La région de l’Oriental se rêve en pôle national de l’IA (Vidéos)

La région de l’Oriental connaît une effervescence dans le secteur de la formation et de la recherche dans le domaine du digital et de l’intelligence artificielle (IA). Après la création de l’Ecole nationale de l’intelligence artificielle et du digital à Berkane, le vice-président du conseil régional de l’Oriental, Alae Berkaoui, annonce la création d’un Centre de l’intelligence artificielle dans le domaine de la santé, dans le cadre d’une convention qui lie la région à celle du Grand-Est en France.

Celle-ci s’ajoute à d’autres projets qui ont été initiés dans le domaine du digital, à l’instar de l’Ecole de codage YouCode qui a ouvert ses portes cette année à Nador dans le cadre d’une convention qui lie la région au ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication, au ministère de la Transition numérique ainsi qu’à l’UM6P, et qui vise à moderniser les Maisons de jeunes.

Considérant le capital humain comme « le principal moteur d’une société numérique, innovante et inclusive », Alae Berkaoui a exprimé la volonté de positionner la région comme un pôle d’excellence numérique au niveau national et international, lors de son intervention au Symposium africo-européen sur la gouvernance responsable de l’IA (SAE’IA 2024), le 28 novembre dernier à Oujda. Cela passe, d’après lui, par la création des conditions nécessaires à cette transition, notamment à travers la signature de plusieurs conventions qui soutiennent la recherche, l’innovation, la formation et l’intégration professionnelle dans les métiers du digital.

L’Université Mohammed Premier renforce son engagement envers l’IA et le digital

Au sein du Campus du savoir, relevant de l’Université Mohammed Premier (UMP) d’Oujda, une école de codage baptisée Zone01 a été inaugurée début 2024. D’après ses responsables, elle est portée par la même équipe qui est à l’origine de la pédagogie « Peer to Peer » adoptée par les écoles 42 (France), 1337 ou encore YouCode.

Zone01 se distingue par le fait d’enchaîner avec un stage professionnel, rémunéré 7.500 DH/mois pendant un an, pour déboucher sur un CDI avec un salaire mensuel de 20.000 DH. La formation est gratuite, et l’insertion professionnelle à ces conditions est garantie grâce à des conventions avec le secteur privé.

Dans ce Campus du savoir, l’école de codage côtoie un fablab équipé de machines et matériels variés qui servent au prototypage et au développement de produits technologiques. À proximité, la Maison de l’IA fait office d’espace de découverte et d’apprentissage des applications et usages divers de l’intelligence artificielle. Elle organise également le Miathon qui incite les étudiants et les jeunes de la région à lancer leur start-up dans les domaines variés de l’IA.

Organisé par l’Université Mohammed Premier (UMP) d’Oujda en partenariat avec l’UNESCO, le SAE’IA 2024 a permis à l’université de renforcer son positionnement dans les domaines de l’IA et du digital, à travers de nouvelles conventions qui visent à enrichir son offre de formation et de recherche.

Les jeunes de la région innovent et créent des start-up dans l’IA

Le symposium comprenait également un espace d’exposition où des start-up présentaient leurs innovations. Médias24 en a rencontré quelques-unes.

LSTA Technologie est une start-up créée par des étudiants représentant plusieurs établissements de l’UMP d’Oujda. Elle développe des produits et services basés sur l’IA. Après avoir conçu des lunettes intelligentes pour malvoyants, elle a créé une solution qui permet aux entreprises de gérer intelligemment leur stock. Grâce à un système de capteurs RFID, les espaces de stockage sont optimisés, et la gestion des flux de marchandises est facilitée et sécurisée.

Mr Genius est une autre start-up oujdie qui produit localement des robots programmables, dans un objectif éducatif, à l’intention des élèves et des étudiants. Au Maroc, c’est un marché en pleine expansion, tirant parti de la volonté des parents de préparer leurs enfants à cette transition vers les métiers de l’IA. Aujourd’hui, c’est un marché dominé par deux multinationales étrangères. Mohammed Bouziani, fondateur de la start-up, développe une solution purement marocaine, produite actuellement grâce à des imprimantes 3D.

D’autre part, il a conçu un robot avatar prenant la forme d’un homme vêtu d’habits traditionnels locaux, à même d’accueillir les touristes et de leur fournir toutes les informations liées à la région de l’Oriental. Son ambition est de développer davantage ce concept afin que chaque région puisse disposer de son propre avatar pour accueillir et guider les touristes lors de la Coupe du monde 2030 au Maroc.

