Ifrane : un nouveau marché central en projet pour structurer l’activité commerciale

Le futur marché central d’Ifrane sera composé de 160 magasins et de 20 restaurants, ainsi que de plusieurs structures annexes : quais de chargement et de livraison, une murisserie, trois chambres de stockage, un entrepôt, un local pour les déchets et un espace dédié aux produits de terroir. Une salle de prière avec zone d’ablution et deux blocs sanitaires publics sont également prévus.

Deux guichets bancaires seront intégrés à l’ensemble, accompagnés d’espaces administratifs comprenant un accueil, un bureau du régisseur, un bureau de l’autorité locale, un bureau communal d’hygiène, un bureau de l’ONSSA, ainsi qu’une salle informatique, une salle de vidéosurveillance et des sanitaires réservés à l’administration.

À l’extérieur, des aménagements sont prévus pour structurer l’accessibilité et les flux logistiques : parkings visiteurs et services, trottoirs, voiries, circulations piétonnes et véhicules, poste électrique et locaux techniques. Le projet prévoit également la mise en place d’un mobilier urbain standard (bancs, poubelles, signalétique) et d’un éclairage public adapté.

Le projet inclut par ailleurs des travaux de terrassement, de génie civil, de menuiserie, de revêtement (sols, façades, trottoirs), ainsi que les réseaux d’électricité, d’assainissement, de plomberie et des dispositifs de protection incendie.

La conception prévoit une prise en compte des normes réglementaires en matière d’urbanisme, de sécurité incendie, d’accessibilité aux personnes à mobilité réduite, de durabilité environnementale et d’hygiène. Les matériaux utilisés devront présenter des caractéristiques de résistance, d’optimisation énergétique et d’intégration paysagère.

Tomates : « une campagne normale sur tous les plans, notamment des prix de gros » (APEFEL)

« La campagne actuelle de tomates est une campagne normale en matière de superficie, de niveau de production, de pertes dues aux maladies et de pertes dues au climat », nous confie d’emblée l’Association, jointe par Médias24.

« C’est une année normale, marquée par quelques difficultés d’ordre climatique notamment, qui ne dépendent pas de l’agriculteur. Ce qui est sûr, c’est qu’on est en train de quitter la plus mauvaise période de l’année avec l’avènement du printemps. La tomate, en bonnes quantité et qualité, sera ainsi disponible à partir des prochaines semaines », ajoute notre source à l’Association.

Les facteurs climatiques, principale cause des fluctuations des prix

Le Maroc maintient un équilibre relatif dans la production de tomates, avec une répartition égale entre l’export (50%) et le marché local (50%). Malgré les multiples bouleversements qu’a connus ce secteur, le marché local continue d’être approvisionné par les agriculteurs « à des coûts qui varient selon le mois, la saison et le niveau de production, mais qui ont rarement excédé le prix de revient, en particulier depuis la pandémie du Covid-19″, assure l’Association.

D’après notre source à l’APEFEL, la production de la tomate au Maroc est impactée par plusieurs facteurs, avec à leur tête les facteurs climatiques. « Le changement climatique constitue un problème structurel pour la production agricole », regrette-t-elle.

« Outre la faible disponibilité en eau, il y a également l’effet de la température. Ces deux ou trois dernières années ont été particulièrement éprouvantes sur le plan climatique, notamment en raison des variations des températures ».

La variation de la production de la tomate est due à des creux de production, causés par un excès de chaleur ou de froid

« Rien que l’année dernière, nous avons eu 52 °C à Agadir. C’est un record absolu qui a fortement impacté les fleurs de tomates. Trois jours consécutifs de chaleur extrême suffisent à détruire les fleurs, provoquant ainsi un creux de production et une augmentation subséquente des prix ».

« La variation de la production de la tomate, tout au long de l’année, est donc due à des creux de production, causés par un excès de chaleur ou de froid ».

« Au début de la campagne en cours, nous avons eu quatre mois de forte chaleur. Entre les mois de septembre et décembre, la chaleur à Agadir a été maintenue aux alentours de 30°C, ce qui a entrainé une surproduction. La plante a beaucoup donné et s’est affaiblie. Cette situation a provoqué une faiblesse des prix, atteignant parfois moins de 1 DH/kg, contraignant les agriculteurs à vendre à perte« .

Ensuite, ajoute l’Association, « il y a eu des chutes de température qui ont provoqué un ralentissement de la floraison, entraînant un creux que l’on ressent actuellement. Heureusement, les bonnes températures arrivent bientôt avec l’avènement du printemps. La production sera donc au rendez-vous, aussi bien en plein champs qu’à l’intérieur des serres ».

« De manière générale, nous ne sommes pas inquiets au sujet des quantités de tomates, puisqu’elles arrivent dès les semaines prochaines ».

Malgré ces difficultés, la campagne actuelle est jugée « normale » par les professionnels. « L’on peut confirmer que la campagne actuelle est une campagne normale, en matière de superficie, de niveau de production, de pertes dues aux maladies et au climat », déclare notre source.

« Les prix pratiqués au marché de gros d’Inzegane sont normaux »

En matière de prix, l’APEFEL nous assure que « les prix pratiqués aujourd’hui à Inzegane ne sont pas anormaux ».

« Comme expliqué, la surproduction en début de campagne a entrainé une chute des prix de la tomate, d’autant que c’est un aliment qu’on ne peut pas stocker », explique notre source.

« Pendant quatre mois, de septembre à décembre, nous avons vendu à perte. Le prix de la tomate ne dépassait même pas 1 DH/kg, alors que son coût de production en serre est d’au moins 3,50 DH/kg. Pour certains producteurs, ce coût atteint même 4 DH/kg ou plus« .

« Cette variation s’explique par plusieurs facteurs. Prenons l’exemple du virus qui affecte les plantes de tomates. L’hygiène et les bonnes pratiques culturales jouent un rôle clé dans cette différence entre producteurs. Dans un champ où le travail est négligé et les règles d’hygiène non respectées, un producteur peut perdre l’intégralité de sa récolte en seulement deux semaines. À l’inverse, dans un champ où toutes les mesures d’hygiène sont appliquées rigoureusement, les pertes se limitent à environ 10 à 15% de la production. Cet écart influence directement le prix de revient ».

