Ferroviaire : l’espagnol CAF mise sur les fournisseurs marocains pour les intégrer à ses projets internationaux

Lors de la 4e édition du Rail Industry Summit Morocco, organisé les 9 et 10 décembre à El Jadida, Joseba Lasa Goñi, responsable de zone de la Division internationale de CAF, a mis en lumière l’ambition et la vision du groupe espagnol au Maroc.

D’après lui, CAF entend profiter de son projet au Maroc pour renforcer les capacités des fournisseurs marocains. Le groupe ambitionne d’apprendre et de grandir avec ses partenaires locaux, en investissant dans leur compétitivité pour les associer à d’autres projets dans le monde.

« Nous n’avons pas l’histoire centenaire d’Alstom au Maroc ni un projet de l’ampleur de celui de Hyundai Rotem. En revanche, CAF est un leader mondial de la mobilité durable », a-t-il déclaré.

Mieux connaître les potentialités du Maroc et de ses fournisseurs

« Nous avons près de cent ans d’histoire ferroviaire et, à ce titre, nous sommes très heureux, à travers le projet de livraison de 40 rames intervilles pour l’ONCF, d’avoir l’opportunité d’apprendre et de mieux connaître les potentialités du Maroc et de ses fournisseurs ».

« Notre objectif n’est pas seulement de les intégrer au projet que nous allons livrer dans les cinq à dix prochaines années au Maroc, mais aussi d’évaluer dans quelle mesure nous pouvons les intégrer à notre chaîne d’approvisionnement, afin de les associer à des projets dans d’autres pays ».

« Nous allons donc profiter de notre projet pour mieux connaître les capacités des fournisseurs marocains. Nous allons aussi les aider à grandir avec nous. Il peut parfois être intimidant pour un fournisseur de devoir rapidement obtenir une certification IRIS [une certification est destinée aux différents acteurs de la chaîne d’approvisionnement ferroviaire, ndlr] exigée dans le monde ferroviaire, ou de répondre à des standards de qualité qui ne sont pas toujours habituels sur le marché local ».

« Nous sommes ici pour apprendre et grandir ensemble avec les fournisseurs marocains, dans l’espoir que, non seulement dans le cadre des projets en cours, mais aussi en investissant nous-mêmes pour renforcer leur compétitivité, nous puissions les associer davantage à d’autres projets dans le monde. C’est, en quelque sorte, notre ambition à travers ce projet au Maroc ».

Dans le cadre du projet d’extension de la LGV jusqu’à Marrakech, CAF a pour objectif de développer 15 à 20 fournisseurs locaux. Il peut s’agir d’industriels internationaux qui s’implanteront au Maroc pour produire depuis le Royaume, ou d’industriels marocains qui sont déjà implantés dans le pays, et qui seront qualifiés pour produire des équipements et des composants pour les trains achetés par l’ONCF auprès du constructeur espagnol.

Nous pensons que le Maroc va inspirer ses voisins les plus proches à investir dans le rail

« Le Maroc est aujourd’hui un phare pour l’Afrique, du moins dans le secteur de la mobilité. C’est évident, il n’existe pas d’équivalent sur le continent ».

« Nous pensons que le Maroc, au cours des dix à quinze dernières années, et dans les prochaines années encore, va démontrer son leadership et inspirer ses voisins les plus proches, ou dans le continent de manière générale, à investir dans le rail. Nous espérons pouvoir accompagner ce rayonnement et voir de plus en plus de pays de cette région miser sur le ferroviaire ».

« Malheureusement, aujourd’hui, le frein ne vient pas d’un manque d’ambition des constructeurs. Nous suivons la demande, nous ne la créons pas ».

« C’est dans la mesure où les pays qui entourent le Maroc, et l’Afrique en général, comprendront l’opportunité que représente le rail pour développer leur économie et leur société, que nous pourrons participer à cette dynamique », a-t-il conclu.

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LGV Kénitra-Marrakech : 71 MDH pour dévier les réseaux d’eau potable impactés à Casablanca-Settat

La SRM Casablanca-Settat vient de lancer un appel d’offres pour la réalisation des travaux de déviation des réseaux d’alimentation en eau potable impactés par le projet de la LGV Kénitra-Marrakech.