Des start-up venant d’autres régions du Maroc ont également exposé leurs solutions. Comme DoctorIA de Jad Tounsi, qui a développé une IA qui assiste les radiologues lors de la détection d’anomalies dans les images radiologiques, permettant ainsi de mieux prévenir et soigner les patients.

Zynerator est une autre start-up innovante et fort prometteuse. Son cofondateur Khalid Zouan nous explique comment elle facilite la vie aux développeurs en faisant de la conception d’applications un jeu d’enfant. Zynerator revendique de meilleures performances que celles des leaders internationaux.

Éduquer et communiquer pour garder l’humain au centre du développement de l’IA

L’institut Afriq’IA, fondé par Saïda Belouali, professeur à l’UMP d’Oujda, est un autre établissement qui s’ajoute à cet écosystème. À l’image de son grand frère, l’institut EuropIA, il aura pour mission de fédérer et de communiquer autour de l’IA en mettant l’accent sur l’humain et l’utilisation éthique de ces nouvelles technologies.

Une autre mission de cette nouvelle entité, comme nous l’explique Marco Landi, fondateur d’EuropIA, sera de superviser la création de nouvelles Maisons de l’IA partout en Afrique, avec l’objectif d’éduquer et de stimuler l’apprentissage chez les jeunes autour de l’IA, dans un objectif de développement inclusif.

Il faut dire que le thème principal du SAE’IA 2024 concernait principalement la gouvernance responsable de l’IA, afin de rassurer autour des risques et d’éviter les dérives qui peuvent venir d’une utilisation malsaine de l’IA. Plusieurs sujets ont été abordés comme l’inclusion, la santé, l’éducation et la créativité à l’ère de l’IA.

Dans une discussion avec Hakim Boulouiz, directeur de l’Ecole nationale d’architecture (ENA) d’Oujda, nous abordons quelques-uns de ces enjeux dans les secteurs de l’enseignement et de l’architecture. Des domaines où l’IA prend du terrain et où des questions légitimes se posent sur la créativité et la responsabilité à l’ère de l’IA. La machine va-t-elle remplacer l’architecte ? Où s’arrête l’assistance et où commence le plagiat ?

SAE’IA 2024 a été organisé et soutenu par plusieurs organisations nationales et internationales, dont l’UNESCO, la Commission européenne, la Fondation Anna Lindh et le conseil régional de l’Oriental. Il contribue, selon ses organisateurs, à mettre la ville d’Oujda et la région de l’Oriental dans les radars de la communauté internationale de l’IA et à renforcer ce positionnement.

Au Maroc, l’IA fait une entrée timide dans le secteur du textile

Après un focus sur l’IA dans l’imagerie médicale et l’offshoring, nous nous tournons vers le secteur du textile où l’intelligence artificielle fait aujourd’hui une entrée timide, d’après trois opérateurs du secteur joints par nos soins.

« L’intelligence artificielle dans le textile marocain demeure très faiblement intégrée », affirme ainsi Karim Tazi, patron de l’enseigne Marwa et ancien président de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (AMITH).

« Il y a des petits projets initiés dans ce sens, mais il n’y en pas beaucoup. À l’ESITH par exemple, nous avons récemment intégré une ligne de confection smart, qui permet de gérer la chaîne de transformation par l’utilisation des capteurs RFID qui nous renseignent de manière continue sur le rendement, sur l’avancement et sur la qualité des produits finis qui peut être aussi évaluée par des outils qui font appel à l’intelligence artificielle. Ce projet nous permettra de gérer une chaîne de production, notamment la confection, activité principale exercée dans le secteur », précise Omar Cherkaoui, directeur R&D, à l’École supérieure des industries du textile et de l’habillement (ESITH).

« L’ESITH a aussi créé le laboratoire d’ingénierie sur le numérique avancé pour apporter des solutions intelligentes à notre secteur dans les différents segments, autres que la confection, notamment la filature, le tissage, le tricotage et le finissage ».

Nous ratons ce potentiel qu’offre l’IA

Les industriels marocains du textile sont désormais conscients de la valeur ajoutée que peut apporter l’intégration de l’intelligence artificielle, souligne Omar Cherkaoui.