« Une fois récoltées, ces tomates sont vendues au marché de gros, où le prix n’est pas fixé par les producteurs. On nous propose un prix que nous sommes contraints d’accepter, faute d’un autre système de commercialisation. Nous n’avons pas l’autorisation de vendre directement notre production », regrette notre source.

« Jusqu’en décembre, le prix de la tomate au marché de gros était bradé. Il n’atteignait même pas la moitié du prix de revient. Le prix a augmenté vers fin décembre et début janvier, atteignant entre 2 et 4 DH/kg. Ce n’est que dernièrement que les prix ont augmenté, suite à la chute des températures qui ont affecté la qualité ».

« Cette situation était d’ailleurs prévisible », souligne notre interlocuteur à l’APEFEL. « Avant le mois de ramadan, nous avons mené une étude avec un groupe de spécialistes du secteur, qui a révélé qu’une légère difficulté, considérée comme normale, surviendrait durant une semaine en raison des chutes de température. Nous en avions également informé le ministère de tutelle », conclut-il.

Le problème se situe donc entre la vente en gros et la vente au détail, où certaines pratiques contribuent malheureusement à une hausse artificielle des prix. Il est donc essentiel de mettre en place des mécanismes transparents permettant de réguler le prix de la tomate tout au long de la chaîne, jusqu’au consommateur final, afin de remédier à cette situation.

Tourisme. L’Espagne, un marché prometteur qui génère trop peu de nuitées

« Si le Maroc a accueilli 1,498 million de touristes espagnols en 2024, pour un volume estimé à 900.000 nuitées en se basant sur leurs performances à fin octobre 2024 (1,260 million d’arrivées pour 761.988 nuitées), leur durée moyenne de séjour n’a été que de 0,6 jour (900.000/1.498000) dans les établissements hôteliers touristiques classés (EHTC) », déplorent un dirigeant de la Confédération nationale du tourisme (CNT) présent à Madrid ainsi que le spécialiste des flux touristiques, Zoubir Bouhoute.

« Le seul marché émetteur qui réalise plus d’arrivées que de nuitées »

Bien que le deuxième marché d’arrivées européennes du Maroc soit présenté par l’étude de l’ONMT comme très prometteur, les chiffres montrent que la destination marocaine n’aura capté que 7,8% du total des voyageurs ibériques à l’étranger, et seulement 0,51% de leurs nuitées en 2023.

« C’est en effet le seul marché émetteur qui réalise plus d’arrivées que de nuitées à cause d’une durée moyenne de séjour extrêmement basse », précise Zoubir Bouhoute en rappelant que celle de l’ensemble des touristes étrangers séjournant au Maroc était de 2,3 jours. Il souligne en outre que les 19,2 millions de touristes espagnols ayant voyagé à l’étranger en 2023 y ont séjourné pendant 7,9 jours.

« Un produit encore inadapté et un important manque à gagner »

Une contre-performance qui s’expliquerait par la proximité des deux pays qui encourage les séjours courts, mais aussi par la nécessité d’adapter la destination aux attentes des voyageurs ibériques.

En consultant les activités plébiscitées dans l’étude de l’ONMT (nature, équitation, séjour à la ferme, etc.) et les nouvelles tendances de voyages qui privilégient les expériences immersives et communautaires dans les pays visités, notre interlocuteur estime que les visiteurs issus en majorité des bassins d’Andalousie, de Catalogne et de Madrid, qui restent moins d’une journée au Maroc, ne sont pas satisfaits par les produits proposés.

Une problématique à l’origine d’un important manque à gagner, sachant que les touristes espagnols qui ont voyagé à l’étranger en 2023 ont dépensé en moyenne 120 euros par jour et 988 euros par voyage.

Renforcer la programmation du Maroc et augmenter la durée moyenne de séjour

Qualifiant cette situation de paradoxale, alors que le Maroc constitue la destination africaine préférée des Espagnols et la première à être visitée à l’étranger (hors Europe), un dirigeant de la CNT, présent au salon de Madrid, estime que la participation massive d’une délégation marocaine d’opérateurs au FITUR permettra de lever les freins aux nuitées.

 

Le roi Felipe VI au stand marocain du FITUR.

 

Pour régler le décalage entre arrivées et nuitées, notre source mise sur les ateliers BtoB et BtoC qui permettront de renforcer la programmation du Maroc. Le Royaume reste la 6ᵉ destination préférée des touristes ibériques après la France, le Portugal, l’Italie, le Royaume-Uni et l’Allemagne.

« Toutes les régions marocaines les plus attractives, comme Marrakech, Casablanca, Agadir, Fès ou Tanger, sont représentées à Madrid pour mieux exploiter le potentiel économique du marché espagnol, qui représente une cible stratégique à fort pouvoir d’achat à développer « , conclut le dirigeant en suggérant des produits diversifiés, avec des circuits intégrés et des itinéraires attractifs.

Hippodrome de Rabat : les aménagements paysagers confiés à Fifa Vert

La Société royale d’encouragement du cheval (Sorec) a attribué le lot n°3 du projet de l’hippodrome de Rabat à la société Fifa Vert pour un montant de 7,34 millions de DH. Ce marché porte sur les aménagements paysagers : plantation, arrosage tertiaire, revêtement et mobilier urbain.

Pour rappel, les travaux de construction de l’hippodrome sont assurés par Jet Contractors pour un montant de 40,97 MDH.

Les travaux de terrassement, de voirie et de réseaux divers sont, eux, assurés par Alam Equipement (ALEQ) pour un coût estimé à plus de 26,8 MDH.

D’un coût global de 140 MDH, ce projet que pilote la Sorec devra être livré en 2026. Il prévoit 5.900 m² d’infrastructures en plus de surfaces extérieures de 21.300 m².

En avril dernier, c’est le groupement d’architectes Wilmotte & Associés et Said Berrada qui a remporté le concours architectural pour la conception de cet hippodrome.

La chaussure marocaine à l’export: la tannerie, maillon faible d’un marché en plein déclin

La data compilée par Médias24, sur la base des indicateurs mensuels des échanges extérieurs fournis par l’Office des changes (secteur textile), montre que la chaussure marocaine à l’export connaît sa pire année depuis la crise du Covid-19.

