La requalification urbaine au cœur du nouveau plan d’aménagement de Rabat

Les étapes et procédures d’approbation du plan d’aménagement ont été menées en toute transparence et dans le respect total de la loi en vigueur, affirme Fatiha Moudni, maire de Rabat. La présidente du conseil communal s’exprimait dans le cadre d’une conférence de presse tenue vendredi 14 mars 2025 et destinée à présenter le nouveau plan d’aménagement de Rabat.

Outre les expropriations prévues par le plan d’aménagement, une vaste campagne d’expropriation visant à élargir les voies de la capitale touchera plusieurs quartiers, dont l’avenue Mohammed VI où des propriétés appartenant à des personnalités publiques ou à des représentations de pays étrangers seront également concernées.

Carte montrant la localisation des expropriations pour l’élargissement des grandes artères de la capitale

Ce que prévoit le plan d’aménagement au niveau du quartier L’Océan

Le nouveau plan d’aménagement de Rabat, publié dans le bulletin officiel du 24 février 2025, confirme qu’une étude de requalification urbaine a déjà été validée et délimitée. Cette étude ambitionne de renforcer le positionnement du quartier en mettant en valeur ses atouts et en levant les contraintes qui affectent son attractivité.

L’expression « requalification urbaine » désigne la modification des qualités physiques d’un espace afin de lui attribuer une nouvelle vocation et d’offrir de nouveaux usages.

Le projet de requalification du quartier de L’Océan promet principalement de :

A proximité du quartier L’Océan, le plan d’aménagement de Rabat prévoit la création d’une zone de projet pour la corniche nord de Rabat. Des opérations de démolition ont déjà été effectuées au niveau de douar Askar, situé dans le périmètre de ce projet. Outre douar Askar, des unités militaires présentes dans cette zone seront également délocalisées afin de libérer le foncier nécessaire à ce projet.

Localisation de zone « Zp1 » au sud du quartier l’Océan.

Cette zone, nommée ZP1 dans le plan d’aménagement de Rabat, prévoit l’aménagement d’un grand parc public en balcon urbain, offrant des vues panoramiques sur l’océan. Elle comprendra également la création d’équipements touristiques et de loisirs majeurs, conçus comme des repères urbains marquant la corniche, tout en intégrant des investissements publics et privés. De plus, cette zone sera caractérisée par sa skyline, avec des bâtiments de différentes hauteurs tirant parti du dénivelé naturel du terrain.

Élargissement des voies prévu au niveau de l’arrondissement de Hassan.

Le nouveau plan d’aménagement prévoit l’élargissement de voies dans l’arrondissement de Hassan. Au niveau du quartier L’Océan, les emprises concernées par cet élargissement incluent principalement l’avenue Brahim Roudani, l’avenue Mokhtar Gazoulit, l’avenue Kebibat et l’avenue de la Résistance. L’élargissement de ces voies prévu dans le plan d’aménagement vaut déclaration d’utilité publique.

Mairie de Rabat : la majorité soudée derrière la nouvelle présidente, l’opposition dans l’attentisme

Sollicités par Médias24, un conseiller de la majorité et son collègue issu de l’opposition s’accordent à reconnaître que l’ambiance de travail a totalement changé depuis la démission de la présidente Asmaa Rhlalou.

Tous les projets suspendus en raison du blocus orchestré par les élus ont pu être débloqués après l’élection de Fatiha El Moudni, nous confirme le conseiller RNI, Driss Razi, pour qui le travail a repris et avance bien, « après la parenthèse Rhlalou ».

« Avec le soutien du wali, la nouvelle présidente a pris plusieurs décisions pour relancer de nombreux projets qui permettront de développer les services offerts aux habitants de la capitale », a déclaré Driss Razi en ajoutant que l’agenda de travail de Fatiha El Moudni était surchargé.

Et de souligner que la présidente a visité récemment le parc automobile de la commune, la fourrière ainsi que plusieurs marchés communaux dont la rénovation avait été suspendue.

Soutenue par sa majorité et par le wali, la maire a également lancé de nouveaux chantiers pour améliorer la mobilité et les espaces verts dans plusieurs quartiers comme celui de l’Océan.

Driss Razi nous indique que Fatiha El Moudni a organisé ce mercredi 5 juin une réunion avec les présidents de groupes et de communes pour préparer la 2e session extraordinaire de son conseil communal, qui aura lieu le 27 juin prochain.

La 1re session de son mandat s’était tenue en mai dernier dans le calme, en présence de tous les élus (majorité et opposition), rappelle Razi.

« L’opposition espère que Fatiha El Moudni respectera ses engagement « 

Tout en confirmant que les débats ont été plus apaisés lors de la première réunion du conseil communal, après le départ de Rhlalou, le conseiller d’opposition Omar El Hayani s’étonne que le changement de statut imposé par la précédente présidente, qui était pourtant inscrit à l’ordre du jour, n’ait toujours pas été abrogé.

« Pour une raison obscure, la décision d’abroger les modifications liberticides du règlement intérieur, imposées par la précédente maire, qui avait été jugée illégale par une décision du tribunal administratif a été reportée », dénonce l’élu FGD.

Il laisse entendre que l’interdiction de filmer les débats pendant le conseil et le plafonnement du nombre de questions écrites posées par l’opposition en session plénière sont en théorie toujours possibles, malgré l’engagement de Fatiha El Moudni à y mettre un terme.

