Le FMI approuve le 3e décaissement au Maroc dans le cadre de la facilité de résilience et de durabilité

Le Conseil d’administration du FMI a conclu les consultations au titre de l’article IV de 2025 et a approuvé la troisième revue de l’accord de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FSR) avec le Maroc, permettant le décaissement immédiat de 375 millions de DTS (environ 496 millions de dollars américains ou 4,77 milliards de DH environ).

Au total, le Maroc avait obtenu en 2023 une facilité pour la résilience et la durabilité d’un montant d’environ 1,24 milliard de $.

Dans un communiqué, le FMI estime que « l’économie marocaine a continué de faire preuve de résilience malgré une nouvelle année de sécheresse. La croissance du PIB réel devrait ralentir légèrement pour atteindre 3,2 % en 2024, grâce à une forte demande intérieure. La croissance devrait s’accélérer à moyen terme, portée par des investissements plus importants et la poursuite des réformes structurelles ».

Dans ses conclusions, le conseil d’administration du FMI recommande de « préserver une partie des recettes exceptionnelles issues des réformes fiscales [ce qui] permettrait de renforcer les réserves budgétaires et de se protéger contre les chocs futurs ; tandis qu’une nouvelle stratégie visant à stimuler durablement l’emploi et à améliorer la concurrence sur le marché contribuerait à remédier à l’augmentation du chômage liée aux suppressions d’emplois dans le secteur agricole ».

Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu le 17 mars les consultations au titre de l’article IV de 2025 avec le Maroc et a achevé la troisième revue de l’accord de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FSR), qui a été approuvé en septembre 2023.L’achèvement de la troisième revue permet aux autorités de prélever 375 millions de DTS (environ 496 millions de dollars américains), portant le décaissement total au titre de l’accord de la FSR à 937,5 millions de DTS (environ 1,24 milliard de dollars américains).

À l’issue des discussions du Conseil d’administration sur le Maroc, Kenji Okamura, Directeur général adjoint et Président par intérim, a souligné que « l’économie marocaine a continué de faire preuve de résilience face aux chocs négatifs, témoignant de la solidité des politiques et cadres économiques du pays. Malgré une nouvelle sécheresse, l’activité économique n’a que légèrement ralenti, atteignant environ 3,2 % en 2024, contre 3,4 % en 2023, grâce à une demande intérieure robuste. La croissance du PIB devrait s’accélérer pour atteindre environ 3,7 % au cours des prochaines années, portée par un nouveau cycle de projets d’infrastructures et la poursuite de la mise en œuvre du programme de réformes structurelles. Ces réformes sont essentielles pour rendre la croissance plus forte, plus résiliente, plus créatrice d’emplois et plus inclusive ».

L’accord RSF s’est conclu par la mise en œuvre de six des sept mesures prévues pour le troisième et dernier examen. Ces mesures contribueront à améliorer la gestion des ressources en eau rares, à libéraliser davantage le secteur de l’électricité et à répondre aux risques climatiques pesant sur la stabilité budgétaire et le système financier. L’introduction progressive de la taxe carbone n’a pas été mise en œuvre, les autorités ayant dû approfondir l’analyse de son impact et approfondir les consultations avec les acteurs publics et privés.

Dans son communiqué, le FMI souligne les points suivants:

En 2024, l’économie marocaine a résisté à une nouvelle année de sécheresse. La vigueur de la demande intérieure a permis de compenser la faiblesse de la production agricole et l’activité économique ne devrait ralentir que modestement pour s’établir à 3,2 % en 2024. Le déficit du compte courant s’est quelque peu creusé, tandis que le chômage est resté élevé, autour de 13 %, reflétant principalement l’impact des pertes d’emplois dans le secteur agricole. La croissance du PIB devrait s’accélérer pour atteindre environ 3,7 % au cours des prochaines années, soutenue par une nouvelle série de projets d’infrastructures et la poursuite de la mise en œuvre du programme de réformes structurelles.