Medias24
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A fin août 2024, les exportations marocaines de l’habillement ont poursuivi leur recul par rapport à la même période en 2023, avec une perte de 232 millions de dirhams en valeur. Les chaussures ont pâti de la grosse partie de la baisse (-220 MDH), enregistrant un recul de 10% en valeur. La rétrogression a été, fort heureusement, estompée par la hausse les ventes des vêtements confectionnés (+142MDH).

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Médias24 a contacté deux grands acteurs du secteur.

Un écosystème tannerie quasi-inexistant

Pour Azzedine Jettou, président de la Fédération des industries du Cuir, la baisse de l’attractivité de la chaussure marocaine à l’export est due essentiellement à l’écosystème tannerie national quasi-inexistant. En raison de cela, la filière du cuir marocain, matière première noble exploitée dans la fabrication des chaussures, perdra de son intérêt.

« Il y a un sérieux problème. L’écosystème tannerie marocain n’existe presque plus. L’amont du secteur se contente aujourd’hui de la production du cuir semi-fini. Ce dernier est expédié en Europe pour la finalisation de production. Les donneurs d’ordres, comme Zara ou Massimo Dutti, sont alors contraints d’importer toutes les matières et les accessoires pour pouvoir fabriquer au Maroc. L’absence d’un écosystème tannerie a poussé même certaines entreprises de chaussures comm l’italien Geox– à quitter le Maroc », déplore Azzedine Jettou.

« Le marché intérieur marocain de la chaussure en cuir est aujourd’hui en recul net dû à l’inflation mondiale. L’article en cuir n’est donc plus demandé. La chaussure marocaine en cuir a été de ce fait remplacée par la chaussure synthétique, en importation comme en production locale et qui concentre aujourd’hui 90 à 95% des ventes. La chaussure synthétique répond en outre au pouvoir d’achat marocain. Ce sont des produits accessibles qui ne dépassent pas les 200 DH« , explique-t-il.

Une tendance sur laquelle le groupe Jettou a aussi surfé. Constatant la baisse de l’attractivité de la chaussure marocaine en cuir ces dix dernières années, ce groupe familial, pourtant artisan traditionnel de la chaussure en cuir, s’est éloigné à son tour du cuir, se lançant dans la chaussure synthétique après son association avec le géant turc Flo.

En attendant la nouvelle zone industrielle Ain Cheggag 

Qu’est-ce qui a été et qu’est-ce qui devrait être donc fait pour revitaliser l’industrie textile, et la chaussure marocaine plus particulièrement, catégorie menacée plus que d’autres?

Le président de la Fédération des industries du Cuir nous répond : « La nouvelle zone industrielle Ain Cheggag (province de Sefrou, région de Fès-Meknès) est vivement attendue par les industriels de la chaussure pour revitaliser l’écosystème tannerie. Erigée sur une superficie totale de 85 ha dont 50 ha dédiés aux activités du cuir, cette zone nouvelle génération équipée d’une station d’épuration permettra de donner un nouvel élan au secteur cuir marocain. Le taux d’avancement des travaux est aujourd’hui de 70%« .

LVMH investit 20 millions d’euros dans une tannerie à Marrakech

« Un partenariat sera en outre signé, à l’occasion de la Journée nationale de l’industrie, avec les secteurs de l’automobile et de la chimie en prévision de l’achèvement de la zone industrielle Ain Cheggag. Ce partenariat permettra une intégration horizontale du cuir marocain transformé, afin qu’il soit exploité par les producteurs à la recherche des produit finis. Finie l’époque où les investisseurs étrangers ne s’intéressaient qu’à notre main d’œuvre. Aujourd’hui, ils ont à la recherche d’un écosystème complet, comme celui de l’automobile où l’aéronautique, qui affichent des taux d’intégration importants ».

« D’autres mesures ont été initiées augurant un avenir meilleur pour la tannerie marocaine. Il y a LVMH (géant du luxe qui détient entre autres les marques Louis Vuitton, Dior, Tiffany ou Moët & Chandon) qui va monter une tannerie à Marrakech. Le projet est en cours. Il s’agit d’un un investissement de 20 millions d’euros, en partenariat avec un grand groupe italien. En plus, l’État a décidé de mettre en place une centaine d’abattoirs modernes et mécaniques pour éviter que la peau animale soit altérée par le couteau ».

Le marché en baisse à la clôture

À la fin de la séance du 4 septembre 2024, le MASI a reculé de 0,34%, clôturant à 13.847,78 points, tandis que le MASI20 a cédé 0,32%, pour se situer à 1.123,46 points. Le volume global des échanges a atteint 138,6 millions de DH.

Les meilleures performances de la journée ont été réalisées par Réalisations Mécaniques, qui s’est envolée de 9,92%, suivie de Rebab Company (+6,0%), Zellidja S.A (+5,88%), Maghreb Oxygène (+3,89%) et SMI (+3,57%).

À l’inverse, les plus fortes baisses ont été enregistrées par IB Maroc, qui a chuté de 7,34%, Maroc Leasing (-4,76%), STROC Industrie (-3,24%), Taqa Morocco (-2,83%) et Risma (-2,53%).

Maroc Telecom : CFG Bank valorise le titre à 105 dirhams malgré l’amende et le recommande à l’achat

Malgré les déboires judiciaires du groupe, Maroc Telecom affiche un bon potentiel en bourse d’après CFG Bank.

Dans une note sur la valeur, CFG Bank estime que le titre Maroc Telecom est sous-valorisé et dispose d’un potentiel de croissance de 14% à 105 dirhams, contre 92 dirhams à la mi-séance du 10 juillet.

La société de recherche précise dans sa note qu’elle conserve une approche conservatrice, en intégrant l’indemnité de 6,4 MMDH que l’opérateur devra verser à Wana Corporate sur les fonds propres du groupe. « Si toutefois le recours de Maroc Telecom s’avère concluant ou si le groupe parvient à négocier un montant inférieur, le cours cible serait d’autant plus élevé », estime CFG Bank.

Le potentiel de croissance du groupe en bourse est catalysé par plusieurs facteurs opérationnels.

