Technopark s’allie à Plug and Play pour renforcer l’écosystème des start-up

Technopark et Plug and Play Tech Center ont signé, le 2 juin à Casablanca, un partenariat destiné à soutenir l’écosystème des start-up technologiques au Maroc.

L’accord a été signé par Lamiae Benmakhlouf, directrice générale du Technopark, et Aziz El Hachem, directeur pour le Maroc et co-directeur pour l’Afrique de Plug and Play Tech Center. La cérémonie s’est tenue en présence de la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, et de Marissa D. Scott, consule générale des États-Unis à Casablanca.

Ce partenariat vise, selon les signataires, à offrir aux start-up marocaines un accès à un programme d’accélération aligné sur les standards internationaux, afin d’améliorer leur compétitivité et de favoriser leur intégration dans les dynamiques technologiques mondiales. Le programme est soutenu par le ministère de la Transition numérique dans le cadre de la mise en œuvre du plan stratégique « Maroc Digital 2030« .

L’objectif de cette collaboration est de renforcer la capacité d’innovation des jeunes entreprises, d’accompagner le développement des technologies émergentes et de soutenir la montée en compétences des talents locaux, poursuit la même source.

Depuis sa création en 2001, Technopark a accompagné plus de 1.800 start-up innovantes. De son côté, Plug and Play Tech Center revendique un réseau international de plus de 95.000 start-up et 550 entreprises partenaires.

Maroc Digital 2030 : une stratégie tardive et sans feuille de route (acteurs)

Le mercredi 25 septembre, le gouvernement a enfin dévoilé la stratégie Maroc Digital 2030 articulée autour de deux axes stratégiques et trois catalyseurs. Les deux axes sont l’E-gov et la dynamisation de l’économie numérique. Le Digital talents, le cloud et la connectivité sont les catalyseurs.

La ferveur de l’annonce passée, qu’en pense réellement l’écosystème ? Est-ce une stratégie à même de propulser le Maroc et lui permettre de rattraper son grand retard dans ce domaine qui connaît des avancées rapides et même des ruptures plus fréquentes que par le passé ?

« Ce que je peux vous dire, c’est que cette stratégie ambitieuse avance des objectifs, mais sans présenter de feuille de route qui décline comment ces objectifs seront atteints », commente un acteur de l’écosystème sous couvert d’anonymat.

La stratégie ayant été conçue « dans le cadre d’une large concertation impliquant quasiment tout l’écosystème », comme nous l’explique un opérateur, peu d’acteurs osent la critiquer ouvertement, même de manière constructive.

Attention à la convergence 

« Pour le moment, ce que j’ai à dire, c’est qu’il y a une réelle conduite de changement à opérer au niveau de tous les acteurs, public et privé, pour que cette stratégie puisse atteindre ses objectifs. Les objectifs assignés sont très ambitieux, ce qui nécessite une convergence des actions de tous les intervenants : public, privé, entreprises (grandes comme petites), le citoyen, les associations… Nous sommes dans un momentum, c’est-à-dire qu’il faut qu’on soit tous à la même vitesse pour qu’on puisse, en 2030, honorer les engagements de cette stratégie », estime un important acteur de l’écosystème. 

Cette stratégie ambitieuse avance des objectifs, mais sans présenter de feuille de route qui décline comment ces objectifs seront atteints

Celui-ci détaille ce qu’il estime être un point fort de la stratégie. « La startup a tout son poids dans Maroc Digital 2030. C’est la première fois qu’un label sera donné à la startup et, par extension, un cadre réglementaire favorable à son expansion à l’international. Ce qui est très important. En termes d’accompagnement, cette stratégie est très précise sur la qualité d’accompagnement que doit avoir une startup aux différents stades de son développement, notamment de l’idée jusqu’à son accélération ».

L’autre point avantageux qu’offrira la nouvelle stratégie du digital est celui de l’encouragement et le renforcement des incubateurs marocains existants, mais aussi l’encouragement à la création de nouveaux incubateurs publics ou semi-publics. « Cela va permettre de faire émerger un nombre plus important de startups. Et puis, il y a aussi l’ouverture à l’international, c’est-à-dire que cette stratégie compte s’ouvrir sur des incubateurs internationaux et même des VC (venture capital) et des investisseurs internationaux », note notre source.

