CAN 2025. Maroc-Mali. Les principaux enseignements tactiques (vidéo)

Comme lors de l’édition précédente face à la République démocratique du Congo, le Maroc a concédé le nul (1-1) contre le gros morceau de son groupe, le Mali, à l’occasion de cette deuxième journée de la Coupe d’Afrique des nations 2025.

Cette fois, il n’y avait ni la chaleur ni l’humidité excessives du climat ivoirien pour expliquer la prestation en demi-teinte des Marocains.

Ce résultat signifie-t-il pour autant que le Maroc n’a pas progressé depuis la dernière CAN ? Il est sans doute trop tôt pour l’affirmer, même si certaines attitudes, individuelles comme collectives, ont de quoi susciter l’inquiétude.

En conférence de presse, le sélectionneur national Walid Regragui a, en tout cas, choisi de protéger son groupe.

« C’est un match nul un peu frustrant, car on a fait une rencontre solide contre une très bonne équipe du Mali, qui a mis beaucoup d’intensité. On doit être plus tueurs dans la surface de réparation ».

Dans les faits, le salut du Maroc est surtout passé par la superbe prestation de Brahim Diaz. Par son activité incessante, la justesse de ses déplacements et sa qualité technique, le milieu offensif a mis à mal la défense malienne à plusieurs reprises.

En revanche, le manque d’agressivité affiché par les Lions de l’Atlas à différents moments de la rencontre, et plus particulièrement sur l’action ayant conduit au penalty concédé, pose question.

Brahim Diaz, l’éclaircie dans la grisaille

Offensivement, l’équipe nationale est restée dans ses standards, avec un score xG relativement proche de sa moyenne sur l’année calendaire.

Brahim Diaz n’y est évidemment pas étranger. Auteur de la moitié des tirs cadrés de son équipe, le Madrilène a été le joueur marocain le plus en vue.

L’action ayant conduit au penalty accordé au Maroc après intervention du VAR en est l’illustration parfaite.

Sur cette séquence, Brahim Diaz a fait preuve d’une grande intelligence de déplacement en se positionnant entre les lignes du bloc malien.

Certes, il a bénéficié d’un soupçon de réussite en début d’action, mais il a surtout eu la lucidité d’attaquer l’espace libre entre le défenseur central droit et son latéral.

Brahim Diaz a eu la lucidité d’attaquer l’espace libre dans la défense malienne.

Servi par Azzedine Ounahi, Diaz a ensuite fait parler ses crochets et ses dribbles chaloupés pour déséquilibrer son adversaire direct, lequel a malencontreusement touché le ballon de la main.

Si le penalty peut paraître quelque peu sévère, il vient néanmoins récompenser l’excellente première mi-temps de l’attaquant du Real Madrid, qui ne s’est pas fait prier pour le transformer.

Un but synonyme d’avantage pour le Maroc, et déjà une deuxième réalisation en autant de matchs dans cette CAN 2025.

La défense marocaine a manqué d’agressivité par séquences

Avec un score d’xG de 0,8, le Mali a déjà fait mieux que la moyenne des adversaires du Maroc en 2025.

Il est vrai que les Aigles n’ont pas eu pléthore d’occasions franches. Mais le penalty concédé par Jawad El Yamiq sur Lassine Sinayoko a eu le mérite de mettre en relief les fébrilités défensives des Marocains.

Tout d’abord, il convient de noter que la faute du défenseur marocain est intervenue au bout d’une phase de possession malienne qui a duré près d’une minute, dans la moitié de terrain du Maroc.

Les Aigles ont multiplié les passes sans jamais être inquiétés par les Lions de l’Atlas. Un déficit d’agressivité qui fut flagrant lorsque Abdoulaye Diaby a réussi à porter le ballon jusqu’aux abords de la surface de réparation des Lions de l’Atlas, sans qu’il ne soit arrêté.

Ayoub El Kaabi et Azzedine Ounahi ont été facilement éliminés par Abdoulaye Diaby.

Durant ces quelques secondes, Ayoub El Kaabi et Azzedine Ounahi ont étrangement été pris de vitesse par un défenseur, certes bon balle au pied mais à la gestuelle assez lente.

Ensuite, c’est la position de Neil El Aynaoui qui a posé problème. Aspiré par Sangaré, il a déserté sa position devant la défense, laissant Sofyan Amrabat esseulé.

La défense du Maroc a été mal protégée, la position trop haute de Neil El Aynaoui ayant laissé Sofyan Amrabat complètement esseulé.

Pour faire simple, le tacle désespéré de Jawad El Yamiq n’est que la conséquence d’un déficit collectif en termes d’agressivité tout au long de cette séquence.

Une défaillance illustrée par les chiffres, puisque le Maroc a quasiment perdu un duel sur deux dans cette rencontre. On peut rejoindre Regragui sur le fait qu’il vaut mieux faire match nul en phase de groupes que lors des matchs couperets.

« Maintenant que notre record de victoires consécutives s’est arrêté à 19, il est temps de l’oublier pour repartir sur une autre dynamique », a-t-il assuré en conférence de presse. Nous sommes tentés également d’ajouter l’adjectif « agressive » à « dynamique ».

CAN 2025. Le Maroc tenu en échec par le Mali (1-1)

Malgré l’ouverture du score par Brahim Diaz sur penalty, le Maroc n’est pas parvenu à conserver son avantage face au Mali, ce vendredi 26 décembre sur la pelouse du Complexe Prince Moulay Abdellah de Rabat.

La série de victoires consécutives s’arrête donc à 19 pour les protégés de Walid Regragui, contre la 54e nation au classement FIFA. 

Les deux réalisations de cette rencontre comptant pour la deuxième journée du groupe A de la Coupe d’Afrique des nations 2025 ont été inscrits par Lassine Sinayoko et Brahim Diaz.

L’attaquant malien a répondu au tir au but inscrit par Diaz en transformant le sien en seconde période, consécutivement à une faute grossière de Jawad El Yamiq.

En tenant compte du match nul et vierge entre les Comores et la Zambie, disputé quelques heures plus tôt, le Maroc conserve malgré tout la tête de son groupe et se trouve en très bonne position pour rallier les huitièmes de finale.

Un début de match compliqué pour le Maroc

Dans un stade chauffé à blanc par des supporters qui ne craignent ni la pluie ni le froid, les Lions de l’Atlas ont encore une fois mis du temps à prendre la mesure des Aigles du Mali. 

Et pour cause, malgré une légère domination territoriale en début de match, Azzedine Ounahi et ses coéquipiers n’ont pas mis suffisamment de rythme et de vitesse dans la circulation du ballon pour créer des décalages dans le demi-terrain offensif.

