Les magistrats du ministère public en chiffres

Le Maroc compte 4.190 magistrats, dont 1.087 sont des femmes. Une partie d’entre eux sont des magistrats du parquet (26%). Voici les informations les concernant, selon le rapport de la présidence du ministère public de 2023.

Sur 1.087 magistrats du parquet, 82% sont des hommes. L’on remarque une sous-représentation des femmes dans la magistrature en général, et plus particulièrement au niveau des parquets.

Concernant le niveau d’études des magistrats du parquet, seuls 8% détiennent un doctorat, tandis que 45% ont un diplôme d’études supérieures ou un master et 46% détiennent au moins une licence.

Selon le même rapport, les magistrats du ministère public sont répartis en différentes tranches d’âge :

• Les 30-39 ans représentent une part importante, avec 34,23% des effectifs ;

• Les 40-49 ans constituent environ 27,97% des magistrats ;

• Les plus de 60 ans sont minoritaires, avec seulement 4,6%.

Il convient de noter que les magistrats du ministère public sont affectés aux différentes juridictions du pays. La majorité (63%) travaillent dans les tribunaux de première instance, tandis que 23% (251) sont dans les cours d’appel, 4,6% (50) sont à la Cour de cassation et que 6% sont détachées en dehors des tribunaux.

Cour de cassation : les arrêts audacieux de 2024

Si la Cour de cassation est le sanctuaire de la jurisprudence, ses juges sont les gardiens du temple. Mais si, parfois, on reproche à cette juridiction son orthodoxie sur des sujets sensibles (exemple de la Moudawana), les faits lui reconnaissent aussi des arrêts audacieux ou, tout au moins, utiles à l’unification de la pratique judiciaire. C’est un levier essentiel à la sécurité juridique.

En 2024, la plus haute juridiction du Royaume a rendu plus de 52.000 décisions, soit 109% des affaires enregistrées. L’année a été prolifique en termes de chiffres, et la qualité des arrêts n’a pas été en reste. Voici quelques exemples des plus marquants.

Le logement social attribué au père appartient à la famille

« Le logement attribué au chef de famille à son seul nom dans le cadre des programmes de soutien social est un logement attribué à la famille dans son ensemble tant qu’il est fourni gratuitement ou à un prix réduit, même si c’est le mari qui l’a payé seul », avait statué la plus haute juridiction du Royaume.

« En effet, l’objectif de l’attribution de ce logement est de lutter contre la précarité et d’améliorer les conditions des familles nécessiteuses. Ainsi, la séparation du couple ne prive pas la femme divorcée du logement sous prétexte qu’il est inscrit au nom de son mari, car l’intérêt réside dans le bien-être de la famille dans son ensemble ».

(Arrêt n° 252-7 du 2 avril 2024 dans le dossier immobilier n° 6525/7/4/2022)

Biens entre les conjoints : le contrat de mariage est la loi des époux

« La femme a droit à la moitié du prix de l’immobilier enregistré au nom exclusif de son mari tant que les époux avaient convenu, lors de la conclusion de leur contrat de mariage, de partager également tous les biens acquis après leur union.

« Le tribunal n’avait pas besoin d’examiner la contribution de la femme à l’argent revendiqué, ni de savoir lequel des époux a acquis le bien avec ses fonds propres, car l’accord écrit sur la communauté des biens dispense d’une telle investigation ».

(Arrêt de la chambre des affaires familiales n° 158/1 du 10/09/2023 dans le dossier n° 1102/2/1/2023)

Les honoraires d’avocat et le délai de contestation

« Le compte présenté par l’avocat dans le cadre d’une action en fixation des honoraires constitue un résumé des transactions financières effectuées pendant toute la période de représentation de l’avocat pour son client et un moyen de prouver les dépenses engagées.

« Le droit de recours, qui est prévu par le législateur en cas de non-contestation dans le délai légal conformément au deuxième alinéa de l’article 51 de la loi régissant la profession d’avocat, reste limité aux dépenses et ne s’applique qu’à celles-ci ».

