Fouzi Lekjaa: « Tous les moyens seront déployés pour lutter contre le fléau de l’informel »

La CGEM a interrogé le ministre chargé du Budget sur le sujet épineux de l’informel qui représente une concurrence déloyale.

Pour le patronat, l’informel représente une concurrence déloyale et menace la pérennité du financement de l’État social. Deux options se posent alors. Soit surtaxer les entreprises organisées, soit inclure l’informel pour qu’il participe à l’effort national.

Puisque la première option n’est pas viable à long terme, le patronat se demande comment le gouvernement compte rendre concrète la seconde option.

« Vous avez parlé de l’informel », répond Fouzi Lekjaa. « Nous avons quand même introduit le principe de la retenue à la source. Nous avons fourni des efforts énormes en matière de lutte contre la falsification des factures. Nous avons mobilisé beaucoup de ressources. Nous sommes déterminés à aller de l’avant. Vous êtes (membres de la CGEM, NDLR) fortement sollicités pour nous aider à lutter contre ce fléau qui, dans tous les cas de figure, va détruire un jour ou un autre notre tissu économique », affirme le ministre délégué chargé du Budget, dans le cadre des débats sur les finances publiques et la loi de finances 2025.

« Nous ne pouvons avoir aujourd’hui des entreprises dont l’unique activité est la production de factures. Cela ne tiendra pas la route. En tout état de cause, tous les moyens seront déployés par l’administration fiscale, les services du ministère pour lutter contre ce fléau », insiste-t-il.

Et l’arsenal déployé pour ce faire se base à la fois sur des mesures fiscales, sociales ou encore administratives. En voici un aperçu.

Mesures fiscales

Sur le plan fiscal, plusieurs mesures ont été édictées par les précédentes lois de finances, dans le cadre des réformes fiscales afin de renforcer l’arsenal juridique permettant de lutter efficacement contre ce phénomène et d’en limiter les effets sur l’économie nationale, notamment :

 

 

Par ailleurs, l’administration fiscale dit continuer à développer et à intensifier ses efforts en matière de lutte contre la fraude et l’évasion fiscales et se dote de nouveaux moyens pour la réalisation efficace de cet objectif, à travers :

Des réformes pour un véritable changement de paradigme 

Le secteur informel requiert une stratégie globale associant toutes les parties concernées.

À ce titre, il est à signaler qu’à fin décembre 2024, les recettes fiscales ont connu une croissance de 16,1% par rapport à l’année précédente, une performance notable qui découle des réformes profondes introduites par les lois de finances des dernières années, dont celle de la retenue à la source et sur la lutte contre les mécanismes d’évasion fiscale.

Par exemple, l’impôt prélevé à la source sur les indemnités versées aux tiers continue de générer des recettes durables, atteignant plus de 1,8 milliard de dirhams en 2024, avec une progression de près de 90% par rapport à l’année précédente, apprend Médias24.

Quant à la TVA retenue à la source, introduite par la loi de finances 2024 et appliquée depuis juillet, elle a rapporté environ 1,7 milliard de dirhams en seulement cinq mois.

Mesures sociales, administratives et programmes de soutien et d’accès au financement

Sur le plan social, nos sources citent le déploiement du chantier royal de généralisation de la protection sociale, à travers essentiellement la généralisation de l’AMO pour assurer l’accès aux soins de santé.

« Il reste entendu que l’entrée en vigueur des deux autres leviers relatifs à la généralisation de l’IPE et de la retraite devrait renforcer davantage les efforts consentis en matière de formalisation de l’économie ».

Concernant le volet administratif, il évoque la mise en place de guichets uniques au niveau des CRI pour simplifier les démarches de création d’entreprise et d’obtention des autorisations nécessaires et la digitalisation progressive des procédures administratives via l’adoption de solutions numériques, comme les paiements électroniques et la facturation en ligne, qui pourraient faciliter cette transition.

Et pour ce qui est de l’accès au financement, le ministère cite: le déploiement de programmes spécifiques pour les jeunes entrepreneurs avec un accès facilité au financement et au support technique tel que le programme Intelaka; le cofinancement des associations et des réseaux d’associations porteurs de projets dans les domaines de l’économie sociale et solidaire dans le cadre du programme MOAZARA; le lancement imminent du nouveau dispositif d’appui au TPME, prévu au niveau de la charte d’investissement pour renforcer la dynamique entrepreneuriale et pour faciliter l’accès au financement pour les très petites et moyennes entreprises.

L’Anapec lance la 1re édition du « Job Day »

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts communs visant à renforcer les opportunités d’insertion professionnelle des jeunes dans un marché de travail en plein mutation.

Présidé par Imane Belmaati, directrice générale de l’Anapec, sur le thème « L’insertion professionnelle au cœur de notre engagement », le « Job Day » a offert un espace d’échange et de mise en relation directe entre jeunes talents et recruteurs dans des secteurs économiques à fort potentiel de recrutement, créant ainsi un environnement favorable à l’insertion professionnelle des jeunes Marocains, précise un communiqué.

En ligne avec les orientations royales, Imane Belmaati a souligné l’importance de ce type d’événement pour rapprocher le service public de l’emploi des citoyens et favoriser l’employabilité des jeunes. « Le Job Day est plus qu’un simple événement de recrutement, c’est une démarche proactive, de proximité qui témoigne de notre engagement à accompagner les jeunes dans leur parcours professionnel ».

Au programme de cette journée, les participants ont assisté à des Inspiring Talks et des tables rondes animées par des experts du monde professionnel, sur des thématiques liées à l’employabilité et aux compétences requises sur le marché du travail actuel, poursuit la même source.