« Les industriels, soucieux d’une meilleure traçabilité et crédibilité et à l’affut d’une qualité constante, portent de l’intérêt à l’intelligence artificielle. Aujourd’hui, nous avons compris qu’à travers l’intelligence artificielle, nous pouvons aussi nous inscrire dans un développement durable. Pour qu’on puisse aller vers un processus qui respecte le développement durable, la partie sociale doit être étudiée de manière responsable pour choisir les matériaux qui ont une empreinte carbone la plus basse possible, ce qui ne peut se faire qu’à travers des outils qui intègrent l’IA ».

Un potentiel qui est sous-exploité, estime de son côté Karim Tazi. « Nous ratons ce potentiel qu’offre l’IA pour différents usages, allant des tâches plus simples comme la classification des documents à la gestion  des tâches répétitives, en passant aussi par la création. Sur ce volet, il existe par exemple des assistants IA à la création comme la plateforme Midjourney« .

« L’IA peut être également exploitée sur la partie production, avec des machines assistées par l’intelligence artificielle, comme les machines à coudre qui peuvent nous faire gagner plusieurs heures de réglage et passer plus facilement d’un modèle à l’autre. Ce type de machines est révolutionnaire à un moment où la mode devient de plus en plus volatile et où les usines sont conditionnées par des délais de plus en plus serrés ».

« Par ailleurs, les équilibrages de chaîne de production peuvent désormais être faits par l’intelligence artificielle. Quand vous prenez un modèle X, il vous faut trois ouvriers sur une typologie de machines, quatre sur une autre… L’intelligence artificielle peut vous aider à équilibrer vos temps de montage. Elle peut donc être d’une grande utilité permettant d’analyser l’efficience en temps réel de votre production ».

Quel impact sur l’emploi ?

Le secteur du textile est un important pourvoyeur en main-d’œuvre. En chiffres, cette industrie représente l’équivalent de 1.600 entreprises, soit 18% du tissu industriel marocain, et de 235.000 salariés en 2024.

Comment l’intégration de l’IA, aussi timide qu’elle soit, impactera-t-elle donc les emplois dans le textile marocain ?

Pour Abderrahmane Atfi, ex-président régional pour Casablanca de l’AMITH, l’impact sera surtout ressenti dans les segments ultra-standardisés, comme les chaussettes ou la chaussure, où le renouvellement n’est pas tout le temps recherché.

« L’IA est intégrée aujourd’hui dans l’industrie marocaine du textile dans certaines parties, à l’instar de l’exploitation de la data et de l’amélioration des systèmes de production. Malgré les modifications qu’entraînera l’intelligence artificielle dans les années à venir, la main-d’œuvre du textile, au Maroc comme ailleurs, ne risque pas d’être remplacée. Une intégration de l’IA dans la chaîne entière de valeur textile impliquera des investissements majeurs qui ne seront pas forcément rentabilisés, vu la volatilité de la mode ».

« Cela dit, les seuls segments où l’IA modifiera peut-être, dans l’avenir, la structure de l’emploi, sont les segments ultra-standardisés axés sur la production massive, où le renouvellement des modèles suivis n’est pas tout le temps recherché, à savoir les chaussettes, les chaussures ou encore les t-shirts standard », précise Abderrahmane Atfi.

Les métiers très faiblement qualifiés et répétitifs peuvent être effectivement menacés par l’IA

« Les métiers sont en train de changer aujourd’hui. Ils ne vont plus dépendre exclusivement de la main-d’œuvre, c’est sûr. La robotique et l’IA vont permettre à tout type d’entreprises de gagner en efficience. Déjà que l’industrie souffre aujourd’hui du turnover (renouvellement du personnel) et de l’absentéisme, qui, parfois peuvent pénaliser l’entreprise qui a un engagement à remplir en matière de délais », reprend Omar Cherkaoui.

« La main-d’œuvre aura toujours une place pour accomplir certaines opérations qui ne peuvent être automatisées. Il ne s’agit pas d’une substitution, mais plutôt d’une assistance par l’IA pour aider le travailleur à être plus précis et plus performant, et pour éviter l’erreur humaine qui peut nous coûter beaucoup de temps et d’argent », détaille ce dernier.

Le patron de l’enseigne Marwa estime de son côté que les métiers faiblement qualifiés et répétitifs sont les plus menacés par l’IA.