Sur la partie financement, Maroc Digital 2030 va permettre aussi la mise en place d’un véritable cadre incitatif à la création de startups à travers la mise en place de bourses de vie et d’incubation, dont le but est d’encourager certains salariés à se transformer en startupers, tout en minimisant le risque financier, rappelle notre source.

« Aujourd’hui, il n’est pas évident de switcher de salarié à fondateur d’entreprise. Le salarié est habitué à percevoir un salaire mensuel, sachant que l’entrepreneuriat, c’est au minimum deux ans de balbutiements avant de pouvoir générer des revenus réguliers. Cette bourse de vie permettra alors à des personnes qui étaient salariées de devenir des entrepreneurs, créant à leur tour des emplois et de la valeur ajoutée ».

Concédée grâce aux efforts de sensibilisation, la préférence nationale reste à améliorer

« L’autre axe, tout aussi important, sur lequel s’est penchée cette stratégie, c’est celui de l’accès au marché, notamment à travers l’accès à la préférence nationale pour que nos entreprises, les grands comptes et le public privilégient l’innovation et les produits nationaux. Un important lobbying a été mené pendant des années pour obtenir cette préférence nationale », confie notre source. 

Chaque jour, les startups agonisent parce qu’elles ne trouvent pas les compétences digitales adaptées

« Nous ne sommes toujours pas satisfaits. Il y a vraiment un travail qui doit être fait pour que l’on puisse réserver une partie de la commande publique et privée à ces startups », concède-t-elle.

« La stratégie s’est aussi penchée sur la question des talents. Chaque jour, les startups agonisent parce qu’elles ne trouvent pas les compétences digitales adaptées. Il y a la problématique de la fuite des talents que nous ne pouvons malheureusement pas régler immédiatement. La réponse à cette problématique se trouve dans cette stratégie, notamment à travers la production d’un pôle de talents en digital. Il y a des objectifs très ambitieux pour créer annuellement, à l’horizon 2030, quelque 100.000 talents dans le digital. Je crois que si l’on atteint ce chiffre, on aura gagné tout le déploiement effectif de cette stratégie », poursuit-elle.

 « Un focus excessif sur les startupd risque de désavantager les PME/TPE marocaines »

S’il se félicite de l’annonce de la nouvelle stratégie du digital, un membre du bureau dirigeant de la Fédération marocaine des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring (Apebi) estime néanmoins qu’un focus excessif sur les startups risque de désavantager les PME/TPE marocaines.

« Nous souhaitons que cette nouvelle stratégie réussisse. À travers l’Apebi et en tant que PME, nous accompagnons aujourd’hui ce projet. J’espère néanmoins que ce dernier mettra également la PME et la TPE au centre. Malgré leur ancienneté, celles-ci risquent d’être désavantagées par un focus excessif sur les startups », nuance-t-il.

Notre interlocuteur a également émis des réserves au sujet des partenariats public-privé. « Les PPP ne sont malheureusement pas appliqués comme il le faudrait. Aujourd’hui, les responsables se tournent plus vers le public quand il s’agit de signature de conventions. Le privé est souvent moins sollicité. Or, il faut développer des relations avec le privé qui demeure plus actif et réactif. Les acteurs privés sont sur le terrain et ils peuvent aller plus vite », insiste-t-il.

Plus tôt le gouvernement marocain lancera la 5G, mieux se portera la stratégie du digital 2030 qui va progresser rapidement

La nouvelle stratégie du digital tient compte de l’introduction de la 5G pour atteindre 25% du territoire couvert d’ici 2026, et 70% en 2030. Un déploiement que l’Etat doit faciliter et ne pas chercher à « rentabiliser », estime cet acteur.

« Plus tôt le gouvernement marocain lancera la 5G, mieux se portera la stratégie du digital 2030 qui va progresser rapidement. Maintenant, il ne faut surtout pas que l’État prélève de l’argent derrière, pour éviter d’accuser des retards et afin de mettre en place, au plus vite, ce moteur extraordinaire qui va servir le pays ». 

