, je peux prendre un train, et 35 minutes après, je serai arrivé à l’aéroport de Casablanca pour prendre un avion vers Paris, par exemple », explique notre source.

Il existe ainsi deux chemins qui se raccordent. Le voyageur pourra prendre l’un ou l’autre, en fonction de son besoin et de sa destination. C’est ce qui confère à Nouceur le statut de hub. Ce dernier regroupe à la fois une ligne classique, deux lignes LGV, des départs et des arrivées.

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LGV Kénitra-Marrakech : lancement des AO pour le contrôle technique des travaux des gares et des technicentres

Selon ce nouvel appel d’offres de l’ONCF, le marché concerne le contrôle technique et l’optimisation des études et des travaux de construction des gares et des technicentres de maintenance suivants :

Le coût estimé pour ces 5 lots varie entre 1,3 million de dirhams et 2,7 MDH, soit un total de plus de 9 MDH.

L’ouverture des plis est fixée pour le 5 juin prochain.

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Kénitra-Marrakech à 320 km/h : travaux de LGV lancés, essais et démarrage dès 2029

Pour mener à bien ce chantier d’envergure à l’horizon 2030, l’Office national des chemins de fer (ONCF) a multiplié les appels d’offres.

La majorité des marchés ont déjà été attribués, portant sur plusieurs volets : études, travaux de dégagement, préparation des emprises, installations de chantier, démolitions (immeubles, villas en zone urbaine), coupe et dessouchage d’arbres, terrassements (remblais et déblais ponctuels), construction d’ouvrages en béton armé, ainsi que prestations topographiques et administratives pour l’établissement des plans et enquêtes parcellaires sur l’axe Kénitra-Marrakech-Agadir.

La réalisation du tronçon Casablanca-Marrakech devrait être finalisée en 2029. Les essais dynamiques devraient démarrer vers janvier 2029, d’abord sur le tronçon Kénitra-Casablanca entre janvier et mai, puis entre Casablanca et Marrakech entre mai et septembre 2029. La mise en service est prévue pour novembre 2029.

 

96 MMDH pour la mise à niveau du secteur ferroviaire national, 53 MMDH pour la LGV Casablanca-Marrakech

Estimé à plus de 96 milliards de DH à l’horizon 2030, le financement du programme d’investissement de l’ONCF est bouclé. L’extension de la LGV jusqu’à Marrakech mobilisera ainsi un budget de 53 MMDH. Par ailleurs, 29 MMDH seront alloués à l’acquisition de 168 trains, incluant 18 TGV auprès du français Alstom, 40 trains intervilles attribués à la société espagnole CAF et 110 trains navette rapides et métropolitains pour son programme de RER auprès de la société sud-coréenne Hyundai Rotem.

Quelque 14 MMDH seront consacrés à la poursuite de la rénovation et de la réhabilitation du réseau actuel.

Ce programme génèrera 430.000 emplois durant les travaux et 2.000 postes permanents. Son financement est partagé à 53% entre l’État et les collectivités territoriales, contre 43% pour l’ONCF.

Le train du futur

Les 18 trains à grande vitesse seront fournis par l’entreprise française Alstom, implantée au Maroc depuis près de cent ans. Il s’agit du modèle Avelia Horizon, des trains à double étage d’une capacité allant jusqu’à 640 voyageurs et pouvant atteindre une vitesse de 320 km/h.

Les trains seront produits dans les usines d’Alstom en France puis transportés et testés au Maroc. L’usine d’Alstom à Fès produira les armoires électriques et les faisceaux de câbles, contribuant ainsi au développement de l’écosystème ferroviaire marocain et renforçant l’expertise ferroviaire locale.

La future ligne, longue de 390 kilomètres, permettra des vitesses comprises entre 170 et 320 km/h. Elle bénéficiera à 58% de la population, couvrira 65% des déplacements nationaux et desservira cinq destinations touristiques majeures.

Les temps de parcours seront considérablement réduits :

Voici les durées de quelques trajets:

-Tanger- Rabat: 1 h.

-Tanger-Casablanca: 1h40.

-Tanger-Marrakech: 2h40.

-Rabat-aéroport Mohammed V: 35 mn, en desservant le nouveau Stade Hassan II.

-Casablanca-Marrakech: 1h15.

-Rabat-Marrakech: 1h40.

-Marrakech- Aéroport Mohammed V: 55 mn.

-Fès- Marrakech: 3h40.

Il est prévu également un service à grande vitesse entre Fès et Marrakech avec un temps de parcours de 3h40 (avec des trains à grande vitesse circulant sur la ligne classique de Fès jusqu’au nord de Kénitra, avant de poursuivre sur la nouvelle ligne à grande vitesse jusqu’à Marrakech).

 

Depuis 2019, l’ONCF a enregistré une hausse de 80% du nombre de voyageurs, selon des données de l’Office, avec un taux de régularité des trains de 96% et un taux de remplissage de 71%. À terme, la ligne à grande vitesse (LGV) devrait transporter 100 millions de voyageurs, dont 12 millions sur la ligne Al Boraq. Elle contribuera à la réduction des trajets en voiture, autocar ou grand taxi, et donc à une baisse des émissions de CO₂ estimée à 360.000 tonnes par an.

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