L’inflation a encore ralenti en 2024, principalement grâce à l’atténuation de l’impact des chocs d’offre. Cela a incité Bank Al-Maghrib (BAM) à abaisser son taux directeur à deux reprises, en juin et en décembre. Le dirham a continué d’évoluer dans la marge de fluctuation de ± 5 %. [BAM a également baissé son taux directeur ce 18 mars 2025, ndlr].

Le déficit budgétaire du gouvernement central s’est amélioré davantage que prévu dans le budget 2024. Le déficit global de 2024 s’est établi à 4,1 % du PIB, soit environ 0,2 % de moins que prévu dans le budget 2024. Cela reflète des recettes fiscales supérieures aux prévisions qui ont plus que compensé la hausse des dépenses. La réforme de la loi organique relative aux finances prévoit l’introduction d’une nouvelle règle budgétaire fondée sur un ancrage de la dette à moyen terme.

La mise en œuvre du programme de réformes structurelles annoncé s’est poursuivie. D’autres mesures ont été prises pour restructurer les entreprises publiques, rendre opérationnel le Fonds Mohammed VI pour l’investissement et mettre en œuvre la nouvelle Charte de l’investissement.

Le Maroc a continué de progresser dans le renforcement de sa résilience au changement climatique dans le cadre de l’accord RSF . Les mesures mises en œuvre dans le cadre du troisième et dernier examen de l’accord RSF visent à mieux protéger les ressources en eaux souterraines, à préparer le terrain pour un changement dans la tarification de l’eau, à améliorer le cadre réglementaire du marché de l’électricité pour encourager la production d’énergie renouvelable par le secteur privé et à renforcer la résilience des systèmes budgétaire et financier aux risques liés au changement climatique.

Résilience climatique. Le FMI accorde au Maroc un financement de 415 millions de dollars

« Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé la deuxième revue du programme de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FSR) en faveur du Maroc. L’achèvement de la revue permet aux autorités de prélever l’équivalent de 312,5 millions de DTS (environ 415 millions de dollars américains), portant le décaissement total au titre du programme à 562,5 millions de DTS (environ 747 millions de dollars américains) », annonce un communiqué du FMI.

A l’issue des discussions du Conseil d’administration sur le Maroc, Kenji Okamura, Directeur général adjoint et Président par intérim, a fait la déclaration suivante : « Les autorités marocaines continuent de progresser de manière constante dans le renforcement de la résilience du Maroc au changement climatique, en s’appuyant sur des fondamentaux et des cadres politiques très solides et sur un historique soutenu de mise en œuvre efficace des politiques. Les résultats obtenus dans le cadre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) ont été solides. Les autorités sont conscientes de la forte exposition du Maroc aux risques liés au changement climatique et aux catastrophes naturelles et restent engagées dans la transition verte et le renforcement de la résilience climatique ».

Et de poursuivre, « la mise en œuvre rapide des mesures restantes dans le cadre de l’accord FRD sera cruciale pour soutenir la transition verte du Maroc. Les efforts doivent se concentrer sur la libéralisation accrue du secteur de l’électricité, l’écologisation du système fiscal, la lutte contre les risques que le changement climatique fait peser sur la stabilité des systèmes budgétaire et financier et la protection des ressources en eaux souterraines du pays, qui s’amenuisent. La Stratégie de développement du financement climatique 2030, récemment publiée, joue un rôle important dans la mobilisation du financement privé pour le climat ».

L’accord au titre de la FRD a pour objectif de permettre au Maroc de réduire les principaux risques macro-économiques liés au changement climatique et de trouver de nouvelles sources de financement pour assurer la transition verte prévue, atténuant ainsi les pressions éventuelles sur les finances publiques et sur la balance des paiements (en particulier les chocs sur les termes de l’échange liés au pétrole).