Selon notre dernier interlocuteur, un acteur du digital qui dirige une société de l’écosystème depuis douze ans, la stratégie proposée manque d’ambition, de dessein. « Ce n’est pas Tanger Med, mais un petit port de pêche sur le littoral ». Ce n’est pas avec cela que l’on va jouer dans la cour des grands et donner naissance à des acteurs de premier plan. « Le digital, c’est une économie nouvelle, et une mondialisation de fait. Nous n’en sommes pas là, pas du tout ».

Pour lui, encore une fois, on lance une stratégie sans avoir évalué la précédente. Notre source avance que jusqu’à présent, l’Agence du digital est un échec. « Elle n’a servi qu’à aider les ministères à entamer leur transformation digitale ou à en réaliser une partie. C’est tout » Et de conclure : « Il ne suffit pas de consulter les professionnels pour élaborer une stratégie. Celle-ci n’est pas censée être consensuelle ».

5G, portail des services publics et incitations pour les start-up : les détails de la stratégie Maroc Digital 2030

Après le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, c’est au tour de la ministre de la Transition numérique et de la réforme de l’administration de détailler la stratégie Maroc Digital 2030.

Lors de sa présentation, ce mercredi 25 septembre, son discours a mis au centre de cette stratégie la jeunesse et l’amélioration des services aux citoyens et aux entreprises, à travers notamment la création d’emplois et la digitalisation des services publics.

Deux axes principaux

Comme annoncé précédemment par le gouvernement, la stratégie Maroc Digital 2030 s’articule autour de deux axes principaux. « Le Roi Mohammed VI a appelé à faire du numérique un levier de croissance économique et sociale dans notre pays », a expliqué Ghita Mezzour lors de son intervention, soulignant que « le numérique offre plusieurs opportunités d’investissement, d’emploi et de croissance pour les jeunes, dont l’Etat doit profiter ».

« Les technologies sont aussi un outil important pour faciliter l’accès du citoyen et des entreprises aux services publics, et réduire les délais ainsi que les besoins de se déplacer (…). C’est donc dans ce sens que cette stratégie a été conçue », a ajouté la ministre de la Transition numérique.

« La stratégie Maroc Digital 2030 se décline en deux importants axes :

– Le premier a trait à la digitalisation des services publics pour mieux servir les citoyens et les entreprises. « Mieux servir » est donc notre boussole dans cette stratégie, le but ultime étant d’atteindre la satisfaction du citoyen et de l’entreprise, qu’ils n’aient plus à se déplacer, en leur offrant des services fluides et en réduisant les délais.

– Le second consiste à dynamiser l’économie numérique pour produire des solutions numériques marocaines innovantes, créer de la valeur et de l’emploi pour notre jeunesse dans les différentes régions du pays, notamment à travers l’outsourcing, l’export digital des start-up et la digitalisation du tissu économique marocain pour augmenter sa productivité et sa compétitivité ».

« Les catalyseurs de cette stratégie sont d’abord les talents digitaux », insiste Ghita Mezzour. « Le digital est un domaine de savoir par excellence et, au Maroc, nous avons la chance d’avoir une jeunesse qui se distingue dans le monde du digital. Notre objectif aujourd’hui est d’en former davantage, et ce, dans différentes régions du pays, tout en maintenant la qualité de cette formation ».

« Le cloud et la connectivité sont également des catalyseurs de cette stratégie. Dans celle-ci, on parle du digital le plus innovant dans les dernières technologies, notamment l’intelligence artificielle, la cybersécurité et la blockchain…. Toutes les technologies émergentes sont donc au centre de cette stratégie ».

Lancement prochain d’un portail unifié pour les services publics

Ghita Mezzour a insisté sur « l’usage pour tous et par tous ». « Le service du digital doit être être utilisé par tous les Marocains dans le milieu urbain comme dans le rural, et par tous les âges ».