Une activité internationale en bonne tenue portée par la data mobile

La dynamique de croissance du groupe à l’international affiche une croissance bien supérieure à celle observée sur le marché local. « Le chiffre d’affaires réalisé par les filiales africaines a augmenté selon un TCAM de 3,5% entre 2015 et 2023, contre un TCAM de -0,9% pour l’activité au Maroc sur la même période », note CFG Bank.

Les marchés africains où le groupe est présent, notamment le Burkina Faso, la Mauritanie et la Gabon affichent des taux de pénétration du téléphone mobile assez élevés avec, à l’instar du Maroc, une mutation des usages de la voix à la data mobile. Ainsi, l’opérateur cherche à consolider sa position sur ces marchés et à proposer d’autres services tels que la fibre (FTTH) et le mobile money.

D’autres pays comme le Togo, le Tchad ou encore le Niger disposent de taux de pénétration mobile encore faibles et affichent donc un fort potentiel de croissance pour Maroc Telecom. « De manière générale, nous estimons que le secteur des télécoms devrait encore présenter des opportunités intéressantes en Afrique à moyen et long terme. Nous pensons que les caractéristiques démographiques et économiques du continent devraient être les premiers drivers de la croissance du secteur des télécoms, spécialement le segment Mobile », précise CFG Bank.

Cette année, le groupe anticipe un chiffre d’affaires à l’international de près de 19 MMDH pour croître de 3% par an jusqu’en 2027 et atteindre 20,7 MMDH.

Une rentabilité opérationnelle saluée

IAM affiche l’une des rentabilités opérationnelles parmi les meilleures au niveau mondial, par comparaison à d’autres acteurs du secteur si on se concentre sur les activités au Maroc. « La marge d’EBITDA moyenne des opérateurs télécoms serait de 31% au niveau mondial et de 28% dans les pays émergents selon la base de données Damodaran ; alors qu’au cours des cinq dernières années, le groupe a enregistré une marge d’EBITDA consolidée variant autour des 52% après une stagnation sur la période 2014-2018 où elle s’établissait en moyenne à 49% », souligne CFG Bank.

Cette progression de la marge d’EBITDA du groupe a notamment été portée par la hausse de la marge sur les activités africaines qui est passée de 41,2% en 2019 à 44,1% en 2023. L’EBITDA au Maroc devrait légèrement décroître dans les années à venir, compensé par l’EBITDA en croissance dans les pays subsahariens. « In fine, la marge d’EBITDA consolidée devrait rester relativement stable en s’établissant à 52,3% en 2027, contre 52,7% en 2023. Profitant de la croissance de l’activité, l’EBITDA devrait augmenter selon un TCAM de 1,4% pour atteindre 20,4 MMDH en 2027″, précise CFG Bank.

Avec une meilleure dilution des charges de dépréciation et d’amortissement, l’EBIT consolidé devrait afficher un taux de croissance annuel moyen de 2% sur la période 2023-2027. « Nous estimons que le RNPG ajusté d’éléments exceptionnels (provisions, dons, pénalités/amendes, etc.) devrait rester relativement stable à court terme et s’établir à des niveaux similaires à celui observé en 2023. En 2026, il devrait cependant profiter de la non-reconduction de la Contribution sociale de solidarité pour enregistrer un bond d’environ 400 MDH », note la société de recherche. La marge nette du groupe devrait se positionner à 17% en 2027 contre 16,6% en 2023, avec un RNPG ajusté qui devrait afficher un taux de croissance annuel moyen de 2,1% sur la période 2023-2027.

Côté rétribution aux actionnaires, le groupe devrait afficher une amélioration du dividende par action dans les années à venir. « Il devrait croître selon un TCAM de 5,9% sous l’hypothèse d’un taux de distribution stable à 70%. Cette progression émane principalement de l’impact de certaines charges non récurrentes sur le RNPG en 2023, à savoir la provision de 500 MDH pour le litige avec Wana Corporate et le don de 700 MDH au profit du Fonds dédié à la gestion des effets du séisme d’Al Haouz, ainsi que la non-reconduction de la CSS en 2026 », conclut CFG Bank.

Le groupe note que ces prévisions peuvent être impactées par plusieurs facteurs, notamment le litige judiciaire entre Maroc Telecom et Wana Corporate.

D’ailleurs, ce mercredi 10 juillet ont été reprises par la presse des déclarations du management d’Etisalat, actionnaire majoritaire de Maroc Telecom à hauteur de 53%. Si le management a fait part de sa volonté de se conformer aux lois du pays, il déplore néanmoins un environnement réglementaire difficile qui « affecte négativement les perspectives d’avenir de nos investissements au Maroc ».

L’incidence de la baisse du taux directeur sur le marché obligataire et actions

Le 25 juin, les marchés ont été surpris. La baisse du taux directeur de 25 points de base, décidée par Bank Al-Maghrib, n’avait pas du tout été anticipée par les investisseurs de la place. Dans un récent sondage réalisé par Attijari Global Research (AGR), les investisseurs de référence et les institutionnels avaient plutôt prévu le statu quo à 100%.

Désormais, la question se pose de savoir quels seront les effets de cette décision inattendue sur le marché actions et obligataire. L’annonce a eu un effet positif mardi sur le marché boursier, avec un MASI en hausse de 2,17% et un MASI20 en progression de 2,42%.

Une bonne nouvelle pour les gestionnaires de portefeuille obligataire

En effet, il faut rappeler le lien inverse existant entre le taux directeur et la valeur d’un portefeuille obligataire. Quand le taux directeur diminue, la valeur des actifs obligataires augmente.

« Quelques gestionnaires de portefeuilles obligataires ont dû faire de belles plus-values. C’est une bonne nouvelle », nous confiait un professionnel du secteur bancaire contacté après l’annonce de la Banque centrale.

Une version corroborée par un gestionnaire de fonds de la place qui nous explique que, sur le plan obligataire, un effet positif sera ressenti. « L’impact direct sera une appréciation mécanique des actifs car la courbe des taux va baisser, notamment le court terme qui baissera de façon similaire au taux directeur. Le long terme baissera moins, mais la tendance est là. Tout le monde avait pricé une baisse du taux directeur, mais sans connaître le timing. Cela arrive plus tôt que prévu ».