La tentative de Brahim Diaz sur coup franc n’était qu’une petite éclaircie dans une entame pour le moins compliquée (6’), son ballon passant au-dessus de la cage de Djigui Diarra.

En réalité, on avait l’impression que les Marocains avaient besoin d’un temps d’adaptation face à une équipe malienne décidée à leur disputer la possession et à agresser le porteur du ballon. 

Une situation que l’équipe nationale n’avait plus vraiment connue depuis des lustres.

Ce n’est qu’au bout d’une quinzaine de minutes que le Maroc a passé un premier frisson dans la défense du Mali, lorsque Brahim Diaz a parfaitement servi Ismaïl Saibari au second poteau, après un relais inspiré avec Azzedine Ounahi. 

Esseulé, l’attaquant du PSV Eindhoven a été incapable de mettre le ballon ailleurs qu’au-dessus. Une occasion inestimable, du genre à s’en mordre les doigts si le résultat n’est pas celui espéré au coup de sifflet final.

D’autant que l’EN s’est fait peur à plusieurs reprises sur des contres rapides des Aigles, de plus en plus entreprenants au fil des minutes, à l’image de ce tir enlevé de Mamadou Sangaré (24’).

Quelques minutes plus tard, c’est un centre de Noussair Mazraoui qui a semé la pagaille dans la défense malienne, sans toutefois représenter un véritable danger. 

Dans la lignée des nombreuses reprises de tête d’Ayoub El Kaabi et d’Ismaïl Saibari, qui ont terminé leur course derrière les filets maliens.

De l’autre côté, Lassine Sinayoko, par ses mouvements, a particulièrement perturbé la défense marocaine.

Heureusement, Jawad El Yamiq s’est montré alerte, remportant la quasi-totalité de ses duels face au coéquipier d’Oussama El Azzouzi à l’AJ Auxerre. Mais pas tous ses duels (6 sur 7). On y reviendra. 

C’est alors que Brahim Diaz est une nouvelle fois sorti de sa boîte, déstabilisant par ses dribbles déroutants Aliou Diang dans la surface de réparation. Au point que ce dernier a touché le ballon de la main en déséquilibre et involontairement. 

Suffisant aux yeux de l’arbitre pour siffler un penalty dans les arrêts de jeu de la première période.

Une opportunité que Diaz n’a pas manqué de concrétiser. Le deuxième but en autant de matches du Madrilène dans la compétition a fait chavirer le public dans une joie extrême.

Une deuxième mi-temps à l’avantage du Mali

Exaspérés par les décisions arbitrales tout au long de la rencontre, les hommes de Tom Saintfiet ont perdu beaucoup d’énergie dans des contestations inutiles, tandis que les Marocains se montraient aussi froids que la nuit à Rabat.

Le technicien belge a, quelque part, lui aussi facilité la tâche des Lions de l’Atlas en laissant sur le banc un milieu offensif, Kamory Doumbia, au profit d’un récupérateur, Lassana Coulibaly. Un choix qui a eu pour effet de décaler Mamadou Sangaré sur le côté.

Or, le joueur du RC Lens ne possède ni la vitesse, ni les qualités de dribble nécessaires pour évoluer dans cette zone du terrain, comme en témoigne son nombre élevé de pertes de balle.

L’entrée de Gaoussou Diarra à la place d’un Yves Bissouma en demi-teinte, conjuguée au passage en 4-3-3 en phase offensive, a toutefois redonné un nouveau souffle au Mali.

Quelques secondes plus tard, Lassine Sinayoko s’est présenté seul face à Yassine Bounou avant d’être fauché par Jawad El Yamiq.

Un penalty encore plus évident que celui accordé au Maroc, transformé par l’inévitable Lassine Sinayoko (63’), même si Yassine Bounou avait plongé du bon côté.

Tout était donc à refaire pour les Lions de l’Atlas dans un second acte tendu comme un arc. Entré en jeu à la place d’Ayoub El Kaabi, Youssef En-Nesyri aurait pu plier le match si son tir en pivot n’avait pas été sorti de justesse par Diarra (79’).

Une occasion franche au cœur d’une période où le Maroc a davantage attaqué que défendu. On était alors plus proche du 2-1 pour les Lions de l’Atlas que de l’inverse.

Puis, sur un contre rondement mené, le Maroc aurait pu concéder un nouveau penalty, assez évident lui aussi, pour une main de Nayef Aguerd.

Mais le corps arbitral en a jugé autrement. Il y a bien eu une autre main d’un défenseur malien dans l’autre surface, mais contrairement à celle d’Aguerd, elle était collée au corps.

C’était le dernier temps fort d’un match qui a au moins eu le mérite de montrer à l’équipe nationale que le chemin est encore long avant de remporter la Coupe d’Afrique des nations 2025.

CAN 2025. Maroc-Mali. Un tournant décisif pour les Lions de l’Atlas

La 2e journée de la Coupe d’Afrique des nations 2025 promet des chocs à foison, dont celui opposant le Maroc au Mali, ce vendredi 26 décembre (21h), au Complexe sportif Prince Moulay Abdellah de Rabat.

Certes, la CAN 2025 a démarré sur les chapeaux de roue avec 29 buts inscrits en 12 rencontres, soit une moyenne de 2,4 buts par match.

Mais cet allant offensif pourrait rapidement s’estomper, à mesure que la compétition entre dans une phase où l’enjeu prend progressivement le pas sur le spectacle, en particulier lors des grandes affiches.

Quelques heures après un alléchant Égypte–Afrique du Sud et à la veille des duels opposant le Sénégal à la République démocratique du Congo et le Nigeria à la Tunisie, l’équipe nationale se coltine donc un adversaire de taille.

Sans doute l’affiche du groupe A. Un match à fort enjeu, qui pourrait permettre aux Lions de l’Atlas d’assurer leur qualification pour le second tour. Une hypothèse loin d’être utopique face à une équipe qui réussit plutôt bien au Maroc.

Cette deuxième confrontation entre les deux nations en phase finale de Coupe d’Afrique des nations convoque instantanément le souvenir de la première, au goût doux-amer.

Le Maroc avait alors étrillé le Mali (4-0) en demi-finale de la CAN 2004, avant de s’incliner en finale face au pays hôte, la Tunisie (2-1).

Au total, le Maroc et le Mali se sont affrontés à 20 reprises, pour un bilan légèrement favorable aux Lions de l’Atlas : neuf victoires marocaines, six succès maliens et cinq matchs nuls.

Maroc–Mali, c’est aussi un repère symbolique dans l’histoire d’un des cadres de la sélection. Le premier des onze buts d’Achraf Hakimi sous le maillot national a été inscrit face aux Aigles, le 1er septembre 2017, lors des éliminatoires de la CAN 2019, à l’occasion d’un large succès marocain (6-0).