« Les métiers très faiblement qualifiés et répétitifs peuvent être effectivement menacés par l’IA. Nonobstant, nous ne pouvons pas nous isoler et renoncer à ce virage technologique afin de préserver certains emplois. L’IA, les automates, la robotique… toutes ces nouvelles technologies sont aujourd’hui la base de la compétitivité. Nos concurrents, notamment les pays asiatiques, sont déjà très avancés là-dessus. Il faut donc penser création de valeur ajoutée au même titre que ces pays, ce qui ne peut que se traduire par de nouvelles dynamiques d’emploi », conclut l’opérateur.

Interview. Jean Staune : « Les nouveaux paradigmes scientifiques redéfinissent notre compréhension de la conscience et du réel »

Le 6 et 7 décembre prochain, l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) de Benguerir accueillera un colloque international sur le thème « Conscience et nature du réel ». À la tête de cette initiative, Jean Staune, philosophe des sciences, prospectiviste et directeur du Centre Sciences et Quêtes de Sens, propose une réflexion ambitieuse à la croisée des sciences, de la philosophie et de la spiritualité.

Dans un entretien accordé à Média24, ce penseur multidisciplinaire expose sa vision d’un monde en pleine mutation, où les découvertes scientifiques les plus récentes invitent à repenser notre conception de la réalité et de la conscience. « Nous vivons dans un monde où techniquement on sait de mieux en mieux comment faire les choses, mais où il y a une crise de sens« , explique-t-il, pointant du doigt le nombre croissant de personnes souffrant de burn-out et de dépression.

La conscience : une énigme persistante

Au cœur de ce colloque, la question de la conscience soulève des débats fondamentaux. « Qui sommes-nous ? », interroge Staune. « Sommes-nous simplement une sécrétion des neurones quand un certain niveau de complexité est atteint, ou possédons-nous quelque chose qui va au-delà ? » La conscience, cette expérience subjective qui nous permet d’être conscients de notre existence et de notre environnement, reste une énigme pour la science moderne. Les neurosciences, malgré leurs avancées spectaculaires dans la compréhension du cerveau, ne parviennent toujours pas à l’expliquer.

L’émergence de l’intelligence artificielle pose également des questions cruciales sur la nature de la conscience. Pour Jean Staune, l’enjeu n’est pas tant la capacité des machines à imiter les comportements humains, mais leur aptitude à développer une véritable expérience subjective. « Une IA pourra-t-elle éprouver de la peur si on lui dit qu’on va la mettre à la casse, ou de la faim quand sa batterie arrive à extinction ? » s’interroge-t-il. Cette distinction entre simulation et expérience véritable est fondamentale. « Je donnerai un passeport à un robot s’il me tue alors qu’il est programmé pour me sauver la vie », illustre-t-il, suggérant que seule une véritable autonomie, dépassant la simple programmation, pourrait témoigner d’une forme authentique de conscience.

L’auteur de multiples ouvrages à succès pose la question fondamentale : « Est-ce que le cerveau est un iPod ou une radio? » Cette métaphore illustre le débat entre une vision matérialiste de la conscience comme produit du cerveau et une vision où le cerveau serait un récepteur d’une conscience immatérielle.

Est-ce que le cerveau est un iPod ou une radio?

Pour explorer ces questions, le colloque réunira des personnalités scientifiques de premier plan, dont le prix Nobel William Phillips, qui interviendra pour la première fois au Maroc. Parmi les autres intervenants notables figurent Eben Alexander, ancien neurologue de Harvard Medical School, qui partagera son expérience de mort imminente ayant bouleversé sa compréhension de la conscience, et Mario Beauregard, chercheur canadien ayant étudié les états d’extase mystique par IRM.

La physique quantique : une nouvelle vision du réel

La physique quantique, autre pilier de la réflexion, bouleverse notre conception traditionnelle de la réalité. Au niveau microscopique, les particules qui composent la matière se comportent de façon contre-intuitive : elles peuvent être à plusieurs endroits simultanément et leurs propriétés ne se définissent qu’au moment de l’observation. « Une porte est à la fois ouverte et fermée, une table peut être à la fois blanche et noire, un objet peut être à la fois ici et à Rabat », illustre Jean Staune. Cette nature paradoxale de la réalité quantique suggère que notre monde « normal » n’est qu’une manifestation particulière d’une réalité plus profonde et mystérieuse.