La matrice des réformes de la FRD comporte plusieurs piliers :

  • Pilier 1 : Remédier à la pénurie d’eau.
  • Pilier 2 : Réformer le marché de l’électricité.
  • Pilier 3 : Améliorer l’efficacité énergétique.
  • Pilier 4 : Intégrer le climat dans la planification budgétaire et dans le système de fiscalité et de transferts.
  • Pilier 5 : Renforcer le niveau de préparation aux catastrophes naturelles.
  • Pilier 6 : Verdir le système financier.

Le Maroc, admissible au financement au titre de la FRD, s’est vu accorder en 2023 un niveau d’accès de 112 % de la quote-part, soit 1 milliard de DTS (environ 1,3 milliard de dollars), compte tenu de la solidité des mesures de réformes proposées.

Ainsi, la FRD sert d’appui budgétaire direct au Maroc et lui apporte un financement plus abordable assorti d’échéances plus longues. L’échelonnement des décaissements au titre de la FRD tient compte de la mise en œuvre des mesures de réformes, chaque mesure équivalant à 7 % de la quote-part, soit 62,5 millions de DTS.

Le FMI publie son rapport annuel sur le Maroc qui salue différents progrès budgétaires et économiques

« L’économie marocaine a une fois de plus fait preuve de résilience aux chocs négatifs en 2023, alors que l’activité économique s’est accélérée, que l’inflation a ralenti et que le déficit du compte courant s’est réduit malgré les vents contraires liés à la pénurie d’eau (qui a provoqué de graves pertes d’emplois dans le secteur agricole), le tremblement de terre de septembre 2023, et une croissance plus faible dans la zone euro », écrit le FMI dans son communiqué.

« L’ambitieux plan d’infrastructure annoncé par les autorités (notamment dans les secteurs de l’eau et de l’énergie) devrait stimuler l’investissement et la croissance au cours des prochaines années, le compte courant convergeant progressivement vers la norme à moyen terme. Le déficit budgétaire en 2023 était inférieur au niveau projeté dans le budget et les autorités ont réitéré leur engagement en faveur d’un assainissement budgétaire progressif au cours des trois prochaines années. La mise en œuvre du programme de réformes structurelles s’est poursuivie, notamment en ce qui concerne la refonte des systèmes de protection sociale, de santé et d’éducation », poursuit le FMI.

Les trois points essentiels sont les suivants :

• Le Conseil d’administration du FMI a conclu les consultations au titre de l’article IV de 2024 et a approuvé la première revue de la facilité de résilience et de durabilité du Maroc, ainsi que la revue de la qualification du Maroc à la ligne de crédit flexible.

• L’économie marocaine a continué à faire preuve de résilience malgré la pénurie d’eau, le séisme de septembre 2023 et les conditions extérieures difficiles. La croissance du PIB réel devrait progressivement atteindre 3,5 pour cent au cours des prochaines années, stimulée par la poursuite de la mise en œuvre du programme de réformes structurelles.

• La reconstitution des marges de manœuvre budgétaires tout en mettant en œuvre les réformes structurelles sera essentielle pour renforcer davantage la résilience du Maroc et ses perspectives de croissance plus élevée et plus inclusive.

« Le 26 mars, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu les consultations au titre de l’article IV, l’examen à mi-parcours au titre de l’accord de ligne de crédit flexible, la première revue au titre de la facilité pour la résilience et la durabilité et Re phasage de l’accès au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité avec le Maroc.

« L’économie marocaine a continué de faire preuve de résilience face aux chocs négatifs. Malgré la pénurie d’eau, le tremblement de terre de septembre 2023 et des conditions extérieures difficiles, l’activité économique a augmenté pour atteindre 3 % en 2023 grâce à de fortes exportations et à un rebond de la demande intérieure [NDLR : 3,2% selon le plus récent chiffre provisoire du taux de croissance].

« Malgré la reprise de la croissance, le chômage a atteint 13,3 % fin 2023 [13% selon le HCP dans sa note provisoire], reflétant principalement l’impact de la pénurie d’eau sur le secteur agricole. La croissance du PIB devrait progressivement atteindre 3,5 pour cent au cours des prochaines années, stimulée par la poursuite de la mise en œuvre du programme de réformes structurelles.

