Sahara marocain : la Croatie soutient le plan d’autonomie, « une bonne base pour parvenir à une solution politique »

Cette position a été exprimée par le ministre croate des Affaires étrangères et européennes, Gordan Grlic-Radman, dans une déclaration conjointe adoptée suite à des entretiens, mercredi 16 avril dans la capitale croate, avec le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita.

La République de Croatie considère aussi le plan d’autonomie comme « un effort sérieux et crédible » et « une bonne base pour parvenir à une solution politique mutuellement acceptable conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations Unies », a dit M. Grlic-Radman.

Le chef de la diplomatie croate a également réitéré le soutien de longue date de son pays au processus mené par les Nations Unies en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable pour les parties.

Les deux ministres ont convenu de l’exclusivité de l’ONU dans le processus politique et réaffirmé leur soutien à la résolution 2756 (2024) du Conseil de sécurité, qui a souligné le rôle et la responsabilité des parties dans la recherche d’un accord réaliste, pragmatique et durable et d’une solution politique basée sur le compromis.

Décision de la CJUE : la Croatie réaffirme son attachement au « partenariat stratégique » Maroc-UE

« Dans le cadre de la coopération globale entre l’Union européenne et le Maroc, la Croatie reste attachée à la poursuite du partenariat stratégique entre les deux parties dans tous les domaines mutuellement convenus », a indiqué le ministère croate des Affaires étrangères sur son compte officiel sur X.

La Croatie a également assuré être « attachée à l’amélioration des échanges bilatéraux et multilatéraux avec le Maroc dans le cadre des relations amicales » entre les deux pays.

MERCI LES LIONS

La fatigue, les crampes, les blessures… l’équipe nationale était trop handicapée pour créer une énième surprise face aux Croates, lors de la petite finale de la Coupe du monde 2022, ce samedi 17 décembre. Les hommes de Walid Regragui ont tenté le tout pour le tout jusqu’au bout, mais Youssef En-Neysiri n’a pas réussi à cadrer sur un dernier coup de tête.

Sur la pelouse du stade Khalifa, les Croates avaient pris l’avantage en première mi-temps grâce à Gvardiol et Orsic. Achraf Dari avait égalisé entre-temps. Mais cela n’a pas été suffisant pour faire tomber Modric et ses coéquipiers, sûrs de leur force. « Certes, c’est notre seconde défaite consécutive, mais je n’ai rien à reprocher à mes joueurs » a déclaré Walid Regragui au micro de la chaîne Arryadia.

« On va apprendre de cette défaite. Il faudra revenir encore plus fort car on sera désormais attendus. Nous avons cassé le plafond de verre des quarts de finale. Cependant, il y a encore du travail pour faire partie des meilleurs » a ajouté le sélectionneur, forcément déçu du résultat.

Contraint par les blessures et la nécessité de donner du temps de jeu à des éléments qui n’en ont pas eu jusqu’à présent, Walid Regragui a aligné un onze de départ remanié face à la Croatie. Disposé en 4-3-3 (4-1-4-1 en défense), le sélectionneur a opéré quatre changements par rapport à la demi-finale face aux Bleus. 

Azzedine Ounahi, Romain Saïss, Noussair Mazraoui et Selim Amallah ont laissé leurs places à Bilal El Khannouss, Achraf Dari, Abdelhamid Sabiri et Yahya Attiat Allah. Ils n’ont pas tous réussi leurs matchs, mais ils auront dans l’ensemble tenu leur rang. 

L’une des quatre meilleures équipes au monde  

A l’image de l’ensemble des Lions de l’Atlas, les supporters n’ont pas boudé leur plaisir pour exprimer gorge déployée, leur fierté d’avoir une équipe nationale à ces altitudes, considérée comme l’une des quatre meilleures au monde. 

Dans cette première mi-temps vivante mais peu intense, l’équipe nationale a rapidement égalisé après avoir concédé l’ouverture du score sur une combinaison parfaitement exécutée sur coup franc par les Croates et conclut d’une superbe tête plongeante de Gvardiol sur laquelle Yassine Bounou n’a rien pu faire (7’). 

Le coup de tête piqué d’Achraf Dari dans la foulée a offert l’égalisation au Maroc et a permis à ses coéquipiers de ne pas laisser le doute s’immiscer dans leurs rangs, à l’inverse des nombreuses approximations qui ont entaché les combinaisons offensives de l’équipe nationale. L’absence d’automatismes entre les joueurs y est certainement pour beaucoup. 

Outre Yassine Bounou qui a fait peur à tout le monde en dévissant sa relance (3′), le Maroc n’a pas réussi à limiter l’influence de Luka Modric. Le Madrilène a d’ailleurs inquiété le gardien marocain sur un tir à ras de terre, arrêté en deux temps (24′). 

Cette action a été possible à cause des pertes de balles dangereuses dont se sont rendus coupables les Nationaux et qui ont donné l’occasion aux Croates d’inquiéter Y. Bounou (12′, 18′). Le portier n’a rien pu faire sur le tir enroulé de Orsic synonyme de médaille de bronze pour les Vatreni.

Des attaques énergiques mais brouillonnes

Offensivement, les Marocains ont été dangereux sur des combinaisons rondement menées sur le flanc gauche de la défense adverse. Comme cette une-deux entre Ziyech et Hakimi que le madrilène a conclu par une centre tendu vers Youssef En-Neysiri. Un peu trop avancé, l’avant-centre n’a pas réussi à reprendre le ballon (37’). 

Malgré les sorties sur blessure d’Achraf Dari (64) et Jawad El-Yamiq (67), qui ont eu pour effet de casser un peu le rythme et montré qu’il était temps que le tournoi se termine pour les deux équipes, la seconde mi-temps fut beaucoup plus débridée que la première.

Avec un peu plus de lucidité dans le dernier geste, les Lions de l’Atlas auraient pu inscrire le but égalisateur. Les montées et courses énergiques d’Achraf Hakimi n’ont pas été efficaces, à l’image des tentatives de l’attaquant de pointe, Youssef En-Neysiri.     

Le sévillan a raté les deux occasions les plus nettes de la seconde mi-temps. Il a d’abord perdu son face à face contre Livakovic, le gardien adverse (74’), avant d’échouer au moment de cadrer sa tête à la fin du temps réglementaire (94′). 

Avant de rentrer têtes basses aux vestiaires, les Lions de l’Atlas ont rendu hommage aux supporters. Dans leurs yeux, on pouvait apercevoir la douleur de ne pas décrocher le podium, la fierté d’avoir réalisé un parcours d’exception, mais surtout la promesse de jours meilleurs et de moments de joie encore plus intenses. 

