Managem occupe la 2ᵉ place des capitalisations, portée par l’envolée de l’or et de l’argent

Managem occupe la deuxième place des capitalisations à la Bourse de Casablanca. À 12 h 01, lors de la séance du mercredi 21 janvier 2026, la capitalisation du groupe minier s’élevait à 97,2 milliards de dirhams, repassant devant Itissalat Al-Maghrib, valorisée à 96,7 milliards de dirhams.

L’écart entre les deux capitalisations ressort ainsi à environ 554 MDH. Un différentiel minime, qui illustre un classement particulièrement serré, susceptible d’évoluer rapidement au gré des arbitrages intraday.

Au moment de la rédaction de cet article, le titre Managem évoluait autour de 8.197 DH, affichant une hausse de 28% depuis le début de l’année 2026. Cette performance intervient dans un contexte de marché plus hésitant, marqué par une phase de correction principalement liée aux prises de bénéfices, alors que les investisseurs attendent les publications des résultats du quatrième trimestre 2025.

L’or et l’argent au cœur de la dynamique

La trajectoire boursière de Managem s’inscrit dans un environnement particulièrement favorable aux métaux précieux. L’or et l’argent occupent une place centrale dans le modèle économique du groupe, en contribuant directement à la formation du chiffre d’affaires et de la rentabilité. Ces métaux constituent ainsi des leviers majeurs de création de valeur, à la fois par leurs niveaux de prix élevés et par les volumes commercialisés.

Ce mercredi 21 janvier, l’or poursuit sa flambée, atteignant 4.881 dollars l’once, tandis que l’argent évolue au-dessus de 95 dollars l’once. Une dynamique qui soutient directement les valeurs minières, lesquelles apparaissent parmi les segments les plus résilients dans la phase actuelle du marché.

Ce lien entre la hausse des métaux et les fondamentaux du groupe est clairement établi. Lors de la conférence de presse des résultats 2024, Managem avait indiqué que l’effet-prix figurait parmi les principaux moteurs de la croissance du chiffre d’affaires, précisant que l’or représente à lui seul près de 60% de cet effet-prix. En pratique, la progression du prix de l’or se répercute directement sur les ventes, puis sur les marges, renforçant mécaniquement l’attrait du titre en Bourse.

https://medias24.com/2026/01/10/managem-depasse-les-7-300-dh-en-bourse-portee-par-la-hausse-des-metaux-1609277/

https://medias24.com/2025/03/27/managem-en-2024-une-annee-charniere-entre-mutations-strategiques-et-ambitions-industrielles/

Managem cède 45% supplémentaires du projet aurifère Gabgaba à Norin Mining pour 420 M$

Managem a annoncé la conclusion d’un nouvel accord stratégique avec son partenaire chinois Norin Mining portant sur la cession d’un bloc additionnel de 45% du capital de la joint-venture (JV) qui détient indirectement le projet aurifère Gabgaba-Bloc 15 au Soudan. La transaction valorise le projet à 420 millions de dollars (base 100%, net de dette et cash).

À l’issue du closing, Norin Mining détiendra 80% du capital de la JV, tandis que Managem conservera 20%, assortis de droits minoritaires renforcés.

La finalisation reste soumise aux conditions suspensives usuelles pour ce type d’opération.

Dans le communiqué, Imad Toumi, président-directeur général de Managem, indique que l’opération « constitue une étape importante dans la stratégie aurifère de Managem ».

Il précise que la cession à Norin Mining doit accélérer le développement du projet WG03 et réallouer des ressources financières au profit d’autres projets stratégiques du groupe.

Une étape clé pour le financement et le développement du projet WG03

Managem présente cet accord comme un jalon structurant dans l’avancement du projet aurifère soudanais. Selon le communiqué, sa finalisation doit créer un cadre favorable pour mobiliser le financement bancaire nécessaire à la construction de WG03, prochaine phase industrielle de Gabgaba.

Ce développement vise à augmenter la capacité de production d’environ 120.000 onces d’or supplémentaires par an.

Le groupe explique que l’évolution du partenariat permettra de mettre en œuvre des moyens financiers et techniques supplémentaires, renforçant la viabilité à long terme du projet et contribuant au développement économique local. Les retombées attendues concernent également les communautés et l’ensemble des parties prenantes.

Parallèlement, Managem confirme qu’il continuera d’être actif au Soudan via une participation de 50% dans les blocs d’exploration 9, 24, 64 et 66, ce qui traduit, selon le groupe, un engagement durable dans la valorisation du potentiel aurifère du pays.

https://medias24.com/2025/03/27/managem-en-2024-une-annee-charniere-entre-mutations-strategiques-et-ambitions-industrielles/

Le Groupe Managem relance le projet de la mine d’or d’Eteke au Gabon

Selon la présidence gabonaise, le président Brice Oligui Nguema a reçu Imad Toumi, PDG du groupe Managem, ce jeudi 16 octobre 2025.

Cette audience vise à renforcer le cadre de la coopération entre le Gabon et Managem, où le groupe est déjà présent à travers la mine d’or de Bakoudou. Les nouvelles discussions ont porté sur le développement et l’exploitation de nouveaux projets miniers, en particulier celui de la mine d’or d’Eteke.

Situé dans la province de Ngounié, le permis d’exploration d’Eteke, d’une superficie de 1.408 km², a été acquis par le groupe en 2007.

Depuis, les travaux de développement de Managem ont identifié des réserves probables de 452.000 onces d’or sur trois gisements exploitables à ciel ouvert et nécessitant des investissements d’environ 138 millions de dollars.

À l’issue de cet entretien, le président gabonais Brice Oligui Nguema a affirmé sa volonté d’assurer une gestion transparente et souveraine des richesses minières au bénéfice de son pays.

De son côté, Imad Toumi a renouvelé l’engagement du groupe Managem à soutenir le Gabon dans la valorisation durable de ses ressources.

En plus du Gabon, le groupe Managem est également présent dans quatre autres pays africains, notamment la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Sénégal et le Soudan, où il mène d’autres projets d’exploitation d’or.

Mines. Enquête publique pour une nouvelle exploitation de cuivre d’Akka Gold Mining (province de Tiznit)

En application de l’article 59 de la loi 33-13 relative aux mines, un arrêté du gouverneur de Tiznit a décidé l’ouverture d’une enquête publique concernant la conformité environnementale du nouveau projet minier SW Tazalakht, porté par le groupe Managem à travers sa filiale Akka Gold Mining.

L’enquête publique pour ce projet débutera le 18 juin 2025 et durera 20 jours, se terminant ainsi le 8 juillet 2025. Un registre sera ouvert à cet effet au siège des communes concernées, Afella Ighir et Tassrirt, relevant de la province de Tiznit.

situation du projet de mine de cuivre de Managem SW Tazalakht développé par Akka Gold Mining et qui constituera une nouvelle source de cuivre pour l'usine d'Akka
Carte montrant la situation du projet minier SW Tazalakht développé par Akka Gold Mining.