L’inflation a diminué au cours de l’année 2023, principalement à mesure que l’impact des chocs d’offre s’est estompé. Cela a justifié la suspension par BAM du cycle de resserrement des taux d’intérêt depuis juin de l’année dernière, après trois augmentations consécutives à partir de septembre 2022. Le dirham a continué d’évoluer dans la bande de fluctuation de ±5 pour cent.

« Le déficit du compte courant s’est considérablement réduit. Cela reflète à la fois une réduction du déficit commercial des biens (due à la baisse des prix des importations de l’énergie, des biens bruts et intermédiaires et des produits alimentaires, ainsi que la solide performance des exportations de l’automobile et de l’électronique), le dynamisme des exportations de services (touristiques et non commerciaux) et à l’expansion continue des transferts de fond vers le Maroc.

« Le déficit budgétaire du gouvernement central s’est amélioré plus que prévu dans le budget 2023. Le déficit global pour 2023 s’est clôturé à 4,4 pour cent du PIB, soit environ 0,5 point du PIB de moins que prévu dans le budget 2023. Cela reflète des recettes budgétaires meilleures que prévu (avec des recettes non fiscales stimulées par le Fonds sismique) qui ont plus que compensé des dépenses plus élevées que prévu.

« La mise en œuvre du programme de réformes structurelles annoncé s’est poursuivie. Les deux premiers piliers de la généralisation du système de protection sociale, à savoir l’extension de l’assurance maladie de base obligatoire et l’introduction de transferts monétaires aux familles pauvres, ont maintenant été mises en œuvre. D’autres mesures ont été prises pour restructurer les entreprises publiques, rendre opérationnel le Fonds d’investissement Mohammed VI et la nouvelle Charte de l’investissement, et réformer les systèmes d’éducation et de santé.

« Les administrateurs ont souscrit à l’essentiel de l’évaluation du staff du FMI. Ils se sont félicités de la résilience de l’économie marocaine face aux chocs récents et ont salué les politiques macroéconomiques et les cadres institutionnels très solides des autorités, qui ont soutenu la reprise de la croissance et la baisse de l’inflation. Notant les risques baissiers et la grande incertitude entourant les perspectives, les administrateurs ont souligné l’importance de poursuivre des politiques macroéconomiques prudentes et de mettre en œuvre sans relâche des réformes structurelles pour parvenir à une croissance plus forte, plus résiliente et plus inclusive.

« Les administrateurs ont soutenu la politique monétaire de Bank Al-Maghrib (BAM) et ont convenu que les modifications ultérieures des taux directeurs devraient rester dépendantes des données. Il serait également important de reprendre la transition prévue par la Banque centrale vers un cadre de ciblage de l’inflation en préparant la suppression de l’ancrage.

« Les administrateurs se sont accordés sur la nécessité de faire progresser l’assainissement budgétaire et ont convenu que le budget 2024 trouve le bon équilibre entre la reconstitution des marges de manœuvre budgétaires et le financement des réformes structurelles.

« Ils ont encouragé les autorités à envisager de nouvelles mesures fiscales et budgétaires pour garantir, voire accélérer, la réduction prévue de la dette publique. Les administrateurs encouragent à renforcer davantage le cadre budgétaire à moyen terme, notamment en rendant compte des implications budgétaires des partenariats public-privé et de la mobilisation des actifs réels de l’État, et à poursuivre les travaux sur une nouvelle règle budgétaire ancrée dans la dette.

« Les administrateurs ont salué les progrès du Maroc dans le renforcement de son cadre de surveillance et de réglementation financière. Ils ont salué les efforts des autorités visant à introduire des suppléments de capital, à développer un marché secondaire pour les PNLs [nonperforming loan] et à améliorer la résolution des banques et préparer une stratégie financière verte. Même si les risques systémiques pesant sur le système financier semblent limités, les administrateurs ont souligné la nécessité de continuer à surveiller les expositions des bilans des institutions financières, notamment aux risques liés au climat.

