XLCC met en pause son projet après la suspension de la liaison électrique Maroc-Royaume-Uni

La compagnie XLCC, partenaire de Xlinks, a récemment annoncé la suspension temporaire de son projet d’usine de câbles sous-marins, initialement prévue sur un ancien dépôt de charbon dans le port de Hunterston au North Ayrshire en Écosse.

Contrairement au projet Xlinks qui rencontrait des difficultés à obtenir ses autorisations environnementales, l’usine XLCC avait bénéficié d’une autorisation dès 2023, grâce à un soutien politique continu ayant accéléré le processus.

Au-delà du projet d’interconnexion Maroc-Royaume-Uni, cette usine devait également accompagner le développement de l’éolien offshore au Royaume-Uni et en Europe.

Bien que distinctes, les sociétés Xlinks et XLCC sont partenaires dans un projet stratégique pour le déploiement de quatre câbles sous-marins de 4 000 km reliant par énergies renouvelables le sud du Maroc au sud-ouest de l’Angleterre. 

Fortement tributaire de cette commande majeure, XLCC a décidé, après examen de son conseil d’administration, une « révision stratégique » de son projet suite aux récents développements. La société envisage notamment de réduire les dimensions de l’usine, alors que le calendrier initial prévoyait un dépôt de permis de construire en décembre 2025, un début des travaux en avril 2026 et une production de câbles dès 2029.

Selon XLCC, cette révision s’explique également par des évolutions majeures du marché ayant entraîné des retards dans plusieurs commandes essentielles au projet.

À court terme, les mesures de réduction des coûts incluent la suspension des démarches de modification du permis de construire à Hunterston alors que les résultats de cette révision devront être annoncés au début de l’année prochaine.

Plusieurs députés locaux du North Ayrshire ont exprimé leur mécontentement de cette suspension et espèrent que XLCC résoudra les problèmes actuels et ira de l’avant avec un projet qui apporte plusieurs avantages socio-économiques.

De son côté, le projet Xlinks a déjà entamé le même processus de révision stratégique, bien que de nouvelles opportunités soient en cours d’étude, notamment une possible liaison électrique entre le Maroc et l’Allemagne.

Maroc–Royaume-Uni. En 2024, les échanges bilatéraux ont atteint 4,2 Mds £, en hausse annuelle de 15,4%

À la lumière des accords signés entre le Royaume du Maroc et le Royaume-Uni, il est légitime de s’interroger sur les anticipations économiques d’un partenariat d’une telle envergure.

Ce qui est certain, c’est que Londres et Rabat ont franchi un cap en transformant leur dialogue politique en une véritable feuille de route économique. Mais d’abord, où en est réellement la relation économique entre les deux royaumes ?

Une relation commerciale en expansion, portée par la complémentarité sectorielle

Cette diplomatie économique s’appuie sur une dynamique de commerce déjà visible. Les échanges bilatéraux ont atteint 4,2 milliards de livres sterling (£) en 2024, en hausse de 15,4% sur un an.

Avec des exportations britanniques de 1,6 milliard £ (+14,9%) et des importations de 2,6 milliards £ (+15,7%), le Royaume-Uni reste déficitaire de 994 millions £. Ce jeudi 5 juin, une livre sterling vaut 12,43 dirhams marocains.

La structure des échanges témoigne d’une forte complémentarité sectorielle. Le Royaume-Uni fournit énergie et capital manufacturier, tandis que le Maroc exporte produits agricoles et biens de consommation, tout en s’insérant progressivement dans les chaînes de valeur automobile et électrique.

Les cinq principales exportations britanniques vers le Maroc en 2024 :

  1. Produits pétroliers raffinés : 303,6 millions £ ;

  2. Minerais et ferrailles : 161,3 millions £ ;

  3. Automobiles : 81,7 millions £ ;

  4. Groupes électrogènes mécaniques (intermédiaires) : 69,5 millions £ ;

  5. Gaz : 48,6 millions £.

Les cinq principales exportations marocaines vers le Royaume-Uni en 2024 :

  1. Fruits et légumes : 554,4 millions £ ;

  2. Équipements électriques intermédiaires : 385,4 millions £ ;

  3. Automobiles : 151,0 millions £ ;

  4. Meubles intermédiaires : 131,2 millions £ ;

  5. Textile (habillement) : 120,2 millions £.

Par ailleurs, en 2024, les services ont joué un rôle différenciateur dans la relation commerciale entre le Maroc et le Royaume-Uni, bien qu’ils restent sous-estimés dans les discours. La catégorie « voyages » s’impose comme premier contributeur, tant aux exportations britanniques de services (123 millions £) qu’aux importations (801 millions £). Fait notable : 85% des services importés par le Royaume-Uni sont en réalité constitués des dépenses des touristes britanniques au Maroc, ce qui reflète l’attractivité de la destination marocaine.

