Le prix de l’or dépasse les 4.500 dollars l’once, signant un nouveau record

Les prix de l’or restent à des niveaux historiquement élevés. Lors de la séance du 29 décembre 2025, l’or se négocie à plus de 4.490 dollars l’once, après avoir inscrit un record lors de la séance du 26 décembre, à 4.552 dollars l’once.

Ce mouvement apparemment baissier n’efface pas une dynamique de fond très haussière, visible sur l’ensemble de l’année 2025.

Les performances sur plusieurs horizons restent impressionnantes:

Au Maroc, le prix de l’or 24 carats s’élève actuellement à 1.300 DH le gramme, un niveau record.

Pour l’or 18 carats, qui contient 75% d’or et reste le standard le plus répandu au Maroc, le prix dépasse 980 DH le gramme.

Les facteurs explicatifs

Le premier facteur explicatif est monétaire. Les marchés ont renforcé leurs anticipations de baisse des taux de la Réserve fédérale l’an prochain, dans un contexte où l’inflation donne des signes de modération.

Quand les investisseurs pensent que les taux vont baisser, l’or est généralement favorisé, car le coût d’opportunité de détenir un actif sans rendement diminue. Ce mécanisme passe souvent par un dollar moins fort, ce qui soutient mécaniquement le prix de l’or coté en devise américaine.

Le deuxième facteur est lié au climat de risque. Les tensions géopolitiques maintiennent une demande de couverture, et l’or reste l’un des actifs privilégiés lorsque l’incertitude augmente, qu’elle soit militaire, politique ou financière.

Le troisième facteur est plus structurel et tient à la demande institutionnelle. Les achats de banques centrales, la recherche de diversification et le retour d’une partie des flux financiers vers les instruments adossés à l’or contribuent à soutenir la tendance, au-delà des mouvements quotidiens.

Dans un environnement où la volatilité des devises et l’incertitude macroéconomique restent élevées, l’or continue d’être utilisé comme couverture contre les risques extrêmes.

Un autre facteur à prendre en compte est la surprise de croissance aux États-Unis. Au T3 2025, en glissement annuel, le PIB réel a progressé de 4,3%. Une croissance plus forte que prévu peut, en principe, pousser les rendements à la hausse, soutenir le dollar et provoquer des épisodes de correction sur l’or, en augmentant le coût d’opportunité de détenir un actif sans rendement.

Le fait que les prix restent proches des records malgré ce signal suggère que le marché privilégie surtout la trajectoire des taux à venir et la persistance d’un environnement de risque, plutôt que les seules données conjoncturelles de court terme.

La suite dépendra surtout de la confirmation du scénario de baisse des taux, de l’évolution du dollar et de la capacité, ou non, des tensions géopolitiques à se résorber durablement.

L’or recule, mais se maintient au-dessus des 4.000 dollars l’once

Le métal jaune a atteint un sommet historique le 20 octobre 2025 avec un prix de 4.359 dollars l’once. Cependant, dès le 21 octobre, l’or a amorcé une correction marquée, qui s’est poursuivie durant quatre jours consécutifs.

Un contexte propice à l’ascension de l’or

En effet, le marché de l’or avait connu ces derniers mois une envolée sans précédent, dépassant pour la première fois le seuil symbolique des 4.000 dollars l’once, avant de frôler les 4.400 dollars le 20 octobre 2025.

Cette ascension impressionnante s’est construite sur un cocktail rare d’incertitudes économiques, de tensions budgétaires aux États-Unis, de perspectives monétaires plus accommodantes et d’un regain d’intérêt des investisseurs pour les actifs refuges.

Lorsque les taux réels s’avèrent faibles, voire négatifs, l’or apparaît d’autant plus séduisant

L’un des éléments ayant nourri cette hausse est le « shutdown » budgétaire américain, qui a partiellement paralysé les services fédéraux. Cette situation a perturbé la publication des indicateurs économiques officiels, privant les marchés d’une boussole statistique fiable.

