Bourse. « Le potentiel de hausse n’est pas encore totalement épuisé, à condition d’adopter une approche sélective » (Khadija El Moussily)

Après deux années de forte expansion, la Bourse de Casablanca aborde 2026 dans un contexte marqué par la poursuite de la dynamique observée ces dernières années. En 2025, le marché actions a clôturé l’année sur une progression de 27,6%, prolongeant le mouvement haussier engagé en 2024 et portant la capitalisation boursière au-delà du seuil des 1.000 MMDH.

Dans cet entretien, Khadija El Moussily, responsable Equity au sein de BMCE Capital Global Research, livre sa lecture des catalyseurs et des risques du cycle en cours. Elle revient sur la question de la valorisation du marché marocain, identifie les secteurs offrant le plus de visibilité en 2026 et détaille la posture d’investissement à privilégier dans un environnement international encore incertain.

Média24 : Après une année 2025 marquée par une nette progression de la Bourse de Casablanca, quels sont selon vous les principaux catalyseurs susceptibles d’accompagner le marché en 2026 ? Et, à l’inverse, quels sont les facteurs de risque qu’il faut garder à l’esprit à ce stade du cycle ?

Khadija El Moussily : À l’horizon 2026, la lecture du marché actions marocain s’inscrit dans une logique de normalisation après deux exercices de forte expansion. En effet, après la revalorisation significative observée en 2024-2025, la performance attendue devrait être davantage tirée par la croissance bénéficiaire, la capacité des entreprises à exécuter leurs plans stratégiques et une sélectivité accrue des investisseurs.

À court terme, une phase de prises de bénéfices pourrait intervenir autour des mois de février-mars, à l’approche de la publication des résultats annuels 2025

Cette éventuelle phase de prises de bénéfices s’inscrirait dans un contexte de niveaux de valorisation élevés sur certains segments et de repositionnement tactique des portefeuilles.

Sur l’ensemble de l’année en cours, le contexte macroéconomique toujours porteur et soutenu par la poursuite des investissements structurants, la montée en charge des grands projets d’infrastructures et une dynamique domestique toujours favorable, devraient consolider la solidité des fondamentaux du marché.

Le renforcement de la part des personnes physiques dans le volume transigé (30% au T3-2025) devrait également contribuer à la dynamique attendue.

De même et dans le sillage des opérations réussies l’année dernière, la possibilité d’avènement de nouvelles introductions en Bbourse en 2026 constitue un catalyseur important susceptible de dynamiser la liquidité, d’élargir la cote et de raviver l’intérêt des investisseurs.

L’éventualité de survenance de rapprochements stratégiques dans le cadre d’opérations de fusions-acquisitions peut également apporter un boost supplémentaire au marché.

En parallèle, les avancées structurantes ayant marqué l’année 2025, comme la création du marché à terme et les préparatifs pour le lancement des ETF dans le cadre de la nouvelle loi sur les OPCVM, devraient renforcer les bases d’un marché des capitaux plus profond et plus moderne pour les années à venir, et ce dès 2026.

Si les niveaux de valorisation appellent à la prudence sur certaines valeurs, les perspectives demeurent globalement favorables, avec un marché appelé à consolider ses acquis et à s’inscrire dans une trajectoire de croissance plus qualitative et durable.

– Quelle est aujourd’hui votre lecture de la valorisation du marché boursier marocain ? Comment répondez-vous aux investisseurs qui estiment que la Bourse de Casablanca est devenue chère après la hausse observée ces dernières années ?

– Historiquement, le marché boursier marocain a toujours affiché des niveaux de valorisation supérieurs à ceux de plusieurs marchés comparables. Cette prime s’explique avant tout par un manque structurel d’alternatives d’investissement domestiques qui canalise une part importante de l’épargne nationale vers les actifs actions, en particulier les grandes capitalisations offrant de la visibilité et du rendement.

Effectivement, la forte hausse de la capitalisation boursière observée récemment, et plus particulièrement en 2025, s’est traduite par une tension à la hausse sur les multiples avec un P/E 2025e (22,3x) supérieur à sa moyenne des cinq dernières années (21,2x).

En revanche, lorsqu’on raisonne en vision prospective, le diagnostic est plus nuancé. Les anticipations pour 2026 intègrent une normalisation progressive des multiples, portée par la poursuite de la croissance des résultats des sociétés cotées.

Autrement dit, le P/E attendu est en baisse à 20,6x, non pas parce que les cours devraient corriger fortement, mais parce que les bénéfices continuent de progresser.