Dès lors, cette affiche pourrait-elle marquer le véritable point de départ de l’aventure du capitaine marocain dans cette CAN 2025 ? L’histoire serait belle. D’autant qu’Achraf Hakimi se remet bien de sa blessure contractée mi-octobre à la cheville.

« Nous n’avons pas encore décidé s’il jouera ou pas. En tout cas, on ne veut prendre aucun risque car nous le voulons pour toute la compétition », a prudemment indiqué le sélectionneur national, Walid Regragui, en conférence de presse d’avant-match.

Un match à ne surtout pas perdre

Si l’on met de côté l’histoire et les hommes qui l’ont écrite, ce Maroc–Mali est avant tout dicté par l’impératif du résultat.

Gagner, prendre des points et valider une qualification pour le second tour, en particulier pour des Aigles déjà sous pression sur le plan comptable.

D’ailleurs, le sélectionneur belge du Mali, Tom Saintfiet, ne s’y trompe pas. Il a assuré que ses joueurs entreront sur la pelouse avec l’intention de gagner.

De toute façon, ils n’ont guère le choix après s’être fait piéger dans les derniers instants par l’égalisation zambienne (1-1).

Un score final peu flatteur pour des Maliens globalement plus dangereux, notamment par l’intermédiaire de leurs deux fers de lance offensifs, Kamory Doumbia et Lassine Sinayoko.

Mais les coéquipiers d’El Bilal Touré, autre menace à surveiller de près, ont manqué un penalty et gaspillé une pléthore d’occasions.

Les Lions de l’Atlas sont parfaitement conscients de ce qui les attend face à un adversaire qui entrera le couteau entre les dents, avec l’obligation de prendre des points pour ne pas compromettre ses chances de qualification.

Un Mali agressif, intense à la récupération et porté vers l’avant, qui cherchera à imposer un rapport de force physique et un pressing constant.

Eviter de revivre le même scénario qu’en Côte d’Ivoire

Dans ce contexte, le Maroc devra faire preuve de maîtrise émotionnelle et tactique.

Car si la qualité technique penche clairement en faveur des hommes de Walid Regragui, la rencontre pourrait rapidement basculer sur des détails. Une transition mal négociée, une perte de balle évitable ou une mauvaise gestion des temps faibles.

Plus que jamais, les Lions de l’Atlas devront allier patience et lucidité, tout en se montrant cliniques dans les zones de vérité. Face à un Mali prêt à jouer sa survie dans la compétition, la marge d’erreur sera minimale.

En tout état de cause, une victoire synonyme de qualification offrirait au sélectionneur national l’opportunité de ménager certains cadres lors du troisième match face à la Zambie, lundi 29 décembre, toujours à Rabat.

À l’image de Nayef Aguerd. Si Walid Regragui s’est voulu rassurant quant à l’état physique de son défenseur central, il n’en demeure pas moins que le natif de Rabat traîne une pubalgie depuis plusieurs mois, comme l’avait d’ailleurs révélé son entraîneur à l’Olympique de Marseille, Roberto De Zerbi.

Un match de moins ne pourrait être que bénéfique, tant pour le joueur que pour ceux appelés à le suppléer, ainsi que pour d’autres titulaires susceptibles de souffler lors de la dernière rencontre de groupe.

Mais avant de se projeter, il faudra d’abord battre le Mali et éviter de revivre le même scénario qu’en Côte d’Ivoire lors de la CAN 2023.

À l’époque, le Maroc avait été tenu en échec lors de son deuxième match de groupe contre la République Démocratique du Congo.

Mais surtout, la machine marocaine avait commencé à dérailler avec l’accrochage entre Walid Regragui et Chancel Mbemba.

Un épisode qui avait valu une suspension au sélectionneur national et perturbé l’équilibre de son groupe, finalement éliminé en huitièmes de finale face à l’Afrique du Sud.

https://medias24.com/2025/12/25/can-2025-maroc-mali-les-cles-tactiques-du-match-1602563/

CAN 2025. “Nayef Aguerd est apte pour le match du Mali”, Walid Regragui

Le Maroc affronte le Mali, vendredi 26 décembre au complexe sportif Prince Moulay Abdellah de Rabat, dans le cadre de la deuxième journée du groupe A de la Coupe d’Afrique des nations 2025. Une rencontre à laquelle devrait participer Nayef Aguerd, annonce Walid Regragui.

« Excepté Romain Saïss, qui a ressenti une petite élongation, Hamza Igamane (adducteur) et Achraf, qui continue son processus de retour et progresse bien, l’ensemble du groupe est disponible pour le match du Mali », a précisé Regragui lors de la conférence.

Nayef Aguerd est également apte, « contrairement aux rumeurs qui ont pu circuler ces derniers jours », a souligné le sélectionneur national.

Abdelhamid Ait Boudlal, présent à ses côtés devant le parterre de journalistes, se tient prêt à entrer en charnière centrale.

D’autant que le technicien marocain le tient en haute estime. « Abdelhamid Ait Boudlal, je le connais depuis l’époque où j’entraînais le FUS de Rabat », a-t-il rappelé.

Et d’ajouter : « Même s’il y a des hauts et des bas dans sa progression, il a un talent énorme et nous sommes certains d’avoir une pépite entre les mains ».

« Je l’avais sélectionné il y a plus d’un an », reprend-il, « lorsqu’il était avec la réserve du Stade Rennais. J’avais été beaucoup critiqué à l’époque, alors qu’aujourd’hui on nous demande de le titulariser. Mais il ne faut pas le griller. Il faut le faire entrer au bon moment ».

L’intéressé s’est dit « heureux et fier de pouvoir disputer une deuxième Coupe d’Afrique des nations après celle disputée avec les U17″.

Nous sommes satisfaits de notre première prestation

Peu convaincante vue de l’extérieur, la prestation de l’EN devant les Comores a semblé combler le sélectionneur.

« Même si d’autres équipes ont gagné avec un peu plus de panache, nous sommes satisfaits de notre première prestation. J’estime que nous avons maîtrisé le match de bout en bout », a-t-il assuré.

Cela dit, la possession stérile dont a fait preuve le Maroc en première mi-temps face aux Comores n’a échappé à personne.

Sur cet aspect, le sélectionneur a expliqué que « l’entame compliquée est aussi due à un manque de mouvement et de présence dans la surface de réparation, mais nous avons des solutions pour y remédier, comme lors du second acte ».