Pour illustrer cette complexité, Jean Staune utilise l’analogie de l’arc-en-ciel : tout comme l’arc-en-ciel n’existe pas à un endroit fixe mais dépend de la position de l’observateur, la réalité quantique défie nos conceptions habituelles de la matière et de l’espace. « Nous ne vivons pas dans le vrai monde », affirme-t-il, « la matière n’est pas vraiment matérielle ».

Science et spiritualité : vers une nouvelle synthèse

Concernant le débat entre science et religion, Jean Staune prône une approche équilibrée, citant le philosophe musulman Averroès et son « Discours décisif ». Il souligne que si une interprétation religieuse contredit une découverte scientifique établie, c’est l’interprétation qui doit être revue. Parallèlement, il insiste sur l’importance pour la science de reconnaître ses propres limites, citant le principe d’incertitude en physique quantique comme exemple de limitations intrinsèques à notre connaissance.

Si une interprétation religieuse contredit une découverte scientifique établie, c’est l’interprétation qui doit être revue

Sur la question de l’évolution, Jean Staune distingue soigneusement la théorie de l’évolution elle-même du darwinisme strict. Il propose une vision où le hasard serait « canalisé », un peu comme tous les chemins mènent à Rome, citant un prix Nobel de médecine pour qui : « Dieu joue aux dés parce qu’il est sûr de gagner. »

Avec déjà plus de 1.000 inscrits, ce colloque promet d’être un événement majeur de dialogue entre science et spiritualité. Les personnes intéressées peuvent encore s’inscrire via le site. Cette initiative s’inscrit dans la dynamique d’innovation et d’ouverture du Maroc, que Jean Staune voit comme un futur hub potentiel entre l’Europe et l’Afrique subsaharienne. L’organisation de ce colloque à l’UM6P témoigne de l’ambition du Royaume de se positionner à l’avant-garde des débats scientifiques et philosophiques contemporains.

 

Meta intègre son IA dans WhatsApp, Facebook, Instagram et Messenger

L’intelligence artificielle (IA) a pour objectif de doter les machines de la capacité à imiter les processus cognitifs humains. Dans le domaine des réseaux sociaux, Meta utilise des algorithmes avancés et des analyses de données pour observer le comportement, les préférences et les interactions des utilisateurs. Ces informations permettent de créer des prédictions, d’automatiser des processus et d’optimiser les stratégies pour maximiser l’engagement et améliorer les résultats. Meta AI offre ainsi une panoplie d’outils personnalisés, interactifs et pratiques qui enrichissent les interactions sociales, la création de contenu et l’exploration de sujets d’intérêt.

Voici un aperçu des principales fonctionnalités de Meta AI et de la manière dont elles transforment l’expérience numérique des utilisateurs.

Apprenez, créez et faites plus avec Meta AI

Cette fonctionnalité permet d’explorer le monde qui nous entoure de manière plus intuitive et interactive. Par exemple, les utilisateurs peuvent poser des questions sur des photos pour en savoir plus sur leur contenu ou engager une conversation simplement en utilisant la voix.

Les nouvelles options permettent ainsi de découvrir des informations supplémentaires sur des images, comme identifier des objets ou obtenir des détails contextuels, tout en facilitant les interactions vocales. Cela permet aux utilisateurs d’apprendre, de créer du contenu, et d’accomplir des tâches plus facilement grâce à l’intelligence artificielle.

 

Les IA Creator : une extension virtuelle pour les créateurs

Les IA Creator permettent aux créateurs de concevoir une IA qui reflète leur personnalité. En ajustant son ton, ils peuvent l’adapter à leur style. Une fois prête, l’IA répond automatiquement aux messages de l’audience, permettant aux créateurs de toucher plus de fans et de gagner du temps pour des interactions plus personnalisées.

Meta AI : une connexion personnalisée selon vos centres d’intérêt

Explorer du contenu qui vous intéresse

Meta AI analyse les préférences et les interactions passées des utilisateurs pour proposer des recommandations personnalisées. Cette fonctionnalité permet de découvrir du contenu en lien avec les personnes, groupes ou sujets qui correspondent aux centres d’intérêt de l’utilisateur, en ajustant le fil d’actualité pour qu’il soit plus pertinent et ciblé.