« La performance de chaque portefeuille dépend de l’exposition en duration. À titre d’illustration, le Moroccan Bond Index (MBI) a une duration de 5,5 années. Si l’on price une baisse de 20 pbs en moyenne, cela va donner une hausse de 1,1% cette semaine, ce qui est une performance assez exceptionnelle ».

La baisse a également été bénéfique au marché actions à la séance du mardi. Mais cela va-t-il durer ? Au global et à moyen terme, notre gestionnaire pense que le marché actions devrait bénéficier de la baisse du taux directeur, et surtout du climat positif qui prévaut sur le plan économique.

Le marché actions offre de belles perspectives

Les variations du taux directeur impactent le marché actions en plus de l’obligataire. Mais quelle sera l’incidence de cette baisse ?

Notre interlocuteur rappelle que « quand il y a baisse des taux, il y a deux choses qui impactent le marché actions. C’est mécanique. La première, c’est une baisse des taux d’actualisation. Donc, au niveau fondamental, les valorisations des entreprises vont s’apprécier. C’est comme l’obligataire. Une fois que le taux d’actualisation diminue, mécaniquement, la valeur fondamentale des entreprises progresse ».

Un autre effet observable sur le long terme, qui pourrait être bénéfique au marché actions, est la baisse des coûts de financement pour les entreprises cotées. Cela pourrait améliorer les résultats et dynamiser la croissance de l’économie. « Cela viendra par la suite avec une politique monétaire qui est assouplie et qui fait que les opérateurs sont plus enclins à investir », poursuit notre source.

Rappelons que déjà en période de resserrement monétaire, l’an passé, la tendance des résultats était haussière et la bourse a fait preuve de résilience. Malgré la hausse du taux directeur de 150 pbs, les bénéfices des entreprises cotées ont progressé en 2023 de 10,5% à près de 35,3 MMDH.

Il faut également noter que le taux directeur ne fait pas tout dans les facteurs qui influencent positivement la bourse. L’intégralité du communiqué de Bank Al-Maghrib est à prendre en compte. « Il y a d’autres éléments. Notamment les bonnes perspectives de croissance économique – revues à la hausse –, la stabilité du compte courant, la stabilité des matières premières, etc. Les investisseurs perçoivent beaucoup de signaux positifs », souligne notre source.

Avec une courbe des taux qui va être amenée à baisser, cette baisse du taux directeur créera-t-elle un effet de détournement du marché obligataire vers le marché actions ? Pour notre gestionnaire, ce ne sera pas vraiment le cas. « Tout dépend de l’horizon de placement de l’investisseur. Quelqu’un d’intéressé par le court terme ne devrait pas être dans ces classes d’actifs. Le marché actions, en tenant compte de la dynamique de croissance et d’investissement, recèle beaucoup de potentiel sur les cinq prochaines années ».

En somme, la baisse de 25 pbs du taux directeur n’est pas l’élément qui va déterminer un arbitrage entre le marché obligataire et actions. « Avant la baisse, le rendement moyen du MBI était de 3,6%. Désormais, cela va baisser à 3,4% environ. Autant dire que ce n’est pas une telle variation qui va faire changer la stratégie d’un investisseur », conclut notre source.

Alliances intègre l’indice MSCI Frontier Market

Le groupe coté Alliances Développement Immobilier a intégré l’indice MSCI Frontier Market. L’annonce a été faite par MSCI dans un communiqué publié le 14 mai.

Cette intégration de l’indice permettra à Alliances de briller davantage aux yeux des investisseurs internationaux.

Rappelons que depuis le début de l’année, le groupe enregistre une croissance en bourse de 128% à 262 dirhams l’action.

Bourse : Voici pourquoi certaines petites ou moyennes capitalisations sont léthargiques

Certaines entreprises cotées en bourse ne sont que très peu voire pas du tout échangées. Il ne s’agit pas nécessairement de petites capitalisations ou d’entreprises en difficulté. Parfois, ce sont des capitalisations de taille moyenne d’entreprises qui génèrent des milliards de dirhams de revenus.

A titre d’exemple, l’année dernière, en bourse, certaines valeurs n’ont côté qu’une dizaine de fois dans l’année et certaines ont connu des volumes d’échanges de quelques dizaines ou centaines de milliers de dirhams. DLM, en grande difficulté, a coté sur 3 séances en 2023 avec un total de 7.344 dirhams échangés. Mais d’autres sociétés en situation stable comme Balima ont traité sur 22 séances pour un total d’environ 44.000 dirhams ou encore de plus grande capitalisation comme Oulmès avec une volumétrie d’à peine 2,6 MDH sur l’année entière. D’autres entreprises rejoignent ces rangs, comme Zellidja, Unimer, Promopharm, SRM, ou encore Stroc Industrie.

Mais pourquoi certaines valeurs sont-elles boudées par les investisseurs et n’enregistrent que peu ou pas d’échanges sur le marché ? Contacté sur le sujet, Bachir Tazi, directeur général de CFG Marchés, nous explique les facteurs expliquant le manque de dynamisme en bourse de certaines valeurs.

Les institutionnels font le marché et cherchent l’efficience

Il est à noter dans un premier temps qu’au Maroc, contrairement à certains autres pays, ce sont les investisseurs qualifiés (marocains ou étrangers, ndlr) qui font le marché (compagnie d’assurances, caisse de retraite, OPCVM… ndlr). « Si l’on prend une moyenne historique, les investisseurs qualifiés représentent entre 80% et 85% du volume traité sur la bourse de Casablanca, et donc sont les premiers acteurs sur les tendances long terme », précise Bachir Tazi.

Et ces derniers ont une force de frappe très importante sur la cote casablancaise. « L’industrie des OPCVM pèse globalement 550 MMDH dont 45 MMDH sur les OPCVM actions. Si on prend ces 45 MMDH et que l’on ajoute une proportion de la poche actions des OPCVM diversifiés, on atteint 65 à 70 MMDH. A cela, il faut encore ajouter ce qui est investissable chez les autres investisseurs qualifiés. D’après les derniers rapports, on peut estimer les AUM (Assets Under Management, actifs sous gestion) de cette catégorie d’investisseurs entre 600 et 700 MMDH. Si on applique une pondération de 20% ou 25% à investir potentiellement sur le marché action, on ressort avec 150 MMDH. Au total on a près de 220 MMDH, ce qui est plus de 1,25 fois le montant du flottant total de la Bourse de Casablanca », analyse notre interlocuteur.

