Marrakech: le complexe JK Hôtels a trouvé acquéreur

Neuf ans après l’ouverture de sa liquidation judiciaire, le complexe JK Hôtels a enfin trouvé acquéreur. La cession a été réalisée au profit de la société Abdelali Negoce, apprend Médias24 de source judiciaire.

Le montant de l’opération s’élève à 412 millions de dirhams. La vente a été validée par une ordonnance rendue le 31 octobre 2025 par le juge-commissaire, mettant fin à près d’une décennie de procédure devant le tribunal de commerce de Marrakech.

La juridiction commerciale avait récemment relancé la vente judiciaire des actifs de JK Hôtels et de sa société sœur JK Résidence, après plusieurs années de blocages.

Le portefeuille cédé regroupe le complexe hôtelier principal de la Palmeraie, ainsi que plusieurs terrains agricoles et propriétés plantées dans la région. La mise à prix globale, fixée à 360 millions de dirhams, a suscité plusieurs offres, aboutissant à une adjudication supérieure à cette estimation initiale.

Il existe peu de données publiques au sujet de la société Abdelali Hiba Negoce, à l’exception de son immatriculation à Casablanca en 2011 et de son activité déclarée dans la promotion immobilière et le négoce de matériaux de construction.

Dirigée par Mohamed Rabia Eserghine, elle s’était déjà illustrée à l’été 2025 dans le dossier de la vente judiciaire de l’hôtel Avanti à Mohammedia (La Samir), où son offre – la plus élevée parmi toutes les propositions – avait été écartée pour absence de garanties suffisantes.

Fondé par Jawad Kadiri, le JK Hôtels avait été placé en redressement judiciaire en 2014, avant de basculer en liquidation en janvier 2016. Le tribunal avait alors jugé la situation irrémédiablement compromise, face à un endettement estimé à près de 390 millions de dirhams.

La procédure avait ensuite été étendue aux sociétés Smart Pro et W. Bay, appartenant au même groupe. L’ordonnance du 31 octobre 2025 consacre la cession définitive du complexe, après des années d’expertises, de reports et d’offres infructueuses.

Le produit de la vente sera réparti entre les créanciers selon l’ordre fixé par la juridiction commerciale. Parmi les principaux prétendants figurent la Banque centrale populaire, la BMCI, la Banque populaire de Marrakech et Maghrebail.

Comblement de passif : garde-fous judiciaires au profit des dirigeants

Comblement de passif, oui, mais pas sur la base de dettes théoriques ni de griefs vagues. La Cour d’appel de commerce de Marrakech vient rappeler qu’un dirigeant d’entreprise en liquidation ne peut être condamné à payer sur ses biens personnels qu’à deux conditions :

Son arrêt pose ainsi des restrictions à une sanction patrimoniale de plus en plus en vogue dans les affaires de faillite.

Rendue en juin 2025, la décision porte sur une affaire que Médias24 avait révélée en 2022. Elle concerne Mohamed Bounou, dirigeant de la société Sobamac (travaux de construction), condamné deux ans plus tôt par le tribunal de commerce d’Agadir à combler, de ses deniers personnels, un prétendu déficit de 92,55 MDH.

La Cour d’appel de Marrakech lui a finalement donné raison après cinq années de procédures, ponctuées par un recours en cassation gagné en 2024.

Des garde-fous contre la sanction

 Le comblement de passif est une action qui permet d’engager la responsabilité personnelle des dirigeants d’une entreprise en liquidation, en les condamnant à couvrir tout ou partie du déficit constaté dans les actifs.  Autrement dit, c’est une procédure qui permet de faire payer aux dirigeants, sur leurs biens personnels, le trou laissé dans les caisses de leur entreprise en faillite.

Dans son arrêt, la Cour d’appel de commerce de Marrakech balaie l’automaticité de ce type de condamnations et remet les règles au centre. Un dirigeant ne peut être frappé d’une sanction patrimoniale que si deux conditions sont réunies :

La défense de Mohamed Bounou avait, en outre, mis en avant le caractère exogène des difficultés (fermeture administrative de la carrière principale) ainsi que ses efforts personnels (apports financiers et cautions).