Ce biais touristique confère au Royaume-Uni une part de marché de 4% dans les services importés depuis le Maroc, soit le double de celle observée dans les biens (2,1%).

Maroc-Royaume-Uni : confiance politique et alignement stratégique

L’investissement direct reste à ce stade modeste. En 2024, les stocks d’IDE marocains au Royaume-Uni s’élèvent à 17 millions £, tandis que les données côté britannique ne sont pas publiées pour des raisons de confidentialité.

Mais un signal stratégique change la donne : la reconnaissance par Londres du plan marocain d’autonomie au Sahara marocain. Cette prise de position dissipe un obstacle politique de longue date et réduit la prime de risque perçue par les investisseurs britanniques, en particulier pour les projets d’infrastructure dans le Sud marocain ou les corridors logistiques vers l’Afrique de l’Ouest.

Sur le plan macroéconomique, le Maroc offre une trajectoire de croissance prometteuse : 3,9% attendus en 2025, soutenue par un niveau d’investissement consolidé et par la poursuite des réformes sectorielles. Couplée à la stratégie britannique qui privilégie des partenariats mutuellement bénéfiques, cette dynamique crée un alignement d’intérêts autour de plusieurs thématiques, allant de la décarbonation des chaînes logistiques à la gestion du stress hydrique.

Sir Simon Mayall : « Soutenir la stabilité au Sahara est politiquement et diplomatiquement la bonne chose à faire »

« Le Royaume-Uni doit reconnaître ses véritables alliés en Afrique, et le Maroc en est un ». C’est le message central de la tribune publiée dans The Telegraph par le lieutenant-général Sir Simon Mayall.

Sir Simon Mayall est un officier de l’armée britannique à la retraite et un ancien conseiller pour le Moyen-Orient au ministère de la Défense.

Dans cette tribune, il salue la reconnaissance par le Royaume-Uni du plan marocain d’autonomie pour le Sahara comme la solution « la plus crédible et pragmatique » au conflit. Cette prise de position, inédite à Londres, aligne le Royaume-Uni sur d’autres alliés occidentaux comme les États-Unis, la France et l’Espagne, et marque une avancée diplomatique majeure dans un dossier gelé depuis près de cinquante ans.

« Dans le cadre d’un accord de partenariat de grande envergure signé cette semaine entre Londres et Rabat, le Royaume-Uni a, pour la première fois, reconnu le plan d’autonomie proposé par le Maroc comme la base la plus crédible, viable et pragmatique pour une paix durable au Sahara occidental. Le plan d’autonomie, présenté pour la première fois aux Nations unies en 2007, représente la seule solution crédible et durable pour la paix au Sahara occidental », rappelle Sir Simon Mayall.

« En acceptant les grands principes du plan d’autonomie, la diplomatie britannique s’aligne enfin sur d’autres alliés occidentaux clés, dont la France, l’Espagne et les États-Unis, déplace la donne au Conseil de sécurité de l’ONU et à l’Assemblée générale et jette les bases d’une résolution définitive et permanente du différend ».

« Une telle résolution est dans l’intérêt supérieur du peuple du Sahara occidental, et c’est de loin le meilleur espoir d’apporter la prospérité et le développement économique et humain à cette région, et plus largement », avance-t-il.

Pour l’ancien conseiller pour le Moyen-Orient au ministère de la Défense britannique, « le soutien du Royaume-Uni au plan d’autonomie marocain, (…) démontre que le Foreign Office reconnaît que les marées politiques en Afrique sont en train de changer une fois de plus, et que le Royaume-Uni doit être lucide sur qui sont ses amis, quels pays peuvent être des partenaires fiables et dignes de confiance, et quels pays offrent des opportunités pour le potentiel du continent et des solutions à ses défis ».

Il poursuit : « À cet égard, le Maroc s’est avéré être un rempart contre le terrorisme, l’extrémisme, les crimes graves, l’immigration illégale et les activités déstabilisatrices des mandataires de la Russie et de l’Iran en Afrique subsaharienne – et le plan d’autonomie offre d’autres opportunités et un potentiel économiques passionnants. (…) Ceux qui s’opposent à cette décision, en insistant sur la perpétuation d’une impasse, ont leurs propres intérêts qui n’offrent rien aux peuples de la région ». 