Implanté à 20 km à l’est de Tafraout, ce projet minier couvre le périmètre de la licence n° 393614 (Akka Gold Mining), dans un secteur avoisinant une exploitation de cuivre historique à Tazalakht.

Le comité chargé de mener cette enquête publique est composé des responsables territoriaux ainsi que des représentants des administrations déconcentrées directement impliquées (Mines, Environnement, Eau, Urbanisme, Eaux et forêts…).

À l’issue de l’enquête publique, le président du comité clôturera le registre dédié à cette consultation et procédera, conjointement avec les membres du comité, à leur signature. Le comité établira ensuite un rapport synthétisant les observations et propositions des habitants relatifs au projet, qu’il transmettra à la commission régionale unifiée d’investissement (CRUI) relevant du centre régional d’investissement de Souss-Massa.

En attente d’approbation finale, le délai moyen d’obtention de l’attestation d’acceptabilité environnementale, condition sine qua non pour autoriser l’ouverture d’une nouvelle mine, est de 32 jours après le résultat de l’enquête publique.

Tazalakht, une nouvelle réactivation d’une mine aux multiples vies

Après l’épuisement des réserves d’or de la mine d’Akka en 2007, Managem, soucieux de préserver son activité, a développé des mines de cuivre dans les environs, dont le minerai est ensuite traité dans l’usine d’Akka. Depuis lors, le groupe extrait du cuivre des gisements cuprifères d’Agoujgal (près de Tata) et de Tazalakht (près de Tafraout).

La mine de Tazalakht ne constitue pas une nouvelle découverte. Il s’agit en réalité de l’un des plus anciens sites miniers du Maroc, dont l’exploitation remonte à l’époque almoravide. Réactivé pendant le protectorat français sous forme de mine souterraine, le gisement a connu une exploitation à ciel ouvert à partir de 1974 jusqu’à sa fermeture en 1992, avant d’être repris par Managem en 2007.

Carrière d'exploitation de cuivre Tazalakht développé par Akka Gold Mining.
Image satellite montrant l’exploitation à ciel ouvert du cuivre près du village de Tazalakht.

À l’époque, les travaux d’exploration du BRPM (Bureau de recherches et de participations minières) avaient estimé des réserves atteignant 1.578.700 tonnes, avec une teneur de 2,69 % en cuivre et 33 grammes par tonne en argent. Jusqu’à l’épuisement du gisement, Managem a exploité la mine à ciel ouvert, transportant le minerai vers son usine d’Akka pour traitement.

D’une superficie de 16,64 km², le nouveau projet de Managem se développera aux environs de Tignatine (située à 10 kilomètres au sud de l’ancienne carrière, à vol d’oiseau), dans une localité nommée Talat Zaghat. Cette dernière se trouve au sein de la même unité géologique que l’ancienne mine de Tazalakht : boutonnière de Aït Abdellah.

Carte géologique montrant la situation du nouveau projet minier (en carré rouge) SW de Tazalaght (Source : guide géologique et minier du Maroc).

En plus du projet Tazalakht, et dans le même objectif d’accroître les ressources cuprifères pour l’usine de traitement d’Akka, Akka Gold Mining développe un autre projet minier de cuivre : le projet minier Amalou. Situé au nord du site de Tazalakht, ce dernier couvre le périmètre de la licence d’exploitation n° 393534, qui s’étend sur la partie nord des communes de Tassrirt, Ammelne et Tafraout.

Rappelons que Managem lancera au début du deuxième semestre 2025 la mine de Tizert, un projet minier de classe mondiale qui doublera la production marocaine de cuivre grâce à cette mine qui a nécessité un investissement de 400 millions de dollars. À cela s’ajoute un nouveau projet stratégique de Managem pour la souveraineté industrielle du Maroc visant la construction du premier smelter de sulfate de cuivre en Afrique du Nord.

D’une grande importance pour l’industrie automobile et de batteries électriques, cela offrira à l’industrie nationale la capacité de se fournir localement en produits finis de cuivre, une opportunité qui manquait jusqu’alors, en dépit de l’existence au Maroc de plusieurs mines de cuivre actives.

Compagnie de Tifnout Tiranimine. Une augmentation de capital de 600 MDH soumise au vote

La Compagnie de Tifnout Tiranimine (CTT), filiale de Managem spécialisée dans l’extraction du cobalt et détenue à 99,77% par le groupe, fera l’objet d’un renforcement de capital de 600 MDH. L’opération sera soumise au vote lors de l’assemblée générale extraordinaire convoquée le 30 mai 2025.

Cette opération se fera par la création de 6 millions d’actions nouvelles, d’une valeur nominale de 100 DH chacune. L’augmentation portera le capital social de CTT de 302,7 MDH à 902,7 MDH et s’accompagnera de la suppression du droit préférentiel de souscription.

Elle vise à consolider la position stratégique de Managem au sein de sa filiale et à lui fournir les ressources nécessaires pour accompagner de nouveaux projets ou opérations minières.

Une filiale pivot dans la stratégie cobalt du groupe

CTT occupe une place centrale dans l’activité cobalt de Managem. Elle exploite la mine de Bou-Azzer, située à une centaine de kilomètres au sud de Ouarzazate, considérée comme l’une des rares sources mondiales de cobalt primaire. À la différence de nombreuses exploitations où le cobalt n’est qu’un sous-produit, Bou-Azzer en a fait sa production principale.

Le concentré extrait est ensuite transporté vers les installations hydrométallurgiques de Guemassa, également opérées par CTT, pour y être raffiné. L’usine y produit notamment des cathodes de cobalt de haute pureté, utilisées dans les batteries lithium-ion.

À travers CTT, Managem dispose ainsi d’un maillon stratégique dans la chaîne de valeur du cobalt, un métal devenu critique pour la transition énergétique mondiale, en particulier pour l’industrie automobile électrique.

Mines. Voici comment le Maroc développe sa chaîne de valeur du cuivre

Le Maroc, en route vers l’installation d’un écosystème industriel intégré de batteries, bénéficie d’atouts majeurs pour développer une filière compétitive et durable. La disponibilité locale de métaux stratégiques constitue un facteur déterminant pour attirer les investissements et construire une expertise solide, faisant du Maroc un hub régional dans le domaine des batteries et, plus largement, des industries liées à la transition énergétique.