(Arrêt n° 464/1 du 28/05/2024 rendu par la première chambre civile et la première chambre administrative réunies)

Difficultés d’entreprise et honoraires d’avocat

« Les honoraires de l’avocat à l’encontre de l’entreprise soumise à la procédure de liquidation judiciaire, comme toutes les autres créances de ladite entreprise, doivent faire l’objet d’une distinction entre les créances nées avant la décision d’ouverture de la procédure de liquidation qui doivent être déclarées au syndic sous peine de forclusion, lorsque les conditions de celle-ci sont remplies conformément à l’article 686 et suivants du Code de commerce, et les créances nées après cette décision, qui sont couvertes par celle-ci.

« Le critère de distinction entre les deux situations est déterminé par la date de naissance de la créance et non par la date de son exigibilité ».

(Arrêt de la chambre civile n° 901/1 du 19/12/2023 dans le dossier civil n° 4196-1-1-2023)

Dépassement répété du plafond de crédit

« Le fait de dépasser de manière répétée et continue le plafond de crédit prévu par le contrat d’ouverture de crédit accordé par la banque à son client, par le biais du paiement par la banque des dettes du client avec des montants supérieurs à celui défini dans ledit contrat, constitue une modification de ce dernier, conférant ainsi au client le droit de bénéficier de la couverture de ses dettes jusqu’à ce nouveau plafond ».

(Arrêt de la chambre commerciale n° 517/3 du 10/09/2024 dans le dossier n° 657/3/3/2024)

Concours financiers abusifs : quand est-ce que la banque devient responsable ?

« Le fait pour l’établissement bancaire d’augmenter excessivement le crédit qu’il accorde à son client ne constitue une faute engageant sa responsabilité que s’il est prouvé qu’il avait connaissance de la situation financière désastreuse du client, irrémédiable, et qu’il a néanmoins relevé le plafond du crédit ».

(Arrêt de la chambre commerciale n° 299/3 du 23/04/2024 dans le dossier n° 962/3/3/2023)

Victimes d’attentats terroristes : l’indemnisation est fondée sur la solidarité et non la responsabilité de l’État

« L’État n’est pas responsable de garantir la sécurité de toute personne lésée sur son territoire de manière absolue, sauf s’il est prouvé qu’il a commis une faute grave.

« L’indemnisation des victimes d’attentats terroristes se fait dans le cadre des principes de justice et d’équité, fondés sur des exigences humanitaires et la solidarité nationale, tel qu’énoncé par le dahir n° 178-03-1 du 11 septembre 2003, qui prévoit une allocation financière pour les ayants droit des victimes des attentats terroristes survenus à Casablanca le 16 mai 2003″.

(Arrêt de la chambre administrative n° 732/3 du 23/03/2024 dans le dossier n° 6023/4/3/2024)

Congé maladie : validité des certificats médicaux envoyés à l’employeur via WhatsApp

« L’absence de l’employée pendant six jours, durant lesquels elle a subi une opération chirurgicale pour l’ablation d’une tumeur cérébrale, suivie de deux certificats médicaux d’une durée totale de 34 jours, qu’elle a envoyés à l’employeur via l’application WhatsApp, utilisée habituellement par l’entreprise pour les communications.

« Le responsable dans l’entreprise a bien reçu ces documents, ce qui indique que l’employeur était informé de l’absence qu’il n’a pas contestée. Ainsi, l’affirmation de l’employeur selon laquelle l’employée aurait quitté son poste de manière automatique et sans préavis est mal fondée et prive la décision d’appel de fondement, ce qui rend cette décision susceptible de cassation ».

(Arrêt de la chambre sociale n° 46/1 du 23/01/2024 dans le dossier n° 237/5/1/2023)

Un auto-entrepreneur n’est pas un salarié

La même chambre a jugé que « le contrat conclu avec un auto-entrepreneur n’est pas un contrat de travail en raison de l’absence d’un lien de subordination entre le propriétaire de l’entreprise et l’auto-entrepreneur ».

(Arrêt de la chambre sociale n° 887/1 du 29/10/2024 dans le dossier social n° 2995/5/1/2024)

Le contrat ANAPEC n’est pas un contrat de travail

« Le contrat de formation professionnelle conclu entre l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences, l’entreprise et les demandeurs d’emploi n’est pas un contrat de travail, car son objectif, pour l’employeur, conformément à la loi n° 1-93-16 du 23 mars 1993, est de développer les ressources humaines de l’entreprise et d’améliorer son encadrement à travers le recrutement et l’intégration des titulaires de diplômes.