Le marché marocain continue d’afficher des niveaux de valorisation globalement intéressants, en particulier pour un investisseur de moyen à long terme

En résumé, si le marché est aujourd’hui plus exigeant qu’il ne l’était par le passé, la détente attendue des multiples en 2026, combinée à des fondamentaux solides, laisse penser que le potentiel de hausse n’est pas encore totalement épuisé, à condition d’adopter une approche sélective.

– Quels sont les secteurs qui vous paraissent les plus porteurs en 2026, non pas uniquement en termes de momentum boursier, mais au regard de la visibilité économique et bénéficiaire qu’ils offrent ?

Les secteurs les plus porteurs en 2026 seront les banques, les télécoms, le BTP et les matériaux de construction, et la santé

– Premièrement, les secteurs à visibilité récurrente, en particulier les banques et les télécoms. En effet, ces derniers bénéficient de modèles économiques éprouvés, d’une base de revenus récurrents et, dans plusieurs cas, de politiques de distribution attractives. Dans un environnement où les investisseurs deviennent plus sélectifs, cette visibilité bénéficiaire constitue un avantage clé.

Deuxièmement, les secteurs directement exposés au cycle d’investissement domestique, notamment le BTP et les matériaux de construction. La visibilité sur les carnets de commandes, combinée à la poursuite des investissements structurants à moyen terme, permet d’avoir une lecture relativement claire de la trajectoire de résultats sur 2026 et au-delà.

Troisièmement, le secteur de la santé, qui offre un bon compromis entre croissance et résilience. La dynamique démographique, l’élargissement de l’accès aux soins et la nature peu cyclique de la demande confèrent à ce secteur une visibilité élevée sur les volumes et les marges, même dans des scénarios macroéconomiques moins favorables.

– Enfin, dans un environnement international encore incertain, quelle posture vous semble la plus appropriée pour aborder 2026 sur le marché marocain ?

— Pour BMCE Capital Global Research, la posture à adopter en 2026 doit être optimiste mais prudente pour tenir compte aussi bien du potentiel de croissance déjà consommé les trois dernières années que des perspectives encore favorables devant induire une poursuite de la dynamique pour l’année en cours.

Pour cela, la stratégie d’investissement retenue repose sur une construction de portefeuille inspirée du fonctionnement d’une fusée, où chaque étage joue un rôle précis et complémentaire dans la trajectoire de performance globale. Cette approche vise à combiner stabilité, montée en puissance progressive et accélération ciblée, tout en conservant une maîtrise rigoureuse du risque.

Comme cela est bien expliqué dans notre « Annual Strategy », le moteur principal constitue la base structurelle du portefeuille. À l’image du premier étage d’une fusée, il fournit l’impulsion initiale et la stabilité nécessaires pour sécuriser la trajectoire.

Il est composé de valeurs présentant des fondamentaux solides, une forte visibilité opérationnelle et une capacité récurrente de génération de cash-flow. Ces entreprises, généralement matures, offrent des profils de risque contenus et, dans de nombreux cas, un rendement régulier. Ce moteur a pour vocation d’ancrer la performance sur l’année, de limiter la volatilité et de servir de point d’appui aux autres composantes du portefeuille. Les positions y sont construites avec un horizon de moyen à long terme et font l’objet d’un suivi continu.

Le deuxième moteur accompagne la phase de montée en régime du portefeuille. Il est orienté vers des valeurs capables de délivrer une croissance maîtrisée, reposant sur des relais identifiés, une dynamique bénéficiaire positive et une structure financière équilibrée.

À ce stade, l’objectif n’est pas la prise de risque maximale, mais l’accélération progressive de la performance, en s’appuyant sur des entreprises dont la création de valeur reste lisible et soutenable. Ce moteur joue un rôle clé dans l’amélioration du potentiel de performance à moyen terme, tout en préservant l’équilibre global du portefeuille.

Enfin, le troisième correspond à la coiffe, activée de manière ponctuelle pour générer de l’alpha. Ces positions tactiques visent à exploiter des opportunités spécifiques liées à des catalyseurs identifiés, tels que des publications financières, des annonces conduisant à des ajustements de guidance ou des évolutions sectorielles et réglementaires. Ces investissements apportent une poussée supplémentaire sur des fenêtres de temps ciblées. Leur poids est volontairement encadré, leur horizon plus court et leur gestion particulièrement disciplinée, avec une attention accrue portée aux conditions d’entrée et de sortie.

Nous avons également prévu des propulseurs d’appoint, correspondant principalement aux IPO devant avoir lieu en 2026 et devant donner un boost au portefeuille au cours de l’année.