En conséquence, la Cour a annulé le jugement d’Agadir et son arrêt confirmatif, considérant que ni le déficit ni la faute n’étaient prouvés. Mohamed Bounou est ainsi réhabilité, après avoir vu peser sur lui pendant quatre ans une condamnation de plus de 92 millions de dirhams.

Au-delà du cas d’espèce

Au-delà de ce dossier, l’arrêt vient rappeler que le comblement de passif ne peut être prononcé qu’au regard d’un examen strict des conditions légales. Il survient au moment où des praticiens observent une recrudescence des condamnations. Certains s’inquiètent même d’une systématisation de ces sanctions dans des juridictions comme celle d’Agadir.

Médias24 s’est d’ailleurs penché sur plusieurs cas emblématiques dans la même ville :

Selon plusieurs avocats, ces décisions ont connu une accélération depuis une circulaire du ministère public appelant les procureurs à s’impliquer davantage dans les procédures de difficultés.

Si ces sanctions patrimoniales servent souvent à court-circuiter des velléités banqueroutières de dirigeants au détriment des créanciers, des juristes alertent toutefois contre le risque d’un usage abusif de ces outils. Ils appellent à une application rigoureuse des conditions posées par la loi.

« Depuis la circulaire publiée en juin, on sent un empressement du parquet à lancer des actions en comblement de passif. Il y a, certes, une volonté de protéger les créanciers en optimisant les chances de remboursement, tout en évitant que les dossiers tombent dans la prescription. Mais en réalité, la position de la Cour de cassation, reprise par la Cour de Marrakech, va à rebours de nombreuses décisions de première instance ».

Selon cette source, le problème se situe souvent au niveau des syndics. « Tout comblement de passif devrait être conditionné à la connaissance exacte du passif et de la valeur des actifs à liquider. Et cela n’est possible qu’après la liquidation effective. Or, dans plusieurs dossiers, les syndics n’activent pas ou prennent du temps avant de diligenter les actes de liquidation ».

Notre source insiste sur la nécessité d’un examen strict et individualisé de chaque situation. En guise de référence, elle cite l’un des plus grands dossiers de sanctions patrimoniales des dernières années : celui de la Samir. Dans ce dossier, certains administrateurs ont été sanctionnés pour des actes positifs de gestion ayant contribué aux difficultés, tandis que d’autres – notamment la famille Bensalah – ont été écartés de toute responsabilité.  » La règle posée est claire : un administrateur peut être condamné pour ses actes, mais pas pour sa simple inaction « , rappelle notre interlocuteur.

Somia : une vente immobilière douteuse annulée par la justice

La période suspecte frappe encore dans le dossier Somia. Quatre mois après une première annulation, le tribunal de commerce de Marrakech a retoqué une nouvelle vente immobilière conclue par la filiale marocaine du groupe Crespo, aujourd’hui en liquidation.

Le jugement date du 16 septembre. Il vise un terrain industriel de plus de 1.300 m², objet d’un acte de vente signé en janvier 2024 entre Somia et la société de promotion immobilière Hellenic.

Le conservateur foncier de Marrakech-Ménara a été sommé de radier l’acte du registre. Résultat, le bien retourne dans le giron de la liquidation au profit des créanciers.

Une vente à la veille de la procédure collective

La copie intégrale du jugement n’est pas encore disponible. Les motivations précises ne sont donc pas connues à ce stade. Mais, d’après les documents judiciaires consultés par Médias24, le syndic de la liquidation Abdelouahed Bensinan avait saisi la justice en invoquant deux griefs majeurs :

  • La vente est intervenue en période suspecte, c’est-à-dire après la date de cessation des paiements et avant l’ouverture officielle de la procédure collective.
  • Le prix de cession, fixé à 9,67 MDH (7.250 DH/m²), était selon lui nettement sous-évalué, loin des standards du marché industriel de Marrakech, estimés autour de 15.000 DH/m².