« Soutenir la stabilité au Sahara est politiquement et diplomatiquement la bonne chose à faire », conclut-il.

https://medias24.com/2025/06/01/sahara-pour-le-royaume-uni-le-plan-marocain-dautonomie-est-la-base-la-plus-credible-viable-et-pragmatique/

Londres évalue à 410 milliards de DH les marchés publics d’ici 2028 au Maroc

Les deux pays ont annoncé une série d’accords visant à approfondir leur collaboration et à consolider leurs liens commerciaux, précise un communiqué du gouvernement britannique. Ces accords s’inscrivent dans une volonté commune de « stimuler la croissance économique et de créer des emplois« .

Le secrétaire d’État aux Affaires étrangères britannique, David Lammy, a dans ce sens signé plusieurs partenariats ouvrant la voie à la participation d’entreprises britanniques à des projets à travers le Maroc. Les opportunités liées aux marchés publics sont estimées selon le gouvernement « à environ 33 milliards de livres sterling (410,7 milliards de DH) pour les trois prochaines années ». Parmi celles-ci figure la possibilité pour des entreprises spécialisées dans les infrastructures de « contribuer aux préparatifs des villes hôtes de la Coupe du monde, telles que Marrakech, Casablanca et Rabat ».

D’autres annonces concernent une coopération accrue entre le Royaume-Uni et le Maroc dans les domaines de la migration, de la lutte contre le terrorisme, ainsi qu’une action conjointe pour faire face au stress hydrique et au changement climatique, ajoute-t-on. « Ces initiatives visent à renforcer la sécurité et à promouvoir des opportunités de croissance verte pour les deux nations ».

Un accord de coopération portant sur les infrastructures hydrauliques et portuaires, d’une valeur potentielle de 200 millions de livres sterling (2,4 milliards de DH), a également été conclu, poursuit le communiqué. Il mettra en avant l’expertise britannique en matière de gestion durable de l’eau, de logistique intelligente et de technologies portuaires vertes.

Un autre accord, relatif aux marchés publics, « facilitera l’accès des entreprises britanniques aux appels d’offres publics au Maroc, en garantissant des conditions de concurrence équitables ».

David Lammy a souligné le potentiel de croissance de l’Afrique et l’importance de la relation avec le Maroc pour créer des opportunités mutuelles. Sur le volet diplomatique, le secrétaire d’État a souligné que le Royaume-Uni soutient désormais l’autonomie au sein de l’État marocain comme base pour une solution durable au différend du Sahara.

Le secrétaire d’État britannique de la politique commerciale, Douglas Alexander, a pour sa part insisté sur l’importance croissante du Maroc « comme partenaire commercial et d’investissement, et sur le rôle que peuvent jouer des liens économiques renforcés dans la création d’emplois et le soutien aux entreprises ».

Dans ce sillage, un nouvel accord a été annoncé concernant le secteur de la santé, prévoyant la fourniture d’équipements britanniques à des hôpitaux et centres médicaux marocains, dans un contexte où le Maroc prévoit des investissements importants pour la modernisation de son système de santé, conclut-on.

Maroc-Royaume-Uni : la liste des accords signés le 1er juin 2025

Au-delà du tournant significatif pris sur le dossier du Sahara marocain, la visite au Maroc du secrétaire d’État britannique, David Lammy, a permis de réaffirmer la volonté commune des deux pays d’approfondir leur coopération dans les domaines politique, sécuritaire, économique, culturel et climatique. Une série d’accords et de mémorandums d’entente ont été signés à cette occasion, posant les jalons d’un partenariat tourné vers l’avenir.

Dans un contexte de forte croissance des échanges commerciaux qui ont atteint 4,2 milliards de livres sterling (plus de 52,3 milliards de DH) en 2024, plusieurs accords ont été signés :

– Accord de partenariat gouvernemental pour la Coupe du monde 2030 : signé entre le Department for Business and Trade britannique et le ministère délégué au Budget, pour soutenir les projets d’infrastructure liés au tournoi.

– Mémorandum d’entente sur l’eau et les ports : avec le ministère de l’Équipement et de l’eau, en vue de renforcer la coopération dans la gestion durable de l’eau, les technologies portuaires vertes et la logistique intelligente.

– Accord avec le ministère de l’Intérieur : pour soutenir les collectivités territoriales marocaines sur des projets d’infrastructure durable (eau, mobilité, déchets…).

– Accord avec le ministère de l’Industrie et du commerce visant à renforcer la coopération en matière de marchés publics.