Dans le premier axe de cette stratégie, « il y a l’enjeu de l’amélioration du classement du Maroc au niveau mondial en termes de digitalisation, pour avoir une mesure externe de notre amélioration. »

« Cette amélioration dans le classement mondial se traduit au niveau national par l’amélioration des services pour les citoyens et les entreprises, en réduisant les délais des parcours, lesquels doivent être simplifiés par l’usage du numérique. Aujourd’hui nous disposons de 600 services digitaux publics, dont 300 pour les citoyens, 200 pour les entreprises et 100 pour les administrations publiques. Certains sont excellents. Mais, parmi les objectifs de cette stratégie, il n’est pas seulement question de se doter de solutions numériques. C’est plutôt d’adopter une approche parcours sur ces solutions, depuis le moment où l’usager désire, par exemple, créer un projet d’investissement, jusqu’à l’obtention de toutes les autorisations nécessaires ».

« Pour ce faire, nous allons créer un portail unifié, facile et fluide. Ce portail sera lancé prochainement et regroupera tous les services numériques déjà disponibles au Maroc, pour que le citoyen puisse les connaître et les utiliser. C’est l’un des projets phares de cette stratégie, visant à augmenter la satisfaction et l’utilisation ».

« Tous les ministères travaillent de manière acharnée sur le numérique, notamment le nôtre, en collaboration avec l’ADD, pour fournir un accompagnement sur mesure du projet de digitalisation ».

« Un service inclusif destiné à tous les Marocains »

« L’autre enjeu, c’est d’avoir un service inclusif. Il ne s’agit pas d’avoir des services digitaux uniquement pour une tranche de la population. Tout le monde doit en bénéficier, pour réduire la fracture existante ».

« Il y a également des enjeux réglementaires importants qu’il faut renforcer. Aujourd’hui, lorsqu’on présente un document digital à une autre administration, il arrive qu’il ne soit pas reconnu. Nous devons alors renforcer le cadre juridique avec le soutien du Secrétariat général du gouvernement (SGG) pour que ces documents digitaux aient le même soubassement juridique que le reste des documents juridiques ».

« Le parcours englobe aujourd’hui plusieurs administrations. Certaines sont digitalisées tandis que d’autres non. Les citoyens se retrouvent alors à faire des allers-retours entre les administrations. Là, il s’agit de digitaliser le tout. Il ne s’agit donc pas d’acheter une solution numérique, mais plutôt de prioriser les parcours et de réduire le nombre de documents demandés par les administrations à travers l’interopérabilité. C’est également important que les fonctionnaires soient convaincus de ces changements, et qu’ils accompagnent les usagers, pour davantage de satisfaction ».

Renforcement de l’outsourcing et de la formation des jeunes dans le digital

« Le deuxième axe vise pour sa part à dynamiser l’économie numérique pour qu’on soit un pays producteur », poursuit Ghita Mezzour. « Nous avons la capacité de le faire et de créer de la valeur pour notre jeunesse. Toutes les entreprises au Maroc sont conscientes que les talents marocains n’ont rien à envier aux talents d’ailleurs. C’est donc notre force et le moteur de cette stratégie ».

« Aujourd’hui, il y a plusieurs entreprises qui font du Maroc une plateforme pour créer les dernières solutions numériques. On est le 2e pays en outsourcing en Afrique. C’est un secteur de 18 milliards de DH, qui emploie 140.000 personnes. Il s’agit donc de renforcer l’outsourcing et de l’accélérer pour atteindre 40 MMDH à l’export, en créant 140.000 emplois supplémentaires ».

« Par ailleurs, pour former davantage de jeunes, des programmes sont déjà lancés au niveau de toutes les régions marocaines. On se positionne sur des filières à haute valeur ajoutée. Lorsqu’on parle d’outsourcing, c’est vraiment les dernières technologies, telles que l’intelligence artificielle et la cybersécurité que nous ambitionnons de renforcer ».

« Nous allons également mettre en place des incitations simples dans le cadre du numérique avec une prime à l’emploi, développer les infrastructures d’accueil des parcs nearshore dans tout le pays, et promouvoir la destination Maroc et les opportunités qu’elle crée dans le digital ».