Parmi ces métaux stratégiques figure le cuivre, un matériau aux applications multiples, des infrastructures électriques aux énergies renouvelables. Son rôle est particulièrement apprécié dans l’industrie automobile : présent dans les voitures thermiques (23 kilogrammes pour chaque voiture), il devient encore plus indispensable dans les hybrides (40 kilogrammes), et plus encore dans les véhicules électriques (83 kilogrammes).

Dans les batteries lithium-ion, le cuivre est indispensable pour les collecteurs de courant, assurant une conduction électrique optimale lors des cycles de charge et de décharge.

Cependant, si son utilisation est polyvalente dans l’industrie, sa disponibilité connaît des tensions périodiques qui menacent les chaînes d’approvisionnement mondiales. En 2024, son prix a pu dépasser les 10.000 dollars la tonne, marquant une hausse significative par rapport à 2023. Cette flambée des cours résultait de la décision des fonderies chinoises de réduire leur production, confrontées à une pénurie de concentrés miniers. Aujourd’hui, avec un cours avoisinant 9.739 dollars la tonne, la tendance haussière se maintient, reflétant la criticité abrupte de ce métal stratégique.

À l’échelle africaine, la production est dominée par la République démocratique du Congo (2,5 millions de tonnes/an) et la Zambie (800.000 tonnes/an). Bien que le Maroc en produise moins, il occupe la troisième place continentale.

De ce qui précède, trois questions fondamentales méritent d’être posées : avec une troisième place africaine malgré des volumes modestes, comment le Maroc peut-il valoriser au mieux ses ressources en cuivre dans la chaîne de valeur mondiale ? Par quels leviers pourrait-il compenser son désavantage quantitatif pour créer une distinction compétitive régionale ? Existe-t-il des projets en cours susceptibles de transformer ces potentialités en avantages économiques tangibles ?

La production du cuivre au Maroc

La production de cuivre au Maroc est principalement assurée par le groupe Managem qui exploite actuellement plusieurs sites. L’année dernière, ces sites ont permis une production de 92.612 tonnes de concentré de cuivre, réalisée par quatre filiales du groupe Managem : la Compagnie minière de Guemassa (mines de Hajar, Koudiat Aicha et Draa Sfar), Somifer (site de Bleida, mine de Jbel Laassal), Akka Gold Mining (sites d’Ouansimi et Akka), et la Compagnie minière d’Oumejrane (mine d’Oumejrane, récemment cédée à Purple Hedge).

Le minerai de cuivre exploité par Managem se présente sous plusieurs formes, soit en minerai polymétallique, en veines de cuivre hydrométallique ou bien en corps minéralisés en sulfures et oxydes de cuivre.

Par rapport à l’année 2023, l’année 2024 a enregistré une baisse de 14 % de la production cuprifère. En 2023, la production de Managem avait atteint 107.080 tonnes de concentré de cuivre, réparties entre ses différentes filiales : Somifer a contribué à hauteur de 43.970 tonnes, représentant 41,1% de la production totale, suivie d’Akka Gold Mining avec 31.759 tonnes (29,7%), puis de la Compagnie minière d’Oumejrane avec 16.029 tonnes (15%)  et enfin la Compagnie minière de Guemassa avec 15.322 tonnes (14,3%).

Situé au sud de Kelaâ des Sraghna, la mine de Jbiel est opérée par la compagnie minière canadienne Kharouba Copper Mining. Initié en 2011, ce projet permet une production additionnelle d’environ 3.600 tonnes par an de concentré de cuivre.

Mine de Tizert, la première mine intelligente au Maroc avec l’objectif de doubler la production nationale

Avec un investissement de 440 millions de dollars, la nouvelle mine de Tizert s’apprête à doubler la production nationale de cuivre au Maroc. La première extraction est attendue au deuxième semestre 2025 (en principe en juillet 2025), avec une montée en pleine capacité dès le début de l’année 2026.

Combinant une exploitation à ciel ouvert et souterraine, cette mine s’apprête non seulement à augmenter la production de cuivre au Maroc, mais également à doubler la production actuelle grâce à une mine de classe mondiale dont les réserves actuelles permettent une durée de vie initiale de 17 ans.

Les travaux à ciel ouvert sont déjà bien engagés : près d’1 million de tonnes de minerai ont d’ores et déjà été extraites en anticipation de la mise en service définitive de l’usine de traitement. Quant à la mine souterraine, son développement est quasiment achevé ; l’exploitation des gisements profonds devrait débuter dans les prochains mois, complétant ainsi le dispositif minier.

La mine de Tizert se positionne comme la première mine intelligente du Maroc, entièrement numérisée et automatisée. Elle intègre des équipements de pointe tels que le forage automatisé, la surveillance en temps réel de la qualité de l’air, ainsi que le suivi des collaborateurs et des machines. La gestion y est optimisée grâce à des systèmes interconnectés permettant une coordination instantanée, des simulateurs de formation et des protocoles d’urgence activables à distance. Enfin, l’ensemble de ces dispositifs est piloté de manière centralisée via un IROC (Tizert Digital Twin), offrant un contrôle en temps réel des opérations et une analyse prédictive des données pour une prise de décision éclairée.

En plus de son excellence technologique, le projet de la mine Tizert intègre une dimension environnementale novatrice. La mine a développé une infrastructure durable comprenant un pipeline de 142 kilomètres pour s’approvisionner en eaux non conventionnelles issues du traitement des eaux usées d’Agadir, réduisant ainsi sa pression sur les ressources hydriques naturelles. Parallèlement, le site est alimenté à 90% par une source d’énergie éolienne, ce qui permet de diminuer ses émissions de CO2 de 83%.

Cette synergie entre innovation technologique et responsabilité écologique positionne Tizert comme un nouveau modèle d’exploitation minière technologique et durable. Avec ses solutions pionnières en matière de gestion des ressources et d’énergie propre, Tizert s’inscrit parfaitement dans la stratégie nationale marocaine de développement durable tout en renforçant la compétitivité du secteur minier marocain.

ManaGreen, un projet de fonderie pour la production de la cathode de cuivre au Maroc

Lors de la présentation des résultats financiers 2024, Imad Toumi, PDG de Managem, a annoncé une importante réorganisation stratégique du groupe. Cette refonte s’articule autour de trois entités spécialisées : ManaGold pour les activités d’exploitation aurifère, ManaEnergy dédiée au développement du gaz naturel, et ManaGreen consacrée aux métaux stratégiques et critiques. Cette nouvelle structure permettra au groupe de renforcer son expertise sectorielle, d’optimiser ses performances opérationnelles et de se positionner comme un acteur clé dans ces domaines stratégiques, tout en répondant aux enjeux de la transition énergétique.

Portant l’ambition du Maroc de développer un écosystème compétitif dans l’industrie des batteries, ManaGreen incarne la nouvelle orientation stratégique du pays. Elle vise notamment à redynamiser la Stratégie Industrielle 2030 en sécurisant l’approvisionnement en métaux stratégiques essentiels à la transition énergétique, notamment ceux utilisés dans la fabrication de batteries.