Walid Regragui: « Nous sommes allés au bout du bout »

Dans une première déclaration d’après-match, diffusée par beIN sports, le coach Walid Regragui a été franc comme à son habitude. « Nous avons été au bout du bout. Aujourd’hui, le moteur a cassé. Nous avons essayé d’amener de la fraîcheur avec les jeunes. Nous avons souffert d’énormément de blessures », rappelant que la défense a été décimée et en particulier son axe central.

Regragui est resté malgré tout positif: « Nous faisons quand même partie des 4 meilleures équipes au monde. La défaite est amère mais la Croatie a mérité cette victoire ».

Interrogé sur le meilleur souvenir ou le moment le plus fort de cette coupe du monde, il a cité le match contre l’Espagne et la séance des penaltys. Il a conclu: « nous avons uni les Marocains pendant un mois et il n’y a que le football pour faire ça ».

Mondial 2022. Face à la Croatie, le Maroc espère quitter le tournoi par la grande porte

Le dimanche 18 décembre aurait pu être une belle journée de football pour le peuple marocain. Celle qui l’attend ce samedi 17 décembre (16h) n’est pas mal non plus. Habituellement, le match pour la troisième place ne donne envie à personne. Encore moins à ceux qui le disputent. 

“Ce match m’embête un peu. J’aurais aimé jouer la grande finale. Nous sommes à la place du con” a déploré Walid Regragui en conférence de presse. Mais la rencontre de ce samedi sur la pelouse du stade Khalifa entre les déçus qui prétendaient à mieux, est différente cette année. Car rares sont les personnes qui s’attendaient à voir le Maroc et la Croatie à ce stade de la compétition. 

La petite finale du mondial 2022 revêt un enjeu inhabituel par sa dimension historique pour les deux pays qui l’animeront. Parce que ce sera une première pour une nation africaine et un moment fondateur pour le football marocain. Et aussi car c’est une deuxième pour les Croates, après celle de 1998 (2-1 contre les Pays-Bas). 

L’occasion aussi pour les deux sélectionneurs de récompenser les éléments qui ont été moins en vue tout le long de la compétition, sans se départir du sérieux et de l’envie de gagner qui a accompagné cette épopée au long cours, qui s’achèvera comme elle avait commencé, face au même adversaire.   

“Il nous reste encore un match contre la Croatie qu’il faudra aborder avec le même sérieux que nous avons montré lors des précédentes rencontres. Le groupe a vraiment montré qu’il était capable de concurrencer les grandes sélections” assure Walid Regragui. 

Un banc en action

Pourtant, il sera difficile de trouver des similitudes entre ces deux rendez-vous espacés d’environ un mois. “Lors du premier match, les deux équipes ont énormément calculé pour prendre au moins un point afin d’avancer dans la compétition” a décrypté le sélectionneur. “Je m’attends à une rencontre plus débridée, où il y aura beaucoup plus d’espace.”

L’état de fatigue avancé de part et d’autre, conjugué à la titularisation des joueurs qui étaient sur le banc et dont la cohésion est moins évidente, vont certainement contribuer à offrir aux supporters un match plus ouvert que le précédent. 

Romain Saïss officiellement out, Noussair Mazraoui et Nayef Aguerd étant très incertains, le sélectionneur national sera obligé de remanier sa défense et plus largement un onze de départ qu’il avait quasiment gravé dans le marbre. D’autant que ceux qui ont cirés le banc ont des choses à prouver et des souvenirs à créer. 

La gestion de la fatigue sera donc une donnée centrale de la confrontation pour les deux sélectionneurs. Les Croates devront certainement faire sans Marcelo Brozovic et Josip Juranovic, blessés.

“C’est un pays de quatre millions d’habitants qui a réussi à former des joueurs de talent et un esprit d’équipe très fort. C’est un exemple pour nous” assure le sélectionneur marocain. “Ils prouvent qu’en travaillant bien, en structurant les clubs, on peut avoir de bons résultats”. 

Entre gentlemen, les amabilités fusent.  “Nous avons beaucoup de respect pour le Maroc, qui a été une grande surprise. Ils sont dans le même état d’esprit que le nôtre, à savoir remporter la médaille de bronze” a annoncé le sélectionneur Croate, Zlatko Dalic lors de son point presse. 

Modric, principal danger

Au Qatar, la Croatie a manqué d’un avant-centre de talent pour accéder à la grande finale. Heureusement pour eux, Modric a comme d’habitude émerveillé son monde. Le milieu croate de 37 ans a donné l’impression d’être éternel, enchaînant les prestations magiques pour écarter d’un revers de la main toutes les allusions à sa retraite internationale. 

Ses coéquipiers lui donnent le ballon quand c’est compliqué. Il sait aussi récupérer et ne rechigne pas à la tâche. Bref, il fait l’unanimité. Adversaire scompris. “Luka Modric est l’un des génies du football moderne” a lancé Walid Regragui en conférence de presse avec des étoiles dans les yeux. “Je ne sais pas si ce sera son dernier match en Coupe du monde, mais connaissant le joueur, un compétiteur, il va avoir à cœur de bien terminer la compétition, il faudra s’en méfier” a-t-il averti. 

Jusqu’ici, le Maroc a eu beaucoup de cœur, même s’il a parfois trop souffert et manqué de maîtrise pour atteindre le niveau supérieur. La désillusion fut immense face à la France. Mais ne mégotons pas sur notre plaisir. Quel que soit le résultat de la petite finale, l’équipe nationale mérite un très bel accueil qui lui donnera l’envie de s’imaginer la ferveur d’un sacre en Coupe du monde. 

Maroc-Croatie : à quelle heure, sur quelles chaînes ?

Le Maroc sera opposé à la Croatie lors de la petite finale pour la 3e place de la Coupe du monde 2022, ce samedi 17 décembre (16 h GMT+1).

Les supporters marocains pourront suivre en direct le match Maroc-Croatie en langue arabe sur beIN Sports MAX 1, 3 et 4, ainsi que sur Arryadia et Al Aoula, qui transmettront la rencontre sur le canal TNT. Le match sera également diffusé en direct sur TF1 et  beIN Sports France 1.