Le marché est divisé en cinq lots :

– Lot 1 : Déviation des réseaux d’AEP impactés au niveau de la province de Benslimane et de Mohammédia (6,3 MDH) ;

– Lot 2 : Déviation des réseaux d’AEP impactés au niveau de la province de Médiouna (6,2 MDH) ;

– Lot 3 : Déviation des réseaux d’AEP et d’assainissement impactés au niveau de la province de Settat (21 MDH) ;

– Lot 4 : Déviation des réseaux d’AEP et d’assainissement impactés au niveau de la province de Berrechid (11,7 MDH) ;

– Lot 5 : Déviation des réseaux d’AEP et d’assainissement impactés au niveau du site exploité entre Mohammédia Facultés et Bouskoura (26,3 MDH).

Le délai de réalisation des prestations est de six mois.

La future gare LGV Casa Sud trace sa voie pour devenir un nouveau hub ferroviaire

Dans le cadre de l’augmentation de la capacité ferroviaire entre Kénitra et Marrakech au niveau du hub de Casablanca, l’ONCF prévoit la réalisation de la gare Casa Sud ainsi que l’aménagement des différentes voies y amenant.

 

Les travaux de terrassement, d’ouvrage d’art et de rétablissement des raccordements pour la LGV Kénitra-Marrakech sur un parcours d’une distance de 51 km au niveau du hub de Casablanca, et notamment de la gare Casa Sud, sont en cours, sous la houlette de TGCC.

 

Pour accompagner la mise en place de la nouvelle gare, la SRM Casablanca-Settat vient de lancer un appel d’offres pour la réalisation des travaux de déviation des ouvrages impactés par la LGV, ainsi que la réalisation des travaux de déplacement de la conduite d’eau potable DN800.

Le marché concerne la déviation des ouvrages impactés au niveau du boulevard Al Qods.

Le tracé des conduites projetées et les limites de chaque lot.

Les travaux sont répartis en 2 lots distincts :

– Lot 01 : réalisation des travaux de déviation de la conduite DN 800 d’eau potable ;

– Lot 02 : réalisation des travaux de déplacement de la station de pompage et de ses conduites d’arrivée et de refoulement.

Le coût des prestations est estimé à 5,2 millions de DH.

Un nouveau quartier nommé « Casa Sud »

Au-delà de la gare, un projet plus ambitieux a trait à la création d’une nouvelle centralité ou quartier, portée particulièrement par la ligne LGV et les aménagements urbains avoisinants à l’horizon 2030.

Cette nouvelle centralité portera le nom de Casa Sud. La naissance de ce nouveau quartier trouve ses origines dans « deux principaux projets » : le projet Nassim : un lieu de rattachement qui « assure la liaison entre Lissasfa et Sidi Maârouf et constitue avec eux l’expression spatiale des mutations de la banlieue sud-ouest de la capitale économique » ; et le projet de la nouvelle gare LGV de Casablanca, Casa Sud.

Qui dit nouveau quartier dit mobilité. Surtout quand ce nouveau quartier abritera la gare principale de la LGV. Donc, il est nécessaire d’avoir une desserte efficace en transports en commun qui, selon le plan directeur de mobilité du nouveau quartier Casa Sud à l’étude, permettra de :

Le nouveau quartier de la gare Casa Sud « constitue une véritable plateforme qui va générer et attirer des flux importants, notamment routiers ». Elle nécessitera une extension du réseau de tramway de Casablanca et un plan de circulation.

Plus de 3,2 MMDH de la Banque mondiale en appui au programme « Service intra-métropolitain rapproché » à Casablanca

Le conseil d’administration de la Banque mondiale a approuvé un financement de 350 millions de dollars (plus de 3,2 milliards de DH) pour le pôle de mobilité et de logistique du Grand Casablanca. Ce projet vise à améliorer l’accès aux emplois et aux services essentiels en renforçant les services ferroviaires de passagers dans cette zone géographique, centre névralgique du réseau ferroviaire marocain, indique la Banque mondiale.

Le programme entend également renforcer les capacités de planification et de financement de l’Office national des chemins de fer (ONCF), pour la gestion et l’expansion des infrastructures ferroviaires.