Ces derniers, pour leurs placements et leurs stratégies d’investissement, sont à la recherche de marché efficient. Mais qu’est-ce que cela veut dire ? « Un marché efficient est un marché qui est d’abord profond, liquide avec la possibilité d’agir rapidement et sans avoir à impacter la tendance court terme d’un actif. Pour cela, il faudrait qu’il y ait une diversité de sous-jacents et des intervenants selon leurs tailles, leurs stratégies d’investissement et horizon de placement », explique le DG de CFG Marchés.

Ces investisseurs sont également à la recherche de transparence financière et d’informations claires. « Un marché efficient se caractérise également par un accès équitable, fiable et de qualité à l’information publique. L’information publique par les émetteurs doit être accessible à tous les intervenants, quelles que soient leurs tailles ou leurs natures, est doit être diffusée de manière rapide et fiable », poursuit notre interlocuteur. En général, ces deux facteurs de liquidité et profondeur ainsi que de transparence contribuent à refléter au mieux la réalité économique des entreprises cotées.

L’illiquidité a plusieurs causes et entraîne un manque de dynamisme

Dans le marché boursier national, certaines valeurs, comme indiqué avant, ont de véritables problèmes de dynamisme. Cela vient notamment du fait de leur illiquidité.

Si l’on se focalise sur cette notion, on peut dire qu’elle est liée à deux problèmes. « Premièremen, on peut faire face à un souci de taille à savoir le fait que la valeur n’ait pas atteint une taille critique faisant qu’elle n’est pas visible pour les investisseurs et ne pèse pas une pondération décente dans le benchmark pour que cela suscite l’intérêt de l’implémenter », explique Bachir Tazi.

Cette problématique peut venir du fait que l’IPO est survenue trop tôt dans l’histoire de l’entreprise par exemple ou bien que la taille était convenable mais qu’avec le temps et les performances du cours sur le marché, cette taille s’est réduite et devenue donc peu attractive pour l’investisseur institutionnel. « Mais parfois, la valeur est juste illiquide car il n’y a pas assez de flottant. Le flottant peut être insuffisant dès l’IPO ou bien être réduit suite à des rachats de titres des investisseurs historiques par exemple », explique-t-il.

L’institutionnel marocain est structurellement acheteur dans la durée. Il est dans une logique de buy and hold du fait notamment qu’il n’existe pas de mécanisme permettant de vendre ou profiter des tendances baissières sur le long terme. Dans les faits, un institutionnel achète et attend des performances positives.

Une communication financière lacunaire

L’autre facteur qui créé un manque de dynamisme pour certaines valeurs, c’est la communication financière insuffisante et le manque de curiosité de certains investisseurs qualifiés.

« L’information est une responsabilité partagée entre tous les intervenants. Certains émetteurs ne considèrent probablement pas la communication financière comme une donnée stratégique qui va permettre à l’action de vivre de façon efficiente sur le marché secondaire. Ils ne pensent pas à professionnaliser la communication financière », explique Bachir Tazi.

Mais le manque de transparence ou de régularité dans la communication financière n’est pas toujours la faute de l’émetteur. Les parties prenantes dans la chaîne de l’information sont nombreuses. « Les intermédiaires en bourse et les conseillers financiers ont aussi leur part de responsabilité, en développant mieux les départements Recherche, en offrant un Corporate Access de qualité à leurs clients, et en accompagnant les émetteurs sur le marché secondaire post IPO », poursuit-il.

Au-delà, le manque de dynamisme d’un titre en bourse peut provenir d’un désintérêt de l’investisseur causé par un manque de curiosité. « Les investisseurs sont parfois également dans une forme de facilité et ne sortent pas des sentiers battus pour s’intéresser à des entreprises qu’ils connaissent peu pour en savoir plus sur le business model, et donc déceler des opportunités d’investissement, se renseigner sur des entreprises qu’ils connaissent peu pour en savoir plus sur le business model », conclut-il.

Maroc Telecom : le marché agréablement surpris par le dividende, le risque de l’amende plane toujours

Maroc Telecom a publié ses résultats annuels 2023, qui vont au-delà des objectifs opérationnels et financiers du groupe. Le chiffre d’affaires a progressé de 3% à 36,8 MMDH, porté par les filiales subsahariennes. Maroc Telecom a également affiché une croissance du résultat net ajusté part du groupe de 6,4% à 6,2 MMDH.

Après plusieurs années de perturbations causées par les astreintes de l’ANRT, ou encore le don au fonds Covid, le groupe retrouve des niveaux de distribution normatif au titre de l’exercice 2023. L’opérateur national propose une distribution de 3,7 MMDH, soit 4,2 dirhams par action contre 2,19 dirhams par action au titre de l’exercice précédent.

Cette nouvelle a agréablement surpris le marché. D’ailleurs, le vendredi 16 février, le cours bondissait de 10% sur la séance.

Un niveau de distribution inattendu

Les investisseurs ont en effet étonnés par l’annonce de Maroc Telecom. Contactée, une source de la place nous indique que « les résultats opérationnels du groupe n’ont pas surpris en soi. C’est surtout l’annonce du dividende qui revient à des niveaux historiques qui a surpris ».

Une surprise qui vient du fait que le groupe est actuellement en litige avec Wana, propriétaire de la marque Inwi. Le 29 janvier dernier, le tribunal de commerce de Rabat a ordonné en première instance à Maroc Telecom d’indemniser Wana Corporate d’un montant de 6,4 MMDH au titre de dommages et intérêts pour des pratiques anticoncurrentielles. Depuis, le groupe Maroc Telecom annonce avoir fait appel de cette décision, suspendant de fait, l’exécution du jugement.

Le marché anticipait un fort impact sur le groupe pour l’exercice 2023, mais il n’en est rien. « Le marché s’attendait à ce qu’il y ait une provision importante du fait du litige en cours avec Wana. Mais ils n’ont provisionné qu’un peu plus de 600 MDH, argumenté par le fait qu’il s’agissait d’un événement après clôture. Ils ont fait appel du jugement en première instance les condamnant à plus de 6 MMDH d’amende. Cela signifie que l’affaire va encore traîner », explique notre interlocuteur.