Et de conclure que la présidente a expliqué le report par le fait qu’elle attendait la notification du jugement du tribunal pour rétablir le statut original, alors que le code des communes l’autorisait à abroger le changement unilatéral effectué par la démissionnaire.

Fatiha Moudni élue à la tête du Conseil de la ville de Rabat

La nouvelle maire de Rabat a été élue ce lundi 25 mars.

Fatiha Moudni succède ainsi à Asmae Rhlalou, qui a présenté sa démission le 28 février dernier, après des mois de blocage à la mairie de Rabat.

Mairie de Rabat: Fatiha Moudni (RNI) candidate de la Majorité et favorite

Le conseil de Rabat sera toujours présidé par une femme, malgré la démission forcée d’Asmaa Rhlalou, qui a fini par partir au soulagement général.

Le poste restera dévolu au RNI de toute évidence. Ainsi le voulait l’accord conclu par les trois partis de la Majorité après les élections de 2021.

Ce samedi 16 mars, le RNI a opté pour la candidature de Fatiha Moudni. Selon une source interne, c’est le président Aziz Akhannouch qui a tranché. Driss Razi du RNI était également candidat.

L’élection proprement dite aura lieu le vendredi 22 ou le lundi 25 mars. Les trois partis du gouvernement sont majoritaires.

Fatiha Moudni avait été élue en 2021 première secrétaire du conseil de la ville de Rabat et membre du conseil du Souissi. De 2015 a 2021, elle était déjà membre du conseil de la ville et présidente de la commission des finances du Souissi.

Conseil de Rabat : l’avenir de la présidente en suspens

« Il n’y a aucune possibilité de réconciliation avec la présidente du conseil de la capitale et notre volonté de la destituer est irrévocable. La seule discussion possible concerne le calendrier de son départ, qui s’impose de l’avis de tous les élus, aussi bien de la majorité que de l’opposition », nous déclare l’élu Driss Razi, qui fait partie des principaux opposants d’Asmaa Rhlalou au sein du RNI.

« La majorité municipale passe à l’opposition »

Selon le président de l’arrondissement de la Tour Hassan, 18 élus étiquetés RNI sur les 23 qui la soutenaient ont rejoint un nouveau groupe. Ce dernier devait se réunir ce lundi 18 septembre pour décider des voies administratives, voire politiques, à suivre pour obtenir sa démission dans les délais les plus brefs.

Asmaa Rhlalou est accusée de ne pas déléguer ni de communiquer, avec une concentration des prises de décisions, une gestion décriée, un vocable qualifié d’ »arrogant » voire d’ »insultant » à l’égard des élus de la majorité et de l’opposition, une marginalisation des conseillers, du favoritisme au profit de son premier cercle…

Un comportement jugé insupportable qui a conduit sa base à se révolter et à solliciter la direction du parti pour que ce dernier mette fin à un conflit « qui s’éternise depuis son arrivée aux affaires ».

« Les élus du RNI sollicite l’intervention personnelle du chef du parti »

Or, il faudra attendre la moitié du mandat de la présidente, soit octobre 2024, pour engager une procédure de destitution après le vote nécessaire de deux tiers des élus, soit 54 votants. Sûr de lui, notre interlocuteur avance que le parti de la Colombe va pourtant l’obliger à présenter sa démission.

« Elle fera tout son possible pour se maintenir à son poste, c’est certain. Mais face au rejet qu’elle inspire à ses anciens soutiens, le chef du RNI n’aura d’autre choix que d’intervenir personnellement et de manière ferme pour la pousser à partir », affirme Driss Razi, qui juge « impossible » d’attendre une année supplémentaire pour obtenir son départ par le biais d’un vote des élus.

En cas de maintien à son poste, le président d’arrondissement va jusqu’à menacer de paralysie l’activité de la mairie, qui sera désertée par les élus de la majorité municipale et par conséquent incapable d’adopter les règlements et les budgets nécessaires à son fonctionnement.

« La FGD table sur une procédure de destitution »

Visiblement moins optimiste sur un départ volontaire de la présidente, le conseiller Omar Hyani (FGD) confirme cependant « un point de non-retour » dans les rangs municipaux du parti de la Colombe.

A l’instar du conseiller dissident RNI Driss Razi, Omar Hayani accuse pêle-mêle l’édile d’être « incompétente dans la gestion locale, autoritaire et arrogante », de « n’écouter personne, vouloir tout faire toute seule y compris laminer les droits de l’opposition, réduire le temps et le droit de parole ».

Entre les élus du RNI qui ont créé leur groupe dissident, les mécontents du PAM et de l’Istiqlal − sans compter ceux de l’opposition (FGD, USFP, PJD) −, Asmaa Rhlalou n’a, selon l’élu, plus aucune majorité pour diriger la mairie, à savoir un minimum de 41 voix pour être en mesure d’appliquer sa politique. A ce propos, le vote du conseil, prévu le 5 octobre et qui sera consacré à l’examen du budget 2024 de la capitale, montrera le blocage des discussions et surtout l’absence de majorité pour l’adopter.

« Si le blocage perdure, il faudra certainement attendre encore un an, c’est-à-dire le terme de la moitié de son mandat, pour que les élus puissent voter à la majorité des deux tiers une procédure pour la destituer », déclare Omar Hyani, précisant que le budget de la ville sera validé par le Wali.

Faute de démission volontaire, notre interlocuteur juge ce scénario « crédible voire salutaire » pour que le conseil municipal de la capitale puisse retrouver un fonctionnement sain après des années d’affrontements.