Des ateliers interactifs ont été également proposés afin de préparer les jeunes aux entretiens d’embauche et aux processus de recrutement. En outre, des séances de recrutement et des entretiens individuels ont eu lieu, permettant aux participants de rencontrer directement des employeurs et de postuler pour des offres disponibles.

Cet événement constitue pour l’Anapec le point de départ d’une série d’initiatives similaires à travers le Royaume, visant à renforcer la proximité entre les jeunes et le monde professionnel, facilitant ainsi leur insertion sur le marché du travail, conclut-on.

La nouvelle plateforme de recrutement, Talenseo, fait son entrée sur le marché marocain

Talenseo se veut une solution de choix pour les entreprises à la recherche des meilleurs talents, peut-on lire sur un communiqué.

En intégrant des technologies « avancées et une base de données enrichie de profils diversifiés », Talenseo permet aux recruteurs de trouver rapidement les candidats les plus qualifiés pour chaque poste, poursuit la même source.

Talenseo propose des outils d’analyse et de filtrage avancés, facilitant la prise de décision pour les recruteurs.

Parmi les fonctionnalités phares de Talenseo :

• des filtres de recherche avancés permettant de cibler précisément les compétences recherchées ;
• un système de matching intelligent qui propose des candidats en adéquation parfaite avec les critères définis ;
• des outils de gestion simplifiés pour suivre l’avancement des candidatures et faciliter la communication entre recruteurs et candidats.

90% des diplômés de la formation professionnelle réussissent à s’insérer dans le marché du travail (Sekkouri)

En réponse à une question orale sur les diplômés de la formation professionnelle et des établissements universitaires, Younes Sekkouri a souligné que le taux d’inclusion de ces diplômés s’élève à 70% immédiatement après l’obtention du diplôme. Il dépasse 80% pour certains établissements de formation et atteint 90% trois ans après l’obtention du diplôme.

Le taux d’insertion dans les secteurs prometteurs est de 81,4% dans l’industrie automobile, de 70% dans le secteur de l’électricité et de 66% dans le secteur de l’intelligence artificielle.

Les programmes du ministère ont enregistré des taux d’insertion « encourageants », s’est félicité le ministre, notant que 120.000 personnes ont accédé au marché du travail dans le cadre du programme « Idmaj » via l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences, dont 35% sont des diplômés des instituts de formation professionnelle et 23% des diplômés universitaires.

En outre, 20.000 personnes ont bénéficié du programme « Tahfiz », dont 27% de diplômés des instituts de formation professionnelle et 25% des lauréats des universités. Quant au programme « Awrach », 10% des bénéficiaires sont des diplômés d’instituts de formation professionnelle et 13% des diplômés universitaires.

Younes Sekkouri a également souligné que la justice spatiale en matière de formation professionnelle est au centre des priorités du gouvernement, faisant état de 2.055 instituts de formation professionnelle répartis à travers le Royaume, dont 420 relevant de l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail, 275 instituts affiliés à des secteurs gouvernementaux (dont environ 67 institutions appartenant au secteur agricole), et 1.360 instituts appartenant au secteur privé.

Le nombre d’apprenants s’élève à près de 418.000, dont 300.000 dans le secteur public et 113.000 dans le secteur privé, avec 145 internats d’une capacité d’accueil d’environ 20.000 lits et 100 centres de formation par apprentissage.

En réponse à une autre question sur la participation des femmes au marché du travail, le ministre a indiqué que le taux des femmes employées dans le secteur formel et dans le travail rémunéré est encourageant, relevant que les chiffres de la Caisse nationale de sécurité sociale font ressortir que plus de 33% des postes de travail créés sont occupés par des femmes, atteignant même 44% dans certains secteurs.

Emploi. Les programmes et politiques actives du marché du travail passés au crible par le PCNS

Le rapport « Politiques actives du marché du travail au Maroc : bilan des programmes phares, défis et pistes d’amélioration » offre une analyse exhaustive inédite des différents programmes et politiques actives du marché du travail (PAMT). Ce document dresse un état des lieux alarmant du marché du travail marocain, marqué par un taux de chômage inédit de 13,7% au premier trimestre 2024, le plus élevé depuis les années 2000, ainsi que par une destruction massive de l’emploi rural.

Face à ces défis, le rapport propose une série de recommandations visant à remédier aux dysfonctionnements du marché du travail. Ces recommandations, essentielles pour la revitalisation économique et sociale du pays, incluent notamment :

Extension et amélioration du ciblage des programmes

Extension de la cible des programmes : pour maximiser l’impact, les programmes de l’ANAPEC doivent s’étendre au-delà des chômeurs diplômés pour inclure les jeunes en rupture de scolarité, les diplômés des petites villes, les chômeurs de longue durée, et les personnes en situation de handicap. Cette extension permettra de répondre aux besoins spécifiques de chaque groupe et d’améliorer l’efficacité des interventions.

Amélioration du ciblage : il est essentiel d’affiner le ciblage des jeunes chômeurs en adaptant les programmes aux besoins spécifiques de chaque groupe. Par exemple, les jeunes en rupture de scolarité nécessitent des formations de base avant d’accéder à des formations spécialisées, et les personnes handicapées ont besoin de dispositifs d’accompagnement particuliers pour leur intégration professionnelle.

Collaboration et coordination interinstitutionnelle

Coordination et complémentarité : mettre en place des dispositifs intégrés couvrant toutes les étapes de la création d’entreprise pour maximiser l’efficacité des interventions et éviter les redondances. Par exemple, un soutien intégré incluant formation, financement, mentorat et accès à des réseaux professionnels.

Concertation avec les parties prenantes : impliquer toutes les parties prenantes, y compris les institutions, entreprises, associations, et bénéficiaires potentiels, dans la conception et l’implémentation des programmes actifs du marché du travail (PAMT) pour garantir qu’ils répondent aux besoins réels du marché et des bénéficiaires.