– Mémorandum sur la santé : pour permettre l’engagement du secteur privé britannique dans le programme marocain de transformation du système de santé.

– Mémorandum sur l’enseignement supérieur et la recherche : pour promouvoir la mobilité académique, le cofinancement de projets et l’implantation de campus britanniques au Maroc.

– UK Export Finance (UKEF) a réitéré son engagement à mobiliser jusqu’à 5 milliards de livres sterling pour soutenir des projets au Maroc, y compris au Sahara « sous réserve de diligence ».

– Accord entre UKEF et Taqa Morocco : pour accompagner la décarbonation de son portefeuille énergétique.

– Protocole d’accord entre UKEF et SGTM : pour explorer des opportunités conjointes au Maroc et en Afrique.

– Accord entre le UK Met Office et la Direction marocaine de la météorologie pour la coopération climatique et les services environnementaux.

– Accords d’intention avec le groupe Vicenne pour introduire des solutions de santé numérique au Maroc et avec la Fondation Mohammed VI pour la santé et la recherche afin de promouvoir l’expertise britannique en ingénierie hospitalière et en équipement médical.

Un protocole d’accord sera signé prochainement entre :

– L’association professionnelle britannique de défense et de sécurité ADS Group et l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE), pour renforcer les liens entre les industries de défense britanniques et marocaines.

– BAE Systems et l’Administration de la Défense nationale du Maroc et l’AMDIE, sur l’investissement et les capacités dans le secteur de la défense.

Ben Coleman désigné Envoyé commercial du Royaume-Uni pour le Maroc et l’Afrique de l’ouest

Ben Coleman, qui assumera le rôle d’Envoyé commercial britannique pour le Maroc et l’Afrique de l’Ouest, est un parlementaire à la Chambre des communes (chambre basse du Parlement britannique) pour Chelsea et Fulham (ouest de Londres). Il est membre du parti travailliste, qui dirige le gouvernement britannique.

Jonathan Reynolds a également annoncé la désignation de 31 autres envoyés couvrant 79 marchés, a précisé son département dans un communiqué.

« Les envoyés commerciaux du Royaume-Uni joueront un rôle essentiel pour la réalisation de la mission de croissance fixée par le gouvernement et dans la mise en œuvre de notre plan de changement, en aidant à créer des opportunités permettant aux entreprises britanniques d’être compétitives à l’étranger, de pénétrer de nouveaux marchés et d’attirer davantage d’investissements étrangers ».

Ils joueront également un rôle crucial en soutenant les priorités de croissance du Royaume-Uni, notamment en aidant à mettre en œuvre les stratégies industrielles et commerciales et en attirant les investissements directs étrangers dans toutes les régions du Royaume-Uni, selon la même source.

Les relations économiques et commerciales entre le Maroc et le Royaume-Uni ont connu un nouveau tournant avec la signature de l’Accord d’association Maroc-Royaume-Uni en 2021. Cet accord, entré en vigueur en janvier 2021, a permis notamment d’augmenter les échanges commerciaux entre les deux Royaumes.

Maroc-Royaume-Uni : création du groupe « Labour Friends of Morocco »

Autorisation du projet Xlinks au Royaume-Uni, un processus long et complexe

Le Royaume-Uni a mené une transition énergétique remarquable ces dernières années, réduisant considérablement ses émissions de CO2 liées à la production d’électricité. Selon les données du National Energy System Operator (NESO), le pays a atteint un nouveau record en matière de production d’électricité bas carbone en 2024, grâce à une diminution significative de la part des combustibles fossiles, qui est passée de 76,33% en 2010 à 25,7%, au profit des énergies renouvelables, dont la contribution est passée de 2,04% à environ 41,85% en 2024.

Sur la même période 2010-2024, non seulement la part des énergies renouvelables a progressé, mais également celle des importations qui a atteint 16,38% du mix énergétique, dépassant ainsi la part de l’énergie nucléaire, estimée à environ 14,29%.

Cependant, face à une demande accrue cet hiver, le réseau électrique britannique a lancé à trois reprises des alertes au marché de la capacité, exhortant les producteurs à augmenter leur production, signalant un risque imminent de pénurie.

Une annonce qui a été saisie par la compagnie Xlinks pour plaider l’importance de son projet d’interconnexion électrique entre le Maroc et le Royaume-Uni, surtout l’hiver où le vent ne souffle pas trop pour faire tourner les éoliennes britanniques.

