Le coût du non-Maghreb : jusqu’à 3 points de croissance perdus chaque année

Le non-Maghreb est un luxe économique que la région ne peut plus supporter. A cause du dossier du Sahara, cette région est l’une des moins intégrées au monde.

Cette évidence revient au premier plan après la résolution du 31 octobre adoptée par le Conseil de sécurité et qui ouvre la voie à une possible réconciliation maroco-algérienne.

Les économies de la région supportent des manques à gagner liés à l’absence d’un véritable espace intégré. La constitution d’un bloc maghrébin réunissant le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye et la Mauritanie ouvrirait la voie à des échanges plus fluides, à des investissements mieux orientés et à des gains de productivité durables au bénéfice de l’ensemble de la région.

Dans son discours prononcé à la suite de la résolution onusienne du 31 octobre 2025 qui conforte la position du Royaume dans le dossier du Sahara marocain, le Roi a de nouveau tendu la main à l’Algérie.

Dans ce contexte, la main tendue de Rabat à Alger retrouve une rationalité économique que la littérature quantifie déjà depuis deux décennies. Le coût du non-Maghreb n’est pas d’abord tarifaire, il est frictionnel (logistique, normes, services de réseau, paiements, etc).

Le coût du non-Maghreb

Les estimations institutionnelles et académiques convergent vers une pénalité de croissance annuelle liée à la non-intégration. Selon la Banque africaine de développement, le non-Maghreb engendre un manque à gagner de 1 à 3 points de croissance par an. Parallèlement, des scénarios de la Banque mondiale montrent qu’une intégration « profonde », adossée à des réformes des services et du climat d’investissement, peut se traduire par un gain de niveau de PIB supérieur à 30% à l’horizon de dix ans.

Le Maghreb reste l’une des régions les moins intégrées au monde, avec un commerce intrarégional inférieur à 5% des échanges totaux selon le Département Afrique du FMI, très en-deçà des blocs comparables. Cette sous-intégration ne vient pas d’un défaut de taille de marché mais d’un empilement de coûts à la frontière et derrière la frontière.

Selon la série de scénarios de la Banque mondiale conduite par Paloma Anós Casero et Ganesh Seshan, calibrée sur la période 2005-2015, l’approfondissement des échanges avec l’Union européenne élève le PIB réel par habitant d’environ 15% en Algérie, 16% au Maroc et 14% en Tunisie par rapport au statu quo. L’ajout d’une libéralisation complète des services et d’une amélioration du climat d’investissement porte les gains à 34% en Algérie, 27% au Maroc et 24% en Tunisie.

Le scénario combiné d’un bloc Maghreb arrimé à l’Union européenne avec réformes des services et du climat d’investissement atteint des gains PIB réel par habitant d’environ 57% en Algérie, 51% au Maroc et 38% en Tunisie par rapport au scénario de référence. La non-intégration prive ainsi les pays d’un gain potentiel important en termes de PIB.

Par ailleurs, selon l’étude signée Bchir, Ben Hammouda, Oulmane et Sadni Jallab, intitulée « The Cost of Non-Maghreb: Achieving the Gains from Economic Integration« , publiée en 2006 dans le Journal of Economic Integration, les gains d’une intégration régionale entre les pays du Maghreb seraient considérables, à la fois en termes de croissance économique et de productivité. Les résultats montrent que la mise en place d’une zone de libre-échange entraînerait une augmentation de la production d’environ 350 millions de dollars.

Le Grand Maghreb : un bloc régional aux opportunités immenses

Au-delà des résultats issus des études empiriques et des rapports institutionnels, il est clair qu’une intégration complète des pays du Maghreb ouvrirait la voie à des retombées économiques substantielles, compte tenu des fortes complémentarités entre leurs structures productives.

Les échanges commerciaux gagneraient en fluidité, les mouvements de capitaux et d’investissements s’intensifieraient, et rien n’interdit, à long terme, d’envisager une convergence monétaire régionale.

Contacté par Médias24, un économiste chevronné confirme bien sûr qu’une intégration maghrébine serait bénéfique pour l’ensemble des pays de la région.

« Au-delà du gaz et du pétrole algériens qui ne sont pas d’un intérêt stratégique central comme c’est souvent considéré par le pays fournisseur, l’intérêt économique du rapprochement repose sur la complémentarité structurelle des pays du Maghreb. L’Algérie et la Libye disposent d’un pouvoir d’achat et d’une demande potentielle supérieurs, capables d’absorber des biens et services marchands, tandis que le Maroc offre des capacités d’offre potentielles compétitives prêtes à servir cette demande à l’export ou localement en y investissant », explique-t-il.