Faciliter l’organisation des groupes

Avec Meta AI, les utilisateurs peuvent mentionner @Meta AI dans leurs discussions de groupe pour obtenir de l’aide sur des sujets comme des idées de recettes, des destinations de voyage ou des activités à partager. Cette fonctionnalité rend l’organisation plus simple et les échanges plus dynamiques.

Édition avancée des images pour des rendus professionnels

Les utilisateurs disposent maintenant d’outils d’édition sophistiqués grâce à Meta AI, qui leur permettent de retoucher et améliorer leurs photos sans nécessiter de compétences en graphisme. En ajustant les couleurs, en supprimant les imperfections ou en optimisant la qualité, les utilisateurs peuvent obtenir des images professionnelles en quelques clics.

Animation des images générées

Une nouvelle fonctionnalité permet de transformer des images générées en animations. Cela ouvre la porte à une nouvelle forme de contenu visuel dynamique sur les réseaux sociaux, offrant aux créateurs la possibilité d’animer leurs créations pour les rendre plus vivantes et engageantes.

Meta AI est disponible dans plusieurs pays à travers le monde, notamment au Royaume-Uni, au Brésil, en Bolivie, au Guatemala, au Paraguay, aux Philippines et au Mexique. Le déploiement continuera avec l’ajout de nouveaux pays dans les prochaines semaines, incluant , le Maroc, l’Algérie, l’Égypte, l’Indonésie, l’Irak, la Jordanie, la Libye, la Malaisie, l’Arabie Saoudite, le Soudan, la Thaïlande, la Tunisie, les Émirats Arabes Unis, le Vietnam et le Yémen. Meta AI sera également disponible en plusieurs langues supplémentaires, comme l’arabe, l’indonésien, le thaï et le vietnamien, permettant à un public encore plus large d’exploiter ses fonctionnalités innovantes.

Créer et découvrir des IA dans AI Studio

 AI Studio, une plateforme innovante qui permet à chacun de créer des personnages d’IA personnalisés selon ses intérêts. Les créateurs ont même la possibilité de développer une extension numérique de leur propre personnalité à travers ces intelligences artificielles. Une fois ces IA créées, il est possible d’interagir avec elles sur des applications populaires comme Messenger, Instagram et WhatsApp. Actuellement, AI Studio est uniquement disponible aux États-Unis, offrant ainsi une nouvelle manière de personnaliser les interactions numériques.

eHealth Forum : Amal El Fallah Seghrouchni liste les forces de l’IA dans le domaine de la santé

La ministre de la Transition numérique et de la réforme de l’administration était présente lors de la cérémonie d’ouverture de la 2e édition de l’International eHealth Forum, le mercredi 30 octobre, dans les locaux de l’Université Mohammed VI des sciences et de la santé.

“Ce rendez-vous symbolise notre engagement collectif à repenser le secteur de la santé à l’heure du numérique et à exploiter tout le potentiel qu’il peut offrir à notre société, y compris dans le domaine de la santé”, a déclaré Amal El Fallah Seghrouchni à l’assemblée.

Le Maroc, futur hub digital en Afrique

Concernant la stratégie digitale nationale à l’horizon 2030, la responsable indique que “nous voulons bâtir un Maroc où chaque citoyen peut bénéficier de services modernes et inclusifs où les entreprises peuvent trouver des outils pour se développer et où la santé devient un domaine d’excellence du numérique”. L’objectif étant de positionner le Maroc comme un hub digital en Afrique, avec une économie numérique solide, créatrice de nombreux emplois.

Pour y arriver, deux axes se distinguent. Le premier consiste à finaliser l’économie numérique pour générer de nouvelles opportunités de croissance et digitaliser les services publics pour en faire des leviers d’accessibilité et d’efficacité.

Ensuite, l’intelligence artificielle est un outil puissant pour “renforcer les pratiques médicales, les diagnostics médicaux afin de gagner en rapidité et en précision, permettant ainsi une détection plus précoce et plus fiable des maladies”, précise la ministre, qui cite en exemple les modèles d’apprentissage automatiques qui peuvent analyser des images verticales pour repérer des anomalies indétectables à l’œil humain.

“La chirurgie, l’assistance robotisée et les algorithmes d’intelligence artificielle vont renforcer la précision des interventions et réduire les marges d’erreur. Par ailleurs, les outils de l’intelligence artificielle facilitent aussi l’accès des médecins et des patients aux connaissances en constante évolution, synthétisant en temps réel les dernières avancées et appuyant, par exemple, les médecins cliniques”, a précisé Amal El Fallah Seghrouchni.