Convergence des programmes : assurer une convergence des PAMT avec les autres programmes et politiques publiques pour maximiser leur impact. Par exemple, aligner les programmes de formation professionnelle avec les besoins des entreprises locales et intégrer les initiatives de soutien à l’entrepreneuriat aux politiques de développement économique régional.

Évaluation et adaptation continue

Systématisation de l’évaluation : mettre en place une évaluation systématique des PAMT, de leur conception à leur implémentation, pour identifier les points forts et faibles et ajuster les programmes en conséquence. Utiliser des indicateurs de performance et des mécanismes de feedback réguliers pour adapter les programmes en fonction des résultats obtenus.

Évaluation sectorielle : effectuer des évaluations spécifiques à chaque secteur économique pour adapter les programmes aux besoins et dynamiques propres de chaque secteur. Par exemple, adapter les programmes de formation aux besoins en compétences du secteur technologique ou agricole.

 Renforcement de la gouvernance et des capacités

Renforcement des capacités : améliorer les compétences et qualifications des acteurs institutionnels et renforcer les capacités de l’ANAPEC en ressources humaines, systèmes d’information, et procédures. Par exemple, offrir des formations continues aux agents de l’ANAPEC et améliorer les infrastructures technologiques.

Gouvernance et décentralisation : adapter la gouvernance des programmes pour favoriser la décentralisation et l’accès aux services pour les populations rurales. Par exemple, décentraliser les services vers les municipalités et bureaux locaux pour développer des actions spécifiques pour les communautés rurales.

Recours aux nouvelles technologies

Intégration des nouvelles technologies : accélérer la mise en place de solutions technologiques pour optimiser les processus de recherche d’emploi, faciliter l’accès à la formation, et créer de nouveaux services. Par exemple, développer des plateformes en ligne pour offrir des cours à distance, des outils de matchmaking entre employeurs et demandeurs d’emploi, et des services de mentorat virtuel.

Optimisation des programmes spécifiques

Adéquation formation-emploi : assurer que les formations offertes correspondent aux attentes et aux besoins du marché du travail en collaborant avec les universités et les entreprises. Par exemple, établir des partenariats pour offrir des stages et des formations pratiques.

Surveillance des pratiques des entreprises : mettre en place des contrôles stricts pour surveiller les pratiques des entreprises et éviter la rotation excessive des stagiaires. Par exemple, effectuer des audits réguliers et instaurer des mécanismes de reporting transparents.

Capitalisation sur les récents changements : consolider et promouvoir les améliorations récentes, comme la réduction de la durée du stage et la couverture médicale, pour renforcer l’attractivité des programmes.

Facilitation et appui à l’entrepreneuriat

Renforcement de l’accompagnement post-création : améliorer l’accompagnement des entrepreneurs après la création de leur entreprise en offrant des services de mentorat, des réseaux de soutien, et des formations continues.

Encouragement des projets prometteurs : mettre en place des concours de start-ups, des incubateurs, et des programmes de financement pour soutenir les jeunes entrepreneurs.

Adaptation des dispositions législatives : simplifier les démarches et adapter les dispositions législatives pour faciliter la création d’entreprise, par exemple en proposant des processus d’enregistrement simplifiés et des exemptions fiscales temporaires.

Mobilisation et diversification de l’appui financier : encourager les investissements privés et explorer de nouvelles sources de financement, comme les fonds de capital-risque et les programmes de microcrédit, pour offrir des options de financement diversifiées.

Solutions pour les locaux et le foncier : proposer des solutions pour faciliter l’accès aux espaces de travail pour les jeunes entrepreneurs, par exemple en offrant des espaces de co-working subventionnés et des pépinières d’entreprises.

Amélioration de l’équité et de l’accessibilité

Équité catégorielle et territoriale : étendre progressivement le programme « Taehil » aux non-diplômés et mettre en place des mesures d’appui à la mobilité pour garantir un accès équitable à la formation. Par exemple, introduire des bourses de mobilité et des dispositifs de formation décentralisés pour assurer l’égalité des opportunités.

Solutions pour les locaux et le foncier : faciliter l’accès aux espaces de travail pour les jeunes entrepreneurs en offrant des espaces de co-working subventionnés, des pépinières d’entreprises, et des terrains à coût réduit pour soutenir les nouvelles entreprises.

Voici les principaux indicateurs économiques du Maroc en 2023

L’année 2023 a été marquée par une série de chocs ayant un impact significatif sur l’économie marocaine, parmi lesquels figurent le séisme d’Al Haouz, la sécheresses et les répercussions des crises géopolitiques. Ces événements ont contribué à façonner un contexte économique mondial de plus en plus incertain, notamment en ce qui concerne le commerce international. En conséquence, une augmentation sans précédent des prix des matières premières s’est produite, entraînant une inflation persistante qui a atteint un taux à deux chiffres au Maroc (+10,1%) en février 2023.

Médias24 liste les indicateurs économiques du Maroc pour l’année 2023,  tels que la croissance économique, le déficit budgétaire, l’inflation, le chômage, etc. Parmi nos sources, nous comptons les données fournies par Bank Al-Maghrib (BAM), le Haut-Commissariat au Plan (HCP), le Ministère de l’Économie et des Finances (MEF), l’Office des Changes ainsi que le Dashboard de Médias24. Pour ce qui concerne l’inflation, il s’agit du taux annuel moyen.