Face à cette opacité, les investisseurs se sont tournés vers l’or, perçu comme un rempart contre l’incertitude. À cela se sont ajoutées des attentes de détente de la politique monétaire de la Réserve fédérale, et un affaiblissement du dollar, deux facteurs qui renforcent mécaniquement l’attrait du métal précieux.

Une correction rapide après l’euphorie haussière

L’euphorie n’a pourtant pas résisté longtemps. Peu après ce record, l’or a enregistré une correction notable, dépassant les 6% en seulement quatre jours.

Ce retournement s’explique en grande partie par des prises de bénéfices. De nombreux opérateurs, en particulier des investisseurs à profil spéculatif entrés sur le marché lorsque les prix étaient nettement plus bas, ont préféré sécuriser leurs gains après le passage de l’once au-delà des 4.000 dollars.

La montée avait été si rapide que l’idée d’un repli technique était largement anticipée. Ce mouvement de ventes a créé un effet boule de neige, accélérant la baisse des prix.

Cette phase de correction ne signifie pas pour autant que la dynamique haussière de fond est terminée. Les fondamentaux restent favorables à moyen terme, en raison d’un environnement géopolitique fragile, de politiques monétaires qui ne redeviendront pas restrictives immédiatement et d’achats soutenus de la part des banques centrales.

Les bijoutiers s’apprêtent à lancer une société d’importation d’or pour limiter l’informel

Une telle société, sous l’égide de la Fédération marocaine des bijoutiers, devrait résoudre un problème structurel du marché de l’or, à savoir la dépendance aux circuits informels dans l’approvisionnement.

Contacté par Médias24, Driss El Hazzaz, président de la Fédération marocaine des bijoutiers, estime que cette étape est indispensable pour formaliser le secteur.

« Le secteur de l’or attendait ce moment depuis des années. Le vrai frein restait le problème des avances imposées par l’Office des changes. Aujourd’hui, la situation est enfin favorable pour avancer vers la formalisation du secteur« , explique-t-il.

Un décalage qui fait prospérer l’informel

Le secteur de la bijouterie vit depuis des années un problème de pénurie de la matière première. La raison principale de cette pénurie réside dans un décalage entre les avances exigées par les fournisseurs et celles permises par les autorités au Maroc.

« Les fournisseurs d’or, à l’étranger, exigent des acomptes élevés avant toute expédition. C’est la norme du métier. Les marges de sécurité financières sont la règle. De l’autre côté, l’Office des changes encadre les avances de paiement pour des raisons de prudence », indique Driss El Hazzaz.

« Les fournisseurs étrangers demandent 80% à 90% d’acompte avant livraison, alors que le cadre marocain ne permet classiquement que 20% d’avance. Et c’est ainsi que l’informel s’impose« , poursuit-il.Le décalage des seuils coûte cher aux bijoutiers comme aux consommateurs

La majorité écrasante des bijoutiers se trouvent sans accès direct à la matière première et s’en remettent à des intermédiaires qui, eux, trouvent des voies informelles. Ces canaux imposent leur tarif, alimentent la rareté et générent un surcoût qui se répercute, toujours, sur le prix payé par le client.

« Quand le marché informel domine, le gramme se vend nettement plus cher qu’il ne devrait, jusqu’à 100 DH au-dessus de la référence internationale. C’est une taxe invisible qui retombe sur le consommateur. Elle rémunère le risque logistique, le risque juridique et la rente d’intermédiation. Tant que l’importation directe reste impraticable, cette prime ne disparaît pas », précise Driss El Hazzaz.

Une société d’importation pour sortir de l’informel

Plutôt que de laisser chacun négocier seul un impossible compromis, les bijoutiers ont choisi de se regrouper dans une société d’importation.

« Nous avons décidé de créer une société d’importation d’or. C’est le seul moyen de sortir de l’informel et d’assurer un approvisionnement régulier. Les statuts sont en cours de finalisation. Un expert-comptable accompagne la démarche, et un dialogue est ouvert avec les autorités », affirme notre interlocuteur.