Cela ne signifie pas que l’affaire est réglée pour autant. L’impact se fera-t-il ressentir sur l’exercice 2024 ? Difficile à dire. Il faudra attendre la suite de ce processus judiciaire.

Une épée de Damoclès 

Bien que le dividende revienne à des niveaux historiques, à la grande satisfaction des actionnaires, les déboires judiciaires du groupe ne sont pas résolus.

« La problématique de l’indemnité à Wana est toujours là. C’est d’ailleurs ce qui fait que l’action a réalisé +10% vendredi dernier, mais qu’elle a ouvert aujourd’hui à 108, avant de baisser à 103 à la mi-séance », rappelle notre source.

Maroc Telecom avait effectué des provisions non courantes de 585 MDH en 2022, et de 612 MDH en 2023. Alors qu’il encourt une sanction pécuniaire de plus de 6 MMDH, le groupe envoie un signal en provisionnant ce montant plus faible. « En comptabilité, on provisionne quand il y a un risque. Ils auraient pu provisionner plus. Mais le fait qu’ils aient argumenté que c’est un événement après clôture [jugement rendu en 2024 et non en 2023, ndlr]. Cela peut envoyer le signal qu’ils sont confiants dans leur appel du jugement, ou qu’ils pensent que le montant sera révisé, difficile de savoir ».

Un impact négatif sur le cours est toujours présent, puisque le risque encouru n’est pas définitivement écarté. La suite au prochain épisode judiciaire. 

https://medias24.com/2024/02/19/abus-de-position-dominante-iam-a-depose-lappel-lexecution-du-jugement-suspendue/

Immorente Invest prévoit une croissance de près de 10% des loyers collectés en 2024

Depuis son entrée en bourse en 2018, Immorente Invest a pu se distinguer comme une valeur offrant l’un des dividendes les plus constants et attractifs de la place. En période d’inflation où le rendement réel des placements est affecté, elle est restée l’un des meilleurs placements de la cote.

D’après les derniers chiffres disponibles à fin septembre, les revenus du groupe progressaient de 3,6% à 52,2 MDH. Les loyers, eux, passaient de 44,4 MDH à 46,2 MDH sur 12 mois glissants.

L’année 2023 a également été marquée par plusieurs investissements, notamment dans une usine à Tanger pour un montant de près de 110 MDH, puis un autre de 130 MDH dans l’extension d’une usine dans la zone d’accélération industrielle de Kénitra. Le groupe a également diversifié son portefeuille en incluant un nouveau locataire dans le secteur de la santé, à la suite d’un investissement de 50 MDH dans l’OPCI Syhati Immo.

Contacté, le directeur général du groupe, Khalil Mengad, revient sur l’année écoulée, les perspectives qui se dressent cette année grâce aux investissements réalisés, et l’impact de la conjoncture inflationniste sur les locataires du groupe.

Nous avons porté notre intérêt depuis 2020, principalement sur les segments industrie, logistique et santé afin de rééquilibrer notre portefeuille

Médias24 : Immorente Invest a annoncé plusieurs investissements lors du dernier trimestre 2023 pour un montant de près de 300 MDH, dont 160 millions déjà réalisés. Quelle stratégie est adoptée pour identifier et choisir vos investissements ?

Khalil Mengad : La stratégie d’investissement d’Immorente Invest s’aligne parfaitement avec son business modèle, qui vise à constituer un portefeuille immobilier de premier ordre, bien situé, avec des baux et des locataires solides, assurant ainsi une distribution résiliente de rendements à nos actionnaires.

Notre stratégie d’investissement repose sur plusieurs critères clés, notamment l’emplacement premium des actifs, la qualité de leur construction et l’architecture adaptée aux besoins des locataires, ainsi que la solidité des locataires et leur secteur d’activité. Nous avons d’ailleurs porté notre intérêt, et ce depuis 2020 principalement, sur les segments industrie, logistique et santé afin de rééquilibrer notre portefeuille.

Les deux segments les plus importants demeurent les bureaux et l’industrie. L’idée est d’avoir un équilibre. Quand on est dans l’investissement immobilier, les montants sont importants ; donc quand on achète des bureaux, le poids de ces derniers dans le portefeuille se renforce fortement. C’est ce qui s’était passé à l’époque. Nous avions investi dans des bureaux, et cela avait fait monter la part à 75% du portefeuille. Là, il s’agit d’un rééquilibrage du portefeuille vers l’industrie.

Source : Immorente Invest

 

– Est-ce que ces nouveaux actifs sont loués ?

– Oui, ils sont tous loués. Immorente Invest fait partie des foncières distributives et, par conséquent, investit dans des actifs immobiliers ayant déjà des locataires. Ainsi, nous privilégions trois mécanismes d’investissement qui garantissent la présence de locataires dès l’acquisition :

  1. Acquisition d’actifs immobiliers loués : Nous ciblons des actifs déjà occupés par des locataires solides, assurant ainsi un flux de revenus immédiat pour nos investisseurs.
  2. Build-to-suit : Cette méthode consiste à construire des biens immobiliers sur mesure pour des locataires spécifiques, selon leurs besoins précis et conformément à un cahier des charges défini. Cela nous permet de répondre aux demandes spécifiques des locataires et de garantir leur engagement à long terme.
  3. Sale & Lease Back : Nous procédons à l’acquisition d’actifs immobiliers auprès d’acteurs économiques qui demeurent dans ces locaux en passant du statut de propriétaire à celui de locataire. Cette approche offre aux entreprises une alternative pour mobiliser des fonds tout en restant dans leurs installations existantes.

Ces stratégies nous ont permis d’accueillir des locataires prestigieux au sein de notre portefeuille, tels que Aptiv, FRI (master franchisé de McDonald’s), Huawei, Groupe Société Générale, BUTEC, etc. Nos nouveaux investissements accueillent des locataires de renom tels que SFC, Faurecia, deux multinationales dans le domaine de l’automobile, ainsi que le groupe Akdital, premier opérateur de santé au Maroc. Cette approche nous assure la stabilité des revenus locatifs et renforce la valeur de notre portefeuille immobilier.