Bourse de Casablanca : dans quel contexte démarre 2026 et quels seront les véritables drivers du marché ?

La Bourse de Casablanca démarre l’année 2026 dans un climat de confiance. L’indice MASI entame l’exercice en hausse et franchit d’emblée le seuil symbolique des 19.000 points, un niveau qui résume à lui seul l’état d’esprit du marché en ce début d’année.

Il faut dire que 2025 a été une année exceptionnelle, personne ne le conteste. Le marché a fait preuve d’un large consensus, porté par de solides performances et une dynamique haussière marquée. Le MASI a ainsi terminé l’année sur une progression de 27,5%, nettement supérieure à celles enregistrées en 2024 (+22%) et 2023 (+12%). Une performance d’autant plus notable qu’elle a concerné la majorité des secteurs cotés.

Quelques compartiments sont restés en retrait, à l’image des transports, des boissons, de la chimie ou encore des sociétés de placement immobilier, des secteurs qui regroupent essentiellement des valeurs de moyenne et petite capitalisation. Mais globalement, la hausse de 2025 a été large, visible et assumée par le marché.

Pour rappel, le MASI a atteint un plus haut historique de 20.233,5 points fin août 2025, tandis que la capitalisation boursière a largement dépassé le seuil des 1.000 milliards de dirhams.

L’année 2025 a également été marquée par une hausse significative de la volatilité. La volatilité annuelle s’est établie à 15,94%, contre 8,45% en 2024, ce qui montre une intensification des fluctuations des cours. Ce niveau figure parmi les plus élevés observés sur la période récente, hors le pic exceptionnel de 2020.

Avec l’ouverture de 2026, les questions qui se posent aujourd’hui sont centrales : dans quel contexte démarre réellement l’année boursière ? Quels facteurs vont peser sur le marché, quels éléments peuvent l’influencer, et quels seront les véritables drivers à surveiller ?

Les facteurs et drivers de l’année boursière 2026

Selon les analystes de MSIN, l’année boursière 2026 s’inscrit dans le prolongement de la dynamique enclenchée depuis 2023, dans un environnement qui reste porteur pour le marché actions.

Un avis largement partagé par plusieurs analystes contactés par nos soins. « L’année 2026 devrait être une année de poursuite de la hausse. Ce n’est pas une année de rattrapage. Le marché actions conserve un réel intérêt, d’autant que la rémunération, par exemple obligataire, reste encore modeste. Les investisseurs continueront donc à privilégier le marché actions. Par ailleurs, avec les IPO de 2025, la part des investisseurs retail devient plus visible aux côtés des institutionnels. C’est un signal positif, d’autant que la Bourse de Casablanca a vécu en 2025 l’une des années les plus marquantes de son histoire, et ce rythme devrait se poursuivre ».

Comment expliquer cet optimisme ? Plusieurs facteurs se croisent. D’abord, le cadre macroéconomique et monétaire demeure favorable.

L’inflation devrait rester maîtrisée autour de 1% en 2026, ouvrant la voie à la poursuite de l’assouplissement de la politique monétaire. Dans ce contexte, la tendance baissière des taux d’intérêt continuerait d’offrir des opportunités d’arbitrage en faveur du marché actions, renforçant l’attractivité relative des placements boursiers par rapport aux actifs sans risque.

À cela s’ajoute l’effet des résultats des sociétés cotées. La forte progression des bénéfices enregistrée en 2025 constitue, selon les analystes de MSIN, un socle important pour 2026. Ce rebond a été porté notamment par le retour à la normale des résultats de Maroc Telecom, mais aussi par la bonne dynamique du secteur bancaire et du BTP, deux piliers majeurs de la cote casablancaise. Cette amélioration de la profitabilité demeure un élément clé du soutien des valorisations.

Sur le plan sectoriel, la poursuite de la reprise d’activité dans plusieurs branches, notamment le BTP, le tourisme, le secteur bancaire, l’événementiel, les transports, les télécoms et l’informatique. Cette dynamique est directement liée à l’organisation de grands événements sportifs, qui continuent de générer des besoins en infrastructures, en services et en investissements.

« Pour le secteur touristique, par exemple, l’organisation de la CAN dans notre pays devrait contribuer à soutenir l’activité du secteur, et donc les performances des hôtels et leurs résultats ».

Le secteur du BTP occupe d’ailleurs une place centrale dans les perspectives 2026. En effet, la mobilisation du secteur dans le cadre du programme de reconstruction des régions sinistrées par le séisme d’Al Haouz, doté d’un budget de 120 MMDH sur cinq ans, est un chantier structurel qui constitue un levier durable pour l’activité et pour plusieurs sociétés cotées exposées aux travaux publics et à l’ingénierie.