« Après, si l’on veut être parfait, il faudrait tuer le match en première mi-temps, mais c’est difficile. Nos joueurs évoluent à un très bon niveau et, dans le football moderne, il faut rester concentré jusqu’à la dernière minute. Mais nous savons qu’avec cette position, nous usons les adversaires, qui finissent par plier en fin de match ».

D’ailleurs, vendredi contre le Mali, « nous risquons de faire face à un autre type de rencontre », avance M. Regragui. « Nous serons face à une équipe ayant beaucoup de personnalité, d’allant offensif et de maîtrise technique », poursuit-il.

Le Mali aurait pu remporter son match d’ouverture par trois ou quatre buts à zéro, « mais il a concédé l’égalisation en fin de match. Cela n’enlève rien à la qualité de cette équipe, et leur motivation sera décuplée contre nous, comme à leur habitude ».

Une chose est sûre, « on aura sans doute plus d’espace », souligne-t-il.

Justement, qui de Soufiane Rahimi, Ayoub El Kaabi ou Youssef En-Neysiri sera le mieux placé pour exploiter ces espaces ?

À cette question, le sélectionneur a préféré brouiller les cartes en indiquant qu’il n’avait pas encore arrêté son choix et pourrait même titulariser Youssef En-Neysiri.

« Pour moi, l’attaquant n’est pas là uniquement pour marquer, mais aussi pour travailler pour l’équipe ».

Enfin, s’agissant de Azzedine Ounahi, qui n’a pas livré une prestation mémorable face aux Comores, le sélectionneur a tenu tout de même à le valoriser. « Quand Azzedine est à son très bon niveau, on devient une très grande équipe ».

« Ceci n’a pas été le cas lors du match contre les Comores, notamment en première mi-temps, où nous attendions un peu plus de lui. Il en est conscient et reste confiant dans sa capacité à progresser au fil de la compétition », conclut-il.

Coupe du Monde U17. Le Maroc élimine le Mali (3-2) et défie le Brésil en quarts

En huitièmes de finale de la Coupe du Monde U17 contre le Mali (3-2), ce mardi 18 novembre à Doha au Qatar, le Maroc s’est transformé l’espace d’une rencontre en une machine à marquer sur coup de pied arrêtés.

Avec leur maillot rouge, les Lionceaux de l’Atlas avaient des faux airs de Gunners d’Arsenal, leaders de la Premier League et équipe la plus prolifique en la matière.

Vendredi 21 novembre, le Maroc rencontrera le Brésil en quart de finale. Les Auriverde ont battu la France quelques heures plus tôt.

Ziyed Baha, imité par Ismaïl El Aoud, était très bien placé pour reprendre des centres parfaitement exécutés et envoyer leurs amis en quart de finale du Mondial U17.

En lévitation, El Aoud (Valencia U18) acheva les derniers espoirs du Mali, d’une magnifique reprise de volée des 25 m (65’). Malgré la réduction du score par Seydou Dembélé dans les arrêts de jeu, précédée en première mi-temps par l’égalisation de Raymond Bomba.

Pourtant, l’équipe nationale ne partait pas avec un avantage en haute altitude, laissant sur le papier quelques centimètres aux Maliens. Cela ne les a pas empêchés de faire peser une menace constante dans la surface adverse.

Mais pas dès le début de la rencontre. Des deux gardiens, Chouaib Bellaarouch fut le premier à se mettre en évidence sur un tir au premier poteau, repoussé en corner, signé Raymond Bomba (5’).

Cependant, le Maroc semblait plus sûr de ses forces, en quadrillant le terrain efficacement. Défensivement, couper les lignes de passes intérieures était le fil conducteur.

Les travaux d’approche des Lionceaux de l’Atlas étaient intéressants. Ils essayaient de contourner la densité axiale mise en place par le Mali.

Mais lorsque le ballon arrivait dans la boîte, il manquait le dernier geste, à l’image de la glissade de Ziyed Baha alors qu’il était en bonne position pour tenter sa chance (10’).

Efficaces sur coups de pied arrêtés

En dépit de quelques frayeurs sur des relances interceptées plein axe, les Marocains ont essayé d’être appliqués afin de progresser dans le demi-terrain offensif.

C’est ce qui a permis à Zakaria El Khalfioui d’alerter Lamine Sinaba, qui a dû s’y prendre à deux fois pour capter le puissant tir de l’attaquant (21’).

Mais le Maroc s’est surtout montré dangereux sur coups de pied arrêtés. Sans grande réussite au début.

Les protégés de Nabil Baha étaient pleinement rentrés dans leur match. On ne leur tiendra pas rigueur d’avoir vendangé quelques belles situations de marquer.

Car à force de tenter, ils ont fini par faire hurler leurs supporters de joie, par l’intermédiaire de Ziyed Baha, dont la tête croisée à la réception d’un coup franc excentré n’a laissé aucune chance au portier du Mali (28’).

Les Aiglons ont failli recoller au score dans la foulée, profitant de la déconcentration de la défense sur un long ballon.

Quasiment tout le stade a poussé un grand ouf de soulagement lorsque la tentative de Bomba a frôlé la base du montant gauche de Chouaib Bellaarouch.

Sous pression, le Maroc a su faire le dos rond pour étouffer la rébellion du Mali. Cernés par les supporters marocains, les fans maliens avaient l’œil noir.

D’autant que Ziyed Baha a encore une fois mis à contribution Lamine Sinaba, à la réception d’un centre millimétré d’Ismaïl El Aoud (34’).

Quelques minutes avant qu’Elyes Saidi n’en fasse de même (39’). Contrairement à ce qui était prévu, les Marocains ont été dominants dans le jeu aérien (16 coups francs à 7), malgré un net déficit de taille.

Cela traduit autant leur sens du timing que leur détermination. Un état d’esprit conquérant qu’ils ont transposé dans tous les compartiments du jeu.

En témoignent les nombreux sauvetages juste avant un centre ou un tir dangereux.

Ismaïl El Aoud a survolé ce huitième de finale

Parfois même un peu trop. En voulant dégager au loin un ballon qui traînait dans la surface de réparation d’un geste acrobatique, Abdelali Eddaoudi a été sanctionné pour jeu dangereux.

La demande de révision de Nabil Baha a été infructueuse. Et Bomba ne s’est pas fait prier pour tromper Bellaarouch et égaliser (45’+6), juste avant de rentrer aux vestiaires.

Dans l’intervalle, le sélectionneur national a grillé son deuxième carton vert en demandant à l’homme en noir de transformer un carton jaune en rouge, sur un tacle appuyé où Hamza Bouhaddi s’est tordu la cheville.

Mais la joie qui était la leur sur le coup franc qui a suivi fut telle que cela en a fait oublier cet épisode. Puisqu’Ismaïl El Aoud redonna l’avantage à ses coéquipiers (45’+6).

