Le coût du non-Maghreb : jusqu’à 3 points de croissance perdus chaque année
Le non-Maghreb est un luxe économique que la région ne peut plus supporter. A cause du dossier du Sahara, cette région est l’une des moins intégrées au monde.
Cette évidence revient au premier plan après la résolution du 31 octobre adoptée par le Conseil de sécurité et qui ouvre la voie à une possible réconciliation maroco-algérienne.
Les économies de la région supportent des manques à gagner liés à l’absence d’un véritable espace intégré. La constitution d’un bloc maghrébin réunissant le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye et la Mauritanie ouvrirait la voie à des échanges plus fluides, à des investissements mieux orientés et à des gains de productivité durables au bénéfice de l’ensemble de la région.
Dans son discours prononcé à la suite de la résolution onusienne du 31 octobre 2025 qui conforte la position du Royaume dans le dossier du Sahara marocain, le Roi a de nouveau tendu la main à l’Algérie.
Dans ce contexte, la main tendue de Rabat à Alger retrouve une rationalité économique que la littérature quantifie déjà depuis deux décennies. Le coût du non-Maghreb n’est pas d’abord tarifaire, il est frictionnel (logistique, normes, services de réseau, paiements, etc).
Le coût du non-Maghreb
Par ailleurs, selon l’étude signée Bchir, Ben Hammouda, Oulmane et Sadni Jallab, intitulée « The Cost of Non-Maghreb: Achieving the Gains from Economic Integration« , publiée en 2006 dans le Journal of Economic Integration, les gains d’une intégration régionale entre les pays du Maghreb seraient considérables, à la fois en termes de croissance économique et de productivité. Les résultats montrent que la mise en place d’une zone de libre-échange entraînerait une augmentation de la production d’environ 350 millions de dollars.
Le Grand Maghreb : un bloc régional aux opportunités immenses
Au-delà des résultats issus des études empiriques et des rapports institutionnels, il est clair qu’une intégration complète des pays du Maghreb ouvrirait la voie à des retombées économiques substantielles, compte tenu des fortes complémentarités entre leurs structures productives.
Les échanges commerciaux gagneraient en fluidité, les mouvements de capitaux et d’investissements s’intensifieraient, et rien n’interdit, à long terme, d’envisager une convergence monétaire régionale.
Contacté par Médias24, un économiste chevronné confirme bien sûr qu’une intégration maghrébine serait bénéfique pour l’ensemble des pays de la région.
-oOo-
Il est important de souligner que certaines des études mentionnées ici datent de plusieurs années, étant donné que des travaux de cette envergure nécessitent du temps, des ressources financières et l’accès à des bases de données granulaires pour leur réalisation. Toutefois, les perspectives et les résultats issus de ces recherches restent toujours pertinents et significatifs.