Selon le journal The Guardian, la dernière note de marché de capacité a conduit à des dépenses records d’environ 12 millions de livres sterling, atteignant jusqu’à 5.000 livres sterling le mégawattheure, plus de 50 fois le prix habituel du marché pour fournir seulement 3 heures d’électricité supplémentaires. Par contre, le projet Xlinks promet un coût de production bien plus compétitif, à hauteur de 100 livres sterling le mégawattheure une fois la connexion établie.

Rappelons que d’ici 2030, ce projet vise à connecter le Maroc au Royaume-Uni par quatre câbles sous-marins à haute tension, transportant une puissance de 1,8 GW chacun. Un projet qui sera bâti sur une superficie de 1.500 km2 d’énergie solaire et éolienne combinée (7 gigawatts d’énergie solaire, 4,5 gigawatts d’énergie éolienne et 5 gigawatts de batteries) représenterait 8 % de l’énergie du Royaume-Uni, livrée dans les cinq premières années suivant le début de sa construction.

Autorisation de planification du projet, une procédure longue et très stricte au Royaume-Uni

Au Maroc, toutes les autorisations préalables ont été obtenues et les études de terrain ont été menées à bien dans la partie marocaine, le tronçon le plus long du projet. Du côté britannique, le projet est considéré comme une infrastructure d’importance nationale nécessitant une notice de consentement au développement (DCO), l’équivalent d’une étude d’impact environnementale (EIE), pour être approuvé.

Au Royaume-Uni, le projet soumis à l’examen de conformité environnementale comprend environ 371 km de câbles sous-marins de courant continu haute tension (CCHT), regroupés en deux paires qui viendraient à terre à Cornborough Range, dans le Devon, et se poursuivraient sur environ 14 km sur terre jusqu’à deux stations de conversion situées à l’ouest de la sous-station 400 kV d’Alverdiscott. Les stations de conversion seraient connectées à la sous-station 400 kV d’Alverdiscott par des câbles de CCHT.

 

Représentation 3D de la plateforme de conversion qui sera située à Devon, au Royaume-Uni.

La phase la plus longue et la plus complexe du processus d’autorisation, à savoir la phase de pré-candidature, a été menée à bien. Durant cette phase, qui dure en moyenne deux ans, le porteur du projet doit consulter les parties prenantes et élaborer un document de programme détaillant les modalités de cette consultation.

Suite à la soumission des documents requis et après les premières consultations avec les parties prenantes, le projet a reçu un avis favorable le 20 décembre 2024 et sera désormais soumis à une enquête publique. Une enquête qui permettra au public et aux autres parties prenantes de donner leur avis sur le projet.

La phase de pré-examen, d’une durée d’environ trois mois, est en cours. Durant cette période, l’autorité compétente est désignée et toute personne souhaitant s’exprimer sur le projet est invitée à s’inscrire. Vient ensuite la phase d’examen proprement dite, qui peut durer jusqu’à neuf mois.

À l’issue de cette phase, un rapport détaillé est établi et soumis au secrétaire d’État, qui dispose alors de trois mois pour prendre une décision. Compte tenu de ces délais réglementaires, le démarrage des travaux est envisagé pour début 2026 au plus tôt.

En attendant, Xlinks poursuit activement le développement de son projet

Fort de son classement en tant que projet d’intérêt national, Xlinks a déjà sécurisé environ 100 millions de livres sterling auprès d’investisseurs de renommée mondiale tels que Taqa d’Abou Dhabi, TotalEnergies, Octopus, Gie, Enova et Africa Finance Corporation, tous acteurs majeurs du secteur énergétique.

Tout en recherchant activement davantage d’investisseurs, l’entreprise dispose également de propositions intéressantes de la part d’agences de crédit à l’exportation et de banques commerciales pour des financements complémentaires.

Un autre aspect important de ce projet concerne l’approvisionnement. À ce jour, plus de 95 % des appels d’offres liés à la première phase de construction ont été lancés et ont reçu des réponses satisfaisantes, y compris dans le domaine de la production. Xlinks négocie actuellement avec le gouvernement britannique un contrat de différence, une option qui devrait être source de plus d’attractivité pour le projet.

Pour sa part, la société belge GeoXYZ, choisie par Xlinks, a mené à bien les premières études préalables du tracé du câble sous-marin, long de 4.000 kilomètres. Ces études ont notamment porté sur la reconnaissance des fonds marins, incluant l’identification de quatre canyons sous-marins et ont été finalisées en 2023.