« Nous l’avons tous constaté l’engouement des investisseurs pour les valeurs du BTP. Bien évidemment, les grands chantiers liés à la CAN 2025 et à la Coupe du monde 2030 ont contribué à cet intérêt pour le secteur. L’exemple le plus récent est celui de SGTM, qui a gagné plus de 126% depuis son IPO. Mais, bien entendu, les performances passées ne préjugent pas des performances futures ».

Parallèlement, la reprise progressive du secteur immobilier est également identifiée comme un facteur de soutien. Celle-ci devrait bénéficier de la mise en œuvre du programme d’aide au logement, qui s’étale sur la période 2024-2028, et qui soutient aussi bien la demande que l’activité des opérateurs liés à la construction et aux matériaux.

Sans oublier l’espoir d’une très bonne campagne agricole en 2026, porté par les précipitations enregistrées en novembre et décembre. Après plusieurs années de sécheresse, une amélioration des conditions climatiques pourrait contribuer à soutenir la croissance économique nationale et, indirectement, certains secteurs cotés exposés à la demande intérieure.

Des facteurs de confiance et de visibilité internationale

Au-delà des facteurs domestiques, des éléments de confiance et de perception internationale entrent aussi en jeu. MSIN souligne la possibilité d’un retour du Maroc au sein de l’indice MSCI Emerging Markets en 2026, à la faveur de l’amélioration significative de la liquidité du marché. Un tel scénario pourrait renforcer la visibilité de la place casablancaise auprès des investisseurs internationaux.

Dans le même esprit, les analystes rappellent que « le retour du Maroc à son statut « Investment Grade », unique en Afrique, constitue un élément positif. Cette amélioration du profil de crédit du pays est susceptible de contribuer à la baisse du coût du financement extérieur et de permettre au Trésor de diversifier davantage ses sources de financement, avec des effets indirects favorables sur l’ensemble du marché financier ».

Les chantiers de transition énergétique figurent également parmi les moteurs identifiés pour 2026. Le développement des énergies renouvelables, de l’hydrogène vert, du dessalement de l’eau de mer et des infrastructures associées devrait bénéficier à plusieurs sociétés cotées, notamment dans l’électricité, le BTP et l’ingénierie, selon l’analyse de MSIN.

À ces facteurs s’ajoute l’intégration progressive de l’intelligence artificielle dans les modèles économiques. Les analystes estiment que cette dynamique pourrait soutenir la croissance des sociétés cotées opérant dans l’IT et les services informatiques, portée par des gains de productivité et une demande accrue en solutions technologiques.

Sur le plan institutionnel, les élections législatives de 2026 sont également mentionnées comme un facteur susceptible de renforcer l’optimisme des investisseurs et de favoriser un climat de confiance, même si leur impact reste par nature indirect et dépendant du contexte global.

Enfin, la dynamique attendue des opérations financières, notamment les IPO, les augmentations de capital et le recours croissant aux marchés de capitaux pour compléter les sources de financement traditionnelles. Ces opérations pourraient contribuer à raviver l’intérêt des investisseurs particuliers et à soutenir l’animation du marché.

https://medias24.com/2025/12/03/bourse-de-casablanca-le-marche-actions-est-il-cher-ou-abordable-1588691/

Bourse de Casablanca. Le MASI termine en hausse et la capitalisation la capitalisation franchit les 1.000 MMDH

La Bourse de Casablanca a terminé la séance du 16 décembre 2025 sur une note légèrement positive. 

L’indice MASI a progressé de 0,16% à 18.583,78 points, tandis que le MASI 20 a avancé de 0,07% à 1.503,32 points.

L’indice MASI ESG s’est inscrit en hausse de 0,41% pour s’établir à 1.260,15 points. 

La capitalisation boursière s’est établie à 1.021,88 MMDH, franchissant le seuil symbolique des 1.000 MMDH. 

Le volume global des échanges a atteint 5,43 MMDH.

Détail des volumes : 

Les valeurs les plus actives de la séance ont été : 

Du côté des variations, les principales hausses de la séance ont concerné : 

Il convient de noter que le site de la Bourse affiche une hausse de 35% pour SGTM, alors que le maximum autorisé est de 10%. Selon un analyste, il s’agit d’un problème technique, la clôture effective du titre s’établissant à 461,9 DH. 