Pour régler à l’avance l’intégralité ou la quasi-intégralité d’une facture dont les biens n’ont pas encore été reçus, une société doit disposer d’une attestation de référencement, délivrée seulement après deux ans d’activité. Cependant, la Fédération marocaine des bijoutiers a obtenu de la douane la promesse d’un assouplissement exceptionnel.

« Dans notre cas, et après des discussions avec les parties prenantes, nous avons obtenu la promesse de la douane de nous délivrer l’attestation de référencement avant cette échéance. Concrètement, nous sommes passés du principe de deux ans d’activité formelle à un an, puis, sur insistance, à six mois pour obtenir l’autorisation de régler intégralement à l’international ».

Ce que la nouvelle société d’importation va changer

Sur le plan économique, les effets attendus sont clairs. L’offre augmente, l’informalité diminue, et la formation des prix devient plus claire.

« Le secteur attendait ce moment depuis des années. Aujourd’hui, les conditions sont réunies pour avancer vers la formalisation. Les bijoutiers espèrent des effets rapides. D’abord sur l’offre, qui deviendra plus régulière, et sur les prix, qui devraient se rapprocher du marché international », explique le président de la Fédération marocaine des bijoutiers.

Il reste toutefois plusieurs points à trancher. La société sera-t-elle à but lucratif ? Prévoira-t-elle d’ajouter des marges, même minimes, sur les prix d’achat pour revendre ensuite aux demandeurs ?

« Il est évident qu’il y aura des frais de gestion. Lorsqu’un bijoutier importe, l’opération implique de nombreuses dépenses. Toutefois, contrairement au marché informel qui impose une hausse avoisinant les 10%, ces frais devraient rester contenus entre 2% et 3%. Concrètement, si un kilo d’or est valorisé à 1 MDH, les frais se situeraient entre 20.000 et 30.000 DH par kilo », précise-t-il.

« L’importation n’est pas ouverte à tous les bijoutiers. Elle est exclusivement réservée aux associés. Néanmoins, tout bijoutier souhaitant rejoindre cette société est le bienvenu », conclut Driss El Hazzaz.

Stellar AfricaGold veut étendre la minéralisation aurifère dans le projet Tichka-Est

Une analyse structurale menée par Stellar AfricaGold a révélé le potentiel de développement d’une structure minéralisée abritant des indices aurifères. Cela ouvre la voie à une possible extension des ressources déjà découvertes, comme l’indique un communiqué de l’entreprise publié ce 11 septembre 2025.

Sur une superficie de 82 km², le projet Tichka-Est, situé dans la province d’Al Haouz, dans le village d’Analghi, se trouve à un stade d’exploration précoce.

Les travaux d’exploration précédents ont permis d’identifier trois structures stratégiques présentant des concentrations intéressantes, dont la plus prometteuse est la structure B.

Cette dernière, la plus longue avec 2 kilomètres, affiche la teneur en or la plus élevée, soit 4,67 g/t sur 14 mètres.

Carte montrant les structures minéralisées identifiées dans le projet de Tichka-Est.

Le rapport d’analyse structurale a conclu que la structure de minéralisation B abrite un système fortement aurifère, situé dans un contexte structural favorable. Ce contexte a généré un domaine transpressif capable de concentrer une minéralisation aurifère dans des strates carbonatées fragiles et déformées, recoupées par des filons de diorite.

« Le rapport appuie l’expansion du programme de forage prévu par Stellar et nous donne une confiance considérable quant au potentiel de découvertes d’or supplémentaires à court terme à Tichka-Est », a déclaré François Lalonde, PDG de Stellar AfricaGold.

Au sein de cette structure, la minéralisation aurifère est étroitement associée à des veines de quartz-ankérite-arsénopyrite. Ces dernières sont marquées par une altération limonitique intense, notamment dans la structure B, et par des halos de Fe-carbonate qui surimpriment les faciès chloritiques régionaux. Ces zones d’altération, combinées à la forte densité de réseaux de veines, témoignent d’un système hydrothermal puissant.

« La combinaison de l’échelle de la structure B, des jonctions structurales avec les structures A et C et de l’intensité de l’altération confirme que nous nous trouvons dans un système aurifère fertile. Les cibles de forage actuelles étant clairement définies, nous sommes impatients de maintenir le rythme des activités d’exploration et de passer rapidement à la prochaine phase de forage « , a indiqué François Lalonde.