De son côté, la société Hellenic avait plaidé sa bonne foi, affirmant avoir payé le prix intégralement et soutenant que les 7.250 DH/m² convenus étaient conformes, voire supérieurs aux transactions locales, de sorte qu’aucune fraude ni atteinte aux créanciers ne pouvait lui être reprochée.

Avant de trancher, le tribunal avait ordonné une expertise confiée à Hassan Fattas. Ce dernier devait notamment déterminer la valeur réelle du terrain et établir la comparaison avec le prix de vente contesté.

Une première cession court-circuitée par les juges

Ce deuxième revers pour Somia survient après une première décision rendue le 15 mai 2025. Dans ce dossier, le tribunal avait annulé la vente d’un terrain de 4.000 m² à Marrakech-Ménara, cédé fin 2023 à la société Ghita Développement pour 10,5 MDH. Les juges avaient alors retenu la double caractéristique d’une période suspecte et d’une sous-évaluation manifeste, concluant à un acte de « mauvaise foi ».

La période suspecte correspond à l’intervalle entre la cessation des paiements et l’ouverture officielle d’une procédure collective (voir article 712 du Code de commerce). Annuler une vente survenue lors de cette phase permet d’empêcher qu’une entreprise en difficulté ne brade ses actifs à la veille d’une faillite, et ce, au détriment de ses créanciers.

Dans le dossier Somia, les deux annulations successives renseignent sur la stratégie du syndic : récupérer les biens cédés par l’entreprise à la veille de sa déroute financière et les réintégrer dans le périmètre de la liquidation.

Pour les créanciers – dont les banques, titulaires d’une bonne partie des 460 MDH de dettes de Somia –, chaque actif rapatrié est une chance supplémentaire de récupérer une partie de leurs créances.

Ce nouveau jugement confirme les déboires de Somia, branche marocaine du groupe français Crespo, connu mondialement pour sa marque éponyme d’olives en conserve.

D’autres décisions sont en attente. Elles visent précisément les dirigeants, objet d’une expertise en cours pour fautes de gestion.

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Déchéance commerciale : les dirigeants de la Samir de nouveau « personæ gratæ » ?

Bannis du monde des affaires au Maroc, les anciens dirigeants de la Samir sont-ils aujourd’hui les bienvenus ? La question concerne précisément les administrateurs sanctionnés à cinq ans de déchéance commerciale pour faute de gestion.

Rendue en novembre 2018, cette sanction avait été confirmée en janvier 2020 par la cour d’appel de commerce de Casablanca. Reste à savoir si le délai de la sanction a expiré ou s’il court encore au moment où nous rédigeons ces lignes.

Interrogées, des sources proches du dossier émettent des opinions différentes. Des interlocuteurs impliqués directement dans la procédure de liquidation du raffineur affirment que la déchéance commerciale a bien été levée pour les dirigeants concernés. Il s’agit de :

– Mohamed Houcine Al Amoudi (PDG) ;

– Jamal Mohamed Baamer (DG) ;

– Bassam Felix Aburdene (administrateur) ;

– Jason T. Milazzo (administrateur) ;

– Lars Nelson (administrateur) ;

– George Salem (administrateur).

Depuis cinq ans, ces dirigeants étaient interdits de « diriger, gérer, administrer ou contrôler, directement ou indirectement, toute entreprise commerciale ou société ayant une activité économique » au Maroc. Si cette interdiction est levée, ils pourront de nouveau exercer ces fonctions. Les sources qui défendent l’idée que la sanction est expirée expliquent que le calcul des cinq ans commence à partir du prononcé de l’arrêt. Dans ce cas, la déchéance serait éteinte depuis le 21 janvier 2025.

« Le Code de commerce n’est pas clair à ce sujet. À mon sens, le délai ne court qu’à compter de la notification de l’arrêt à la personne, c’est-à-dire aux administrateurs concernés, ou à partir du prononcé d’une décision définitive par la Cour de cassation. Or, pour que les parties puissent se pourvoir en cassation, une notification est nécessaire », estime un avocat, également proche du dossier.