Walid Regragui : “On poussera plus loin nos rêves et ceux des autres”

“Avant cette édition, le Maroc avait joué six matchs de Coupe du monde en vingt ans. Nous allons en jouer un septième en un mois”, s’est réjoui Walid Regragui, ce vendredi 16 décembre, lors de la conférence de presse qui précède la petite finale du Mondial 2022, opposant le Maroc à la Croatie, le samedi 17 décembre à 16 h. 

Le sélectionneur national a donc souligné le parcours exceptionnel de ses joueurs, avec toutefois une pointe d’amertume. « Ça va être la plus mauvaise finale à jouer, mais nous l’acceptons, tout en étant un peu déçu de ne pas jouer la vraie finale.”

“Sans langue de bois, on est à la place du con. Ce match de classement m’embête un peu. C’est toujours compliqué pour les deux équipes, que ce soit la Croatie ou le Maroc après la désillusion de perdre en demi-finale”, a-t-il soupiré, considérant que l’histoire ne retient que les vainqueurs. 

Mais l’histoire fera sans aucun doute une entorse à la règle, du fait du caractère exceptionnel de l’épopée marocaine. Qui plus est si cette aventure au long cours se termine en beauté. “Nous sommes conscients de l’importance d’accrocher le podium pour boucler le tournoi sur une bonne note. Même si ce sera compliqué à cause de la fatigue et le coup de massue reçu après la défaite en demi-finale”, a ajouté Walid Regragui. 

Romain Saïss forfait 

Sorti dès la 20’ contre la France à cause d’une blessure à la cuisse qu’il traînait depuis le huitième face à l’Espagne, Romain Saïss est officiellement forfait d’après son sélectionneur. “On décidera à la dernière minute en ce qui concerne Nayef Aguerd et Noussair Mazraoui. Mais on ne prendra pas de risques. J’ai confiance en tout le groupe”, a déclaré Walid Regragui. 

Affectés par la défaite contre les Bleus, les joueurs de l’équipe nationale ont déjà basculé dans l’après. “On s’est attaché à nettoyer les têtes, car il n’est pas facile de perdre une demi-finale de Coupe du monde, surtout que c’était notre première. Les joueurs avaient faim et voulaient vraiment remporter ce titre”, confie-t-il.

Et d’assurer que ses protégés “savent que terminer troisième et ramener une médaille à la maison est important pour nos supporters. La défaite est digérée car ils se rendent aussi compte qu’ils font partie des quatre meilleures équipes nationales du monde, et ça leur permet de relativiser et de repartir de l’avant”.

Pour lui, c’est le sens de l’histoire. Repousser les limites plus loin à chaque occasion jusqu’à ne plus en avoir. “Finir troisième est aussi important pour que la prochaine équipe qui aura l’intention de battre notre record soit dans l’obligation d’atteindre a minima les demi-finales. On poussera un peu plus loin les rêves des autres et les nôtres”, a-t-il joliment décrit. 

“Je m’attends à un match débridé” 

Côté terrain, le sélectionneur prévoit une rencontre différente de celle qui s’est tenue entre le Maroc et la Croatie en phase de groupes. “Lors du premier match, les deux équipes ont énormément calculé pour prendre au moins un point afin d’avancer dans la compétition. Demain, je m’attends à une rencontre plus débridée, où il y aura beaucoup plus d’espace.”

Walid Regragui n’a pas manqué d’exprimer son admiration pour Luka Modric, “l’un des génies du football moderne”.  

“Je ne sais pas si ce sera le dernier match de Modric en Coupe du monde, mais connaissant le joueur, un compétiteur, il va avoir à cœur de bien terminer la compétition, il faudra s’en méfier”, a-t-il ajouté, tout en se disant émerveillé par le football croate.  

“C’est un pays de quatre millions d’habitants qui a réussi à former des joueurs de talent et un esprit d’équipe très fort. C’est un exemple pour nous. Ils prouvent qu’en travaillant bien, en structurant les clubs, on peut avoir de bons résultats. Et la Croatie, sur deux compétitions, a montré qu’elle fait partie des meilleures équipes du monde”, a-t-il souligné.   

Le sélectionneur pourrait en dire autant de la France, pour qui son cœur balance, en vue de la grande finale face aux Argentins de Lionel Messi. Walid Regragui aurait aimé être de la partie, mais ses choix contre les Bleus ont été préjudiciables. 

Si je devais le refaire, je le referais” 

Toutefois, Walid Regragui assure qu’il ne regrette aucunement l’instauration d’un système de jeu avec une défense à cinq, au lieu de quatre habituellement. “Le système de jeu n’est pas important au contraire de l’animation”, a-t-il évacué. “Malheureusement, on a rapidement encaissé le premier but avec une défense à cinq, mais nous avons également encaissé un second but dans l’autre système avec quatre défenseurs.”

Si cette analyse ne tient pas compte de la physionomie du match qui a totalement changé après l’ouverture du score, pour sûr, l’équipe nationale a affronté “une grande équipe qui profite de la moindre petite erreur de l’adversaire pour le punir. Je n’ai pas de regret par rapport aux systèmes”. 

“Si je dois changer quelque chose par rapport au match de la France”, reprend-il, “c’est d’avoir tous nos joueurs disponibles. Il est vrai qu’en face, ils jouaient sans Rabiot ni Upamecano, mais ils peuvent se permettre d’avoir des absents contrairement à nous”. 

“C’est le sens de notre évolution. On ne peut pas se permettre d’avoir trois de nos défenseurs absents. Est-ce que j’ai pris trop de risques en pariant sur des joueurs qui n’étaient pas à 100% ? Sûrement. Cela va faire partie de mon évolution et de mon expérience. Mais si je devais le refaire, je le referais.” 

“La fédération est dans son rôle »

Le sélectionneur a par ailleurs soutenu la réclamation de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) au sujet des erreurs d’arbitrage qui ont émaillé la rencontre. “La fédération a fait ce qu’elle devait faire. La France avait fait pareil après sa rencontre contre la Tunisie.” 

Néanmoins, Walid Regragui concède volontiers que ces faits de jeu “n’enlèvent en rien la qualification de la France. L’erreur de l’arbitre est d’avoir donné un jaune à Sofiane Boufal. On ne saura jamais ce qui se serait passé si le penalty avait été sifflé, mais il y avait pénalty. C’est le football, il faut l’accepter”. 

L’accepter, c’est le prix à payer pour avancer vers des jours meilleurs, où les décisions arbitrales n’auraient plus d’influence sur les résultats de l’équipe nationale.Après le match de demain, on réfléchira à comment repartir de l’avant. On aura d’autres compétitions qui seront primordiales car on aura un statut qui va être différent. Nous sommes ambitieux. On veut grandir comme toutes les grandes nations. On veut gagner.” 