L’étude a permis d’identifier trois zones à fort potentiel d’accumulation aurifère :

Cet été, la compagnie Stellar a lancé une campagne de forage visant à évaluer le potentiel de la structure B. Cette campagne de forage progresse, avec un troisième forage ayant atteint une profondeur de 124 mètres le jeudi 4 septembre.

Les résultats des analyses géochimiques des sondages devraient fournir davantage d’informations sur les ressources aurifères de ce projet.

En janvier 2025, l’ONHYM et Stellar AfricaGold ont conclu un accord pour l’exploration aurifère dans le domaine minier de Tichka-Est, situé dans le Haut Atlas occidental. Selon cet accord, l’ONHYM détiendra une participation de 15% et bénéficiera d’une redevance de 3% sur le rendement net de fonderie, tandis que la compagnie canadienne s’engage à investir 2,23 millions de dollars dans l’exploration de ce projet.

Projet cuivre et or d’Azrar : Aterian annonce des résultats satisfaisants

La société minière britannique Aterian a publié, le 20 novembre 2024, les résultats de ses récentes campagnes d’exploration dans la région d’Azrar, à proximité de la mine de Tizert exploitée par Managem. Ce projet, qui s’étend sur 76,9 km² et est constitué de six permis miniers, offre de nouvelles perspectives pour la découverte de gisements de cuivre et d’or.

Ces résultats proviennent de travaux de terrain, comprenant une cartographie sur 8 kilomètres et une campagne d’échantillonnage en éclats/rainures ciblant plusieurs structures prometteuses. Ils ont confirmé et étendu les zones minéralisées en cuivre, révélant également des indices très encourageant d’argent et d’or au sein des cibles prioritaires du projet. Ces minéralisations se retrouvent sous différentes formes, notamment des veines de quartz, à des sédiments profonds ou contrôlées par des structures tectoniques telles que des charnières de pli ou des failles.

Dans la cible de Tifrit, on relève une moyenne de 0.82 g/t d’or et 0,63% de cuivre sur une surface d’échantillonnage de 9 m ciblant des veines de quartz.

Dans les sédiments hôtes de cuivre d’Ougri, un échantillonnage en éclats sur 800 m d’une cible de 1,4 km a révélé des teneurs en cuivre atteignant 2,92% et des teneurs moyennes de 16 g/t en argent.

Dans la cible d’Izarzar, les minéralisations, contrôlées par les failles, ont livré des teneurs allant jusqu’à 1,37 % de cuivre et 6 g/t d’argent sur une largeur atteignant 13,25 m.

Une veine de quartz dans la cible de Tifrit avec les principales teneurs des minéralisations aurifères et cuprifères rencontrées (source : Aterian)

S’agissant du cuivre, la société Aterian estime que les teneurs en cuivre explorées sont considérées comme économiques, compte tenu des prix actuels des métaux, et correspondent aux attentes pour faire avancer un projet à grande échelle qui exige une production et un forage plus ciblés. Selon Aterian, les minéralisations en argent et en or, présentes en sous-produits, seraient liées à un système de failles plus étendu, nécessitant des recherches approfondies.

Bien qu’il soit le plus récent, le projet d’Azrar, reposant en principe sur la prospection du cuivre, fait partie des quatre principaux projets sur lesquels se concentre actuellement cette compagnie. Les résultats obtenus renforcent la conviction d’Aterian que le projet Azrar offre plus de chance de trouver un partenaire, dans le cadre d’une éventuelle joint-venture, capable de faire avancer le projet Azrar à un coût minimal, d’autant que le projet est situé dans un endroit stratégique, près de la mine de cuivre de Tizert de Managem dont les ressources en cuivre sont estimées à 57 Mt à une teneur de 1.03%.