« Quant aux demandeurs d’emploi, l’objectif est d’améliorer leur employabilité pour la première fois en acquérant de nouvelles qualifications professionnelles et une première expérience en entreprise qui les aidera à s’intégrer dans la vie professionnelle ».

(Arrêt de la chambre sociale n° 366/1 du 16 avril 2024 dans le dossier social n° 2036/5/1/2023)

Attentat à la pudeur : la matérialisation de l’infraction

« Le crime d’attentat à la pudeur prévu par l’article 485 du Code pénal est constitué dès qu’il y a atteinte à l’intégrité du corps de la victime sans son consentement, indépendamment de la pratique d’un acte sexuel ou de la tentative de celui-ci, même si l’auteur est sexuellement impotent, étant donné que l’attentat à la pudeur peut être commis par tous les moyens, même si l’acte sexuel n’a pas été réalisé sur la victime par l’auteur ».

(Arrêt de la chambre criminelle n° 805/11 du 19/09/2024 dans le dossier n° 26107/6/11/2024)

Gouvernement : l’ordre du jour du dernier conseil pour 2024

Au début de ses travaux, le Conseil examinera quatre projets de décret. Le premier fixe la liste des congés exceptionnels dont bénéficient les magistrats et la liste des maladies leur accordant des congés de maladie de moyenne et longue durées.

Le deuxième projet de décret fixe les conditions d’attribution d’une indemnité aux fonctionnaires chargés de l’encadrement et de l’animation de stages de formation continue et de perfectionnement organisés au profit des cadres relevant du ministère de l’Education nationale, poursuit le document.

Le troisième projet de décret fixe le salaire minimum légal dans les activités agricoles et non agricoles, alors que le quatrième texte modifie et complète le projet relatif à l’application de la Taxe sur la valeur ajoutée.

Par la suite, le Conseil examinera une convention entre le Royaume du Maroc et la République du Tchad sur la non double imposition fiscale et la prévention de l’évasion fiscale en matière d’impôt sur le revenu, signée à Dakhla le 14 août 2024.

Le Conseil examinera, par ailleurs, la convention sur la sécurité sociale entre le Royaume du Maroc et la République de Corée, signée le 02 juin 2024, ainsi que deux projets de loi portant approbation de ladite convention.

Le Conseil de gouvernement achèvera ses travaux par l’examen de propositions de nomination à des fonctions supérieures, conformément aux dispositions de l’article 92 de la Constitution, avant de tenir une réunion spéciale consacrée à l’examen de certaines propositions de loi, conclut le communiqué.

Conseil supérieur du pouvoir judiciaire : l’année 2023 en chiffres (Rapport)

Le rapport annuel du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) pour 2023, publié au Bulletin officiel le 13 décembre, révèle des avancées significatives dans le fonctionnement des tribunaux du Royaume, tout en rappelant la présence de défis majeurs.

Une augmentation des affaires en 2023

Les chiffres témoignent d’une augmentation notable des affaires traitées dans les tribunaux du Royaume. En comparaison avec les années 2021 et 2022, les affaires enregistrées ont connu une nouvelle augmentation. Selon le rapport annuel 2023 du CSPJ, le nombre d’affaires recensées dans les tribunaux est passé de plus de 3,8 millions en 2021 à plus de 4,4 millions en 2022, pour atteindre plus de 4.66 millions en 2023, soit une augmentation de plus de 22% par rapport à 2021 et une progression de 5,6% par rapport à 2022.

Cela dit, il convient de noter que cette augmentation des affaires enregistrées a été suivie d’une hausse des affaires traitées, qui sont passées de plus de 3,8 millions d’affaires en 2021 à près de 4,4 millions affaires en 2022. En 2023, l’on comptait 4,7 millions d’affaires, soit un bond de 7% par rapport à l’année précédente.