Le plan est simple : dominer le continent. “La Coupe du monde, c’est tous les quatre ans. On aura le temps de penser à la prochaine, mais en attendant, il faudra devenir la meilleure équipe du continent”, ambitionne-t-il. 

Analyse : contre la Croatie, le Maroc a été solide mais peu offensif

Ce ne sera une surprise pour personne de dire que Walid Regragui est un entraîneur pragmatique, capable de renoncer à certaines idées quand il pense que son équipe s’en portera mieux. Le point acquis contre la Croatie, ce mercredi 23 novembre, en est l’illustration.

Après revisionnage de la rencontre (0-0) qui s’est déroulée sur la pelouse du stade Al Bayt, on constate que le sélectionneur a de toute évidence privilégié la rigueur à la prise de risques. Cela dit, on ne peut pas fermer les yeux sur certaines failles de la prestation marocaine.

Il s’agit donc de faire la différence entre le bilan chiffré de l’équipe nationale et la trace qu’elle a laissée. Car si ce point préserve les chances d’une nation qui espère atteindre le second tour, le niveau technique général des nationaux est, selon l’analyse des statistiques, insuffisant.

Grande capacité de réorganisation à la perte du ballon 

Exprimons tout de suite ce qui raffermit l’espoir : l’énorme prestation d’organisation défensive et la grande capacité de réorganisation de l’équipe nationale à la perte du ballon.

Déployé dans un système en 4-3-3, modulable en 4-1-4-1 en phase défensive, le bloc défensif marocain a formidablement résisté aux rares fulgurances croates.

Il est vrai que l’édifice a manqué de s’effondrer un seule fois, qui a failli être celle de trop. Mais Yassine Bounou a montré des réflexes exaltants pour garder ses coéquipiers dans le coup (46’).

Et le Maroc a globalement gagné la bataille du milieu de terrain. Cela se reflète dans les duels gagnés (113), soit 27 de plus que les Croates. Ces duels ont majoritairement été remportés dans l’entrejeu (45%).

La clé de voûte de cette supériorité est symbolisée par deux éléments. Le premier tient à la densité du bloc équipe défensif, qui a patiemment attendu les Croates dans sa propre moitié de terrain. Plus de la moitié (55%) des ballons récupérés par le Maroc l’ont été dans ses propres 30 mètres (44).

Amrabet et Amellah garants de l’équilibre défensif 

Le second réside dans l’orientation des corps des joueurs. La ligne directrice de la défense marocaine a toujours été de couper les passes intérieures. Dans cette optique, Soufiane Amrabat a été le plus utile. Par son volume de jeu et son sens du placement, le milieu défensif a récupéré 12 ballons, record de son équipe et du match. Bien aidé par l’intense pressing sur le porteur de Selim Amallah, recordman de pression défensive (80).

Les milieux de terrain marocain ferment la ligne de passe intérieure et récupèrent le ballon

Cette activité intense des deux milieux de terrain marocains a soulagé la charnière centrale composée de Aguerd et Saïss. Mais cette dernière n’a pas démérité. La défense centrale de l’équipe nationale a même été impériale (22 dégagements), à l’image de l’attitude défensive de Youssef En-Nesyri.

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L’avant-centre sévillan a été le premier défenseur de l’équipe nationale. Il a été l’auteur de 70 sprints, record du match, majoritairement destinés à mettre dans l’inconfort le premier relanceur adverse, en vue de couper la relation entre la défense croate et son milieu de terrain.

Une qualité d’occasions très faible 

Les Marocains ont fourni un tel effort défensif pour boucher les espaces et rester compacts qu’il leur a manqué de la lucidité pour faire plus mal en transition.  Le constat est que les nationaux n’ont pas été capables de semer le danger dans la défense croate, ni en contre (11′), ni sur attaque placée (55′).

A. Ounahi aurait dû choisir le décalage sur sa gauche, mais il a préféré alerter H. Ziyech cerné par quatre adversaires.

En témoigne la qualité de leurs occasions qui a été très faible. Selon les Expected Goals (xG 0,25), l’occasion la plus nette (0,09 xG) fut la tête plongeante de N. Mazraoui, qui avait plus de chance de passer à côté que de finir au fond des filets.

Plusieurs raisons à cela. D’abord, les hommes de Regragui n’ont pas réussi à trouver assez d’espace entre les lignes. Ils n’ont réussi que 18 passes au total dans le dernier tiers adverse. Ce manque de justesse dans leur choix a mécaniquement impacté la fluidité et la construction des attaques.

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Ensuite, les hommes de Walid Regragui ont été incapables de ressortir proprement les ballons par séquences ou de les tenir en pointe, faute de mouvement ou de densité (3,49 passe par possession). Près de la moitié (46 %) des pertes de balle l’ont été au niveau de la ligne médiane (44 ballons).

Ziyech est celui qui en a égaré (12) le plus, suivi de Ounahi et Amallah (10 chacun). Ces trois-là sont pourtant censés être les garants de la technique collective marocaine. Ajouter à cela le fait que nos défenseurs centraux ont été les meneurs de jeu de notre équipe, touchant le plus de ballons. Dans ces conditions, difficile d’inquiéter l’adversaire.

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Prestation timide de Hakim Ziyech

Par ailleurs, le côté droit de l’attaque marocaine n’a pas été aussi performant qu’à l’accoutumée. En cause, la prestation indigente de Hakim Ziyech. Le gaucher n’a réussi qu’un tiers de ses actions. Il a raté 4 passes sur 10 (28/19 à 68%) et 4 passes longues sur 7 (43%).

De ce fait, il n’a que très rarement réussi à trouver son attaquant. Yassine Bounou a d’ailleurs donné autant de passes à En-Neysiri que Ziyech (2). Alors que les latéraux n’ont jamais réussi à le trouver sur des centres. Résultat, l’attaquant de l’équipe nationale n’a pas trouvé le cadre (1 tir non cadré).

 


En somme, c’est tout de même une petite occasion gâchée dans un mondial où les surprises sont quotidiennes. Le Maroc ne doit pas oublier de se lâcher pour briller dans un groupe homogène. Si la tendance est de rester dans ce système de jeu face à la Belgique, le staff de l’équipe nationale devra certainement réfléchir à des détails pour apporter plus de danger sur les cages adverses.