Après la finalisation des travaux cartographiques, la prochaine étape consistera à définir les cibles de forage au sein des structures les plus prometteuses. Ces cibles seront déterminées à l’issue de tranchées d’exploration et d’une campagne géophysique magnétique au sol. Par ailleurs, les similitudes mises en évidence avec les projets miniers voisins confortent le potentiel d’Azrar et justifient la mise en œuvre de ces travaux complémentaires.

Afin de concentrer ses ressources, Aterian a procédé à une rationalisation de son portefeuille minier. La société a donc renoncé à plusieurs permis de recherche, réduisant ainsi la superficie totale de son foncier minier de 897,7 km² à 663,6 km².

Cette décision stratégique permettra à Aterian de se focaliser notamment sur les projets les plus prometteurs. Parmi eux, le projet de Jebilet Est (entre Rehamna et Kelâat Sraghna), où des résultats d’analyses ont révélé des teneurs en cuivre exceptionnelles, pouvant atteindre 9,25% dans certaines veines de quartz.

Mines. Mx2 Mining lève avec succès ses premiers fonds

La compagnie minière Mx2 Mining a réalisé une levée de fonds par l’émission de 3,32 millions d’actions ordinaires et de 28,68 millions de bons de souscription où chaque bon donnera droit à son détenteur à recevoir une action ordinaire dès que les conditions de libération de l’escompte seront remplies.

Suite à une forte demande d’investisseurs, le placement privé a été sur-souscrit, permettant à la société de lever plus du double de son objectif initial. Le montant final levé est de l’ordre de 11,4 millions de dollars, à un prix d’émission de 0,35 dollars par action.

Les fonds levés grâce à cette opération seront principalement alloués aux activités d’exploration et de développement des projets aurifères Amizmiz et Tijirit. Une partie sera également consacrée à l’amélioration du fonds de roulement de la société et à la couverture de ses dépenses opérationnelles courantes.

Levée aéromagnétique réalisée par Aya dans la licence d’Amizmiz en 2010.

A la finalisation de ce placement privé, Aya détiendra 44% du capital de cette nouvelle compagnie minière, correspondant à une valorisation de 10 millions de dollars et cédera effectivement ses droits du projet minier Amizmiz. En plus de l’acquisition de ce projet, Aya a accordé à Mx2 Mining une option d’achat exclusive de la participation de 75 % d’Aya dans le projet aurifère de Tijirit en Mauritanie. Cette option, possible sous réserve du respect d’un programme d’exploration minimal sur trois ans, offre à Mx2 Mining la possibilité d’acquérir un actif supplémentaire à fort potentiel.

Comme annoncé au 12 septembre 2024, Aya Gold & Silver a procédé à une scission en créant Mx2 Mining, une nouvelle société dont le modèle économique est axé sur le développement de projets aurifères en Afrique du Nord et dans les pays du Golfe.

La compagnie Aya a pris cette décision afin de concentrer ses efforts sur ses principaux actifs miniers, notamment la mine de Zgounder en pleine expansion et le prospect polymétallique de Boumadine en développement avancé tout en assurant une nouvelle relance de la licence d’Amizmiz qui était longtemps délaissée.

Rappelons que les ressources historiques estimées par l’opérateur précédent Aya Gold & Silver sont de l’ordre 342.000 onces d’or à une teneur moyenne 12,98 grammes par tonne et un programme initial de forage de 4.500 mètres sera mené conjointement par les équipes de Mx2 mining et Aya.

L’or se négocie à 2.730 dollars l’once : un nouveau record en attendant le prochain

Sans surprise, l’or poursuit son ascension vertigineuse, sans le moindre signe de ralentissement. La demande de valeurs refuges a permis à l’or d’ignorer largement la pression d’un dollar plus fort et de la hausse des rendements des bons du Trésor. Cette fois encore, un nouveau record est pulvérisé. En fait, durant l’année 2024, l’or franchit pour la 7e fois un nouveau record. Abracadabrant !

Au moment de la rédaction de cet article (24 octobre 2024), les prix du marché « spot » de l’or dépassent les 2.730 dollars l’once. Un seuil autrefois inimaginable, et pourtant aujourd’hui bien réel.