Après une fin de mi-temps complètement folle, la seconde repartait sur les mêmes bases. Mais ce sont davantage les Maliens qui ont été à l’initiative à deux reprises par Bomba.

Le Maroc a eu quelques opportunités d’assurer sa qualification peu après l’heure de jeu. Deux occasions manquées plus tard, Ismaïl El Aoud reprenait d’une sublime volée un mauvais renvoi des Aiglons atterrés (65’).

Les dernières minutes de la rencontre s’apparentaient à un calvaire pour les Maliens, qui butaient inlassablement sur l’arrière-garde marocaine sans la mettre en danger.

Les huit minutes de temps additionnels et la superbe réduction du score de Seydou Dembélé n’ont rien changé au fait que c’est le Maroc qui défiera le Brésil en quarts, vendredi 21 novembre.

Coupe du monde U17. Maroc-Mali, les clés du remake de la CAN

Le Maroc et le Mali ne se quittent plus. Après l’avoir rencontré en finale de la Coupe d’Afrique des nations U17, l’équipe nationale se coltinera à nouveau le même adversaire, en huitième de finale de la Coupe du monde de la catégorie, ce mardi 18 novembre (16h45).

Prévu sur le terrain numéro 7 de l’Aspire Zone, à Doha au Qatar, ce remake de la dernière CAN promet d’être âpre et indécis.

Contrairement a ce qu’a maladroitement fait le sélectionneur Nabil Baha, on évitera pour notre part de motiver les Lionceaux de l’Atlas en leur faisant miroiter des grasses matinées d’ici à un éventuel quart de finale au lieu d’aller à l’école en cas d’élimination.

Car il n’y aura pas de place pour tout le monde au très haut niveau. Dès lors, avoir un diplôme ou apprendre un métier est beaucoup plus important que toutes les Coupes du monde.

Cela dit, on ne serait vraiment pas contre le fait qu’ils allient les deux.

Si, pour sûr, un emploi du temps chargé les attend dans leurs établissements scolaires respectifs en vue de rattraper les cours manqués, l’indécision qui accompagne cette affiche rend les choses encore plus excitantes.

Le trophée glané par le Maroc pendant la CAN U17 doit autant à la résilience de ses joueurs qu’à une supériorité technique sur l’adversaire.

Certes, le Maroc avait dominé la rencontre, comme en témoignent le nombre de tentatives (17 à 7) et de score xG (1,3 à 0,3).

Alors, six mois plus tard, doit-on s’attendre à une autre histoire ? Certes, chaque match s’écrit sur une nouvelle page blanche. Mais entre-temps, tout n’a pas changé du tout au tout non plus.

La moindre erreur risque d’être payée cash

Les effectifs sont globalement les mêmes. Malgré quelques variantes, le style de jeu des deux équipes n’a pas totalement changé non plus. Et la pression qui accompagnera les 22 acteurs sera au moins aussi importante.

Parce que dans ces matchs sur un fil, où le destin d’une équipe ou l’autre peut basculer à tout moment, la moindre erreur risque d’être payée cash. C’est d’ailleurs la première clé de cette rencontre.

A savoir, la capacité des deux équipes à commettre le moins d’impairs possible et surtout dans des zones de terrain peu dangereuses. Justement, pour en arriver là, les Aiglons ont quasiment tout bien fait.

Qualifié en tant que 2e du groupe L, le Mali a parfaitement entamé sa compétition face à la Nouvelle-Zélande (3-0) avant d’assurer sa qualification pour le second tour en venant à bout de l’Arabie saoudite (2-1).

Entre-temps, les protégés d’Adama Diallo avaient subi la loi de l’Autriche, encaissant une cuisante défaite (0-3), pleine d’enseignement pour l’équipe nationale, à l’instar de la qualification acquise devant la Zambie (3-1), en seizième.

Pour faire simple, la rencontre est susceptible de se jouer sur la faculté du Maroc à :

– Endiguer la supériorité numérique du Mali au milieu de terrain ;

– Gérer au mieux les appels des attaquants adverses dans la profondeur ;

– Sauter la première ligne de pression avec du jeu long et être présent sur les deuxièmes ballons en faisant remonter le bloc.

Des combinaisons axiales à surveiller

S’agissant du premier point, dans le 4-2-3-1 déployé par les Maliens, les attaquants excentrés rentrent souvent à l’intérieur du jeu pour servir de relais et permettre des combinaisons axiales.

C’est extrêmement efficace si le Maroc ne réussit pas à fermer les lignes de passes et à orienter le jeu sur les côtés.

Les joueurs excentrés du Mali rentrent dans le cœur du jeu pour assurer une supériorité numérique.

L’autre situation de jeu à prendre en considération afin de mieux apprécier le rapport de force entre les deux équipes réside dans les déplacements assez justes d’Abel Salim Nyirongo notamment.

C’est le genre de situation qu’il faut éviter pour la charnière centrale marocaine, qui ne doit pas laisser trop d’espace permettant un appel en profondeur adverse.

Toujours en mouvement et assez insaisissable, cet avant-centre risque de donner du fil à retordre à la charnière axiale marocaine.

Cette dernière doit non seulement éviter qu’il n’y ait trop d’espace entre les joueurs qui la composent, mais aussi communiquer afin d’éviter des situations où l’un remonte pour jouer le hors-jeu tandis que l’autre recule car l’adversaire n’est pas cadré.

Ce genre de mésentente est assez courant, même en Ligue des champions. Il faudra donc y faire très attention. Offensivement, le Maroc peut compter sur la vitesse de ses joueurs face à des défenseurs maliens assez lents.

En outre, l’équipe nationale aura des possibilités s’il décide de jouer long pour sauter la première ligne de pression du Mali.

Sur cette séquence de jeu, le Mali presse très haut.
L’option du jeu long choisie par l’Autriche a été efficace, car les Maliens, en infériorité numérique, ont perdu le duel aérien puis le deuxième ballon avant de concéder un penalty.

Et pour cause, les Aiglons ont tendance à prendre trop de risques en pressant haut, ce qui les met en grand danger s’ils perdent le premier duel aérien et le deuxième ballon.

Mais pour ce faire, l’équipe nationale doit absolument faire monter tout son bloc pour être présente à la retombée.

La large victoire du Sénégal contre l’Angleterre, signe d’une transition réussie ?

Pendant que la Côte d’Ivoire, championne d’Afrique en titre, n’arrivait pas à se défaire d’une équipe du Canada moribonde (0-0), le mardi 10 juin à Toronto, le Sénégal, champion d’Afrique en 2021, réalisait une remarquable performance de l’autre côté de l’Atlantique, en venant à bout de l’Angleterre, à Nottingham (3-1).