Le Maroc connaît une urbanisation rapide, avec 60% de sa population vivant actuellement en milieu urbain, une proportion qui devrait atteindre 70% d’ici 2050. Cette croissance, particulièrement marquée dans la région Casablanca-Settat, moteur clé de l’économie nationale, offre d’importantes opportunités de développement, rappelle la Banque mondiale.

Dans la zone du Grand Casablanca, le programme « Service intra-métropolitain rapproché » (SIR) modernise les services ferroviaires en rénovant et construisant des gares, tout en augmentant la fréquence des trains de voyageurs. Ce programme garantit l’accès à des lieux clés en 45 minutes, élargissant ainsi les opportunités pour les habitants et les entreprises, tout en améliorant la connectivité et en réduisant l’impact environnemental.

Ce financement de la Banque mondiale appuiera le programme SIR dans la mise en place d’un service ferroviaire électrifié de voyageurs, reliant le centre urbain aux banlieues telles que Zenata, Mohammédia, Nouaceur et Bouskoura.

Quinze gares ferroviaires multimodales

Le programme s’appuiera sur une emprise ferroviaire de 73 kilomètres pour accroître la capacité des voies et améliorer l’infrastructure, notamment les systèmes électriques et de signalisation, avec une attention particulière portée à la résilience climatique. Il vise à désengorger les lignes actuelles et à renforcer la capacité de fret vers le port de Casablanca. Il comprend également des investissements dans l’entretien et la modernisation des infrastructures dans la région Casablanca-Settat.

Quinze gares ferroviaires multimodales seront construites ou réaménagées, en intégrant des principes de développement axés sur les transports en commun et des normes d’accessibilité universelle. Le programme améliorera par ailleurs les installations logistiques du Grand Casablanca, en mettant l’accent sur la logistique ferroviaire à Aïn Sebaâ et sur la connectivité autour d’une nouvelle zone logistique à Zenata.

« L’appui de la Banque mondiale renforcera la gouvernance et les capacités opérationnelles de l’ONCF, appuyant ainsi sa vision à long terme de transformation en société anonyme jouant un rôle de premier plan dans la prestation de services clients », a déclaré Ahmadou Moustapha Ndiaye, directeur de division pour le Maghreb et Malte à la Banque mondiale.

D’ici juin 2031, le programme SIR devrait avoir un impact significatif en facilitant l’accès à des infrastructures de transport durables pour plus de 560.000 résidents. Il améliorera aussi l’accès à l’emploi, avec une augmentation de 7 % des lieux de travail accessibles en 45 minutes via les services ferroviaires de voyageurs. De même, l’accès aux services essentiels sera renforcé, avec une hausse de 7,3 % des points de service atteignables dans ce même délai.

Casablanca : l’emplacement exact de la gare LGV de Nouaceur dévoilé

On connaît avec précision la localisation de la gare LGV à Nouaceur, destinée à desservir le nouveau terminal de l’aéroport Mohammed V. Elle a été révélée par le ministre du Transport et de la logistique en commission parlementaire, ce mardi 3 juin.

La gare LGV sera érigée à proximité du nouveau terminal, sur un terrain adjacent à l’aéroport de Casablanca. Le terrain se situe entre l’aéroport Mohammed V et le parc Zaouia Casa Diaa, comme le montre le schéma ci-dessous.

Voici l'emplacement de la gare LGV de Nouaceur à Casablanca.

La connexion de la gare LGV avec le nouveau terminal aéroportuaire vise à offrir aux voyageurs un accès rapide et fluide vers les principales villes du Maroc, particulièrement les villes hôtes du Mondial 2030.

Aussi, la gare est pensée comme une composante du futur terminal permettant de relier l’aéroport de Casablanca à Rabat en 30 minutes et à Marrakech en 55 mn.

Voici l'emplacement de la gare LGV de Nouaceur à Casablanca.

LGV : l’ONCF relance un marché d’infrastructures électriques pour 463 MDH

Dans le cadre du projet de la ligne à grande vitesse (LGV) entre Kénitra et Marrakech, l’Office national des chemins de fer (ONCF) a relancé un grand marché d’infrastructures électriques.

