Nouvelle méthodologie de calcul des cours de référence du dirham

L’objectif de cette réforme est que les cours de change de référence du dirham reflètent mieux les conditions de liquidité sur le marché de change, explique la Banque centrale dans un communiqué.

Ces cours seront désormais déterminés sur la base des transactions interbancaires réalisées par les teneurs de marché sur la plateforme électronique de négociation de 8h30 à 15h30, au lieu des cotations fermes interbancaires affichées de 12h12 à 12h17. Par ailleurs, la publication des cours de change de référence du dirham se fera à 16h15, après la clôture du marché de change interbancaire, au lieu de 12h30 actuellement.

Le document détaillant la nouvelle méthodologie de calcul des cours de change de référence du dirham est disponible sur le site internet de Bank Al-Maghrib.

La nouvelle méthodologie a été élaborée en concertation avec les banques ayant le statut de teneur de marché sur la base des recommandations du Conseil de la stabilité financière et des principes définis par l’Organisation internationale des commissions de valeurs (OICV) concernant les cours de change de référence.

Bank Al-Maghrib rappelle que les cours de change de référence du dirham servent principalement à la réévaluation des avoirs et engagements libellés en devises, et n’ont pas vocation à être utilisés, ni directement ni indirectement, comme référence lors de la réalisation d’opérations de change.

La hausse du DH par rapport au Dollar sera peu significative pour les entreprises et la balance des paiements

On observe depuis le début de l’année, une volatilité notable du dollar sur le marché, entretenue par l’évolution de l’inflation, les hausses répétées du taux directeur et l’incertitude internationale marquée par les différents conflits.

Quel est l’impact sur la parité USD/MAD et les conséquences pour l’économie nationale ?

Une hausse du Dirham poussée par la baisse du dollar

Deux facteurs principaux permettent de décrypter l’évolution de la parité USD/MAD. Premièrement, un facteur exogène à la variation interne des changes du marché interbancaire, celle du panier devises, puis les conditions de liquidité sur le marché des changes.

Cette parité, depuis le début de l’année, évolue négativement. Contactée sur le sujet, une source de la place nous explique : « Depuis le début de l’année, on observe une variation haussière du dirham et une variation négative de l’USD/MAD, passant de 10,44 dirhams pour un dollar en début d’année à 10,22 dirhams pour un dollar au 7 novembre ».

Cela est poussé par plusieurs facteurs, notamment la baisse du dollar à l’international. « Une grande partie de la variation de l’USD/MAD s’explique par la baisse du dollar à l’international. Aujourd’hui, il faut noter que la FED réduit les évolutions haussières de son taux directeur et a même annoncé un statu quo lors de sa dernière réunion la semaine dernière. Le dollar a donc freiné sa tendance haussière, et nous voyons désormais une dépréciation du billet vert à l’international par rapport à ses principales devises de référence », explique notre source.

Les conditions de liquidités sont confortables dans le pays

Aujourd’hui, le dirham s’apprécie face au dollar. Cela est notamment provoqué par les bonnes conditions de liquidité sur le marché des changes. « Nous sommes actuellement sur une tendance favorable aux conditions de liquidité sur le marché de change. Cela s’explique avec la reprise des flux exports et une maîtrise importante de tout ce qui est annexé aux exportations ; nous sommes sur des flux nets au niveau de l’USD/MAD et qui sont assez positifs », explique notre source.

C’est d’ailleurs ce qui a été reflété principalement sur la parité USD/MAD. « Cette dynamique a été d’autant plus soutenue par les bonnes conditions de liquidité au Maroc, qui sont assez favorables », rappelle notre interlocuteur. On parle ici des éléments qui impactent positivement la position des changes des banques au Maroc, à savoir la situation nette des flux imports exports. « Nous sommes sur des tendances positives avec les records concernant les recettes MRE et Voyages ainsi que la participation des recettes IDE. Ces éléments soutiennent la liquidité sur le marché », poursuit notre source.

L’opération Marhaba a permis d’améliorer nettement la liquidité et le soutien du dirham durant la période estivale. « Mais il faut toujours se référer à la tendance de la parité EUR/USD qui, elle aussi, a été positive », explique-t-il.

Un effet change qui sera cependant peu significatif sur la balance des paiements

Concernant les importations et exportations de biens et service du Maroc, cette variation de la parité impactera peu les différents acteurs. Cela provient du fait que l’appréciation du dirham demeure assez discrète.

« Fondamentalement, l’impact sera assez minime pour le pays. Nous ne parlons pas d’une appréciation du dirham de 10%, mais d’environ 2,5% ou 3%. Au niveau des exportations, l’effet volume jouera beaucoup plus favorablement ou défavorablement que l’effet change. L’effet change n’est pas significatif comme il l’a été l’an dernier, où nous étions d’ailleurs sur une dépréciation de 10% du dirham. Cela était visible sur les comptes des entreprises et la balance des paiements », explique notre source.

In fine, l’effet volume sera donc le facteur déterminant dans l’évolution des conditions de l’équilibre sur le commerce extérieur. « Si l’an dernier, l’effet change a été un effet globalement favorable pour les exportateurs, on remarque que cette année, nous sommes plutôt sur une tendance peu significative au niveau des tendances macroéconomique. Le paramètre change est donc bien maîtrisé et les conditions sont favorables sur le marché des changes marocains », conclut notre source.