À l’inverse, les principales baisses ont été enregistrées par : 

Bourse de Casablanca : le MASI recule de 1,34% à 17.626 points

La Bourse de Casablanca a enregistré une baisse plus marquée ce jeudi 19 juin. L’indice MASI a cédé 1,34% pour s’établir à 17.626,43 points, tandis que le MASI 20 a reculé de 1,27% à 1.440,28 points. Les indices MASI ESG et MASI Mid and Small Cap ont affiché respectivement des replis de 1,26% et 2,09%.

Sur le plan annuel, le marché conserve toutefois une performance positive de 19,31%, même si le mois de juin affiche pour l’heure un recul de 1,95%. En comparaison, le MASI avait terminé l’année 2024 sur une hausse de 12%, traduisant une dynamique de marché globalement favorable sur les dix-huit derniers mois. Cette tendance s’inscrit dans un contexte marqué par l’amélioration progressive des résultats des sociétés cotées et une activité économique nationale résiliente.

La capitalisation boursière s’est fixée à 924,99 MMDH, traduisant une légère contraction par rapport aux précédentes séances. Les volumes échangés sur le marché central ont atteint 442,5 MDH, confirmant une activité soutenue avec plus de 1,68 million de titres échangés à travers 6.041 contrats. À titre de comparaison, la moyenne quotidienne de volumes sur l’ensemble de l’année s’établit à 523 MDH, selon les dernières données cumulées. Cette dynamique de volumes reste alimentée par les mouvements sur plusieurs grandes capitalisations, mais aussi par un regain d’intérêt ponctuel pour certaines small caps.

Les plus fortes baisses de la séance ont concerné Stroc Industrie, en net repli de 9,98% à 155,65 DH, suivie de Disway qui a cédé 5,76% à 753 DH, et CTM qui a perdu 5,34% à 835 DH. Med Paper et Risma ont également connu des reculs sensibles, respectivement de 5,28% et 5,07%. Plusieurs valeurs moyennes ont ainsi subi des prises de bénéfices dans un climat de marché plus hésitant.

À l’inverse, quelques titres ont progressé, à l’image de IB Maroc.com et Involys qui ont signé des hausses de 9,98% à 44,75 DH et 119,05 DH. Zellidja a gagné 5,07% à 168 DH et Réalisations Mécaniques s’est apprécié de 4,53% à 434,85 DH.

Du côté des valeurs les plus actives en volume, Attijariwafa bank a généré 70,2 MDH d’échanges, devant Akdital (35,5 MDH), Sodep-Marsa Maroc (43,3 MDH) et TGCC (46,1 MDH). Les secteurs bancaire, immobilier et industriel ont concentré l’essentiel des transactions, illustrant la répartition classique des flux sur la place casablancaise.

Bourse de Casablanca. Le MASI recule de 0,55%, mais reste au-dessus des 18.000 points

La Bourse de Casablanca a terminé en baisse ce mardi. À la clôture, l’indice MASI cède 0,55% à 18.078,62 points. Le MASI 20 recule de 0,53%, le MASI ESG de 0,38%, et le MASI Mid and Small Cap affiche un repli plus marqué de 0,7%. Malgré ce repli, la performance mensuelle reste positive (+0,57%), et la progression annuelle atteint +22,37%.

Le volume global s’est établi à 292,5 MDH, intégralement réalisé sur le marché central. Attijariwafa bank a été la valeur la plus échangée avec près de 39,6 MDH, suivie de TGCC (59 MDH) et Marsa Maroc (27,9 MDH). En tout, 3.779 contrats ont été enregistrés pour 1,1 million de titres traités.

Sur les 77 actions cotées, 63 ont été échangées : 29 en baisse, 25 en hausse et 9 inchangées.

Parmi les principales baisses du jour, Agma chute de 5,87%, Société des Boissons du Maroc recule de 5,30% et Lesieur Cristal de 2,15%. À l’inverse, Stroc Industrie bondit de 9,97%, Med Paper progresse de 4,85%, et Stokvis Nord Afrique gagne 5,08%.

Du côté des blue chips, Attijariwafa bank recule de 0,68% à 671,50 DH, BCP reste stable à 290 DH, Itissalat Al-Maghrib cède 0,83% à 107,05 DH, tandis que LafargeHolcim Maroc avance légèrement de 0,26% à 1.915 DH.

La capitalisation boursière s’établit à 948,5 MMDH.

Bourse de Casablanca. Le MASI termine en baisse de 0,6% après une chute de 2,5% dans la matinée

Après une baisse de 2,5% en matinée, le MASI termine finalement la séance du 13 juin sur un repli plus contenu de 0,63%, à 18.417,52 points. Le MASI 20 recule de 0,54% à 1.509,93 points, tandis que le MASI ESG cède 0,28%.