« Les administrateurs ont salué la ferme détermination des autorités à mettre en œuvre des réformes structurelles. La réforme des systèmes de protection sociale, de santé et d’éducation améliorerait l’équité et la qualité d’accès et pérenniser le capital humain à long terme. Les réformes des entreprises publiques et l’opérationnalisation du Fonds Mohammed VI et de la nouvelle Charte de l’investissement stimuleraient l’investissement privé et créeraient des emplois durables. Des efforts continus visant à réduire la dépendance aux combustibles fossiles, à lutter contre la pénurie d’eau, à améliorer la gouvernance et à lutter contre les inégalités entre les sexes sont essentiels pour renforcer la croissance potentielle du Maroc.

« Les administrateurs ont été encouragés par les progrès réalisés par les autorités dans le respect des conditions de l’accord RSF. Ils ont salué les travaux en cours liés au programme national de l’eau et les plans visant à atteindre zéro émission nette d’ici 2050. Les administrateurs ont encouragé la mise en œuvre en temps opportun de la mesure visant à augmenter la TVA sur les énergies fossiles, tout en atténuant son impact social. Ils ont souligné l’importance d’une collaboration étroite avec les partenaires de développement.

« Les administrateurs conviennent que le Maroc continue de remplir les critères de qualification pour l’accord FCL, compte tenu de ses politiques macroéconomiques et de ses cadres politiques institutionnels très solides, ainsi que de son engagement en faveur de la poursuite des réformes ».

Crédit modulable : le Maroc demande au FMI une ligne de 5 milliards de dollars

Selon un communiqué de presse du Fonds monétaire international (FMI), le conseil d’administration du Fonds s’est réuni le lundi 6 mars 2023 en séance informelle afin d’examiner une demande des autorités marocaines relative à un accord biennal au titre de la ligne de crédit modulable (LCM) avec le FMI.

Le montant de la ligne demandée par le Maroc est de 5 milliards de dollars, soit plus de 51 MMDH. Cela correspond à 3,7 milliards de DTS, environ 417% de la quote-part du Maroc, précise la même source.

Cette ligne de crédit aide les pays à se prémunir contre des chocs extérieurs, précise le FMI, en adoptant des cadres de politique économique très solides, et en établissant un bilan de bons résultats économiques grâce à un accès considérable et immédiat à des ressources du FMI, sans conditionnalité a posteriori.

Les autorités marocaines entendent traiter la ligne de crédit modulable comme un dispositif de précaution.

Compte tenu de la solidité des cadres de politique économique et du bilan du Maroc, la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, a l’intention de recommander l’approbation d’un accord au titre de la ligne de crédit modulable en faveur du Maroc, lorsque le conseil d’administration du FMI se réunira de nouveau dans les prochaines semaines pour prendre une décision.

Le FMI est disposé à continuer à aider le Maroc à faire face aux risques découlant d’une conjoncture mondiale très incertaine.

Benchaaboun invite le FMI à mettre en place des initiatives dédiées aux pays à revenu intermédiaire

En marge des réunions de printemps de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) qui se sont déroulées virtuellement, du 9 au 11 avril 2021, Mohamed Benchaaboun, Ministre de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’Administration, et Abdellatif Jouahri, Gouverneur de Bank Al-Maghrib ont tenu, le vendredi 16 avril 2021, une réunion virtuelle avec Kristalina Georgieva, Directrice Générale du FMI.

Lors de cette réunion, Mohamed Benchaaboun a présenté les principales mesures de riposte adoptées par le Maroc, à travers notamment la mise en place du Fonds Covid-19. Il a également exposé les chantiers prioritaires de réformes engagés par le Maroc, conformément aux Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi, en particulier le plan de relance post-Covid, la réforme du secteur public et le programme de généralisation de la protection sociale, annonce un communiqué du ministère de l’économie et des finances.