En l’espace d’une seule année, entre octobre 2023 et octobre 2024, l’or a bondi de plus de 1.000 dollars l’once, passant de 1.700 à plus de 2.730 dollars, soit une envolée spectaculaire de 37,7%.

Médias24 avait déjà minutieusement analysé les facteurs à l’origine de cette hausse vertigineuse des prix de l’or. Toutefois, deux éléments semblent désormais propulser l’or vers de nouveaux sommets : les élections américaines, et les tensions croissantes entre Israël et l’Iran.

Ainsi, l’attente de la riposte israélienne, qualifiée d’inévitable par le président de l’Etat hébreu, alimente une demande en or quasi automatique, comme une avalanche qui ne cesse de s’amplifier.

De même, les récents signes de résilience de l’économie américaine ont alimenté les anticipations selon lesquelles la Fed réduirait ses taux de 25 points de base en novembre 2024, ce qui renforce la demande pour l’or.

Selon UBS, la demande de valeurs refuges devrait continuer à soutenir l’or dans les 6 à 12 prochains mois

À chaque fois que la demande dépasse l’offre, les prix s’envolent, et cette hausse nourrit elle-même l’idée d’une nouvelle flambée potentielle, incitant les investisseurs à se précipiter encore davantage sur le métal précieux.

Ce qui rend cette ascension particulièrement fascinante, c’est la nature intrinsèque de l’or. Contrairement aux cryptomonnaies, telles que le bitcoin qui avait frôlé les 57.000 dollars l’unité en octobre 2021 avant de s’effondrer à 22.000 dollars en juin 2022, pour ensuite rebondir aux environs de 66.000 dollars en octobre 2024, l’or ne subit pas de fluctuations aussi brutales. Sa valeur est enracinée dans sa matérialité. De ce fait, les niveaux atteints par l’or semblent quasiment inébranlables.

Aujourd’hui, avec un prix de 2.730 dollars l’once, il paraît hautement improbable que l’or retombe à 2.500 dollar l’once, voire à 2.600 dollars. Et cela s’explique par le fait que personne n’a intérêt à acheter de l’or à 2.700 dollars pour le revendre à perte.

Si les prix venaient à baisser, les investisseurs préféreraient conserver leur or plutôt que de le vendre à perte, ce qui maintiendrait les prix à des niveaux élevés. Contrairement à d’autres actifs comme les cryptomonnaies ou les actions, l’or conserve sa valeur intrinsèque, ce qui en fait un refuge indéfectible en période d’incertitude.

Au Maroc, la situation demeure floue

Lorsque les prix mondiaux ont franchi la barre des 2.600 dollars l’once, des tensions ont immédiatement émergé sur le marché national. Certains distributeurs, influencés par des rumeurs, avaient anticipé une hausse des prix au-delà de 1.000 DH le gramme avant la fin de l’année 2024.

Cette anticipation a provoqué une flambée des prix, dépassant les valeurs de référence du marché, ce qui a entraîné un boycott généralisé et la fermeture temporaire de nombreuses bijouteries.

Aujourd’hui, alors que les prix atteignent des sommets historiques, la réaction des bijoutiers est scrutée. Le prix de 2.730 dollars l’once correspond à plus de 950 DH le gramme. Autrement dit, le prix brut, sans inclure les chutes ou les marges liées à l’artisanat ou à la valeur ajoutée esthétique, avoisine déjà les 1.000 DH le gramme, un seuil autrefois jugé improbable.

Il est important de souligner que les prix internationaux concernent principalement l’or pur de 24 carats (une pureté de 99,9%). Au Maroc, en revanche, l’or le plus couramment échangé est de 18 carats, avec une teneur de 75% d’or, ce qui crée une différence significative dans les prix. Ainsi, sur le marché international, l’or de 18 carats est évalué à environ 2.036 dollars l’once le 24 octobre 2024, soit approximativement 650 DH le gramme.