Les campagnes d’études en cours ont pour objectif de lever les dernières incertitudes et de permettre à Xlinks de solliciter les autorisations nécessaires pour la pose du câble qui devra traverser également les eaux territoriales de l’Espagne, de la France et du Portugal. Elles porteront principalement sur des aspects plus spécifiques tels que la géotechnique et l’environnement afin de garantir la durabilité du projet et de minimiser son impact sur les écosystèmes marins.

Actuellement, le navire Geo Ocean III, mandaté pour réaliser les études géotechniques et environnementales, effectue des études dans la baie de Gascogne, en France.

L’IMIS dévoile les pistes de collaboration pour renforcer les relations Maroc-Royaume-Uni

Depuis sa sortie de l’Union Européenne, le Royaume-Uni a entrepris une réorientation de son commerce et de ses investissements. Cette stratégie, connue sous le nom de « Global Britain« , marque une volonté pour le gouvernement britannique de « diversifier ses alliances » et de trouver « de nouvelles fenêtres d’opportunités économiques et commerciales », selon l’Institut marocain d’intelligence stratégique (IMIS).

Le Maroc, partenaire commercial historique du Royaume-Uni, présente « des atouts critiques » qui lui permettent de jouer un rôle de « porte d’entrée pour les investissements britanniques en Afrique de l’Ouest », une région regorgeant d’opportunités pour les deux Royaumes. Par sa position géographique et son rôle de « nouveau connecteur de la mondialisation », le Royaume se positionne comme un « partenaire stratégique majeur » pour le Royaume-Uni dans cette nouvelle ère post-Brexit, explique l’IMIS.

Les fondations de cette collaboration renouvelée ont été posées par l’entrée en vigueur de l’UK-Morocco Association Agreement en janvier 2021. Cet accord, qui reprend largement les dispositions de l’accord commercial Maroc-UE, ouvre la voie à « des négociations pour une libéralisation ultérieure des échanges dans plusieurs secteurs stratégiques », dont l’agriculture. À ce titre, « des discussions bilatérales ont déjà été engagées en 2023 », souligne l’Institut.

Les effets de cette convention sont déjà visibles. « Les échanges commerciaux bilatéraux ont été estimés à 2 milliards de livres sterling pour l’année 2022″, ce qui marque une étape clé dans la consolidation des relations économiques entre le Royaume-Uni et le Maroc.

Le Maroc, nouveau “connecteur” de la mondialisation ?

Le Maroc et le Royaume-Uni partagent une position géographique favorable pour le contrôle de l’Ouest de la Méditerranée, une région stratégique pour le commerce international. L’Institut marocain d’intelligence stratégique (IMIS) souligne que cette zone constitue un point nodal incontournable pour l’acheminement des matières premières entre l’Europe et l’Afrique.

« Si la façade méditerranéenne du Royaume lui confère un accès direct au détroit de Gibraltar, il en va de même pour le Royaume-Uni via sa position ultramarine », explique l’IMIS. Le Brexit offre d’ailleurs à la Grande-Bretagne une « plus grande marge de manœuvre sur Gibraltar », désormais libérée des contraintes liées aux règles de libre circulation des biens, des services et des personnes imposées par l’Union Européenne.

Cette connexion privilégiée et le partage du contrôle de ce détroit stratégique renforcent la position du Maroc comme « porte d’entrée privilégiée pour les investissements et le commerce britanniques vers l’Afrique ». Le Royaume du Maroc se distingue également par son rôle de « nouveau connecteur de la mondialisation », selon Bloomberg. Une caractéristique qui lui confère un statut particulier dans les échanges mondiaux. Grâce à sa position géographique et logistique avantageuse, ainsi que son non-alignement dans le contexte de rivalités géopolitiques entre l’Est et l’Ouest, le Maroc est devenu une interface incontournable pour le commerce international.

Ainsi, le pays est plus qu’un simple hub pour le commerce mondial, une réputation acquise grâce à ses capacités portuaires et aéroportuaires de premier plan. « Le Maroc constitue désormais une porte d’entrée critique pour les investissements, les importations et les exportations vers et depuis l’Afrique », précise l’IMIS.

Les atouts du Maroc comme pivot « du Global Britain »

L’accord d’association entre les deux pays, bien que constitutif d’une première étape cruciale, n’exploite qu’une fraction du vaste potentiel de coopération entre les deux parties. L’Institut marocain d’intelligence stratégique souligne que « le Maroc dispose d’atouts certains pour devenir un relais d’influence britannique majeur en Afrique de l’Ouest ». Il ne s’agit plus seulement d’un rôle d’intermédiaire ou d’interface commerciale, mais de faire du Maroc l’un des « partenaires stratégiques de premier plan » d’un Royaume-Uni en pleine reconfiguration post-Brexit.