En analysant chaque indicateur de manière spécifique, voici les détails qui se dégagent :

Croissance économique :

Malgré un contexte international tendu, caractérisé par des tensions géopolitiques croissantes et des conditions financières de plus en plus rigoureuses, ainsi qu’une situation nationale marquée par la rareté et l’irrégularité des précipitations, l’économie marocaine a enregistré une croissance remarquable de 3,2% en moyenne sur les quatre trimestres de l’année 2023, comparativement à 1,3% en 2022. Ce résultat a permis au PIB de dépasser la barre des 1.400 milliards de dirhams pour la première fois. Cette progression significative s’explique principalement par une augmentation de la valeur ajoutée dans le secteur agricole, par la dynamique positive des activités du secteur tertiaire et par une demande intérieure robuste.

Source : HCP

Compte courant et avoirs officiels de réserves :

Le compte courant pour l’année 2023 a enregistré un déficit s’élevant à 0,6% du PIB, contre 3,6% un an auparavant et 2,3% en 2021. De même, le déficit de la balance commerciale s’est élevé à 286,4 milliards de dirhams (MMDH), marquant ainsi une diminution de 7,3% (22,4 MMDH) par rapport à 2022. Cette amélioration est attribuable à une augmentation des exportations de 0,2% (698 MDH) et à une baisse significative des importations de 2,9% (21,7 MMDH). Cette diminution du déficit de la balance commerciale a entraîné une amélioration du taux de couverture de 1,9 point, s’établissant à 60%.

Par ailleurs, les avoirs officiels de réserves se sont renforcés de 21,2 MMDH (6,4%) à la fin de 2023, atteignant ainsi 359 MMDH. Ces réserves couvrent désormais près de cinq mois et quinze jours d’importations de biens et services.

Source : Office des Changes

Déficit budgétaire :

L’exécution de la loi de finances pour l’année 2023 révèle un déficit budgétaire de 62,8 milliards de dirhams (MMDH) par rapport aux 71,5 MMDH enregistrés en 2022, marquant ainsi un allégement notable de 8,7 MMDH, ce qui représente une baisse significative de 12,2%. Rapporté au PIB, le déficit budgétaire pour l’année 2023 s’est amélioré par rapport aux prévisions établies dans la loi de finances (4,5%), s’établissant à 4,4% contre 5,4% en 2022.

Source : MEF, Direction du Trésor et des Finances Extérieures

Endettement du Trésor :

L’encours de la dette totale du Trésor en 2023 a progressé de 64,8 MMDH (6,8%) contre une progression de 66,6 MMDH (7,5%) en 2022, atteignant ainsi un total de 1.016,7 MMDH. Rapporté au PIB, le ratio d’endettement total du Trésor a légèrement baissé de 0,5 point pour revenir à 71,1% en 2023.

La dette intérieure demeure prédominante avec une part de 74,4% contre 25,6% pour la dette extérieure, en conformité avec les objectifs retenus pour le portefeuille benchmark (70%-80% dette intérieure et 20%-30% dette extérieure).

Ainsi, l’encours de la dette intérieure du Trésor s’est établi à 763 MMDH en 2023, en hausse de 12,1 MMDH (1,7%) par rapport à 2022. Pendant la même période, l’encours de la dette extérieure a atteint 253,2 MMDH, enregistrant une progression de 23,7 MMDH (soit 10,3%) par rapport à 2022.

Source : MEF, Direction du Trésor et des Finances Extérieures

Inflation et taux d’intérêt :

L’année 2023 a été marquée par des pressions inflationnistes sans précédent à l’échelle mondiale ainsi qu’au niveau national, se traduisant par un taux d’inflation de 10,1% en février 2023 au Maroc. Cependant, afin de ramener l’inflation à des niveaux maîtrisables, Bank Al-Maghrib a réagi en mettant en œuvre des politiques de resserrement monétaire tout au long des quatre trimestres de l’année 2023. Le taux d’intérêt directeur a ainsi été porté à 3%, atteignant ainsi son niveau le plus élevé depuis le troisième trimestre de 2014.

Ces mesures restrictives ont permis de ralentir l’inflation, ramenant le taux d’inflation à 3,4% en décembre 2023, ce qui correspond à un taux moyen annuel d’inflation de 6,1%, contre 6,6% enregistré en 2022.

Source : BAM et HCP

Indice de confiance des ménages :

Au quatrième trimestre de 2023, l’indice de confiance des ménages a chuté à 44,3 points, marquant une baisse par rapport aux 46,5 points du trimestre précédent et aux 46,6 points enregistrés au quatrième trimestre de 2022. Cet indice, qui mesure la perception des ménages sur divers aspects économiques tels que leur niveau de vie, le chômage, leur propension à effectuer des achats de biens durables et leur situation financière, témoigne d’une tendance pessimiste.

En effet, durant les 12 derniers mois, une grande majorité de ménages (87,0%) ont constaté une détérioration de leur niveau de vie, tandis que seuls 9,2% ont maintenu une stabilité et 3,8% ont noté une amélioration. Pour les 12 prochains mois, plus de la moitié des ménages (57,9%) prévoient une nouvelle détérioration de leur niveau de vie, tandis que 33,2% anticipent une stagnation et 8,9% espèrent une amélioration.

Source : HCP, Enquête permanente de conjoncture auprès des ménages

Marché du travail :

L’économie marocaine a continué de subir des pertes d’emplois, enregistrant une création nette déficitaire de 157.000 emplois en 2023. Cela est conséquence de la destruction de 198.000 emplois dans les zones rurales et de la création de seulement 41.000 emplois dans les zones urbaines. Par conséquent, le taux de chômage s’est élevé à 13%, le plus haut depuis l’année 2000.

Source : HCP

Il convient de souligner que parmi les emplois détruits, 208.000 étaient non rémunérés, avec une perte de 18.000 emplois dans les zones urbaines et de 190.000 dans les zones rurales. En revanche, les emplois rémunérés ont connu une création de 59.000 emplois dans les zones urbaines, tandis que près de 8.000 emplois ont été perdus dans les zones rurales, aboutissant à une création nette de 51.000 emplois rémunérés.