Une victoire à l’écho retentissant, mais qui a eu du mal à se dessiner. Menés dès la 7ᵉ minute par l’incontournable Harry Kane qui envoya au fond des filets un tir mal repoussé par Édouard Mendy, les Lions de la Teranga ont réussi à revenir au score juste avant le retour au vestiaire (40’). Une réalisation signée Ismaïla Sarr.

Alors que les Anglais ont baissé de pied en seconde mi-temps, en mettant moins d’engagement et d’intensité dans leurs courses, les hommes de Pape Thiaw ont appuyé sur l’accélérateur pour estoquer leur adversaire sur une action de jeu quasi similaire au but égalisateur (65’).

Les Sénégalais ont pris à défaut une défense anglaise à l’alignement plus que douteux. Habib Diarra était à la conclusion de cet énième mouvement en profondeur des Sénégalais qui ont aggravé le score en fin de match sur un contre grâce à Cheikh Sabaly (93’).

Acquis en l’absence de Sadio Mané, le joueur phare du Sénégal, ce succès est multifactoriel. D’abord, il tient à la supériorité athlétique flagrante des Lions de la Teranga sur les Three Lions. En particulier lors du second acte, où l’entrejeu anglais est apparu émoussé et n’a pas réussi à contrôler les projections des milieux sénégalais.

Ensuite, sur le plan tactique, Iliman Ndiaye et ses coéquipiers ont parfaitement joué le coup en exploitant le manque d’automatisme et de cohésion entre les quatre défenseurs anglais. Composé de Kyle Walker, Trevor Chalobah, Levi Colwill et Myles Lewis‑Skelly, le back‑four aligné par le sélectionneur allemand Thomas Tuchel a souffert d’un manque de communication.

Le Sénégal a battu l'Angleterre (3-1)
Le Sénégal a exploité les largesses défensives et l’alignement approximatif des Anglais pour égaliser sur cette action.

Certes, les Anglais ont eu plusieurs occasions de revenir au score, mais leur défaite aurait pu être beaucoup plus cinglante sans les multiples parades de Dean Henderson. Une chose est sûre, les Sénégalais ont tenu la dragée haute à leur adversaire.

Il faut dire que plusieurs joueurs convoqués par Pape Thiaw n’ont pas été dépaysés. Certains connaissent très bien le football anglais car ils y ont évolué, tandis que d’autres n’ont même pas eu à prendre l’avion car ils étaient déjà de l’autre côté de la Manche :

– Édouard Mendy (ancien de Chelsea, Angleterre) ;

– Seny Dieng (Middlesbrough) ;

– Moussa Niakhaté (Nottingham Forest) ;

– Fodé Ballo-Touré (ancien de Fulham) ;

– Pape Matar Sarr (Tottenham) ;

– Cheikhou Kouyaté (Nottingham Forest) ;

– Idrissa Gueye (Everton) ;

– Ismaïla Sarr (Crystal Palace) ;

– Sadio Mané (ancien de Liverpool) ;

– Nicolas Jackson (Chelsea).

Un renouvellement générationnel à infusion lente

En outre, cet accomplissement valide a priori le renouvellement à infusion lente, entamé par la sélection sénégalaise après une décevante CAN 2023 conclue par une sortie prématurée dès les huitièmes face au futur champion, la Côte d’Ivoire.

« Le Sénégal est dans une phase de transition entre une génération qui a remporté le titre continental en 2021 et la jeune garde qui pousse pour faire sa place. Le succès à la prochaine CAN dépendra de la réussite de cette transition », explique à Médias24 un observateur avisé de la sélection sénégalaise.

En effet, depuis que Pape Thiaw a succédé à Aliou Cissé en décembre 2024, l’effectif n’a pas vraiment été rajeuni. Le technicien sénégalais, qui était de la formidable aventure lors de la Coupe du monde 2002, a opéré des changements par dose homéopathique. Ainsi, contre l’Angleterre, seulement cinq joueurs de l’effectif n’étaient présents ni à la CAN 2023 ni à la CAN 2021 :

– Cheikh Sabaly ; 

– Édouard Diouf ; 

– Habib Diarra ; 

– Iliman Ndiaye ; 

– Nicolas Jackson.

Cela dit, ce n’est pas parce qu’un joueur était présent à la CAN 2021 ou 2023 qu’il faisait partie des cadres ou qu’il jouait régulièrement. À l’instar de Pape Matar Sarr, présent lors de l’avant-dernière édition à seulement 19 ans, très peu utilisé, mais qui est désormais considéré comme un élément incontournable.

Idem pour Lamine Camara qui monte clairement en puissance. De fait, Pape Thiaw a pour objectif de constituer un groupe à travers un savant mélange entre des joueurs d’expérience et des jeunes pétris de qualité. Pour preuve, la moyenne d’âge du groupe a quelque peu augmenté entre la CAN 2023 (26,9) et la fenêtre internationale du mois de juin 2025 (27,8).

Suffisant pour prétendre à remporter la 35ᵉ édition du tournoi continental ? L’avenir nous le dira. En tout cas, le Sénégal semble plus avancé dans sa préparation que le tenant du titre ivoirien. Plus encore que l’Algérie, qui a sombré pendant la première heure de jeu en Suède (0-4), avant de se reprendre pour finalement s’incliner (3-4).

Futur adversaire du Maroc dans la poule A de la CAN 2025, le Mali s’est aussi incliné en République démocratique du Congo (0-1). Les Comores ont également subi un revers face au Kosovo (2-4), alors que la Zambie a fait match nul face au Botswana (3-3).

CAN U17. Le Maroc sacré champion d’Afrique

On s’y attendait, et ils l’ont fait. Les Lionceaux de l’Atlas ont réussi leur pari de glaner une première Coupe d’Afrique des nations dans la catégorie U17, en disposant du Mali, ce samedi 19 avril. Une réussite que les Lions de l’Atlas doivent en particulier à Chouaib Bellaarouch, auteur de deux arrêts lors de la séance des pénalties, conclue par une magistrale panenka de Iliass Belmokhtar.

Mais rien n’a été simple dans la quête de ce titre continental. Il faut dire que, dans cette finale tendue à souhait, les occasions furent aussi rares que les espaces dans les défenses. Et pour cause : sur le terrain comme derrière l’écran, difficile de ne pas ressentir la tension qui régnait sur la pelouse du stade El Bachir de Mohammedia.

Malgré l’insouciance propre à la jeunesse, l’enjeu et la pression d’une finale de Coupe d’Afrique des Nations U17 n’a laissé aucun des 22 acteurs indifférent. En témoignent les pertes de balle répétées en début de match, des deux côtés, provoquées par une touche de trop, un contrôle trop long ou une conduite de balle approximative.