« Le Maroc est positionné pour capter les flux touristiques régionaux, à condition d’assouplir les frictions de mobilité et de paiements, car le multiplicateur du tourisme sur l’emploi et les devises est immédiat. Les entreprises marocaines d’ingénierie et de construction peuvent livrer des infrastructures dans la région à coût compétitif. Les services financiers marocains peuvent devenir un moteur d’intégration. La base de marché agrégée devient plus large et l’attractivité de l’IDE s’améliore pour l’ensemble, avec un effet d’entraînement qui part des plateformes logistiques et industrielles marocaines et s’étend à la région », poursuit notre source.

La réduction des dépenses militaires aurait aussi un impact significatif sur l’affectation optimale des ressources.

« Les atouts sont nombreux et le potentiel élevé. Une désescalade budgétaire progressive sur les dépenses militaires créerait de l’épargne et des marges de manœuvre fiscales réorientables vers des investissements plus productifs et à meilleur rendement en faveur d’une intégration économique régionale bénéfique pour tous », conclut-il.

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Il est important de souligner que certaines des études mentionnées ici datent de plusieurs années, étant donné que des travaux de cette envergure nécessitent du temps, des ressources financières et l’accès à des bases de données granulaires pour leur réalisation. Toutefois, les perspectives et les résultats issus de ces recherches restent toujours pertinents et significatifs.

Doray, la marque espagnole de miel, installe une usine au Maroc

Doray, dont 80% des ventes proviennent des marchés internationaux, a débuté son aventure au Maroc au début des années 1990. Aujourd’hui, le pays représente déjà 30% de son chiffre d’affaires, au même niveau que les États-Unis, selon le journal El Correo.

L’implantation d’une nouvelle unité de production au Maroc permettra non seulement de renforcer sa position sur ce marché clé, mais aussi d’accéder plus facilement à d’autres destinations comme l’Arabie saoudite et l’Égypte, grâce à des accords bilatéraux plus favorables qu’en Europe, rapporte la même source.

Basée à Espartinas, en Andalousie, Doray continue également d’investir dans la promotion du miel andalou et espagnol à travers sa marque propre. Longtemps tournée vers la production pour des marques blanches, l’entreprise met désormais l’accent sur le développement de produits innovants adaptés aux tendances de consommation actuelles. Parmi ses nouvelles références, on retrouve des sauces et toppings à base de miel, associés à des ingrédients comme le piment, la truffe noire ou le wasabi.

Avec l’ouverture de son usine marocaine, Doray prévoit d’augmenter ses effectifs locaux pour atteindre un niveau similaire à celui de son site en Espagne, qui emploie actuellement plus de 30 personnes. Cette expansion confirme la place stratégique du Maroc dans le développement industriel et commercial de la marque à l’échelle mondiale.

L’Algérie instaure le visa pour les Marocains

Selon un communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères et de la communauté nationale à l’étranger, relayé par les médias locaux, cette décision a été prise avec effet immédiat et concerne tous les ressortissants étrangers détenteurs d’un passeport marocain.

Il y a près d’un mois, une campagne contre le Maroc, les Marocains et leurs institutions avait été lancée sur les réseaux sociaux et relayée par les médias algériens pro-régime. Cette campagne appelait à imposer le visa aux Marocains, mais surtout à expulser ceux d’entre eux qui résident en Algérie.

L’annonce de ce jeudi 26 septembre serait-elle une simple coïncidence? L’historique de ces derniers années et mois montre que ce n’est nullement le cas. A chaque fois que le Maroc remporte une victoire diplomatique, l’Algérie répond de manière hystérique. Et justement, ce jeudi, le Danemark a apporté son soutien au plan d’autonomie proposé par le Maroc. Une annonce en plus qui a été faite dans les arcanes de l’ONU. Alger va-t-elle rappeler son ambassadeur à Copenhague?!

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La Banque mondiale nomme un nouveau directeur pays pour le Maghreb et Malte

Ahmadou Moustapha Ndiaye dirigera les engagements de la Banque mondiale avec les gouvernements algérien, libyen, maltais, marocain et tunisien, ainsi qu’avec les partenaires de développement et d’autres parties prenantes, sur des initiatives alignées avec les priorités de ces pays et la vision de la Banque mondiale, indique un communiqué de la Banque mondiale.