Augmentation du nombre de start-up et des lauréats dans le numérique

« L’économie numérique passe aussi par les start-up qui nous permettent d’avoir des solutions innovantes marocaines, créent des opportunités d’emploi, ainsi que de la valeur. On a des ambitions d’en augmenter le nombre, et que certaines lèvent plus de fonds pour créer deux licornes en 2030« , a souligné la ministre de la Transition numérique, expliquant qu’une licorne « est une entreprise valorisée à un milliard de dollars ».

« Nous avons aussi prévu un financement durant le cycle de vie des start-up, et un accompagnement de qualité, en attirant les incubateurs internationaux et en renforçant les incubateurs marocains ».

« L’offre de financement destinée aux start-up se traduit par la mise en place d’un nouveau mécanisme : la bourse de vie », a expliqué la ministre. « Aujourd’hui au Maroc, certains cadres avancés dans leur carrière, avec une grande expérience et un carnet d’adresses important, veulent créer leurs start-up, mais ont peur. Pour les encourager à sauter le pas, nous allons leur donner une bourse de vie, équivalente à un pourcentage de leur salaire ».

Par ailleurs, « nous allons également mettre en place un label PME TECH pour les PME marocaines qui produisent de la technologie, ce qui leur donnera accès à la préférence nationale pour qu’elles puissent accompagner le tissu marocain. Un outil d’évaluation sera aussi mis en place pour les TPME marocaines, en soutien de leurs projets digitaux ».

Les catalyseurs pour atteindre ces objectifs sont les talents digitaux, selon Ghita Mezzour. « Jusqu’en 2022, on avait entre 13.000 et 14.000 lauréats dans le digital par an. Notre objectif à travers cette stratégie est de passer à 100.000 par an. C’est une croissance énorme. C’est pour cette raison qu’avec le ministère de l’Enseignement supérieur, nous avons doublé, pour la rentrée universitaire 2023, le nombre de places dans les 12 universités publiques marocaines présentes dans les différentes régions ».

« Pour assurer la qualité de ces formations, le ministère a aussi renforcé sa capacité institutionnelle, en recrutant plus de professeurs. Nous allons également signer une convention pour soutenir des thèses de recherche dans les domaines du digital les plus innovants, afin de constituer les nouvelles vagues de professeurs qui accompagneront ces formations ».

« Il y a également un projet de reconversion pour les gens disposant de licences en mathématiques et en physique, ainsi que des bootcamps qui sont mis en place, en plus d’écoles de codage, sur tout le territoire marocain. Par ailleurs, un effort continu est fourni pour s’assurer que ces formations répondent aux besoins du marché de l’emploi« .

5G : 70% du territoire national couvert à l’horizon 2030

Selon Ghita Mezzour, « les autres catalyseurs sont le cloud, avec la création d’un cloud public et un autre souverain, qui sera destiné aux données sensibles des administrations, en plus de la connectivité, qui est l’un des projets les plus attendus par les Marocains. En ce qui concerne la fibre optique, on ambitionne de passer de 1,5 million de ménages couverts en 2022 à 5,6 millions en 2030″.

Egalement, en termes de couverture Internet, « nous avons dans le cadre de cette stratégie un projet qui vise à couvrir les 1.800 localités actuellement mal desservies, avec le soutien de l’Etat ». Sa mise en œuvre est prévue à l’horizon 2026.

Pour ce qui est de la 5G, « elle sera introduite pour atteindre 25% du territoire couvert d’ici 2026, contre 70% en 2030« , conclut la ministre.

Maroc digital 2030 : 11 MMDH alloués entre 2024 et 2026, 100.000 formations par an à l’horizon 2030

La tant attendue stratégie nationale Maroc digital 2030 sera dévoilée dans le détail ce mercredi 25 septembre. Intervenant à la cérémonie de son lancement, Aziz Akhannouch a insisté sur la création d’emplois, comme étant l’un des principaux objectifs de cette stratégie. Il a également évoqué la digitalisation des services publics, et le lancement de la 5G à moyen terme.