En place défensivement autour d’un bloc médian, les Marocains ont misé sur la capacité de Abdellah Ouazane à se projeter balle au pied et à casser les lignes. En trouvant régulièrement l’espace entre le milieu de terrain et la défense malienne, il a été le détonateur des offensives des Lionceaux de l’Atlas. 

À l’image de cette action à la 5e minute, où le joueur de l’Ajax Amsterdam a parfaitement servi Belmokhtar à l’angle droit de la surface malienne. Mais le jeune attaquant à la chevelure abondante n’a pas mis assez de puissance dans sa frappe pour inquiéter le gardien. Son alter ego capillaire, Zakari El Khalfioui, a abattu un travail colossal au milieu de terrain, avec ou sans ballon. Avec une constante : dès qu’il récupérait le cuir, il cherchait systématiquement à jouer vers l’avant.

Chouaib Bellaarouch a également brillé par séquences. Le portier marocain a parfaitement repoussé une frappe des 25 mètres. Dans la continuité, la contre-attaque marocaine s’est conclue par une tête trop enlevée de Ziyad Baha, sur un centre de Iliass Belmokhtar. Rebelote à la demi-heure de jeu : après une transition éclair, l’attaquant marocain a vu son tir frôler le montant gauche de Lamine Sinaba.

Dans la foulée, Abdellah Ouazane, encore lui, a été l’auteur d’un centre précis après un débordement côté droit, mais El Aoud butait sur le gardien malien. Juste avant la pause, Chouaib Bellaarouch a une nouvelle réalisé une parade décisive pour éviter à son équipe de se retrouver menée au score. Un arrêt salvateur qui a redonné confiance à ses coéquipiers, proches d’ouvrir le score dans la foulée grâce à Ziyad Baha. Mais Lamine Sinaba veillait au grain. 

Comme endormis au retour des vestiaires, les Marocains ont manqué d’intensité défensive, allant jusqu’à offrir une occasion en or aux Maliens. Mais le portier de l’Académie Mohammed VI s’est encore magnifiquement interposé sur la demi-volée de Seydou Dembélé (50’). A l’instar de la première mi-temps, les Marocains ont doucement mais sûrement resserré leur étreinte sur la défense adverse en se montrant de plus en plus dangereux à partir de l’heure de jeu. Notamment sur une tentative d’Ahmed Mouhoub qui a frôlé les cages de Sinaba. 

En revanche, le gardien malien n’a pas été déterminant lors de la séance de pénalties, à l’inverse de Chouaib Bellaarouch, homme du match et sans doute MVP du tournoi. Une compétition qui viendra orner la salle des trophées du football marocain, en attendant la Coupe d’Afrique des nations des A, en décembre prochain.

Un drone de trop à la frontière algéro-malienne (Analyse)

Un drone malien abattu par l’armée algérienne à la frontière a suffi à faire basculer des tensions latentes en crise ouverte. Depuis cet incident survenu dans la nuit du 31 mars au 1er avril, le Mali et ses alliés de l’Alliance des États du Sahel (AES), le Burkina Faso et le Niger, ont rappelé leurs ambassadeurs à Alger. En riposte, l’Algérie en a fait de même et a fermé son espace aérien au Mali, qui a aussitôt appliqué une mesure de réciprocité.

Dans un communiqué, l’état-major général des armées maliennes a indiqué que l’aéronef, engagé dans une mission de surveillance, s’était abîmé dans la zone. De son côté, le ministère algérien de la Défense a affirmé que ses forces avaient abattu un drone malien armé après qu’il a pénétré de deux kilomètres dans l’espace aérien algérien. L’intervention aurait été menée par une unité de défense aérienne opérant dans le secteur de la 6ᵉ région militaire, a précisé le ministère dans un communiqué.

La crise diplomatique entre l’Algérie et le Mali a été aggravée par la destruction de ce drone malien, mais elle s’inscrit dans un climat de tensions persistantes entre les deux pays.

Selon l’ancien ambassadeur et expert en relations internationales, Ahmed Faouzi, si cet incident militaire a constitué l’élément déclencheur d’un enchaînement de mesures hostiles – rappels d’ambassadeurs, fermeture d’espaces aériens –, il s’agit en réalité de l’aboutissement d’un long processus de dégradation des relations bilatérales.

Un contexte déjà tendu

Contacté par Médias24, Ahmed Faouzi explique que les racines de cette crise plongent dans une réalité géographique et sécuritaire complexe. « Le Mali partage plus de mille kilomètres de frontières avec l’Algérie, une ligne à la fois perméable, difficile à surveiller et sensible depuis plusieurs décennies ».

À cette réalité s’ajoute un lourd passif historique. « Depuis les années 1990, l’Algérie a externalisé une partie de ses problèmes sécuritaires, et notamment relevant du terrorisme, vers le sud, en repoussant vers le désert des groupes extrémistes qui ont trouvé refuge dans le Nord malien. À cela se greffe la présence dans la région de membres du polisario, dont un leader notoire surnommé  » Abou Walid Sahraoui », a contribué à une forme de collusion entre différents acteurs armés ».

Depuis les années 1990, l’Algérie a externalisé une partie de ses problèmes sécuritaires, et notamment relevant du terrorisme, vers le sud

L’incident du drone vient exacerber une relation déjà tendue, marquée par de précédents épisodes de discorde. Mais cette fois, la réaction algérienne a été interprétée comme une « démonstration de force ».

Selon Ahmed Faouzi, l’Algérie, en abattant un drone malien, dont la position exacte reste à clarifier, a voulu rappeler son autorité sur une zone qu’elle considère comme stratégique. Ce geste a été perçu à Bamako comme une provocation, voire comme « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ».

« Les relations s’étaient déjà tendues après que le président algérien Abdelmadjid Tebboune a reçu un opposant malien », un geste considéré par les autorités de transition à Bamako comme une immixtion directe dans les affaires intérieures du pays.

Selon notre interlocuteur, « cette attitude est dénoncée par les nouvelles autorités maliennes qui cherchent à s’affranchir d’une forme de tutelle régionale. Le Mali, dans une phase qualifiée de « révolutionnaire », entend affirmer son autonomie, reprendre le contrôle de ses ressources naturelles (or, pétrole, uranium, etc.) et redéfinir sa place sur la scène régionale ».

Une réaction inattendue

Ce processus d’émancipation ne se fait pas seul. Le Mali agit désormais au sein de l’Alliance des États du Sahel, qui regroupe également le Burkina Faso et le Niger. « Les trois pays coordonnent leurs diplomaties et ont adopté une posture commune face à l’Algérie, en rappelant collectivement leurs ambassadeurs et en condamnant les actes algériens », rappelle Ahmed Faouzi.