Source : HCP

En résumé, voici les principaux indicateurs économiques du Maroc en 2023 :

Le HCP lance le processus de refonte de l’Enquête nationale sur l’emploi

Dans un communiqué publié ce 15 avril, le haut-commissariat au Plan (HCP) annonce son intention de moderniser l’Enquête nationale sur l’emploi (ENE), un instrument essentiel pour suivre la dynamique du marché du travail. Cette initiative vise à aligner les méthodes de collecte et d’analyse des données sur les normes internationales établies par l’Organisation internationale du travail (OIT), explique le HCP.

Le processus de réforme consiste à :

Le projet, prévu sur une période de deux ans (2024-2025), engagera une collaboration étroite avec les ministères clés, les intervenants du secteur public et privé, ainsi que l’Organisation internationale du travail. La mise en place effective du nouveau dispositif est prévue pour l’année 2026.

La Banque mondiale insiste sur l’importance de l’insertion des femmes dans le marché du travail

Le 16 novembre, la Banque mondiale a organisé une conférence à Rabat pour présenter son dernier rapport de suivi de la situation économique au Maroc. L’occasion pour l’organisation de revenir sur la résilience économique du Royaume depuis trois ans, mais également d’évoquer le fait que certains indicateurs sociaux pourraient être améliorés.

La Banque mondiale est notamment revenue sur le travail des femmes dans la société marocaine. Ces dernières occupent encore une part bien trop faible dans l’économie nationale. Sur le sujet, Federica Marzo, économiste senior au sein de la Banque mondiale, a couvert cet aspect de la conférence en rappelant les bénéfices potentiels d’un plus grand taux d’activité des femmes pour l’économie nationale.

À peine 22% des femmes en âge de travailler participent au marché du travail

Le Maroc ne fait pas exception à la dynamique présente dans la région où le taux d’activité, appelé aussi taux de participation des femmes, est globalement bas, autour des 19%, rappelle Federica Marzo.

Et au Maroc, ce taux d’activité des femmes n’a fait que décroître inexorablement au cours des deux dernières décennies. À titre de comparaison, en l’an 2000, les femmes en âge de travailler de plus de 15 ans avaient un taux d’activité de 25,3%. En 2020, ce taux est descendu à 21,7%. Pourtant, étant donné la composition de la population et les autres indicateurs sociaux, la situation pourrait être différente.

« Au même niveau de revenu par tête, le taux de participation des femmes devrait être plus élevé. Considérant le niveau d’éducation des femmes et le taux de fertilité, ce taux de participation devrait remonter ; or ce n’est pas le cas. Les explications viennent d’une inadéquation de la quantité d’emplois offerts typiquement dans le secteur salarié formel, dans le secteur manufacturier et des services, qui devrait résorber la main d’œuvre féminine. De l’autre côté, ce sont aussi des normes sociales qui ne favorisent pas l’emploi des femmes », estime Federica Marzo.

L’inactivité des femmes qualifiées progresse

Les statistiques l’ont globalement toujours montré, les femmes en milieu rural ont un taux d’activité plus élevé que celles en milieu urbain. En revanche, ces emplois, généralement agricoles, sont principalement non rémunérés.

« En milieu urbain, les femmes ont tendance à travailler moins que dans le milieu rural. 92% des femmes dans le milieu rural travaillent dans l’agriculture, et 72% d’entre elles exercent des emplois informels et non rémunérés. En somme, en milieu urbain, les femmes travaillent moins, mais dans des conditions meilleures. En milieu urbain, 82% des femmes qui travaillent occupent un emploi formel avec des emplois salariés », explique Federica Marzo.

Mais l’un des phénomènes qui est observé depuis une dizaine d’années, c’est l’augmentation de l’inactivité des femmes qualifiées avec des niveaux d’études secondaires et tertiaires. « Si l’on regarde la baisse du taux d’activité des femmes et le stock des femmes inactives, on observe que le poids des femmes éduquées augmente. Dans ce stock d’inactives, constitué à 70% de femmes urbaines avec peu d’éducation, le ratio des femmes éduquées est en train de monter », poursuit-elle.

Ces dernières, malgré leur niveau d’études, sont également plus susceptibles de se retrouver au chômage. « Si l’on regarde le gap entre les femmes et les hommes éduqués, les femmes sont plus vulnérables au chômage. Le taux d’activité entre les hommes et les femmes éduqués varie de 22 points de pourcentage », précise-t-elle.

La Banque mondiale pointe également le fait que le taux d’activité des femmes urbaines mariées recule en général. « Concernant les femmes urbaines et mariées, elles ont une probabilité de 35% de moins de travailler par rapport aux femmes qui n’ont jamais été mariées. On remarque qu’au moment du mariage, il y a une dynamique de sortie du marché du travail, et elles n’y entrent plus », souligne l’économiste senior.

Un taux d’activité de 45% pourrait faire augmenter la croissance d’un point par an

Dans son rapport, la Banque mondiale montre, à travers ses simulations, « que la réalisation des objectifs du Nouveau Modèle de développement, avec un taux d’activité des femmes de 45%, pourrait accroître la croissance de près d’un point de pourcentage par an, et réduire les inégalités de 1 à 2 points de Gini ».

Cela permettrait d’arriver à réaliser d’autres objectifs, notamment doubler le PIB/tête, ou réduire fortement les inégalités sociales. « Si on augmentait le taux de participation de 10 ou 20 points de pourcentage, on aurait une réduction des inégalités de l’ordre de 1 à 2 points de Gini (indicateur des inégalités, ndlr) et pour la vulnérabilité, la baisse se situerait entre 1 et 2,5 points de diminution », explique Federica Marzo.