Dans ce cas précis, des dossiers de notification ont bien été ouverts en septembre 2020, quelques mois après l’arrêt, mais rien ne confirme qu’elles soient parvenues aux intéressés qui sont tous établis à l’étranger.

Selon nos sources, Mohamed Jamal Baamer a été le seul parmi les dirigeants à avoir soumis un recours en cassation contre la sanction. L’ancien directeur général a été débouté par la plus haute juridiction du Royaume qui a statué en février 2021.

« Pour Jamal Baamer, les cinq ans de la déchéance commerciale ne courent donc qu’à partir de l’arrêt de la Cour de cassation, c’est-à-dire qu’elle ne sera levée qu’en février 2026 », estime notre source.

Plus récemment, l’homme d’affaires saoudien est revenu à la charge pour tenter de stopper prématurément sa déchéance. Entre janvier et mai 2024, Jamal Baamer a déposé deux actions pour la radiation de sa sanction. La première a été rejetée, la deuxième a débouché sur une fin de non-recevoir. Nous avons sollicité son avocat au Maroc pour plus d’éclairage, sans résultat.

Dans les demandes de radiation, Baamer n’est pas apparu, notamment dans celles qui ont été initiées via une société fondée par l’intéressé. Il s’agit de Tahnaout Development, promoteur immobilier qui opère à Marrakech. Cette entité avait été créée par Baamer en 2009. Il s’en était retiré le 9 mars 2016, soit quelques jours avant la mise en liquidation de la Samir. Cette période coïncide avec son départ du Maroc.

En se retirant de la société, Baamer avait placé un ressortissant yéménite, un certain Mohamed Naim El Khanji, en tant que gérant unique. Il lui avait également cédé l’intégralité des parts dans la société. Frappé de déchéance commerciale, Baamer ne pourra retrouver sa qualité de gérant qu’après la levée de la sanction.

En quittant le Maroc, Baamer a laissé derrière lui de nombreuses activités, mais aussi un important patrimoine. Ses biens ont été saisis dans le cadre de l’extension de la liquidation de la Samir à ses dirigeants.

L’extension a été actée concomitamment à la décision de déchéance commerciale. Mais, contrairement à la déchéance, la liquidation n’est limitée par aucun délai. Elle s’appliquera tant qu’il y aura des biens à saisir, et jusqu’à ce que les créanciers soient désintéressés.

Cinq ans plus tard, des biens de Baamer sont encore recensés au Maroc et sont régulièrement soumis à des expertises, en vue d’une vente aux enchères. La dernière décision en ce sens date du 28 janvier 2025.

Samir : nouvelle prorogation de l’activité

Ce jugement de prorogation de la « continuité de l’activité » a été rendu le jeudi 17 octobre, à la demande de Abdekbir Safadi, syndic judiciaire chargé de la liquidation de la Samir.

Cette décision vient en application de l’article 652 du Code de commerce qui dispose que « lorsque l’intérêt général ou l’intérêt des créanciers nécessite la continuation de l’activité de l’entreprise soumise à liquidation judiciaire, le tribunal peut autoriser cette continuation pour une durée qu’il fixe, soit d’office soit à la demande du syndic ou du procureur du Roi. »

Mise en liquidation en mars 2016, la Samir bénéficie depuis lors de prolongations constantes de continuation d’activité. Ces délais permettent d’éviter la vente « en lots » de la raffinerie, ce qui acterait sa mort officielle. La piste privilégiée par les organes de la procédure consiste plutôt en une cession globale à un repreneur, option qui permettrait de relancer l’entreprise.

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Sintram reste en liquidation

Sintram n’échappera pas à sa liquidation judiciaire. La Cour d’appel de commerce de Casablanca vient de confirmer, à la fin de la matinée de ce lundi, la procédure ouverte depuis février 2024 contre ce poids lourd du secteur des BTP.

Rendu ce lundi 14 octobre, l’arrêt de la juridiction de second degré confirme la situation « irrémédiablement compromise » de Sintram, qui croule sous un endettement de plus de 3 MMDH. Il conforte également les investigations pour faute de gestion visant les dirigeants de l’entreprise, un volet qui avait été activé parallèlement au jugement de première instance actant la liquidation.