Ces résultats ont conduit à une proportion des affaires traitées dépassant 100% des affaires enregistrées, avec une part des affaires en cours qui a atteint, pour la première fois, 86,6%. Selon le CSPJ, ces chiffres illustrent les efforts considérables des magistrats et des équipes judiciaires du Royaume, ainsi que des fonctionnaires de l’administration judiciaire qui assurent la bonne gestion des affaires et leur traitement rapide.

La vie des juges 

Le rapport annuel 2023 du CSPJ s’intéresse également à ces magistrats. Outre l’évaluation de leur productivité, le rapport s’arrête sur leurs nominations, promotions et mouvements pour l’année 2023.

En matière de nominations, le rapport indique que 76 nouveaux juges ont rejoint les tribunaux, répartis entre la justice commerciale, administrative et familiale. Sachant que, outre ces nouveaux arrivants, 42 magistrats ont été nommés dans les tribunaux de première instance commerciale, 30 ont été affectés aux tribunaux de première instance et aux centres judiciaires, 37 juges ont été désignés comme substituts des procureurs du Roi et 92 juges ont été affectés aux sections de la justice familiale.

De plus, le rapport annuel du CSPJ indique que 1.112 juges ont été désignés pour des missions judiciaires particulières telles que la justice pour mineurs, l’instruction, l’application des peines, la justice familiale et la documentation notariale.

Concernant les nominations aux postes de responsabilité judiciaire, ledit rapport précise que 44 responsables judiciaires ont été nommés en 2023, dont :

“Sur une période de trois ans, cela porte à 247 le total des changements dans les postes de responsabilité judiciaire, dont 45% sont nommés à des postes de responsabilité pour la première fois”, indique ledit rapport.

Dans le même document, il est indiqué que 450 juges ont été transférés dans le cadre du mouvement des magistrats, avec 53% de ces transferts répondant à des demandes personnelles, tandis que 584 juges ont été promus en 2023.

En parallèle, 98 juges ont été mis à la retraite en 2023, sachant que 279 juges ont bénéficié d’une prolongation de l’âge de départ à la retraite.

“Ces chiffres montrent les efforts du Conseil pour renforcer les effectifs judiciaires et garantir un équilibre entre renouvellement et continuité au sein du corps judiciaire”, lit-on dans le rapport.

Les performances des magistrats

Les statistiques publiées dans ledit rapport montrent également une productivité accrue des juges, avec des taux individuels de décisions comme suit :

“Ces résultats témoignent des efforts déployés pour renforcer l’efficacité des procédures judiciaires et assurer une meilleure qualité des décisions émises”, estime le CSPJ dans son rapport.

Un autre point marquant du rapport est la réduction des délais nécessaires pour traiter les affaires. Selon les chiffres publiés, au niveau des tribunaux de première instance ordinaires, la durée moyenne est passée de 66 jours en 2021 à 59 jours en 2022, puis à 47 jours en 2023.

Dans les tribunaux d’appel ordinaires, elle est passée de 42 jours en 2021 à 40 jours en 2022, puis à 37 jours en 2023, tandis qu’au niveau des tribunaux administratifs, elle est passée de 196 jours en 2021 à 176 jours en 2022, puis à 66 jours en 2023.

Malgré ces chiffres qui dévoilent une évolution positive, le CSPJ rappelle qu’il existe des défis persistants. Il s’agit notamment des affaires en suspens, c’est-à-dire le volume des affaires non jugées, ou les affaires restantes sans décision à la fin de l’année.

Bien qu’une diminution des affaires en suspens ait été observée en 2023, leur volume reste considérable, dépassant 713.000 affaires. Cela nécessite des efforts supplémentaires et une coopération renforcée entre toutes les parties impliquées.

Le CSPJ propose de mettre en place certaines mesures “nécessaires pour réduire ce volume”. Il s’agit de :

Un nouveau grade « supérieur » pour les magistrats des juridictions financières

Le Conseil de gouvernement a adopté, jeudi 28 novembre, le projet de loi n°55.24 modifiant et complétant la loi n°62.99 formant code des juridictions financières.

Présenté par le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, ce projet s’inscrit dans le cadre de l’harmonisation des dispositions de la loi n°62.99 susmentionnée avec les nouveautés introduites par la loi organique n°14.22 modifiant et complétant la loi organique n°106.13 portant statut des magistrats.