Sur le plan minier, ManaGreen prévoit de développer plusieurs projets de métaux stratégiques, notamment le graphite naturel, le manganèse et les terres rares, afin de réduire au maximum la dépendance du Maroc aux importations. Au-delà de l’extraction minière, ManaGreen ambitionne de mettre en place des projets industriels axés sur la production de matériaux prêts à l’emploi pour les fabricants de batteries.

Si l’usine de fabrication des sulfates de cobalt devrait être opérationnelle au début du deuxième semestre de l’année 2025, un autre projet stratégique a été lancé par ManaGreen : la construction de la première fonderie de cuivre en Afrique du Nord.

Jusqu’à présent, le Maroc ne produisait que du concentré de cuivre, une matière brute nécessitant obligatoirement une transformation à l’étranger. Avec cette nouvelle fonderie, le pays pourra localement valoriser ses ressources, réduire ses importations et renforcer son autonomie industrielle.

Le projet de construction d’une fonderie de cuivre est actuellement en phase d’étude de faisabilité, avec un investissement estimé entre 10 et 15 milliards de dirhams. Cette unité industrielle aura pour objectif de transformer du concentré de cuivre en cathodes, répondant ainsi aux besoins croissants du marché industriel local et notamment à l’écosystème d’industrie de batteries en cours de développement.

Un des atouts majeurs de ce projet réside dans la collaboration avec le groupe OCP, qui produit déjà de l’acide sulfurique pour ses activités dans les engrais et qui est essentiel pour le processus de raffinage du cuivre. De son côté, l’OCP accélère son développement à travers son programme stratégique M’zinda Meskala (SP2M), visant à augmenter sa capacité de production de phosphates et dérivés d’ici 2030, avec des premiers résultats dès l’année prochaine, avec l’inauguration du phosphate hub de Mzinda.

Le cuivre au Maroc, un potentiel encore sous-exploité

L’analyse de la carte des gîtes miniers marocains révèle un potentiel cuprifère considérable, avec presque des milliers de sites recensés pour le seul cuivre. Cette abondance témoigne du caractère encore sous-exploré du territoire national, particulièrement pour cette ressource stratégique. La répartition de ces indices miniers est inégale à travers les douze régions du pays, avec une forte concentration dans deux principales régions : Souss-Massa et Draâ-Tafilalet.

L’ONHYM poursuit activement ses efforts de promotion de projets miniers. Dans le cadre d’un appel d’offres international, Africorp Mining a récemment remporté celui portant sur le projet minier de cuivre de Naour, situé dans la province de Beni Mellal. L’entreprise devrait investir près de 230 millions de dirhams pour le développement de ces ressources, dont le volume est estimé à 1,5 million de tonnes, avec une concentration moyenne de cuivre évaluée à 1,5%.

La dynamique des nouveaux projets de cuivre n’a pas encore atteint son apogée. Ainsi, une nouvelle mine, Tabaroucht, opérée par la Compagnie minière de Tiouissit (CMT), est dans sa phase finale de développement en vue d’une décision finale d’investissement. De même, la mine d’Oumejrane, reprise par Purple Hedge, devrait prochainement rouvrir et bénéficier d’un développement additionnel de ses ressources actuellement limitées. Une dizaine de compagnies d’exploration minière développent également plusieurs projets d’exploration à différents stades d’avancement, et plusieurs de ces projets présentent un important potentiel de développement.

Parallèlement à la promotion de projets miniers, les efforts de l’ONHYM s’étendent à l’exploration minière, une démarche essentielle pour minimiser les risques liés aux investissements dans ce secteur. Au cours de l’année précédente, les travaux de recherche minière ont concerné un total de 44 projets, répartis entre 22 projets développés en propre et 22 projets menés en partenariat. Une part significative de ces initiatives cible des ressources en cuivre, notamment les projets de Merija (récemment cédé à Africorp Mining), d’Oulad Yaacoub, Tizi N’Ouchene, Alma, Amane Tazougart et Tassent-Anefgou.

Managem en 2024 : une année charnière entre mutations stratégiques et ambitions industrielles

Si l’année 2024 restera dans les annales de l’industrie minière comme un exercice hors norme, chez Managem, elle a représenté un tournant décisif. Entre envolée spectaculaire des cours de l’or et du cuivre, effondrement brutal du cobalt et finalisation de projets d’envergure, le groupe a dû composer avec une conjoncture mouvementée. Plus qu’un simple exercice financier, cette année a été celle des choix structurants, des ajustements stratégiques et d’une transformation en profondeur de son modèle.

Elle a également été marquée par la finalisation de deux projets majeurs : un projet aurifère au Sénégal et le projet Tizert, centré sur le cuivre, au Maroc.

« Ces deux projets arrivent à maturité, et nous sommes très proches du démarrage de leur production. Ils marquent une nouvelle étape pour le groupe, avec un véritable changement de dimension industrielle », explique Imad Toumi, président directeur général du Managem.

Une stratégie 2030 articulée autour de trois pôles spécialisés

Managem entre en 2025 dans un nouveau cycle stratégique structuré autour de trois pôles de métiers : l’or, les métaux critiques et l’énergie. Pour incarner cette transformation, trois entités dédiées ont été créées : ManaGold, ManaGreen et ManaEnergy.

« Ce plan stratégique à horizon 2030 incarne une nouvelle phase pour Managem, avec des lignes de métier clairement identifiées, des ambitions affirmées et un positionnement renforcé sur les ressources critiques de demain », a expliqué Imad Toumi.

ManaGold : un pôle aurifère à vocation panafricaine

Avec ManaGold, Managem structure son activité aurifère dans une logique de déploiement régional.

« Le projet Boto est aujourd’hui dans sa phase finale de montage. Nous prévoyons un démarrage de la production entre juillet et août 2025, après les derniers essais techniques. C’est une étape très attendue, qui marquera un tournant pour notre présence en Afrique de l’Ouest », a précisé le PDG.

En plus du site de Boto, trois autres projets aurifères sont en cours de développement : un en Guinée équatoriale, un au Gabon, et un troisième qui entrera en phase d’étude de faisabilité dès l’an prochain.

Ce portefeuille vise une production de 500.000 onces d’or par an à horizon 2028, en capitalisant sur des réserves totales de 9,3 millions d’onces 

ManaGreen : les métaux critiques pour la transition énergétique

À travers ManaGreen, Managem déploie une véritable plateforme industrielle dédiée aux métaux stratégiques pour la transition énergétique. L’enjeu est clair : ne plus seulement extraire, mais transformer localement, en visant des produits finis à forte valeur ajoutée, dans une logique de souveraineté industrielle.