Ce marché, annulé récemment en raison de modifications majeures des données techniques et économiques, est de nouveau ouvert à la concurrence. L’ouverture des plis et l’annonce des candidats retenus sont prévues pour le 19 juin 2025.

Trois lots pour un budget total de 463 MDH

Le marché est divisé en trois lots, pour un montant global estimé à 463 millions de DH :

Des travaux sur plus de deux ans

Les délais d’exécution prévus sont de 24 mois pour les lots 1 et 2, et de 30 mois pour le lot 3.

L’électricité est l’un des éléments les plus critiques pour une ligne ferroviaire à grande vitesse. Les sous-stations permettent de transformer et d’acheminer l’énergie nécessaire à la traction des trains. Quant au système de télécommande, il assure le bon fonctionnement à distance des équipements et garantit la sécurité de l’exploitation.

Actuellement, le réseau électrique ferroviaire 3 kV est déjà alimenté par 53 sous-stations et 15 postes de sectionnement. Tous sont pilotés depuis deux centres de supervision à Rabat. Le marché relancé vise à adapter ce système à l’extension de la ligne vers Marrakech.

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Kénitra-Marrakech à 320 km/h : travaux de LGV lancés, essais et démarrage dès 2029

Pour mener à bien ce chantier d’envergure à l’horizon 2030, l’Office national des chemins de fer (ONCF) a multiplié les appels d’offres.

La majorité des marchés ont déjà été attribués, portant sur plusieurs volets : études, travaux de dégagement, préparation des emprises, installations de chantier, démolitions (immeubles, villas en zone urbaine), coupe et dessouchage d’arbres, terrassements (remblais et déblais ponctuels), construction d’ouvrages en béton armé, ainsi que prestations topographiques et administratives pour l’établissement des plans et enquêtes parcellaires sur l’axe Kénitra-Marrakech-Agadir.

La réalisation du tronçon Casablanca-Marrakech devrait être finalisée en 2029. Les essais dynamiques devraient démarrer vers janvier 2029, d’abord sur le tronçon Kénitra-Casablanca entre janvier et mai, puis entre Casablanca et Marrakech entre mai et septembre 2029. La mise en service est prévue pour novembre 2029.

 

96 MMDH pour la mise à niveau du secteur ferroviaire national, 53 MMDH pour la LGV Casablanca-Marrakech

Estimé à plus de 96 milliards de DH à l’horizon 2030, le financement du programme d’investissement de l’ONCF est bouclé. L’extension de la LGV jusqu’à Marrakech mobilisera ainsi un budget de 53 MMDH. Par ailleurs, 29 MMDH seront alloués à l’acquisition de 168 trains, incluant 18 TGV auprès du français Alstom, 40 trains intervilles attribués à la société espagnole CAF et 110 trains navette rapides et métropolitains pour son programme de RER auprès de la société sud-coréenne Hyundai Rotem.

Quelque 14 MMDH seront consacrés à la poursuite de la rénovation et de la réhabilitation du réseau actuel.

Ce programme génèrera 430.000 emplois durant les travaux et 2.000 postes permanents. Son financement est partagé à 53% entre l’État et les collectivités territoriales, contre 43% pour l’ONCF.

Le train du futur

Les 18 trains à grande vitesse seront fournis par l’entreprise française Alstom, implantée au Maroc depuis près de cent ans. Il s’agit du modèle Avelia Horizon, des trains à double étage d’une capacité allant jusqu’à 640 voyageurs et pouvant atteindre une vitesse de 320 km/h.

Les trains seront produits dans les usines d’Alstom en France puis transportés et testés au Maroc. L’usine d’Alstom à Fès produira les armoires électriques et les faisceaux de câbles, contribuant ainsi au développement de l’écosystème ferroviaire marocain et renforçant l’expertise ferroviaire locale.

La future ligne, longue de 390 kilomètres, permettra des vitesses comprises entre 170 et 320 km/h. Elle bénéficiera à 58% de la population, couvrira 65% des déplacements nationaux et desservira cinq destinations touristiques majeures.

Les temps de parcours seront considérablement réduits :

Voici les durées de quelques trajets:

-Tanger- Rabat: 1 h.