Car en jouant exclusivement ainsi contre des Belges à la défense tout sauf hermétique, le Maroc peut s’éviter le cauchemar d’une élimination précoce, mais pas sûr qu’il puisse rêver des huitièmes de finale sans plus d’initiatives offensives.

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Afin d’analyser les performances des équipes et des joueurs, Médias24 se fonde sur une série d’indicateurs technico-tactiques dont voici le glossaire :

– Expected Assists (xA) : la somme des valeurs xA de toutes les passes décisives. xA désigne la valeur d’une passe potentiellement convertible en buts. Elle se base sur un historique de plusieurs centaines de milliers de passes décisives ;

– Expected Goals (xG) : la somme des valeurs xG de tous les tirs. xG permet de mesurer la probabilité qu’une occasion se transforme en but. Elle se base sur un historique de plusieurs centaines de milliers de tirs ;

Expected Conceded Goals (xCG) : la somme des valeurs xCG de tous les tirs subis par une équipe. xCG désigne la probabilité qu’une équipe encaisse un but ;

– Intensité du pressing (PPDA) : une donnée qui permet de quantifier l’intensité du pressing dans les deux tiers du terrain adverse ;

– Intensité des défis : nombre d’actions défensives (duels défensifs, duels de balles perdues, interceptions, tacles) par minute de possession de balle adverse ;

– Passes décisives : nombre total de passes amenant un but ;

– Secondes passes décisives : nombre total d’avant-dernières passes précédant un but ;

– Passes clés : nombre total de dernières passes qui précèdent un tir d’un coéquipier ;

– Rythme du match : nombre de passes de l’équipe par minute de possession ;

– Passes vers le dernier tiers réussies : nombre total de passes réussies de l’extérieur du dernier tiers vers le dernier tiers ;

– Passes vers la surface de réparation réussies :  nombre total de passes réussies de l’extérieur de la surface de réparation adverse vers la surface de réparation adverse ;

– Attaques avec tirs : nombre d’attaques conclues par un tir ;

– Distance moyenne des tirs : distance moyenne de tous les tirs de l’équipe en direction du but adverse ;

– Ligne de formation moyenne : position moyenne des joueurs sur les actions de l’équipe avec le ballon ;

Dégagements : nombre total de dégagements défensifs ;

Corner avec tirs : nombre total de corners ayant abouti à un tir en l’espace de 14 secondes ;

Contre-attaques avec tirs : nombre total de contre-attaques terminées sur un tir ;

Coups francs avec tirs : nombre total de coups francs ayant donné lieu à un tir de l’équipe qui a joué le coup franc dans les 14 secondes ;

Duels : nombre total de duels offensifs, défensifs et aériens ;

Pertes de balles (Haut) : nombre total de pertes de possession dans le dernier tiers adverse ;

Pertes de balles (Bas) : nombre total de pertes de possession dans le premier tiers du terrain de l’équipe en possession du ballon ;

– Pertes de balles (Moyen) :  nombre total de pertes de possession au niveau du rond central ;

– Pertes (Propre moitié) : nombre total de pertes de possession dans la propre moitié du terrain ;

– Entrées dans la surface de réparation : nombre total d’entrées dans la surface de réparation par une passe, un centre ou un dribble ;

– Attaques placées avec tirs : nombre total d’attaques placées où la possession a fini par un tir ;

– Possessions atteignant la surface adverse : nombre total de possessions ayant fini par une action réussie dans la surface de réparation adverse ;

– Possessions atteignant la moitié de terrain de l’adversaire : nombre total de possessions ayant fini avec une action réussie dans la moitié de terrain de l’adversaire ;

– Passes progressives réussies : nombre total de passes réussies qui permettent de progresser vers le but adverse ;

– Courses progressives réussies : nombre total de courses réussies qui permettent de progresser vers le but adverse ;

– Récupérations hautes : nombre total de récupérations dans le dernier tiers adverse ;

– Récupérations basses : nombre total de récupérations dans sa propre moitié de terrain ;

– Récupérations moyennes : nombre total de récupérations de possession au niveau du rond central ;

– Coups de pied arrêtés avec tir : nombre total d’attaques lancées sur des coups de pied arrêtés qui se finissent par un tir ;

– Tirs bloqués : nombre total de tirs bloqués par l’adversaire ;

– Tirs depuis la surface de réparation : nombre total de tirs effectués depuis l’intérieur de la surface de réparation adverse ;

Tirs cadrés depuis la surface de réparation : nombre total de tirs cadrés depuis l’intérieur de la surface de réparation adverse.

Maroc-Croatie (0-0). Fiers de vous, continuez !

Le Maroc a lancé la Coupe du monde 2022 par un match nul (0-0). Ce point acquis contre la Croatie permet aux hommes de Walid Regragui de garder intactes leurs chances de qualification au second tour.

Sur la pelouse du stade Al Bayt, Saïss et ses coéquipiers se sentaient comme à domicile tant le public présent était majoritairement acquis à la cause marocaine.

Dans ce match équilibré, le Onze national a su parfaitement manœuvrer pour repousser les assauts adverses, particulièrement bien aidé par les positionnements intelligents de la charnière Aguerd-Saïss et l’activité monstre de Soufiane Amrabat, en sentinelle devant la défense. Il y a eu quelques sueurs froides, comme sur ce centre dévié par Vlasic, magistralement sorti par Yassine Bounou (46’).

Toutefois, la défense marocaine a muselé un adversaire supposé plus fort (20 dégagements), mais qui n’a vraiment inquiété le portier sévillan que sur un tir cadré sur cinq au total. D’ailleurs, le score xG cumulé de la Croatie est le reflet de la solidité marocaine (0,68) et de la possession stérile (65%) de Modric and Co, qui ont singulièrement manqué de créativité et d’imagination.

« Les Croates ont de la qualité technique, mais nous avons essayé de rester regroupés en bloc compact pour les contenir« , s’est félicité Walid Regragui au micro de beIN Sports. « Nous étions un peu fatigués sur la fin« , a poursuivi le sélectionneur national, comme pour faire passer le message qu’il y avait mieux à faire. « On les a peut-être un peu trop respectés« , a-t-il souligné.

Ziyech et Boufal, loin du compte

Au-delà d’un manque d’audace certain, le Maroc a été abandonné par ses ailiers, dont l’activité et les choix étaient dépourvus de justesse. Entre les multiples passes approximatives de Hakim Ziyech, que ce soit à 5 ou 30 mètres, et les dribbles ratés de Soufiane Boufal, le point fort de l’animation offensive marocaine s’est transformé en point faible.