En effet, le statut des magistrats des juridictions financières est similaire à celui des magistrats, notamment en ce qui concerne les grades, les échelons et les indices.

Ce projet de loi a pour objectif de compléter les dispositions des articles 165 et 192 de la loi n°62.99, en introduisant un nouveau grade, après le grade exceptionnel, dénommé « grade supérieur ».

Cette mesure, prend effet au 23 mars 2023, date d’entrée en vigueur des dispositions applicables à leurs homologues soumis au statut des magistrats, et ce en vertu de la loi organique n°14.22 précitée.

Magistrats, avocats et fonctionnaires… Ce que prévoit le ministère de la Justice en matière de formation et de recrutement

Alors que le projet de loi sur la profession d’avocat est très attendu par les robes noires, le ministre a indiqué que celui-ci est toujours entre les mains du Secrétariat général du gouvernement.

Bien que le texte fasse l’objet de désaccords entre le ministre et une partie de la profession, Abdellatif Ouahbi en a indiqué les principaux contours ; en tout cas, en ce qui concerne le volet de la formation prévue pour la profession d’avocat.

À partir de 1:45:23

« L’institut a été bâti. Il est prêt », a indiqué le ministre lors de son passage au Parlement ce lundi 23 octobre, faisant référence à l’institut Technopolis.

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150 à 200 avocats par an

« Le projet de loi est entre les mains du Secrétariat général du gouvernement et viendra au Parlement. On y a prévu une formation de trois ans. Un concours d’accès, puis une année à l’issue de laquelle il faudra passer un examen avant de faire un stage. Ensuite, il faudra revenir à l’institut, effectuer une formation dans les institutions publiques, puis revenir à l’institut et passer un examen final pour devenir enfin avocat », explique-t-il concernant le parcours de formation.

Chaque année, « il y aura environ 150 à 200 nouveaux avocats, pas plus », affirme le ministre, conscient des attentes de la profession à cet égard. Pour rappel, le nombre d’admis à la profession a souvent fait réagir parmi les avocats, surtout récemment, puisque le ton est monté entre les représentants associatifs et le ministre.

Celui-ci précise également que l’avocat en herbe « devra parler plusieurs langues » et « aura la possibilité de se spécialiser, par exemple, en droit fiscal ou en droit du sport. Il devra alors passer une année supplémentaire dans l’institut pour se former dans le domaine (de son choix, ndlr) ».

Bientôt 600 traducteurs et 600 huissiers de justice

Concernant les autres professions de la sphère judiciaire, le ministre a précisé que son département se pose la question de savoir s’il faut recruter des juristes ou des informaticiens.

« Un fonctionnaire peut traiter 100 dossiers, mais un programme (informatique, ndlr) peut en traiter 2.000. Faut-il recruter les diplômés des facultés de droit ou des informaticiens ? », interroge-t-il.

« Il y a deux mois, nous avons recruté 180 ingénieurs en informatique. Dans une semaine, nous allons annoncer un programme pour recruter 180 techniciens en informatique », poursuit le ministre avant de s’arrêter sur la situation des magistrats.

« Cette année est la dernière durant laquelle je porte la responsabilité de la formation des magistrats. Nous en avons recruté 800. La dernière promotion est en cours de formation », a-t-il précisé avant d’annoncer que son département prévoit de recruter 600 traducteurs et 600 huissiers de justice au niveau national.

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Les indemnités accordées aux magistrats de grade exceptionnel fixées

Présenté par le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, ce projet de décret s’assigne pour objectif de « mettre en place le cadre réglementaire relatif au grade exceptionnel qui a été créé au profit des magistrats, conformément à l’article 6 de la loi organique n°106.13, en fixant les échelons et les matricules des magistrats de grade exceptionnel ainsi que l’échelonnement indiciaire de ce grade ».

Ce texte fixe également les indemnités et avantages accordés aux magistrats de grade exceptionnel, y compris les indemnités journalières pour les déplacements et le séjour pour l’exercice de missions en dehors du lieu de travail à l’intérieur ou à l’extérieur du Royaume, ainsi que la liste des postes permettant aux juges de bénéficier d’une indemnité pour les fonctions de supervision, conformément aux dispositions de la loi n°38.15 relative à l’organisation judiciaire.