Le premier chantier emblématique est la construction de la première fonderie de cuivre en Afrique du Nord, en partenariat avec l’OCP.

Cette unité produira des cathodes de cuivre destinées à l’industrie automobile, mais aussi de l’acide sulfurique pour les engrais. « Ce projet nous permet de franchir un cap : passer du concentré au produit fini, intégré dans les chaînes industrielles marocaines », explique Imad Toumi.

Le groupe mise aussi sur les composants clés des batteries. À partir du cobalt extrait à Bou-Azzer, Managem développera une capacité de 3.500 tonnes par an de sulfate de cobalt de qualité batterie, produit à Guemassa.

Le sulfate de manganèse est également en cours de développement, pour servir les marchés marocain et international.

Enfin, le graphite complète ce triptyque stratégique. Avec un gisement riche et un test industriel lancé fin 2024, Managem vise un graphite purifié à plus de 94%, puis la production d’uSPG – le graphite sphérique non revêtu utilisé dans les anodes de batteries.

ManaEnergy : une nouvelle verticale autour du gaz naturel

L’acquisition de Sound Energy Maroc a ouvert à Managem une nouvelle verticale à fort potentiel : celle de l’énergie. Le projet de Tendrara, premier actif gazier du groupe, entrera en production fin 2025, avec une capacité initiale de 100 millions de m³, destinée à couvrir les besoins de l’industrie marocaine.

Une deuxième phase est déjà en préparation, avec un objectif de montée en puissance vers 450 millions de m³, soit environ 70% de la consommation nationale actuelle. Le groupe prévoit une première livraison par camion avant un raccordement futur au gazoduc Maghreb-Europe.

« Avec ManaEnergy, nous voulons être un acteur structurant dans le gaz naturel. Ce projet n’est pas seulement un relais de croissance pour Managem, il constitue aussi une contribution directe à la sécurité énergétique du pays », conclut Imad Toumi.

Une année favorable pour les métaux stratégiques

« Nous avons eu la chance, cette année, d’évoluer dans un environnement globalement porteur pour les métaux de base », souligne Mouna Mahfoud, directrice financière de Managem. « Le zinc s’est apprécié de 6%, le cuivre de 8%. Ce sont des hausses significatives qui ont directement soutenu notre chiffre d’affaires ».

À l’inverse, le cobalt a continué sa descente entamée en 2023, perdant plus de 25% de sa valeur. « Ce métal a souffert d’une surabondance des stocks sur le marché international, avec un prix moyen tombé sous les 10 dollars, contre plus de 20 à 30 dollars l’année précédente. Il s’agit d’un niveau historiquement bas », rappelle la DAF.

Côté métaux précieux, la tendance a été nettement plus favorable. L’or a progressé de 23% et l’argent de 21%, profitant à la fois de leur statut de valeurs refuges et d’un contexte géopolitique mondial tendu. « Ces deux métaux constituent un pilier essentiel de notre stratégie de diversification, et leur performance en 2024 nous a clairement été bénéfique », ajoute-t-elle.

Des indicateurs financiers en nette progression

Ces hausses, conjuguées à une amélioration des volumes vendus, ont permis à Managem de réaliser une croissance de 18% de son chiffre d’affaires, qui s’établit à près de 9 MMDH.

«  Cette progression est le fruit d’un double levier : des prix de vente mieux orientés sur plusieurs métaux, et une augmentation des volumes commercialisés, notamment en or et en cuivre », détaille Mouna Mahfoud.

L’excédent brut d’exploitation s’est ainsi établi à 2,65 MMDH, en hausse de 11%, tandis que le résultat net d’exploitation a grimpé de 18%, pour atteindre 620 MDH.

60% des revenus ont été générés hors Maroc, principalement grâce à la montée en puissance des activités aurifères et cuprifères en Afrique subsaharienne

Le Maroc représente 40% du chiffre d’affaires, avec une répartition sectorielle stable, témoignant d’un modèle de diversification équilibré. Dans le détail, 800 MDH de la progression du chiffre d’affaires sont liés à l’effet-prix, porté à 60% par l’or, tandis que 400 millions proviennent des volumes supplémentaires vendus, notamment en cuivre.

L’activité au Soudan a également repris en 2024, après une interruption prolongée en 2023 liée aux tensions politiques dans le pays. La contribution de l’international est encore plus marquée au niveau des résultats d’exploitation, représentant 80% du total, contre 75% un an plus tôt.

Managem a volontairement réduit sa production de cobalt en 2024 pour préserver la ressource, en réponse au contexte dégradé du marché. Le groupe a également dû composer avec une hausse du cash cost, en particulier sur l’or et le cuivre. » C’est un surcoût assumé, car il est orienté vers la croissance future. Les investissements réalisés aujourd’hui sont des socles pour les performances des années à venir  ».

Le résultat net part du groupe (RNPG) ressort à 620 MDH, en hausse de 20%. Cette progression est portée par une meilleure rentabilité opérationnelle (+286 MDH), un effet favorable du taux de change, mais aussi freinée par une pression fiscale accrue.

« L’augmentation de l’impôt s’explique par la montée en puissance de certaines filiales, mais aussi par l’évolution du taux d’imposition dans le cadre de la loi de finances 2023« , conclut Mouna Mahfoud.

Projet de Tizert : Managem s’apprête à inaugurer la première mine intelligente au Maroc

Située entre Taroudant et Tata, la mine de cuivre de Tizert s’apprête à entrer en service au cours du mois de juin prochain. Lancé en 2022, ce projet représente un investissement total de 440 millions de dollars (plus de 3,85 milliards de dirhams) et devrait aboutir à la plus grande exploitation minière souterraine de la région.

Avec une capacité de production annuelle de 3,6 millions de tonnes de minerai, elle permettra d’augmenter la production de cuivre au Maroc, qui a atteint en 2023 une production d’environ 110.000 tonnes de concentré de cuivre, occupant la 5ᵉ place à l’échelle africaine, derrière la République démocratique du Congo, la Zambie, l’Afrique du Sud et la Mauritanie.

Localisation de la mine de Tizert

À ce jour, les travaux de génie civil ont été finalisés, y compris les raccordements stratégiques en eau et en électricité, alors que les infrastructures souterraines, indispensables à l’exploitation minière, sont en phase finale de réalisation. Ces avancées préparent le site à une mise en service de l’exploitation au cours du second semestre de 2025.

La mine de Tizert, une première mine intelligente au Maroc

L’un des aspects les plus innovants du projet Tizert est son intégration des technologies de pointe pour en faire une mine intelligente.

En novembre 2024, Managem a signé un contrat avec Epiroc pour s’équiper des solutions technologiques nécessaires pour cette nouvelle mine.