En conflit avec l’Espagne sur la question du Sahara, brouillée avec la France, en retrait dans ses relations avec les pays du Golfe, le tout après avoir perdu son allié syrien, Alger s’isole

Selon lui, cette solidarité régionale prend l’Algérie de court, puisqu’elle ne s’attendait pas « à une réplique émanant des trois pays en même temps ». De plus, « cette solidarité complique son projet stratégique ; à savoir le tracé du gazoduc transsaharien Nigeria-Algérie qui traverse ces pays ». Un projet qu’Alger doit « ralentir », selon Ahmed Faouzi.

Dans son analyse, Ahmed Faouzi souligne qu’Alger se retrouve désormais « isolée ». « En conflit avec l’Espagne sur la question du Sahara, brouillée avec la France, en retrait dans ses relations avec les pays du Golfe, le tout après avoir perdu son allié syrien, Alger s’isole ».

« Ce repli s’incarne dans un langage diplomatique de plus en plus martial, comme en témoigne le communiqué officiel qui qualifie les autorités de transition maliennes de ‘juntes militaires’ usurpant le pouvoir », poursuit notre interlocuteur.

Selon lui, « le rappel des ambassadeurs est un geste diplomatique grave », bien au-delà d’une simple convocation pour explication. Il s’agit d’une « rupture potentiellement durable. Sachant que le retour à la normale pourrait prendre du temps ».

« On ne peut pas ajouter un malheur aux malheurs de la région »

Sur un plan plus large, cette crise révèle également les recompositions géopolitiques en cours dans le Sahel. Selon Ahmed Faouzi, « le Maroc peut être concerné par cette nouvelle crise ». D’abord parce que « le Maroc est sahélien de par sa géographie, son histoire commerciale, religieuse et humaine », mais aussi parce qu’il propose un autre modèle d’influence régionale fondé sur « l’éducation, la formation, les investissements et une diplomatie de développement ».

« Lorsqu’un pays sahélien cherche des partenariats durables, il se tourne souvent vers Rabat pour bâtir un avenir commun », souligne notre interlocuteur.

En tout cas, dans ce contexte tendu, une guerre ouverte entre le Mali et l’Algérie paraît peu probable. « Aucun des deux pays ne peut se permettre une telle escalade, dans une région déjà saturée de conflits », estime Ahmed Faouzi. Pour lui, la présence de nombreux groupes armés, le poids des défis humanitaires et les risques de débordement imposent à tous les acteurs une forme de retenue.

Lorsqu’un pays sahélien cherche des partenariats durables, il se tourne souvent vers Rabat pour bâtir un avenir commun

Comme le souligne l’expert, il faut espérer que la sagesse l’emporte, car « on ne peut pas ajouter un malheur aux malheurs de la région ».

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Entre accusations et représailles, Alger s’isole dans la région

À la suite du communiqué publié par le Mali, avec le soutien du Niger et du Burkina Faso, accusant l’Algérie de soutenir le terrorisme international en entravant les opérations maliennes contre des groupes armés, le ministère algérien des Affaires étrangères a haussé le ton.

La diplomatie algérienne a estimé que le communiqué du gouvernement malien reflétait « l’échec cuisant du projet putschiste toujours en cours, qui a plongé le Mali dans une spirale d’insécurité, d’instabilité, de destruction et de privation ».

Dans un ton de plus en plus virulent, le communiqué algérien fait référence à la « junte putschiste accaparant le pouvoir au Mali », marquant une escalade verbale sans précédent.

Par ailleurs, le ministère algérien a jugé que les accusations de liens entre l’Algérie et le terrorisme, formulées par Bamako, manquaient de sérieux.

Il a également rappelé que la destruction du drone malien par les forces de défense aérienne algériennes avait déjà fait l’objet d’un communiqué officiel publié en temps opportun par le ministère de la Défense nationale.

Alger précise que toutes les données relatives à cet incident, y compris « les images radar prouvant clairement la violation de l’espace aérien algérien, sont disponibles dans la base de données du ministère de la Défense nationale ».

L’Algérie a donc décidé de « rappeler ses ambassadeurs au Mali et au Niger pour consultations », ainsi que le report de l’envoi de son nouvel ambassadeur au Burkina Faso, après que les trois pays ont, de leur côté, rappelé leurs représentants diplomatiques.

Le ministère a également exprimé « son profond regret face à l’alignement non réfléchi du Niger et du Burkina Faso sur les arguments fallacieux avancés par le Mali ».

Dans la foulée, le régime algérien a décidé de fermer l’espace aérien aux avions maliens ainsi que la frontière avec le Mali.

Ainsi, l’Algérie se retrouve pratiquement isolée, au sud par le Niger et le Mali sans voie d’accès, à l’ouest par le Maroc après la rupture des relations diplomatiques et la fermeture de l’espace aérien.

Cette crise constitue un signe annonciateur d’une nouvelle phase dans les relations complexes entre l’Algérie et le trio sahélien dans un contexte de recompositions sécuritaires et géopolitiques rapides, susceptibles de remettre en question la présence et l’influence algériennes dans un espace régional de plus en plus méfiant à l’égard du régime militaire en place.

L’AES rappelle ses ambassadeurs en Algérie

Cette décision intervient suite à l’abattage d’un drone malien par l’Algérie alors que cet appareil survolait la frontière entre les deux pays du côté du Mali.

Dans un communiqué conjoint publié par le collège des chefs d’État de l’Alliance des États du Sahel (AES), ce collège exprime « sa vive condamnation suite à l’abattage d’un drone malien par l’Algérie ».

« Considérant cet acte comme une agression envers l’ensemble de l’espace confédéral, l’AES a décidé de rappeler ses ambassadeurs en poste à Alger », poursuit la même source.

Cette décision marque une escalade dans les tensions entre l’AES et l’Algérie, soulignant les préoccupations sécuritaires et territoriales partagées par les pays membres de l’alliance.

Un drone malien chute près de la frontière avec l’Algérie

Dans la nuit du 31 mars au 1er avril, un drone des Forces armées maliennes (FAMa) s’est écrasé près de Tinzaouatine, dans la région de Kidal (Mali). Dans un communiqué, l’état-major général des armées maliennes a indiqué que l’aéronef, engagé dans une mission de surveillance, s’était abîmé dans la zone.

De son côté, le ministère algérien de la Défense affirme que ses forces ont abattu un drone malien armé après qu’il a pénétré de deux kilomètres dans l’espace aérien algérien. L’intervention aurait été menée par une unité de défense aérienne opérant dans le secteur de la 6e région militaire, ajoute le ministère dans un communiqué.