Au-delà des avantages géographiques – « les deux nations partagent le même fuseau horaire et sont reliées par des lignes aériennes directes de moins de trois heures » – plusieurs synergies peuvent être développées secteur par secteur. À titre d’exemple, l’industrie agroalimentaire marocaine, avec sa productivité et sa diversité, est perçue comme « une piste majeure pour la substitution de certaines importations britanniques », auparavant fournies par des pays membres de l’Union Européenne.

L’IMIS a rappelé également les similitudes structurelles entre les deux économies. Le secteur tertiaire marocain, très développé, représentait « 48,3% de la population active » en 2023, soit plus de 5 millions de personnes. Le Royaume du Maroc se distingue aussi par l’attractivité de sa place financière, Casablanca Finance City, classée « première place financière africaine » selon le Global Financial Centres Index. Des partenariats avec la City de Londres sont donc envisageables, notamment sous forme de « partage de compétences », comme envisagé dans le cadre de la collaboration entre Londres et d’autres centres financiers africains, tels que le Kigali International Financial Center au Rwanda.

En outre, le Maroc propose des opportunités d’investissement inédites, parmi lesquelles le projet Xlinks. Ce projet ambitieux vise à établir « une connexion électrique à haute tension de 3,6 GW entre la Grande-Bretagne et des centrales solaires et éoliennes marocaines », dans le but d’alimenter 7 millions de foyers britanniques, soit environ 8% de la demande en électricité du Royaume-Uni. Avec un investissement total estimé à 25 milliards de dollars, le projet Xlinks a attiré depuis avril 2023 des actionnaires de premier plan comme Abu Dhabi National Energy Company PJSC (TAQA), Octopus Energy Group et Total Energies.

10 recommandations pour une relation plus étroite et bénéfique entre les deux royaumes

L’Institut marocain d’intelligence stratégique a formulé dans son policy paper 10 recommandations et opportunités de synergies qui constituent des pistes pour intensifier la coopération entre les deux pays. Ces recommandations sont les suivantes:

1- Harmoniser les règles d’échanges entre les deux Royaumes : évaluer l’impact des barrières réglementaires héritées de l’accord d’association UE-Maroc et alléger en fonction le corpus normatif inclus dans le UK-Morocco Association Agreement.

2- Éliminer progressivement les tarifs et quotas douaniers : étudier les perspectives de suppression des tarifs et quotas sur les exportations de végétaux marocains à destination du Royaume-Uni et intégrer la question des végétaux aux négociations en cours pour la libéralisation des échanges agricoles bilatéraux.

3- Investir dans la construction d’une masse critique dans les services : intégrer les services aux entreprises parmi les filières prioritaires pour la libéralisation du commerce bilatéral entre le Royaume-Uni et le Maroc et mettre en place un dispositif incitatif pour l’implantation de multinationales britanniques de services aux entreprises au Maroc.

4- Approfondir la collaboration bilatérale dans le secteur des énergies renouvelables : stimuler les investissements britanniques dans les secteurs stratégiques des énergies renouvelables, dont le solaire, l’éolien et l’hydrogène vert.

5- Développer les zones économiques spéciales (ZES) au Maroc : capitaliser sur les synergies commerciales potentielles entre les deux Royaumes en exploitant et en étendant en commun les ZES existantes, tout en créant une zone industrielle dans le sud du Maroc consacrée aux entreprises britanniques.

6- Diversifier les routes commerciales : lancer une collaboration multilatérale incluant le Royaume-Uni pour la préfiguration d’une route commerciale multimodale Maroc-Nigéria, intégrant le projet de gazoduc NMGP, et contribuer en commun au développement d’un corridor commercial digital sur cette nouvelle route stratégique.

7- Intensifier les investissements dans les provinces du Sud : créer un programme de garantie spécifique de la UK Export Finance pour sécuriser les investissements britanniques dans la région saharienne, focalisé par exemple sur les secteurs les plus prometteurs, dont les infrastructures, la logistique, les énergies renouvelables, la pêche et le tourisme.

8- Actionner une collaboration stratégique dans le secteur de la santé : développer des partenariats gagnant-gagnant entre les deux nations, incluant l’envoi de jeunes médecins marocains au Royaume-Uni. Cette initiative permettrait de soulager le système de santé britannique tout en offrant aux médecins marocains une expérience solide et complémentaire à leur formation.

9- Renforcer les ponts dans le domaine éducatif : atténuer la barrière financière des études au Royaume-Uni en créant des bourses d’excellence pour attirer les meilleurs étudiants marocains, et en développant d’autres initiatives telles que la mobilité partielle, et les partenariats bilatéraux entre universités.