La capitalisation boursière s’établit à 965,2 MMDH, au-dessus du seuil symbolique des 950 MMDH brièvement enfoncé en début de journée. Le volume global s’est élevé à 622,6 MDH, un niveau élevé témoignant d’une activité soutenue tout au long de la séance.

Si la matinée a été dominée par une vague de ventes, alimentée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, la seconde partie de la journée a vu le retour d’ordres acheteurs sur plusieurs grandes capitalisations. Attijariwafa bank termine en légère hausse de 0,26% à 686 DH, Bank of Africa s’adjuge 3,7% à 275 DH, et BMCI progresse de 0,83% à 605 DH. CFG Bank gagne 3% à 241,9 DH, dans des volumes significatifs.

À l’inverse, plusieurs titres ont prolongé leur repli initial. Eqdom chute de 9,9% à 1.079 DH, Résidences Dar Saada recule de 6,2% à 108,2 DH, et Stokvis Nord Afrique cède 6,4% à 57 DH. Des valeurs comme Addoha (-3,06%), Mutandis (-3,15%) ou Ciments du Maroc (-2,53%) figurent également parmi les plus fortes baisses de la séance.

Malgré la forte volatilité observée en ouverture, la séance a montré une capacité du marché à absorber le choc initial et à rééquilibrer progressivement l’offre et la demande. Le nombre d’actions en baisse (50) reste élevé, mais 12 valeurs ont clôturé en hausse, contre seulement une le matin. Parmi les hausses notables, on retrouve aussi Managem (+2,04%) et Snep (+2,59%), ainsi que Stroc Industrie, qui bondit de près de 10% à 130 DH.

Les flux importants ont concerné des titres comme TGCC (près de 70 MDH échangés), Sodep-Marsa Maroc (81 MDH) ou encore Akdital (près de 39 MDH).

Bourse de Casablanca. Ouverture dans le rouge après l’escalade au Moyen-Orient

La Bourse de Casablanca a décroché en ouverture de séance, ce vendredi 13 juin, dans un climat plombé par l’escalade militaire entre Israël et l’Iran. Le MASI cédait 2,51% à 18.068,48 points à 9 h 50, dans un mouvement de repli généralisé.

La capitalisation boursière est repassée sous les 950 MMDH, au plus bas depuis avril, tandis que les volumes atteignaient 93,3 MDH.

Des pertes larges, un seul titre en hausse

À l’heure des premières cotations, la quasi-totalité des valeurs était dans le rouge. Le MASI 20 reculait de 2,83% et le MASI ESG de 2,39%. La seule hausse notable concernait la Société des boissons du Maroc, en progression de 1,32% à 2.148 DH, dans un marché où les plus fortes baisses dépassaient nettement les 6%. Involys chutait de 9,04% à 90,05 DH. Stokvis Nord Afrique perdait 8,12% à 56 DH.

Résidences Dar Saada abandonnait 7,15% à 107,1 DH. Eqdom cédait 7,01% à 1.114 DH. Disty Technologies reculait de 6,85% à 306,20 DH. Ce décalage violent reflète avant tout un mouvement de défiance global, dans un contexte international devenu soudainement incertain.

Les frappes israéliennes sur plusieurs sites iraniens, notamment l’installation nucléaire de Natanz, ont ravivé les tensions au Moyen-Orient et déclenché des réactions en chaîne, y compris sur les marchés financiers. Les investisseurs locaux ne réagissent pas directement à la géopolitique régionale, mais les grandes tensions internationales jouent souvent un rôle d’accélérateur de prises de bénéfices, surtout après une phase de rallye.

Le MASI affichait encore une performance de +26% en 2025 avant l’ouverture de ce vendredi. Plusieurs analystes tablaient sur un test du seuil de 19.000 points, après avoir franchi les 18.600 début juin. Ce brusque retournement pourrait donc aussi s’interpréter comme une correction technique salutaire, dans un marché devenu exigeant en termes de valorisation, avec un PER moyen supérieur à 21x.

La psychologie des marchés avant tout

Ce que traduit la séance du jour, c’est une réaction rapide à un événement extérieur, dans un marché qui restait sur une dynamique haussière soutenue. Dans ce type de configuration, les investisseurs ont tendance à sécuriser leurs positions à la moindre incertitude. La baisse intervient après plusieurs semaines de progression continue.

Les volumes d’échanges du T3 sur le marché actions progressent de 35% sur 12 mois

L’AMMC a publié le profil des investisseurs au T3-2023, ainsi que les volumes d’achat et de vente des différentes catégories que sont les personnes morales marocaines (PMM), les OPCVM, les personnes physiques marocaines (PPM), les personnes morales étrangères (PME) et les personnes physiques étrangères (PPE).