Il a par ailleurs, a invité le FMI, de par son positionnement de référence au sein de l’architecture financière mondiale, à mettre en place des initiatives dédiées aux pays à revenu intermédiaire, dont le Maroc, afin de répondre à leurs besoins spécifiques dans le contexte de la crise actuelle.

Pour sa part, le Gouverneur de Bank Al-Maghrib, a salué le travail accompli par le FMI durant cette période de crise et l’a remercié pour l’appui technique et financier apporté au Maroc notamment à travers la LPL.

Abdellatif Jouahri a, par ailleurs, mis en relief les engagements du Maroc et les progrès réalisés dans d’autres secteurs prioritaires notamment la finance verte, les Partenariats public-privé, l’inclusion financière et la digitalisation.

De son côté, la Directrice Générale du FMI a félicité notre pays pour les progrès réalisés en matière de vaccination ainsi que sa stratégie anticipative d’atténuation des effets de la crise sanitaire et de relance économique.

Elle a souligné l’engagement du FMI et de la communauté financière internationale à soutenir les pays en développement dans leurs efforts pour accélérer la reprise et la transformation économique et renforcer la résilience aux chocs futurs. Elle a appelé notre pays, à cet égard, à poursuivre ses programmes de réformes et tirer profit des nouvelles opportunités qui se présentent notamment dans les domaines climatiques et de digitalisation.

Au terme de cette réunion, les deux parties ont réaffirmé leur engagement et leur volonté commune pour renforcer davantage les relations de coopération entre le Maroc et le FMI et pour réussir l’organisation des Assemblées annuelles de la BM et du FMI, prévues à Marrakech, en octobre 2022.

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Benchaâboun invite la Banque mondiale à renforcer son appui au Maroc

Benchaâboun en visioconférence aux réunions annuelles du FMI et de la BM

Ces réunions ont été focalisées sur la crise de la pandémie de Covid-19, ses répercussions économiques et sociales ainsi que sur les réponses des différents pays et des institutions internationales à cette crise, indique un communiqué du ministère de l’Economie, des finances et de la réforme de l’administration.

Benchaâboun a participé, notamment, à la réunion du comité du développement co-présidée par le président du groupe de la Banque mondiale et de la directrice générale du FMI et à la réunion de haut niveau organisée par la directrice générale du FMI avec les pays de la région Mena, souligne le communiqué.

Lors de ses interventions, le ministre a mis en avant l’expérience du Maroc dans la lutte contre cette pandémie. Il a par ailleurs, souligné la nécessité de soutenir la relance économique à travers des politiques appropriées assurant plus de flexibilité, ajoute le communiqué.

Benchaâboun a appelé le FMI à appuyer les efforts des pays à travers notamment, le maintien des facilités de financement d’urgence jusqu’à la sortie de la crise.

Le FMI prévoit une baisse de 3,7% du PIB au Maroc en 2020

Selon un économiste consulté par Médias24, le PIB non agricole du Maroc pourra signer une décroissance de 5% en 2020. Avec la sécheresse, le PIB global pourrait donc enregistrer une baisse plus conséquente.

Au niveau mondial

Environ 9.000 milliards de dollars de perte cumulée pour l’économie mondiale en 2020 et 2021 à cause de la pandémie. « C’est davantage que les économies du Japon et de l’Allemagne combinées », a assené mardi 14 avril Gita Gopinath, l’économiste en chef du Fonds monétaire international.

Pour l’heure, le FMI table sur une contraction du PIB mondial de 3% cette année, a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse virtuelle détaillant les dernières perspectives économiques mondiales.

Mais cette crise qui « ne ressemble à aucune autre » pourrait aussi entraîner une récession bien plus sévère si les mesures de confinement ne sont pas levées d’ici la fin juin et si l’activité économique ne reprenait pas au second semestre, a-t-elle prévenu.

« L’incertitude est considérable », « élaborer des prévisions très difficile », a-t-elle admis.