Contrairement aux mines déjà en exploitation, où la mise en œuvre de telles technologies est difficile, Tizert bénéficie de sa construction récente pour intégrer dès le départ des outils numériques avancés.

Parmi les principales technologies intégrées figurent l’automatisation des processus basée sur les événements et les données des machines, le suivi en temps réel des véhicules et du personnel, l’intégration avec des systèmes de planification tiers pour une vision claire de l’avancement des travaux, le flux de données fluide et instantané…

Le potentiel minier de la mine de Tizert

L’Anti-Atlas regroupe des centaines d’indices miniers de cuivre, dont une grande partie est actuellement exploitée ou en cours de développement par de nombreuses entreprises minières. Parmi elles, le groupe Managem possède plusieurs actifs miniers dédiés au cuivre, notamment les mines d’Ouansimi, de Bleida (traitement de cuivre), d’Agoujgal, de Bouskour et de Tizert.

La mine de Tizert, de classe mondiale, dispose de ressources estimées à 56,8 millions de tonnes, avec une teneur de 1,03% en cuivre et 23 g/tonne d’argent. Il s’agirait du plus grand gisement de cuivre au Maroc (Bouskour : 9 millions de tonnes à une teneur de 1,61% de cuivre ; Agoujgal : 5 millions de tonnes à une teneur de 1% en cuivre et 20 g/tonne d’argent ; Ouansimi : 1.087.000 tonnes à 2,63% de cuivre) (d’après les données d’Oummouch et al., 2017).

La zone minière s’étend sur plus de 5 km de long, avec une épaisseur de la zone minéralisée atteignant 45 mètres et la possibilité de son extension à la lumière des travaux ultérieurs de développement.

Le cuivre de Tizert se trouve principalement dans la « zone d’oxydes verts », qui renferme des quantités significatives de malachite, des sulfures secondaires ainsi que de l’argent sous forme de minéraux comme la stromeyerite, l’eugénite ou la chlorargyrite. On y trouve également, en moindre quantité, du plomb sous forme de galène.

Le précieux apport de la R&D

En plus des travaux de construction, la R&D, via la filiale Reminex, a présenté de son côté des apports pertinents au développement de ce projet.

Pour un traitement minier plus respectueux de l’environnement, une étude scientifique (Barfoud et al., 2024) a testé la biolixiviation sur un concentré de cuivre issu de la flottation, en utilisant un réacteur continu. Cette méthode, basée sur l’utilisation de micro-organismes, s’est avérée prometteuse, économique et écologique pour valoriser le cuivre.

L’inoculation de bactéries exogènes a permis d’atteindre un rendement en cuivre de 91%, contre un rendement inférieur sans inoculation. Ces résultats ont été confirmés par une étude à l’échelle pilote, avec un rendement encore plus élevé de 95%.

Sur le plan des nouvelles technologies, une autre étude a impliqué le machine learning (ML) pour prédire la récupération du cuivre de Tizert à partir de données variées.

L’étude a testé l’algorithme XGBoost qui permet d’intégrer des informations géologiques, minéralogiques et métallurgiques dans la planification minière, la prédiction des modèles de récupération et le traitement des minerais avec une meilleure durabilité, rentabilité et optimisation des processus.

En plus de son caractère intelligent, le projet Tizert se distingue par son engagement en faveur d’une exploitation minière durable. L’objectif est de réaliser une production avec un impact environnemental neutre tout au long du processus d’exploitation. Parmi les mesures mises en place, figurent l’intégration des énergies renouvelables, la réutilisation des eaux non conventionnelles, la réduction des déchets miniers…

Cette intégration de la technologie et du respect de l’environnement positionne Tizert comme un nouveau modèle d’exploitation minière responsable, aligné sur les enjeux environnementaux actuels.

À terme, la mine de Tizert permettra de renforcer la production de cuivre au Maroc, où Managem a produit 107.081 tonnes de concentré de cuivre en 2023 à partir de ses actifs locaux. Elle contribuera également à la transition énergétique, puisque ce minerai stratégique s’implique fortement dans l’industrie des énergies renouvelables et les véhicules électriques.

Le secteur minier profite de l’envolée des métaux et brille en bourse

Le secteur minier s’impose comme l’un des grands gagnants de ce début d’année à la Bourse de Casablanca. L’indice des mines a augmenté de 32,8%, passant de 38.225 points en janvier à 50.765 points au 21 février.

Cette dynamique repose sur une combinaison de facteurs favorables : envolée des métaux précieux et hausse du dollar.

Managem mène la tendance avec une hausse de 36,5%, suivie de SMI (24,3%). CMT, en revanche, reste en retrait avec une baisse de 7,8%.

L’or et l’argent évoluent toujours à la hausse, ce qui renforce l’attractivité du secteur. La vigueur du dollar joue aussi un rôle important. Mais la dynamique peut-elle se maintenir ? Jusqu’où les minières peuvent-elles aller ?

Un secteur porté par la flambée des métaux et un dollar robuste

Les métaux s’apprécient en raison des incertitudes économiques et des politiques monétaires encore prudentes.

L’or et l’argent poursuivent leur hausse, ce qui renforce l’attractivité des minières. « L’or dépasse désormais les 2.900 USD, contre un peu plus de 2.600 USD en janvier. Tant que cette dynamique se maintient, le marché restera acheteur », commente un analyste de la place.

L’argent, dont l’utilisation industrielle ne cesse d’augmenter, suit une trajectoire similaire. Ce métal est très recherché dans la transition énergétique et l’électronique, ce qui alimente la demande et, par conséquent, la performance des sociétés minières spécialisées comme SMI.

Le dollar fort constitue un autre levier essentiel. « Un billet vert solide amplifie l’attractivité des matières premières et améliore la rentabilité des exportateurs. Ce facteur, combiné à la hausse des métaux, explique l’intérêt grandissant pour les minières marocaines », poursuit la même source.

Managem attire une demande massive en raison de son positionnement sur plusieurs métaux stratégiques

L’intérêt des investisseurs se concentre principalement sur Managem et SMI, dont les volumes échangés ne cessent d’augmenter. « Managem attire une demande massive en raison de son positionnement sur plusieurs métaux stratégiques. L’action bénéficie d’un alignement parfait entre des fondamentaux solides et une tendance favorable du marché », souligne-t-il.

À l’inverse, CMT peine à suivre. « Son niveau de valorisation reste attractif. Les investisseurs ne tarderont pas à y voir une opportunité de rattrapage ». La société évolue en décalage par rapport au reste du secteur, mais son retard pourrait rapidement être comblé si le marché se tourne vers des valeurs sous-évaluées.