-Tanger-Casablanca: 1h40.

-Tanger-Marrakech: 2h40.

-Rabat-aéroport Mohammed V: 35 mn, en desservant le nouveau Stade Hassan II.

-Casablanca-Marrakech: 1h15.

-Rabat-Marrakech: 1h40.

-Marrakech- Aéroport Mohammed V: 55 mn.

-Fès- Marrakech: 3h40.

Il est prévu également un service à grande vitesse entre Fès et Marrakech avec un temps de parcours de 3h40 (avec des trains à grande vitesse circulant sur la ligne classique de Fès jusqu’au nord de Kénitra, avant de poursuivre sur la nouvelle ligne à grande vitesse jusqu’à Marrakech).

 

Depuis 2019, l’ONCF a enregistré une hausse de 80% du nombre de voyageurs, selon des données de l’Office, avec un taux de régularité des trains de 96% et un taux de remplissage de 71%. À terme, la ligne à grande vitesse (LGV) devrait transporter 100 millions de voyageurs, dont 12 millions sur la ligne Al Boraq. Elle contribuera à la réduction des trajets en voiture, autocar ou grand taxi, et donc à une baisse des émissions de CO₂ estimée à 360.000 tonnes par an.

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Le Roi Mohammed VI lance les travaux de la ligne grande vitesse Kénitra-Marrakech

Sous l’impulsion du Roi Mohammed VI, les infrastructures ferroviaires se renforcent avec le lancement d’un programme structurant de 96 milliards de dirhams : extension de la LGV jusqu’à Marrakech, modernisation de la flotte nationale, développement de réseaux de transport en commun au niveau de trois agglomérations et émergence d’un écosystème industriel : une vision stratégique au service d’une mobilité durable, inclusive et compétitive, portée par une ambition continentale et tournée vers l’avenir.

Le Roi Mohammed VI a procédé, jeudi à la gare ferroviaire de Rabat-Agdal, au lancement des travaux de réalisation de la ligne à grande vitesse (LGV) Kénitra-Marrakech, d’une longueur d’environ 430 kilomètres.

Ce projet structurant, d’une enveloppe de 53 MMDH (hors matériel roulant), fait partie d’un programme ambitieux mobilisant un investissement global de 96 MMDH, qui porte également sur l’acquisition de 168 trains pour un montant de 29 MMDH, destinés au renouvellement du parc existant de l’Office national des chemins de fer (ONCF) et l’accompagnement des projets de développement, ainsi que le maintien de la performance pour 14 MMDH, permettant notamment le développement de trois réseaux de transport métropolitain au niveau des agglomérations de Casablanca, Rabat et Marrakech.

Le projet de la LGV Kénitra-Marrakech consiste en la création d’une ligne ferroviaire à grande vitesse reliant les villes de Rabat, Casablanca et Marrakech, en desservant les aéroports de Rabat et Casablanca.

Des durées de trajets fortement réduites

Avec ce nouveau projet, les temps de parcours seront de 1 h entre Tanger et Rabat, 1h40 entre Tanger et Casablanca et de 2h40 entre Tanger et Marrakech (gain de temps de plus de 2 h).

Le projet permettra aussi de relier Rabat à l’aéroport international Mohammed V de Casablanca en 35 minutes en desservant le nouveau stade de Benslimane.

Il est prévu également un service à grande vitesse entre Fès et Marrakech avec un temps de parcours de 3h40 (avec des trains à grande vitesse circulant sur la ligne classique de Fès jusqu’au nord de Kénitra, avant de poursuivre sur la nouvelle ligne à grande vitesse jusqu’à Marrakech).

Voici les durées de quelques trajets:

-Tanger- Rabat: 1 h.

-Tanger-Casablanca: 1h40.

-Tanger-Marrakech: 2h40.

-Rabat-aéroport Mohammed V: 35 mn.

-Casablanca-Marrakech: 1h15.

-Rabat-Marrakech: 1h40.

-Marrakech- Aéroport Mohammed V: 55 mn.

-Fès- Marrakech: 3h40.