Selon Driss El Hazzaz, président de la Fédération nationale des bijoutiers, la situation actuelle est relativement stable. « À 720 DH le gramme, les prix restent élevés, alors qu’ils devraient se situer autour de 680 DH au maximum, soit un écart de 30 DH par gramme par rapport aux cours internationaux (650 DH). Nous espérons une baisse prochaine des prix. Grâce à notre boycott, les prix ont déjà chuté de 750 à 720 DH. Nous avons repris nos activités le 23 octobre et continuons à suivre de près l’évolution du marché », conclut-il.

Mx2 Mining : une nouvelle mine d’or au Maroc ?

À peine un mois après l’annonce de la scission, Aya Gold & Silver et sa nouvelle filiale, Mx2 Mining, ont annoncé le lancement imminent, dès ce mois d’octobre, d’une nouvelle campagne d’exploration aurifère sur le prospect d’Amizmiz. Situé au sud de Marrakech, à proximité de l’ancienne mine polymétallique d’Azegour, abandonnée depuis 1971, ce site pourrait devenir une nouvelle source d’or pour le Maroc. Menée conjointement, cette campagne vise à confirmer la présence de ressources aurifères additionnelles dans ce prospect et de renforcer ainsi les chances de son développement.

Rappelons qu’en septembre dernier, la société canadienne Aya Gold & Silver a annoncé la scission de ses principaux projets aurifères au Maroc (Amizmiz) et en Mauritanie (Tijjirt) afin de créer une nouvelle compagnie dédiée exclusivement au développement de projets aurifères.

Au Maroc, la production aurifère nationale est actuellement concentrée sur la mine de Tiouit, dont les réserves sont en voie d’épuisement. Managem, principal opérateur minier national, ne dispose d’aucune production aurifère locale, mais possède plusieurs licences d’exploitation aurifère en Afrique, notamment au Soudan, en Guinée, au Sénégal et en Côte d’ivoire.

Premier objectif: mettre Mx2 Mining sur les bons rails

Pour sécuriser un bon départ, Mx2 Mining a annoncé un placement privé par l’intermédiaire de 3.12 millions d’actions ordinaires et 26.88 millions de bons de souscription pour un produit brut total d’environ 11 millions de dollars américains. À l’issue de cette opération, le capital social de Mx2 sera composé de 50 millions d’actions ordinaires, émises à 0.36 $.

Ce financement initial de Mx2 Mining a dû doubler, passant d’environ 5,5 millions de dollars américains à environ 11 millions de dollars américains (équivalent à 15 millions de dollars canadiens). Cette hausse significative est attribuable à une forte demande de la part des investisseurs. En plus d’Aya, ce soutien financier provient en grande partie des premiers investisseurs de Red Back Mining, Orca Gold et Montage Gold, trois sociétés minières canadiennes actives dans l’exploitation de l’or en Afrique de l’Ouest.

Ces opérations devraient aboutir au cours du quatrième trimestre 2024, date à laquelle chaque bon de souscription sera automatiquement converti en une action ordinaire.

Tel qu’annoncé le 12 septembre 2024, Mx2 Mining devrait aboutir à l’acquisition de 100% du projet d’Amizmiz et une option d’acquisition de 75% du projet de Tijjirt en Mauritanie contre 20 millions d’actions ordinaires pour Aya gold & Silver et un investissement de la part d’Aya d’un million de dollars canadiens équivalent à 2 millions d’actions ordinaires additionnelles. A la conclusion de cette transaction, Aya devrait être majoritaire avec 44% des parts de Mx2 Mining avec le droit de nominer deux membres au Conseil d’administration qui sera également composé de membres de Red Back Mining, Orca Gold et Montage Gold.

Les fonds issus de cette opération de placement serviront à financer les activités d’exploration, à renforcer le fonds de roulement de Mx2 et à soutenir ses activités générales. Avant la concrétisation de cette opération, Aya et Mx2 débuteront ce mois-ci une nouvelle campagne de forage d’envergure, une première depuis 2010. Ce programme initial de 2.800 mètres permettra de tester l’extension de zones aurifères déjà connues, d’explorer de nouveaux horizons afin de débloquer des ressources additionnelles pouvant atteindre environ un million d’onces avec une teneur supérieure à 10 g/t.