Un changement de paradigme est donc important pour pouvoir assurer une insertion plus forte des femmes dans le monde du travail. Pour rappel, en 2021, S&P expliquait lors d’une conférence que la faible participation des femmes au marché du travail est un obstacle structurel à la croissance au Maroc.

Les conditions sociale, économique et professionnelle de la femme marocaine en chiffres (HCP)

Il ressort de cette étude, actualisée à l’occasion de la Journée nationale de la femme marocaine (10 octobre), la persistance des inégalités de genre dans plusieurs aspects de la vie quotidienne.

Intitulé « La femme marocaine en chiffres, 2023 », le rapport annuel met à jour les chiffres relatifs à la santé de la femme marocaine, son éducation et formation, son insertion sur le marché du travail, son emploi du temps quotidien, son rapport à la vie publique ainsi qu’à la vulnérabilité et à la pauvreté. Une partie du rapport est par ailleurs consacrée à la prévalence de la violence à l’égard des femmes.

« Les informations contenues dans ce recueil, disponible sur le site web institutionnel du HCP, sont ventilées par sexe aussi bien pour l’ensemble du Maroc que pour le milieu de résidence urbain et rural », lit-on dans le rapport du haut-commissariat au Plan (HCP).

Notons que les données ne sont pas toutes actualisées et certaines statistiques datent de 2019, notamment celles concernant la pauvreté et la violence à l’égard des femmes, tandis que les informations relatives à la part du temps professionnel et du temps domestique dans la charge du travail productif datent de 2012.

Santé, bien-être et espérance de vie

En 2022, l’espérance de vie des femmes à la naissance est nettement supérieure à celle des hommes, se situant aux alentours de 78,6 ans, soit 3,4 ans plus que les hommes.

Par ailleurs, le taux de fécondité des adolescentes (15-19 ans) est de 18,8 % au niveau national, avec une répartition inégale entre l’urbain (15,4) et le rural (23,5). Celui des femmes âgées entre 20 et 24 ans s’élève à 84,5% contre 105,9% pour les (25-29 ans). Par rapport aux années 2004 et 2014, les taux de fécondité sont en baisse pour toutes les tranches d’âge.

En 2022, le mariage des mineurs a connu une augmentation (14.971 cas) par rapport à 2020 (12.600), tandis que la proportion de mariages polygames n’a pas évolué depuis 2010, représentant 0,3% des actes de mariages établis. Le nombre de divorces judiciaires prononcés a, pour sa part, quasi-doublé entre 2020 (38.884 cas) et 2022 (61.147 cas)

Le rapport rappelle qu’en 2019, 56,5% des femmes étaient victimes de violences (tous contextes confondus). Dans le détail, 15,4% des femmes étaient victimes de violences sur le lieu du travail et 52,1% victimes de violences domestiques (familiale ou conjugale).

Accès inégalitaire à l’éducation et la formation 

En 2022, la proportion des jeunes (15-24 ans) alphabétisés s’élevait à 95,4% pour les femmes contre 97,9% pour les hommes. La disparité au niveau des sexes est toutefois constatée au niveau de l’accès à la formation. En effet, 30,8% de la population de 25 ans et plus ayant au moins le niveau secondaire collégiale sont des femmes, contre 45,5% d’hommes.

Le rapport fait également ressortir une inégalité territoriale en matière de scolarisation. Dans le milieu urbain, le taux de scolarisation des filles âgées entre 15 et 17 ans (96,1%) est deux fois supérieur à celui des filles scolarisées dans le milieu rural (47,6%).

Marginalisation des femmes dans le marché du travail

La femme active marocaine, jusqu’à nos jours, n’arrive toujours pas à connaître sa meilleure place dans la société. Elle est d’avantage marginalisée du marché du travail, selon les derniers chiffres du rapport annuel du HCP.

La participation au marché du travail des femmes diplômées âgées entre 25 et 59 ans (33,3%) demeure faible et largement en deçà de celle des hommes diplômés et de la même tranche d’âge (92,2%). Par conséquent, le chômage affecte plus les femmes marocaines que les hommes. En 2022, 34,8% des femmes diplômées du supérieur étaient au chômage, contre 20,8% des hommes diplômés du supérieur.

Une autre donnée qui marque le hiatus qui existe entre les femmes et les hommes au niveau de l’intégration dans le marché de l’emploi, concerne les jeunes âgés de (15-24 ans) qui ne sont ni en éducation, ni en emploi, ni en formation (NEET) : 37,3% d’entre eux sont des femmes contre 13,5% d’hommes.

Marché du travail : dégradation des indicateurs d’activité et d’emploi des jeunes 

Parmi les points saillants de la note du HCP, figure le recul de la part des jeunes dans la population totale au profit de la population du troisième âge. Concrètement, la part des personnes âgées de 60 ans et plus est passée de 9,4% en 2014 à 12,7% en 2023, soit une augmentation de 3,3 points de pourcentage.

« L’effectif des jeunes âgés de 15 à 34 ans demeure important et continuera de s’accroître à l’horizon 2030, mais avec un rythme d’accroissement inférieur à celui de la population totale, soit respectivement 0,3% et 0,9% entre 2023 et 2030 », précise la même source. « Cette population des jeunes est passée de 11,5 millions en 2014 à 11,8 millions en 2023 et, en proportion, de 34,2% à 31,9% respectivement. À eux seuls, les jeunes âgés de 15 à 24 ans représentent 16,1% en 2023 contre 18,0% en 2014 ».

Il est également indiqué que  la part des jeunes citadins dans la population des jeunes est passée de 60% à 66,0% entre 2014 et 2023.

Amélioration substantielle du niveau d’éducation et de formation des jeunes 

La part des jeunes âgés de 15-34 ans n’ayant aucun niveau scolaire s’est nettement contractée entre 2000 et 2022, selon les données de l’Enquête nationale sur l’emploi. Elle est passée de 35,7% à 8,9%. Ce qui représente un repli de 26,8 points.