Avec de telles performances, faut-il considérer ces valeurs comme des actions de croissance à long terme ? Pas vraiment. « Les valeurs minières restent avant tout des valeurs cycliques. Leur performance dépend directement des fluctuations des matières premières. Elles connaissent des phases d’expansion spectaculaires lorsque les métaux montent, mais subissent aussi des corrections lorsque le cycle se retourne », explique l’analyste du marché.

Contrairement aux valeurs technologiques ou industrielles qui reposent sur une croissance structurelle, les minières évoluent en fonction de l’offre et de la demande mondiales sur les matières premières. Elles restent donc sensibles aux changements de conjoncture économique et aux politiques monétaires des grandes banques centrales.

Jusqu’où peut aller la hausse ?

Le secteur minier s’affirme comme l’un des segments les plus dynamiques de la Bourse de Casablanca en 2025. Tous les signaux laissent penser que la tendance haussière va encore durer. L’envolée des métaux, la solidité du dollar et l’intérêt croissant des investisseurs maintiennent un environnement propice à la poursuite de cette dynamique.

« Les bases restent solides. Les métaux précieux affichent des niveaux élevés, et la demande industrielle sur des métaux comme le cuivre et l’argent continue d’augmenter. Dans ces conditions, les minières devraient rester bien orientées dans les mois à venir », explique-t-il.

L’optimisme reste de mise sur Managem et SMI, qui attirent toujours un flux important d’acheteurs. « Les volumes montrent que le marché croit encore au potentiel de hausse. Tant que l’or et l’argent maintiennent leur élan, les minières continueront de progresser », ajoute l’expert.

Les bases restent solides. Les métaux précieux affichent des niveaux élevés, et la demande industrielle sur des métaux comme le cuivre et l’argent continue d’augmenter

Toutefois, après une telle envolée, des ajustements de consolidation restent possibles. « Des phases de stabilisation sont naturelles après une forte hausse. Mais pour l’instant, rien n’indique un retournement brutal. Le secteur reste l’un des plus solides en bourse cette année », conclut-il.

L’enjeu des prochaines semaines sera donc d’observer l’évolution des prix des métaux et les flux d’investissement, qui détermineront si cette ascension peut se prolonger ou si le marché amorcera une consolidation.

Mana Energy, filiale de Managem, renforce son équipe avec l’arrivée de Mohammed Seghiri

Afin d’assurer la bonne vitesse pour le développement du champ de Tendrara, Mohammed Seghiri, directeur général des opérations de Sound Energy, a démissionné de la compagnie britannique pour rejoindre le groupe Managem, et plus précisément sa nouvelle filiale, Mana Energy.

Mohammed Seghiri a précédemment dirigé les opérations de Sound Energy pour le développement de la phase 1 du projet de gaz de Tendrara. Conformément à l’accord signé avec Managem, il avait été mandaté pour assurer une transition sans interruption du projet, suite à l’acquisition de la filiale Sound Energy Morocco East Limited par le groupe Managem.

Pour rappel, l’accord entre Sound Energy et Managem portait sur plusieurs points essentiels, dont :

Avant de rejoindre Sound Energy, Mohammed Seghiri a occupé plusieurs fonctions, dont celle de directeur au sein de l’OGIF, un fonds d’investissement marocain spécialisé dans les secteurs pétrolier et gazier. Ce fonds est soutenu par un tour de table composé de sept grandes institutions marocaines : le groupe Attijariwafa Bank, la CIMR, le groupe CDG, Finance Com, Advisory and Finance Group, MAMDA-MCMA et Saham Assurances.

« Sound souhaite remercier Mohammed pour ses 8 années de service au sein de l’entreprise. Il a obtenu un succès significatif en menant la découverte de Tendrara à travers son développement et maintenant, avec Managem, jusqu’à la production plus tard cette année. Une réalisation très notable. Nous sommes ravis qu’il reste impliqué dans les activités de Tendrara et nous nous réjouissons de poursuivre notre étroite collaboration », a déclaré Graham Lyon, directeur exécutif de Sound Energy.

La production de gaz naturel au Maroc, une progression à différentes vitesses

Alors que le Maroc s’engage résolument dans la transition énergétique, notamment en développant l’hydrogène vert, l’investissement dans le gaz naturel apparaît comme une étape intermédiaire pertinente. En effet, le gaz naturel, moins polluant que le charbon ou le fioul, permet de réduire les émissions de CO2 tout en offrant une flexibilité pour une éventuelle transition future vers l’hydrogène vert, lorsque celui-ci deviendra plus compétitif.

Le Maroc a bien compris l’enjeu et, en plus de l’intégration des énergies renouvelables, la puissance installée utilisant le gaz naturel est passée de 680 MW en 2009 à 861 MW en 2024. Cette augmentation, qui s’explique par le développement des infrastructures énergétiques et l’augmentation de la demande industrielle, s’est matérialisée par une hausse de la consommation de gaz naturel durant la même période de 575.054 à 840.751 tonnes équivalent pétrole.

À l’horizon 2030, une feuille de route pour le gaz naturel, planifiée par le ministère de la Transition énergétique, prévoit le renforcement des investissements dans les infrastructures gazières, notamment par la construction de plusieurs gazoducs et unités de liquéfaction de gaz naturel.

Cette année marque une étape historique pour le Maroc qui produira pour la première fois du gaz naturel liquéfié (GNL). Bien que cette production initiale soit modeste par rapport à la demande annuelle du pays, estimée à 1,05 milliard de mètres cubes, elle représente un premier pas encourageant. Son développement futur, soutenu par d’autres projets prometteurs en cours, pourrait permettre de couvrir une part plus significative des besoins nationaux en gaz naturel.

  

Champ de Tendrara : un démarrage à 100 millions m3 par an, avant une montée en puissance progressive

Dans la licence de Tendrara, la production de gaz naturel devrait débuter une fois l’unité de liquéfaction mise en service. Les premiers volumes de gaz sont attendus à l’usine de liquéfaction d’ici la fin de l’été 2025, avec une production commerciale qui débutera en décembre 2025 et devrait atteindre initialement 100 millions de mètres cubes par jour.

En 2024, les puits T6 et T7, qui livreront le gaz, ont été achevés avec succès, en attendant la mise en service de l’unité de liquéfaction de gaz naturel qui permettra sa commercialisation.

 

Arbre de Noël d’un des deux puits de production à Tendrara (crédit: Sound Energy).

 

La construction de l’unité de liquéfaction du champ de Tendrara est en phase de finalisation ( Crédit: Sound Energy).

L’entrée de ManaEnergy (nouvelle filiale du groupe Managem) vise à accélérer l’exploitation gazière au Maroc, dans le cadre de la deuxième phase du projet Tendrara, tout en étant bénéfique pour Sound Energy qui a pu honorer l’ensemble de ses dettes.