En cessation de paiement, Sintram avait d’abord été placée en redressement, avant de basculer dans la faillite après la résiliation de son plan de continuation par le tribunal de commerce.

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Détenue par les Zenagui, Sienna Investment objet d’un jugement de liquidation

Gérée par les frères Zenagui, la société Sienna Investment Group est officiellement en liquidation judiciaire. La procédure a été actée par un jugement rendu par le tribunal de commerce de Rabat.

La liquidation a été prononcée en mai 2024. Elle vient d’être publiée dans l’édition du 26 juin du Bulletin des annonces judiciaires, constate Médias24. Cette publication ouvre le décompte du délai de déclaration des créances. Il est de deux mois pour les créanciers nationaux, et de quatre mois pour les étrangers.

Le tribunal a désigné Leila Abbou en tant que juge-commissaire chargée du dossier aux côtés de Driss Falaki, nommé syndic judiciaire.

Tout en prononçant la liquidation, le tribunal a déclaré irrecevable la demande tendant à l’extension de cette procédure au patrimoine personnel du dirigeant. Cette requête visait précisément Samir Zenagui. Depuis 2015, ce dernier cogère l’entreprise aux côtés de son frère Yassir Zenagui.

Selon nos informations, la liquidation a été réclamée par le bureau d’études Novec, filiale du groupe CDG. C’est également cette entité qui a demandé des sanctions patrimoniales contre le dirigeant. Sienna Investment Group est connue comme étant le promoteur du Ritz Carlton de Rabat, hôtel de luxe objet d’un épineux litige avec l’Etat.

Peu d’informations circulent autour de la situation financière de l’entreprise. Sur le site Inforisk, on apprend qu’elle a réalisé un résultat net négatif au titre de l’année 2021 (ce sont les derniers chiffres publics).

En lui-même, le jugement de liquidation renseigne théoriquement sur la situation de la société. Cette procédure est ouverte lorsque la continuité de l’entreprise est « irrémédiablement compromise« . Le tribunal de Rabat a fait remonter la cessation de paiement à 18 mois antérieurs au jugement.

Pour l’heure, la copie de la décision n’a pas encore été communiquée aux parties. Mais le groupe a déjà fait appel. Le dossier sera bientôt réexaminé par la cour d’appel de commerce de Casablanca.

En attendant, les Zenagui ont obtenu un précieux « sursis à exécution » auprès de cette même juridiction. La décision date du 20 juin. Elle permet de suspendre les mesures de liquidation le temps que la cour d’appel se prononce sur le maintien ou non de cette procédure.

Chantiers et Ateliers du Maroc placé en liquidation judiciaire

La décision est tombée le jeudi 18 janvier. Elle a été prise par le tribunal de commerce de Casablanca qui, en plaçant Chantiers et Ateliers du Maroc (CAM) en liquidation judiciaire, a maintenu le syndic Abdelmajid Raïs, déjà désigné lors du redressement judiciaire.

La juridiction casablancaise a également considéré que la date d’arrêt de paiement est celle de la décision d’ouverture d’une procédure de liquidation judiciaire à l’encontre du − jusqu’à présent – leader de la réparation navale au Maroc.

Installé dans une zone dédiée du port de Casablanca depuis 1944, Chantiers et Ateliers du Maroc a connu des difficultés à partir de 2019, lorsque l’Agence nationale des ports (ANP) a lancé un premier appel d’offres de renouvellement de la concession, jugé infructueux, suivi d’un processus de mise en concurrence en 2020, qui s’est lui aussi révélé infructueux.

Après avoir soumissionné à deux reprises sans succès, l’opérateur marocain s’est retrouvé exclu du domaine dont il était le leader, fort d’une expérience de 80 ans.

Nous reviendrons sur ce sujet.

Drapor reste en liquidation judiciaire

Le juge Younes Aidouni a opposé une fin de non-recevoir au recours introduit par le management de l’entreprise, qui voulait obtenir l’annulation de la procédure en cours.