Youssef En-Nesyri a pourtant mis du cœur à l’ouvrage, en multipliant les sprints (70, record du match). Cependant, il n’a jamais été trouvé dans de bonnes conditions par ses ailiers, censés l’alimenter en bons ballons. A ce titre, le forfait de Amine Harit résonne encore plus comme une énorme perte pour l’équipe nationale.

Les milieux relayeurs, Selim Amallah et Azzedine Ounahi, ont offert des prestations inégales. Le premier a mal lancé son match avant de se reprendre en faisant preuve d’une énorme combativité, tandis que le second a brillé par de multiples passes ratées et un impact physique en deçà des exigences d’un match de Coupe du monde.

Les entrants, notamment A. Ez Zalzouli et A. Hamed-Allah, n’ont rien changé à l’apathie offensive d’une équipe nationale qui subit le manque de temps accordé au sélectionneur pour préparer un évènement aussi important.

Il est toujours plus simple pour un nouveau technicien de mettre en place une animation défensive efficace qu’une animation offensive de feu. Walid Regragui ne déroge pas à la règle.

Voici les compositions du match Maroc-Croatie de la Coupe du monde 2022 comptant pour la première journée du groupe F :

>> Maroc :

Yassine Bounou, Achraf Hakimi, Noussair Mazraoui, Sofiane Amrabat, Nayef Aguerd, Ghanem Saïss, Hakim Ziyech, Azzeddine Ounahi, Salim Amallah, Sofiane Boufal, Youssef En-Nesyri.

Entraîneur : Walid Regragui

>> Croatie :

Dominik Livakovic, Borna Sosa, Josko Gvardiol, Dejan Lovren, Josip Juranovic, Mateo Kovacic, Luka Modric, Marcelo Brozovic, Ivan Perisic, Nikola Vlasic, Andrej Kramaric.

Entraîneur : Zlatko Dalic

https://medias24.com/2022/11/23/mondial-2022-contre-la-croatie-le-maroc-en-quete-dexploit/

Mondial 2022. Contre la Croatie, le Maroc en quête d’exploit

Au bord de la crise il y a quelques mois, le Maroc se présente au Qatar avec l’espoir de se hisser en huitièmes de finale du Mondial 2022. Premier rendez-vous de cette épopée que l’on espère au long court, les vice-champions du monde croates, ce mercredi 23 novembre, à partir de 11h sur Arryadia TNT.

Sous 28 degrés et un taux d’humidité de 50%, le Maroc lancera donc sa compétition au stade Al Bayt, où les supporters marocains sont attendus en nombre. Ce match sera le premier d’un groupe F, où il est plus facile d’y entrer que d’en sortir. Le Onze de départ, aligné en 4-3-3, est le suivant :

Y. Bounou dans les buts, protégé par un quatuor défensif composé de Achraf Hakimi, Romain Saïss, Nayef Aguerd et Noussair Mazraoui ;

– Au milieu, Soufiane Amrabet aura la charge d’assurer l’équilibre du bloc équipe. Plus haut, A. Ounahi et S. Amallah devront alimenter le trio d’attaquant Ziyech-En-Neysiri-Boufal.

Ambiance autour du stade Al Bayt au Qatar avant le match Maroc-Croatie

Un rapport de forces qui doit convoquer l’humilité 

A l’image du Canada, l’équipe nationale a la chance d’être épargnée par la lumière qui nimbe la Belgique et la Croatie, comme l’a rappelé Walid Regragui en conférence d’avant-match. « Les Croates sont les favoris dans ce match, ils ont joué la dernière finale et alignent un Ballon d’Or en la personne de Luka Modric. »

Le sélectionneur national semble conscient que ses joueurs ont l’opportunité d’avancer cachés dans un groupe où il faudra espérer que les autres soient tout de même dans un mauvais jour au moment de les rencontrer.

Le rapport de force théorique doit également rappeler le sélectionneur à son humilité plutôt qu’à son envie de bien jouer, comme l’a montré l’Arabie saoudite en venant à bout des Argentins. « Il faudra être cohérent dans le jeu, avec ou sans le ballon. Le milieu de terrain sera important », précise le sélectionneur national.

Pour le moment, comme si l’adversité qui les attend les avait soudainement rapprochés, les Marocains ne semblent pas trop mis sous pression à l’heure d’affronter la Croatie. Mais derrière cette apparente décontraction, le Maroc a aussi des soucis.

Ambiance dans la Fan Zone inwi au Complexe Mohammed V avant le match Maroc-Croatie

Un milieu de terrain sans expérience

D’abord, les états de formes disparates symbolisent une équation que le match de préparation contre la Géorgie (3-0) n’a certainement pas suffi à résoudre. Ensuite, on ne sait pas grand-chose d’une équipe outillée avec un milieu de terrain sans expérience de ces altitudes.

D’autant que l’absence de repère collectif par rapport à la nouvelle stratégie mise en place par Walid Regragui interroge. En estimer les conséquences est un exercice délicat. Il n’est toutefois pas nécessaire de trancher entre ceux qui jugent que le Maroc sera mieux dirigé par Walid Regragui que par Vahid Halilhodzic.

D’ordinaire, l’homme qui qualifie une nation à une Coupe du monde est celui qui la guide dans la grande aventure. Mais le technicien bosnien est un cas à part. A cause des relations conflictuelles qu’il entretenait avec certains joueurs, il a été laissé au bord de la route vers le Mondial 2022 par la Fédération royale marocaine de football (FRMF).

Nommé le 31 août, le nouveau sélectionneur national a été choisi pour aplanir les différends, illuminer l’automne de l’équipe nationale et tirer les Lions de l’Atlas vers l’esthétisme, la fluidité et un jeu traversé par d’autres principes.

Le sélectionneur national doit maintenant convaincre son groupe que c’est parfaitement possible et que le pouvoir d’adaptation est inépuisable. « Je crois en notre préparation, en notre collectif. On ne sera pas facile à jouer à coup sûr », a-t-il affirmé lors de sa conférence de presse d’avant match.

Néanmoins, il serait plus judicieux pour Walid Regragui et ses hommes de se retrancher derrière des certitudes plus étriquées, mais qui s’accordent avec les exigences d’une Coupe du monde où, jusqu’à présent, il est plus facile de gagner sans posséder le ballon.