– Est-ce que d’autres acquisitions sont dans le pipe en 2024 ?

– Immorente Invest travaille constamment sur de nouveaux investissements principalement dans des segments porteurs tels que l’industrie, la logistique et la santé pour accroître la taille de son parc immobilier.

Historiquement, le parc immobilier d’Immorente s’est agrandi à un rythme de près de 200 MDH toutes les deux années. Nous souhaitons doubler le montant d’investissement pour la période 2023-2024 pour dépasser un montant de 400 MDH.

En 2023, nous avons investi pour 160 MDH à travers :

En 2024, la construction d’une extension d’usine dans la zone d’accélération industrielle de l’Atlantic Free Zone à Kénitra et la poursuite de notre investissement dans la santé totaliseront près de 280 MDH.

En 2025, nous anticipons une augmentation des loyers de près de 25% par rapport à 2023

– Quelle est la prévision de chiffre d’affaires additionnel apporté par les nouveaux investissements pour l’année en cours ?

– Grâce aux investissements récents, Immorente Invest prévoit une croissance de près de 10% des loyers collectés en 2024, résultant de l’élargissement de son portefeuille immobilier. Il convient de noter que cette estimation ne tient pas compte de toutes les retombées des investissements actuellement en construction.

En 2025, une fois que les investissements en cours de construction auront atteint leur plein potentiel, nous anticipons une augmentation des loyers de près de 25% par rapport à 2023.

L’investissement et l’élargissement du portefeuille d’actifs demeurent des priorités essentielles

– Quels sont les grands chantiers qui seront au centre de vos préoccupations en 2024 ?

– Immorente Invest a pour objectif primordial la distribution d’un rendement résilient et régulier à ses actionnaires et pour ce faire, l’investissement et l’élargissement du portefeuille d’actifs demeurent des priorités essentielles.

En ce sens, la finalisation de la construction de l’usine située à Kénitra constitue l’un des chantiers majeurs pour l’année 2024, avec une livraison prévue au cours du deuxième semestre. Parallèlement, nous travaillons activement sur d’autres investissements que nous aspirons à conclure au cours de cette même année.

Outre ces efforts d’expansion, d’autres enjeux demeurent importants, notamment l’accompagnement attentif de nos locataires, la commercialisation de certains locaux, ainsi que le maintien de la qualité de nos actifs. Ces actions combinées visent à assurer la continuité à long terme de notre distribution régulière de rendements à nos actionnaires et à renforcer la résilience de l’entreprise face aux défis conjoncturels.

– La valeur est reconnue pour afficher l’un des rendements les plus solides de la cote depuis plusieurs années. Comment expliquez-vous ce résultat et le fait que le cours demeure stable au fil des ans ?

– Immorente Invest, dès sa constitution en 2011, avait pour objectif d’être une foncière distributive offrant un rendement attractif et régulier à ses actionnaires. Depuis lors, la société a établi un solide historique de rendement entre 5 DH et 6 DH par action.

Ces rendements positionnent la société parmi les meilleures valeurs de rendement en comparaison avec le marché obligataire et boursier, tout en présentant un profil de risque limité grâce à un sous-jacent immobilier professionnel premium et à des locataires de premier rang.

Le cours d’Immorente invest a évolué durant les trois dernières années entre 91 DH et 115 DH, souvent influencé par l’environnement des taux. Dans un contexte de taux bas, le rendement de Immorente Invest regagne d’intérêt et son cours augmente, a contrario dans un contexte de taux hauts, le cours subit une pression à la baisse.

Tous les investissements annoncés ont été faits avec de la dette, donc nous allons recommencer à voir l’effet du levier financier sur le rendement

– On observe cependant que le rendement distribué baisse depuis 2020, passant de 6,5 DH par action à 5 DH par action en 2024. Quelle est la raison à cela ?

– On distingue plusieurs éléments. Il y a un rendement qui progresse de façon naturelle dès que l’on investit en utilisant de la dette. C’est l’effet de levier. Il se trouve que nous avions fait une augmentation de capital en 2020 et nous n’avons pas du tout utiliser de levier financier depuis lors. Nous n’avons fait qu’investir les capitaux propres que nous avons levés.

C’est pourquoi la tendance est baissière. Mais là, nous avons investi l’ensemble des capitaux levés en 2020. Tous les investissements annoncés ont été faits avec de la dette, donc nous allons recommencer à voir l’effet du levier financier sur le rendement.

– Avec la crise engendrée par le Covid et les difficultés causées par l’inflation, vos locataires ont-ils rencontré des difficultés de paiement ? Ont-ils dû quitter les lieux pour certains ? Comment anticipez-vous les difficultés conjoncturelles de vos locataires ?

– La majeure partie de nos locataires ont fait preuve de résilience face à la crise du Covid. Nous en avons accompagné quelques-uns en proposant l’étalement des loyers. Nous n’avons pas constaté de difficultés majeures quant à la collecte des loyers, ni de départ de locataires en raison de ce contexte, sauf pour le magasin ayant eu une fermeture obligatoire durant le confinement.

De même, durant l’épisode inflationniste, nous constatons une forte résistance de nos locataires, constitués à plus de 90% par des multinationales tournées vers l’export ou de grands groupes marocains.

Nous demeurons à l’écoute de nos locataires et ne prévoyons pas de difficultés majeures chez la plupart d’entre eux. Notre approche proactive et notre engagement continu à soutenir nos locataires sont essentiels pour maintenir la stabilité de notre portefeuille immobilier et assurer des relations durables avec nos locataires.

– Pourquoi s’être ouvert au secteur de la santé, en particulier dans votre diversification de portefeuille ?

Pour nous, en tant que propriétaire foncier, nous visons la sédentarité des locataires dans ces actifs-là. Une clinique qui s’installe a tout intérêt à rester le plus longtemps possible dans cet actif. Il y a une visibilité à long terme qui correspond à ce que l’on recherche.

C’est d’ailleurs une vision également de long terme avec le segment industriel. Les baux signés avec les industriels sont longs, globalement d’une dizaine d’années, alors que les baux dans le segment ‘bureau’ sont de trois ans renouvelables.