Entre 2000 et 2022, la part des jeunes femmes  n’ayant aucun niveau scolaire a enregistré une baisse significative (de 47,7% à 12,1%). Il en est de même pour celle des ruraux au cours des deux dernières décennies (de 59,5% à 15,6%).

Dans le même ordre d’idées, notons que la part des jeunes ayant le niveau secondaire ou plus a connu une augmentation importante, passant de 19,7% en 2000 à 42,7% en 2022.

Il ressort également de la note que l’écart entre les jeunes hommes et  les jeunes femmes ayant le niveau secondaire ou plus s’est annulé. Sachant que celui-ci était de 5,1 points de pourcentage en 2000.

 Dégradation des indicateurs d’activité et d’emploi des jeunes 

La nouvelle publication du HCP renseigne aussi sur le recul de la part des jeunes dans le marché du travail entre 2000 et 2022.  Le taux d’activité des jeunes âgés de 15-34 ans est passé de 53,5% en 2000 à 41,2% en 2022. Pour sa part, le taux d’emploi de cette frange de la population est passé de 42,8% à 31,8% durant la même période. C’est dire le niveau de dégradation des indicateurs d’emploi de la jeunesse.

La source susmentionnée fait état de l’augmentation du chômage des jeunes de 2,9 points de pourcentage, passant de 20% en 2000 à 22,9% en 2022. Ce qui constitue une nette dégradation par rapport à 2014, année durant laquelle le taux de chômage des jeunes était de 14,8%.

Les principaux concernés par le chômage des jeunes sont les citadins, les femmes et les diplômés. Pour preuve, en 2022, près d’une femme active âgée de 15-34 ans sur trois (32,7%) était en situation de chômage contre 19,8% pour les hommes.

Les auteurs de la publication font savoir que le taux de chômage des jeunes citadins s’élève à 29,9% contre 10,7% parmi les jeunes ruraux.

Autre précision de taille : le taux de chômage des jeunes titulaires d’un diplôme supérieur a culminé à 40,3% en 2022. Ce qui représente  le double du taux de chômage des jeunes ayant un diplôme de niveau moyen (20,7%), et plus de cinq fois celui des jeunes sans diplôme (7,9%).

Par ailleurs, la note fait mention d’une amélioration notoire de l’emploi formel pour les jeunes au cours des deux dernières décennies. En 2022, un jeune actif occupé sur quatre (24,7%) exerçait un emploi formel, sachant qu’en 2000, seuls 6,8% des jeunes actifs occupés âgés de 15-34 ans disposaient d’une assurance maladie liée à l’emploi.

Au final, l’exercice d’un emploi formel est plus répandu parmi les jeunes femmes (38,2%) que parmi les hommes (21,1%), et davantage chez les citadins (36,2%) que chez les ruraux (8,9%).

YouCode, école gratuite de programmation, ouvrira ses portes à Nador en septembre

« Après une expérience réussie à Youssoufia et à Safi, et la formation de 600 apprenants, l’école numérique inclusive de développement informatique ‘YouCode‘ continue sa dynamique de développement de jeunes talents en ouvrant ses portes à Nador« , explique le ministère de la Transition numérique, que nous avons joint suite à l’annonce par Ghita Mezzour, fin juillet dernier, de l’ouverture d’une école de programmation à Nador dès septembre prochain, en réponse à une question orale à la Chambre des représentants.

YouCode ouvrira prochainement ses portes à Nador, nous explique-t-on. Le nouveau campus à Nador est le fruit d’un partenariat entre l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), le ministère de la Transition numérique, le ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication, la région de l’Oriental et la province de Nador, ajoute la même source.

Une première promotion de 50 apprenants âgés de 18 à 35 ans

Cette école de code nouvelle génération offrira une formation gratuite, intensive et professionnalisante à près de 50 apprenants par an, âgés de 18 à 35 ans, qui seront choisis selon un processus de sélection, précise le ministère.

Source : YouCode

A but non lucratif, l’école est basée sur le modèle pédagogique du « Learning By Doing » et a pour vocation de former des jeunes dans les métiers d’avenir dans le domaine de l’informatique tout en restant à l’écoute du marché. L’objectif est de permettre à la ville de se doter d’un espace d’innovation offrant une formation de qualité, notamment dans des secteurs à fort potentiel économique, tels que le développement informatique.

Un cursus de deux ans

La formation est encadrée par le partenaire pédagogique Simplon, un réseau de fabriques numériques et inclusives en France et à l’étranger.

« Le cursus a pour objectif d’offrir aux jeunes de la région de Nador l’opportunité de se professionnaliser dans un secteur d’activité en plein essor. YouCode dispense une formation de deux ans, qui allie théorie et pratique. La 1ère année est consacrée aux fondamentaux du développement informatique, mais également aux challenges et aux projets digitaux, ainsi qu’à des master class et des rencontres avec les entreprises. La 2e année, elle, est entièrement dédiée à la spécialisation des apprenants dans des technologies de pointe particulièrement convoitées sur le marché du travail dans le domaine du numérique », indique notre source.

Source : YouCode
Source : YouCode
Source : YouCode

D’une superficie de 1.600 m², le campus Nador compte cinq salles de classe offrant un espace idéal pour l’apprentissage et pour le travail en équipe pour résoudre des problèmes, lit-on sur le site de YouCode.

Il dispose également de deux salles de réunion conçus pour faciliter la discussion et d’un espace amphi permettant d’accueillir les différents intervenants pour y échanger avec les étudiants. Un espace FabLab où « l’expérimentation et l’innovation prennent vie » et un espace détente « invitant les étudiants à se relaxer et à échanger des idées » sont aussi disponibles.