Il dirigera notamment les partenariats stratégiques de la Banque mondiale au Maghreb et à Malte, et supervisera un portefeuille de financements de 11,5 milliards de dollars, selon la même source.

Ahmadou Moustapha Ndiaye compte plus de 25 ans d’expérience dans le domaine du développement, et a exercé en Afrique, en Amérique latine, en Europe de l’Est et en Asie centrale. Avant d’occuper son poste actuel, il était directeur de la stratégie et des opérations de la Banque mondiale pour la finance équitable et la croissance inclusive.

Le directeur régional de Philip Morris explique les ambitions de l’Iqos Iluma au Maroc

Philip Morris International s’engage à « construire un avenir sans fumée », promet l’entreprise. Dans le cadre de cette réorientation internationale, l’entreprise mise désormais sur des alternatives qu’elles assurent être « moins nocives que les cigarettes conventionnelles ».

L’alternative proposée par Philip Morris consiste en des produits sans combustion basés sur du tabac à chauffer par le biais d’un appareil électronique sans fumée baptisé « IQOS ».

Deux ans après l’introduction de l’Iqos au Maroc, la firme américaine lance, pour la première fois au Maroc et dans tout le Maghreb, une nouvelle génération: « la technologie de tabac chauffé la plus avancée, l’Iqos Iluma », nous déclare Taylan Süer.

La série Iluma propose trois appareils à différents niveaux de prix pour répondre aux besoins des fumeurs adultes et des utilisateurs au Maroc : Iqos Iluma Prime (à 1.200 dirhams), Iqos Iluma (à 800 dirhams) et Iqos Iluma One ( à 400 dirhams).

Ces appareils utilisent la nouvelle technologie de chauffage par induction et se déclinent dans différents designs pour permettre aux utilisateurs adultes de choisir celui qui leur correspond le mieux.

 

Médias24 :  Quelle est la différence entre Iluma et la version précédente ?

Taylan Süer : L’Iqos a été lancé il y a deux ans au Maroc, et le nouveau Iqos Iluma représente la technologie de tabac chauffé la plus avancée, ne nécessitant aucun nettoyage, pour répondre aux attentes des consommateurs. Il offre une expérience et un goût supérieurs, du début à la fin, par rapport à la version précédente. Les deux versions, ancienne et nouvelle, réduisent les risques en moyenne de 95% par rapport à la cigarette conventionnelle.

– L’Iqos n’est actuellement disponible qu’à Casablanca, Rabat et Marrakech. Avez-vous un plan d’expansion ? Comptez-vous créer de nouveaux points de vente dans d’autres villes du pays ?

– Effectivement, nos points de vente d’Iqos sont actuellement établis à Casablanca, Rabat et Marrakech, avec nos produits disponibles également sur des plateformes de commerce électronique.

Notre ambition est d’élargir notre présence au Maroc. Cette expansion sera guidée par l’évolution de la demande pour les produits de tabac chauffé sur le marché marocain. Notre objectif à moyen et long terme est de garantir une couverture nationale complète.

– Envisagez-vous d’introduire de nouveaux produits sur le marché marocain ?

– Actuellement, notre stratégie commerciale est centrée sur l’Iqos Iluma, notre technologie de tabac chauffé la plus avancée. Cependant, étant donné que les consommateurs ont des besoins et des préférences variés en termes de rituels, de saveurs et d’expériences sensorielles, nous avons l’intention d’introduire de nouveaux types et catégories de produits pour répondre à l’évolution des attentes des consommateurs.

– Pouvez-vous nous donner une estimation du nombre de personnes utilisant la version précédente d’Iqos au Maroc ?

– Je ne suis pas en mesure de fournir ces informations car elles ne sont pas destinées au public. Notre effort actuel vise à renforcer la présence de nos produits de tabac chauffé au Maroc, avec pour objectif d’informer et de sensibiliser chaque fumeur adulte sur les alternatives sans fumée et à risque réduit en comparaison avec la cigarette conventionnelle.

À l’échelle mondiale, 19,7 millions de fumeurs adultes sont passés à l’Iqos et l’utilisent exclusivement. Notre objectif au Maroc est d’atteindre les 5,5 millions de fumeurs adultes et les convaincre de faire le choix de cette transition.

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