Cette décision intervient deux semaines après une ultime audience consacrée aux plaidoiries.

Le recours en appel a été déclaré irrecevable en la forme. La Cour n’a pas statué sur le fond. Reste à consulter les motifs de cette irrecevabilité pour vérifier si Drapor peut interjeter un nouvel appel.

L’entreprise spécialisée dans le dragage des ports avait été placée en sauvegarde puis en redressement avant de basculer dans la faillite, le tribunal constatant sa « situation irrémédiablement compromise ».

https://medias24.com/2024/01/02/drapor-plaidoiries-decisives-pour-le-sauvetage-de-lentreprise/

Drapor : plaidoiries décisives pour le sauvetage de l’entreprise

En appel, le dossier de la liquidation de Drapor est à une audience de la mise en délibéré. Les parties ont été convoquées pour des plaidoiries orales devant les juges. Les débats auront lieu le 8 janvier à la cour d’appel de commerce de Casablanca.

Dans les litiges commerciaux, les plaidoiries ne sont pas systématiques. La procédure est le plus souvent entièrement écrite. Elles sont réclamées par les parties pour les affaires à fort enjeu. C’est le cas de Drapor, qui joue littéralement sa survie. L’entreprise dirigée par Mustapha Aziz tente d’obtenir l’annulation de sa mise en liquidation judiciaire (jugement de première instance en juin 2023).

La prochaine audience sera décisive. Pour convaincre la cour d’appel, les plaideurs devront prouver le caractère redressable de Drapor, là où les juges du premier degré avaient conclu à sa situation « irrémédiablement compromise ».

Dans le camp des plaideurs, on retrouve Me Adil Lamtiri, qui assiste les ayants droit de Lahcen Jakhoukh, fondateur du groupe Satrammarine (dont Drapor est une filiale). L’avocat avait préalablement invoqué l’existence d’une tentative de « résolution amiable » du dossier.

Si les parties restent muettes sur les contours de cette démarche, Médias24 sait de sources sûres que le ministère de l’Équipement avait été saisi par Drapor afin d’examiner une sortie de crise. Laquelle passe par le renouvellement d’autorisations administratives pour le dragage des ports dans plusieurs zones (port de Mehdia, fleuve Oum Er-Rbia, littoral de Larache, station thermique de Mohammédia, etc.).

Expirées en 2017, ces autorisations n’avaient pas été renouvelées, provoquant un conflit direct entre l’entreprise et le ministère, alors dirigé par Abdelkader Amara. Selon des informations révélées par nos soins, l’actuel ministre Nizar Baraka a renoué le contact avec Drapor et s’est dit disposé à prospecter des solutions pour une sortie de crise.

Les héritiers Jakhoukh ne sont pas les seuls à se positionner sur le dossier. Le PDG Mustapha Aziz, les employés de Drapor, le syndic Abderrahman Amali et Banque centrale populaire (un des principaux créanciers) sont également présents dans la procédure d’appel, chacun étant représenté par un avocat.

Les différents échos laissent entendre qu’il y a unanimité entre les parties pour réclamer l’annulation de la liquidation et le retour à la procédure antérieure, à savoir le redressement. Une information qui se vérifiera le 8 janvier, à l’occasion des plaidoiries.

En redressement, DLM objet d’une demande de liquidation judiciaire

À l’initiative du contrôleur des créanciers, une action visant à convertir le redressement de Delattre Levivier Maroc en liquidation judiciaire est entre les mains du tribunal de commerce de Casablanca.

La requête a été enregistrée le 4 novembre. Lundi 7 novembre, le tribunal a renvoyé le dossier à l’audience au 21 du même mois. Un délai a été accordé pour la préparation de la défense.

Pour l’heure, nous n’avons pas eu accès au contenu de la demande dont on ne connait pas les motifs.

Il s’agit d’un nouveau rebondissement dans le parcours de l’entreprise depuis sa mise en procédure de difficultés. DLM avait déjà basculé, en avril dernier, de la sauvegarde au redressement judiciaire.