Ambiance autour du stade Al Bayt au Qatar avant le match Maroc-Croatie

Battre la Croatie pour être plus ambitieux

L’histoire de Walid Regragui montre que le pragmatisme lui sied à merveille. L’ancien entraîneur du Fus de Rabat a fait preuve d’une certaine flexibilité en matière de tactique et de philosophie tout au long de sa carrière d’entraîneur. Par moment, il accordait plus d’importance aux résultats qu’aux performances et ne s’en cachait guère.

L’équipe nationale ne compte certes qu’une poignée d’ex-mondialistes. Mais elle a pris tellement d’orages sur la tête ces derniers mois qu’un résultat positif face à la Croatie pourrait faire grandir ses ambitions. Pour une nation qui dispute sa 6e Coupe du monde, le curseur de la réussite doit tout de même être rehaussé. Avant, ne pas se qualifier au Mondial était un échec. Désormais, ne pas se qualifier en 8e sera considéré comme tel. Mais comme on dit, un match après l’autre. Place à la Croatie.

Mondial 2022. Autopsie des forces et faiblesses de la Croatie

En match d’ouverture du groupe F de la Coupe du monde 2022, l’équipe nationale affronte au stade Al Bayt, les vice-champions du monde croates, ce mercredi 23 novembre à 11 h. Une entrée en lice autrement plus ardue que celle du mondial 2018 face à l’Iran.

Certes, depuis la Coupe du monde en Russie, la Croatie a perdu des joueurs de classe internationale, comme Rakitic et Mandzukic, partis à la retraite, et s’est fait sortir en 8e de finale de l’Euro 2020 par l’Espagne. Mais l’équipe au damier a retrouvé un second souffle en décrochant sa qualification en demi-finales de Ligue des nations A, aux dépens des champions du monde français.

Cette réussite doit beaucoup au trio du milieu de terrain, où Mateo Kovacic a pris le relais de d’Ivan Rakitic et où Modric règne toujours, surtout en position haute. Le triangle inversé de l’entrejeu est complété par la qualité de passe et l’activité défensive de Marcelo Brozovic, nécessaire à l’équilibre de l’équipe.

Autopsie d’un adversaire qui multiplie les sources de danger, mais fébrile lorsqu’il s’agit de défendre aux abords de sa surface de réparation et sur des attaques rapides.

Marcelo Brozovic garant défensif de l’équipe 

En poste depuis octobre 2018, le sélectionneur Zlatko Dalic n’a pourtant pas donné une véritable identité de jeu à son équipe. Pour preuve, en Ligue des nations, la Croatie a marqué trois de ses huit buts sur corners, deux à l’extérieur de sa surface de réparation, deux sur attaque rapide et un seul sur attaque placée.

Ainsi, sous le mandat de Dalic, la Croatie, essentiellement déployée offensivement en 4-3-3, possède le ballon un peu plus de la moitié du temps et ne choisit pas systématiquement de repartir au sol. Elle opte parfois pour un jeu très direct, quitte à sauter son milieu de terrain, tout en étant latérale dans son animation offensive et performante sur les phases arrêtées.

Mais une constante se dégage : le rôle central du trio au milieu de terrain composé de Brozovic, Modric et Kovacic. Marcelo Brozovic est le milieu le plus reculé. Titulaire inamovible, sa présence en pointe basse permet en phase de possession au duo Kovacic-Modric d’évoluer plus haut et à l’équipe de mieux prévenir les contres adverses.

En phase défensive, le positionnement de Brozovic permet à Modric et Kovacic de s’impliquer davantage dans le pressing. Ils sortent à tour de rôle à la hauteur de l’attaquant, pendant que les joueurs de couloir gèrent la largeur, quitte à redescendre très bas.

Sur les phases de repli, le fait que Brozovic se situe en milieu plus reculé favorise et couvre les jaillissements de Modric. Le joueur de l’Inter est d’ailleurs celui qui a réalisé le plus d’interceptions par match en Ligue des nations (5), juste derrière ses défenseurs centraux.

Modric et Kovacic en métronome 

L’apport de la paire Modric-Kovacic est également déterminant. Sa capacité à renverser le jeu, à l’image du but contre l’Arabie saoudite, conditionne la réussite des décalages croates et des dédoublements entre le latéral et l’ailier. Passeur décisif pour Kramaric dans ce match, Modric est le deuxième de son équipe au nombre de passes longues données (7/match).

L. Modric oriente le jeu vers A. Kramaric, libre sur l’aile gauche

Cette réalisation tardive (83’) du futur adversaire de l’équipe nationale reflète un choix marqué pour les actions sur les ailes. En Ligue des nations, la Croatie était l’une des équipes qui centrait le plus (14) et avec réussite (39%). La majorité de ces centres provient de l’aile gauche, souvent occupée par Ivan Perisic (6,4 centres/match).

La nature soliste de ses ailiers, que ce soit Rebic ou Perisic, joueurs percutants et dribbleurs mais moins habiles dans les échanges, justifie ce choix. Si le Maroc choisit de gérer la largeur à seulement trois milieux de terrain, il finira pas faciliter la tâche aux Croates et à faire pleuvoir les centres dans la surface.

Dans la fabrication moins directe des actions, le duo Modric-Kovacic n’est pas moins influent. Ils décident du rythme et décrochent tour à tour, surtout si la ligne arrière peine à faire progresser le ballon. Même si idéalement, le ‘Blues’ de Chelsea et le Madrilène sont plus utiles dans les 30 derniers mètres adverses.

Plus cette paire sera trouvée en position haute, plus le danger sera grand pour le Maroc. Une fois installés dans le camp adverse, Modic comme Kovacic cherchent donc des décalages sur les ailes, mais aussi des positions de tir depuis l’extérieur de la surface de réparation (8 à eux deux en Ligue des nations).

Fébrile sur attaques rapides

La troisième meilleure défense de Ligue des nations a encaissé la moitié des six derniers buts sur des tirs à partir de l’extérieur de la surface de réparation. C’est la principale lacune défensive de la Croatie.

Le danois C. Eriksen a le temps de contrôler le ballon, de se retourner et de tirer sans être gêné

Alors qu’ils figurent parmi les meilleurs défenseurs du moment, Josko Gvardiol et Caleta Car ont pour point commun d’avoir des difficultés à gérer la profondeur dans leur dos, mais aussi et surtout leur incapacité à monter rapidement sur le porteur du ballon, à l’entrée de la surface. Sans oublier une relance approximative sous pression.

En outre, Brozovic a parfois du mal à gérer les déplacements sur toute la largeur, quand ses coéquipiers du milieu de terrain sont éliminés sur des transitions offensives rapides. La lourde défaite croate face à l’Autriche en est le parfait exemple.