30 nouveaux magistrats au sein des juridictions financières

Il s’agit de 16 présidents de sections au niveau de la Cour des comptes et de 14 présidents de sections au sein des Cours régionales des comptes, précise un communiqué de la Cour des comptes.

La liste des nominations se caractérise par la désignation de 27 magistrats à des postes de responsabilité pour la première fois, soit 90% de ces nominations. Elle comprend, en outre, 6 femmes magistrates, soit 20% des responsables nommés, et 16 magistrats ne dépassant pas l’âge de 45 ans, soit une proportion de 53% des nouveaux responsables.

Justice numérique : recommandations et observations du Club des magistrats

Compte tenu de l’état d’urgence sanitaire et des mesures restrictives y afférent, la mise en place du tribunal numérique a commencé à se concrétiser à travers la tenue de procès à distance. Une expérience qui n’a pas ravi tous les concernés. En fait, l’apparition des procès à distance s’est imposée par la force des choses, l’état d’urgence sanitaire et la nécessité de réduire au maximum les déplacements, dont celles des détenus. Le ministère de tutelle a élaboré un avant-projet au champ beaucoup plus large que ma visioconférence, au sujet d’un fonctionnement totalement numérisé de la Justice ou presque.

Le club des magistrats du Maroc a publié un mémorandum analysant le texte et prenant position. Il explique ses premières impressions et propose quelques aménagements, relatifs audit texte. Grosso modo, il adopte une attitude positive à l’égard du texte et de ses objectifs.

Les magistrats, concernés par cette décision législative, souhaitent que cette dernière soit au service de la justice, et qu’elle favorise la célérité des procédures ainsi que leur efficacité, tout en allégeant la pression de travail sur le personnel des tribunaux.

Ils déplorent donc l’omission du rôle des procureurs dans le travail judiciaire. « Le projet de loi ne s’est pas penché sur le travail accompli par le ministère public, allant du dépôt de plainte à la prise des décisions », lit-on dans le mémorandum. Pourtant, ce texte favorise l’échange des données entre les différentes institutions qui collaborent étroitement et continuellement avec les procureurs.

Quelques-unes des remarques formulées par le club des magistrats, sont d’ordre général. Elles touchent à la formulation du texte, ainsi qu’à la terminologie utilisée. Les magistrats proposent des alternatives aux termes qu’ils jugent inadéquats.

Les autres observations portent sur les dispositions ajoutées et celles annulées à travers ce projet de loi. En effet, le club des magistrats précise que « le projet de loi ne semble concerner que les procédures judiciaires. Or à la lecture de celui-ci, il s’avère apporter quelques aménagements, relatifs à d’autres textes qui n’ont pas de rapport avec les procès à distance ».

Par ailleurs, les magistrats rappellent que le fait de présenter ce projet de loi, séparément des autres textes nécessaires à la tenue du procès à distance et ses procédures, peut engendrer un problème de coordination.

« Nous faisons référence à la loi sur l’organisation judiciaire ainsi que les deux codes de procédures civile et pénale. C’est pour cela que le club a insisté à maintes reprises, sur l’importance d’étudier ces lois ensemble et en même temps. Le club alerte sur cet éventuel problème, et laisse les personnes en charge le soin de le dépasser ».

Procédures civile pénale: certains articles à compléter, d’autres à remplacer.

Pour les magistrats, certains articles du projet de loi, relatifs aux procédures civile et pénale devraient être améliorés, d’autres substitués.

Pour les premiers, il s’agit par exemple, de l’article 31, qui annule le rôle du Président du tribunal dans la désignation du juge rapporteur ou du juge chargé de l’affaire.

Le club des magistrats est favorable à « la désignation d’un juge rapporteur ou un juge chargé de l’affaire par moyen électronique/par défaut » et propose de « la soumettre à la supervision de l’administration judiciaire (les présidents de tribunaux) ». Ces derniers pourront « confirmer la désignation par défaut, et n’auront pas le droit de la modifier », sauf dans les cas ou la modification du juge rapporteur est possible (en cas de congé de maladie, arrêt de travail, ou pour cause d’empêchements légaux etc.).