Même sur le plan administratif, l’IA peut simplifier la charge de travail, en prenant en compte les tâches répétitives et en libérant ainsi les professionnels de santé, leur permettant de consacrer plus de temps aux patients.

“Nous explorons des applications concrètes, telles que les chatbots intelligents, pour améliorer l’interaction entre citoyens et services de santé. Le dossier médical partagé existe pour instruire des soins plus efficaces et des plateformes d’interopérabilité connectant médecins, établissements et patients, permettant l’accès aux informations”, a expliqué la ministre.

Amal El Fallah Seghrouchni a toutefois alerté sur la protection des données personnelles et de la vie privée des citoyens, qui devrait “être notre priorité”.
“Grâce à votre engagement et à notre collaboration, nous pouvons construire ensemble un futur où la technologie et l’éthique convergent pour offrir des soins plus accessibles et de meilleure qualité à chaque citoyen et à chaque citoyenne”, a conclu la ministre.

Conférence mondiale sur l’IA et les armes chimiques : le DG de l’OIAC salue « la vision » et « l’initiative » du Maroc

Coprésidant l’ouverture de cet événement avec le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, Fernando Arias a exprimé sa profonde « gratitude » au Royaume pour avoir abrité cette « conférence importante et opportune ».

« Cet événement est l’un des plus importants coorganisés par l’OIAC en dehors de son siège à La Haye », a-t-il fait savoir, louant les efforts déployés par le Maroc pour abriter cette « conférence de classe mondiale », avec la participation d’un grand nombre d’experts de premier plan.

Le directeur général de l’OIAC a, en outre, relevé que cet événement d’envergure, qui aura « sans doute un grand succès », vise à explorer les implications de l’IA dans « notre mission commune d’éradication des armes chimiques dans le monde ».

L’objectif, a-t-il expliqué, est de mieux comprendre et saisir les avantages et les risques de l’IA sur la mise en œuvre de la Convention et la manière dont l’OIAC devrait y répondre.

De l’avis de Fernando Arias, les conclusions de cette Conférence, qui réunit des représentants gouvernementaux et d’organisations internationales, ainsi que des experts et des acteurs de l’industrie chimique, constitueront une référence précieuse pour l’orientation de l’action de l’Organisation et de chaque État partie.

Créée en 1997 pour mettre en œuvre la Convention sur les armes chimiques, l’OIAC a franchi de nombreuses étapes importantes, a fait remarquer Fernando Arias, notant que toutes les armes chimiques déclarées par les États parties ont été détruites, sous le contrôle rigoureux de l’Organisation.

Cependant, a-t-il insisté, « bien que nous ayons atteint ce jalon historique, notre travail est loin d’être achevé ».

Organisée par le Maroc, en partenariat avec l’OIAC, cette toute première conférence mondiale sur l’IA et la Convention sur l’interdiction des armes chimiques réunit plus de 150 participants étrangers, dont des représentants de plus de 46 États parties à la Convention pour l’interdiction des armes chimiques, ainsi que des experts internationaux issus des domaines de la science, de l’industrie, de la société civile et du monde académique.

Avec 193 États membres, l’OIAC a reçu le prix Nobel de la Paix en 2013 pour ses efforts exceptionnels en matière de désarmement. Aujourd’hui, elle continue de jouer un rôle central pour prévenir la réémergence des armes chimiques et promouvoir une utilisation pacifique de la chimie.

(Avec MAP)

La Secrétaire adjointe américaine à l’Armement attendue au Maroc

La Secrétaire d’État adjointe Mallory Stewart va participer et prononcer le discours d’ouverture de la Conférence mondiale sur le rôle de l’intelligence artificielle (IA) dans la promotion de la mise en œuvre de la Convention sur les armes chimiques (CAC), à Rabat.

Cette conférence va mettre l’accent sur les travaux du Conseil consultatif scientifique de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), ainsi que sur l’engagement de l’OIAC auprès d’experts scientifiques indépendants.

Selon l’agenda annoncé par le département d’Etat US, la Secrétaire d’Etat adjointe prendra part à des discussions de haut niveau avec des responsables marocains afin de traiter diverses menaces émergentes pour la sécurité internationale.