De prime abord, on note une nette amélioration des volumes d’échange sur le marché actions avec 7,4 MMDH, en progression de 35% par rapport au T3-2022. « Cette progression s’explique par un contexte marché plus favorable durant le T3-2023 que durant le T3-2022. Quand le marché est haussier, les volumes augmentent. C’est l’inverse dans les marchés baissiers. L’année dernière, le T3 était baissier et, cette année, c’est l’inverse, ce qui explique en partie la hausse des volumes », nous confie une source de la place.

Voici les positions de chaque catégorie en net acheteur ou net vendeur. On remarque que seuls les OPCVM sont en position nette acheteuse.

Volume en MDH Volume Achat Volume Vente Position nette
PMM 2582 2971 -389
OPCVM 2431 1224 1207
PME 693 739 -46
PPE 16 25 -9
PPM 1494 1748 -254
RES 198 707 -509
Total 7414 7414

Ce que l’on remarque au-delà du volume général, c’est l’activité haussière dans les transactions, à l’achat comme à la vente, des personnes physiques.

Explosion des volumes achetés et vendus par les personnes physiques marocaines

Au T3-2023, les personnes physiques marocaines ont acheté en volume, près de 1,5 MMDH. Un chiffre en forte hausse de 131% par rapport à la même période l’an dernier. Par rapport au trimestre précédent, à savoir le T2-2023, leurs achats en volume augmentent de plus de 69%. La part des personnes physiques dans les volumes d’achat est passée de 13% au T3-2022 à 20% au T3-2023.

Même à la vente, les volumes vendus par cette même catégorie ont progressé de 182% par rapport à la même période l’an dernier, en atteignant 1,75 MMDH. Cette dynamique des personnes physiques marocaines sur le marché actions s’explique notamment par la forte progression en bourse des valeurs immobilières. Rappelons que l’indice boursier concernant ces valeurs affiche une progression de 117% en YTD, contre un MASI en progression de 14%.

« Les personnes physiques sont très actives sur les valeurs immobilières. Elles ont fait la richesse et les pertes de beaucoup de particuliers. Il y a une certaine volatilité qui plaît à la vision des particuliers. Les volumes de vente ont augmenté également, car il y a un effet marché. Comme ces valeurs ont beaucoup pris et que les personnes physiques marocaines sont très actives sur ces valeurs, elles revendent plus cher qu’elles n’achètent. Les personnes physiques ne vont pas avoir des positions nettes dans un sens, elles achètent et vendent régulièrement », explique notre source.

Des déficits techniques et des effets marché chez les OPCVM et personnes morales marocaines

Le marché étant haussier, les achats globalement réalisés sont revendus avec une plus-value, donc les ventes progressent chez certaines catégories.

Les personnes morales marocaines par exemple affichent au T3-2023 des volumes d’achat en hausse de seulement 4,8%, mais des volumes de vente en hausse de près de 62% par rapport à la même période l’année dernière. « Cela provient d’un effet marché, une valorisation qui s’est améliorée dans le cadre d’un marché haussier. Mais il y a également un phénomène de déficit technique pour certaines personnes morales, notamment certaines caisses de retraite qui vendent plus qu’elles n’achètent pour payer les retraites », explique notre interlocuteur.

Les OPCVM de leur côté affichent une position nette acheteuse au T3-2023. Ils ont augmenté leurs achats et réduit leurs ventes au troisième trimestre. Respectivement, les volumes d’achat ont progressé de près de 46%, et les volumes de vente ont baissé de près de moitié. « L’an dernier, les OPCVM ont effectué des rachats et des réductions de pondérations suite au marché baissier, cette année, ils ont fait l’inverse. Les ventes reculent, car les OPCVM ont des visions long terme et se disent que l’année prochaine sera une bonne année. En soi, ils ne veulent pas vendre maintenant, car les perspectives sont encore intéressantes », conclut notre source.

Première édition du Salon de l’épargne les 3 et 4 novembre à Casablanca

Cette première édition se veut, selon ses organisateurs, « un carrefour d’échange entre les professionnels de l’épargne, de l’investissement financier et des placements, d’une part, et les épargnants, d’autre part. Le Salon proposera un ensemble de conférences thématiques animées par des professionnels autour de l’investissement boursier, des OPCVM, de l’assurance-vie…

Les organisateurs souhaitent, à travers les interactions entre experts et épargnants, créer des opportunités d’affaires et promouvoir les composantes du marché des capitaux au Maroc auprès du grand public.