 

 

Le projet de la LGV Kénitra-Marrakech porte notamment sur la conception et la réalisation d’une ligne nouvelle entre Kénitra-Marrakech conçue pour une vitesse de 350 km/h, des aménagements des zones terminales de Rabat, Casablanca et Marrakech (travaux sur voies exploitées), des équipements ferroviaires, la construction des nouvelles gares grande vitesse, des gares de train de proximité et l’aménagement des gares existantes, outre la construction du centre de maintenance pour l’entretien des rames à Marrakech.

La réalisation de l’extension de la LGV Kénitra-Marrakech permettra la libération de capacités sur le réseau classique qui en découle et, ainsi, le développement d’un important service de trains métropolitains de proximité (TMP) couvrant une partie des besoins en transport en commun pour les habitants des agglomérations de Rabat, Casablanca et Marrakech. Ce nouveau service de TMP constitue une véritable réponse aux enjeux de la mobilité urbaine au sein de ces trois aires métropolitaines et présente plusieurs atouts au niveau de la ponctualité, la qualité du service et la durabilité.

En concomitance avec le lancement du projet de réalisation de la nouvelle ligne à grande vitesse Kénitra-Marrakech, l’ONCF lance un programme inédit d’acquisition de 168 nouveaux trains, visant à renforcer et rajeunir l’ensemble de la flotte matériel à voyageurs.

Mobilisant un investissement de 29 MMDH, ce programme d’acquisition permettra de réaliser les gains de performances opérationnelles, de renforcer les services régionaux, et de répondre à l’augmentation du trafic attendu à l’horizon 2030. Concrètement, cette acquisition porte sur 18 trains à grande vitesse pour les projets d’extension, 40 trains pour les services de lignes, 60 trains navettes rapides (TNR) et 50 pour le réseau de transport en commun au niveau des trois agglomérations.

Cet ambitieux programme d’acquisition de matériel roulant permettra également l’émergence d’un écosystème ferroviaire industriel. Avec un taux d’intégration locale supérieur à 40 pc, le programme témoigne d’un fort engagement envers l’entreprise et les compétences marocaines, et aura inéluctablement des implications positives en termes de soutien à l’économie nationale, de réduction des coûts de transport et de développement durable.

Le programme s’articule notamment autour de deux principales composantes. La première est à caractère industriel et porte sur la mise en place et le démarrage d’une unité industrielle de fabrication de trains et développement d’un écosystème de fournisseurs et sous-traitants. La deuxième composante porte sur la création d’une joint-venture entre les constructeurs et l’ONCF pour assurer la maintenance courante et industrielle couvrant la durée de vie des trains avec une maîtrise des coûts.

S’étendant sur une durée de dix ans, ce programme permettra la formation de ressources humaines spécialisées et la création de plusieurs milliers de postes d’emplois directs et indirects.

Avec le nouveau projet de modernisation, c’est tout le réseau ferroviaire marocain qui marque une réelle renaissance qui ne concerne pas uniquement l’extension du réseau grande vitesse jusqu’à Marrakech, mais également la modernisation, le renforcement et le rajeunissement de la flotte de trains ONCF, ainsi que la création d’un réseau de transport en commun sur rails et d’un nouvel écosystème industriel porteur.

Cet important projet d’investissement et de modernisation du réseau ferroviaire a été mené en s’appuyant notamment sur l’expertise d’entreprises internationales de renom, dont le français Alstom pour le matériel roulant pour la grande vitesse, l’Espagnol CAF pour les trains inter-city (200 km/h) ou encore le sud-coréen Hyundai Rotem pour les trains métropolitains de proximité, avec des conditions de financement préférentielles (Avec MAP).

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LGV Kénitra-Marrakech : un groupement chinois fournira les appareils de voie

L’Office national des chemins de fer (ONCF) franchit une nouvelle étape dans le chantier d’extension de la ligne à grande vitesse (LGV) reliant Kénitra à Marrakech. Un marché stratégique vient d’être attribué au groupement chinois CARS Beijing Railway Equipment Technology – Tengmin Jiangsu Nano New Material, pour la fourniture et la livraison des appareils de voie destinés à équiper cette infrastructure ferroviaire d’envergure.

