Ferroviaire : l’espagnol CAF mise sur les fournisseurs marocains pour les intégrer à ses projets internationaux
Lors de la 4e édition du Rail Industry Summit Morocco, organisé les 9 et 10 décembre à El Jadida, Joseba Lasa Goñi, responsable de zone de la Division internationale de CAF, a mis en lumière l’ambition et la vision du groupe espagnol au Maroc.
D’après lui, CAF entend profiter de son projet au Maroc pour renforcer les capacités des fournisseurs marocains. Le groupe ambitionne d’apprendre et de grandir avec ses partenaires locaux, en investissant dans leur compétitivité pour les associer à d’autres projets dans le monde.
« Nous n’avons pas l’histoire centenaire d’Alstom au Maroc ni un projet de l’ampleur de celui de Hyundai Rotem. En revanche, CAF est un leader mondial de la mobilité durable », a-t-il déclaré.
Mieux connaître les potentialités du Maroc et de ses fournisseurs
« Nous avons près de cent ans d’histoire ferroviaire et, à ce titre, nous sommes très heureux, à travers le projet de livraison de 40 rames intervilles pour l’ONCF, d’avoir l’opportunité d’apprendre et de mieux connaître les potentialités du Maroc et de ses fournisseurs ».
« Notre objectif n’est pas seulement de les intégrer au projet que nous allons livrer dans les cinq à dix prochaines années au Maroc, mais aussi d’évaluer dans quelle mesure nous pouvons les intégrer à notre chaîne d’approvisionnement, afin de les associer à des projets dans d’autres pays ».
« Nous allons donc profiter de notre projet pour mieux connaître les capacités des fournisseurs marocains. Nous allons aussi les aider à grandir avec nous. Il peut parfois être intimidant pour un fournisseur de devoir rapidement obtenir une certification IRIS [une certification est destinée aux différents acteurs de la chaîne d’approvisionnement ferroviaire, ndlr] exigée dans le monde ferroviaire, ou de répondre à des standards de qualité qui ne sont pas toujours habituels sur le marché local ».
« Nous sommes ici pour apprendre et grandir ensemble avec les fournisseurs marocains, dans l’espoir que, non seulement dans le cadre des projets en cours, mais aussi en investissant nous-mêmes pour renforcer leur compétitivité, nous puissions les associer davantage à d’autres projets dans le monde. C’est, en quelque sorte, notre ambition à travers ce projet au Maroc ».
Dans le cadre du projet d’extension de la LGV jusqu’à Marrakech, CAF a pour objectif de développer 15 à 20 fournisseurs locaux. Il peut s’agir d’industriels internationaux qui s’implanteront au Maroc pour produire depuis le Royaume, ou d’industriels marocains qui sont déjà implantés dans le pays, et qui seront qualifiés pour produire des équipements et des composants pour les trains achetés par l’ONCF auprès du constructeur espagnol.
Nous pensons que le Maroc va inspirer ses voisins les plus proches à investir dans le rail
« Le Maroc est aujourd’hui un phare pour l’Afrique, du moins dans le secteur de la mobilité. C’est évident, il n’existe pas d’équivalent sur le continent ».
« Nous pensons que le Maroc, au cours des dix à quinze dernières années, et dans les prochaines années encore, va démontrer son leadership et inspirer ses voisins les plus proches, ou dans le continent de manière générale, à investir dans le rail. Nous espérons pouvoir accompagner ce rayonnement et voir de plus en plus de pays de cette région miser sur le ferroviaire ».
« Malheureusement, aujourd’hui, le frein ne vient pas d’un manque d’ambition des constructeurs. Nous suivons la demande, nous ne la créons pas ».
« C’est dans la mesure où les pays qui entourent le Maroc, et l’Afrique en général, comprendront l’opportunité que représente le rail pour développer leur économie et leur société, que nous pourrons participer à cette dynamique », a-t-il conclu.
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