10- Intensifier la coopération militaire et sécuritaire : renforcer le partenariat entre le Royaume-Uni et le Maroc dans le domaine de la sécurité intérieure, en vue de l’organisation d’événements internationaux majeurs au Maroc, dont la CAN 2025 et la Coupe du Monde de la FIFA en 2030.

En conclusion de son policy paper, l’Institut marocain d’intelligence stratégique concède que malgré les opportunités prometteuses, la place du Royaume-Uni dans les relations diplomatiques et commerciales du Maroc reste relativement limitée, en comparaison avec d’autres partenaires européens, notamment l’Espagne. En effet, « l’Espagne demeure le premier partenaire commercial du Maroc », captant 19,6 % des exportations marocaines et représentant 14,1 % des importations en 2023. Cette relation privilégiée est renforcée par une solide entente diplomatique, symbolisée par la reconnaissance de la marocanité du Sahara par l’Espagne en 2022, alors que la position britannique reste plus nuancée sur cette question, souligne l’IMIS.

L’objectif des recommandations citées est de « profiter du contexte actuel pour approfondir une relation avantageuse » entre le Maroc et le Royaume-Uni. Cette relation serait fondée non pas sur un alignement politique total – ce qui irait à l’encontre de la position marocaine de « connecteur non-aligné de la mondialisation » – mais sur le partage d’intérêts géo-économiques communs, ouvrant la voie à une collaboration fructueuse dans des secteurs stratégiques.

Entretien téléphonique entre Nasser Bourita et son homologue britannique

Au cours de cet entretien, David Lammy a exprimé ses félicitations à l’occasion du 25e anniversaire de l’accession du Roi Mohammed VI au Trône.

Les deux ministres se sont par ailleurs félicités des liens historiques entre le Royaume du Maroc et le Royaume-Uni, qui « partagent plus de 800 ans de relations fructueuses et en constante évolution ».

Cet entretien a été l’occasion pour les deux ministres de passer en revue les différentes questions régionales et internationales d’intérêt commun.

(Avec MAP)

Message de félicitations du Roi Mohammed VI au nouveau Premier ministre du Royaume-Uni

Dans ce message, le Roi exprime ses chaleureuses et sincères félicitations à Keir Starmer pour la confiance placée en lui pour diriger le gouvernement britannique, lui souhaitant plein succès dans ses nobles missions au service du progrès et de la prospérité du peuple britannique ami.

Le Souverain saisit cette occasion pour faire part de sa profonde satisfaction du niveau distingué des relations d’amitié solides et de la collaboration étroite unissant les deux Royaumes, réaffirmant sa détermination à œuvrer de concert avec M. Starmer pour aller de l’avant dans la consécration de ces liens ancestraux, à même d’insuffler une nouvelle dynamique au partenariat stratégique prometteur entre les deux pays et de renforcer l’approche de concertation efficace et de coordination constructive autour des différentes questions d’intérêt commun.

À Londres, la secrétaire d’État britannique confirme l’importance du projet Xlinks

Intervenant à cette occasion, la secrétaire d’État britannique en charge de la Sécurité énergétique, Claire Coutinho, a salué le partenariat solide qui unit le Maroc et le Royaume-Uni.

« Nous disposons de tous les ingrédients nécessaires pour réaliser notre aspiration commune à une énergie sûre. Nous avons les talents, les investissements, les infrastructures et les innovateurs », a-t-elle énuméré, soulignant que c’est la raison pour laquelle « l’alliance entre nos pays est si importante ».

« Prenons l’exemple de Xlinks, un câble sous-marin reliant le Maroc au sud-ouest de l’Angleterre. Une de mes premières actions en tant que secrétaire d’État a été de le désigner comme un projet d’infrastructure d’importance nationale », a-t-elle ajouté.

« Xlinks pourrait fournir 8% de nos besoins en électricité, alimentant plus de 7 millions de foyers britanniques, avec de l’électricité générée à 4.000 km par des fermes solaires et des éoliennes au Maroc. Si cela réussit, cela pourrait être la base de notre grand avenir énergétique commun », a conclu la secrétaire d’Etat britannique.

L’événement, organisé par l’ambassade du Maroc au Royaume-Uni en marge de la 10e édition du « The Africa Debate », a permis de présenter le large éventail d’opportunités offertes par le Royaume dans divers secteurs, des énergies renouvelables aux télécommunications, en passant par l’automobile et l’industrie manufacturière.