Mais « il est très probable que cette année, l’économie mondiale connaîtra sa pire récession depuis la Grande dépression« , a-t-elle également avancé.

Ce sera peut-être moins pire que dans les années 30 quand le PIB mondial a chuté de 10% mais bien plus sévère qu’en 2009 (-0,1%) suivant la crise financière, a-t-elle précisé.

« Cette crise représente une menace très grave pour la stabilité du système financier mondial », a estimé de son côté Tobias Adrian, conseiller financier du FMI, notant l’extrême volatilité des marchés, redoutant une « période prolongée de dislocation sur les marchés financiers (qui) pourrait déclencher une détresse parmi les institutions financières ».

Le nouveau coronavirus est parti de Chine fin décembre avant de disséminer dans le monde entier.

Mardi, le Covid-19 avait fait près de 120.000 morts et presque 2 millions de personnes avaient été diagnostiquées dans 193 pays et territoires depuis le début de l’épidémie, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles.

Dans un effort pour endiguer la pandémie, les gouvernements se sont résolus à confiner leur population, fermer les commerces non essentiels, réduire drastiquement le trafic aérien, paralysant des pans entiers de l’économie.

En conséquence, le commerce international s’est effondré: le Fonds prévoit ainsi une baisse de 11% du volume d’échange de biens et services en 2020.

 L’Europe, la plus affectée 

Alors que dans les crises économiques habituelles, les décideurs politiques s’efforcent de dynamiser aussi vite que possible l’activité économique en stimulant la demande, cette fois, « la crise est dans une large mesure la conséquence des mesures de confinement nécessaires », relève Gita Gopinath.

Pour les pays avancés, la récession devrait atteindre 6,1%.

Aux Etats-Unis, où il y a peu de filet de sécurité sociale et où le système de santé est défaillant, la contraction du PIB devrait être de 5,9%. « La récession est profonde (…) Elle va laisser des traces » dans la première économie du monde, a prévenu Gita Gopinath.

Dans la zone euro, le PIB va même dégringoler de 7,5%. En Italie, la contraction sera de -9,2%, en Espagne de -8%.

En France, avec une récession de 7,2%, le FMI est plus optimiste que le gouvernement qui table sur une chute de 8%.

Ailleurs en Europe, au Royaume-Uni, le PIB va chuter de 6,5%. Un institut public a fait, lui, état d’une chute potentielle de 13%.

Dans la zone Amérique Latine et Caraïbes, la récession sera à peine moins marquée (-5,2%).

Pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale, le FMI table sur une baisse du PIB de 2,8%.

La Chine et l’Inde devraient être les seules à créer de la croissance (+1,2% et +1,9% respectivement).

 Rebond en 2021? 

Le rebond de l’économie mondiale pourrait toutefois intervenir dès 2021, avec une croissance attendue de 5,8% à condition que la pandémie soit effectivement maîtrisée au second semestre de cette année.

Et « malgré les circonstances désastreuses », il y a des raisons d’être optimistes, a estimé Gita Gopinath.

Dans les pays les plus affectés, le nombre de nouveaux cas diminue, après la mise en place de solides pratiques de distanciation sociale.

La communauté scientifique travaille à un « rythme sans précédent » pour trouver des traitements et des vaccins.

Sur le plan économique, les gouvernements ont agi rapidement en prenant des mesures « substantielles » pour protéger les personnes et entreprises les plus fragiles.

Et, « la différence cruciale » avec la crise des années 30 est l’existence d’institutions multilatérales telles que le FMI et la Banque mondiale capables de fournir une aide financière immédiate pour aider les pays les plus vulnérables.

Le G7 s’est d’ailleurs dit favorable à la suspension provisoire des services de la dette des pays pauvres.

Pour les économies avancées, la reprise économique nécessitera plus de mesures de relance budgétaires. Et ce stimulus sera plus efficace si ces mesures sont « coordonnées », a souligné Gita Gopinath.