La faible participation économique des femmes fait perdre au Maroc des points de PIB (Akhannouch)

« Au niveau national, la participation économique des femmes est passée de 23,4 % en 2010 à moins de 20 % en 2021. Ce recul à lui seul représente une perte d’un point de pourcentage du produit intérieur brut, soit environ 13 MMDH par an. »

Le constat est celui d’Aziz Akhannouch qui était au Parlement ce lundi 17 juillet dans le cadre de la séance mensuelle consacrée aux questions sur la politique générale, qui avait pour thématique : « L’autonomisation de la femme et les enjeux du développement ».

Malgré les efforts fournis au cours des deux dernières décennies, qui ont certes permis de considérables avancées pour la situation générale des femmes, il reste encore du travail à faire, car les indicateurs liées à l’autonomisation de la femme restent en-deçà des aspirations du Maroc d’aujourd’hui.

« Selon l’Indice d’écart de genre (Gender Gap Index) du Forum économique mondial, le Maroc se classe à la 144e position », a précisé le chef du gouvernement. Ce dernier a également relevé que le taux d’activité des femmes au Maroc devrait être situé à 36%, au regard des progrès importants réalisés en matière de scolarisation des filles et de la diminution du taux d’analphabétisme chez les femmes, qui est passé de 60% en 2004 à moins de 46% en 2019.

« Ces données montrent qu’environ six femmes sur dix ont accès à l’éducation, tandis que seulement deux femmes sur dix intègrent le marché du travail. De plus, une seule femme sur dix reçoit une rémunération équitable pour son travail », ajoute Aziz Akhannouch.

Adopter le cadre stratégique pour l’égalité 2023-2026

Aziz Akhannouch a rappelé que dès le début de son mandat, le gouvernement a pris l’initiative de promulguer le décret relatif à la création de la Commission nationale de l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes.

Selon le chef du gouvernement, l’objectif de la première réunion de cette commission était d’adopter le cadre stratégique de la planification gouvernementale pour l’égalité 2023-2026, qui comprend le programme d’autonomisation économique des femmes. Ce programme intègre des mesures et des dispositifs visant à accroître l’activité des femmes d’ici 2026. Il comprend trois axes :

– l’autonomisation et le leadership des femmes, qui établit des mesures pratiques visant à accroître le taux d’activité des femmes d’ici 2026.

– la prévention, la protection des femmes et la lutte contre la violence à leur encontre.

– la promotion des valeurs pour lutter contre les stéréotypes et promouvoir les droits des femmes, en luttant contre toutes les formes de discrimination.

« Nous avons demandé à tous les ministères concernés d’engager des consultations finales pour intégrer les mesures du premier programme sur ‘l’autonomisation économique et le leadership’ spécifiques à chaque secteur, dans leur programmation budgétaire pour l’année 2024 », a ajouté M. Akhannouch.

Les actions du gouvernement

Selon le chef de l’exécutif, d’autres actions ont été lancées. Le gouvernement a lancé le programme « Gissr » pour l’autonomisation et le leadership. Il vise à former et accompagner plus de 36.000 femmes à l’échelle nationale, à améliorer leurs expertises et compétences en entrepreneuriat, à renforcer leurs opportunités d’emploi et à faciliter leur accès au marché et au financement, pour un coût total estimé à 322 millions de dirhams.

« Jusqu’à fin juin, plus de 38.000 demandes ont été reçues depuis le lancement des plateformes numériques dédiées dans les régions de Casablanca-Settat, Fès-Meknès, Guelmim-Oued Noun, l’Oriental, Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Souss-Massa, Béni Mellal-Khénifra, Drâa-Tafilalet, et Dakhla-Oued Ed-Dahab », ajoute le chef du gouvernement.

D’autre part, le gouvernement s’est engagé à promouvoir l’approche de genre à travers les primes prévues par la « Charte de l’investissement », en offrant une subvention incitative supplémentaire si la condition du ratio Genre est respectée (masse salariale réservée aux femmes divisée par la masse salariale totale) permettant de renforcer l’intégration des femmes dans le monde du travail, a souligné Aziz Akhannouch.

Le chef du gouvernement a également cité le programme Forsa, lancé pour accompagner et financer les porteurs de projets. « Ce programme a contribué à renforcer l’initiative individuelle, où le nombre de femmes bénéficiaires de ce programme représentait 20% du total des bénéficiaires en 2022, avec une perspective d’augmentation de ce taux pour l’édition 2023 », a-t-il souligné

Le gouvernement a également travaillé à renforcer l’intégration des femmes sur le marché du travail grâce au programme Awrach. « Nous avons obtenu des résultats très positifs en 2022, avec plus de 103.599 personnes bénéficiaires, dont 30% de femmes, majoritairement issues des zones rurales. »

Le chef du gouvernement a indiqué qu’une somme de 2,25 MMDH a été prévue dans le cadre de la loi de finances 2023, dont le but est de poursuivre l’élan du programme Awrach dans sa deuxième phase.

« Ces programmes viennent s’ajouter aux efforts déployés pour consolider l’approche de genre dans différentes stratégies sectorielles, notamment dans le secteur industriel, où 43% de sa main-d’œuvre est composée de femmes. Le plan d’accélération industrielle a permis de combler les écarts dans ce secteur en intégrant les femmes dans plus de 50% des postes créés entre 2014 et 2020″.

Le chef du gouvernement a également souligné qu’il accordait une grande importance à l’économie sociale et solidaire, en tant que troisième pilier du développement aux côtés du secteur privé et du secteur public. « Il est prévu que ce secteur contribue à l’avenir à hauteur de 8% du produit intérieur brut national, contre 2% actuellement, et qu’il crée 50.000 nouveaux emplois chaque année, et dont les coopératives constituent l’élément central ».