Ce revers (3-0) a également mis en évidence les conditions dans lesquelles la Croatie est la plus susceptible de perdre. Le 3 juin dernier, l’Autriche avait en effet bien préparé son plan de jeu, en décidant de se délester du ballon (62%) au profit de son adversaire.

Ce qui n’a pas empêché les hommes de Ralf Rangnick de transpercer les lignes défensives croates à plusieurs reprises (8 tirs cadrés à 3). A défaut d’être territoriale, la domination des Autrichiens s’est signalée sur le danger des occasions créées (xG 1,45).

D’ailleurs lorsque la Croatie est poussée par son adversaire à avoir le contrôle du ballon, Modric and Co concèdent plus d’occasions par match que leur adversaire. Le xG de la Croatie est également inférieur à celui de l’opposant (Autriche, Arabie saoudite) dans cette configuration.

Livakovic fébrile sur les tirs à l’entrée de la surface de réparation 

L’autre élément important en vue de la rencontre de ce mercredi, c’est le peu d’intensité mis dans les challenges généralement par la Croatie, notamment en termes de duels, tacles et interceptions par possession adverse (4,6). Le Maroc a tout intérêt à se montrer plus actif dans ce domaine pour annihiler le pouvoir de nuisance adverse.

Pour récapituler, le meilleur moyen de battre la Croatie sera de leur céder la possession du ballon et d’opter pour des transitions rapides, notamment sur les ailes. Cette option est motivée par l’incapacité de la sentinelle, Brozovic, à couvrir seule toute la largeur du terrain.

Une défaillance qui offrira également aux attaquants et milieux de terrain marocains l’espace nécessaire pour tenter leur chance hors de la surface de réparation. Deux réalisations sur les six encaissées par la Croatie en Ligue des nations l’ont été sur des séquences de jeu similaires. Surtout que le gardien croate a montré des faiblesses dans l’exercice.

Dominik Livakovic est le portier qui a disputé le plus de matchs sous les ordres de Dalic, devançant en la matière Ivo Grbic et Ivica Ivusic. Le dernier rempart du Dinamo Zagreb est régulier dans les buts mais fébrile sur les tirs à l’entrée de la surface de réparation, surtout à ras de terre, en particulier sur son côté droit.

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Afin d’analyser les performances des équipes et des joueurs, Médias24 se base sur une série d’indicateurs technico-tactique dont voici le glossaire :

– Expected Assists (xA) : la somme des valeurs xA de toutes les passes décisives. xA désigne la valeur d’une passe potentiellement convertible en buts. Elle se base sur un historique de plusieurs centaines de milliers de passes décisives ;

– Expected Goals (xG) : la somme des valeurs xG de tous les tirs. xG permet de mesurer la probabilité qu’une occasion se transforme en but. Elle se base sur un historique de plusieurs centaines de milliers de tirs ;

– Expected Conceded Goals (xCG) : la somme des valeurs xCG de tous les tirs subis par une équipe. xCG désigne la probabilité qu’une équipe encaisse un but ;

– Intensité du pressing (PPDA) : une donnée qui permet de quantifier l’intensité du pressing dans les deux tiers du terrain adverse ;

– Intensité des défis : nombre d’actions défensives (duels défensifs, duels de balles perdues, interceptions, tacles) par minute de possession de balle adverse ;

– Passes décisives : nombre total de passes amenant un but ;

– Secondes passes décisives : nombre total des avant-dernières passes précédent un but ;

– Passes clés : nombre total de dernières passes qui précèdent un tir d’un coéquipier ;

– Rythme du match : nombre de passes de l’équipe par minute de possession ;

– Passes vers le dernier tiers réussies : nombre total de passes réussies de l’extérieur du dernier tiers vers le dernier tiers ;

– Passes vers la surface de réparation réussies :  nombre total de passes réussies de l’extérieur de la surface de réparation adverse vers la surface de réparation adverse ;

– Attaques avec tirs : nombre d’attaques conclut par un tir ;

– Distance moyenne des tirs : distance moyenne de tous les tirs de l’équipe en direction du but adverse ;

– Ligne de formation moyenne : position moyenne des joueurs sur les actions de l’équipe avec le ballon ;

– Dégagements : nombre total de dégagements défensifs ;

– Corner avec tirs : nombre total de corners ayant abouti à un tir en l’espace de 14 secondes ;

– Contre-attaques avec tirs : nombre total de contre-attaques terminées sur un tir ;

– Coups francs avec tirs : nombre total de coups francs ayant donné lieu à un tir de l’équipe qui a joué le coup franc dans les 14 secondes ;

– Duels : nombre total de duels offensifs, défensifs et aériens ;

– Pertes de balles (Haut) : nombre total de pertes de possession dans le dernier tiers adverse ;

– Pertes de balles (Bas) : nombre total de pertes de possession dans le premier tiers du terrain de l’équipe en possession du ballon ;

– Pertes de balles (Moyen) :  nombre total de pertes de possession au niveau du rond central ;

– Pertes (Propre moitié) : nombre total de pertes de possession dans la propre moitié du terrain ;

– Entrées dans la surface de réparation : nombre total d’entrées dans la surface de réparation par une passe, un centre ou un dribble ;

– Attaques placées avec tirs : nombre total d’attaques placées où la possession a fini par un tir ;

– Possessions atteignant la surface adverse : nombre total de possessions ayant fini par une action réussie dans la surface de réparation adverse ;

– Possessions atteignant la moitié de terrain de l’adversaire : nombre total de possessions ayant fini avec une action réussie dans la moitié de terrain de l’adversaire ;

– Passes progressives réussies : nombre total de passes réussies qui permettent de progresser vers le but adverse ;

– Courses progressives réussies : nombre total de courses réussies qui permettent de progresser vers le but adverse ;

– Récupérations hautes : nombre total de récupérations dans le dernier tiers adverse ;

– Récupérations basses : nombre total de récupérations dans sa propre moitié de terrain ;

– Récupérations moyennes : nombre total de récupérations de possession au niveau du rond central ;

– Coups de pied arrêtés avec tirs : nombre total d’attaques lancées sur des coups de pied arrêtés qui se finissent par un tir ;

– Tirs bloqués : nombre total de tirs bloqués par l’adversaire ;

– Tirs depuis la surface de réparation : nombre total de tirs effectués depuis l’intérieur de la surface de réparation adverse ;

– Tirs cadrés depuis la surface de réparation : nombre total de tirs cadrés depuis l’intérieur de la surface de réparation adverse ;