Durant les deux jours du Salon, les compagnies d’assurance présenteront leurs produits et les gestionnaires de fonds mettront en lumière les potentialités de la gestion collective. Les sociétés de Bourse discuteront des opportunités et des risques associés aux marchés financiers et présenteront leurs solutions aux visiteurs. Les banques, quant à elles, offriront des informations sur des produits d’épargne plus traditionnels, tels que les comptes d’épargne ou encore les dépôts à terme.

Par ailleurs, deux sessions seront dédiées, le samedi 4 novembre, aux discussions sur les perspectives du marché actions et des principales tendances sur les actions.

Hausse du taux directeur : quels impacts sur le marché actions et obligataire ?

Le 21 mars, Bank Al Maghrib (BAM) tenait la première réunion annuelle de son conseil. Suite à cette rencontre, la Banque centrale a décidé de procéder à une augmentation du taux directeur de 50 pbs pour atteindre 3%.

Bien que cette hausse ait été anticipée par le marché, le MASI a tout de même dévissé en fin de séance, perdant 1,25% à 10.316 points à la clôture. Cette baisse a été engendrée par le communiqué de Bank Al Maghrib, qui a revu ses prévisions de façon plus pessimiste, tant sur l’inflation que sur la croissance économique ou la récolte céréalière. Des anticipations qui ont impacté le marché actions. Dès lors, la question qui se pose est la suivante : comment ce dernier devrait-il évoluer suite à cette poursuite du resserrement monétaire ?

Un marché action qui devrait rester dans l’attentisme

Interrogée sur le sujet, une source du marché nous explique que la hausse du taux directeur en elle-même n’est pas à l’origine de la baisse du marché en fin de séance. En réalité, les dernières informations liées au contexte économique, notamment celles du Haut-Commissariat au plan (HCP) sur le niveau d’inflation en février et les dernières prévisions de BAM, n’ont pas rassuré le marché.

« Je pense que cette décision a été anticipée par la plupart des opérateurs du marché. Certains, il est vrai, espéraient uniquement 25 pbs, ce qui aurait au moins montré une certaine inflexion dans le durcissement monétaire de la Banque centrale. Ce n’est pas le cas, en raison de sa forte volonté à contrer l’inflation. D’ailleurs, le dernier chiffre livré par le HCP pour l’inflation au mois de février n’est pas du tout rassurant, avec un chiffre de 10,1% », note notre interlocuteur.

En effet, ces informations de persistance de l’inflation laissent présager que la Banque centrale n’en a pas fini avec sa politique de restriction monétaire. « Elles laissent envisager, une fois encore, de nouvelles hausses de taux à l’avenir, car nous sommes sur une tendance inflationniste toujours visible et importante dans le pays, ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour le marché actions », explique notre source.

Pour notre interlocuteur, ce second trimestre qui se dessine sera à nouveau marqué par un certain degré d’attentisme. « Il y a aura probablement une nouvelle phase d’attentisme, comme ce fut le cas au T1-23 où le volume quotidien moyen a été très faible. Encore une fois, je pense que les investisseurs vont temporiser en attendant la décision du mois de juin, du moment que la Banque centrale reste déterminée à combattre l’inflation et ne montre aucun signe de ralentissement dans sa politique monétaire restrictive », explique notre expert.

Un marché obligataire peu impacté à court terme

Si le marché actions devrait rester attentif aux évolutions des indicateurs économiques et à la future orientation du taux directeur, jusqu’à la fin du premier semestre, quid du marché obligataire ?

Pour cette même source, ce dernier devrait connaître un impact assez minime à court terme. Cela pourrait provenir encore une fois de l’inflation. In fine, l’accélération de l’inflation observée en février pourrait renforcer les exigences de rentabilité des investisseurs car les rendements réels demeurent toujours négatifs.

« Il faut rappeler que le marché obligataire bénéficie de facteurs d’assurance multiple », rappelle notre interlocuteur. « Premièrement, la sortie à l’international a été effectuée et devrait satisfaire en partie les besoins du Trésor [2,5 milliards de dollars, ndlr], et qui donne une certaine assurance vis-à-vis de la capacité de l’argentier de l’État à sortir à l’international à des conditions relativement satisfaisantes. »

De plus, le Trésor devrait bénéficier d’autres leviers de financement. « Il faut aussi parler de la prochaine ligne de crédit modulable (LCM) qui devrait être octroyée au Royaume et rassurer davantage le marché obligataire. Il y a aussi les niveaux de placements très importants sur le marché monétaire, qui devraient encore une fois être rassurants pour les investisseurs obligataires », conclut notre source.