De plus, les magistrats proposent que les convocations, dont les destinataires résident à l’étranger, soient transmises par voie électronique uniquement et ce, en totale coordination avec le ministère des affaires étrangères. Le but est d’économiser du temps et de l’argent.

La transformation numérique nécessite un accompagnement

Les magistrats rappellent la nécessité de garantir, à travers cette transformation numérique, une justice équitable, tant dans les affaires civiles que pénales.

De plus, cette nouveauté ne devrait pas constituer une difficulté pour le personnel des tribunaux. Pour alléger leur travail, les magistrats proposent de créer un programme ou une application qui présente les résumés des articles et mémorandums ainsi que les retours reçus vis-à-vis de ces derniers.

La numérisation du tribunal devrait permettre aux magistrats de pratiquer leurs missions à distance. Cela implique de consulter les affaires, convoquer les parties ou toute autre mesure relative à la gestion de l’affaire et qui serait nécessaire avant la tenue de l’audience. Les magistrats demandent également à accéder, à travers des comptes professionnels et sécurisés, à toutes les décisions judiciaires.

Pour les juges, l’Etat a la responsabilité de veiller à ce que toutes les juridictions du Royaume soient équipées par les moyens électroniques nécessaires. Et pour mieux gérer ces derniers, il faut non seulement garantir le matériel adéquat mais aussi recruter des ingénieurs et techniciens pour aider les Présidents des tribunaux, les magistrats et le personnel, en cas de besoin.  

Par ailleurs, les magistrats précisent qu’il ne s’agit que de leurs premières remarques, compte tenu des circonstances actuelles et du temps qui presse. Cela laisse entendre que le club des magistrats du Maroc pourrait ajouter d’autres observations, par la suite.

Managem. Bénéfices en hausse de 49%

Malgré la conjoncture internationale maintenant les cours des métaux en deçà de leur niveau d’il y a 4 ans, Managem a réalisé des progressions substantielles de ses ventes et revenus. La hausse de la production qui a rapporté en 2013 quelque 600 millions de DH de plus au chiffre d’affaires consolidé, a permis de compenser la baisse des cours. “Une baisse qui reste à des niveaux maîtrisables” selon Abdelaziz Abarro, directeur général de la holding minière.

Ainsi, le chiffre d’affaires consolidé de Managem a progressé de 7% atteignant 3,7 milliards de dirhams.

L’Or provenant de la filiale gabonaise de Managem, REG, y a contribué à hauteur de 18%. Quant à l’Argent d’Imider, exploité par la SMI (Société métallurgique d’Imiter), il représente le plus grand apport au chiffre d’affaires, avec 29% des ventes.

Avec 194 tonnes extraites de la mine d’argent d’Imider (à l’est de Ouarzazate), ce gisement stratégique a été l’objet d’une extension de l’usine paralèllement à celle des surfaces d’exploitation.

“L’amélioration de l’usine a permis de multiplier par 42 la cadence de traitement des minerais” explique Abarro. Les travaux d’exploration ont d’ailleurs permis de trouver des ressources supplémentaires de 406 tonnes d’argent, rallongeant la durée de vie de la mine à 12 ans.

Abarro a affirmé par ailleurs que les tensions sociales nées l’été 2010 autour d’un conflit sur l’accès à l’eau, le travail et les services publics des habitants de la région, se sont estompées. “Le problème a définitivement été réglé” a-t-il déclaré, sans pour autant donner de détails sur l’accord convenu avec les représentants des villages.

Par ailleurs, l’implantation de Managem au Soudan via une exploitation pilote d’Or a pu rapporter à la holding quelque 40 millions de dirhams. “Le premier gisement exploité a dégagé en 2013 entre 300 et 400 kilogrammes” explique Abarro. L’implantation sur d’autres sites prendra un an et demi.

La Société métallurgique d’Imiter remontera à Managem et à ses autres actionnaires un dividende de 170 dh. Quant à Managem, elle a décidé de rémunérer son tour de table de 25 dh par action.