Les ressources aurifères dans le prospect d’Amizmiz

En 1999, un berger avait découvert une roche contenant des traces de minéralisation argentifère et aurifère, ce qui a conduit aux premières investigations dans cette zone aux alentours du douar Aït Bou-Haddou (aux environs d’Amizmiz).

Avant son acquisition par Aya, la Société d’Exploitation des Gisements Miniers (SEGM) a réalisé six galeries totalisant une longueur de 455 mètres et où les forages réalisés ont montré des intersections significatives aurifères allant jusqu’à 190 g/t.

Carte de localisation des forages historiques avec mention des forages aux teneurs aurifères les plus significatives (source : Aya Gold & Silver)

Publié dans un rapport technique, Aya Gold & Silver (anciennement Maya Gold & Silver) a réalisé en 2010 une campagne d’exploration sur le permis d’Amizmiz. Cette campagne comprenait des levées géophysiques électro-magnétiques suivies d’un programme de forage totalisant 5.895 mètres sur 31 sondages, mettant en évidence plusieurs formes de minéralisations aurifères.

A la base, les résultats du levé géophysique ont mis en évidence plusieurs anomalies, concentrées principalement dans la partie sud-ouest de la zone. Six cibles ont été sélectionnées à partir de ces anomalies pour la campagne de forage. Les analyses des carottes prélevées ont confirmé une intersection significative dans la zone Tiqlit : un intervalle de 8,0 mètres titrant 7,05 g/t en or, au sein de schistes noirs riches en sulfures.

Dans le prospect d’Amizmiz, la minéralisation aurifère identifiée se présente sous différentes formes : veines et des disséminations, stratoïdes carbonatées dans des failles…

Schématisation des structures aurifères rencontrées dans la zone AZ du prospect d’Amizmiz (rapport Maya 2010)

Basé sur un échantillonnage en tranchée, le calcul des ressources minérales inférées a démontré un total de 819,769 tonnes à 12.98 g/t d’or correspondant à 342,094 onces d’or. Le calcul de ces ressources se base sur les évidences géologiques et de l’échantillonnage et qui présente un niveau de certitude inférieur.

Des tests métallurgiques ont été également réalisés sur des échantillons prélevés dans différentes zones du prospect d’Amizmiz. Les résultats les plus prometteurs ont été obtenus pour la zone Az.

La gravimétrie, basée sur la différence de densité entre l’or et les autres minéraux, a permis d’obtenir un concentré aurifère titrant 303,9 g/t Au avec un taux de récupération de l’or de 30% dans la zone Az. Par ailleurs, les tests de flottation ont montré également une récupération importante de l’or, avec un concentré brut titrant 64 g/t Au et un taux de récupération total de 77%. Enfin, les études métallurgiques indiquent que les minéralisations des zones Az et T sont adaptées à un traitement par cyanuration, un procédé chimique permettant de séparer l’or des autres minerais.

À l’issue de cette campagne, les auteurs ont été convaincus du potentiel aurifère du prospect d’Amizmiz et ont recommandé de mener une campagne d’exploration afin de convertir les ressources minérales inférées précédemment estimées en ressources minérales indiquées (plus certaines). Le budget prévisionnel de cette nouvelle campagne était estimé à environ 1,4 million de dollars à l’époque.

Néanmoins, depuis lors, Aya n’a mené aucune autre campagne d’exploration sur ce site et s’est principalement concentrée sur le développement de la mine de Zgounder. Cette dernière connaît depuis quelques années une production en constante augmentation et qui devrait encore s’améliorer grâce à la finalisation des travaux d’extension de la mine et à la découverte de nouveaux niveaux argentifères.

En 2023, Aya Gold & Silver a enregistré des résultats financiers exceptionnels, générant des revenus d’environ 42,8 millions de dollars grâce à des ventes record de 2 millions d’onces d’argent. La production d’argent de la compagnie canadienne a également connu une croissance significative, atteignant 61,29 tonnes d’argent (soit 1 970 646 onces), soit environ la moitié de celle de la mine d’Imiter, la plus grande d’Afrique, qui a produit 140 tonnes d’argent.