Elle a en outre estimé que la question de la dette des Etats devra être examinée une fois la pandémie passée.

« Pour l’heure, la crise nécessite l’action des gouvernements », a-t-elle insisté.

Enfin, alors que la pandémie a mis en lumière l’absence de préparation de nombreux pays à une crise sanitaire de cette ampleur, le FMI exhorte à réfléchir aux mesures qui pourraient être adoptées pour éviter qu’une catastrophe similaire ne se reproduise à l’avenir, préconisant en particulier un échange d’informations « plus automatique » sur les infections inhabituelles ainsi que la constitution de stocks mondiaux d’équipements de protection individuelle.

Le FMI fait don à une école à Marrakech

Lors de cette visite, un don a été octroyé par le FMI à cette école qui a pour objectif de fournir aux petites et jeunes filles de la plaine d’Al Haouz, une éducation de qualité, en leur permettant d’apprendre à lire et à écrire en arabe et en français, de bénéficier d’une initiation à l’outil informatique et d’acquérir une formation professionnelle dans divers domaines.

Dans une déclaration à la presse, Mme Georgieva a salué cette initiative « louable qui favorise la scolarisation des jeunes filles et l’autonomisation financière des femmes et améliore leurs conditions de vie et celles de leurs familles ».

Cette école permet de développer les connaissances et les compétences des jeunes femmes et leur donne la chance d’apprendre de nouveaux métiers et l’opportunité de voir leurs enfants à l’école, a souligné la DG du FMI.

Fondée en 1998, l’école Riad Zaitoun a été conçue pour la promotion de la jeune fille de la vallée de l’Ourika. Elle a pour objectifs majeurs la lutte contre l’analphabétisme des filles et jeunes femmes, l’encouragement de l’acquisition des notions de base, l’éducation et la stimulation de l’éveil à la citoyenneté, outre la prise de conscience des droits fondamentaux.

Les objectifs pratiques pour la recherche de l’autonomie économique et financière passent dans un premier temps par l’apprentissage professionnel de métiers manuels: coupe, couture, broderie, crochet…

Les matière enseignées au sein de cette école sont entre autres, l’arabe, le français, la bureautique, l’éducation civique et la broderie traditionnelle.

Depuis 2012, un nouveau cursus de métiers de l’hôtellerie a été créé. Les élèves étudient pendant deux ans les métiers de cuisine, de pâtisserie, de service en salle et de service en chambre dans des infrastructures professionnelles financées par la Fondation Mohammed V pour la solidarité.

(Avec MAP)

Document. La nouvelle lettre de Benchaâboun et Jouahri au FMI

Un fils de Kaddafi extradé du Niger vers la Libye

Le gouvernement libyen a annoncé ce jeudi matin, avoir placé en détention Saâdi Kaddafi, troisième fils de l'ex dirigeant libyen Mouammar Kaddafi, extradé par le Niger à la demande de la Libye.

Saâdi Kaddafi, ancien footballeur professionnel et dirigeant de la fédération libyenne de football, sera poursuivi pour détournements, sleon la même source.

Il s'était réfugié au Niger en septembre 2011, un mois avant la mort de son père, lynché dans des conditions abominables.

La Bourse de Casablanca ouvre en légère hausse

Nouvelle saisie de 1138 téléphones portables au port Tanger Med

1138 téléphones portables à l’état neuf ont été découverts, le 4 mars 2014 vers 18h, par des douaniers en poste à la gare maritime de Tanger Med.

Les téléphones étaient dissimulés à bord d’un fourgon immatriculé en France appartenant à un marocain résidant à l'étranger.

Suite à cette opération, le moyen de transport précité a été saisi. Un procès verbal d’audition et de saisie a été établi à l’encontre du mis en cause pour tentative d’importation de marchandises d’origine étrangère sans déclaration.

Cette deuxième prise porte le nombre total d’appareils téléphoniques saisis, en l’espace de 48 heures, à 2083.