Le marché comporte deux volets : une tranche ferme et une tranche conditionnelle, représentant au total la fourniture de 322 appareils de voie, répartis entre 162 pour la tranche ferme et 160 pour la tranche conditionnelle.

Les montants de l’acte d’engagement s’élèvent respectivement à 13.1 millions de DH et 6.6 millions USD pour la tranche ferme avec un délai de livraison de 12 mois, et à 12.5 MDH et 6.2 millions USD pour la tranche conditionnelle avec un délai de livraison de 8 mois.

Renouvellement de la voie du tronçon Tanger-Sidi Kacem

L’ONCF a lancé un nouvel appel d’offres pour les travaux de renouvellement de la voie du tronçon Tanger-Sidi Kacem.

Le renouvellement de la voie comprend principalement le déchargement et la distribution des traverses et rails fournis par l’ONCF, la dépose et la pose de la voie, le dégarnissage mécanisé ou manuel, ainsi que l’évacuation des matériaux extraits. Il intègre également le relevage et le nivellement de la voie, la mise en œuvre du ballast, la soudure des rails, ainsi que la libération des contraintes par tendeurs hydrauliques. Parmi les opérations essentielles figurent également la manutention des matériaux de voie, la démolition et la réfection des passages à niveau, et l’assistance au meulage avec train Speno.

L’estimation du coût de ces travaux a été fixée à 84,2 MDH et le délai d’exécution est de 30 mois.

Prestations topographiques sur le parcours LGV Tanger-Kénitra

Un deuxième appel d’offres vient lui aussi d’être lancé. Il concerne la réalisation de prestations topographiques sur le parcours de la LGV Tanger-Kénitra, qui est réparti en trois lots.

– Lot 1 : le parcours de la ligne à grande vitesse entre Tanger et Kénitra, du PK 4+000 (commune de Tanger) au PK 37+154 (commune d’Aqouas Brieche) ;

– Lot 2 : le parcours de la ligne à grande vitesse entre Tanger et Kénitra, du PK 37+154 (commune de Had Gharbia) au PK 119+450 (commune de Moulay Bousselham) ;

– Lot 3 : le parcours de la ligne à grande vitesse entre Tanger et Kénitra, du PK 119+450 (commune de Moulay Bousselham) au PK 196+405 (commune de Haddada), et du PK 2+820 et du PK 4+716 (ligne de raccordement LGV située à la commune de Kénitra).

L’estimation des coûts est de 1,6 MDH pour chacun des lots.

Les prestations topographiques liées au développement du domaine ferroviaire portent notamment sur le levé et l’établissement des dossiers techniques de morcellement, l’assistance aux travaux de bornage, ainsi que l’implantation et le rétablissement des bornes délimitant les emprises foncières. Le marché comprend également l’enquête et l’établissement des plans parcellaires nécessaires à l’expropriation, ainsi que la mise à jour des anciens plans topographiques.

Trois gares principales pour la LGV Marrakech-Agadir

Les études techniques, économiques et environnementales sont toujours en cours pour le projet de ligne à grande vitesse (LGV) reliant Marrakech à Agadir. Les études de planification devraient être achevées au cours de cette année, à en croire le ministre du Transport et de la logistique, Abdessamad Kayouh.

En réponse à une question adressée par Malika Akhechkhouch, députée du groupe du Progrès et du socialisme (PPS), au ministre du Transport et de la Logistique, concernant la réalisation de la ligne à grande vitesse Marrakech-Agadir sur 240 km, Abdessamad Kayouh a précisé que l’ONCF se concentrait actuellement sur les études nécessaires.

Ces études permettront de réunir toutes les données nécessaires pour garantir la faisabilité et la durabilité du projet, tout en respectant les normes de sécurité et de protection de l’environnement.

Dans sa réponse, le ministre précise que l’appropriation du foncier prioritaire a été effectuée, ainsi que d’un foncier sur 7 km dans le périmètre urbain de Marrakech et d’un terrain de 20 hectares à Agadir.

Les principales gares le long du tracé seront situées à Marrakech, Chichaoua et Agadir. Les autres gares seront définies en fonction des études d’exploitation.