« La création d’emplois, pierre angulaire de cette stratégie »

« L’élaboration de cette stratégie a connu la participation des principaux acteurs concernés dans le secteur du numérique pour examiner ses contours, notamment dans l’administration publique, le milieu professionnel, les établissements de formation, ou encore dans le secteur public », a souligné M. Akhannouch lors de son passage.

« Nous avons également tenu deux réunions de la Commission nationale pour le développement numérique, ce qui nous a permis d’aboutir à une version unifiée des orientations de cette stratégie nationale ».

« Le dépassement des impacts des différentes crises auxquelles a fait face le Royaume ces dernières années sur le marché de l’emploi est la priorité du gouvernement pour le reste de son mandat. Le gouvernement a, de ce fait, préparé une vision complète avec des actions concrètes qui seront annoncées lors de la discussion des dispositions du PLF 2025. L’opérationnalision de la stratégie nationale digital Morocco 2030 est l’un des axes essentiels de la feuille de route du gouvernement pour améliorer la création de l’emploi », a-t-il assuré.

11 MMDH entre 2024 et 2026, 100.000 formations par an

« Le numérique est l’un des secteurs qui crée le plus de postes d’emploi, spécialement pour les jeunes, qu’ils soient diplômés, chômeurs, sans formation, ou ayant abandonné les bancs de l’école », a ajouté le Chef du gouvernement. « Avec cette stratégie, à laquelle le gouvernement a alloué une enveloppe budgétaire de 11 MMDH entre 2024 et 2026, nous ambitionnons de former 100.000 jeunes par an à l’horizon 2030 dans le secteur du numérique, contre 14.000 en 2022, avec comme objectif d’atteindre 240.000 emplois dans le secteur au niveau national ».

Ainsi, « pour créer une nouvelle dynamique dans le secteur de l’emploi, à travers l’économie numérique, la stratégie Digital Morocco 2030, dont les dispositions seront dévoilées aujourd’hui, met en place plusieurs mécanismes, dont notamment :

–  L’expansion de l’offre de l’outsourcing et l’exportation des services numériques;

– Le renforcement du système des startups à travers un cadre juridique qui accompagne sa croissance au niveau mondial, et en améliorant l’accès aux marchés publics;

– La mise en place des mécanismes nécessaires pour l’accompagnement des porteurs de projets ».

Tripler les lauréats dans les spécialités numériques à l’horizon 2027

Toutefois, « le succès de l’emploi dans le secteur du numérique est étroitement lié à la capacité de notre pays à former les compétences nécessaires ». Pour ce faire, le gouvernement a ainsi « augmenté le nombre de lauréats des universités publiques dans les spécialités numériques à partir de 2023, avec pour objectif de les tripler à l’horizon 2027″.

« Le gouvernement a également signé plusieurs conventions avec différentes sociétés leaders dans le secteur du numérique pour l’accélération de la transformation digitale et l’amélioration des compétences des ressources humaines locales ».

Et de poursuivre : « si l’emploi est le principal objectif de la mise en place de cette stratégie, celle-ci a également d’autres buts, notamment la digitalisation des administrations publiques afin d’améliorer les processus pour les citoyens et les entrepreneurs dans l’accès aux services publics, ainsi que la transparence et la lutte contre la corruption ».

La 5G lancée à moyen terme

Cette stratégie vise également à :

– prioriser la digitalisation des circuits notamment dans les secteurs dont la réforme a été lancée par le gouvernement, tels que la santé, la protection sociale, l’investissement, l’éducation et l’emploi;

– centraliser les fonctions de l’ADD pour améliorer l’accompagnement de la digitalisation de l’administration;

– unifier les procédures administratives, à travers un portail unifié.

En outre, « cette stratégie repose également sur un service cloud diversifié qui respecte la souveraineté nationale, qui répond aux normes internationales et qui sert les besoins des secteurs public et privé », mais aussi sur « l’amélioration du réseau Internet, des services numériques à travers l’expansion du réseau pour couvrir le monde rural et le lancement de la 5 G à moyen terme », a conclu Aziz Akhannouch.