Devenu opérateur, Managem s’engagera à financer le forage de deux autres puits : BK-1 dans la licence de Grand Tendrara et M5 dans la licence d’Anoual, ainsi que la construction d’un pipeline connecté au gazoduc Maghreb-Europe sur une longueur de 120 kilomètres.

Carte de localisation montrant la limite de la licence de Tendrara avec, en couleur rouge, le premier prospect qui sera développé.

La phase 2 du projet, dont l’envergure est trois fois supérieure à la phase pilote, consiste à développer la production de gaz naturel afin d’alimenter les centrales électriques régionales. Cet accroissement de la production, estimé à un minima de 300 millions de mètres cubes supplémentaires par an, devrait générer des revenus substantiels et renforcer la sécurité énergétique de la région. Sous réserve de l’obtention des financements nécessaires, la mise en service de cette nouvelle phase nécessite une période de 18 à 24 mois.

Concernant la deuxième phase du projet, une décision d’investissement est prévue également à la fin de l’année 2025 et devrait permettre la mise en œuvre de la conception technique du projet qui a déjà été réalisée par Sound Energy.

Prospect de Guercif : Predator Oil & Gas à la recherche du jackpot

La société Predator Oil & Gas est actuellement en phase de préparation du site de forage MOU-5 qui devrait confirmer la présence de gaz naturel dans ce prospect. Les travaux de construction sont en cours et devraient permettre de lancer les opérations de forage à partir du 25 février.

Site du forage en construction (Crédit: Predator)

Le potentiel annoncé par l’entreprise est considérable, estimé entre 4,4 trillions de pieds cubes (l’équivalent de 128 milliards de m3) et 5,9 trillions de pieds cubes (l’équivalent de 167 milliards de m3) de ressources (estimées, et non pas de réserves prouvées) dans le prospect MOU-5. Cependant, ces estimations ont été revues à la baisse par une expertise externe du cabinet Scorpion Geosciences, selon lequel les ressources potentielles ne dépasseraient pas 4,8 milliards de mètres cubes.

Se trouvant à proximité du gazoduc Maghreb-Europe (GME), la faisabilité d’alimenter une centrale électrique à turbine à gaz dépend exclusivement des résultats du forage du puits MOU-5. Ce forage devrait déterminer avec précision les réserves de gaz, leur qualité ainsi que leur potentiel d’exploitation.
En attente de ces résultats, initialement prévus pour mars 2025, si le prospect MOU-5 s’avère contenir du gaz, un investissement dans une unité de liquéfaction sera nécessaire. Pour que ce projet soit rentable, le prospect MOU-5 devrait contenir des ressources supérieures aux 4,8 milliards de mètres cubes estimés par Scorpion Geosciences.

Périmètre de la licence de Guercif développée par la compagnie Predator Oil & Gas.

En plus du gaz thermogénique, Predator Oil & Gas prévoit également d’investir dans le gaz biogénique, dont la présence a été confirmée par les puits précédents dans la licence de Guercif. Récemment, la compagnie a réussi une importante levée de fonds d’environ 2,5 millions de dollars, dont 1,8 million sera consacré au forage d’un puits dans le prospect MOU-6 pour l’exploration du gaz biogénique.

Pour l’année 2025, Predator devrait finaliser une décision d’investissement concernant le gaz biogénique compressé en vue d’une production début 2026, tout en envisageant de se désengager du prospect MOU-5, nécessitant davantage d’investissement, si les résultats s’avèrent positifs.

Probablement, la priorité donnée au gaz biogénique, malgré ses réserves plus limitées, s’explique par la volonté de générer rapidement des revenus. Ce type de gaz peut être directement utilisé par l’industrie, ne nécessitant pas d’investissements et des délais liés à la construction d’une usine de liquéfaction nécessaire pour le gaz thermogénique, plus adapté à la production d’électricité.

Champ offshore d’Anchois, une pause forcée par Energean

La compagnie d’exploration Chariot détient trois licences d’exploration d’hydrocarbures : deux en offshore, Lixus et Rissana, et une autre en onshore, la licence Loukos. En décembre 2023, Chariot a conclu un accord avec Energean, faisant de cette dernière l’opérateur des permis Lixus Offshore et Rissana Offshore, avec des participations respectives de 45 % et 37,5 %.

Crédit: Chariot Energy

En offshore, la compagnie Chariot a identifié des ressources contingentes, et non des réserves, estimées à 18 milliards de mètres cubes (soit l’équivalent de 637 milliards de pieds cubes) dans le champ Anchois, situé dans la licence de Lixus.

Grâce à l’accord avec Energean, un forage du puits Anchois-3 a été réalisé en offshore afin de déchiffrer davantage de ressources gazières. Cependant, plusieurs contraintes techniques ont été identifiées, notamment une saturation en eau.

À la suite de ces résultats, Mathios Rigas, PDG d’Energean, a déclaré que les résultats du puits d’exploration n’étaient pas satisfaisants pour sa compagnie. Il a précisé que cela ne signifiait pas l’absence de gaz, mais que le projet serait plus adapté à une compagnie d’exploration junior.

Par cette annonce, le PDG a confirmé le désengagement de son entreprise du projet. Toutefois, à ce jour, aucune action concrète n’a été entreprise, laissant le projet dans une situation de pause forcée. L’avenir du projet est à ce stade incertain tant qu’Energean n’aura pas pris de décision ferme quant à sa poursuite.

En onshore, Chariot Energy a mené des explorations de gaz biogénique avec l’objectif de développer rapidement une production de gaz comprimé et de financer ainsi le développement de son plus grand projet offshore, le champ d’Anchois. Si l’un des puits s’est avéré productif, l’autre a rencontré des difficultés techniques liées à la présence d’eau, empêchant son exploitation immédiate. Depuis ce temps, l’entreprise effectue une relecture des données afin de décider de l’avenir du développement de gaz naturel comprimé dans la licence Loukos.

Ce qu’il faut retenir de la production du gaz naturel au Maroc :

Managem s’allie au géant nord-américain Barrick pour explorer l’or au Sénégal

L’accord est soumis aux autorisations du ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines du Sénégal.

Les trois permis de recherche sont Daorala, Noumoufoukha et Faraba. Ils couvrent une superficie de 820 km² et sont situés dans un cadre géologique prolifique, qui s’étend de l’ouest du Mali à l’est du Sénégal, une région ayant déjà connu plusieurs découvertes majeures d’or.

Dans le cadre de cet accord, Barrick investira 7,5 millions de dollars au cours des deux premières années, puis 15 millions de dollars entre la troisième et la septième année. L’objectif est de mener à bien une étude de préfaisabilité confirmant un potentiel d’au moins 2 millions d’onces d’or.

Les détails dans le communiqué diffusé par Managem.