Cette extension couvrira un axe atlantique stratégique, reliant 5 zones importantes tant sur le plan social qu’économique, tout en constituant un grand bassin de voyageurs. Le temps de trajet sera de 4 heures entre Tanger et Agadir, 2h15 entre Casablanca et Agadir, et une heure entre Marrakech et Agadir.

La ligne permettra d’éviter 180 accidents et des émissions de CO₂ de 242.000 tonnes par an, tout en créant 270.000 journées de travail pendant la durée des travaux. Les études de planification sont toujours en cours et devraient être achevées au cours de l’année afin de permettre l’acquisition du foncier et la recherche de financements.

Quant à la liaison ferroviaire entre Essaouira et Chichaoua, bien que le projet ne soit pas encore programmé, les deux villes devraient être reliées par un train à haute performance, avec une vitesse de 200 km/h. Le temps de trajet entre Essaouira et Marrakech serait ainsi réduit à 1 heure 10 minutes, tandis que la durée du trajet entre Casablanca, Marrakech et Essaouira serait ramenée à 2 heures 35 minutes.

Un prêt de 781 millions d’euros pour l’achat de 18 TGV Alstom par l’ONCF

Ce financement s’inscrit dans la déclaration relative à la coopération financière dans le secteur ferroviaire signée le 28 octobre 2024 devant les Chefs d’Etat, lors de la visite du Président Emmanuel Macron au Maroc, rappelle un communiqué de l’ambassade de France au Maroc.

Les 18 trains à grande vitesse seront fournis par l’entreprise française Alstom, implantée au Maroc depuis près de 100 ans. Il s’agit du modèle Avelia Horizon, des trains à double étage d’une capacité allant jusqu’à 640 voyageurs et pouvant atteindre une vitesse de 320 km/h.

Les nouveaux trains contribueront à réduire l’empreinte carbone du trajet, ce qui est parfaitement cohérent avec les objectifs de mobilité durable que le Maroc s’est fixés.

Les trains seront produits dans les usines d’Alstom en France puis transportés et testés au Maroc. L’usine d’Alstom à Fès produira les armoires électriques et les faisceaux de câbles, contribuant ainsi au développement de l’écosystème ferroviaire marocain et renforçant l’expertise ferroviaire locale.

« Ce financement d’un montant exceptionnel vient consacrer le formidable partenariat franco-marocain en matière ferroviaire, déjà à l’origine de l’immense succès de la ligne à grande vitesse entre Tanger et Kenitra qui a transporté en 2024 près de 5 millions de passagers. La France et ses entreprises seront de nouveau aux côtés du Maroc pour la réalisation de l’ambitieux prolongement de la ligne jusqu’à Marrakech. Au-delà de la dimension ferroviaire, ce projet constitue un véritable accélérateur du développement économique du Royaume qui s’inscrit de plus dans la perspective de la Coupe du Monde de football 2030 », a déclaré Christophe Lecourtier, ambassadeur de France au Maroc.

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L’ONCF lance un programme d’évaluation de la sécurité ferroviaire à 25 MDH

L’Office national des chemins de fer va lancer un programme d’évaluation de la sécurité des projets d’infrastructure et de matériel roulant. Ce programme englobe plusieurs lots, dont les lignes à grande vitesse, les infrastructures classiques et le matériel roulant.

Le contexte du projet global vise à améliorer la capacité ferroviaire entre Kénitra et Marrakech, avec notamment :

Dans ce cadre, l’ONCF a pour objectif de faire réaliser des missions d’évaluation des dossiers de sécurité des projets, pour un coût estimé à 25 MDH. Ces évaluations portent sur :

L’objectif des prestations est de s’assurer que tous les dossiers de sécurité sont complets et conformes aux normes en vigueur. Il s’agit par ailleurs d’évaluer les processus d’analyse des risques liés à ces projets, en s’assurant qu’ils respectent les exigences de sécurité et d’interopérabilité avec le réseau ferroviaire existant.

Les résultats de ces évaluations seront un préalable à l’autorisation de mise en exploitation des projets, soit partiellement, soit globalement.

Il est à noter que les évaluations des dossiers de sécurité seront réalisées dans un délai global s’étendant jusqu’au 31 décembre 2030, conformément au programme d’exécution prévu.